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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 23 août 2024 20 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Lucie Castets à Matignon : Emmanuel Macron "n'a pas le choix" dit Marine Tondelier

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteRéponse directe

    Quel premier ministre, quelle première ministre pour diriger la France selon l'Elysée ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    La lettre aux Français parle d'inaction grave et délétère du président. Est-ce le ton du rendez-vous ?

  • 3:08RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous êtes arrivé là au bout des bonnes nouvelles ?

  • 3:22RelanceRéponse directe

    Mais c'est qu'une question de calendrier, vous y croyez vraiment ?

  • 5:07RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous y croyez encore qu'Emmanuel Macron n'a voulu s'y résoudre ?

  • 6:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que Lucie Casté répond à l'exigence d'une majorité la plus large et la plus stable possible ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:48Invité politiqueChiffre
    « 73% des Français dans les sondages veulent une rupture politique avec le macronisme. »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « On leur disait le chariot de course de rentrée sera intégralement gratuit. »
  • 4:01Invité politiqueFait
    « C'est une réforme des retraites qu'on n'a pas pu abroger au premier jour comme on aurait pu le faire si on avait été nommé. »
  • 4:07Invité politiqueFait
    « C'est un SMIC qui n'a pas pu augmenter. »
  • 4:49Invité politiqueFait
    « C'est à vous qu'on veut parler. C'est à vous qu'on veut dire quel temps on a perdu. »
  • 15:07Invité politiqueChiffre
    « Notre programme, c'est de déployer massivement les énergies renouvelables. 10 milliards par an. »
  • 15:23Invité politiqueFait
    « Est-ce que vous savez combien de temps il faut pour construire un EPR ? Quelques années, visiblement. »
  • 15:31Invité politiqueFait
    « 2040, il a dit 2040, les rapports sur son bureau disaient plutôt 2045. »
  • 16:55Invité politiqueChiffre
    « 60% des oiseaux des champs ont disparu en France en 40 ans. »
  • 17:00Invité politiqueChiffre
    « 80% des hirondelles en Ile-de-France en 20 ans. »
  • 17:03Invité politiqueChiffre
    « 66% des papillons. »
  • 17:05Invité politiqueChiffre
    « 70% des insectes volants. »
  • 17:20Invité politiqueChiffre
    « La mortalité des arbres en France a progressé de 80% en 10 ans. »
  • 19:20Invité politiqueChiffre
    « Ils ont pris des décisions cruciales, celles notamment de faire 10 milliards d'économies dans le budget encore. »

Temps de parole

  • Marine Tondelier82 %
  • Présentateur16 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Alors l'été est presque terminé et pourtant c'est encore et toujours la même question qui se pose depuis le 7 juillet dernier. Quel premier ministre, quelle première ministre pour diriger la France à en croire l'Elysée ? La réponse n'a jamais été aussi proche et la nomination devrait intervenir à partir de mardi après la série de consultations qui commence ce matin dont on va parler avec vous. Marine Tondelier, bonjour. Bonjour. Et bienvenue, vous êtes la secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts. Merci d'avoir accepté l'invitation du grand entretien ce matin. Je précise à nos auditeurs et nos auditrices que leurs questions, leurs réactions sont les bienvenus 0145 24 7000.

Et puis il y a aussi, vous le savez, l'appli France Inter. Alors d'ici environ deux heures, Marine Tondelier, vous serez à l'Elysée, reçue par Emmanuel Macron en compagnie des autres responsables des partis qui composent le nouveau Front Populaire. Et puis avec aussi Lucie Casté, la candidate que vous soutenez pour Matignon. Hier, vous avez tous fait savoir dans une lettre aux Français que je cite, l'inaction du président de la République était grave et délétère. Est-ce qu'on peut dire que ça donne tout de suite le ton du rendez-vous de tout à l'heure ?

