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InterviewRFI (sur YouTube)· 27 février 2026 39 minComplaisantFond programmatiqueEurope & internationalInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprises

Bruno Fuchs : « Le Parlement doit contribuer à renforcer l'influence de la France » • RFI

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 73 %Attaque 18 %Défensif 9 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:06OuverteRéponse directe

    Pourquoi une doctrine de diplomatie parlementaire n'existait-elle pas jusqu'à maintenant ?

  • 2:57RelanceRéponse directe

    Vous n'avez pas crainte de marcher sur les plates-bandes du Quai d'Orsay en employant le terme « doctrine » ?

  • 6:20RelanceRéponse directe

    Vous insistez sur la complémentarité avec la diplomatie gouvernementale, mais dans les faits, est-ce que cela ne revient pas à demander aux parlementaires de valider leurs agendas auprès du gouvernement ?

  • 7:31RelanceRéponse directe

    Vous proposez des réunions de préparation conjointes avec le Quai d'Orsay avant les déplacements sensibles. Est-ce que ça ne revient pas à demander aux parlementaires de valider leurs agendas auprès du gouvernement ?

  • 9:25OuverteRéponse directe

    Vous souhaitez une rationalisation des groupes d'amitié. Qu'est-ce que ça signifie ?

  • 10:25OuverteRéponse directe

    Vous parlez beaucoup de la commission comme d'un point central. Mais quand on dit parlementaire, ce ne sont pas que les députés, il y a aussi les sénateurs. Dans votre réflexion, les sénateurs sont-ils inclus ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:21Invité politiqueFait
    « Alors, d'abord, c'est un rapport qui a été travaillé et donc rendu par deux parlementaires de ma commission qui sont Pierre Priptich et puis Liliana Tanguy et donc qui a fait l'unanimité lors de son passage en commission. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « Non, je pense qu'il y a un contexte géopolitique, de tumulte géopolitique, de déconstruction de l'ordre international et qui fait qu'aujourd'hui, on a besoin de beaucoup plus de mobilisation de parlementaires, de la société civile. »
  • 3:09Invité politiqueFait
    « c'est le président de la République qui, dans la Constitution, a la fonction d'établir la doctrine en matière de politique étrangère, et ensuite, bien sûr, le prêt armé, c'est le ministère des Affaires étrangères qui met en œuvre. »
  • 4:25Invité politiqueFait
    « Le premier qui est structurant la relation de la France avec l'Afrique, c'est quel type de partenariat, de relations renouvelées vers plus de souveraineté et d'égalité les deux pays doivent avoir. »
  • 5:26Invité politiqueFait
    « Je pense que la clé des relations de confiance entre deux pays, c'est les questions de mobilité, notamment avec l'Afrique. »
  • 8:29Invité politiqueFait
    « Et quand le président Ford me dit « Mais oui, vous savez, moi, ça fait dix ans que je n'ai pas vu un ministre français au Togo ». »
  • 8:56Invité politiqueFait
    « Tous les pays sont représentés. L'Afrique est en plein développement. Il y a beaucoup de concurrences turques, russes, chinoises, américaines, anglaises, italiennes, allemandes, etc. »
  • 12:04Invité politiqueFait
    « Les Allemands mettent plus de moyens, les Britanniques mettent beaucoup plus de moyens sur les médias, donc sur l'influence de la France à travers les médias ou Allemands ou Britanniques. »
  • 13:02Invité politiqueFait
    « un, moins d'influence, mais aussi on a moins de contrats et l'économie se développe moins bien. »
  • 13:34Invité politiqueFait
    « même par les États-Unis et l'amitié sur Trump aujourd'hui. »
  • 15:10Invité politiqueFait
    « RFI ou d'autres médias, critiquent la France parce que l'action de la France peut être critiquable et vous le faites régulièrement. »
  • 16:12Invité politiqueFait
    « RT, par exemple, eux, ils y vont à coups de fausses informations. Voilà, Média Russe, là, ils y vont à coups de fausses informations, avec des budgets qui sont une fois et demie ceux de la France. »
  • 26:22Invité politiqueChiffre
    « La France a perdu 25% de ses exportations en 2025. »
  • 27:25Invité politiqueChiffre
    « Il y a quand même 6 millions de franco-algériens ou de biculturels, comme je les appelle. »
  • 29:00Invité politiqueFait
    « Oui, mais on voit bien que chaque pays a sa propre approche. »
  • 29:06Invité politiqueFait
    « Chaque parlement prend des décisions. »
  • 29:12Invité politiqueFait
    « il prend des décisions contraires ou slovaques aujourd'hui à l'intérêt ou à la majorité des autres pays européens. »
  • 29:26Invité politiqueFait
    « dans la plupart des pays, vous avez une volonté de souveraineté et vous ne voulez pas que le pays se dissolve dans l'Europe. »
  • 29:31Invité politiqueFait
    « C'est l'idée de l'Europe fédérale. »
  • 30:07PrésentateurFait
    « « La France sera donc le seul grand pays occidental sans diplomate professionnel. Une histoire de plusieurs siècles s'achève ainsi. La porte est désormais ouverte aux nominations à l'américaine. » »
  • 30:21Invité politiqueFait
    « C'est une situation compliquée parce que vous avez des contre-exemples des deux côtés. »
  • 30:47Invité politiqueFait
    « Quand vous êtes diplomate, forcément, vous contestez la décision du président. »
  • 31:17Invité politiqueFait
    « Effectivement, il y a un risque. »
  • 31:20Invité politiqueFait
    « Aux États-Unis, on rend service aux gens qui vous ont aidés. »
  • 32:39Invité politiqueFait
    « Oui, il y a une inquiétude forte à avoir sur la radicalisation pas seulement des pensées, de l'idéologie, des principes, mais aussi des modes d'action. »
  • 33:12Invité politiqueFait
    « On voit bien les propos de Jean-Luc Mélenchon. »
  • 33:30Invité politiqueFait
    « Ça veut dire que c'est la force et la violence avant l'accès. »
  • 35:25Invité politiqueChiffre
    « En gros, on a tiré 500 personnes pour en avoir 150. »
  • 35:30Invité politiqueFait
    « Il faut une représentation géographique, une représentation également paritaire, en tout cas, homme-femme. »
  • 36:29Invité politiqueFait
    « Ils ont fait des propositions, huit amendements que moi, j'ai porté comme leur amendement dans le texte et dans le débat, lors du débat sur la fin de vie. »
  • 37:24Invité politiqueFait
    « la guerre civile, elle peut arriver très vite si on a des groupes des deux côtés, extrême droite, extrême gauche qui se font la guerre, qui se chassent. »
  • 37:35Invité politiqueFait
    « Si vous avez le RN qui arrive au pouvoir, vous savez très bien que dans la rue, vous allez avoir des dizaines de manifestations et des mouvements très violents pour contester l'arrivée du RN au pouvoir fait par l'extrême gauche. »

