Bruno Retailleau peut-il rester encore longtemps au gouvernement ? - Le débat du samedi
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Avec deux questions que nous nous posons ce matin avec nos invités. D'une part, le ministre de l'intérieur et tout jeune président des Républicains Bruno Rotaillot. Peut-il rester longtemps au gouvernement dans la majorité ou dans l'opposition ?
On va en parler. On va aussi parler des attentes de dissolution. Un an après, est-ce que vous en souhaitez une nouvelle ?
Pour l'instant, vous répondez non. Sur le Twitter de Sud Radio assez massivement. Pourtant, on apprend par l'iOP dans un sondage pour LCI que 41 % des Français souhaitent une nouvelle dissolution.
On en débat avec nos deux invités. Emmanuel Brisson. Bonjour.
Bonjour, merci de me recevoir. Toujours avec plaisir. Vous êtes membre des Républicains.
Par ailleurs, candidate à la présidence des jeunes de votre parti. Alexander Nicolic, bonjour. Bonjour à vous.
Et bienvenue également porte-parole du Rassemblement national, député européen du groupe patriote pour l'Europe. Première question à brûle pour point, dissolution. Imaginons qu'Emmanuel Macron pour le premier anniversaire de la dissolution dans 2 jours nous annonce une nouvelle dissolution.
Vous dites "Banco ?" On y va. Emmanuel Brisson, je dis que c'est de la folie.
On a eu une dissolution il y a 1 an. Ça a plongé le pays dans une instabilité totale. Aujourd'hui, une nouvelle dissolution, ça entraînerait quoi ?
Ça entraînerait la montée des extrêmes et ça entraînerait la l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir. Donc non, moi je suis absolument contre une une nouvelle dissolution et je la combattrai de toutes mes forces. Et moi je dis au Rassemblement national qu'il faudrait qu'il vote peut-être le budget.
Ils avaient ils auraient dû voter le budget de Michel Barnier il y a un an, ils ne l'ont pas fait. Donc voilà, si on veut éviter une nouvelle dissolution, faut que le Rassemblement national prenne ses responsabilités. Mais ça tombe bien, le Rassemblement national est là par la on la personne d'Alexander Nicolic.
Tiens, rapprochez-vous bien de votre micro l'un et l'autre. Non, mais évidemment qu'on va pas voter un budget qui contredit tout ce qu'on peut dire. Enfin, madame madame Brisson, enfin dans les autorisations d'engagement budgétaire, contrairement à ce que voudrait monsieur Rotaillot que vous représentez, il y avait par du gouvernement Barnier, il y avait par exemple une baisse dans les autorisations d'engagement de 42 % de la lutte contre l'immigration irrégulière.
Vous aviez euh euh des hausses d'impôts, vous aviez des tout tout ce qu'on combat euh et tout ce qui plonge le pays dans la dans la catastrophe actuelle. Vous touchiez pas par exemple à la euh à la préférence nationale, vous touchiez pas à l'AME par exemple, contrairement d'ailleurs à ce que monsieur Bretaillot de médical d'État qui est qui est une injustice, c'est-à-dire que les clandestins ne doivent pas payer de mutuel ou de sécurité sociale de cotiser pour se faire soigner alors que les Français ou les étrangers en situation régulière doivent le faire. Donc à un moment notre but c'est pas euh vous parliez de stabilité, instabilité c'est pas juste de dire il faut de la stabilité, c'est que la vie des Français s'améliore.
Mais c'est un truc que vous avez complètement abandonné. Et d'ailleurs, peut-être que les LR seraient pas passé de 345 députés en 2007 quand Nicolas SarkoZi est élu à même pas 50 aujourd'hui parce que vous les avez trahi à peu près sur tous les points et d'ailleurs même le gouvernement Sarkozy dont monsieur Rotaillot se revendique avait augmenté les impôts d' 1,8 % avait augmenté le nombre d'immigrés de d'un million avait augmenté la dépense publique de 4,5 % enfin bah il y avait eu un million d'immigrés supplémentaires pendant son quinquena. Enfin, aujourd'hui, on sait ce que ça donne quand LR dirige le pays et peut-être qu'il voulait qu'on qu'on vote pour tout ça, mais on voulait pas voter pour un gouvernement barnier qui présentait l'inverse de tout ce qu'on peut préconiser et ce que veulent les Français.
Emmanuel Brisson. Moi je pense que vous avez censuré le gouvernement Barnier qui donnait beaucoup de pouvoir à Bruno Rota et vous voyez que Bruno Rotaillo était en train de monter dans les sondages mais en revanche vous ne voulez pas censurer le gouvernement de François Beou parce que vous attendez qu'il passe la proportionnelle et vous voulez en fait satisfaire vos intérêts personnels. Pourquoi ?