1:04
Marine Tondelier

Écoutez, c'est la rentrée et donc je vous remercie de m'avoir invité et je vais essayer d'être positive pour commencer. Je pense que tout le monde a besoin d'un peu de positivité pour cette rentrée. Je ne sais pas combien de temps ça va durer, peut-être au moins jusqu'à la fin de l'émission, mais essayons. Première bonne nouvelle, Emmanuel Macron, les plaisanteries les plus drôles étant les plus courtes, a décidé enfin de passer à l'action. Alors, il consulte, on sait que la consultation pour lui, c'est quand même beaucoup de la communication, mais on sent que ça va avancer et que peut-être un jour, nous aurons un nom de Premier ministre.

Deuxième chose, il décide de recevoir les forces dans l'ordre protocolaire. Et dans l'ordre protocolaire, il nous reçoit en premier. Vous avez dit en conflit ? Peut-être que ça veut dire qu'il reconnaît enfin le résultat de l'élection. Il a beaucoup parlé de victoire relative, certes, mais lui, son échec n'est pas relatif du tout. Il est cuisant et c'est lui du Rassemblement National aussi. Ensuite, il nous a fait une proposition, celle d'être reçus soit seuls, les socialistes tout seuls, les communistes, les écologistes et les insoumis, soit d'être reçus ensemble. Et je dois vous dire qu'on n'a pas débattu longtemps.

Instinctivement, tout le monde avait répondu quand on échangeait avec les chefs de parti, évidemment qu'on y va ensemble. Et pourquoi on voulait y aller ensemble ? Non seulement parce qu'on avait envie d'être reçus ensemble, mais aussi parce que ça nous permettait de mettre une condition, celle de venir avec Lucie Casté. Et le fait que tout à l'heure, premièrement dans l'ordre protocolaire, Lucie Casté rencontre Emmanuel Macron est pour moi un signal extrêmement positif. Après, oui, vous avez raison, il est dans l'inaction.

Et cette inaction, elle n'a que trop duré parce qu'il a fini par poser une question extrêmement claire aux Français en juin dernier, à laquelle les Français répondent extrêmement clairement. Voulez-vous oui ou non une cohabitation ? Les Français se sont déplacés aux urnes comme jamais et ils ont répondu oui. Ils ont répondu oui et 73% des Français dans les sondages veulent une rupture politique avec le macronisme. Ce n'est pas juste les gens qui ont voté pour le nouveau Front populaire, c'est aussi des gens qui n'ont pas voté pour nous, certains qui n'ont pas voté du tout et des gens qui n'en peuvent plus.

Parce qu'il y a l'inaction climatique, parce qu'il y a l'injustice sociale, ce pays au bout de 7 ans est à bout du macronisme. Mais est-ce que ça veut dire que vous êtes arrivé là au bout des bonnes nouvelles, Marine Tondelier ? La bonne nouvelle, c'est qu'à partir de mardi, apparemment, ça pourrait changer. La mauvaise nouvelle par contre, et là où je suis un peu en colère, mais je le dis avec sérénité, c'est qu'on a perdu tellement de temps. Mais c'est qu'une question de calendrier, vous y croyez vraiment ? Si dans notre programme, il y avait des choses qui ont fait se déplacer des Français qui n'étaient pas venus voter depuis longtemps.

Par exemple, on leur disait le chariot de course de rentrée sera intégralement gratuit. Une maman à qui on dit ça en juin, qui vient voter le 7 juillet, qui pense qu'on pourra le faire dès la mi-juillet, ce qu'on avait l'intention de faire. Si on avait pu le faire mi-juillet, elle aurait économisé un peu d'argent sur un budget très serré. Peut-être qu'avec cet argent, on aurait pu emmener ses enfants à la mer cet été. Il y a 4 Français sur 10 qui ne sont pas partis en vacances cet été, qui ne partent jamais en vacances. Et ce n'est pas parce qu'ils ont envie de rester dans leur logement bouilloire thermique mal isolé. C'est parce qu'ils n'ont pas les moyens de le faire.

Et donc vous voyez, c'est des enfants qui n'ont pas pu partir en vacances. C'est une réforme des retraites qu'on n'a pas pu abroger au premier jour comme on aurait pu le faire si on avait été nommé. Mais si on est nommé mardi, on peut toujours le faire mercredi. C'est un SMIC qui n'a pas pu augmenter. C'est très concret. C'est pour ça qu'on a écrit aux Français. Vous voyez, là on est reçu par Emmanuel Macron. Moi je pense qu'il ne faut jamais espérer de ceux qui ont créé un problème que ce soit eux qui le résolvent. Donc c'est, on y va, c'est protocoleur.