Temps de parole

  • Bruno Fuchs75 %
  • Présentateur25 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:08
Présentateur

L'atelier politique avec Frédéric Rivière. Bonsoir et bienvenue dans l'atelier politique dans cette émission. Nous essayons de prendre le temps dont parfois le tumulte de l'actualité nous prive, le temps de la réflexion, de l'analyse, de la mise en perspective avec l'ambition de comprendre ce qui nous arrive et peut-être aussi ce qui s'annonce. Et ce soir, nous sommes avec Bruno Fuchs, président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Bonsoir. Bonsoir. Cette émission, je vous le précise, est enregistrée dans les conditions du direct. Nous sommes ensemble pour environ 40 minutes. Vous allez donc avoir du temps pour développer vos idées.

Nous allons consacrer l'essentiel de cette émission au rapport que vous avez rendu et aux questions qui sont abordées dans le rapport, que vous avez donc tout récemment rendu et qui d'ailleurs a été approuvée aussi il y a quelques jours par la commission des affaires étrangères sur la diplomatie parlementaire. Vous formalisez pour la première fois une doctrine française de la diplomatie parlementaire. Tout d'abord, pourquoi cela n'existait pas jusqu'à maintenant ? Est-ce que c'était quelque chose de l'ordre de l'impensée institutionnelle ou est-ce qu'il y avait des résistances politiques ?

1:14
Bruno Fuchs

Non. Alors, d'abord, c'est un rapport qui a été travaillé et donc rendu par deux parlementaires de ma commission qui sont Pierre Priptich et puis Liliana Tanguy et donc qui a fait l'unanimité lors de son passage en commission. Non, je pense qu'il y a un contexte géopolitique, de tumulte géopolitique, de déconstruction de l'ordre international et qui fait qu'aujourd'hui, on a besoin de beaucoup plus de mobilisation de parlementaires, de la société civile et que dans un monde dans lequel on a une vision multilatérale avec des règles de droit internationales qui sont clairement respectées par tout le monde, le nombre de conflits est limité.

Là, le nombre de crises est tel, le chaos est tel, l'incompréhension de ce que le monde est en train de devenir est telle qu'il faut mobiliser beaucoup plus de forces pour qu'un pays se fasse entendre, se fasse respecter et que la puissance, l'influence de ce pays se fasse entendre.

Et donc, on a besoin de beaucoup plus de présence sur place, beaucoup plus d'action et les parlementaires ont une position aujourd'hui par la légimité des urnes qui leur permet soit de renforcer l'action du gouvernement, soit de compléter cette action quand les exécutifs, un certain nombre de situations, et on le voit, on pense plutôt au Sahel quand on pense, ou à l'AES quand on pense à ça, mais il y a d'autres situations dans lesquelles les exécutifs sont en conflit. Et donc là, vous avez besoin de gens qui parlent, qui échangent et d'autres canaux pour qu'on puisse maintenir des relations à minima avec des pays dans lesquels les exécutifs sont en antiphase.

2:53
Présentateur

Je m'arrête un instant sur le mot « doctrine » qui est un mot fort. Vous n'avez pas crainte de marcher sur les plates-bandes du Quai d'Orsay, du ministère des Affaires étrangères, en employant ce terme ?

3:02
Bruno Fuchs

Non, parce que le rapport ne donne pas de doctrine. Le rapport dit qu'il faut établir une doctrine, et une doctrine c'est dans laquelle on a, aujourd'hui clairement en France, et il n'y a aucun doute là-dessus, c'est le président de la République qui, dans la Constitution, a la fonction d'établir la doctrine en matière de politique étrangère, et ensuite, bien sûr, le prêt armé, c'est le ministère des Affaires étrangères qui met en œuvre. Et donc le Parlement, dans cette logique-là, doit être une force additionnelle, doit être une force complémentaire, qui permet de mieux déployer et renforcer l'influence de la France.

On est complètement dans cette ligne-là, il ne s'agit pas d'imaginer autre chose qu'un bras armé, donc une capacité de mettre en œuvre des politiques publiques en matière de stratégie extérieure. Pour autant, ce n'est pas une diplomatie de secours. Non, c'est une diplomatie qui peut contribuer, qui doit contribuer. Par exemple, quand je lance un certain nombre d'initiatives avec la commission qui est de monter des missions d'information, comme on le fait dans une commission habituelle, mais conjointes avec un pays extérieur. Par exemple, la première qu'on a lancée, c'est avec le Sénégal.

On est en train de lancer une mission dans laquelle vous avez des parlementaires sénégalais et des parlementaires français qui vont travailler sur le même sujet, et qui vont en avoir un rapport avec des propositions. Quel sujet, en l'occurrence ? À deux exécutifs. Il y a deux sujets. Le premier qui est structurant la relation de la France avec l'Afrique, c'est quel type de partenariat, de relations renouvelées vers plus de souveraineté et d'égalité les deux pays doivent avoir. Comment on repense la relation de la France avec des pays d'Afrique francophone ? Le Sénégal... C'est un sujet sur lequel vous avez travaillé, ça. J'ai travaillé. Vous avez fait un rapport là-dessus.

