VLOG - Ces bassines perturbent le cycle de l'eau
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Jean-Luc MélenchonFait
« Si on crée des bassines, c'est-à-dire des retenues, on draine pour les remplir et puis ensuite on déverse. Alors quand on draine, on assèche les sols et on met au même endroit, l'eau. »
- 2:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« Le marais poitevin c'est cent mille hectare en tout. »
- 4:00Jean-Luc MélenchonFait
« De Niort à la mer il n'y a que 5 mètres de dénivelé, alors qu'il y a 70 km d'est en ouest. »
- 6:00Jean-Luc MélenchonFait
« Quand on pioche suffisamment profond on épuise les nappes. Quand on épuise les nappes et qu'elles descendent au-dessous du niveau du marais, c'est le marais qui retourne dans la mer. »
- 8:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« La bassine d'Amuré fera 750 000 m3 et encore elle a diminué par rapport à son projet de départ. »
- 12:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« Le niveau d'autosuffisance de ces régions est incroyablement bas, ce n'est pas normal. Si vous avez seulement 1% de ce qui se consomme qui est produit sur place, c'est absurde. »
- 14:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« L'eau potable c'est 2% de l'eau qu'il y a sur cette planète. C'est rien du tout, c'est donc un bien extrêmement précieux. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Là on est à Saint-Hilaire, on démarre notre parcours de la journée par un tour qu'on va faire sur le marais qui est un des enjeux de la situation qui a lieu ici. Car souvent, dans le cycle de l'eau, il ne faut pas séparer une question de l'autre. On s'oppose aux bassines qui sont des captations d'eau dont les paysans, certains paysans, espèrent qu'ensuite, pendant les périodes de sécheresse, elles servent à arroser le maïs.
Donc je laisse de côté la question du maïs, je m'occupe juste pour l'instant, de la circulation de l'eau. Le cycle de l'eau, c'est un tout. Si on crée des bassines, c'est-à-dire des retenues, on draine pour les remplir et puis ensuite on déverse.
Alors quand on draine, on assèche les sols et on met au même endroit, l'eau. Évidemment elle s'évapore. Dans le cycle naturel, l'eau passe dans la terre et elle se concentre à certains endroits, notamment le marais.
Donc si vous coupez le cycle de l'eau en un endroit, faut pas vous étonner qu'à l'autre ça aille plus mal. Donc le niveau baisse dans le marais et on envisage qu'à ce rythme il sera asséché dans 30 ou 40 ans, ce qui est déjà arrivé à d'autres surfaces de cette nature. Alors, souvent, pour les citadins, les gens qui vivent en milieu urbain, ce sont des cycles assez mystérieux ou lointains.
Moi-même je dois dire qu'au début je ne comprenais pas très bien quelle était l'importance de ces zones humides. Je pensais que ça avait lieu, ça avait seulement avoir avec la préservation de la biodiversité des zones humides, les bestioles qui vivent là-dedans. Mais non !
C'est tout le cycle de l'eau. Plus vous drainez, plus vous pensez capter l'eau et plus vous asséchez les lieux où cette eau par spongiosité, s'accumule et se remet ensuite en circulation naturellement Voilà ! Donc c'est ce qu'on vient faire ici.
On a un petit point de presse avant d'embarquer dans les barques. [Bruits divers et conversations] C'est curieux que personne n'ait l'air de s'affoler qu'il y a un trou dans cette barque ! – Il y a Clémence qui s'affole mais tout le monde s'en fout ! – J'ai bien dit, c'est de l'eau de pluie. – Allez vas-y explique, ami !
Pourquoi il y a un marais ? – Voilà ! Pour se situer, le marais poitevin c'est cent mille hectare en tout.
L'échelle ici c'est un centimètre pour un kilomètre. Pour se repérer les villes, c'est Niort dans les Deux-Sèvres, c'est La Rochelle au sud-ouest en Charente-Maritime et Luçon au nord-ouest, qui est en Vendée. Et ça déjà ça pose une des problématiques : on est sur trois départements et on est sur deux régions.
Donc, derrière, lorsqu'il va s'agir de gérer l'eau de manière cohérente avec les mêmes règles et des arrêtés préfectoraux qui vont de pair, c'est déjà une première difficulté. – Le point de départ de cette région, il faut s'imaginer qu'il y a deux mille ans, c'est comme le golfe du Morbihan [choc, rires] – C'est surprenant ! – Le point de départ c'est ça.
C'est au niveau de la mer et ça s'envase, ce qui fait que partout, dès qu'on creuse un trou dans le marais maintenant on tombe sur de l'argile. Donc pourquoi c'est un marais ? Eh, bien !