4:23
Présentateur

C'est pourtant Emmanuel Macron qui va devoir résoudre en tout cas. Surtout j'ai envie d'entendre ce qu'il a à nous dire.

4:25
Marine Tondelier

Je ne vais pas aller essayer d'aller le convaincre. Je veux dire, il ne va rien faire pour nous faire plaisir. On ne va pas sortir un nouvel argument où il va dire, mais vraiment, si vous m'aviez dit plus tôt que Lucie Casté était expert des services publics, vraiment, je l'aurais nommé directement. Donc s'il devait le faire, il l'aurait déjà fait. Mais par contre, ce qui est intéressant, il y a un moment politique qui nous permet de faire cette lettre aux Français pour dire, attendez, on va aller voir Emmanuel Macron, mais nous c'est à vous qu'on veut parler. C'est à vous qu'on veut dire quel temps on a perdu.

C'est aux électeurs qui n'ont pas voté pour nous qu'on veut dire que peut-être on se pose des questions semblables et que peut-être vous avez aussi intérêt qu'on gouverne. Et je trouve que cette méthode de ne pas se laisser enfermer dans la logique institutionnelle parce que c'est ça le risque. On rentre un peu dans ces voyages en terre politique inconnus. Donc personne ne sait ce qui va se passer. Mais est-ce que vous y croyez encore ?

5:07
Présentateur

Je vous pose la question, Marine Tondelier. Est-ce que vous y croyez encore qu'Emmanuel Macron n'a voulu s'y caster ? Ce qu'il n'a pas fait depuis le 7 juin.

5:13
Marine Tondelier

Je pense qu'il n'a pas le choix, tout simplement. Et j'entends les personnes qui nous disent « Ah ben vous n'avez pas la majorité absolue. » Figurez-vous qu'on avait remarqué. Et qu'on aurait beaucoup aimé l'avoir, on ne l'a pas. Moi je ne suis pas dans la majorité absolue. Je suis dans la modestie, mais je ne suis pas dans le déni comme Emmanuel Macron. C'est-à-dire que j'entends qu'on n'est pas la majorité absolue. Je pourrais faire comme Jordan Bardella pendant la campagne législative. Venir en disant « Alors moi je préviens tout de suite que si on n'a pas la majorité absolue, je n'irai pas à Matignon. » Si tout le monde fait comme Jordan Bardella, comment on fait ?

Personne n'a la majorité absolue. Alors tout le monde attend, parce qu'on décide qu'on va gouverner que si c'est royal au bar, que si c'est tapis rouge, que si c'est confortable. La vie politique, ce n'est pas confortable. Et dans la période troublée et troublante dans laquelle nous sommes, ça sera confortable pour personne. Il y a deux types de gens. Il y a ceux qui restent à l'écart en regardant, en faisant les commentateurs sportifs. Il y a 70 millions de sélectionneurs, il aurait dû faire ça, lui il est nul, comment ils vont faire ? Nous, nous avons décidé de nous atteler au travail.

Je veux dire, quand vous êtes écologiste, insoumis, communiste, socialiste, ce n'est pas l'adversité qui vous effraie, sinon on ne serait pas là depuis longtemps. Et donc, oui ça va être dur, ça va être confortable, pas du tout, ça va être évident, pas du tout, ça va être facile, pas du tout, mais on est déterminé. Et on ne va pas faire un refus d'obstacle, parce que ce n'est pas pour nous. On doit ça aux gens pour lesquels on se bat, ceux qui ont voté pour nous et d'autres qui n'ont même pas voté pour nous, et certains qui n'ont pas voté du tout.

6:27
Présentateur

Parce que les yeux font savoir, Marine Tondelier, que le président souhaitait avancer vers la constitution d'une majorité la plus large et la plus stable possible au service du pays. Est-ce que Lucie Castiel répond à cette exigence-là ?

