Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewAssemblée nationale (sur YouTube)· 9 avril 2025 168 min

🔴 Audition de Dominique de Villepin sur la situation internationale

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

euh produit pour euh expliquer notre déplacement euh à Washington dans le contexte actuel. C'est une mission de la commission des affaires étrangères et plus globalement, on aura l'occasion de de parler un petit peu des actions de diplomatie parlementaire que l'on a mené cette semaine au-delà des États-Unis. On a été très acteur, en tout cas la commission a été très acteur sur le désescalade qu'on a pu noter avec l'Algérie notamment.

Nous avons agi à plusieurs reprises et sur plusieurs niveaux. Nous avons une mission actuellement au Kosovo. J'ai rencontré le président nationale du Montenegro et puis hier une délégation avec le ministre du commerce extérieur du Yémen et puis la ministre d'affaires étrangères des Émirats arabes unis.

Des questions que l'on pourra bien sûr évoquer en marge du rapport sur notre déplacement à Washington. Aujourd'hui, mes chers collègues, nous avons le plaisir de recevoir monsieur Dominique de Villepin, ancien premier ministre de 2005 à 2007, ancien minis affaires étrangères de 2002 à 2004 et auparavant secrétaire général de la présidence de la République auprès de Jacques Chirac pour recueillir son analyse sur la situation internationale particulièrement trouble que nous connaissons aujourd'hui. Monsieur le premier ministre, je vous souhaite la bienvenue dans cette commission que vous avez fréquenté jadis lorsque vous occupiez vos fonctions au K d'Orset.

Et je vous remercie également d'avoir attendu l'avant-veille de votre audition à la commission pour rendre publique un opuscule, une réflexion en tout cas que l'on peut aujourd'hui se procurer et lire en en open source qui s'intitule le pouvoir de dire non. Pouvoir de dire non, c'est un peu votre marqueur politique depuis 2003, depuis votre intervention à l'ONU. Nous vivons une époque charnière traversée par des fractures profondes que l'on peine encore à nommer le monde vaille sous le poids de ses propres excès surxploitation des ressources, dérèglement climatiques, instabilité géopolitique, fatigue démocratique, perte de sens collectif.

Ce que nous affrontons n'est pas une simple crise, c'est une mutation historique, une bascule d'époque. Nous sommes pris dans une accélération prodigieuse de l'histoire, un tel un train fou lancé à pleine vitesse dont les passagers ne peuvent plus descendre. Voici les premières lignes de votre réflexion, celle que vous avez rendu publique donc lundi 7 avril et vous poursuivez.

Ce texte est une est né d'une nécessité, celle de comprendre ce basculement, de déchiffrer les forces à l'œuvre, d'interroger les logiques qui redessent notre avenir sans toujours dire leur nom. Il est né d'une intuition. Le trumpisme n'est pas la maladie du monde.

C'est un symptôme ou le symptôme et l'excès d'attention qu'il réclame et reçoit nous détourne de nos mots essentiels. Voilà quelques phrases en tout cas qui marquent le début de votre réflexion. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui nous attendons avec beaucoup d'impatience sur ces questions-là.

L'idée de progrès s'effrite, les promesses de la modernité se dérob et l'ordre international issu des révolutions démocratiques semble perdre sa boussole face au vertiges de l'histoire. Il nous reste un levier fondamental, notre esprit de résistance et la force du refus. Encore une ou deux phrases pour ceux qui n'auraient pas encore lu, ce pouvoir inaltérable de dire non. non par repli ou nostalgie, mais pour rester fidèle à nous-mêmes et rouvrir le champ des possibles.

Mais pour cela, il faut se donner méthodiquement, progressivement les moyens de dire non. Nous sommes très heureux donc d'avoir l'opportunité de poursuivre ces réflexions avec vous ce matin. Vous avez aussi porté haut nos valeurs devant les instances de la communauté internationale.

Un moment où comme aujourd'hui l'une des surpuissances souhaitait faire primer sa vision et sa loi sur le multilatéralisme depuis vos prises de position récentes ne laissent personne indifférent. Certains vous accusent de jouer au provocateur à dessin d'autres encore d'être passé dans le clan de la gauche. Dans le camp de la gauche, pardon.

C'est je ne retenez pas ça. C'est pas c'est pas l'essentiel de ce que j'ai dit et je ne pensais pas je veux dire quand. Voilà, c'est une contraction de de deux mots.

Avec le retour de Donald Trump dans le bureau Val, c'est l'ordre international tout entier qui est renversé. La vision d'un monde libre, respectueux du droit et attaché aux libertés publiques se trouble et nous laisse dans l'obscurité d'une boussole que nos propres valeurs. Ce matin, nous attendons de vous. vous puissiez donc nous dire comment vous voyez l'évolution des grands conflits dans le monde, comment dire non d'abord au projet funest du président Trump pour ce qui concerne le conflit en Ukraine que vous inspire le processus en cours de sortie de crise et ce qui sait par l'administration américaine peut-on réellement espérer une issue de paix durable et à quelles conditions pour l'Europe de même comment interprétez-vous l'enlisement de la crise multidimensionnelle qui affecte Gaza un plan qui garantisse la sécurité d'Israël, la souveraineté du peuple palestinien est-il possible ?

À quelles conditions ? Pensez-vous également que le nouveau pouvoir en Syrie empreinte un chemin encourageant ? S'agissant de l'Afrique, continent que vous connaissez bien, nous regrettons que la France n'est pas suffisamment anticipée, que son implantation devait y prendre des formes nouvelles.

Estimez-vous possible de rebâtir une relation forte avec ce continent attaché à notre histoire et faisant indéfectiblement partie de notre avenir ? Et puis, monsieur le premier ministre, il y a toute la réflexion autour de l'avenir de notre monde, l'avenir de notre démocratie. Comment dire non à la course folle vers la violence dans laquelle sont engagées les grandes puissances et la question de la prolifération nucléaire ?

Comment abordez-vous la question des ressources du climat ? Vous en avez parlé dans votre réflexion. Comment voyez-vous la nouvelle géopolitique mondiale, le rôle de la Chine, la montée des impérialismes et puis bien sûr l'avenir de l'Europe ?

Notre continent semble encore le seul à pouvoir assumer une vision multilatérale, le respect de l'état de droit et des libertés publiques. Sommes-nous en mesure de maintenir un espace commun où la force de l'arbitraire ne font pas la loi ? Je vous laisse à présent la parole avant que les orateurs des groupes politiques puis les collègues à titre individuel s'expriment et vous interrogent.

Vous aurez après une quinzaine de minutes une interrogation de chacun des portees-paroles des groupes pour 2 minutes 30 et vous répondrez à chaque fois. euh à chaque porte-parole avant dans un 3è temps que chacun à titre individuel sur une durée d'une minute puisse vous interroger donc sur des sujets peut-être plus pointus et plus ciblés. Monsieur le Premier ministre, c'est à vous.

Je vous laisse la parole. Merci monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, merci de m'accueillir. Je vais essayer dans une courte introduction de de présenter, tel que je le vois, les quelques grands enjeux auquels nous sommes confrontés aujourd'hui, à commencer par la nouvelle équation stratégique du monde, une équation impériale profondément renouvelée par le retournement de l'administration Trump et donc le basculement de l'Amérique euh dans les derniers mois.

Je voudrais partir de ce qui je crois fonde ce basculement du monde qui est l'épuisement du modèle mondial, l'épuisement des ressources de notre monde et l'épuisement, une forme de désenchantement aussi de notre modernité qui se manifeste par les promesses non tenues de ce modèle ancien. qu'il s'agisse de la croissance, qu'il s'agisse de la mondialisation, qu'il s'agisse de la centralité de la puissance militaire ou encore de la foi dans le progrès technologique ou la foi dans la démocratie libérale. Autant de désaffection qui aujourd'hui explique le profond changement du monde.

Tous ces piliers sont ébranlés et nous voyons donc le retour des formes impériales a commencé par le modèle américain qui surprend beaucoup et qui renouvelle une fois de plus la puissance le jeu de la puissance internationale. C'est un impérialisme qui combine des choses curieuses, étranges même, à la fois l'instinct, la volonté de mouvement, la volonté de domination, une capacité à marier la sidération, le chaos, une volonté de soumission de l'ordre international. C'est donc à la fois un révisionnisme de l'ordre mondial, un illimitisme et c'est un point central, c'est qu'il n'y a plus euh de limite dans un monde qui lui-même est de plus en plus limité.

Et on voit là le paradoxe et la contradiction. D'où la violence de l'offensive américaine. C'est aussi, on le mesure tous les jours, un unilatéralisme et bien sûr un technologisme parce qu'il se double de cette composance de cette composante euh technologique qui en change profondément la nature.

Alors, il y a à côté de cela des modèles alternatifs impériaux. On le voit avec la Chine qui est d'abord un empire du contrôle. C'est donc un empire d'une autre nature et on le voit bien sûr avec le modèle impérial russe qui lui reprend les codes de son histoire et en quelque sorte s'inscrit dans une très longue durée.

Alors pour la France et pour l'Europe, c'est un contexte de risque nombreux et je crois qu'il faut vraiment les évaluer pour pouvoir mesurer à quel point nous sommes aujourd'hui dans une situation nouvelle. Le premier risque, c'est celui de la fragmentation de l'ordre international qui est d'autant plus grand que le droit est contourné, la souveraineté est instrumentalisée, les forums multilat multilatéraux paralysés et il en résulte donc une destruction de l'ordre multilatéral traditionnel à commencer par la mise en panne du système onusien. Le deuxième risque, c'est celui de la banalisation de la guerre, de son extension. l'extension y compris de sa nature qui résulte de l'avènement de la guerre hybride économique cognitive qui devient un mode ordinaire de gestion de la puissance avec un effacement des seuils de conflictualité et c'est cette marche vers la guerre hybride globale totale et bien tous les jours on voit qu'elle fait des pas plus importants.

Le troisème risque c'est celui de la prolifération nucléaire. qui a été considérablement accru par la crise ukrainienne puisque la perception d'un manque de crédibilité des garanti de sécurité qui ont été offertes par le mémorandum de 1994 peut bien sûr inciter un certain nombre de puissances dans la planète à chercher la dissuasion par leur propre moyens. C'est donc en matière de prolifération horizontale un pas en avant considérable.

Le 4è risque, il faut malheureusement en reparler, c'est la résurgence d'un terrorisme structurel ou conjoncturel. Dans un monde disloqué, les marges deviennent des foyers d'opportunisme violents, qu'il s'agisse d'acteurs non étatique ou semi-étque. Euh le terrorisme, loin d'avoir disparu, change de forme toujours.

Il est à la fois plus diffus, plus stratégique, parfois même adossé à des logiques étatiques indirectes. Il faut donc là aussi parer à à tous les toutes ces menaces qui s'accumulent. Dernier élément, c'est le risque de voir un effacement progressif de la démocratie telle que nous la considérons qui est miné par la question identitaire et ne vous a pas échappé en regardant l'évolution du modèle américain que la question identitaire a été la clé du triomphe de Donald Trump.

C'est en appuyant sur la question identitaire. certainement pas en promettant des politiques publiques raisonnées, c'est en promettant d'agir sur cette question identitaire, tout en prétendant régler la guerre culturelle auquelle faisait face les États-Unis depuis déjà un certain nombre d'années. Mais cette instrumentalisation de l'identité conduit inévitablement à un nouveau risque pour nos modèles démocratiques. le risque d'une gouvernance sans citoyenneté, d'un pouvoir réduit à une représentation contestée et d'un dial et d'un dialogue public fragilisé par la fatigue civique.

