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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 15 avril 2024 21 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & électionsEurope & international

DE MINISTRE DE L'ÉCONOMIE À PRÉSIDENT : AVONS-NOUS DÉJÀ OUBLIÉ LE TERRIBLE BILAN DE MACRON ?

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Chapitres

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Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30ThomasChiffre
    « les riches n'ont jamais été aussi riches en France »
  • 3:30ThomasFait
    « la politique libérale prépare l'arrivée de l'extrême droite »
  • 5:00ThomasFait
    « la réforme de l'ISF pour les très riches »
  • 5:30ThomasFait
    « les lois travail qui ont déréglementé le marché du travail »
  • 7:00ThomasFait
    « la réforme des retraites »
  • 8:30ThomasFait
    « la politique libérale prépare l'arrivée de l'extrême droite et là on le voit bien dans les sondages »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Moi j'ai du mal avec ça ! Là, on se dit quand même quelle est la colonne vertébrale ?

Parce qu'à un moment il faut un peu une colonne vertébrale. C'est à dire qu'on peut voter des lois travail et puis après on peut être un candidat soutenu par la NUPES ou par, ou par la gauche même. C'est un saut, un flip à 180 degrés.

Et le bilan du quinquennat, c'est que les riches n'ont jamais été aussi riches en France. Ils tellement été riches qu'un petit pays comme la France, que l'on présente comme un enfer fiscal a réussi à un moment à avoir l'homme et la femme la plus riche au monde, c'est quand même hallucinant ! On le voit bien dans les sondages, la politique libérale prépare l'arrivée de l'extrême droite.

Bonjour tout le monde, Je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porcher À l'heure où l'on est assommé par les discours de toutes parts, il est bon de se poser, faire le tri et décrypter. Avant de commencer, on vous dit un petit quelque chose. Les autorisations des quinze chaînes nationales de la TNT arrivent à échéance en 2025.

L'ARCOM a donc lancé un nouvel appel à candidatures qui représente une opportunité pour Le Média. Nous allons déposer un dossier de candidature pour être diffusé sur la TNT ! Une tâche loin d'être simple, voilà pourquoi on en appelle aux spécialistes des médias, de la télé, juristes, experts techniques pour nous aider à monter ce dossier de candidature et marquer un nouveau tournant historique dans l'histoire des médias indépendants et engagés.

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Bonjour Thomas. Salut Lisa. Alors avec toi aujourd'hui, au programme Emmanuel Macron depuis 2014.

Est ce que c'est le casse du siècle ? Et on ira faire un petit tour sur l'alliance ou non des gauches pour les européennes. Et même après, c'est parti !

Il est temps de faire le bilan sur la politique d'Emmanuel Macron à l'heure où une polémique en chasse une autre, une réforme en chasse une autre et où les décisions politiques et économiques sont inédites et passent dans une quasi indifférence générale. Avant d'être Président de la République, il est bon de rappeler qu'Emmanuel Macron était ministre de L'économie depuis 2014, puis encore avant Secrétaire Général adjoint du Président de la République depuis 2012, sous Hollande, donc après une carrière de banquier d'affaires. Thomas, est ce que tu peux nous rappeler un peu l'évolution de la philosophie d'Emmanuel Macron depuis toutes ces années ?

Surtout que c'est un homme qui dit venir de la gauche. Il n'y a pas d'évolution en fait...

Emmanuel Macron a toujours été le même, C'est ça qui m'étonne, c'est qu'il y ait des gens à un moment qui se sont posés la question et qui se sont dit "Est ce que Macron est de gauche ou de droite ?" Et il y a encore des gens qui vont vous dire oui, il est de gauche quand même...

Je n'arrive pas à voir où est ce qu'il est de gauche. Mais, mais il y a eu cette question depuis le début et moi ça m'a étonné dès 2015 cette question. Parce que certes, il était ministre de François Hollande, un Président que les gens voyaient de gauche, mais il était ministre de la deuxième partie du quinquennat de François Hollande qui était un quinquennat très à droite, autant sur le sociétal avec Valls que sur l'économique qu'avec Macron, le CICE, la loi Travail, la loi El Khomri et la loi Macron avec la déréglementation des pharmacies, des cars, etc.