6:38
Marine Tondelier

Mais elle est aujourd'hui la candidate à la tête de la coalition la plus large, la plus cohérente et la plus solide possible. Vous voyez, on a entendu circuler d'autres noms, en disant qu'il y a d'autres solutions. Les noms que j'entends circuler ne sont pas des solutions. C'est de la politique fiction. C'est-à-dire que moi, je veux bien qu'on me dise que Lucie Castiel pourrait utilement bénéficier d'une majorité plus large. On en aurait aussi très envie. Mais toutes les autres solutions dont j'entends parler ne reposent sur aucun socle solide. Nous, on a eu le mérite de nous présenter aux électeurs.

7:06
Présentateur

Y compris des socialistes comme Bernard Cazeneuve, par exemple.

7:08
Marine Tondelier

On a eu le mérite de se présenter aux électeurs sur un programme clair. Nous, c'est transparent, c'est chiffré. Nos objectifs, tout le monde les connaît. Ce n'est pas on se présente séparés. Enfin, voilà, on parle de Bernard Cazeneuve. Bernard Cazeneuve, c'est une personne qui était membre du Parti Socialiste et qui peut-être aujourd'hui est soutenue par une partie de ce parti, c'est-à-dire une partie d'une partie du Nouveau Front Populaire. Et c'est un parti dont en plus il est parti. Donc expliquez-moi en quoi ça fait une majorité plus solide et plus cohérente.

7:38
Présentateur

Mais vous savez bien que le problème, c'est la présence au sein de ce putatif gouvernement de Lucie Casté de membres de la France insoumise. Puisqu'une partie du Bloc central, de la droite républicaine a dit de toute façon, s'il y a des ministres LFI, nous allons tout de suite à la motion de censure.

7:52
Marine Tondelier

Mais c'est extrêmement intéressant parce que c'est les mêmes qui nous disent que notre majorité n'est pas assez large, qui sont les premiers à dire. D'ailleurs, vous devriez enlever les insoumis. J'imagine qu'une fois qu'on aura enlevé les insoumis, il faudra enlever les écologistes aussi. Donc pour vous, c'est sûrement les communistes, et puis après, peut-être même pas tous les socialistes sont fréquentables. Sans la France insoumise, c'est une question qui ne se pose pas, Marie-Gondelier, ce matin. Ceux qui veulent nous diviser, veulent nous affaiblir. Il n'y a pas de majorité absolue dans ce pays. La majorité la plus large et la plus cohérente, c'est la nôtre.

On ne va pas se faire racheter par appartement, se faire vendre à la découpe. Le nouveau Front populaire est une force riche parce qu'elle est diverse. Moi, je suis une écologiste. L'écologiste n'est pas juste dans la couleur de ma veste. Je crois en la biodiversité et en sa force. Je pense que le nouveau Front populaire est un écosystème. Et que si nous avons gagné, c'est parce que nous allions de Philippe Poutou à François Hollande. Si on commence à enlever François Hollande, puis Philippe Poutou, puis les insoumis, puis les socialistes, puis les écologistes. Enfin, on voit très bien ce qu'il y a au bout. Moi, ce que je vous dis, c'est que nous sommes cohérents.

Quand nous avons écrit aux parlementaires cet été, tous les présidents de groupe parlementaire du NFP avec Lucie Casté, nous l'avons fait ensemble. On leur a proposé une méthode en transparence. On a pris de la hauteur. On leur a tendu la main. De l'autre côté, Gabriel Attal a écrit tout seul un courrier pour Renaissance. Et puis Horizon a écrit tout seul un courrier pour Horizon. Et puis pendant ce temps-là, Marc Fénaud du Modem, donc c'est les trois parties de l'ex-majorité présidentielle. Lui, il est président du groupe Modem à l'Assemblée nationale. Il a dit dans la presse, moi, je pense qu'il n'aurait pas du tout fallu faire de courrier.

