Jean-Luc Mélenchon face aux Grandes Gueules
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Jean-Luc Mélenchon, bonjour. [Musique] Merci d'avoir accepté cette invitation pour les 20 ans des GG. En 20 ans, nous nous sommes rencontrés plusieurs fois alors que les grandes gueules débutaient, nous n'étions qu'à n étions qu'à la radio.
À chaque fois, vous avez répondu positivement à cette demande de venir débattre avec ceux qui représentent les Français et on vous en remercie. Ouais, il représente pas les Français mais je viens vous voir parce que le je vais plus nulle part hein, c'est devenu insupportable pour moi par respect pour ma propre dignité personnelle. Je rencontre plus une série de journalistes mais je trouve que vous avez il y a 20 ans introduit un style et il a fait école et les imitateurs ont pas toujours été très bon.
C'està-dire d'accord vous êtes grinçant et piquant, on va pas dire le contraire mais c'est toujours resté dans certains respect mutuel quoi. Ça passe pas certaines limites. Après on a quand même aussi le droit de se faire brocarder.
Ça fait partie de de l'engagement politique mais partout ailleurs, c'est devenu insupportable. C'est une corrida. Maintenant, on m'invite pour se faire Mélenchon, tu vois, pour prendre ton galon dans la vie de journaliste, faut se faire Mélenchon.
C'est odieux, c'est insupportable. On pose des questions que on n'oserait pas poser à d'autres. Alors, je ne vais plus nulle part, mais je viens ici parce que ça me fait plaisir.
Puis alors, votre côté prétentieux les gars, merci. Moi à côté, je suis un petit garçon. Vous prétendez représenter le peuple les mecs personne les a élus.
Ils viennent à quatre ou cin sur un truc, ils disent les français ceci, les Français cela. Pardon ? Et nous les Français, on a intérêt à les approcher de près si on ve renouveler.
Mais maintenant, je reconnais, je suis plus élu donc je suis panoramix des insoumis. Oui, mais ceux qu'on a rencontré, bien sûr qu'on n'est pas, il y a des citoyens français quand même autour de la table. Charles Consigner, Flora Gemali et Didier Girot.
Et puis il y a des français qu'on a rencontré, ils nous disent quand même tous à peu près, tous un peu la même chose. C'està-dire que moi je travaille vos collègues disent non, je travaille, je travaille, je m'en sors pas. Ça c'est vrai, je m'en sors pas.
La vie est plus chère qu'avant. Euh, j'ai peur de pas pouvoir m'en sortir pour mes enfants. Euh, et puis on me dit que les services publics sont défaillants alors que je paye des impôts, que on prend quand même pas mal d'argent chaque mois.
Donc, il y a une équation quand même impossible qu' va falloir résoudre. Jean-Luc Mélenchon, pourquoi vous feriez mieux que les autres si vous alliez à l'Élysée ? Et bon, mieux tout le monde essaie de faire mieux mais il faut regarder la recette.
Non, mais il faut regarder la recette. C'est ça qu' faut voir. Ça fait 40 ans qu'on applique une recette, on va diminuer l'état et le marché va prendre sa place.
Ça va être merveilleux. L'initiative individuelle et compagnie. Résultat 40 ans après, c'est comme si on avait fait une guerre.
Je dis 30 ans hein. J'ai regardé les chiffres pour voir. On dit pas si je vous disais de donnez-moi un pays où on a supprimé euh 9000 euh km de voie ferrée où on produit deux fois moins de bagnoles qu'avant où on a détruit euh euh une école par jour et cetera et cetera.
C'est la France. C'est comme une guerre. Cette guerre c'est la guerre d'une poignée de gens contre la masse des gens. les uns se sont monstrueusement enrichis et les autres ont tiré la langue.
Résultat, au point où on en est aujourd'hui, vous avez un état défaillant parce ça marche pas, parce qu'on lui donne pas l'argent parce que le fric de l'État passe à boucher des trous et puis de l'autre côté des gens qui ont beaucoup et qui veulent pas donner. Et vous avez vraiment on dirait on dirait 1789 une grosse dette, des riches qui veulent pas payer et des gens qu'on peuvent plus. Alors si vous me demandez, je voulais quand même faire ce petit préambule.
D'accord. Donc on est on est dans une ère très révolutionnaire. Oui, bien sûr.