Donc à l'époque des gens encore penser qu'il était, qu'il était, qu'il était un un peu de gauche. Mais déjà à cette époque là, qu'est ce qui est ce qui va ? Les phrases qu'il sortait était quand même assez impressionnantes.

Quand on vous dit en 2015 "moi, si j'étais chômeur, je n'attendrais pas tout de l'autre". Ça vous dit quand même la philosophie que vous avez à l'égard des chômeurs ? Quand vous dites oui, "la France n'a pas fait les réformes où il fallait, contrairement au Royaume-Uni dans les années 80", où vous êtes assez proche de Thatcher.

Quand vous dites "Les Français ont cru qu'en travaillant moins ils allaient être mieux Enfin, je me disais mais où est ce qu'on peut ? On peut voir que que Macron a une pensée de gauche ? C'était quelqu'un de très libéral sur l'économie et on n'a pas été surpris.

On n'a pas été surpris là dessus puisque dès qu'il est rentré et souvenons nous de ça parce qu'il est quand même rentré au pouvoir à l'aide d'un certain nombre de gens qui se disaient de gauche chez les écologistes et au Parti socialiste. Il a eu des cautions de gauche, mais quand il est arrivé, la première réforme qu'il a passé, c'est la réforme de l'ISF pour les très riches. Et le bilan du quinquennat, c'est que les riches n'ont jamais été aussi riches.

En France, on a tellement été riches qu'un petit pays comme la France, que l'on présente comme un enfer fiscal, a réussi un moment à avoir l'homme et la femme la plus riche au monde c'est quand même hallucinant. Il y a quand même d'autres pays les États-Unis, la Chine où on n'arrête pas de parler des milliardaires des pays émergeants. Maintenant c'est chez nous, c'est chez nous, c'est pas en Allemagne, c'est pas aux Etats-Unis, c'est chez nous qu'on a eu l'homme et la femme la plus riche au monde, Les riches n'ont jamais été aussi riches.

Les entreprises, et particulièrement les grandes entreprises, ne sont jamais sorties aussi bien ou jamais des résultats aussi bons. Et de l'autre côté, il y a eu clairement un affaissement de la classe moyenne et ce que lui même avait pris dans un journal avant d'être Président et pendant qu'il était ministre. Et certains ont trouvé ça sympa, Il y a eu une forme d'ubérisation de l'économie où pour une partie de la classe moyenne, tout est très cher.

Une partie des gens qui était épargnés des fins de mois difficiles commencent à y entrer et où la stabilité dans l'emploi est de plus en plus rare. Avec les deux lois travail et où les services publics se dégradent. Donc il a eu son ubérisation de l'économie et il a eu pour les gens les plus riches et pour les entreprises ce qu'elles voulaient.

C'était quelqu'un de libéral, on le savait. Ceux qui s'en sont rendu compte plus tard Moi, je trouve ça triste. Je trouve ça d'autant plus triste que beaucoup se sont recasés quand même à gauche.

Il faut parfois avoir un peu de vision de long terme et de penser un peu comme vous dire contracyclique. Or il y a beaucoup de gens qui ont des pensées procycliques, c'est à dire qu'ils sont au moment là, au moment où il faut, et ils ont toujours un poste. Et ça, je pense qu'il faudrait aussi s'en souvenir.

Mais Macron été était un libéral et la fin de son quinquennat va faire que je pense qu'une grosse partie des gens seront plus pauvres et les très riches se porteront bien et on aura vraiment une France très inégalitaire comme c'est le cas dans les pays anglo saxons. - Est ce que tu peux nous dresser une liste a commencé un peu à le faire. Un bilan rapide du macronisme depuis depuis 2017 et pourquoi il est important de faire ce rappel là ?

Oui, alors le bilan c'est comme je l'ai dit, c'est des baisses de fiscalité sur les grandes entreprises majoritairement, sur les très riches, une partie avec la taxe d'habitation bien sûr sur la majorité de la population, bien qu'il y avait déjà une grosse partie qu'avait la taxe d'habitation, qui était plafonnée ou qui avait des moyens d'y échapper en partie, je crois que c'est 40 % de la population. de mémoire. vous avez eu les lois travail qui ont déréglementé le marché du travail, Vous avez eu les deux lois sur l'assurance chômage qui c'est qui a rendu le statut de chômeur beaucoup plus difficile à avoir et à précarisé Une grosse partie des chômeurs.