Et aujourd'hui, par exemple, il n'y a pas, je pense, de stratégie française claire sur la façon dont la France doit évoluer pour mieux renforcer ses relations avec les pays d'Afrique francophone. C'est un nombre de pays qui doutent ou qui sont... On le voit. Enfin, je vais répondre à vos questions. Mais on voit très bien qu'aujourd'hui, dans l'Afrique francophone, il y a un certain nombre de voix qui s'élèvent contre la façon dont la France s'y prend. Donc la France doit renouveler cette approche. Et aujourd'hui, il n'y a pas de réflexion sur ce sujet-là. Et donc, les parlementaires des deux commissions vont faire des propositions.

Et puis, le deuxième sujet que l'on va traiter avec nos homologues sénégalais, c'est les questions de mobilité. Je pense que la clé des relations de confiance entre deux pays, c'est les questions de mobilité, notamment avec l'Afrique. Et on va travailler...

5:35
Présentateur

Mais quand vous parlez de mobilité, c'est-à-dire... La question des visas,

5:38
Bruno Fuchs

la question des titres de séjour, la question du recommand familial, toutes ces questions des étudiants, des personnes âgées, des retraités, etc. Donc toutes ces questions-là. Et puis, si vous faites des propositions les mêmes avec des parlementaires des deux pays, eh bien là, vous avez plus de poids vis-à-vis de vos deux exécutifs. Ce sont des propositions pour enrichir la relation. Donc ça, c'est le deuxième aspect de notre réflexion. C'est qu'il s'agit d'enrichir, en tout cas, la réflexion pour apporter des contributions aux exécutifs. Et après, c'est l'exécutif qui le met en place.

Donc on est une force de réflexion et de contribution, on peut l'être, en tout cas, dans la réflexion liée aux affaires internationales.

6:20
Présentateur

Alors vous insistez sur la complémentarité avec la diplomatie gouvernementale, et pas la concurrence. Mais dans les faits... Non, mais j'insiste pas. C'est clairement établi par la Constitution. Oui, oui, mais quand je dis vous insistez, c'est-à-dire que vous y tenez, quoi. Il n'y a pas de doute là-dessus, bien évidemment. Mais dans les faits, si un parlementaire, par exemple, maintient un dialogue avec un groupe d'opposition étrangère que l'exécutif, lui, préfère ignorer, est-ce que là, il n'y a pas une forme de concurrence ? Non, parce que le parlementaire, lui,

6:51
Bruno Fuchs

il est libre de faire ce qu'il veut, à titre individuel. Là, on est dans le travail de la Commission. Donc les parlementaires qui travaillent dans ce cadre-là, travaillent pour rendre des propositions portées par la Commission. Donc là, on est complètement dans le cadre de la Constitution. Mais chaque parlementaire, lui, individuellement, peut se déplacer où il veut et avoir effectivement des positions qui... C'est le cas dans l'Assemblée, quand vous discutez, où les groupes d'opposition ont la même vision que le gouvernement sur la façon de traiter la politique étrangère. La Commission, en tant qu'institution, elle, elle doit contribuer à un renforcement de la position française.

7:28
Présentateur

Vous proposez des réunions de préparation conjointes avec le Quai d'Orsay avant les déplacements dits sensibles. Est-ce que ça ne revient pas à demander aux parlementaires de valider leurs agendas auprès du gouvernement ? Ce qui pose évidemment la question de l'indépendance des parlementaires.

7:43
Bruno Fuchs

Non, parce que chacun fait ce qu'il veut quand il veut. Il n'y a pas de... Il est élu, il est légitime pour faire ce qu'il veut. Là, l'idée... Oui, mais vous recommandez quand même cette concertation. Oui, mais sur un certain nombre de sujets stratégiques. Ça n'empêche pas, après, d'être mobile et complètement indépendant sur ce qu'il veut. Personne n'est obligé d'accepter. Ce qu'on fait, l'idée, c'est de mieux coordonner les efforts. Par exemple, quand je vais au Togo cet été et que le Togo vient de signer un traité de coopération militaire dans lequel on a eu le renseignement avec la Russie, vous vous dites pourquoi la France ne le fait pas. Et pourquoi nous, on s'interroge.

Ça a créé quand même un certain nombre d'interrogations en France sur ce traité de coopération militaire. Et quand le président Ford me dit « Mais oui, vous savez, moi, ça fait dix ans que je n'ai pas vu un ministre français au Togo ». Il était très content de me voir parce qu'on n'est pas assez présent sur le terrain. Il y a d'autres pays concurrents de nous. Ça, c'est une donnée nouvelle du contexte. C'est qu'avant, dans cet espace francophone, il y avait une certaine... On était plutôt protégé avant dans cet espace. Et le contexte a complètement changé. Tous les pays sont représentés. L'Afrique est en plein développement.

Il y a beaucoup de concurrences turques, russes, chinoises, américaines, anglaises, italiennes, allemandes, etc. Donc on est en compétition avec tout le monde. Il faut être beaucoup plus présents. Et un ministre ne peut pas aller partout non plus. Donc il a besoin de relais pour occuper des positions et faire valoir les positions françaises et représenter la France à un moment important où la concurrence est devenue totale et parfois même très violente. Vous souhaitez une rationalisation des groupes d'amitié. Qu'est-ce que ça signifie, ça ? Alors ça, c'est le rapport de Pierre Priptich et de Liana Tanguy qui le dit. Ça veut dire qu'aujourd'hui, chaque groupe d'amitié a peu de moyens.

Il n'y a pas de moyens. Le groupe d'amitié, c'est le groupe d'amitié avec des pays. Avec des pays. C'est France-Ukraine, par exemple. Là, le groupe est très, très actif parce qu'il y a une situation critique. Mais il y a France-Albanie, France-États-Unis, France-Chine, etc. Donc, ces groupes-là, ils n'ont pas de moyens pour travailler. Et donc, l'idée, le mot de rationaliser, c'est plutôt essayer de voir comment. Moi, je le fais quasiment tout le temps comme si c'est un pays étrangère.

Quand on traite un sujet, je tente d'associer toujours le groupe d'amitié pour additionner nos moyens et rationner, c'est-à-dire les additionner pour que chacun ne travaille pas dans son sillon, même à l'Assemblée nationale, mais que sur un pays donné ou une problématique donnée, on additionne toutes les forces vives et tous les députés qui s'intéressent à cette problématique. problème de moyens et de les additionner, ces moyens, pour qu'ils soient plus efficaces.