Déjà parce que tout le sous-sol est argileux, le sous-sol est étanche. Pourquoi c'est un marais ? Comme cela a été rempli couche par couche par des sédiments marins, il y a très peu d'altitude, il y a très peu de relief.
De Niort à la mer il n'y a que 5 mètres de dénivelé, alors qu'il y a 70 km d'est en ouest. Donc souvent on symbolise le marais poitevin comme une cuvette. C'est le fond de la cuvette de cent mille hectares, qui va récupérer les eaux de bassins versants six fois plus importants. – Bien sûr ! – C'est tout le Sud Vendée, tout le sud Deux-Sèvres, toute la Charente-Maritime. – D'accord ! – Et donc il y a deux possibilités d'alimenter le marais poitevin en eau : c'est soit par ruissellement par toutes ces rivières qu'on voit cheminer, la Sèvre, la Vendée, etc.
Et puis comme le contexte est calcaire, eh, bien ! c'est également par le sous-sol, par l'infiltration, par les nappes phréatiques. – Et c'est là que c'est important ! – Et c'est là que c'est important !
Parce que, justement, le caillou qu'on vient de rencontrer, ça veut dire qu'ici le fond n'est pas étanche. Ici on est dans le calcaire. – Bien sûr ! – Ça veut dire qu'ici on subit directement les interactions de l'irrigation faite dans la plaine.
Quand on pioche suffisamment profond on épuise les nappes. Quand on épuise les nappes et qu'elles descendent au-dessous du niveau du marais, c'est le marais qui retourne dans la mer. – C'est un flux inversé. – Tu vois ? – C'est un peu la même chose que notre histoire dans le Doubs.
Qui était avec moi ? Toute la rivière est sur un fond calcaire. – C'est ça ! – Et c'est pour ça qu'on a du mal à comprendre le rapport.
Oui, d'accord, ça y est j'ai compris ! – Et si tu prends l'exemple… – Tout ça tu as regardé avec les cartes, pardon je vous tutoie. Vous avez regardé avec les cartes ce que ça donne avec la montée du niveau de la mer ? – C'est clair et net ! – Vous êtes dedans, vous !
Carrément ! – On est les premiers. – C'est pour cela hier on disait, si on doit étudier, pour la suite, dans la planification, on doit tenir compte de ça !
C'est-à-dire, si le niveau de la mer monte, combien il y a de gens à l'endroit où… Ah ! Bon sang de bois ! Ça fait un sacré ! – La population du marais c'est 100 000 personnes. – Ah !
Cent mille ! – Quand on se balade dans le marais on voit du vert partout. L'image de marécage déjà elle n'y est pas.
Ce que je veux dire par là c'est que, en fait, l'organisation des canaux dans le marais est très rectiligne. Si on prend de la hauteur, le marais c'est un damier, ce sont des allées romaines. Pour la simple et bonne raison que nous sommes bien sur des canaux.
Toutes les voies d'eau… – C'est tout artificiel. – C'est artificiel. Ça été aménagé par main d'homme sans aucun moyen mécanique, et en tout, les hommes ont creusé près de 10 000 km de voies d'eau dans un objectif de drainage de ce marécage afin de mettre en culture. – Je comprends mieux, depuis le départ c'est une intention agricole. – C'est 1000 ans d'histoire, de conquête et de domestication de la nature, en résumé. – D'accord.
Et donc les autres rappliquent avec leurs bassines en pensant qu'ils ont trouvé un raccourci. – Bien sûr ! – Pour faire face à un problème qui, de toute façon, se pose.
Entendu ! – En fait, depuis le Moyen-âge, les hommes se sont lancés dans une conquête de poldérisation pour gagner des terres sur la mer. Et la première étape, c'est justement de construire des digues, à l'époque en argile pour pouvoir se protéger.
Au niveau de la Baie de l'Aiguillon, il y a tout un réseau de digues. – Dans les suites, deux stratégies ont été adoptées. Si la mer monte, on fait des digues plus hautes, sauf que quand la digue cède et que la vague est à 7m de haut, c'est beaucoup plus ravageur en contre-bas.
La gravité fait que quand une digue pète à 2m, ce ne sont pas les mêmes dégâts que quand pète une digue de 7m. Donc le Conseil Général Vendéen est rentré dans cette logique de suréquipement et de faire front là, où aujourd'hui en Hollande… C'est intéressant parce que les Hollandais sont à l'origine de l'aménagement de ce marais. Aujourd'hui on comprend qu'il faut laisser des zones tampons, il faut laisser des zones où, en effet, la submersion peut arriver, mais ne pas installer d'habitations ni d'industrie, la prévention elle est là. – Parce que c'est bataille perdue, sinon !