Et puis vous avez aussi toutes les lois qui n'étaient pas du Macron pour le coup 2017, en 2017 Macron ne s'attaquait pas à des questions comme l'immigration qui les avait tenu assez loin de sa campagne, ce qui était plutôt un point positif et peut être ce qui a fait qu'un certain nombre de personnes ont cru qu'il était de gauche malgré des sorties sur l'économie qui était très à droite. Mais il a rattrapé son retard aujourd'hui puisqu'il y est la loi, les lois immigration. Et on voit bien qu'il y a clairement un déplacement des électeurs de droite vers la macronie et que Macron a un bilan qui est aujourd'hui très à droite.

Que ce soit sur le sociétal comme sur l'économie. Ça ne me surprend pas parce que ça a toujours été le cas. On nous a toujours vendu l'image du bon libéral très ouvert, libéral sur les questions de mœurs.

C'est libéral en économie. En général, le bon libéral sur l'économie finit toujours paraître très conservateur et donc très à droite sur les questions sociétales. - Sans oublier aussi évidemment la réforme des retraites.

Pourquoi c'est important de faire ces rappels là ? C'est qu'on oublie. On trouve que c'est une réforme inédite, que c'est très grave et trois mois après, on oublie que... et on peut mettre de plus en plus fort. en fait ? - On va en parler dans le sujet d'après moi, je suis frappé par le le taux d'oubli des gens d'une année sur l'autre.

On a vu des gens, moi je n'arrive pas à voir quelle est la structure, mais alors pourquoi pas... qui ont voté Macron puis Mélenchon ?

Macron en 2017, Mélenchon en 2022. Il y a quand même là c'est un saut, un flip à 180 degrés et donc je pense que pour beaucoup de gens, le vote c'est une question de concours de beauté à un instant T, sans qu'il y a un passif ou même il y a des politiques que l'on a retrouvé à la NUPES avec Macron en 2017, il y en a beaucoup. Il y en a même une qui est avec Fillon qui a rejoint après les décroissants avec madame Batho et qui après était à la NUPES Là, on se dit quand même qu'elle est la colonne vertébrale théorique de tout ça ?

Il faut un peu une colonne vertébrale, c'est à dire qu'on peut voter des lois travail et puis après on peut être un candidat soutenu par la NUPES, ou par la gauche même comme Matthieu Orphelin qui est très gentil par ailleurs, mais ca va voter les lois travail, voter, les baisses de l'ISF, etc. Et après hop, c'est pardonné, on fait campagne pour un autre candidat. Moi j'ai du mal avec ça, j'ai du mal avec ça parce que il y a un moment on peut avoir des aventures politiques.

Bien sûr, tout le monde en a, mais il y a un moment, il y a des qu'il y a des critères sur lesquels il ne faut pas aller. Alors peut être j'ai un tropisme sur l'économie un peu trop fort de fait, parce que c'est mon métier. Mais moi, quand j'ai vu ce qu'il y avait dans la loi travail, quand j'ai vu les coupes sur l'ISF qui ont été rattrapés.

Les coupes sur l'ISF et les entreprises qui ont été rattrapés sur la sphère sociale, l'assurance maladie, l'assurance chômage ! pour moi, le nerf de la guerre, c'est l'économie. Donc si vous y mettez pas le nez dedans, c'est pas possible On peut avoir avoir tous les beaux discours que vous voulez avoir.

Mais si derrière vous faites des coupes sur l'économie, vous frappez, vous frappez tout le monde ! Donc donc oui, il y a eu pour moi, chez certains, un manque de cohérence et il y a un taux d'oubli un peu fort pour moi chez certains. - Pour toi, c'est quoi l'objectif d'Emmanuel Macron d'ici à 2027 ? - On le voit bien, ça va être de continuer le plus possible tout ce qu'il peut déréglementer, toujours en s'attaquant aux mêmes.

Donc ça va être malgré, malgré le COVID et malgré tout le service public qui était revenu en première ligne après le COVID cela va être toujours l'attaque sur les services publics, on voit bien que les économies qui vont être faites, ça va être la taxe sur l'assurance chômage, le seul objectif qu'il veut, lui. Pour moi, il y a deux deux choses qu'il veut, c'est son fameux plein emploi. Ça, il va falloir le faire, quel que soit le tour de magie utilisé, nous savons celui qui va le faire, ce que nous l'avons décrit ici.