10:25
Présentateur

Vous parlez beaucoup de la commission comme d'un point central, la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, comme d'un point central de cette réflexion sur la diplomatie parlementaire. Mais quand on dit parlementaire, ce ne sont pas que les députés, il y a aussi les sénateurs. Dans votre réflexion, les sénateurs sont-ils inclus ?

10:42
Bruno Fuchs

Oui. Parce qu'ils ont aussi

10:44
Présentateur

leur commission des affaires étrangères.

10:46
Bruno Fuchs

Un petit retour en arrière, juste sur la question précédente. Sur le Sénégal, par exemple, l'exemple que je prenais sur la commission mixte, vous avez le président de la commission des affaires étrangères française et sénégalais et le président du groupe d'amitié. Donc, c'est complètement associé. Donc, c'est ça, la rationalisation. C'est associer toutes les bonnes volontés ou les compétences sur un Sénat et que chacun ne travaille pas dans son sillon.

Sur le Sénat, les choses, déjà, on essaie de travailler et de structurer un peu une démarche, nous, maintenant qu'elle est structurée, la démarche suivante, et votre question est tout à fait bienvenue, c'est justement d'aller voir mon homologue au Sénat pour voir comment, à partir de notre réflexion, voir si au Sénat, il y a une réflexion et comment combiner, bien évidemment, les forces avec le Sénat.

11:29
Présentateur

Vous parlez d'une diplomatie parlementaire qui, jusqu'ici, était dispersée. Est-ce que cette dispersion, selon vous, a nuit aux intérêts de la France ?

11:39
Bruno Fuchs

Je ne pense pas parce qu'elle est nuit, mais dans le contexte actuel de crise quasi permanente et multigéographique, on a besoin de plus de présence. Donc, on a besoin, effectivement, de mieux déployer nos forces et par rapport à d'autres pays, on discutait avant notamment des moyens mis en œuvre sur l'action extérieure, sur les médias extérieurs. Les Allemands mettent plus de moyens, les Britanniques mettent beaucoup plus de moyens sur les médias, donc sur l'influence de la France à travers les médias ou Allemands ou Britanniques. Les Russes mettent plus de moyens sur leur influence.

Donc, en matière de diplomatie, nous aussi, on doit avoir plus de moyens, donc plus de personnes sur le terrain. Autant les coordonner et que chacun ne fasse pas ce qu'il veut quand il veut.

12:24
Présentateur

Vous demandez plus de moyens pour France Média Monde ? Alors, moi, cette réflexion... dont RFI est l'une des composantes.

12:31
Bruno Fuchs

Alors, pas uniquement pour France Média Monde, mais bien sûr pour France Média Monde, mais plus globalement, je demande, est-ce qu'on augmente les moyens de la diplomatie française ? Donc, des moyens Oui, alors attention,

12:42
Présentateur

RFI n'est pas un instrument de la diplomatie française.

12:44
Bruno Fuchs

Et, c'est mon deuxième... Il faut que les choses soient claires. Oui, oui. Vous prenez l'angle sur la question du média et donc des RFI, mais je vous comprends. Moi, je réponds plus globalement, un, sur la diplomatie et la capacité du ministère fratangère d'agir avec plus de force et quand on n'est pas présent sur un terrain, les autres y sont et donc on a, un, moins d'influence, mais aussi on a moins de contrats et l'économie se développe moins bien.

Et deux, sur le volet média, il faut aussi beaucoup plus de présence pour notre influence générale, pour qu'on parle de la France, pour qu'on parle de nos problématiques, pour qu'on fasse passer aussi le modèle de société dans lequel on veut vivre, car on voit bien que le modèle dans lequel on reconnaît le droit, les libertés publiques, la vision multilatérale, donc le droit international aussi, c'est un modèle qui est de plus en plus contesté, même par les États-Unis et l'amitié sur Trump aujourd'hui.

Donc ce modèle-là, on a besoin de voix politiques, diplomatiques, mais aussi médiatiques, parce que les médias, c'est aussi la société civile, c'est les sportifs, c'est aussi les artistes, c'est tous les gens qui procèdent justement de cette influence de la France. Et donc on a besoin de plus de budget pour les cadors, mais aussi pour les médias français. Et je m'arrête un instant

13:54
Présentateur

sur ce point, puisque je disais, RFI n'est pas un instrument de la diplomatie française. Il y a quelques temps, je ne sais plus, c'est un peu plus d'un an, Emmanuel Macron avait provoqué une certaine émotion, notamment dans notre maison, en disant, alors je cite de mémoire, c'était à peu de choses près, quelque chose comme il faut mieux utiliser nos outils de l'audiovisuel extérieur pour notre travail sur la scène internationale. Pour vous, comment vous concevez le rôle de l'audiovisuel extérieur ? Vous êtes attaché à son indépendance ? Ça ne doit pas être un outil diplomatique ? Vous parlez d'un ancien journaliste. Oui, c'est à qui je parle.

14:37
Bruno Fuchs

Mais il y a... Mais un ancien journaliste qui est passé de l'autre côté aujourd'hui. Ça me permet de mieux comprendre d'abord les logiques dans lesquelles travaille un groupe média ou un média public, mais aussi les perceptions que les populations, les pays, les citoyens auxquels vous adressez le perçoivent. Quand vous êtes en Afrique et que vous, RFI ou d'autres médias, critiquent la France parce que l'action de la France peut être critiquable et vous le faites régulièrement, c'est un média indépendant, en Afrique, souvent, on pense RFI, c'est un média national, donc c'est un média d'État.

Il y a une confusion dans la perception du public extérieur, pas en France, sur le fait que RFI ou France Média Monde sont des médias d'État, alors que nous, on le pense comme médias publics, c'est-à-dire d'informations publiques, donc libres et objectifs. Et donc, quand vous interviewez, par exemple, des gens qui parlent contre la France, en Afrique, souvent, les gens disent « Oui, mais la France, par contre, elle-même, donc ça affaiblit la position de la France.

