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ChroniqueBLAST (sur YouTube)· 23 juillet 2021 9 minAutoproduitActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprises

MALGRÉ LES MILLIONS DE MORTS, LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « Les quelques 60 pays qui ont débuté leur campagne, au moins 49 sont à revenu élevé, et 11 pays concentrent à eux seuls 90% des doses injectées. »
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    « Les ventes du vaccin anti-covid pourront rapporter à Pfizer 12,5 milliards d’euros en 2021. »
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    « BioNTech Pfizer table sur des transactions records. Le groupe américain s’attend à vendre pour 1,6 milliards de doses de son vaccin pour environ 26 milliards de dollars. »
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    « Depuis janvier 2020, le Covid c’est malheureusement 3,7 millions de morts dans le monde. »
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    « La France participe au mécanisme Covax qui devait permettre le groupement des achats de vaccins afin de garantir à 190 pays et territoires un accès juste et équitable aux vaccins. »
  • 3:30Chiffre
    « Quand l’Allemagne recevait 150 000 doses, nous en recevions 19 000 et l’Italie 9 000. »
  • 5:00Fait
    « Le gouvernement avait préféré rationner en ne soignant que les malades atteints gravement. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les quelques 60 pays qui ont débuté leur campagne, au moins 49 sont à revenu élevé, et 11 pays concentrent à eux seuls 90% des doses injectées. A l’heure à laquelle nous parlons, l'argent est le discriminant exclusif entre les êtres humains pour leur accès à la protection sanitaire. Les ventes du vaccin anti-covid pourront rapporter à Pfizer 12,5 milliards d’euros en 2021.

Un montant revu à la hausse qui pourrait à nouveau être réévalué en fonction de l’évolution épidémique et de la signature de nouveaux contrats. Si lever les brevets avait une quelconque utilité aujourd’hui, nous le ferions immédiatement. Mais ça ne sert à rien aujourd’hui.

BioNTech Pfizer table sur des transactions records. Le groupe américain s’attend à vendre pour 1,6 milliards de doses de son vaccin pour environ 26 milliards de dollars. Je suis tout à fait favorable à ce qu’il y ait, en effet, cette ouverture de la propriété intellectuelle.

Vous m'avez entendu le dire il y a un an, quand nous avons lancé l’initiative ACT-A. Je dois être franc : le monde est au bord d’un échec moral catastrophique. Et le prix de cet échec sera payé par des vies et des moyens de subsistance, dans les pays les plus pauvres du monde.

A un an et demi aujourd’hui d’un contexte sanitaire marqué par le Covid, nous allons parler vaccin. Depuis janvier 2020, le Covid c’est malheureusement 3,7 millions de morts dans le monde, 3,4 milliards de personnes alternativement confinées depuis un an et demi avec des pertes de libertés fondamentales, notamment en France. Le Covid, c’est aussi des systèmes économiques effondrés, un accroissement des inégalités sociales et un lourd tribu sur la santé physique et psychique des populations à court, à moyen et à long terme.

Malgré tout, dans ce malheur, nombre de dirigeants, y compris les plus libéraux, semblaient enfin comprendre que l'intérêt humain devait prendre le pas sur les intérêts financiers afin de sortir de ce tunnel mortifère. Le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. Nous serons plus forts moralement, nous aurons appris, et je saurai aussi avec vous en tirer toutes les conséquences.

Toutes les conséquences. La recherche a été mise en commun, les publications mondiales partagées, les états ont contribué à la recherche en subventionnant massivement les laboratoires dont ici la commission Européenne à hauteur de près de 3 milliards d’euros. Et cette mobilisation n’a pas été vaine car 9 mois après les débuts de la catastrophe sanitaire en France, Pfizer annonçait déjà début novembre un vaccin prometteur.

Et le président de la République française nous annonce le 21 novembre 2020 : Notre mobilisation doit donc veiller aussi à ce que, dès que des traitements contre le virus se stabilisent, ils puissent être de la même manière diffusés, partagés, avec les pays les plus pauvres et les économies en développement. A cet effet d’ailleurs, la France participe au mécanisme Covax qui devait permettre le groupement des achats de vaccins afin de garantir à 190 pays et territoires un accès juste et équitable aux vaccins. Aussi, il y a eu le C-TAP (Covid Technology Access Pool) qui devait garantir les partages de la propriété intellectuelle, des connaissances et du savoir-faire nécessaires pour produire des vaccins à grande échelle y compris dans les pays en développement.

La pandémie avait imposé une prise de conscience planétaire : enfin, celle de l'intérêt commun. En tout cas, en France, c’était le cas de notre président et nous pouvions en être fiers. Le 21 décembre 2020, le vaccin Pfizer obtient enfin l’autorisation de mise sur le marché pour la lutte contre le Covid-19.

Ainsi, grâce à la mobilisation de milliers de scientifiques, grâce aux levées de fonds étatiques, grâce à nos dirigeants, nous allions bientôt sortir de ce bazar. Partage du savoir, production partout, vaccination à grande échelle. Ça y est c’est bientôt la fin !

Wow wow wow ! T’es sûre que c’est ça qui se passe là ? Oui, je crois.