Le but, c'est d'avoir un très beau chiffres du chômage, mais autour de ce chiffre, c'est à dire les gens qui seront le halo du chômage ou qui sont qui seront pas suffisamment, qui n'auront pas suffisamment, qui n'auront pas toutes les conditions pour être dans le statut de chômeurs, être comptabilisés dans la statistique, mais qui n'auront pas forcément d'emploi et qui seront hors statistique sera énorme. C'est à dire qu'on aura une belle statistique comme aux Etats-Unis avec beaucoup de pauvres autour de cette statistique. Tout est fait pour ça.

Et le durcissement, sur l'assurance chômage et sur les prestations a pour but de créer tous ces gens qui seront autour de la statistique et d'avoir cette belle statistique qu'on affichera. Donc ça, c'est son objectif. Le deuxième, c'est la réduction des déficits.

Ce sont les deux choses pour dire regardez, j'ai réduit le déficit, même si j'ai coupé comme un dingue sur sur la dépense publique, sur le service public, j'aurais réduit. Alors, je pense que le premier, c'est comme le plein emploi et le deuxième, c'est des déficits. S'il a 3,5 % de déficit, ça le dérange pas s'il a cinq, 5,5 % de taux de chômage.

Mais c'est son objectif parce qu'il se dit les gens vont se rappeler que de ça, voilà, après moi le déluge, on verra qui est ce qui gagnera, hein ? Mais les gens se rappelleront plus de ça et je serai le seul Président qui aura eu ces ces beaux chiffres là. Même si derrière ces chiffres, il y aura des inégalités très fortes, une grosse partie des Français qui seront précarisés, une très grosse partie précarisés dans leur travail, dans leurs emplois, précarisés, dans les services publics auxquels ils ont accès, - puis après le gouvernement d'après, il faudra qu'il rattrape toutes les coupes faites à cause du déficit et donc du coup ça va coûter super cher... - Moi je pense que là, de toute façon, je l'avais dit dans mon livre Introduction inquiète à la macroéconomie.

C'est à dire que la politique libérale prépare l'arrivée de l'extrême droite et là on le voit bien dans les sondages, le vrai danger, ça va être ça. Et et on ne peut pas dire aux gens ne votez pas pour l'extrême droite sans rien leur proposer, ça ne marchera, ça ne marchera plus. Il faut leur proposer un vrai tournant.

On peut pas leur dire, il faut juste pas voter pour l'extrême droite. Mais après on va faire les réformes, les réformes, ça a été trop fait, ça. Donc il faut proposer autre chose.

C'est quand les gens s'abstiennent, ils s'abstiennent ou ils votent et ils votent extrême droite, ou ils s'abstiennent. Et donc ça fait monter l'extrême droite. Et partout, l'extrême a monté en Europe.

C'est là où il y a eu des gouvernements d'orientation libérale. - Les élections européennes approchent, même si elles ne rencontrent pas une grande ferveur populaire. Malgré tout, cette campagne révèle plusieurs stratégies et faiblesses politiques L'extrême droite est toujours très haute dans les sondages.

Raphaël Glucksmann, tête de liste PS - Place publique est le candidat chouchou des médias pour représenter une gauche modérée et responsable, ce qui pourrait voler des voix à la majorité qui peine à s'imposer et se fait talonner par la liste socialiste. Le parti présidentiel surfe sur la division à gauche quand Glucksmann porte déjà une alliance sans LFI En attendant, la France insoumise ou les écologistes sont en dessous des 10 % dans les sondages, quoi qu'ils valent...

Certains jouent quand même un premier jet pour préparer 2027. Thomas C'est quoi aujourd'hui l'état des forces en place et comment elles ont évolué depuis 2022 ? Alors là, tu as très bien dit quel était l'état des forces.

Là on a en fait l'extrême droite qui y va très bien, la Macronie qui est là, et vous avez la gauche qui est divisée avec Raphaël Glucksmann qui en tête. Ce qui est assez intéressant, c'est que, en 2022, en 2022, on avait trois grandes forces politiques qui étaient quasi égales. En réalité, il y avait Macron, un Macron, il y avait Le Pen et Mélenchon.