Dans cette nouvelle logique impériale, il y a une question qui se pose immédiatement pour nous, c'est la question du commerce international. Donc je l'aborderai en priorité avec déjà les débuts d'une escalade, on le voit en ce qui concerne la Chine qui a choisi de répondre avec vigueur rendant coup pour coup aux hausses américaines. Nous sommes maintenant à des taux de droits de douane de 104 % pour la Chine et se pose donc la question de savoir ce que nous allons faire nous-mêmes.

L'Union européenne a choisi la patience. Elle doit être capable de mobiliser tous les outils qui sont les siens et ils sont nombreux qu'ils soient de l'ordre tarifaire ou non tarifaire qu'il s'agisse des services financiers ou des services numériques. Et il y a par ailleurs le fameux instrument anticoercition qui s'ajoute à la panoplie des des différents outils possibles.

La stratégie de la RIP poste graduée me paraît, c'est ma conviction, la plus adéquate dans la mesure où nous savons que la hausse des droits de douane impacte au premier chef les consommateurs. C'est donc les consommateurs américains qui vont être les premiers touchés par les décisions de Donald Trump. Et dans la ROST que nous pourrions engager, ce sont les consommateurs européens qui seront les plus touchés, même s'ils seront moins touchés que ne le seraient également les consommateurs américains.

Donc nous avons euh n'avons pas intérêt à rentrer dans une escalade où nous serions perdants. Je crois que une nouvelle fois, comme le fait la culture européenne s'inspirant d'Ulis contre Achil, la ruse paraît plus adaptée et nous avons un certain nombre de dispositifs, je pense en particulier à ce dispositif avancé par un certain nombre d'experts concernant l'Union européenne qui pourrait écarter les entreprises américaines de ces offres publiques qui nous préservent de cette logique d'escalade et d'engrenage. La gradation de notre réponse devrait prendre en compte la différenciation des différentes hausses.

Il y a une première hausse qui est la hausse universelle de 10 % qui a pour but de réduire l'impôt aux États-Unis. Il y a une deuxième tranche, les 20 % qui nous concernent, les 34 % qui concernent les Chinois qui eux ont pour but de réindustrialiser les États-Unis. C'est la partie qu'il faut prendre le plus au sérieux et qu'il faut traiter la plus directement.

Mais il y a une troisème tranche qui est celle qui vise pour les États-Unis à réduire euh leur déficit commercial et qui a pour but aussi d'entraîner la baisse du dollar, la baisse des prix du pétrole et de rendre donc l'économie américaine plus compétitive. Dans ce domaine, on voit bien à quel point il est important que la coordination et l'unité des Européens soient défendue. Madame Mélonie sera aux États-Unis dans les prochains jours.

Rien ne serait pire que de voir les Européens négocier en ordre dispersé. Ce qui permettrait évidemment aux Américains de diviser les Européens à bon compte, sachant que les positions sont assez différentes selon qu'on est allemand, français ou italien et qu'il y a donc de la marge pour les Américains à jouer entre les uns et les autres. Le deuxième enjeu stratégique pour l'Europe aujourd'hui, c'est l'enjeu de la nouvelle architecture de sécurité et de défense dans un contexte où l'héritage français nous place dans une position presque idéale à la suite des décisions du général de Gaulle puisque c'est une situation d'indépendance et de à disposition d'outils, d'instruments à commencer par la force de dissuasion qui nous place dans une bonne position.

Je tiens de ce point de vue à saluer euh à la fois l'intuition et la ligne défendue par le président de la République concernant la défense d'une autonomie stratégique européenne. Je crois que c'est la bonne ligne. Aujourd'hui, les Européens commencent à comprendre la nécessité d'avancer dans ce sens et donc il importe d'être capable d'ouvrir deux chapitres complémentaires avec beaucoup de prudence et beaucoup de mesures. premier chapitre sur la une réflexion sur l'extension de notre protection nucléaire mais qui bien évidemment passe par une réflexion sur les intérêts vitaux mais qui ne doit pas modifier notre capacité à décider seul de l'emploi de la force.

Deuxème chapitre c'est une nouvelle politique de défense européenne. J'évoque rapidement deux points. C'est le premier point celui sur les opérations compte tenu du fait qu'il faut œuvrer à deux niveaux d'interopérabilité.

Le premier niveau de base, c'est celui entre les Européens et l'Alliance. Le deuxième niveau, c'est entre le pilier européen et les États-Unis avec la constitution d'une avant-garde européen. Car on voit bien que ce n'est qu'à quelques-uns qu'on pourra véritablement doter l'Europe d'un moteur crédible dans ce domaine avec le Royaume-Uni, avec d'autres pays en dehors de l'Union européenne, la Turquie ou la Norvège.

Deuxème dimension, c'est en matière d'équipement où nous devons être capable d'effectuer un partage du fardeau avec de grands choix collectifs. Je pense en particulier aux priorités dans le domaine du réarmement, la défense antiaérienne, les capacités aéronautiques, les capacités en matière de reconnaissance et de communication satellitaire. Donc on voit bien qui nous devons être capable de définir des projets et d'être crédible dans la mise en œuvre de ces projets.

Au-delà de ces différents enjeux, il y a je crois quatre principes qui doivent nous guider nous français dans la conduite de notre politique étrangère. Le premier principe, c'est un principe de continuité. Nous sommes dans un monde de sidération, d'efroid, de chaos.

Nous avons nous avons pu voir à quel point dans les dernières années le fait d'osciler, le fait de vouloir tantôt jouer une carte, tantôt une autre, lasse un peu nos partenaires comme nos adversaires et créent un trouble. Nous devons donc avoir de la constance et de la durée dans notre vision. C'est l'enjeu face à Donald Trump. euh on ne fait d'une manière générale souvent que réagir alors qu'il faudrait poser poser un cadre et définir des stratégies le plus possible avec les Européens.

De la même façon, il faut de la continuité, de l'engagement dans la gestion des crises. On on le voit à Gaza. Là aussi, nous avons adopté plusieurs tons, plusieurs stratégies.

Nous ne pouvons pas avoir sur des crises aussi graves un intérêt à éclipse qui alterne entre compassion, engagement et indifférence. Nous devons là aussi, si l'on veut être efficace et peser véritablement être cohérent dans notre engagement. Troisièmement, il faut de la continuité dans la vision et les objectifs sur l'Ukraine.

Depuis 3 mois, on évoquait régulièrement l'idée d'un déploiement de troupe au sol, d'un réarmement d'une économie de guerre. Tout ça paraît déjà quasiment des choses antiques dans le contexte de la nouvelle équation sur l'offensive commerciale américaine. Donc là encore, ne lâchons pas les fils que nous estimons devoir tenir.

Il faut de la cohérence et de la continuité. Le deuxième principe c'est celui d'unité. Il n'y a pas de politique étrangère sans l'unité du pays.

Et je vois avec inquiétude que le golo mitérerando shirakisme a malheureusement volé en éclat depuis 2007 pour laisser place à des séquences clignotantes et souvent un désaveux de notre diplomatie. En 2003, le message de la France était un message collectif multilatéral. Il faut garder les fondamentaux qui sont les nôtres.

Et de même au niveau européen, il faut chercher à embarquer tout le monde. On a bien vu qu'en cherchant à jouer les uns contre les autres ou à privilégier les uns et les autres, au bout du compte, nous étions perdants. 3è principe fondamental, défendre notre souveraineté française et européenne en nous donnant les moyens sur le plan sécuritaire, économique et technologique de faire face aux nouveaux empires.

Quatrièmement, fidèle à notre exigence de défense de l'ordre international fondé sur les piliers de l'humanisme, de l'universalisme, du multilatéralisme contre les tentations qui sont devant nous, nous devons véritablement nous mobiliser pour revoir l'ordre de 1945, l'ordre de 91 qui se sont effondrés et il est dommage que la France n'ait pas pris le leadership de cette recomposition, de cette restructuration de l'ordre mondial. C'était, j'allais dire dans l'ordre des choses. C'était écrit, c'était fait pour c'était fait pour nous et c'était fait pour l'Europe.

Sachant que la France et l'Europe sont prises en étau entre la Chine et les États-Unis et que nous avons intérêt à redessiner cet ordre mondial en n'oubliant pas que dans ce contexte, le vivier, les partenaires privilégiés avec lesquels nous devons travailler, c'est bien sûr le sud global. On a beaucoup glosé sur l'existence ou la non existence de ce sud global. Ce sud global, on va le voir de plus en plus, il existe et l'Europe avec ce sud global doivent devenir les piliers d'un monde équilibré.

Je terminerai par quelques mots sur les deux principales crises qui nous préoccupent et il y en a bien d'autres en Afrique et ailleurs. Deux crises qui sont l'Ukraine et Gaza qui doivent nous conduire à marquer notre différence de français et d'Européens. Pour l'Ukraine, nous devons à mon sens avancer selon trois axes.

D'abord, affirmer notre soutien à l'Ukraine qui répond à une nécessité stratégique. Il y a bien une guerre d'agression auxquelles nous faisons face. Ce n'est pas un simple conflit territorial.

Cette agression remet en cause les fondements mêmes de l'ordre international. Et face à cette entreprise de déstabilisation, la position de la France doit rester claire. Un soutien à l'Ukraine impératif, stratégique, politique et moral.

Il s'agit pas de faire une quelconque faveur à l'Ukraine. Euh, il s'agit d'apporter à l'Ukraine une aide militaire, industrielle, euh, diplomatique, humanitaire. Et parallèlement, nous devons avancer pour défendre l'idée d'une paix juste.

Deuxièmement, il faut un accord de paix qui ne peut être garanti sans la participation active de l'Ukraine et des Européens. Et de ce point de vue, je ne crois pas que la question de la paix puisse à aucun moment être confisquée par quelque puissance que ce soit. Ça veut dire que la France pourrait participer à un accord de cesser le feu ou de paix avec le Royaume-Uni, avec d'autres Européens, mais dans un cadre multilatéral, légitime, incluant l'Union européenne et avec une pleine participation aux discussions et la définition des termes de l'accord.

En revanche, il ne me paraît pas envisageable d'engager une présence militaire au sol en dehors de ce cadre multilatéral pour garantir un accord auquel nous n'aurions pas contribué. Une telle situation nous exposerait à la fois un engrenage militaire, nous placerait en situation de grande vulnérabilité vis-à-vis du pouvoir russe et ferait de la France, comme de toute force européenne, une variable d'ajustement dans le jeu stratégique entre les Américains et les Russes. Enfin, 3è axe, engager une refondation de l'architecture de sécurité européenne.

Cela concerne l'avenir de la sécurité collective en Europe et cela veut dire bien sûr une architecture crédible, coordonnée, autonome, en coopération avec l'Ukraine et avec une capacité diplomatique et stratégique collective qui qui évite à l'Europe d'être marginalisé ou instrumentalisé par les grandes puissances. Deuxième crise, il s'agit il s'agit de donner une chance à la paix en reconstruisant le cadre politique face à ce qui ressemble chaque jour davantage, il faut le dire fortement, à une guerre sans fin. On ne voit plus aujourd'hui ni les objectifs militaires et bien évidemment certainement pas les objectifs politiques qui sont derrière la poursuite de cet engrenage.

Alors, il ne faut pas accepter aucune forme d'ambigué face à ce qui se passe à Gaza. dans sa brudité, dans son impasse, dans son extension, il est le résultat dans la période qui s'est ouverte après le 7 octobre d'une attaque terroriste du Hamas qu'il faut condamner sans ambiguïé et qui est aujourd'hui à la source d'une catastrophe humanitaire qui frappe des dizaines de milliers de civils et qui détruit les infrastructures. Mais aujourd'hui, on le voit, ce conflit débord de Gaza touche l'Ass Jordanie, le sud du Liban, la Syrie, l'ensemble de la région et pourrait conduire à une escalade avec l'Iran.