Hé bien, en fait non. Les industries pharmaceutiques veulent faire jouer les lois du marché. Est-ce que c’est une vraie surprise de découvrir que les patrons des grandes entreprises pharmaceutiques n’ont pas tout à fait le profil de L'abbé Pierre ?

Non. Mais, heureusement nos dirigeants vont leur imposer des règles pour que l’on soit tous vaccinés correctement. Super, ils ne sont pas si mal nos dirigeants en fait.

Non… Vous y avez cru ? En fait, les responsables européens ont mené en amont des négociations d’accords d’achat anticipé d’environ 200 millions de doses pour l’Union Européenne, plus ou moins 100 millions de doses supplémentaires. Milliards de vies menacées ou non, les affaires sont les affaires.

Et en mars 2021, loin des beaux discours, on se retrouve avec 13% des pays riches à avoir pré-commandé 51% des doses. Même entre les pays européens la compétition est rude : Quand l’Allemagne recevait 150 000 doses, nous en recevions 19 000 et l’Italie 9 000. Devant cette débâcle, le président de l’OMS lui-même, nombre de pays, d’ONG, d’initiatives citoyennes ont demandé de soutenir la levée des brevets.

C’était aussi le cas de plusieurs groupes politiques, malheureusement minoritaires, dont vous pourrez trouver la liste en bibliographie. Mais là, c’était encore un grand “Non” collectif de l’Europe. En même temps, BioNTech étant une entreprise allemande, on comprend mieux pourquoi certains étaient ravis que le vaccin leur rapporte.

Malheureusement, aucun rapport de force n’est donc entrepris à l’échelle de l’UE avec les autres puissances souveraines comme les États-Unis qui produisent le vaccin. Pourtant, petite digression, il y a quelques années, eux, les États-Unis, lorsqu’ils voulaient de la ciprofloxacine qui est un antibiotique luttant contre la maladie du charbon, détenu par Bayer à l’époque, entreprise allemande, ils nous ont sorti le chantage à la licence obligatoire et Bayer avait bien été forcé de baisser ses prix. Nous, non.

On écrit des grands tweets sur la puissance européenne mais dans la réalité… Rien du tout. La loi du marché, d’ailleurs, nos concitoyens malades de l’hépatite C en connaissent un rayon. Faisons un petit parallèle rapide : Lorsqu’un traitement efficace, en 2014, le Solvadi, avait été trouvé contre l’hépatite C, la société américaine Gilead le vendait à la France plus de 40 000 euros la cure tandis que la fabrication leur coûte entre 75 et 200 euros à l’époque.

Est ce qu’on a tenté nous aussi d’activer le mécanisme de la licence obligatoire ? Non. A l’époque, le gouvernement avait préféré rationner en ne soignant que les malades atteints gravement.

Il aura fallu attendre bien plus tard que les remboursements de la sécurité sociale atteignent près d’un milliard d’euros pour que le gouvernement négocie en secret avec la firme afin de faire baisser le prix de celle-ci en anticipant le choc financier qui risquait de s'abattre sur notre sécurité sociale. Et autant vous dire que les négociations ont dû faire sévèrement flipper Gilead. Au-delà d’un montant annuel de 400 000 à 700 000 euros selon les années, il devrait en reverser.

Avec ces rudes lois, le laboratoire Gilead, qui, en 2008, n'était qu’à la 40e place mondiale occupe dès 2015 la 6e, avec 32 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Chaud les marrons les restrictions. Ce qui nous vaudra une belle campagne réalisée par Médecins du Monde.

Bon, à l’époque ce n’était pas monsieur Macron au pouvoir mais un président connu pour sa célèbre volonté, d’ailleurs, de rompre avec le capitalisme. Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature.

Il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Malheureusement, force est de constater que ni en 2014, ni aujourd’hui, les mécanismes européens, tels qu’ils sont construits, n’ont la volonté de s’imposer sur les questions géopolitiques et industrielles mais font allégeance au marché.

Ainsi, la vaccination Covid, derrière les belles phrases ne semble être qu’un pathétique bis répétita de l’affaire Solvadi. Quant à la transparence qui entoure ces contrats mis sur nos vies et notre santé, ils ne sont pas publics, ni visibles par vous, ni même visibles des députés européens que vous avez élus, et ce également à la demande des entreprises pharmaceutiques qui le justifient par la volonté de préserver le secret des affaires. Une pensée ici pour notre chère démocratie européenne.

Et la facture, en France, pourra être supérieure à 3 milliards d’euros, pour le seul vaccin Pfizer, tandis que le géant pharmaceutique s’attend, lui, à plus de 20 milliards de dollars de bénéfice. Reste à savoir maintenant si jouer à ça, si la loi du marché nous protégera de nouveaux variants venant de pays peu vaccinés ? Reste à savoir combien d’économies on nous imposera encore en raison de la gigantesque dette sur la Sécurité sociale à venir...

Mais c’est comme ça. On paye la recherche, on subventionne, on paye les vaccins et on va payer nos dépenses avec des jolies réformes austéritaires à venir. Ainsi, oui, il y a bien des complots, mais c’est pas dans la seringue qu’ils sont à chercher.

Merci d’avoir suivi cette chronique, j’espère que ça vous a plu. Vous trouverez toute la biblio et les sources juste en dessous du lien et on se retrouve très bientôt pour une nouvelle chronique sur Blast.

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