Il y avait vraiment. On était sur trois grosses forces politiques et je pense que c'est le score très impressionnant de Jean-Luc Mélenchon qui était très très très proche, à très peu de voix finalement du deuxième tour qui a permis quelque part la NUPES parce que tout le monde s'est dit bon, avec un score aussi élevé et les autres qui étaient très très loin derrière quand même, faire appel à leurs militants pour rembourser leurs campagnes Mélenchon s'est imposé comme comme le comme le grand patron. Et aujourd'hui, deux ans après, on est revenu à la situation de 2019 avec des partis qui y vont tout seuls, qui tous réunis, feraient un gros score mais qui préfèrent y aller seul.

Donc on voit bien qu'il y a ici un échec de l'union. Thomas, tu étais un défenseur de l'alliance des gauches il y a encore quelques années. Certains candidats portent encore cette idée entre quelques piques.

Est ce que là, tu y crois, toi, pour aujourd'hui ? Moi c'est vrai que j'étais un des...

Dans les premiers appels, j'étais de tous ceux qui signaient ces appels là. C'est à dire qu'il y a eu un appel, me semble t il, en 2016, un appel avec Thomas Piketty, Jadot, Julia Cagé. Il y avait aussi la LaPrimaire.org menée par Caroline de Haas.

Donc il y avait tout, cette idée qu'il fallait faire quand même une primaire, une grande primaire à gauche pour qu'il y ait un seul candidat de gauche. Mais après on n'arrivait pas à délimiter l'espace. Certains voulaient mettre Macron dedans.

Moi ce que j'avais compris, c'était plutôt des frondeurs à la LFI, c'est à dire de ceux qui n'acceptaient pas la politique de François Hollande qui représentent quand même une partie de la gauche. Ceux qui n'acceptaient pas les frondeurs, c'est à dire qui n'acceptent pas la politique d'austérité mais qui n'étaient pas la même gauche que LFI ou que le PC. Et puis après, il y a eu Jadot, Hamon, Mélenchon qui était en compétition.

En 2017, il y a eu un certain nombre de gens qui ont signé des tribunes. C'était mon cas avec Caroline De Haas, Mathilde Larrère, Maxime Combes, pour qu'il y ait une alliance des gauches parce qu'on se disait que là, les programmes n'étaient pas aussi différents que ça à l'époque et ça n'a pas eu lieu, ça n'a pas eu lieu. Alors qu'encore une fois, quand on faisait les calculs, il y avait une possibilité d'accès aux au deuxième tour et puis après c'est reparti en 2022 avec ceux qui ont organisé cette espèce de primaire populaire qui a fait gagner Taubira.

Et moi j'y croyais plus. Je me suis dit là, il y a trop de différences, il y a trop de différences dans le sens où, quand on a fait partie de ceux qui ont demandé une fois, deux fois, trois fois, quatre fois une possible alliance et que ça se réalise pas, on commence à connaître les tuyaux, toute la tuyauterie interne et se dire que ça n'arrivera pas. Et puis Mélenchon a fait son score de 23 %.

Et là, ce qui est assez impressionnant, c'est que nous avons eu en l'espace de deux semaines, en voyant large aller en tête lors des trois semaines, soyons gentils deux ou trois semaines. On a vu la possibilité d'une alliance la NUPES, c'est à dire que les gens se sont accordés des gens qui se critiquaient depuis des années, qui se sont envoyé des piques pendant toute la campagne, ont réussi à se mettre d'accord. En trois semaines pour le bien être des du peuple de gauche, des électeurs de gauche nous disait on.

Mais ce qui est assez impressionnant, c'est que en fait, ils ont réussi à se mettre à l'aise parce qu'il fallait aussi sauver leur poste. C'est à dire qu'il y avait le gagnant, Mélenchon, qui était le gagnant, qui pouvait envoyer des gens se faire élire. Ils auraient pu choisir de faire comme en 2017, d'envoyer des gens contre le PC, contre les autres partis.

Et là, ils ont choisi de faire, de s'arranger entre eux, de se partager les postes pour se faire élire. Donc ce qui a fait en fait, me semble t il, du côté des partis qui avaient fait un échec, c'est à dire Europe Ecologie les Verts, le PC, le PS, il s'agissait pour un petit nombre d'entre eux de sauver leur poste parce que sans ça, ils n'étaient plus élus. Et alors là, l'alliance pouvait marcher.