Donc, il faut, d'une part, que le média reste indépendant et peut-être aussi, grâce à un nombre de réflexions éditoriales, intègrent aussi l'impact que peut avoir l'expression sur RFI, sur l'image et les conséquences négatives que ça peut avoir sur la France. Je pense qu'il faut trouver un équilibre un peu savant autour de ça, car en face, quand vous avez RT, par exemple, eux, ils y vont à coups de fausses informations. Voilà, Média Russe, là, ils y vont à coups de fausses informations, avec des budgets qui sont une fois et demie ceux de la France. Et là, ils ne font pas d'informations. Là, ils font de la propagande, voire de la désinformation. Donc, on a ça à tenir en compte.

Je pense qu'il faut qu'on se parle, mais que la prise de conscience et la responsabilité éditoriale doit aussi intégrer l'impact que ça peut avoir sur nos propres perceptions des publics sur la France.

16:39
Présentateur

Le moment est venu, Bruno Fouche, de marquer une respiration musicale dans cette émission. Alors, c'est vous qui avez choisi ce que nous allons écouter. Et je vais un peu raconter les coulisses. Vous y tenez beaucoup, donc vous nous direz pourquoi après. Parce que, pour mettre nos auditeurs dans la confidence, je me demande à mes invités de choisir un morceau. Or, là, il n'arrivait pas, il n'arrivait pas. Donc, j'avais dit, bon, tant pis, on va mettre autre chose. J'avais choisi moi-même une petite suite pour clavier merveilleuse de Handel. Mais votre collaborateur, au dernier moment, a dit, non, non, non, non, il faut absolument ce morceau que nous allons écouter maintenant.

Donc, vous nous direz pourquoi vous y teniez autant. Donc, il s'agit de, le titre, c'est La Clé et l'artiste, le chanteur, c'est Tiacola. Tiacola, La Clé. Alors, donc, voilà, je disais, vous y teniez. Pourquoi vouliez-vous absolument ce morceau ? Mais, parce que La Clé,

18:22
Bruno Fuchs

c'est, je fais confiance. Je donne La Clé de la maison, donc je fais confiance à quelqu'un. Je pense qu'aujourd'hui, le monde tumultueux dans lequel on vit, on a besoin de jeunes qui s'engagent, auxquels on fait confiance. Le monde de demain, c'est le monde que les jeunes feront. Et Tiacola est un jeune très, très talentueux qui a eu une victoire de la musique, qui est franco-congolais, qui va dans son pays régulièrement. Et donc, dans un monde où on voit que les relations internationales sont conflictuelles, qu'on veut fermer les frontières, qu'un certain nombre de pays, de partis politiques ont la préférence nationale.

Et bien là, on a un exemple que pour développer des relations de paix, de confiance, eh bien, il faut des gens binationaux qui se font confiance des deux côtés. L'avenir, c'est les jeunes, c'est la confiance, c'est la paix et la prospérité. Ce n'est pas la guerre, ce n'est pas le manque de confiance. Et donc, moi, comme responsable politique, le mot que j'ai en tête quand je me lève le matin, c'est comment générer de l'espoir. Et c'est de plus en plus difficile dans un monde chaotique. Et donc, avec des artistes comme Tiacola, eh bien, si les jeunes, on leur donne la clé, si on a confiance en eux, eh bien, ils vont construire un monde, j'espère, différent de ce qu'on voit aujourd'hui.

19:34
Présentateur

Merci d'être avec nous. Vous écoutez l'Atelier politique, émission réalisée par Mathias Golchani. Il est l'heure maintenant de faire un point sur l'actualité. On se retrouve dans quelques instants pour la suite de notre émission. L'Atelier politique avec Frédéric Rivière. L'Atelier politique avec Bruno Fuchs, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Nous parlons de la diplomatie parlementaire à l'occasion de ce rapport qui vient d'être adopté par la Commission des Affaires étrangères. On va s'intéresser un instant à la question des ingérences étrangères.

Vous proposez dans ce cadre d'interdire les cadeaux et les invitations au-delà de 150 euros provenant d'acteurs d'influences étrangères. Est-ce que cette mesure vous semble vraiment suffisante pour prévenir des formes, j'allais dire, de séduction qui peuvent être parfois plus sophistiquées, plus subtiles qu'un simple cadeau ?

20:34
Bruno Fuchs

Il y a des cadeaux. Il y a aussi le financement de billets d'avion, de choses comme ça et tout le contexte. Ce n'est pas ça qui va mettre fin à l'influence aux ingérences, mais c'est un marqueur fort d'une prise de conscience. Mais aujourd'hui, les choses sont assez codifiées. Quand vous déplacez, vous déclarez vos déplacements la plupart du temps. C'est ce qu'il faut faire. Après, les codifications sont déjà assez établies. On a des discussions très régulaires avec le déontologue sur chaque action que l'on peut faire. Donc, c'est là un rappel de la prise de conscience qui a un risque.

Il y a un certain nombre de pays qui sont là et qui pourraient essayer d'influencer un nombre de parlementaires. C'est le cas depuis la nuit des temps. Et donc là, c'est un rappel qu'aujourd'hui, on a ces risques-là et c'est un rappel à la responsabilité des parlementaires.

21:22
Présentateur

Est-ce qu'il peut arriver à un parlementaire lors d'un déplacement de s'interroger sur la manière de distinguer ce qui relève de l'hospitalité diplomatique voire d'une certaine chaleur diplomatique de la tentative d'influence ?

21:41
Bruno Fuchs

Oui, bien sûr. Mais c'est vrai que chaque parlementaire doit être responsable de... C'est assez facile à décrypter et savoir si un acte d'hospitalité peut, lorsque vous allez prendre une décision ou faire une prise de parole, influencer votre décision ou votre prise de parole. C'est à vous de savoir si, lorsqu'on est à déjeuner, c'est de nature à modifier votre comportement ou vos positions. Chaque parlementaire doit être conscient de ça et lorsque vous vous préparez à faire de la politique et à être élu, vous avez intégré cette dimension, bien sûr. Vous parlez de culture de la prévention à cet égard. Oui, tout à fait.