Parce qu'aujourd'hui on a un ministre de l'intérieur monsieur qui a des résultats. Il y a 1 an vous nous enterriez tous. Aujourd'hui, on a un ministre de l'intérieur qui euh a mis 1300 titres de séjour, il a retiré 1300 titres de séjour à des étrangers qui ne respectai plus l'ordre républicain.
Il y a des saisis de drogues tous les jours dans notre pays. Il y a plus de 65 % de véhicules qui sont saisis. Il y a une lutte contre les rodéos urbains.
On voit bien Bruno Rotaillot a des résultats. D'ailleurs, il est de plus en plus haut dans les sondages et je pense que ça vous embête beaucoup. Non mais écoutez là, vous parlez de l'insécurité mais c'est c'est mais quand vous regardez les chiffres, vous avez eu une augmentation mais considérable par exemple du nombre d'homices.
Vous avez une augmentation considérable de nombre de nombre de violences sexuelles. Vous avez 300 femmes qui se font violer tous les jours dans notre pays. Vous avez trois meurtres par jour.
Vous parlez du trafic de drogue, il a jamais été aussi important. Il y a jamais eu autant de règlements de compte. Enfin, c'est incroyable de vous satisfaire d'un d'un tel bilan.
Et monsieur Rota. C'est intéressant parce que là on parle de démission de monsieur Rotaillot. Il il présente sa démission en il dit si si peut-être enfin il dit que il ce qui fuite he il pourrait envisager sa démission par rapport à la proportionnelle.
Mais quel boutiquier en c'est-à-dire que ce qui compte c'est le le mode de scrutin pour savoir si vous pouvez garder vos postes ou pas. Alors que il dit qu'il il veut supprimer l'AME. Monsieur Bairou le contredit comme d'ailleurs le gouvernement Barnier faisait le contraire.
Il dit qu'il faut expulser les délinquants étrangers. Euh quand quand on propose ça dans notre niche parlementaire, la majorité vote contre. Il il dit qu'il faut un référendum sur l'immigration.
Le gouvernement Baou comme le gouvernement Bernier ne s'opposait un référendum sur l'immigration. Mais en fait, qu'est-ce qui compte pour monsieur Rotaillot ? Rester au gouvernement avec un gouvernement qui fait l'inverse de ce qu'il pense apparemment, enfin de ce qu'il annonce parce que moi je pense qu'il est pas crédible.
S'il était crédible, il aurait suivi monsieur Sioti. Il nous aurait rejoint. il serait pas dans un gouvernement avec des socialistes et qui présentent l'inverse de tout ce qu'il peut préconiser.
Enfin, je veux dire à un moment, il faut un peu de sincérité quand on s'engage en politique. Les idées, ça compte un peu, vous savez. Enfin, je sais que souvent ce qui compte chez LR, c'est se faire élire mais ça marche plus.
Et sinon, vous pas de soin de morale quand vous avez une présidente qui est inéligible. Au bout d'un moment, faut arrêter. Non, mais moi je suis d'accord que tout n'est pas parfait aujourd'hui dans le bilan, mais on sort quand même de 12 années de laxisme judiciaire.
On sort quand même de 12 années de On est sorti pour vous, on est en train d'en sortir avec Bruno Rota. Bien bien sûr que oui. Regardez les émeutes récentes les émeutes récentes c'est Bruno Rotaillot pour vous.
Bah, il a participé à ça. En tout cas, il a pas réussi à à à organiser de manière enfin organiser les les forces de l'ordre pour essayer d'empêcher ce qui s'est passé alors qu'on le savait depuis 10 jours. Mais surtout, il est dans un gouvernement qui, je le rappelle, s'oppose aux peine plancher par exemple.
Enfin, ce qui fait qu'aujourd'hui, enfin, même si monsieur Baou dit il l'inverse récemment, mais bon, il fallait voter dans ce cas la PP. Non mais ouais mais on a on l'a proposé le 31 octobre dernier. Les peines planchées ont été refusées.
Enfin je pense que pour les Français, il y a 87 % des Français qui trouvent que la justice est trop laxiste. C'est juste insupportable en fait. Et d'ailleurs, il montre les muscles en disant qu'on s'en prend aux forces de l'ordre, il faudrait 3 mois ferme minimum par exemple.