C'est à dire qu'on a eu en une seule fois tous les intérêts qu'étaient alignés. Mélenchon voulait être premier ministre, c'était son intérêt et les autres voulaient sauver leurs postes, c'était leurs intérêts. Alors là, quand les intérêts sont alignés, on appelle ça la main invisible, Smith.

Les intérêts sont alignés. Donc là, la NUPES a gagné. Et dès qu'ils ont eu leur poste, deux mois après, ils ont commencé à tirer, à se tirer, à se mettre des bâtons dans les roues, à vouloir en finir avec Mélenchon alors qu'il avait été élu grâce à Mélenchon, etc etc.

Donc là, comment vous dire ? Comment croire quand on a vu tous ces épisodes que la seule fois où ils ont réussi à se mettre d'accord, c'est pour sauver leur poste ? Comment on peut croire à une alliance des gauches ?

C'est quand même très difficile parce que maintenant il y a un vrai enjeu en fait, L'enjeu, c'est de montrer que la gauche est encore présente à ces élections. L'enjeu est de montrer que, réunis, la gauche pourrait faire un très bon score. Ça pourrait être ça, leurs enjeux.

Et là, c'est plus ça. Parce que personne ne sauve son poste etc..

Donc ça en dit beaucoup, ça en dit long sur la politique aujourd'hui. La politique aujourd'hui, pour beaucoup, c'est probablement de vouloir changer le monde. Mais c'est aussi en premier lieu d'obtenir son son poste et après le reste suivra peut être.

Et moi, c'est ça. Alors on verra ce que sera, ce que sera la suite. Mais j'ai du mal à croire dans ces conditions là où finalement, le seul but, c'est de prendre le leadership à gauche j'ai l'impression pour chaque tête de liste.

Quelle va être la suite ? Il y a de quoi être pessimiste, il y a de quoi, alors qu'il y a beaucoup de...

Alors certes, la conjoncture internationale fait qu'il y a des divisions énormes et j'arrive à les comprendre, mais il y a quand même beaucoup de points dans la politique économique où on peut trouver des accords. Et l'important étant toujours moi je trouve dans les partis quels qu'ils soient est de discuter - Le débat interne quoi, pas sur les plateaux télé, - le débat interne, pas sur les plateaux télé, pas sur tweeter, etc. Et je pense que tout le monde a sa part de responsabilité là dessus.

Mais quoi ? Quand on regarde le schéma comme ça, vu de loin pour un électeur de gauche basique j'imagine. Vous regardez le schéma, vous dites bon, il y en a un qui est bien sorti, puis ils se sont réunis très rapidement, puis ils ont réussi à avoir une part assez importante d'élus, puis ils voulaient pas se mettre ensemble.

Ils voulaient garder finalement leur structure, puis ils se sont envoyé des piques, puis maintenant ils y vont en ordre séparé. On continue à s'envoyer des piques. Comment voulez vous qu'après ça, disant finalement on va tous se mettre ensemble ?

On s'aime bien ? Non ? C'est ridicule.

Donc là, je pense que ça va être, ça va être très compliqué. Mais on voit les jeunes, par contre, qui sont pro union. Ils avaient même interpellé des candidats de gauche à la fête de l'Humanité, des jeunes militants.

Je parle de toutes les de tous les partis EELV Génération et LFI, PCF, des jeunes militants qui disaient nous on s'entend bien, nous on veut faire la politique ensemble. Ils sont allés voir les plus vieux en disant s'il vous plaît, arrêtez de faire ce que vous êtes en train de faire. C'est quand même dingue ! - C'est parce qu'il y a je pense qu'il y a une différence entre les militants et ceux qui ont fait de la politique un métier.

Ceux qui ont fait de la politique un métier. Il y a des vieilles rancunes, des idées, il y a des passifs. Et puis il y a aussi ce que c'est comme une ascension professionnelle.

Donc si y en a un qui dépasse, tout le monde rêve à un moment d'être à sa place et ainsi de suite. Alors qu'à la base, pour ceux qui ne connaissent pas la politique, le but de l'engagement politique, c'est un engagement quand même pour changer les choses. Ce n'est pas un engagement pour avoir un poste.

Or il y a beaucoup de gens qui se sont engagés d'ailleurs et y compris aux européennes, quand on les regarde, ils sont engagés avec la promesse d'un poste. Merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de L'instant Porcher. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter.

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