Donc la poursuite de l'intervention israélienne dans ce contexte, en dehors de toute stratégie militaire et en l'absence de tout objectif politique autre que celui d'un départ des populations palestiniennes et d'un grignotage du territoire Gazaoui ne fait qu'acroître le drame humanitaire avec la reprise du blocus au mépris total des populations civiles et il faut le rappeler aussi de la vie des derniers otages. La seule issue crédible reste à mon sens la solution à deux états. Il s'agit de créer un état israélien et un état palestinien vivant côte à côte avec des garanties de sécurité, ce que ne cesse de rappeler la diplomatie française depuis longtemps.

Or, cette solution, elle est aujourd'hui activement contrecarrée par le gouvernement israélien et par l'administration américaine. Le plan Trump, Riviera Gaza, a servi de diversion utile. plan tout à fait farfelu qui envisage comme vous le savez la reconstruction d'un Gaza débarrassé de ses habitants, démilitarisé mais sans souveraineté réelle qui constitue donc une impasse à la fois moral et politique.

Il est ce plan d'autant plus utopique qu'il ne répond à aucune des revendications des Palestiniens. Il est dangereux car il est car il légitime le fait accompli et enterre la perspective d'un état et le droit d'une population à s'autodéterminer. et il est il est illégal également par le déplacement forcé de population entière.

Dans ce contexte, il y a deux questions à mon sens qui se posent. D'abord la question de la reconnaissance de l'État palestinien et le président de la République sur place et je salue cette visite auprès du maréchal El Siss du président égyptien avec le roi de Jordanie a pu mesurer en s'approchant de la région de Gaza à quel point le désastre humanitaire était important et à quel point aujourd'hui la véritable raison de ce désastre c'est l'engrenage de la violence et la seule issue pour empêcher cet engrenage de la violence et bien c'est de transformer cette violence en perspective politique et la seule perspective politique qu'on connaisse dans cette région c'est la reconnaissance de l'État palestinien qui réaffirmerait le droit du peuple palestinien à l'autodétermination qui redonnerait une légitimité politique à l'autorité palestinienne et qui ouvrirait la voie ou qui suivrait une conférence internationale. Vous savez que cette conférence elle est fixée pour le mois de juin dans le cadre de l'ONU.

Il y a donc aujourd'hui euh une perspective qui est ouverte, qui est malheureusement encore lointaine, mais qui est ouverte pour le mois de juin dans une conférence copilotée par l'Arabie Saoudite et la France. Euh en attendant, nous ne sommes pas sans capacité d'agir. Et là aussi, comme pour chaque crise, nous devons être capable de nous mobiliser avec fermeté et nous savons tous que nous disposons d'outils dans le cadre européen pour remettre les choses d'aplom s'agisse des leviers en matière de coopération comme l'accord d'association Union européenne Israël ou qu'il s'agisse de mesures spécifiques face à l'intensification de la politique de colonisation en si Jordanie.

J'ai été déjà trop long monsieur le président. Donc je m'arrête là. Merci beaucoup.

Euh merci pour cette euh première euh intervention qui balaye un grand nombre de sujets. Beaucoup de questions que j'aurais à vous poser, mais vu le nombre de euh d'inscrits, je vais m'en m'en tenir à à donner la parole de façon à ce que chacun puisse s'exprimer. Vous allez voir une grande diversité bien évidemment euh de questions problématiques qui vont être abordées.

Le premier à intervenir pour la gauche démocrate et républicaine est monsieur Riman. Monsieur le député, c'est à vous. Ensuite, monsieur Sébastien Chenu, madame Marieange Rousselot se prépare.

Merci monsieur le président. Bon monsieur le Premier ministre, chers collègues, monsieur le premier ministre, vous soutenez à juste titre que partout des hommes des des formes impériales ressurgissent qu'ell soit politique, économique, technologique ou culturel. Plusieurs grandes puissances sont en effet renouées depuis le début du 20e siècle avec une politique impérialiste.

L'exemple le plus frappant est bien sûr celui de la Russie qui a lancé une évasion totale sur l'Ukraine en 2022. Même si même si la Chine, la Turquie et bien sûr les États-Unis ne sont pas en reste. Le retour de ces postures impérialistes menace bien sûr la stabilité internationale et la négation de la souveraineté des États visés fait craindre la multiplication des conflits.

Dans le même temps, la crise démocratique et politique gagne du terrain dans plusieurs pays tandis que la gestion des finances publiques risque d'exacerber les tensions sociales déjà existantes. Dans réflexion sur les raisons qui ont mené à ce que vous désignez comme une bascule d'époque, vous mentionnez beaucoup d'éléments qui ont tout particulièrement raisonnés chez moi. Je pense notamment aux fractures sociales que vous soulevez.

La fin d'un idéal d'émancipation d'une dignité humaine mise à mal. La montée du ressentiment de ceux qui voi les bénéfices de la mondialisation se concentrer toujours plus dans les mains d'une élite métropolitaine. Ces mots sont ceux qui sèment dans nos territoires ultramarin depuis la fin de l'ère coloniale et l'annonce toujours différé de l'impératif d'égalité effective entre tous les citoyens français.

Nous incarnons à nous seul de par nos singularités les deux mondes que vous décrivez et qui se regardent. des sociétés qui vieillissent d'un côté, une jeunesse qui s'impatiente de l'autre. Par contre, l'une comme l'autre est marquée par un non développement qui injecte méfiance et ressentiment au sein de la population.

Mais l'une et l'autre sont trop souvent envisagés sous un prisme purement utilitaire et utilisatrice par la France qui les voit avant tout comme des relais et de puissance et d'influence plutôt que comme des composantes de l'ensemble national. Au regard du contexte international actuel de la réorganisation du monde autour des nouveaux empires et des revendications territoriales récentes des États-Unis, comment analyseriez-vous la situation française d'un point de vue ultramarin ? Quel regard posez-vous sur l'attention qui pourrait animer plusieurs territoires d'outre mer de se tourner vers d'autres pays plus offrands que la France pour envisager leur développement économique et social ?

Plus globalement, pensez-vous que la guerre commerciale et son escalade quotidienne ne sont qu'un prélude à une guerre cette fois-ci militaire ? Le cas éciant. Comment envisagez-vous la reconfiguration des alliances entre grandees puissance sur la scène internationale les pays du sud ?

Pourrait-il avoir un rôle de faiseur de roi ? Je vous remercie. Merci monsieur le député.

Monsieur de Villepin. Merci monsieur le député. Vous avez raison de de souligner dans ce monde fracturé et dominé par l'équation impériale l'importance du monde ultramarin pour la France.

C'est pas seulement un élément de puissance, c'est euh un élément constitutif de notre puissance. Imaginez la France sans la capacité à maintenir cette unité nationale à travers le monde ultramarin serait véritablement rentrer dans ce que j'appellerais un autre pays. Et c'est dire que nous avons à travers ce rayonnement mondial qu'offre à la France ce monde ultramarin à privilégier tout ce qui peut maintenir l'unité entre la métropole et ce monde ultramarin. ont tous les mouvements qui ont agité diversement pour des raisons différentes à la fois statutair mais aussi de coup de la vie un certain nombre de territoires.

Il faut donc à chaque fois prendre la mesure de ces enjeux et être capable de faire en sorte que cette présence française à travers le monde qui nous donne la possibilité d'avoir la deuxième zone exclusive maritime mondiale, c'est dire à quel point cela compte pour la puissance française. Mais au-delà de cela, j'ajouterai la composante humaine privilégiée que cela donne à la France. cette dimension euh de diversité française, cette div cette dimension euh d'universalisme français est un élément sur le plan de la représentation de la France et de la vision de la France dans le monde.

Un élément de puissance et de rayonnement et de conviction dans la capacité que la France aujourd'hui par sa diplomatie a à convaincre un certain nombre d'États. cette prise en compte de la diversité est un élément majeur. Donc je pense véritablement que il y a là des piliers fondamentaux dans la définition de de l'identité française qui doivent être défendu, soutenu et qu'à ce titre, il faut surtous les fronts qu'il s'agisse des fronts économiques, de la question sociale, de la question de la sécurité à travers ces ce monde ultramarin doivent être prises en compte, accru, défendu.

Donc là, je crois que oui, il y a il y a des ressources qui sont encore insuffisamment exploitées en terme politique et stratégique et nous devons chaque jour davantage prendre la mesure de ce que la de ce que cela apporte, à quel point cela contribue à la France. Merci beaucoup pour votre question. La parole à présent pour le rassemblement national, monsieur Sébastien Chenu.

Merci monsieur le président. Prenez le micro. Oui.

Merci monsieur le président. Monsieur le Premier ministre, dans votre exposé ce matin, mais aussi dans votre nouvel essai, dernier essai le pouvoir de dire non, vous proclamez mener un combat existentiel pour la démocratie et la République. C'est une ambition que nous pouvons évidemment partager, mais à lire vos prises de position ou à écouter vos vos discours, une question demeure.

À quoi précisément dites-vous oui ? Vous êtes de ceux, monsieur le premier ministre, qu'on peut qualifier d'insaisissable. C'est plutôt une qualité d'ailleurs en réalité.

Ancien premier ministre de droite applaudi aujourd'hui par la gauche radicale à la fête de l'huma, gauliste autoproclamé, rêvant d'une Europe fédérale, patriote revendiqué, prompt a dénoncé l'unilatéralisme un peu américain, mais étonnamment discret sur l'activisme religieux, j'y reviendrai, et politique de certaines puissances du golfe. Euh l'ambiguïté semble être devenue finalement une marque de fabrique. Vous plaidez pour une Europe indépendante, capable de dire non aux États-Unis, très bien.

Mais comment concilier cette exigence de souveraineté avec votre foi fédéraliste qui appelle à une Europe fiscalement harmonisée, politiquement unifié, autrement dit une Europe qui dissoute les souverainetés nationales ? On est là plus proche de de l'or que de Gaulle. Vous dénoncez avec vigueur, on l'a entendu ce matin, l'hystérie identitaire et les dérives d'une droite que vous jugez tentée par l'extrême.

Vous affirmez lutter contre ceux qui érigeraient l'ordre en valeur suprême au détriment des libertés. Pourtant, cette dénonciation systématique semble frapper d'un étrange déséquilibre. Là où vous condamnez l'unilatéralisme occidental, vous rester muet sur celui de puissances étrangères bien plus opaques, parfois théocratiques, qui pèse sur la France et l'Europe à coup de financement, de soft power ou d'influence communautaire.

Vous nous dites, vous l'avez redit ce matin, refusez le glissement identitaire, mais en réalité, ne niez-vous pas l'angoisse identitaire réelle d'un peuple qui voit sa culture, son histoire, son mode de vie remis en question. Vous condamnez souvent d'ailleurs le Rassemblement national en excluant de fait des millions de Français qui votent pour lui. Est-ce que c'est votre conception du pluralisme républicain, l'unité dans l'effacement, la démocratie sans le peuple ?

Je note ne rien avoir entendu dans votre discours, monsieur le Premier ministre, sur deux défis majeurs que représentent la crise migratoire actuelle et àir et l'islamisme conquérant ou lié au terrorisme que d'ailleurs vous n'avez lui-même pas qualifié. Vous critiquez ce qui selon vous utilise des sujets comme l'immigration, le voile ou la mémoire de l'Algérie à des fins électoralistes. Mais ces sujets, n'est-ce pas, les laisser pourrir.

Euh je conclurai, monsieur le premier ministre, en me disant que pour nous, la France est une abstraction. Elle attend qu'on cesse de parler d'elle au nom de la République, qu'on la protège comme vous avez d'ailleurs su le faire à certains moments de notre histoire. Merci monsieur le député.