Donc, ne venez pas nous expliquer à nous qu'on est divisé. La réalité, c'est qu'on est plus unis que tous les autres réunis et qu'on offre un chemin d'espoir. Et un chemin, surtout, j'insiste, ne nous laissons pas enfermer dans la logique institutionnelle. C'est important, mais on ne va pas faire un feuilleton que sur la forme, que sur comment on va faire et tel article de la Constitution. À la fin, on fait ça pour améliorer le quotidien et pour permettre les lendemains. C'est bien ça qui est en jeu. Ce sont les Françaises et les Français. Il ne faut jamais le perdre de vue.

9:43
Présentateur

On va aller au Standard de France Inter. On nous attend Ahmed. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue. Vous nous appelez de Gironde. Je vous laisse poser votre question à Marine Tondelier.

9:52
Auditeur

Voilà. Marine Tondelier, est-ce qu'avec les autres partenaires du nouveau Front populaire, vous avez réfléchi à des alternatives ? Si le mauvais joueur qui nous sert de président continue à refuser la nomination de Lucie Castellet ?

10:05
Présentateur

Merci pour cette question.

10:06
Marine Tondelier

Vous avez raison de souligner qu'Emmanuel Macron fait son gaulois réfractaire et que ce qu'il est en train de faire, c'est de l'obstruction. C'est la première chose qui est très intéressante dans votre question. La deuxième, c'est que non, il n'y a pas de plan B à Lucie Castellet. Je pense que vous avez bien en tête qu'on a pris le temps de trouver ce nom parce qu'on l'a fait sérieusement, qu'il fasse un nom de consensus, d'expérience, de compétence. Quelqu'un qui soit sincèrement aligné avec le programme parce qu'il faut le mettre en œuvre et quelqu'un qui soit de nature à apaiser ce pays qui en a grand besoin. Lucie Castellet correspond à tous ces critères.

C'est le nom que nous avons choisi. Il n'y en a pas d'autre. Elle a l'entier soutien, je le dis, l'entier soutien du Parti Socialiste, du Parti Communiste, du Parti Insoumis, du Parti Écologiste. Nous ne sommes pas en train de préparer un plan B.

10:47
Présentateur

Mais qu'est-ce qui se passe si ce n'est pas ce nom-là qui sort la semaine prochaine ?

10:51
Marine Tondelier

Vous voyez bien que les si, vous allez me dire, et si c'est lui, et si c'est elle, et si il se passe ça. Il va se passer des choses tous les jours. Moi, je pense que les Français ont pu apprécier la constance de mes prises de position depuis plusieurs semaines dans cette séquence perturbée et perturbante. La force de ce que les écologistes ont joué comme rôle, c'est qu'on s'est concentré sur les problèmes prioritaires. La priorité jusque mardi, il y en a une seule, c'est la nomination de Lucie Castellet. Et tout ce qui pourra arriver d'autre, et qu'elles soient nommées ou pas, il arrivera beaucoup d'autres choses.

Tous les jours, peut-être même plusieurs fois par jour, on prendra les problèmes un par un, on les priorisera et on y répondra. Je vous rappelle quand même que quand on s'est lancé dans cette aventure du nouveau Front populaire, la phrase que j'ai le plus entendue des journalistes, des camps d'en face, des camps autour, c'était « ça ne marchera jamais ». Le 10 matin, on nous a dit que c'était voie à l'échec, qu'on ne trouverait jamais d'accord programmatique, on l'a fait, et qu'on ne trouverait pas d'accord électoral, on l'a fait. Qu'on ferait une campagne catastrophique, nous l'avons menée, elle était belle. Qu'on ne pouvait pas gagner, nous avons gagné.

Et puis après, évidemment, on n'allait pas trouver le nom de Premier ministre, elle s'appelle Lucie Castellet, et maintenant on dit qu'elle ne sera pas nommée. Et puis quand elle sera nommée, on nous dira « vous n'arriverez pas à faire voter le budget », ainsi de suite. Alors on va en parler du budget. Je vous dis, c'est tellement difficile comme période politique que les gens ont le droit de douter. Ils ont le droit de penser qu'on ne va pas y arriver. Ce que je leur dis, c'est que nous, nous y croyons, que nous sommes déterminés comme jamais. Et j'aime bien citer ce slogan qui est écrit sur mon bureau, je vais vous dire, depuis des années, et auquel je me réfère souvent.

Ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient. Ils ont le droit de ne pas y croire.

12:23
Présentateur

On ne peut pas nous enlever ça. Pardonnez-moi de continuer à jouer au jeu des si, parce qu'on en est là quand même. C'est votre travail, il n'y a pas de problème. Si jamais Lucie Castellet était choisie la semaine prochaine par Emmanuel Macron, on revient à la question positive. Qu'est-ce que ça donne ? Est-ce que le reste du gouvernement est prêt ? Est-ce que vous avez déjà fait des grands arbitrages entre les familles politiques qui composent le nouveau Front populaire ? Ou est-ce qu'il va falloir là aussi entrer dans une nouvelle réflexion qui ne sera pas forcément plus simple que la réflexion qui vous a menée

12:52
Marine Tondelier

à choisir le nom de Lucie Castellet ? Non mais ne vous inquiétez pas pour ça. En tout cas, moi je ne suis absolument pas inquiète parce que je sais que la question la plus difficile était sans doute celle de la Première Ministre. Parce que nous sommes un tout, un écosystème composite et que faire une équipe, on sait le faire. Ce qui était difficile, c'est d'avoir qu'un seul nom. S'il était socialiste, qu'est-ce que ça voulait dire pour les insoumis ? S'il était insoumis, qu'est-ce que ça voulait dire pour les socialistes ? C'est des questions normales. Donc quand vous dites dans la lettre au français, on est prêt ?

Mais sur les principes de base, nous étions d'accord et que l'on ait 24 heures, une semaine ou trois semaines pour former un gouvernement, on sait le faire. On nous pose la question, on nous répondra dans les temps voulus et ça ne m'inquiète absolument pas. Il y aura toutes les composantes du nouveau Fonds Populaire dans ce gouvernement ? Toutes les composantes et la société civile. La personne choisie pour être Premier Ministre le démontre et d'ailleurs c'est hyper intéressant.

Je pense que choisir Lucie Castellet avec son histoire sur les services publics, pour tous les fonctionnaires qui souffrent depuis 7 ans, pour tous les usagers de services publics qui en ont besoin de plus, d'ouverts plus longtemps, de plus accessibles, ça veut dire quelque chose aussi. Et donc il y aura d'autres personnes de ce type aussi dans un gouvernement du nouveau Fonds Populaire. Mais moi, plus que la question du qui, ce qui m'intéresse c'est pourquoi faire. Je veux dire aux Français qu'à la minute où nous sommes nommés, nous abrogeons la réforme des retraites par décret.

Ça prend 24 heures que nous prendrons des mesures fortes, que tout ne sera pas facile, ni évident, ni confortable, encore une fois, qu'on devra aller se battre à l'Assemblée Nationale. Mais ce qui serait intéressant, c'est que ça remet l'Assemblée Nationale au centre. Ça va être transparent. Quand on dit pourquoi vous n'avez pas fait la coalition avant de trouver un nom, on se serait mis dans un souterrain avec Gabriel Attal, dans une salle sans fenêtres. Et puis dans le secret, on aurait dit, je te donne ça, on échange, je fais ça, on annule ça, on sent, on renonce. Là, ça va se faire en transparence. À l'Assemblée Nationale, on dira, voulez-vous voter les super profits ?

80% des Français sont pour les taxer. Le Modem avait même déposé une proposition de loi pour le faire. Normalement, si on le dépose à l'Assemblée Nationale, c'est adopté. Si des gens veulent voter contre, qu'on taxe les gens qui font des super profits, sans travailler plus, sans avoir plus de mérite, sans avoir plus de talent, des manes qui leur tombent du ciel, si on ne peut même pas les taxer, bon ben voilà, ils assumeront. Les Français, regardons.

14:47
Présentateur

Parlons de programme, justement, avec Guy, qui nous attend au Standard de France Inter. Bonjour et bienvenue Guy.

14:52
Auditeur

Bonjour.

14:53
Présentateur

Je vous laisse poser votre question.

14:54
Auditeur

Alors, une question très courte. Quel est le programme dans ce quoi faire du NFP pour le nucléaire ?