Bah, tout le monde le voit, non ? Euh alors, qu'est-ce qu'on appelle prêtrévolutionnaire ? C'est euh quand en haut on ne peut plus, c'est-à-dire quoi qu'il décide, tout le monde s'en fout.
Ils arrivent pas à se mettre d'accord entre eux et d'ailleurs ils ne savent pas ce qu'ils veulent faire et puis en bas, on veut plus. Les gens n'ont rbol quelle que soit leur opinion politique et ils ont tendance à tout rejeter, tout en même temps. Allez, allez-vous en tous, on vous a assez bu.
C'est ça en gros le moment. Donc ma ma formule, si je vais la résumer, ça va être en résumé he donc me caricerez pas, c'est en résumé. c'est qu'il faut si on doit faire face à la difficulté, on la fait tous ensemble.
Ceux qui ont le plus donnent le plus, ceux qui ont le moins donnent le moins. Et on donne à chacun suivant les besoins qu'il a qui sont des besoins vitaux. On a essayé ça, pardon, mais l'impôt sur la fortune a existé pendant des années.
Les Français n'ont pas mieux vécu lorsque l'impôt sur la fortune était en place. Mais vous avez raison. Mais pourquoi ?
Parce qu'il n'était pas bien fait. Et deuxièmement, il faut regarder la tendance. Faut pas faire la photo d'aujourd'hui et puis se dire "Ah, je comprends pas." Non, faut regarder la tendance.
La tendance, ça a été l'appauvrissement voulu de l'État. Des gens ont organisé l'appauvrissement de l'État et l'endettement de l'État. Si vous regardez, c'est pas François Mitteran qui creuse la dette.
C'est monsieur Baladur qui fait des millions de dettes, des milliards de dettes alors que il a vendu les entreprises publiques. C'est monsieur Sarkozy 600 milliards. C'est monsieur Macron.
C'est que la droite qui fait de la dette. Mais mais c'est une technique, c'est original. Il font pas de la dette, ils dégagent de l'espace pour que le marché l'occupe.
Mais ça se passe pas et ça marche dans aucun pays du monde. Ils font du libéralisme 30 ans ou 40 ans après cette chair et et Rigan. Alors ils sont là.
Ah ça marche pas. Bah tu avais qu'à regarder chez les autres. Tu vois bien que ça marche pas.
J'ai envie de vous répondre tout de suite monsieur Mélenchon. Vous savez que je vous respecte. Je respecte votre intelligence votre culture.
Aïe aïe aï un certain. A a a je et je et je partage pour partie votre diagnostic. Je pense effectivement qu'on est dans un une situation prérévolutionnaire mais moi je pense que celui qui va faire la révolution c'est quelqu'un qui s'appelle Nicolas.
Je sais pas si vous avez entendu parler de Nicolas. Nicolas il a 30 ans et c'est lui qui paye pour tous les autres. Nicolas, c'est les 10 % de Français qui payent 70 % de l'impôt sur le revenu.
Nicolas, c'est les 30 % de Français qui finance l'intégralité du système social. Nicolas, c'est celui pour qui 17h, c'est à peu près le milieu de la journée ou au moins de l'après-midi, pendant que beaucoup de gens sont déjà rentrés chez eux depuis longtemps. Nicolas, c'est c'est effectivement celui qui travaille plus que les autres, qui essaie de gagner effectivement parfois un peu plus.
Pas mal, pas mal. qui refuse le système si que vous défendez. Et moi ce qui me frappe beaucoup, c'est que celui qui est vraiment celui qui est vraiment celui qui est vraiment appauvri en France, c'est pas l'État c'est pas l'État qui continue à payer des chauffeurs, des logements de fonction 500 millions d'euros encore 500 millions d'euros ou 500 millions d'euros encore 500 millions d'eur encore annoncé pour la filière musicale.
Non, ça c'est pas l'État qui paye ici. Ah ouais, c'est ça. C'est c'est inhabituel pour vous.
Désolé. Et oui, désolé. C'est l'état qui paye parce que vous avez pas l'air d'être au courant de ce que sont les aide à la presse.
He oui. Je suis pas sû sûr que les radios payent perceuvent des aides à la presse. Tout va mal et un pauvre gars et vous parlez ensemble.