Se figurer que tu vas arrêter la mer avec des digues, c'est une vue de l'esprit. En tout cas chez nous on n'est pas organisé pour ça. Vous comprenez mieux le mécanisme quand vous y êtes.
Le fait qu'on pompe l'eau partout, abaisse le niveau des nappes phréatiques, du coup c'est la mer qui avance ! Et on retrouve, comme ça, des terres salées à l'intérieur des terres. Ce sont des choses qui permettent d'améliorer notre compréhension de ce qui se passe ici.
On le sent, on le ressent, c'est bien ! Vous voyez, quand vous êtes en ville, vous n'avez aucun moyen de savoir tout ça. Vous vous dites, bon, l'eau, il y en a, vous ouvrez le robinet, il y en a.
Mais c'est que les gens, bientôt, pour ouvrir le robinet, ce qui coulera de là, vous pourrez pas vous en servir. Et ça c'est pas une bonne nouvelle. Mais, enfin !
J'espère qu'on aura pris à temps les bonnes décisions [Musique : sonate au piano] Combien de fois on a fait la comparaison entre les flux sanguins et les flux des rivières ? Et quand on est comme ça on est vraiment sur les veines du monde. L'eau c'est ça ! [musique] Dites donc !
Ça se remplit de flotte, la barque ! [Exclamations diverses] – T'as pas un bouchon. – Un doigt, voilà !
C'est parfait ! – Je rigole mais j'ai encore mieux ! On va colmater avec de l'argile, on va faire un peu de pédagogie. – De l'argile.
C'est très utile pour colmater une barque qui menace de couler. – Tu crois ? Il vaut mieux la mettre dans l'autre sens, parce que là, la flotte pousse. – Oui mais je plonge ? – Oui, plonge ! – Tu la mets comme ça avec la main. – Quoi ? [discussion sur l'eau dans la barque] [rires] – On va faire écoper Jean Luc [rires] – On va garder l'outil, d'ailleurs ! [rires] – Avec la bassine cela nous fera un très bon souvenir. – Allez !
Encore un peu ! Regardez-moi ça ! [rires] C'est bon, là !
On a presque vidé la barque. – La fuite est colmatée. – Oui, oui. – Clémence bravo !
C'est toi qui a interrompu. C'est pas pour rien. Il n'y a que Mathilde qui se tient, je trouve quand même que pour une vice-présidente. – Elle a mâché du chewing-gum. – Pour rien.
Je crois qu'on est à sec les gars et les filles. Vous avez vu pourquoi c'est moi le chef ? – Oui !
Tout à fait ! – D'accord ? – Voilà l'écope et on a fait un mélange terre glaise et chewing-gum. [rires] – Vous n'avez pas eu de fuite vous ? – Non !
Non ! Nous on avait repéré les bateaux. – Je m'inquiétais du fait qu'il n'avait pas l'air de s'alarmer.
Je me disais : "Je n'y connais peut-être rien en marais, mais en barque si ! Je sais bien que quand il y a un trou dedans, il y a un problème." Au bout d'un grand moment ils se sont dit : "Il y a un problème, ça se remplit ! " Misère !
Catastrophe ! Mathilde a mâché du chewing-gum pour boucher le trou. Et Clémence a mis de l'argile. – Ah !
Quel beau travail d'équipe ! – Salut Julien ! Mais vous voyez comment c'est marrant parce que les êtres humains, on est tous les mêmes !
Il y a un principe d'autorité. Le gars qui est là avec la perche dans la main, c'est lui qui commande ! Donc il vous dit qu'il n'y a pas de problème, vous vous dites, oui, il n'y en a pas alors que visiblement il y en a un !
Tu vois ? C'est comme ça ! Donc du bon usage de l'autorité ! – C'était pas la Méduse quand même ce bateau ! [rires] – Bon !
Ça y est ! On a fait un tour, là, qui nous a permis d'analyser au fur et à mesure les situations. C'est plus plaisant que d'être assis dans une salle, devant un tableau.
Et puis, maintenant, on va aller voir une bassine. Je vois l'autre bateau qui arrive, allez souquez ferme ! Allez, on y va ! – En fait ça s'appelle réserve de substitution car l'idée c'est de prendre l'eau en hiver au lieu de la prendre en été, mais dans le cas qui nous occupe ce n'est pas de la substitution stricte puisqu'au contraire ils vont augmenter la quantité d'eau totale prélevée par rapport à ce qui était fait sur les dix dernières années.