Monsieur De Villepin. Merci infiniment monsieur le député. Euh je passe sur la foi fédéraliste et autres éléments qui ne correspondent pas à la vérité de l'engagement qui est le mien.

Je crains que l'engagement qui est le mien ne soit pas trop clair. Donc là encore sur l'ambivité, je passe aussi. Mais j'en viens à ce qui constitue pour moi l'essentiel à la fois la question de la souveraineté, la question de l'identité.

Sur la question de la souveraineté, il faut ouvrir les yeux et comprendre euh dans quel monde nous sommes. J'empie un terme qui peut paraître un peu barbare qui est celui de l'hypercratie. L'hypercratie c'est quoi ?

C'est un monde où la puissance est à ce point importante, sublimée, qu'elle en devient diffuse et qu'elle s'exprime sans respect pour les frontières. Et l'intérieur et l'extérieur sont aujourd'hui mélangés. C'est la caractéristique de notre monde.

Vous pouvez rêver du monde ancien et et continuer à faire croire que l'on peut travailler dans ce monde ancien. Ce monde ancien, il a disparu. Et aujourd'hui, nous sommes dans un monde où la souveraineté, si on veut, est efficace. suppose que nous prenions toutes les composantes de cette souveraineté, c'est-à-dire bien sûr la souveraineté nationale qui reste le pilier, mais la souveraineté nationale, elle est le point de départ euh de ce qui depuis 1648 constitue l'organisation de la société mondiale.

Mais elle a donc considérablement évolué cette société mondiale et il faut y ajouter aujourd'hui la souveraineté des peuples, la souveraineté populaire qui constitue là encore un ensemble beaucoup plus vaste et il ne vous échappe pas que dans la relation que la France a avec l'Union européenne, c'est se donner plus de souveraineté que d'agir à travers l'Europe. Le levier d'Archimède, comme je le dis dans le petit texte auquel vous faites référence et dont parlait le général de Gaulle, peut devenir aussi pour nous français un bouclier d'Archimèdes. Donc ne négligeons pas cette dimension qui peut être tout à fait utile dans la défense de la souveraineté.

Et puis bien sûr, parce qu'aujourd'hui, c'est elle qui est menacée aussi beaucoup, c'est la souveraineté des individus. dans la philosophie contemporaine, elle occupe une place importante et il faut savoir la défendre en évitant que ces individus par la technologie, par l'idéologie ne soient réduit à des souris blanches à qui on met une électro une une électrode à la queue et qui au coup d'impulsion lèv la main dans un sens ou dans un autre. Donc vous voyez bien que la défense de la démocratie aujourd'hui passe par des souverainetés assumées.

Le deuxième point c'est l'identité. Euh vous avez raison quand vous dites que on ne peut pas ignorer la peur et la colère de population, de peuple sur un certain nombre de sujets. Vous citez la question migratoire.

Je suis sans fois d'accord. Simplement, il y a une chose, il y a il y a deux choses très différentes. La première, c'est d'agiter la question identitaire sans apporter la moindre réponse à ses peurs et ses colères.

Et la deuxième ce que suppose d'apporter des réponses sur les enjeux. Je pense à la question du voile, je pense à la question de l'immigration et nous voyons bien que ceux qui agitent le plus fortement ces questions identitaires ne veulent surtout pas apporter des réponses à travers les politiques publiques, c'est-à-dire n'intègre jamais d'autres réponses que la sortie de l'état de droit. C'est-à-dire on change la loi, quand on peut pas changer la loi, on change la constitution.

Quand on peut pas changer la constitution, on change la hiérarchie des normes, c'est-à-dire la surenchère. À partir de là, il n'y a pour le citoyen et pour la démocratie plus aucun contrôle sur les mesures qui sont proposées. Donc moi, ce que je crois, c'est la nécessité de rester dans le cadre démocratique, de rester dans le cadre d'un état de droit qui n'est pas négociable au quotidien, contrairement à ce que nous a dit le ministre de l'intérieur encore il y a pas très longtemps.

Et donc, je crois que ce cadre doit être respecté sur l'immigration. On le voit bien, il y a des solutions et certains pays y compris en Italie apportent des solutions et notamment par le biais de la diplomatie. Malheureusement, c'est pas dans la surencher sécuritaire que se trouvent les réponses les plus efficaces, mais dans des politiques publiques structurées, organisées et républicaines.

Merci. La parole à présent pour ensemble pour la République, madame Mariange Rousselot, vous avez la parole. Prenez le prenez le micro, il est ouvert.

Merci monsieur le président. Monsieur le premier ministre, nous assistons aujourd'hui à une remise en cause alarmante du respect du droit international. La guerre d'agression menée par la Russie en Ukraine, l'attitude de plus en plus coercitive de la Chine vis-à-vis de ses voisins ou encore les récentes menaces des États-Unis à l'encontre du Canada et du Groenland pourtant allié et souverain témoigne d'un basculement vers une logique de rapport de force où la loi du plus fort supplante celle du droit.

Dans le même mouvement, c'est une certaine idée des relations diplomatiques qui vacillent. Celle fondée sur la prévisibilité, la loyauté entre partenaires, la réciprocité et la recherche d'équilibre. Elle cède de la place à une pratique plus unilatérale, plus brutale où l'on peut d'un tweet ou d'un décret imposer des droits de douanes à ses alliés comme à ses rivaux ou acter un désengagement massif du financement d'organisation internationale essentielle.

Depuis plusieurs semaines, l'administration Trump annonce des coupes budgétaires drastiques visant de nombreuses organisations de coopération multilatérales et onusienne dont un certain nombre sont basés à Genève dans ma circonscription. Ces annonces ne sont pas de simple ajustements budgétaires. Elles mettent en péril tout un écosystème et surtout des actions concrètes menées auprès des populations parmi les plus vulnérables.

Il s'agit des programmes du haut commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, de l'Organisation internationale pour les migrations, de l'OMS, de l'ONUCIDA, du Global Fund ou de GAVI l'Alliance du vaccin. Les causes défendues par ces organisations sont vitales au sens où elles sauvent des millions de vies. Le désengagement américain fait peser un risque réel d'affaiblissement durable de la voie multilatérale alors qu'elle nous est plus que jamais nécessaire.

La pandémie de Covid-19 nous l'a rappelé violemment. Les crises sanitaires ne connaissent pas de frontière. Résistance antimicrobienne, régurgence de maladies que l'on croyait disparu effet sanitaire du dérèglement climatique.

Tous ces défis appellent une réponse globale concertée et coordonnée. Monsieur le premier ministre, vous avez souvent rappelé l'importance de la voix de la France et de l'Europe dans le monde. Aujourd'hui, comment cette voix peut-elle se faire entendre pour défendre les fondements du multilatéralisme ? dans un monde de plus en plus polarisé et fragmenté.

Quelle stratégie pour que l'Europe assume pleinement son rôle dans la gouvernance internationale face à ceux qui cherchent à imposer la loi du plus fort au détriment du droit, du dialogue et de la solidarité. Je vous remercie. Merci madame député pour votre question monsieur le premier ministre.

Merci beaucoup madame Leb député. vous vous abordez un sujet que je considère tout à fait essentiel et qui a aujourd'hui une gravité exceptionnelle du fait même de la politique américaine démantelant l'US et adoptant une stratégie à nouveau agressive vis-à-vis de l'ordre multilatéral. Je crois qu'il faut prendre acte de cette position américaine.

C'est pas la première fois ni la première administration qui s'en prend euh ainsi au multilatéralisme. Donc il faut véritablement en tirer les leçons et se poser la question aujourd'hui d'une reconstruction de ce multilatéralisme dans un nouveau cadre international. Euh une majorité des États de la planète souhaitent vivre dans un monde organisé.

Près de 85 % euh des États sont aujourd'hui dans ce souci. La France là encore a une occasion d'assumer un leadership avec les autres pays européens pour poser les bases de ce à quoi pourrait ressembler ce nouvel ordre mondial. Sachant que il y a des grandes puissances, y compris néoimpériales qui restent convaincus de la nécessité de cet ordre multilatéral. je pense en particulier à un pays comme la Chine et on voit l'engagement dans le domaine de l'écologie qui a été celui de la Chine au cours des dernières décennies avec des progrès très substantiels sur le terrain même s'il reste parmi les principaux euh les principaux problèmes Oui. et fauteur de difficultés aujourd'hui dans le monde.

La responsabilité qui est la nôtre dans l'urgence, c'est d'abord de voir comment nous pouvons apporter une réponse avec les autres États de l'Union européenne à la coupure dans les budgets internationaux à la suite de la défection de l'USD. Là, il y a des réponses immédiates à apporter dans le secteur de la santé, dans dans le secteur de l'éducation qui touche des malades à travers le monde, qui touche des femmes, des enfants, des orphelins. Il y a là véritablement une mobilisation d'urgence et j'aimerais que l'Union européenne puisse décider rapidement de constituer une cellule de crise pour essayer de faire face dans l'urgence à et apporter une réponse à toutes ces organisations humanitaires dont beaucoup d'organisations européennes et françaises qui sont aujourd'hui dans le désarroi avec des dettes considérables qui parfois les menacent de mettre la clé sous la porte dans la reconstruction du multilatéral. isme.

Je crois que il y a un point de départ, c'est de retrouver une représentativité dans ce que doit être l'action mondiale. Nous ne pouvons pas avoir un conseil de sécurité qui laisse de côté un certain nombre des des grandes puissances mondiales ou des grands continents. L'Afrique qui n'a pas représenté, l'Amérique qui n'est pas représentée.

Donc il y a une question d'organisation, de structuration, il y a une révision nécessaire aussi en ce qui concerne les organisations du système de Breton Woods. On voit bien que le FMI, on voit bien que la Banque mondiale vivent selon les règles d'un ordre ancien, c'est-à-dire d'un ordre occidental. l'Europe s'honorerait et la France s'honorerait également à prendre le lead dans un monde où nous affirmerions que l'idée de partenariat entre l'Europe et le reste du monde puisse se faire sur une base d'égalité.

On voit bien que nous nous sommes recroquvillés depuis trop longtemps avec depuis 2007 des dérapages constants sur cette idée d'Occident. euh cet occidentalisme qui a conduit par ailleurs au militarisme et au moralisme euh a détourné la diplomatie française et la diplomatie européenne euh de leurs objectifs et a fait perdre énormément de crédibilité euh à la France sur la scène internationale. Donc je pense que cela fait partie euh des enjeux majeurs.

Il y a un deuxième enjeu et je termine là-dessus, je le fais que le mentionner, c'est de revoir complètement nos politiques de développement. euh nos politiques de développement euh sont devenues de plus en plus euh réduites et euh elles sont de simples logique d'accompagnement. revenir à une logique de partenariat et de codéveloppement qui puisse véritablement nous permettre avec d'autres États européens de montrer des résultats.

Vous savez ce qui fait défaut sur la scène mondiale, c'est des politiques qui donnent des résultats et qui entraînent et créent un effet d'entraînement pour le reste de la communauté internationale. En Afrique, la logique du sous-poudrage qui consiste à distribuer et disperser quelques millions ici, quelques millions là, on le voit bien, bah ça fait pas la maille. Et donc il faut revenir à une stratégie qui nous permet véritablement de changer l'ordre des choses.

Merci. Je donne la parole à présent pour la France insoumise à monsieur Lien Tâché. Ensuite aurons le plaisir d'entendre monsieur Julien Goquel et monsieur Michel Herbillon.

Plaisir. Et ben c'est ce qu'on va je vous donne le micro tout de suite monsieur Tachet et je confirme que j'ai le plaisir bien évidment mais je suis pas le seul de pouvoir vous écouter. Merci monsieur le président.