Non mais vous savez que la loi, elle prévoit 5 ans quand des policiers peuvent être blessés. Enfin, si on respectait un peu euh justement ce que les le le code pénal et on on se rapprochait des sanctions maximales, oui, peut-être queil y aurait beaucoup moins de délinquants et les prisons, elles seraient moins pleines justement parce qu'en fait c'est une incitation à la délinquence, le laxisme judiciaire que qui a provoqué qui que que qui avait provoqué le gouvernement Sarkozy à l'époque avec les lois d'Ati par exemple mais qui a continué à être poursuivi par tout ce qui a été mis en place depuis et ce qui fait qu'aujourd'hui les Français, ils ont un sentiment d'injustice mais insupportable parce que face à cette délinquence qui augmente la réponse est toujours plus de et ça pour le coup, je pense que le Rassemblement national dans le constat et monsieur Rota sont d'accord puisqu'ils ont critiqué. Mais on oublie que monsieur Retaillot, il je le rappelle, il est dans cette majorité, il cautionne justement un gouvernement qui prenne l'inverse et qui participe à ce laxisme judiciaire.
Pour revenir ce que vous avez dit sur la finale de la Ligue des Champions, moi je pense que ce soir-là, il y a une faillite justement de l'État depuis plus d'une vingtaine d'années. Oui, il y a une faillite parce qu'on a déconstruit l'autorité sur ce point. Sur ce point, je vous rejoins complètement.
Il y a eu des scènes de chaos, c'était vraiment des scènes de guerre qu'on a pu voir à Paris effectivement. Brill a parlé de barbare. Moi je parle plutôt de parasites parce que oui parasit il faut les sortir.
Non mais en fait commentaire vous critiquez le travail vous critiquez le travail de la police quand vous dites qu'il y avait pas assez de policiers. Il y avait beaucoup plus de policiers qu'en 2020. Il y a eu 560 interprétations.
Excusez-moi mais quand vous critiquez le travail interpellation quand vous critiquez le travail de Bruno Rota vous critiquez le travail des forces de l'ordre. Donc là, vous remettez en cause le travail des forces de l'ordre ce soir-là. C'est exactement ce que vous êtes en train de faire.
Qu'est-ce que vous auriez fait ? Parce que aujourd'hui les policiers, ils ont pas la possibilité de mettre tous ces gensl pour le coup. Tiens, question importante.
Qu'est-ce qu'un gouvernement du Rassemblement national, qu'est-ce qu'une police, pardon, aux ordres d'un gouvernement du Rassemblement national aurait fait face au débordement qu' a eu gouver Non mais un gouvernement du Rassemblement national, ce que je le ce que je disais tout à l'heure, il aurait mis en place des peines planchées, ce qui fait qu'il y aurait eu des condamnations claires. Il aurait permis, par exemple, aujourd'hui, vous savez, c'est très limité, que des drones puissent observer de manière précise avec reconnaissance faciale et identifier les individus avec des sanctions exemplaires. Ce qui fait que personne, vous savez, si on appliquait justement ces peines maximales, tout à l'heure, je parlais de 5 ans pour des policiers blessés, mais on peut parler aussi de de 7 ans si on casse par exemple un abri bus ou si on on casse une voiture par exemple.
C'est ce que le le code pénal sur des des peines maximales. Et ben, si on se rapprochait de ça, je peux vous assurer que personne prendrait ce risque là. Surtout quand on voit aussi les dizaines de milliers d'euros que ces gens devraient payer.
Et bien si on appliquait, si on se rapprochait de ça, oui, par exemple, je pense qu'il y aurait il n'y aurait pas eu ces ces ces ces scènes d'émeutes qui qui sont la conséquence justement d'un sentiment d'impunité qui n'est pas qu'un sentiment d'impunité parce queion quoi. Voilà. Bah effectivement, vous savez, je pense que la meilleure présomption euh qu'on peut avoir, la meilleure prévention qu'on peut avoir par exemple, pardon euh par rapport aux actes de délinquence, c'est le la crainte de la sanction.
Aujourd'hui, ce l'xisme, il entraîne justement qu'on que les les délinquants se disent "Il y a une impunité, je peux faire ce que je veux". Dernier point, euh il y a beaucoup de sujets de désaccord entre vous deux et entre Bruno Rotaillot et le Rassemblement national. L'un des plus urgents, c'est celui du mode de scrutin.
On va en parler quand même. Le Rassemblement national veut que les élections législatives passent à la proportionnelle. Bruno R majoritaire.
Bruno prix majoritaire, c'est important. Bruno Retaillot et vend debout contre. Pourquoi vous êtes contre chez les Républicains Emmanuel Brisson ?