Avant le maïs, il y avait des vignes, alors pas dans le marais mouillé mais sur les coteaux, par exemple, la terre est une terre qui est très séchante et dans laquelle ne pouvait pousser que de la vigne. Donc c'est vrai, quand on voit que maintenant on met du maïs dessus, on se rend bien compte que si on n'arrose pas en permanence, pas juste une fois de temps en temps mais en permanence, et bien ça ne peut pas tenir ! Donc le maïs n'est pas du tout adapté à ce type de terrain.
Ils ont commencé par drainer, par ouvrir les pelles, par arracher les haies, par détruire les zones humides. C'étaient toutes des infrastructures écologiques qui permettaient une bonne gestion de l'eau. Donc c'est aussi ça qu'on veut dire, c'est un système, parce que la sécheresse qu'on connaît actuellement, les rivières sèches, etc. c'est lié à des pratiques culturales qui n'étaient pas bonnes.
Et donc on trouve qu'on ne peut pas confier la solution du problème à ceux qui l'ont créé en fait. – Ça n'a rien à voir avec… Je n'imaginais pas que ça pouvait être aussi grand, dis donc, parce que je pensais à d'autres bassines que j'ai vues ailleurs, je pensais que c'était ça, des trucs plus modestes. Mais là !
Dis donc ! C'est carrément du grand format ! Et toi tu dis que c'est, qu'ils veulent faire encore plus grand ? – Ah, beaucoup plus grand, oui !
Trois, quatre fois plus grand. La bassine d'Amuré fera 750 000 m3 et encore elle a diminué par rapport à son projet de départ. – En fait il ne faudrait pas que les gens croient qu'on aurait une nature à l'abandon et que le système des bassines viendrait y mettre en quelque sorte de la rationalité.
Non ! Tel qu'est le marais, il est lui-même le résultat d'une volonté humaine pour produire un certain type d'agriculture, et celui-ci c'en est un autre qui vient se substituer et l'écrabouiller et le rendre impossible. Donc on a la compétition entre deux manières de pratiquer l'agriculture, celle qui vient de l'histoire profonde et celle qui vient du système agro-industriel où il faut produire, produire, produire du maïs en quantité, n'importe où.
Alors que la réalité, comme vous savez, c'est qu'on n'a pas besoin de tout ce maïs. C'est pas vrai, alors les gens en ont besoin pour vivre, on ne peut pas seulement leur dire : "Écoutez ! Vous arrêtez et vous partez ! " Non !
Il faudra proposer d'autres activités mais on ne peut pas continuer à avoir une production qui finalement n'est pas du tout indispensable puisque nous sommes très largement excédentaires, et qui se fait au prix du saccage d'une région qui, elle, est unique. Qui, elle-même, avait sa propre tradition agricole et aujourd'hui le besoin de la France pour la souveraineté alimentaire c'est d'abord l'agriculture vivrière. Le niveau d'autosuffisance de ces régions est incroyablement bas, ce n'est pas normal.
Si vous avez seulement 1% de ce qui se consomme qui est produit sur place, c'est absurde, parce que pendant des siècles et des siècles on a vécu de ce qui était produit sur place. Et cette situation se retrouve un peu dans tout le pays. Donc, si on voulait travailler sérieusement on devrait partir d'abord de la demande, et notamment de la demande alimentaire et puis après on passerait aux autres compartiments, et on remettrait de l'ordre comme ça.
Dans l'agriculture, on pourrait planifier le rythme auquel on passe d'un mode de production agricole à un autre, on organiserait cela raisonnablement. Là, c'est n'importe quoi, c'est-à-dire on fait, d'après un modèle, le même, partout où qu'on soit dans le pays, on saccage, on crée des situations irréversibles dans la nature et après, soit on abandonnera tout, soit il faudra à nouveau imaginer des choses de plus en plus destructrices pour compenser ce qui devra être reconstruit. Voilà ! tout ça, ce n'est pas bon !
C'est pas comme ça qu'il faut faire, et encore une fois je vous le dis, vous avez une bonne question à vous poser : à combien de kilomètres est la prochaine carotte ? Parce que vous avez maintenant des pénuries de capacité alimentaire vivrière qui sont complètes. Moi, c'est par ce bout-là que je vais prendrais les affaires le moment venu si il le faut. [musique] Alors là nous sommes dans la marche contre ces bassines et alors, tu vois, on m'a donné ça, c'est un tuyau parce que comme ils se sont aperçu que l'argent qu'ils recevaient pour faire les bassines, ils n'avaient pas droit de l'avoir du point de vue de l'Europe donc ils ont décidé de prétendre que l'argent qu'ils utilisaient c'était pour faire passer ces tuyaux qui servent à alimenter les bassines Voilà, je crois que j'ai à peu près tout dit pour le reste, on marche, il y a des bannières de la CGT, de l'union départementale CGT, il y a des bannières d'ATTAC, il y a des bannières d'Europe Écologie les Verts, des Insoumis, des cocos, enfin un peu tout le monde, plein de gens qui n'ont pas de… donc c'est assez divers.