Monsieur le Premier ministre merci d'être parmi nous ce matin et merci à la commission d'organiser cette audition. Vous venez de publier un texte dans lequel vous dites que le trumpisme n'est pas la cause mais la conséquence d'une crise beaucoup plus profonde de l'ordre international. Et à la France insoumise, nous partageons ce constat.

Depuis que vous avez quitté vos fonctions, vous l'avez d'ailleurs rappelé ce matin, la France a en quelque sorte trompu avec la doctrine de non alignement qui était celle du général de Gaulle et qui avait été prolongée en son temps par François Mitteran puis par Jacques Chirac. En réintégrant notre pays au commandement intégré de l'OTAN, puis en violant le droit international pour répandre le chaos en Libye, Nicolas Sarkozi a en effet opéré un virage néoconservateur sans précédent. Son successeur François Hollande l'a en quelque sorte prolongé à travers l'opération Barca au Mali que vous avez été avec Jean-Luc Mélenchon l'un des seuls à contester et en refusant de reconnaître l'état de Palestine alors que sa majorité l'y invitait.

Emmanuel Macron n'a pas non plus remis ce virage en question et au fond sa politique internationale a surtout été marquée par les volteface et l'inconstance. Alors monsieur le premier ministre, ma question est simple. Maintenant que le mythe de la Pax américana s'effondre pour de bon, quelles sont selon vous les priorités pour retrouver la voie d'une France indépendante ?

Quelle attitude la France devrait par exemple adopter face à la rivalité qui pourrait tourner au conflit entre les États-Unis et la Chine et qui sera sûrement la grande affaire de ce début de siècle ? Alors que tout se passe aussi comme si le nord avait ses morts et le sud les siens, quel rôle peut jouer la France dans cette situation ? De très nombreux États africains ont par exemple refusé de voter les résolutions condamnant l'agression de l'Ukraine par la Russie et bon nombre de pays occidentaux a commencé par nous ne reconnaissent toujours pas l'état de Palestine.

Que dire aussi des guerres qui ravagent le Soudan où la République du démocratique du Congo le plus grand pays francophone au monde envahi par son voisin rwandais dans la quasi indifférence. Avec mes collègues insoumis, nous sommes convaincus que la réponse française ne peut être le refuge dans un un occidentalisme étroit et béliciste dans lequel s'enferme d'ailleurs une très large part de la classe politique aujourd'hui dont vos anciens amis politiques. Pas plus d'ailleurs que de laisser monsieur Poutine prendre la tête de ce qu'il appelle désormais la majorité mondiale.

Donc monsieur le premier ministre, je vous le demande pour redevenir elle-même, à quoi la France doit-elle dire non ? Et a-t-elle encore selon vous quelque chose de singulier à dire au monde ? Et puisque vous êtes avec nous ce matin, comptez-vous vous-même jouer un rôle dans cette expression singulaire de la France ?

Merci monsieur le le député. Les concepts qui font de la réflexion dans la vie internationale on ont vocation à évoluer en fonction des rapports de force qui déterminent cette équation stratégique internationale. Vous faites référence au concept de nonalignement qui lui-même fait référence à la situation qui était celle d'un monde qui était divisé en deux blocs à l'époque de la guerre froide. euh le monde a changé et y compris le sud global a changé.

Et aujourd'hui, la revendication de ce sud global c'est moins le nonalignement que le multialignement. Pourquoi ? Parce que dans un monde où les blocs entretiennent des relations complexes, la nécessité pour beaucoup de pays du sud, c'est d'optimiser leurs relations avec l'ensemble des partenaires du monde et donc l'ensemble des blocs.

Le multialignement qui est un concept qui est partie d'abord d'un pays comme l'Inde, il permet ou la Turquie qui l'applique également, il permet en permanence de jouer entre ces entre ces deux possibilités. Le général de Gaulle, vous avez bien fait de le rappeler, lui euh se déterminait à partir de ce qu'il appelait une politique d'indépendance qui lui permettait de jouer de la bascule entre l'un et l'autre, mais sans jamais se mettre au-dessus du jeu, mais avec la volonté constamment de modifier le jeu. Donc, nous n'étions pas dans une logique, en tout cas dans une doctrine dont on peut dire strictement qu'elle serait ou qu'elle relèverait du nonalignement.

Aujourd'hui, vous avez raison de le dire, nous retrouvons dans une équation entre la Chine et les États-Unis qui tous deux ont des ambitions internationales mais de nature différente. Les États-Unis, c'est une logique de prédation parce qu'ils prennent en compte le fait que nous sommes dans une planète à ressources limitées et que nous sommes dans une planète où la bataille de la puissance est engagée. Il s'agit de savoir pour 2040 2050 quelle sera la première puissance mondiale et ils veulent considérer que cette puissance mondiale ne sera être autre que les États-Unis, c'est-à-dire une puissance qui soit véritablement capable de porter le leadership mondial et qu'une puissance non caucasienne comme la Chine ne serait pas capable de porter ce leadership mondial.

Donc l'opposition, elle est frontale et on le voit sur la question des droits de douane, elle sera extraordinairement rude. Nous face à cela, nous avons intérêt à rester fidèles à nos principes. Nos principes, c'est quoi ? le multilatéralisme, un universalisme.

Et nous voyons bien que aucune de ces deux zones, aucun de ces deux espaces ne répond absolument à ce que nous souhaitons. Et donc, il faut que nous soyons capables pragmatiquement d'utiliser les différents leviers qui sont aujourd'hui offerts à nous pour maximiser la défense de nos intérêts. Mais pour ça, il faut être lisible et cohérent.

Et vous avez eu raison de rappeler la nécessité face aux crises d'être dans la continuité de cette cohérence. Ce qui veut dire de refuser le depoid de mesure qui nous a fait tellement de mal au cours des dernières années parce que nous payons le prix de ce qui apparaît à beaucoup de pays du sud comme la marque d'une duplicité. Les deux pieds, les deux jambes sur lequelles nous devons avancer, je termine par là, c'est le droit international.

Vous l'avez rappelé, le droit international doit constituer notre référence. Il ne s'agit pas de considérer que la puissance, c'est la possibilité de tout faire dans un illimitisme qui est aujourd'hui celui des Américains. Et le deuxème pilier, il est temps que la France y revienne, c'est l'exigence de justice.

Nous ne pouvons pas embarquer, nous ne pouvons pas convaincre et c'est une des raisons de la désaffection des africains pour nous sans être respectueux et exemplaire sur la question de la justice. Et là, nous avons au Proche-Orient et dans d'autres régions la possibilité de reprendre langue, de recréer notre unité autour des ces principes fondamentaux qui permettent à la France effectivement de redevenir elle-même. Merci pour votre réponse.

Je note que n'avez pas pu pas eu le temps de répondre à la dernière question de monsieur Tacher, mais ce n'est pas le cadre bien évidemment de cette enceinte non plus. La parole à présent pour les socialistes et apparentés à monsieur Julien Gokel. Je vous donne la parole.

Allez-y, prenez le micro, vous devez Ça y est, vous avez le micro. C'est bon, c'est bon, c'est bon. Ça va mieux.

Monsieur le premier ministre, ce n'est pas tous les jours qu'un socialiste salue une personnalité plutôt éthiqu droite, mais vous avez incarné à un moment décisif de notre histoire diplomatique une certaine idée de la France sur la scène internationale. Une France indépendante, fidèle à ses valeurs, à ses principes, capable de porter une voix forte, singulière, cohérente et courageuse, notamment lors de votre discours à l'ONUONU en 2003 contre la guerre en Irak à une époque où les logiques impérialistes contribuaient déjà au désordre mondial. 20 ans plus tard, cette voix semble s'être affaiblie.

Monsieur le premier ministre, nous assistons à un recul de l'influence française dans de nombreuses régions du monde, y compris dans celle où nous étions historiquement bien implantés. Dans le monde arabe notamment, notre position est de plus en plus contestée. Là où la France incarnait une forme d'équilibre et de justice au proche- orient est aujourd'hui perçue comme étant-il illisible quand elle n'est pas décrée en raison de prise de position changeante ayant embrouillé notre image à l'international.

Et avec l'Algérie, les revirements diplomatiques précipitaient depuis 2017 ont nuit à la construction d'une relation apaisée tournée vers l'avenir alors que l'histoire lit profondément nos deux pays. Les discours incantatoires et l'incapacité de la France à clarifier sa position ont contribué à affaiblir encore notre influence. Face à la Russie encore, la France a sans doute tardé à prendre la véritable mesure de la menace.

Les efforts de médiation ont pu sembler parfois déconnectés de la réalité stratégique au risque d'affaiblir notre crédibilité notamment auprès de nos partenaires européens, en particulier ceux de l'Europe de l'Est. Et quelle est aujourd'hui la voie de la France dans un monde où le commerce international est transformé en champ de bataille permanent par le néocolonialisme économique américain ? Comment se faire entendre lorsque les États-Unis relèvent leurs droits de douane à des niveaux sans précédents ?

Vous avez récemment parlé d'une diplomatie de la papouille, d'une stratégie du bisou pour qualifier l'approche française à l'égard de Donald Trump. Compte tenu de votre expérience et de votre connaissance intime de relations franco-américaine, votre analyse n'est pas de nature à nous à nous rassurer. Alors, monsieur le premier ministre, comment la France peut-elle à nouveau se faire entendre ?

Comment peut, pour emprunter votre expression, peut-elle réapprendre à dire non ? Non, à la logique transactionnelle qui régit pour certains les relations internationales, non à l'épuisement de la planète quand autres souhaitent déréguler nos normes. Non à la dérive autoritaire de certaines démocraties historiques.

Comment la France et notre vieux continent peuvent-il faire de ce nom un avantage sur le plan compétitif ? Enfin, le en même temps a pu être une méthode de gouvernance interne. Peut-elle en être appliquée en matière diplomatique sans que la France puisse paraître hésitante ou contradictoire sur la scène internationale ?

Je vous remercie pour vos éclairages. Merci monsieur le député. Monsieur le premier ministre.

Merci infiniment monsieur le député. Euh le défi, vous le rappelez, est immense. Le défi est immense parce qu'il s'agit à la fois d'inventer une nouvelle voie multilatérale avec l'ensemble des États qui sont aujourd'hui orphelins du système ancien et qui aspirent à cette refondation.

Et là encore, je crois que euh il appartient à la France, il appartient à l'Europe d'être véritablement chef de fil ou en tout cas de poser les bases eux-mêmes de ce que pourrait être une nouvelle société internationale euh qui euh euh se ferait très largement, même si euh la porte reste ouverte, très largement sans les États-Unis et sans les États qui ne souhaitent pas aujourd'hui avancer collectivement dans le casre de ce multilatéralisme. La deuxième exigence, me semble-t-il, c'est retrouver la capacité à faire sur le plan diplomatique. L'une des difficultés des dernières années, c'est le peu de capacité de peu de capacité qu'a eu la diplomatie à marquer des points sur un certain nombre de crises.

Une diplomatie, si elle ne permet pas de régler des grandes crises, et bien elle n'entraîne pas. Et vous me permettrez de prendre quelques exemples sur un continent que j'affectionne particulièrement qui est l'Afrique pour montrer comment nous pourrions nous investir davantage sur les crises africaines. Je pense à un pays comme le Soudan qui est aujourd'hui la plus grande crise humanitaire mondiale où la France devrait davantage soutenir une médiation régionale forte portée par l'Union africaine accompagnée d'un plan humanitaire d'urgence. de la même façon euh en Éthiopie où le risque est encore grand de voir à la fois le conflit tigréen mais aussi le conflit lié à la volonté de l'Éthiopie d'avoir un accès à la mer et donc d'enflammer l'ensemble de la sous-région avec le Somaliland d'un côté mais aussi l'Égypte de l'autre.