C'est le contraire du gaolisme et le rassemblement national se targue sur tous les plateaux télés d'être gauliste. C'est absolument rien. Pourquoi c'est contraire du le contraire du gaisme que d'être que de passer à la proportionnelle ?
Parce que c'est tout ce que Charles de Gaulle a absolument rejeté. Enfin, excusez-moi, mais aujourd'hui euh c'est une instabilité des institutions qui serait totales. On l'a bien vu dans des pays comme par exemple Israël ou l'Italie avec des gouvernements qui sautent tous les 6 mois.
Donc au bout d'un moment, ça ça permettrait donc une instabilité qui est absolument totale mais aussi des députés qui sont hors sol. Quand on est li des députés sur des listes, je sais que le Rassemblement national a l'habitude des parachutages mais voilà, il y a plus du tout de proximité avec ces électeurs. Bon, ça c'est du sport national, les parachutages, je pense qu'on en retrouve à peu près dans tous les partis.
Non, si on parle de ça sérieusement, c'est vous parliez de l'instabilité. En fait euh euh vous savez il y a eu il y avait deux grands courants euh dans notre dans notre pays qui faisaient que sur des élections législatives qu'on avait jusqu'à là effectivement vous aviez toujours un décourant qui devenait majoritaire de facto et et aujourd'hui vous avez un tripartisme, vous avez trois blocs importants. C'est pour ça que nous on dit que comme dans toutes les régions, dans toutes les communes, ça se passe très bien dans les collectivités locales, il faut une proportionnelle avec une prime majoritaire qui peut être par exemple de l'ordre de 25 %, ce qui permettrait au partis qui arrivent en tête, au bloc qui arrivent en tête d'avoir une prime majoritaire qui lui permet d'être de de pouvoir orienter le le pays avec les idées où qui lui ont permis d'arriver en tête.
ça fonctionne très bien sur tous les collectivités lo et et le problème c'est que je le dis vraiment le problème d'une proportionnelle pure c'est qu'on va se retrouver dans la même situation c'est-à-dire qu'il peut y avoir si personne n'atteint 50 % un des trois blocs, vous n'allez pas avoir de majorité pour un des un pour un des blocs et et le seul moyen aujourd'hui de sortir justement de de cet impasse avec avec ce ce personne qui n'a la majorité c'est de pouvoir permettre d'avoir cette proportion majorit à la proportionnelle et je suis obligé de vous poser la les élections à la proportionnelle même avec une prime majoritaire à l'Assemblée nationale, ça se passe en un tour. Est-ce que c'est pas aussi pour le Rassemblement national un moyen de finir par interdire le second tour des législatifs qu'il perd très souvent comme la dernière fois ? Ça ne se passe pas forcément en un tour.
C'est d'ailleurs proportionnel à majorité. On était quand même largement en tête, je le rappelle, en nombre de voix sur les sur les élections législatives, mais euh y compris au second tour. Euh mais euh je pense je non mais je suis pas en train de dire il faut que ce soit mieux ou pas pour le RN.
Je je trouve que c'est vous en bénéficierriiez parce que la prime majoritaire parce qu'on est les plus haut électoralement largement. Il y a le plus de gens qui nous font confiance. Mais vous savez, ça peut se passer en deux tours sur les municipales ou sur les régionals.
Par exemple, vous avez des unions ensuite de second tour et ça se passe en deux tours. Mais mais avec qui vous seriez prêt à fusionner à part ? Non mais non mais bah Ericoti c'est important, vous savez.
C'était le président de l'anciencien l'ancien parti de de Mrisson. Donc mais il s'agit pas de ce débat là. Moi je je dis juste que si demain on a une proportionnelle à prime majoritaire, on sort de l'impasse.
Il y a forcément un parti qui un bloc qui qui arrive à avoir une majorité. Et je je le répète, ça se passe très bien dans les collectivités locales et on est dans une situation au niveau de l'État où on est dans une situation bloquée où il y a des alliances un peu de circonstan des des gens qui pensent des choses très différentes. Les idées aventure des idées et je le dis ça compte, j'insiste là-dessus et donc il faut dégager des majorités idéologiques pour pouvoir orienter le pays.
Après on juge, il y a un nouveau scrutin qui permet de déterminer si ça a convaincu les gens ou pas. C'est pour ça qu'on vous fera toujours entendre des idées divergentes sur Sud Radio pour que vous puissiez vous faire une opinion librement et en toute indépendance. Merci à tous les deux d'être venu débattre ce matin sur Sud Radio.
Emmanuel Brisson, membre des Républicains, candidate à la présidence des jeunes du parti et Alexander Nicolic, porte-parole du Rassemblement national et députés européen.
Aleksandar Nikolic