Parler au tutoement, il y a pas de problème, on peut se tutoyer sans difficulté. Moi ce que je vous dis c'est que celui qui s'est appuvance ça n'est pas l'état. C'est Nicolas et Nicolas il va finir effectivement par s'énerver.
Alors exact, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on répond à Nicolas qui paye tout ? Non.
Bon, alors on va Je sais pas si ce personnage existe mais vous abusez parce que alors il y aurait d'un côté une ou deux personnes. Il y a des Nicolas dans la salle. Mais je le connais.
Non mais attendez, je le connais pas le Nicolas, c'est pour ça. Nicolas Nicolas Nicolas Ah d'accord. Nicolas Nicolas Nicolas Nicolas Attendez monsieur Contintini excusez-moi d'abord de vous avoir tutoyé et deuxièmement je croyais que vous parliez de quelqu'un en particulier alors à madame elle dit c'est moi je me dis non mais elle c'est Nicole c'est pas Nicolas aujourd'hui tout est possible c'est un personnage moyen.
Alors si c'est ça qu'on veut dire vous avez dit c'est pas l'état qui s'est appauvri l'État s'est appauvri et les Français se sont appauvr en masse. C'est-à-dire que pour la première fois de notre histoire, le la tendance qui était jusque là après la guerre, petit à petit d'une génération à l'autre, ça s'améliorer. Moi, je viens d'une famille populaire et je représentais le progrès dans la famille parce que j'ai eu le bac, parce que j'ai eu d'autres diplômes après et ça s'est inversé.
Alors, tout le monde continue à bosser beaucoup, y compris le niveau d'éducation s'est élevé considérablement mais les gens se sont appauvris. C'est une certif. Pourquoi la France régresse ?
On en est à 100 Alors là, on vient mais on en est à 100 millions de pauvres. D'accord. Donc je vais pas vous dire ça existe pas.
Et en effet tout le monde paye et paye beaucoup. Mais la on a jamais dépensé autant d'argent public. Non ça c'est pas vrai.
C'est pas tout le monde qui paye 57 % du Vous avez raison. C'est pas tout le monde qui paye. Non non mais écoutez essayez de tempérer votre jugement même si vous êtes de parties prix mais essayez de voir comment les choses se dessinent.
Pour que ça fonctionne, il faut que ça fonctionne, c'està-dire ça tourne. Il faut qu'il y ait de l'activité, du boulot, des choses à produire. Et pour qu'il y ait des choses à produire, faut qu'il y ait des gens qui puissent les acheter.
Si vous appauvrissez les gens progressivement, ils ne peuvent pas acheter. Donc il n'y a pas de création d'emploi et c'est reparti pour le chômage dans notre pays. Et progressivement, tout le monde s'appauvrit.
Donc il faut augmenter les salaires. Alors un, il faut augmenter les salaires. Mais mais d'abord disons les choses qui font pas plaisir.
Ceux qui ont beaucoup Mais qui ? Enfin franchement vous demandez qui. Bah oui, je demande qui les les fortunes de ce pays ont été multipliées par deux.
Bah oui, mais enfin on va alors tant mieux. Bravo pour eux. Mais non, mais vous vous croyez que ça vient d'où leur fortune que ça leur tombe du ciel.
Ça c'est pas fait sur nos dos. C'est parce que ce sont les entrepreneurs qui investissent qui créent l'emploi. Alors vous les mettez tous dans le même sac.
Moi, je vais vous dire une chose avec les aides qu'on a donné aux entreprises, je prends toujours les 30 ans parce que ça me paraît une Il y en a pour 3000 milliards de dettes aujourd'hui, on est d'accord milliards de dettes. Et ben avec ça, l'État avait de quoi s'acheter tout le CAC 40. Ce sont des aides qu'on a jeté comme de l'eau dans du sable.
C non, mais il fallait Écoutez, quel a été le sens de supprimer des cotisations sociales pour des tas de catégories d'emplois ? Le résultat, c'est que c'est les autres qui les payent. Si par exemple vous vous appuvrissez les gens et ben ils vont tomber en dessous du seuil de l'impôt sur le revenu.
Et même si c'est pas l'impôt sur le revenu qui rapporte le plus, ça rentre pas dans les caisses de l'État. Et aujourd'hui, de quoi on parle ? On dit il y a un problème
Jean-Luc Mélenchon