Nous devons être capable d'accompagner, nous avons bonne relation avec euh le euh premier ministre éthiopien, accompagner là aussi un dialogue et bien sûr la République démocratique du Congo où la France doit soutenir le processus qui a été lancé par DEOA, proposer un mécanisme régional qui euh permette à la fois d'avancer dans la voie du désarmement, de la réintégration et renforcer la gouvernance des ressources naturelles. Enfin, et je termine par là, le Sahel reste emblématique d'un échec de la diplomatie française. C'est une région où nous avons perdu beaucoup de crédibilité et aujourd'hui où le s'affronte le libéralisme international contre l'islamisme transnational et qui a accouché d'une nouvelle force, ce qui montre à quel point les choses évoluent rapidement. une nouvelle force, c'est-à-dire un souverainisme national autoritaire après les six coups d'état qui ont frappé le Sahel, la transition brutale qui s'est opérée au Tchad.

Donc, il faut souligner aujourd'hui la convergence qui existe entre tous ces États qui euh crée une situation nouvelle et euh créer les conditions d'un combat plus violent que jamais, très déstabilisateur pour la sous-région sahélienne, mais aussi pour l'ensemble de l'Afrique. Et donc la problématique de la France doit être de faire face au nouveau souverainisme saélien et africain qui est à la fois un dégagisme antifrançais et une aspiration à un état nation fort et fonctionnel. Il faut donc éviter la radicalisation et de ce point de vue-là, nous devons être pragmatique pour engager un dialogue que nous avons refusé à l'époque avec toutes les forces qui sont susceptible de nous écouter et euh euh à partir de là nouer ce dialogue.

Il faut également euh éviter la possibilité de sortie de crise qui conduirait à une alliance ou à une fusion entre les forces souverainistes et les forces islamistes qui risquent de déstabiliser un peu plus cette région. Donc vous, on le voit, nous sommes à la fois dans une exigence de construction d'un nouvel ordre et en même temps dans la microchirurgie régionale qui doit nous permettre de penser les PL et d'avancer en cicatrisant euh euh jour après jour euh le désordre mondial. Merci pour votre réponse.

Je dois quand même dire que sur la nombre de crise que vous avez cité, la diplomatie française est très présente sur la question de la RDC par exemple, sur la question du Soudan. La France a fait une grande conférence l'année dernière, elle est présente sur le terrain notamment avec les Imérats Arabes Unis. Donc il y a quand même des actions qui sont faites non pas publiquement mais sur le terrain la France envoie un grand nombre de diplomates.

Voilà, j'entends monsieur le président, il y aurait beaucoup à dire. J'entends, j'entends je pas la diplomatie des conférences n'est pas toujours la diplom mais mais je pas engager un débat bien sûr avec vous aujourd'hui dans le cadre et le temps qui nous est imparti pour la droite républicaine. Je donne la parole à monsieur Michel Herbillon.

C'est ça. C'est ce micro là. C'est le bon micro.

Euh monsieur le Premier ministre, merci de votre présence et de la vision que vous nous faites partager des relations internationales. Je voudrais revenir avec vous sur la relation de la France avec l'Algérie et je dans à laquelle nous uniss tant de liens historiques, culturels de longue date et je voudrais vous dire que dans ce cadre-là, nous nous sommes toujours parlé franchement, monsieur le Premier ministre, jeis assez sidéré pour reprendre un adjectif que vous utilisez souvent Quant à votre grande véhémance à l'égard du ministre de l'intérieur que vous donnez que vous accusez de donner un spectacle d'impuissance, de faire le show, je vous cite dans votre essai à défaut, ce n'est pas votre genre, à défaut d'obtenir des résultats tangibles contre la criminalité et le trafic de drogue. Pire encore, vous l'accusez de participer à la logique d'enracinement, parfois xénophobe et cetera.

J'arrête là les citations, elles sont nombreuses et je dois vous le dire, monsieur le Premier ministre, je regrette que vous vous soyez inscrit dans cette charge dans les pas d'un de vos illustres prédécesseurs Taleran, qui indiquait que tout ce qui est excessif insignifiant. Euh car cette charge, elle est non seulement contre le ministre de l'intérieur, mais elle est contre l'ensemble contre le premier ministre et contre l'ensemble du gouvernement qui a pris un certain nombre de décisions à la suite du comité interministériel sur l'immigration. À la mi-mars, l'Algérie a refusé de réadmettre sur son territoire une soixantaine de leurs ressortissants étrangers les plus dangereux.

Un pays avec qui nous entretenons une coopération migratoire. extrêmement dégradé puisque le taux d'exécution des EQTF est de seulement 7 %. Depuis novembre dernier, notre compatriote Boem Sansal est détenuirement alors qu'il est lui-même âgé et gravement malade.

Face cette situation, le ministre de l'intérieur a instauré un rapport de force. Il a exercé le pouvoir de dire non. Non à la non application des accords de 94.

Non à ce que reproduise une situation comme à Mulouse, monsieur le Premier ministre, où l'auteur de l'attentat avait été refusé 14 fois par l'Algérie. Non à ce que notre pays ne soit pas convenablement considéré et respecté car ceci est une exigence légitime de l'opinion de la majorité des Français, monsieur le Premier ministre. Et vous êtes sensible évidemment à l'opinion.

Alors, la critique est aisée. Je trouve plus. La critique est aisée mais l'art est difficile et je vous ai entendu souvent dire cela et vous le savez en tant que premier ministre.

Alors, dites-nous précisément et concrètement les solutions que vous préconisez pour, je vous cite, inventer des solutions dans notre relation avec l'Algérie ? Merci monsieur le député. Monsieur le Premier ministre.

Merci. Merci monsieur le député. Euh il ne s'agit en aucun cas pour moi de personnaliser une critique mais d'illustrer mais d'illustrer à travers la charge qui a été celle du ministre de l'intérieur sur cette question de l'Algérie de ZQTF le risque qu'il y a de l'engrenage et de la surenchère sur la question ou sur les questions identitaires.

Car en effet euh nous avons pu le constater à plusieurs reprises lors des différents 20hures ou des différentes grandes émissions. Quand il s'agit pour un homme politique non pas d'apporter des réponses mais d'agiter des menaces, euh encore faut-il être sur son territoire, c'est-à-dire sur son portefeuille. Et en l'occurrence, ce n'est pas le cas puisque cette question des relations avec l'Algérie, elle relève, on le sait bien, d'abord du qued d'ors et bien sûr sous l'égite du président de la République.

Donc on complique un peu plus les choses dans quelque chose qui doit être maîtrisé, construit et où on ne peut pas imaginer que dans un gouvernement comme le gouvernement français, on joue la stratégie du goodcop. C'est pas à la hauteur d'un enjeu aussi important que les relations avec un pays comme l'Algérie. Deuxièmement, ce que je critique, c'est qu'un responsable gouvernemental puisse s'inscrire dans un discours qui ne débouge pas sur une politique publique, qui est de son ressort, qu'il décide de mettre en avant et de prendre un certain nombre de mesures qui dépendent de son ministère en liaison avec le premier ministre.

C'est une chose. En espérant qu'ils ont que cela permettra d'avoir des résultats. Mais quand c'est purement virtuel, quand c'est purement spéculatif, ça ressemble à des menaces, ça ressemble à des chantages qui ne sont pas aussi véritablement les outils que nous devons utiliser avec un pays comme l'Algérie.

Nous connaissons l'histoire, nous connaissons la complexité. Il y a donc un principe de responsabilité. Face à cette crise algérienne, la première chose c'était de revenir de là d'un point de départ que nous n'aurions pas dû quitter, c'est-à-dire à un traitement normal d'indifférent avec un état comme l'Algérie.

Et ça ça implique de rendre auquet d'Orsse et de rendre au président de la République la conduite de ces affaires. Deuxièmement, on constate un dysfonctionnement dans le domaine de la sécurité, un dysfonctionnement très grave, j'en conviens, et qui n'est pas acceptable en ce qui nous concerne. Et il faut donc essayer de trouver les moyens d'y répondre.

Comment y répondre ? Bien évidemment, c'est en prenant en compte l'ensemble des facteurs puisque nous sommes aujourd'hui dans une crise qui fait qu'il n'y a pas un différent mais tous les différents sont sur la table. Donc, on ne peut pas séparer les questions de sécurité, des questions euh diplomatiques comme cell du Sara occidental, des questions de mémoire qui sont un enjeu euh récurrent dans la relation avec l'Algérie, des questions économiques euh qui sont en panne maintenant depuis un certain nombre de mois.

Donc on voit bien qu'il faut une vision globale, une stratégie globale et ce n'est pas en appuyant sur la plai là où ça fait le plus mal et où là c'est un irritant qui mobilise les opinions publiques des deux côtés que l'on fera avancer les choses. C'est au contraire par la sérénité, par un traitement euh que nous pourrons le faire. Et nous savons que tant sur l'immigration, évidemment nous sommes dépendants euh de la volonté des Algériens, mais c'est pas en euh tapant sur la table, en trépignant euh aux 20h ou ailleurs que nous arriverons à faire avancer les choses. une fois de plus une exigence de responsabilité et je pense qu'avec un peu d'expérience n'importe quel responsable gouvernemental évitera ce type d'excès qui met une fois de plus non pas le ministre de l'intérieur dans une situation humiliante mais qui met notre pays dans une situation embarrassante.

Et moi ce que je n'ai pas admis c'est que la France puisse être dans une situation embarrassante au mépris des procédures et des règles gouvernementales. On a vu que le premier ministre avait été obligé de suivre parce qu'évidemment il tient à la stabilité de son gouvernement et puis le président de la République fort heureusement a signé signalé la la fin de la récréation. C'est une heureuse chose et ce que je veux croire le chemin est encore difficile c'est que nous aurons le sang froid d'avancer pour trouver des réponses.

Merci. Merci. Prendrez le micro. demander la parole pour commenter s'il vous plaît.

Je donne la parole à présent pour écologiste et social à madame Clémentine Hautin. Puis nous aurons ensuite les trois derniers représentants des groupes, madame petit, monsieur Laurent Mazori et monsieur Lunel Fuibert pour les indépendants. Madame Clémentine Notin, c'est à vous.

Merci. Je voudrais d'abord saluer votre voix, monsieur de Villepin, qui est extrêmement précieuse parce qu'elle prend la mesure de la bascule du monde. et vous dire aussi qu'à titre personnel, je suis très heureuse de vous entendre aujourd'hui dans cette commission puisque mon premier engagement était contre la guerre en Irak en 1990 et et j'ai en mémoire votre discours aux Nations-Unies en 2003 qui fera date et qui devrait faire réfléchir l'ensemble de la commission sur les moments où on croit être dans le juste et où en fait on a une stratégie de court terme qui amène plus de mal qui ne résorbe les difficultés.

Euh dans votre texte sur The Continent, ce qui est très intéressant, c'est de voir comment vous êtes capable de nommer le mal, à savoir les néoimpérialismees, l'extractivisme, ce que vous appelez le capitalisme hybride. Et donc la question qui nous est posée, c'est de savoir comment faire face à ces nouveaux empires. Et ma première question est sur justement faut-il créer un petit Occident au fond, c'est-à-dire être dans une logique de puissance qui consisterait à montrer les muscles face à ceux qui montrent les muscles ou faut-il une a stratégie ?

Ce qui est évidemment plutôt mon point de vue, c'est et que je pense à la fois à l'échelle stratégique globale, géopolitique, mais aussi du point de vue commercial. D'ailleurs, au fond, est-ce que l'enjeu est de gagner la guerre commerciale ou est-ce que l'enjeu est de sortir de la guerre commerciale par une nouvelle logique économique qui repose sur la coopération et sur la fin du grand déménagement du monde ? Donc, je voudrais vous interroger d'abord sur quelques termes.