15:03
Présentateur

Merci Guy.

15:04
Marine Tondelier

Notre programme, c'est de déployer massivement les énergies renouvelables. 10 milliards par an. Pourquoi c'est important ? On a une crise énergétique. Maintenant, c'est urgent. On a une crise climatique. Maintenant, c'est urgent. Quand on a des crises urgentes, on va y répondre au plus vite. Est-ce que vous savez combien de temps il faut pour construire un EPR ? Quelques années, visiblement. Alors, c'est normal que vous ne le sachiez pas, parce que celui qu'on a essayé de construire, ça a pris beaucoup plus de temps que prévu. Et ce que Emmanuel Macron annonce, on ne sait pas quand ils ouvriront. Même lui, il ne le sait pas.

2040, il a dit 2040, les rapports sur son bureau disaient plutôt 2045. Et si c'est comme à Flamanville, il faut multiplier par deux le délai. Puisqu'on dit que c'est urgent, il faut déployer les énergies qui vont le plus rapidement possible à déployer. Le renouvelable. Et nous étions tous d'accord là-dessus au sein du Nouveau Front Populaire. Donc un plan d'urgence de 10 milliards par an. Ensuite, nous avons écrit un programme pour deux ans. En deux ans, on n'ouvre pas de nouvelles centrales nucléaires. Et on ne ferme pas non plus d'EPR en deux ans. Et au-delà de deux ans ?

15:56
Présentateur

Parce que la question du nucléaire, c'est une question qui vous divise quand même, au Nouveau Front Populaire.

16:00
Marine Tondelier

Au-delà de deux ans, la position des écologistes, vous le savez bien, ce n'est pas de faire un blackout. C'est-à-dire qu'on ne dit pas, nous on arrive, on ferme les centrales. Nous on déploie le renouvelable. Et à mesure qu'on atteint une production suffisante, couplée aussi à des politiques de sobriété. Parce que peut-être qu'il faut éteindre les panneaux publicitaires la nuit. Peut-être qu'il faut arrêter de jeter de l'énergie par les fenêtres, dans un moment où tout devient rareté, et où la question même de l'habitabilité de la planète se pose.

Au fur et à mesure que nous produisons assez d'énergie renouvelable, alors on peut fermer des centrales, en commençant évidemment par les plus vieilles et par les plus dangereuses. C'est ça notre programme. Et les décisions, comme sur les autres sujets, se prendront en transparence à l'Assemblée nationale.

16:36
Présentateur

Lucie Casté a parlé de bifurcation écologique hier, lors d'un meeting à l'université d'été de votre parti. On avait assez peu entendu parler écologie jusqu'à présent. Est-ce que c'était un regret pour vous ?

16:47
Marine Tondelier

Ce n'est pas un regret, c'est une inquiétude. Parce que les enfants qui naissent cette année, on ne sait pas leur garantir que la planète sera encore habitable dans 30 ans. Parce que 60% des oiseaux des champs ont disparu en France en 40 ans. 80% des hirondelles en Ile-de-France en 20 ans. 66% des papillons. 70% des insectes volants. Vous l'avez incité à en parler justement alors ? On en parle souvent, c'est quelque chose auquel elle est très sensible. Et moi j'ai toujours dit à mes partenaires, nous sommes les écologistes de la bande, mais servez-vous, c'est libre de droit. Parlons-en tous, tout le temps. Je dois vous dire aussi que, par exemple, le sujet des arbres est hyper important.

Les Français ne se rendent pas forcément compte que la mortalité des arbres en France a progressé de 80% en 10 ans. Parce qu'avec la sécheresse, ils tombent malades, parce qu'il y a de plus en plus de parasites, parce qu'avec les dérèglements climatiques, ils ont du mal à évoluer correctement. Et donc pourquoi c'est important ? On aime tous se promener en forêt, on sait à quel point les arbres sont importants pour la santé globale, mais c'est aussi un enjeu de biodiversité et un enjeu climatique. Le climat, c'est une bombe à retardement. Et il y a dans le monde ce qu'on appelle des puits de carbone, c'est-à-dire des choses qui stockent naturellement ou artificiellement le carbone.