Je pense que si vous n'êtes pas préparé et que vous ne pouvez pas démasquer un certain nombre de pratiques desquelles vous pourriez faire l'objet. Donc, il faut se préparer à ça. En fait, des affaires étrangères, en général, vous êtes assez préparés à ce type d'impact et à ce type de tentatives. Ça arrive, que ce soit un groupe industriel, que ce soit chacun, essaye de faire porter sa voix aux parlementaires. Il faut savoir à quel moment vous commencez à être instrumentalisé, vous pouvez être influencé par ça. Mais quand vous avez un sujet à traiter, il est normal de voir les positions de l'ensemble des parties.

Donc, ce n'est pas anormal de voir toutes les parties dans le traitement d'un sujet. La question, c'est à quel moment vous pensez que l'hospitalité ou les approches de certains pourraient avoir une influence sur votre comportement ou vos positions.

23:05
Présentateur

On va parler de la mise en œuvre concrète de cette diplomatie parlementaire. Vous avez évoqué tout à l'heure la mise en place avec le Sénégal d'une commission mixte de travail. Vous envisagez le même dispositif avec le Maroc ou la République démocratique du Congo. Comment vous choisissez les pays et pourquoi vous les choisissez ?

23:24
Bruno Fuchs

Lorsqu'il y a une valeur ajoutée à porter avec la RDC, c'est une mission très ponctuelle. La Chine, par exemple, a eu un traité de coopération économique avec la RDC. La France n'en a pas. Chaque fois que vous avez un RDC, les responsables politiques ou économiques vous disent qu'on a besoin de plus de France. On attend la France, on attend les industriels français. On va envoyer deux parlementaires français et deux parlementaires congolais pour écrire ou préparer un traité de coopération économique que l'on apportera après à nos exécutifs. Vous parliez de complémentarité ou d'être dans le sillage de la politique française.

Typiquement, on va contribuer à l'écriture de ce traité et ce traité ensuite sera proposé aux exécutifs pour qu'ils le finalisent et le signent. C'est une contribution justement à l'influence de la France. Avec le Maroc, on va faire un traité d'amitié dans les nouvelles relations avec le Maroc et on va avoir dans la demande à ce qu'on ait une contribution de parlementaires qui puissent apporter une valeur ajoutée de représentation des citoyens au traité d'amitié entre la France et le Maroc.

On parle d'Afrique mais en Europe surtout, on met beaucoup d'énergie et d'efforts en Europe pour essayer de faire de l'Europe une grande puissance pour nous défendre et assurer notre souveraineté et assurer la paix en Europe qui est menacée. Et donc, on travaille beaucoup avec l'Europe. J'ai créé la conférence des présidents des commissions des affaires étrangères de l'Union européenne pour qu'on puisse en permanence échanger, parler et harmoniser des positions et travailler sur un renforcement de la puissance de l'Europe.

Quand il y a un conflit, par exemple, en Europe entre la Serbie et le Kosovo aujourd'hui qui fait qu'on ne peut pas harmoniser l'Europe tant qu'il y a des conflits même s'ils sont localisés, eh bien, on a envoyé une mission de parlementaires pour Français, ils étaient quatre, pour voir comment on peut accompagner les deux pays et une meilleure reconnaissance de leur situation.

25:19
Présentateur

Vous parliez du Maroc, Bruno Fuchs, difficile de ne pas évoquer l'Algérie. La diplomatie parlementaire pourrait-elle contribuer à l'amélioration des relations entre nos deux pays ? Vous dites que les parlementaires peuvent maintenir des échanges politiques lorsque les relations exécutives sont contraintes. C'est un mot pudique. Enfin, bon, on pourrait dire dégradées, voire très dégradées parfois.

25:39
Bruno Fuchs

Oui, ou quasi inexistantes. Il y a eu des phases avec l'Algérie dont vous parlez où ça a été le cas. On n'en est pas loin. On ne se parlait plus. On n'en est pas loin.

25:48
Présentateur

Ça reprend apparemment sur le renseignement.

25:51
Bruno Fuchs

Il faut regarder après dans la durée. Il y a eu des hauts et des bas. Donc, il faut être prudent sur la reprise, même si on la souhaite. Mais alors, sur l'Algérie. Je n'ai jamais arrêté de parler à mes homologues algériens pendant toute cette période. On a essayé de faire influencer un certain nombre de Français ici ou d'Algériens sur place parce que quand vous avez un discours anti-algérien en France, vous avez un discours anti-français en Algérie. Quand vous avez un discours qui montre que l'intérêt de la France et de l'Algérie est de développer des coopérations, ne serait-ce que pour des raisons économiques. La France a perdu 25% de ses exportations en 2025. Ce n'est pas par hasard.

Ça a des conséquences économiques pour tout le monde et pour tous les Français. Ça a des équilibres à balance commerciale et donc les richesses en France. Ce n'est pas... Donc, tout est lié. Donc, moi, j'ai continué à discuter en permanence et on continue de le faire avec mes homologues. Si j'ai pris la clé de Tiacola, c'est qu'il faut justement...

26:47
Présentateur

Je rappelle que c'est la musique parce que ce n'est pas forcément à l'écrire de tout le monde. Oui, la musique, on a entendu tout à l'heure. Voilà le chanteur.

26:52
Bruno Fuchs

C'est le type où on se fait confiance et c'est un chanteur congolais né à Bondy en France et qui fait le lien entre les deux pays. On a besoin justement de personnes qui font le lien entre deux pays. Quand on se fait confiance dans les deux pays, on a de la paix, on n'a pas de conflit et on a plus de richesse pour les habitants. Donc, avec l'Algérie, c'est ce qu'il faut arriver. À un certain nombre d'acteurs, notamment des parlementaires mais d'autres aussi, qui contribuent à renforcer la relation entre les deux pays pour créer et de la paix et de la richesse. Il y a quand même 6 millions de franco-algériens ou de biculturels, comme je les appelle.

C'est un peu pas très précis comme terminologie mais pour montrer que ce sont des gens qui vivent des deux côtés de la Méditerranée. C'est un peuple entier et ces gens-là, ils n'ont pas du tout envie de se fâcher. Ils sont bien en Algérie, ils sont bien en France et les familles sont des deux côtés.