La notion de puissance qui me tarote depuis très longtemps. Est-ce que vous pensez qu'elle est toujours adaptée ? Est-ce qu'il faut que la France retrouve de la puissance ou de l'influence et de la grandeur par notre modèle, c'est-à-dire notre capacité à nous-même mettre en œuvre dans notre pays cette transition nécessaire, ce changement essentiel qui ne soit pas fondé sur la guerre des identités mais plutôt sur la relance de l'esprit public et qui soit capable d'assumer la transition écologique.

Donc premier terme, la notion de puissance. La deuxième c'est est c'est sur le sud global. Vous avez redit tout à l'heure que vous étiez favorable à cette alliance avec le sud global.

Alors c'est clair qu'on a perdu tellement de temps, hein. La Chine, elle elle s'est occupée des pays dit du sud global. Néanmoins, peut-on parler encore de sud global alors que on peut pas dire que l'Afrique du Sud ou le Brésil, c'est la même chose que l'Inde ?

Donc moi, je ne crois pas je ne crois pas qu'il y ait encore d'Occident, mais je ne crois pas que le la notion de su globale soit correcte. Et une dernière question sur l'autonomie de l'Union européenne, l'autonomie stratégique. Le problème devant lequel on est, c'est que il y a parlez de souveraineté mais où est la souveraineté européenne et comment faire avec Mélanie et Orban à l'intérieur de l'Union européenne ?

Merci pour vos questions. J'attire juste votre attention, je veux pas couper à à 230, je laisse un peu les expressions, mais le décalage intervenant après intervenant fait que on en a jusqu'à 11h30 à mon avis au moins. Il y a 21 ou 22 intervenants inscrits ensuite.

Donc je demande vraiment de de rester dans le volonté de ma part de de brider les expressions mais c'est une discipline collective. Monsieur le premier ministre, votre réponse. Merci madame la députée.

Un petit Occident sûrement pas. Nous voyons d'ailleurs que dans la vision néoimpériale américaine pour un certain nombre de grands acteurs, l'objectif c'est de bien distinguer deux des Occidents, c'est-à-dire les États-Unis et la Russie avec une collusion qui est manifeste sur le plan civilisationnel et un troisème tout petit Occident que serait l'Europe vassalisée et dominée par le jeu des puissances. Donc c'est pas l'objectif.

L'objectif, c'est bien d'affirmer euh une vision euh qui est celle de l'Europe depuis toujours, riche de son expérience, à la fois humaniste et universaliste, en euh entraînant et en créant la possibilité d'une nouvelle dynamique internationale où l'Europe et la majorité des États dit du sud global pourrai constituer une nouvelle enceinte internationale avec de nouvelles règle du jeu, une nouvelle représentativité et ceci est d'autant plus impératif aujourd'hui que dans la relation que nous avons en matière commerciale avec la Chine, on voit bien que le risque de la guerre engagé par les Américains, c'est avoir en retour tous les produits qui ne sont pas acceptés par les Américains sur leur territoire venant de la Chine venir en Europe à très bas coup et on voit à quel point ça peut déstabiliser le marché européen. Donc de ce point de vue-là, il y a évidemment une négociation avec à la clé le fameux mot réciprocité qui doit être engagé extrêmement rapidement avec la Chine qui est un partenaire essentiel de la reconstruction d'un ordre international. Alors puissance, vous avez raison de questionner le terme, d'autant plus que nous entrons dans un monde qui doit être aujourd'hui celui des limites.

Donc la notion de puissance, on voit bien qu'elle est à la fois un mot chargé de beaucoup de vanité. Je l'avais dénoncé dès 2002. Euh Bertrand Badi avait ajouté impuissance de la puissance.

On le voit en matière de force militaires. Donc vous avez 100 fois raison. Mais il faut se doter des leviers qui rendent euh à nos pays la possibilité à la fois d'être libre euh et d'être actif.

Et pour ça ça veut dire travailler à tous ces leviers de sécurité et de souveraineté qui sont des constituants de la puissance traditionnelle. Et une des composantes de cet équilibre indispensable, c'est bien sûr le levier écologique. Nous voyons bien la tentation qui existe aujourd'hui compte tenu de l'accélération de la confrontation internationale, de passer par pertes et profit, de marginaliser l'enjeu écologique, ce serait totalement irresponsable.

Et de ce point de vue-là, avec l'ensemble des pays de la planète, nous devons trouver la possibilité de réactiver une vision positive de cette écologie. En ce qui concerne le sud global, je crois que vous avez raison. Il y a effectivement rien de commun entre un pays comme l'Inde, le pays comme l'Afrique du Sud et d'autres.

Mais néanmoins, il y a un élément commun, c'est qu'aujourd'hui ce sud global, il l'a fait très largement sécession par rapport au monde occidental et il nourrit un ressentiment très profond. Et si nous n'y mettons pas fin par un changement de positionnement par rapport au su global, c'est-à-dire une capacité à engager un partenariat tout à fait audacieux, et bien nous retrouvons alors tout seul sur la scène mondiale, c'est-à-dire vassalisé par les États-Unis et par la confrontation avec la Chine et sans capacité d'appui sur le Moyen-Orient, l'Asie du Sud-Est, l'Afrique ou l'Amérique latine. Donc cette compréhension du monde, elle suppose que nous soyons capables de développer des passerelles.

Je termine d'un mot sur l'autonomie. Vous avez raison, l'autonomie stratégique, elle est très importante. Que faire avec des pays comme la Hongrie, la Slovaquie ou voir l'Italie ?

Je crois que cette unité, elle doit être posée sur le plan du respect des valeurs et en particulier de la démocratie et que peu à peu à travers l'évolution notamment d'une avant-garde européen, il doit être clair que ces pays ne peuvent pas participer à ce cheminement nouveau, donc seront nécessairement laissés de côté dans le cadre des avancées de l'Union européenne. Merci. Je donne la parole à présent à madame Ma petit pour les démocrates.

Madame la députée, c'est à vous. Je vous donne le micro. Merci monsieur le président.

Monsieur le premier ministre, je suis très honorée de vous interroger ce matin et je crois d'ailleurs que je ne suis pas la seule. Je je vois la la salle de commission quasiment pleine. Euh alors, probablement avez-vous déjà répondu, mais je vais je vais quand même dérouler ma question.

La réélection de Donald Trump le 5 novembre dernier à la présidence des États-Unis présageait des lendemains mouvementés sur la scène internationale. Mais à peine 3 mois après son investiture, il était difficile d'imaginer qu'elle provoquerait de tels et de si nombreux bouleversements. Comme vous l'avez indiqué récemment, nous ind nous assistons à un basculement historique du monde qui a des répercussions importantes sur l'Europe et la France en particulier à plusieurs niveaux.

Au niveau de la sécurité du vieux continent, près de 80 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la guerre est revenue aux portes de l'Europe le 24 février 2022 avec l'offensive de la Russie sur le territoire ukrainien. Une attaque qui constitue une menace pour tout le continent européen parce que rien ne dit que Vladimir Poutine n'a pas d'autres ambitions territoriales. Dans ce contexte, la nouvelle politique des États-Unis vis-à-vis de l'Ukraine a été symbolisée par l'humiliation infligée à Volodomir Zelenski il y a quelques semaines de cela à laquelle s'ajoute une proximité à géométrie variable entre le président des États-Unis et son homologue russe qui ne font que renforcer les menaces pour la sécurité de l'Europe. au niveau des démocraties européennes aussi, puisque l'administration Trump n'hésite pas à combattre les régimes qui ne correspondent pas à l'idée qu'elle se fait de la démocratie et de la liberté.

Nous avons vu récemment les interventions d'Elon Musk au Royaume-Uni en Allemagne et celle de JDV à Munich. Autre menace inquiétante venant d'un pays qui se présentait pourtant comme le défenseur du monde libre, la détermination de Donald Trump à vouloir conquérir le territoire danois du Groenland. Enfin, au niveau économique avec l'entrée en vigueur des droits de douane majoré de 20 % sur les marchandises euh exportées vers les États-Unis.

Face à tout ça, vous invitez donc la France et l'Europe à tirer les leçons de ce bouleversement afin de pouvoir défendre notre indépendance. Vous militez pour un réveil européen. Monsieur le Premier ministre, première question.

Quelle forme doit à votre sens prendre ce réveil ? vous parliez de défense européenne à côté de ce de ce côté militaire, vous parlez aussi d'un réveil économique. Donc, comment l'imaginez-vous ?

Et puis j'ai une petite question bonus parce que je sais que vous connaissez bien la Martinique. Donc, je vais plutôt orienter sur l'autre mè l'outreem dans tout ça. D'après vous, quelle est la place des outresemères au sein de la diplomatie française ?

Je vous remercie. Merci monsieur le premier ministre. Une question sur les outremères.

Donc, je sais pas si vous voulez développer de la même façon. Euh ben j'ai j'ai répondu déjà à la question euh par de Mar. Oui oui oui oui, j'ai bien compris.

Donne la parole. Merci infiniment. Euh dans la bataille impériale euh que nous voyons, vous avez à juste titre rappelé à quel point elle déstabilise le monde madame la députée.

Et elle le déstabilise sur le plan économique et commercial. nous le vivons, elle le déstabilise sur le plan stratégique, elle le déstabilise sur le plan technologique où la course est engagée à une vassalisation accrue puisque la technologie permet aux États-Unis d'imaginer, comme pour la Chine d'ailleurs la logique de l'interrupteur. C'est-à-dire qu'à un moment donné, la technologie devient tellement avancée, tellement sophistiquée qu'elle permet véritablement en jouant sur le bouton de maîtriser la la régulation mondiale.

Et puis il y a un dernier élément qui est central dans l'analyse que je fais, c'est la question idéologique. On voit bien que dans la bataille engagé par Donald Trump, cette question idéologique, elle est centrale et c'est pas un hasard si Donald Trump veut agir en liaison avec Elon Musk, monsieur Jans, sur les populismes européens, sur les extrêmes droites européennes en activant en permanence la question identitaire. Et c'est pour cela que je prends position de façon aussi forte sur la question identitaire parce que c'est un moyen de neutralisation de la démocratie libérale et je crois qu'il ne faut pas être dupe.

La bataille identitaire, elle est l'outil par lequel aujourd'hui les États-Unis veulent soumettre les démocraties. Partant d'un principe très simple. Soumettre un pays, vous pouvez le faire en déclarant la guerre.

Vous pouvez le faire en menant euh des embargots commerciaux ou des droits de douane augmentés, mais vous pouvez le faire aussi en changeant un régime politique à travers une élection. Et la bataille qui consiste à changer celui qui dirige le pays, elle atteint son sommet avec la l'hypothèse qui est la principale hypothèse russe en Ukraine qui consiste à simplement changer Volodimir Zelinski, ne rien changer d'autre et le tour est joué. Et bien la même chose pourrait avoir lieu en Allemagne, au Royaume-Uni ou en France à travers l'activation de cette question identitaire qui mobilise bien évidemment le refus populiste.

Et à partir de là, vous tenez dans votre main l'ensemble de ces États qui obéissent à cette logique impériale de la façon la plus claire. Donc je pense que il faut que ni les droites ni les extrêmes droites, pas plus que toute forme d'extrême, ne tombent dans le panneau et comprennent que derrière l'activation de ce logiciel identitaire et on voit bien le clavier qui va en France depuis le voile, l'immigration qui ne passerait pas par des réponses à travers les politiques publiques mais qui passerait simplement par l'agitation de chiffon rouge conduisent à la division de la nation et à partir de là à la possibilité pour les États-Unis de tirer leur épingle du jeu. Je termine juste sur à quoi pour ressembler le réveil.