Beaucoup de gens qui n'ont pas d'appartenance particulière, parce que c'est une lutte très ancrée "populaire" [musique] – Jean-Luc, c'est ton tour, c'est à toi. [applaudissements] – D'abord, je voudrais féliciter ceux qui ont entrepris cette lutte quand ils l'ont commencée parce qu'ils avaient raison avant tout le monde. C'est le cycle de l'eau tout entier qu'il s'agit de prendre en compte, et pour ça nous avons une conquête à entreprendre.
C'est de reconquérir la propriété collective du temps long et des biens communs. Le temps long c'est celui de la planification, on décide et on vérifie en cours de route que ça se passe comme prévu. La planification est incontournable, évidemment pas la chose bureaucratique décidée depuis je ne sais pas trop où, mais la planification, par exemple, au niveau de la commune, au niveau du bassin versant, au niveau où on est, à côté de la cause et des effets.
Et puis évidemment, combiné avec l'intérêt général parce que, à tout ce que vous savez déjà s'ajoute le fait que le niveau de la mer monte. Je ne sais pas si les très intelligents qui ont inventé le système des bassines, ils y ont pensé. Mais s'ils vident la nappe phréatique, la flotte de la mer va monter plus haut parce que de toute façon la mer monte et par conséquent vous aurez une salinité aggravée des sols et une réserve en eau qui diminuera.
L'eau potable c'est 2% de l'eau qu'il y a sur cette planète. C'est rien du tout, c'est donc un bien extrêmement précieux. C'est d'ailleurs tellement précieux qu'ils ont organisé de la spéculation sur des titres qui fonctionnent sur l'eau.
Maintenant il y a des titres sur l'eau et pourquoi ? Sur la rareté de l'eau. Ces gens-là font du fric avec n'importe quoi, on le sait, et nous on a à faire face à ça, récupérer le temps long, le droit de décider pour le temps long.
Et deuxièmement, décréter que l'eau est un bien commun. Dès lors que c'est un bien commun, personne n'a le droit de se l'approprier sans que la collectivité ait donné son mot. [applaudissements] Ça veut dire que dans ce pays, la totalité de l'eau doit être collectivisée et sa surveillance et la vigilance à son sujet, être remises aux syndicats de communes et aux syndicats de bassins versants qui sont en état de contrôler l'usage qu'on en fait.
C'est pourquoi je dis à Veolia qui se donne bien du mal pour avaler Suez parce que de toute façon, à la fin, on reprendra tout, et Veolia et Suez et tout ce qu'ils contiennent. [applaudissements] Alors voilà pourquoi, mes amis, mener la bataille pour les biens communs et pour ce qu'on appelle d'une manière générale l'écologie, c'est-à-dire la connaissance de l'écosystème qui est compatible avec la vie humaine, à mes yeux, j'espère vous en convaincre, est d'abord une affaire qui nécessite une révolution citoyenne, redonne le pouvoir sur les biens communs [applaudissements] [musique] Bon, voilà, ça va être la fin du vlog. On est ressorti de la manif avec toute la petite équipe qui m'entoure.
Il y a Antoine derrière sa caméra, il y a Flore qui a participé aussi à ce vlog, Lise, Sébastien, Manon. On est quelques-uns quand même, là, plus Mathilde Panot, Helmi, Loïc Prud'homme, enfin ! bon !
On était quand même un certain nombre. Tous les copains dont je ne connais pas forcément les prénoms, qui étaient dans la manif avec les drapeaux et tout ça ! Alors, je pense qu'on a fait du bon travail parce qu'on a eu de la presse nationale et ça c'est important pour la lutte locale mais c'est aussi important pour la prise de conscience à l'échelle du pays.
Ça c'est quelqu'un qui me fait un signe encourageant. Voilà ! Alors on va faire un petit tour, là, on va se promener tranquillement, sans enjeux.
Et puis, après on va rentrer et la semaine sera terminée. D'un dimanche à l'autre, un dimanche sur l'eau et un dernier dimanche sur l'eau encore. Allez, à bientôt !
J'espère que ça vous aura plu. Si ça vous a plu mettez des pouces bleus parce qu'à nous ça nous donne du courage. au revoir – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -
Jean-Luc Mélenchon