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ChroniqueFrance Inter (sur YouTube)· 7 octobre 2025 2 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & élections

Macron, le Shein de la politique : c'est l'ultra-fast gouvernance - Le billet de Bertrand Chameroy

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Père Franchamerois, vous avez de petits yeux ce matin. Alors déjà, bonjour Nicolas, je vous remercie. Oui, j'ai de petits yeux parce que je n'ai pas dormi de la nuit. J'avais trop peur de passer à côté d'un nouveau rebondissement. Vu la gueule des dernières 24 heures qui ressemblait à un épisode Netflix écrit par des scénaristes sous acide, on aurait pu se réveiller avec un nouveau Premier ministre, une dissolution ou un nouveau comeback de Bruno Le Maire. Entre le début et la fin de ce papier, tout peut arriver. Donc, histoire de ne pas bosser pour rien, j'ai préféré ne rien préparer. J'attends qu'une dépêche AFP tombe et j'improviserai. Au bout d'un moment, c'est bon.

Oui, c'est moyennement radiophonique, donc je me lance. Et tant pis si le billet devient caduque en cours de route, ok ? Brutus, bonjour. C'est bon, on peut le dire, vous êtes officiellement candidat pour 2027. Je tenterai à chaque fois que vous viendrez. En tout cas, ça y est, vous êtes vengé de ceux qui raillaient votre passager éphémère à Matignon qui semble daté du siècle dernier. Jusque depuis, il y a eu les gouvernements barniers, 99 jours, Bayrou 270, et le cornuc qui aura duré moins longtemps que la cuisson d'une langue de bœuf sous vide, qui est de 18 heures après votre tu-cas-tu-répare. Hier, nous avons découvert le j'me casse, je repars. Qu'est-ce que vous dites, Gabriel ?

Macron est en forcené ? Non, faites gaffe qu'on est à l'antenne, on vous entend. Maintenant, vous assumez la rupture avec le président, allez consommer, vous dénoncez son acharnement à garder la main, vous dites ne plus comprendre ses décisions, c'est bien, vous vous lâchez. Je vous sens chaud, mais j'ai envie de dire mollo l'astico. 2027, c'est dans deux ans. Au rythme où vous allez, d'ici deux semaines, vous déboulez en gilet jaune, dans un tractopelle devant l'Elysée, en hurlant « Macron démission ! » Après, je vous comprends. Il y a eu plus de gouvernements cette année que de films de Quentin Dupieux, c'est-à-dire l'heure du chaos.

Macron, c'est le chine de la politique de l'ultra-face gouvernance. Une nouvelle collection toutes les 14h, les gars de l'atelier ne suivent plus. Ce qui rend Benji nostalgique. Tout à l'heure, il me disait, tu te rends compte, Bertrand, du temps de Pompidou, même le nom des directeurs de cabinet était gravé dans du laiton. On prenait le temps, c'était un CDI, ça c'était de la politique de la vraie. Aujourd'hui, c'est plus simple. Sur les portes des ministères, ils ont accroché une ardoise Véleda. Karine Lecornu, ça prend un ou deux aides. Oh, ne te casse pas, il est à la compta. À Matignon, les huissiers n'ont plus le temps d'apprendre leur ganigramme dans les ministères.

Résultat, ils donnent du « bonjour, monsieur ou madame le ministre » à tout le monde pour être en train de ne pas commettre d'erreurs protocolaires. J'annonce, monsieur le ministre de l'aménagement du territoire. Alors non, moi, c'est Patrick de la Socotec, je viens vérifier les extincteurs. Autant pour moi. Dites, Patrick, vous faites quelque chose cet après-midi ? Non, vu que vous vous y connaissez en incendie, ça vous dirait un poste de premier ministre ? Alors Patrick de la Socotec, succèdera-t-il à Sébastien Lecornu ? Réponse prochainement. Et on n'est pas à l'abri que ça se produise.