27:43
Présentateur

Vous l'avez dit, vous êtes à l'initiative d'une conférence européenne des présidents de commission des affaires étrangères, vos alter-égos en Europe. Quel est son statut exact ? Qu'est-ce qu'il fait ? Il délibère, il recommande, il coordonne ? Il n'y a pas de statut. C'est informel alors ?

28:01
Bruno Fuchs

Oui, on n'a pas créé un statut. On a créé une façon de se rencontrer pour échanger nos positions et pour travailler. On le fera à Bruxelles au mois d'avril prochain sur les priorités. Il y a un agenda, il y a des réunions régulières programmées. On est en train de le s'initier qu'on a lancé. On s'est réunis une fois dans la prochaine réunion. On va créer justement les deux ou trois priorités de notre action et ensuite les moyens qu'on va mettre en œuvre pour arriver à nos fins. On va travailler sur la question de la vision du système multilatéral de gouvernance du monde. On voit bien qu'il est menacé complètement, droit international.

On va travailler certainement sur comment faire de l'Europe une superpuissance, une puissance forte qui garantit notre souveraineté, la paix et les intérêts des Européens. Et puis, bien sûr, la question de l'Ukraine et de la guerre avec la Russie pour voir comment on peut contribuer. Est-ce que ça ne serait pas

28:58
Présentateur

le travail des parlementaires européens, ça ?

29:00
Bruno Fuchs

Oui, mais on voit bien que chaque pays a sa propre approche. Chaque parlement prend des décisions. Quand vous avez un parlement hongrois, il prend des décisions contraires ou slovaques aujourd'hui à l'intérêt ou à la majorité des autres pays européens. Donc la question se joue, bien sûr, à l'échelle du Parlement européen, mais beaucoup, beaucoup à l'échelle des pays car aujourd'hui, dans la plupart des pays, vous avez une volonté de souveraineté et vous ne voulez pas que le pays se dissolve dans l'Europe. C'est l'idée de l'Europe fédérale. Bon, pour moi, c'est l'idée qui défendrait le mieux nos intérêts.

Je pense qu'il faut, aujourd'hui, ce n'est pas l'idée qui prévaut dans l'espace européen.

29:45
Présentateur

Dernière question, Bruno Fuchs, parce que je voudrais qu'on se garde un petit peu de temps pour évoquer la situation politique très particulière que nous connaissons en France. Mais la suppression du corps diplomatique en 2022 par Emmanuel Macron était-elle, selon vous, une erreur ? Je voudrais vous citer ce que disait Gérard Haro, l'ancien ambassadeur de France, notamment aux États-Unis, au moment de la suppression, donc en 2022. Je le cite, « La France sera donc le seul grand pays occidental sans diplomate professionnel. Une histoire de plusieurs siècles s'achève ainsi. La porte est désormais ouverte aux nominations à l'américaine. »

30:18
Bruno Fuchs

C'est une situation compliquée parce que vous avez des contre-exemples des deux côtés. Vous avez des ambassadeurs de formation qui ont suivi la formation académique, qui n'ont pas un rôle d'influence ou de contact très fort dans un pays. À l'inverse, il y a des gens qui n'ont pas fait ce cursus et qui performent là où ils sont, à la place où ils sont. À l'inverse, c'est difficile d'avoir... Quand vous êtes diplomate, forcément, vous contestez la décision du président. Mais je pense qu'il faut, pour avoir déplacé beaucoup aussi, des profils de gens qui sont capables de développer des relations économiques, culturelles et qui sont peut-être plus mobiles que certains autres.

Mais il n'y a pas de règles en la matière. Ça dépend de la formation. Ça dépend de... Voilà. Si c'est pour faire des nominations à l'américaine, on n'en est pas encore là. Effectivement, il y a un risque. Aux États-Unis, ce n'est pas le cas. Aux États-Unis, on rend service aux gens qui vous ont aidés. Ce n'est pas le cas en France où les conditions de financement des campagnes et de la vie politique sont très très codifiées. On a des exemples d'ambassadeurs américains qui sont là pour services rendus et effectivement pour développer l'intérêt souvent de l'administration ou d'un membre de l'administration. Donc, non, il n'y a pas de règles.

Moi, je pense que c'est bien de donner un peu de métissage dans un système.

31:50
Présentateur

Je voudrais, je le disais, qu'on évoque le climat politique en France qui connaît une tension paroxystique depuis les événements de Lyon au cours desquels Quentin de Ranck a été lynché à mort. de nombreux élus de nombreux élus de droite, notamment, dénoncent une responsabilité morale de LFI parce que deux collaborateurs parlementaires du député LFI, Raphaël Arnaud, sont directement impliqués. Il existe une sorte de tension française assez profonde au fond entre deux héritages républicains. Celui qui affirme que toutes les idées se combattent par les idées et celui qui dit que certaines idées sont par nature inaudibles.

Le lynchage à mort de Quentin de Ranck n'incline-t-il pas à penser que l'héritage le plus radical prend le dessus ?

32:39
Bruno Fuchs

Oui, il y a une inquiétude forte à avoir sur la radicalisation pas seulement des pensées, de l'idéologie, des principes, mais aussi des modes d'action. Quand on voit que LFI ne condamne pas la jeune garde et au contraire sont plutôt une mensuétude vis-à-vis de cette organisation qui a été dissoute mais qui visuellement continue d'exister dans la réalité. Oui,

33:03
Présentateur

on dit même à LFI qu'on est très fiers d'avoir Raphaël Arnaud parmi ses députés.

33:08
Bruno Fuchs

Eh bien, si vous faites ça et que vous... On voit bien les propos de Jean-Luc Mélenchon. Maintenant, il choisit ses journalistes, etc. Donc, on s'éloigne de plus en plus des principes républicains ou démocratiques. Vous avez Mathilde Panot qui dit que par tous les moyens, elle empêchera l'arrivée du RN légalement par les urnes. Ça veut dire que c'est la force et la violence avant l'accès. Donc, on est dans un monde de violence, un monde qui n'est plus démocratique, qui ne reconnaît plus les règles de la République et à l'extrême droite. Vous avez l'équivalent.