Les forêts, c'est le deuxième puits de carbone au monde, après les océans. Et le pouvoir des puits de carbone de forêt français a été divisé par deux en 10 ans. Parce que les forêts ne vont pas bien, parce qu'il y a eu des feux de forêt, parce que les arbres grandissent moins bien, parce qu'ils sont malades, parce qu'ils meurent. Et donc ça veut dire que, même si on fait des efforts, on s'adapte tous, rien que la forêt qui va mal, elle stocke du coup deux fois moins de CO2. Une forêt qui brûle, elle relargue dans l'atmosphère, comme dans le Gard, les 300 hectares la semaine dernière, tout le CO2 qu'elle a stocké.

Et donc vous voyez bien que ces sujets-là, on n'en parle pas pour vous inquiéter gratuitement, on en parle pour les garder au cœur de l'attention. Sinon on va passer notre temps à dire, et Cazeneuve et Truc, et Xavier Bertrand, ok c'est divertissant, mais il ne faut jamais passer à côté de l'essentiel, de la ressource en eau qui concerne aussi tout le monde. Quand l'été on doit choisir entre arroser les cultures des agriculteurs, nettoyer sa voiture, ou pouvoir faire une petite piscine pour rafraîchir les enfants, on se rend bien compte que ce n'est pas des sujets dans l'absolu pour demain, ce sont des sujets pour maintenant et c'est concret. Un mot du budget 2025,

18:50
Présentateur

parce que là aussi ce sera l'une des tâches les plus urgentes pour le Parlement, la date limite c'est le 31 décembre, le Premier ministre démissionnaire a envoyé des lettres de cadrage à tous les ministères en annonçant un gel des dépenses de l'État pour l'année prochaine. Est-ce qu'il a eu raison de le faire ? Est-ce que ça fait partie de la gestion des affaires courantes ? Ou est-ce qu'il outrepasse là son rôle, Gabrielle Attal ?

19:09
Marine Tondelier

C'est sûr que gérer les affaires courantes au bout de six semaines ça devient compliqué, parce que normalement dans un pays comme la France, il n'y a pas que des affaires courantes. Cette trêve olympique qu'a décrété Macron, c'était en fait une pause démocratique. Et la démocratie on ne peut pas la mettre en pause. Parce qu'à l'ombre des Jeux olympiques, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont pris des décisions cruciales, celles notamment de faire 10 milliards d'économies dans le budget encore. Alors on peut considérer que pour eux c'est des affaires courantes, c'est ce qu'ils ont fait pendant 7 ans.

Mais c'est complètement antidémocratie, ça s'est fait à l'ombre des ministères, il y a eu des réunions interministérielles tout l'été où ils ont demandé des économies en plus pour l'hôpital, etc. Et donc ça c'est pas possible. Ce que je sais aussi c'est qu'on nous a dit « Ah mais vous savez, nous vous ferons populaire, si vous êtes nommés vous aurez du mal à faire un budget. » On a travaillé tout l'été, on est prêts. Mais c'est vrai aussi que chaque jour où on ne nous nomme pas, ça rend la tâche plus compliquée. C'est difficile de faire un budget, ça prend du temps, il y a des milliers de pages à préparer et donc on veut être nommés pour le faire.

Et surtout, ils nous donnent des leçons budgétaires pour nous dire « Vous n'arrivez pas à faire comme ci, comme ça. » Ils ont créé 1000 milliards de dettes en 7 ans. Mais c'était même pas de la dette pour faire de la transition écologique, ils sont dans l'inaction climatique. C'était pas de la dette pour réduire la fracture sociale. Il y a 9 millions de pauvres dans ce pays, il n'y en a jamais eu autant et jamais aussi pauvres. Vous aurez beaucoup de choses à dire à l'émission. Je ne prends pas de leçons budgétaires de leur part, ce n'est pas des leçons qu'ils devraient nous présenter, c'est des excuses.

20:22
Présentateur

Merci beaucoup Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts, invitée du 6-9 de France Inter. La revue de presse à suivre.