Donc, si on laisse, comme on le voit dans le monde, proliférer et prospérer les actes délictueux de violence, eh bien, on a du souci à se faire. Donc, ça veut dire aussi, peut-être juste rapidement, ça veut dire aussi que ça donne plus de responsabilité à l'espace, on va dire, central du bloc républicain de mieux exprimer. Les risques sont très forts que les dérives apparaissent de plus en plus massivement pour que cet espace-là, au plus vite et au plus fort, s'engage sur les règles démocratiques et républicaines.

34:17
Présentateur

Quand vous dites à l'extrême droite que vous avez l'équivalent, il faut bien reconnaître que Marine Le Pen ou Jordan Bardella n'ont jamais dit qu'ils n'admettraient pas la victoire par les urnes de Jean-Luc Mélenchon. Non, cette phrase-là, elle n'a pas d'équivalent. Non, mais c'est vous qui l'avez cité. Donc, quand vous dites l'équivalent...

34:35
Bruno Fuchs

On parle de groupe, de groupe d'extrême droite. Vous parliez des groupes qui sont capables d'utiliser la violence très fortement. Dans cette phrase-là, elle n'a pas d'équivalent dans la politique française. Et donc, on rencontre des éclaircissements.

34:48
Présentateur

Vous avez créé à Mulhouse un Parlement citoyen où 150 habitants tirés au sort, alors d'ailleurs, on va s'arrêter un instant sur tirés au sort, mais qui travaillent donc directement sur des textes législatifs. Est-ce que vous pensez que des initiatives comme celle-là peuvent changer quelque chose, peuvent réduire cette fracture qu'on est en train de constater ? Il faudrait beaucoup comme celle-là. C'est tiré au sort. C'est-à-dire, je reçois, j'habite Mulhouse, je reçois, on me dit, voilà, vous avez été tiré au sort. Et j'ai le choix de dire j'accepte ou je n'accepte pas. Oui, bien sûr. Ce n'est pas comme quand on est convoqué au tribunal. Non, non, non.

35:24
Bruno Fuchs

En gros, on a tiré 500 personnes pour en avoir 150. Il y en a un sur trois à peu près parce qu'il faut une représentation géographique, une représentation également paritaire, en tout cas, homme-femme. Voilà. Et puis, il y a une petite partie quand même qui a été cooptée des gens qui sont déjà dans la vie publique, des syndicalistes ou des présidents d'associations pour quand même donner un peu de liant et de capacité d'agir.

35:47
Présentateur

Alors, vous pensez que ce genre d'instance permet de réduire les tensions, de se parler,

35:57
Bruno Fuchs

de se parler, j'espère,

35:58
Présentateur

oui,

35:58
Bruno Fuchs

c'est un minimum. Par exemple, ce Parlement, il vote les mêmes voies ou dispositions de lois, pas toutes les lois parce que c'est complexe, de lois que moi, je vais voter 10 ou 15 jours après. Donc, il se met dans la vie d'un parlementaire, il voit la complexité et il s'intéresse aux problématiques. Et naturellement, spontanément, en tout cas, ce Parlement, a créé trois commissions spécifiques, spéciales, comme un Parlement. Une commission sur la fin de vie avec des gens qui, donc, deux mois avant, n'avaient rien demandé. Ils ont été tirés au sort. Ils se retrouvent à proposer et à rentrer dans une commission spéciale sur la loi sur la fin de vie où ils ont travaillé pendant trois mois.

Ils ont fait des propositions, huit amendements que moi, j'ai porté comme leur amendement dans le texte et dans le débat, lors du débat sur la fin de vie. Ils ont créé une commission là, récemment, sur le bénévolat en France. Comment on renforce l'idée du bénévolat et donc de l'intérêt qu'on porte à l'espace public et au bien commun qui, aujourd'hui, on voit de plus en plus vieux, moins de jeunes qui s'engagent là-dedans. Voilà, des problématiques citoyennes et donc ils s'engagent. Et moi, c'est ce qui m'intéresse, c'est ça, c'est que les gens s'engagent. Il ne peut pas y avoir que les ministres, que les parlementaires.

tous les Françaises et les Français doivent s'engager sur la vie, la société qu'ils veulent pour l'avenir et préserver, on parle des violences là, préserver nos acquis républicains, nos acquis démocratiques et s'engager pour que la violence et pourquoi pas la guerre après parce qu'on voit bien la guerre civile, elle peut arriver très vite si on a des groupes des deux côtés, extrême droite, extrême gauche qui se font la guerre, qui se chassent. Si vous avez le RN qui arrive au pouvoir, vous savez très bien que dans la rue, vous allez avoir des dizaines de manifestations et des mouvements très violents pour contester l'arrivée du RN au pouvoir fait par l'extrême gauche.

C'est clairement ce qui est en train de s'établir.

37:45
Présentateur

Et c'est un moyen de pression politique, cette menace de la violence ?

37:49
Bruno Fuchs

C'est un moyen de prise de responsabilité beaucoup plus forte des responsables républicains et démocrates qui ont toujours pensé que le système démocratique et la République telle que la France l'avait conçu décennie après décennie était quelque chose d'un bien partagé. Aujourd'hui, on s'aperçoit qu'il est menacé de l'intérieur, pas uniquement par des systèmes autoritaires, des systèmes illibéraux qui influent sur la politique française, mais également de l'intérieur ou de l'intérieur, nos grands principes sont menacés.

Et quand vous avez, on verra très vite au moment de l'élection présidentielle, si vous avez deux ou trois candidats du centre, ça veut dire que ces candidats n'auront pas pris leurs responsabilités et donneront la possibilité aux extrêmes de l'emporter.

38:38
Présentateur

Dernière question très rapide, est-ce que le débat démocratique ne doit exclure personne, quels que soient les antagonismes politiques ?

38:43
Bruno Fuchs

Non, il n'exclut personne, il doit permettre à chacun d'exprimer ses idées, mais on les exprime devant le micro, dans une salle, à l'Assemblée, avec une distance suffisante pour ne pas très vite menacer ou utiliser la violence comme autre moyen d'expression. Les limites sont là. Merci Bruno Fuchs,

39:05
Présentateur

merci d'être passé à l'atelier politique. Cette émission est à retrouver sur le site internet de RFI ou sur l'application Pure Radio. Bonne soirée, à la semaine prochaine.