Réveil économique, vous l'avez dit, réveil en matière de souveraineté. Et de ce point de vue-là, il faut moins parler d'économie de guerre qui ne me paraît pas le sujet que de se doter de tous les outils de la souveraineté économique, de la souveraineté technologique qui permet à la France d'affirmer la ses intérêts avec des champions européens, avec une économie forte et désendettée. Donc là, il y a une bataille qu'il faut mener et qui est beaucoup plus large que la simple économie de guerre qui donne un côté passée et archaïque.

Même si bien évidemment il faut prendre le fait que la guerre est à nos portes. Merci. La parole à présent pour liberté indépendant outremè et territoire à monsieur Laurent Mazori.

Monsieur le premier ministre, ma question portera spécifiquement sur la Chine que l'on a tendance à oublier en Europe et particulièrement en France avec tous les rembourdissements ératiques que nous impose monsieur Trump. Pourtant, pourtant lesour sont toujours persécutés et enfermés dans des camps et je n'ose imaginer d'ailleurs le sort des 40 d'entre eux qui ont été expulsés vers la Chine par la Thaïlande fin février dernier. Pourtant, les Hong Kongis exilés en Grande-Bretagne s'inquiètent pour leur liberté et s'inquiètent de plus en plus pour leur sécurité du fait du projet d'une grande ambassade chinoise en plein cœur de Londres.

Pourtant, Taïwan est toujours et de plus en plus menacé d'invasion par la Chine. Par ailleurs, son meilleur allié. Les États-Unis ont décidé de la surtaxer elle-même de 32 % et Donald Trump la menace d'imposer des draps de douane allant jusqu'à 100 % sur les importation de semi-conducteurs en provenance de l'île.

Sur le sujet des taxes, les États-Unis appliquent donc depuis cette nuit un taux de 104 % pour la Chine et Pékin a décidé de répondre à la phase précédente par un taux de 34 % entraînant justement l'escalade, exemple du puissant fond que ce que sont toujours les guerres de taux en matière de droite de douane aussi. Que pensez-vous de cette escalade et quelles conséquences pourrait-elle avoir pour ces deux pays mais également pour Taiïwan et pour l'Europe ? Il semble notamment que madame Mursela Vanerleyenne est appelée à éviter cette escalade lors d'un entretien téléphonique qu'elle a eu avec le premier ministre chinois Lik Yang et qu'elle est plaidée pour une résolution négociée de la solution actuelle.

Ah bon ? Qu'impliquerait un rapprochement de la Chine et de l'UE pour cette dernière ainsi que pour la France ? Enfin, comment la France peut-elle contribuer davantage à la protection des minorités persécutées par la Chine et menacé à l'extérieur ainsi que pour soutenir Taïwan qui a décidé pour le moment de ne pas imposer de droits de douane réciproques sur les importations américaines ?

Je vous remercie. Merci monsieur le député. La réponse monsieur de Vilpin.

Merci monsieur le député. La règle concernant la défense de nos valeurs et la défense des minorités doit rester la même pour notre diplomatie. C'est une exigence historique et de ce point de vue- làà bien évidemment cela fait partie des combats et des nécessités de rappel permanent quand nous entrons en dialogue avec un état concerné qu'il s'agisse de la Chine, qu' s'agisse de l'Inde, qui s'agisse de n'importe quel état de la planète qui à un moment ou à un autre pour une raison ou pour une autre contrevient à ce que nous considérons comme central, c'est le respect des droits de l'homme et des valeurs démocratiques.

En ce qui concerne l'escalade à laquelle nous assistons en matière de droit de douane, il y a un impératif qui est celui de trouver des alliés avec lesquels nous pourrons résister de la meilleure façon possible face à l'offensive commerciale américaine. Il faut noter que les les États-Unis se retrouvent aujourd'hui face à la Chine dans une logique qui est inévitablement celle de l'escalade parce que il est hors de question compte tenu du positionnement chinois que la Chine cède un temps soit peu vis-àvis des États-Unis. Donc nous avons en quelque sorte le laboratoire en matière d'escalade commerciale que nous offre la relation entre la Chine et les États-Unis.

À noter que la Chine est en avance de ce point de vue-là et par rapport aux États-Unis et par rapport aux principaux pays du monde. Pourquoi ? Parce que la Chine depuis 2013 quand la Chine a lancé sa grande politique de la ceinture et la route et depuis 2015 où la Chine a lancé son programme Made in China 2025, la Chine a pris conscience de ce phénomène nouveau qui est celui de la rareté des ressources mondiales.

Et la Chine a anticipé par ses politiques cette nécessité qu'il y a de construire des réseaux qui permet de véritablement avoir prise sur l'ensemble du monde. Et c'est pas un hasard si les nouvelles routes de la soie vont jusqu'en Afrique et jusqu'en Amérique latine. Aujourd'hui, l'influence de la Chine en Amérique latine est absolument incontournable.

Donc nous avons besoin d'engager un dialogue comme français et comme européen avec la Chine qui a anticipé ce phénomène de rareté et qui a anticipé cette exigence d'indépendance économique et commerciale par rapport au reste du monde. Donc il y a véritablement de ce point de vue-là une capacité chinoise à avoir des leviers que nous n'avons pas ne serait-ce que le levier des terres rares. Et la première mesure décidée par les Chinois, c'est de fermer le bouton qui concerne les terres rares et ce qui met bien évidemment en grande difficulté un certain nombre de secteurs technologiques américain.

C'est pour cela que je parlais tout à l'heure de la nécessité pour nos entreprises européennes par exemple d'appliquer une règle préférentielle par rapport aux entreprises américaines. Il faut savoir jouer subtilement entre les mailles du filet pour éviter justement cette logique de confrontation qu'il s'agisse des mesures tarifaires ou des mesures non tarifaires. Merci.

Et puis dernière intervenant avant de passer à la dernière séquence he où il y a 21 inscrits, monsieur Lionel Vubert. Merci monsieur le président, monsieur le Premier ministre. Vous soulignez dans votre texte le pouvoir de dire non l'épuisement d'un certain modèle de mondialisation et je crois que nous partageons ce constat celui d'un commerce international qui s'est construit sur une illusion d'équilibre et qui a abouti dans notre pays à une perte de souveraineté industrielle trop longtemps tolérée.

Ce que vous décrivez comme un monde ivre de puissance où les flux commerciaux sont devenus autant d'armes que de pont, c'est ce que nous vivons aujourd'hui. dépendance aux matières premières, fragmentation des chaînes de valeur, guerre économique larvée entre blocs. Le commerce mondial est passé d'un idéal d'interconnexion à un rapport de force et la France pendant trop longtemps était spectatrice.

On a cru que l'économie post-industrielle suffirait à assurer notre puissance. Dans mon département, les Ardaines, on a laissé partir des savoir-fa usines, des brevets. Résultat, nous importons notre acier, nos batteries, nos suiconducteurs et nos voitures électriques.

Depuis quelques années, des choix importants ont été faits. Relocalisation ciblée, soutien à l'innovation, investissement dans les industries vertes. C'est une direction que je soutiens.

Mais soyons lucide, nous ne réindustrialiserons pas la France à coup de subvention ou d'annonce. Il faut une stratégie claire, durable et surtout assumée. Assumé vis-à-vis de nos partenaires européens avec lesquels nous devons bâtir un véritable marché commun de la puissance industrielle.

Assumer face aux grandes puissances en défendant nos intérêts, nos normes, nos standards et assumer à l'intérieur en reconnectant industrie et territoire. La mondialisation la mondialisation n'est pas morte, mais elle a changé de nature à nous de changer notre manière d'y participer. Pas en nous fermant mais en pesant.

En disant non parfois quand nos intérêts vitaux sont en jeu, mais surtout en disant voici ce que nous voulons. La France a encore les moyens d'être une nation industrielle. Encore faut-il qu'elle cesse de douter d'elle-même, redonner à ces territoires et je pense ici aux Ardenes comme à tant d'autres leur place dans la chaîne de valeur, c'est faire le pari d'un avenir enraciné, résilient et stratégique.

Aussi euh, monsieur le Premier ministre, au-delà de la nécessité de bâtir une véritable stratégie économique européenne, comment peut-on donner à nos territoires, à nos régions, véritablement les moyens d' participer, d'accélérer cette reconquête industrielle ? Je vous remercie. Merci.

Monsieur Dominique de Villepin, la réponse s'il vous plaît. Merci. Merci monsieur le député.

En vous écoutant, chacun peut mesurer l'extraordinaire complexité auquelle nous devons faire face. car en effet il y a les grands équilibres mondiaux, la nouvelle équation impériale et puis il y a la réalité de tous les jours auquel sont soumis nos compatriotes à travers des drames comme la désindustrialisation, la fermeture d'un certain nombre d'usines et ce sont des vies qui basculent et et je vois à quel point il est difficile à l'échelle du gouvernement ou du président de la République quotidiennement de tenir les deux bouts de cette chaîne et d'être capable de prendre en compte, j'en discutais encore récemment avec un certain nombre de partenaires sociaux, de prendre en compte l'inquiétude de notre population, d'hommes et de femmes qui aujourd'hui se demandent si leur emploi va être supprimé, si leur temps de travail va être bousculé. Donc il y a une réalité sociale qui s'impose à nous.

Et c'est pour cela que je me permets à l'occasion de votre question de répondre en préambule qu'il y a une exigence que nous ne devons pas lâcher et qui a malheureusement été lâchée depuis trop longtemps dans notre pays. C'est que on peut, comme le font un certain nombre de mouvements politiques, évoquer en permanence la question de l'ordre. l'ordre, c'est fondamental dans un pays en rappelant que cet ordre doit être républicain et trop souvent, on a tendance à privilégier un ordre qui serait malheureusement qui nous conduirait malheureusement à sacrifier trop de liberté, donc un ordre républicain mais cela ne peut pas aller sans l'exigence sociale.

Et quand on a une politique qui part sur le mauvais pied et on l'a vu par exemple avec la baisse des APL ou la suppression de la peau sous la fortune sans donner de gage à aucun moment à la justice sociale en espérant que la justice sociale se réglera d'elle-même à travers la croissance et à travers le développement d'une politique de l'offre. Et bien, on voit que c'est beaucoup de malheur qui au bout du compte parce qu'il y a d'autres urgences qui viennent et que euh derrière la bataille commerciale, il y aura demain une autre bataille et finalement au bout du compte, c'est la variable humaine qui est celle de l'ajustement, qui est celle qui constamment devient cette variable qui euh est passée par perte des profits. Donc la bataille de l'industrialisation, elle est nécessaire à l'échelle nationale, mais elle ne peut être conduite efficacement qu'à l'échelle européenne, en tout cas en liaison avec les autres pays.

Donc il y a des choix à faire sur des filières, sur des stratégies, sur des champions européens avec une déclinaison et des choix à faire sur les différents territoires. Ce travail de vision qui est un travail qui ne peut être fait que dans une vision à moyen terme et à long terme, il est nécessaire. Regardez, on a fait l'éloge de la batterie de la batterie électrique et on a laissé fermer chez nous des usines qui fabriquaient ces mêmes batteries.

On fait aujourd'hui l'éloge euh de retour à l'économie de guerre et on laisse un certain nombre d'entreprises qui sont spécialisées dans ces secteurs fermés. Donc euh ça montre bien la difficulté à tenir l'ensemble de ces exigences. Donc cette bataille, elle est globale mais elle doit être soucieuse de l'application sur chaque territoire, sur chaque secteur, sur chaque filière.

Euh c'est véritablement pour le pouvoir aujourd'hui euh gouvernemental et présidentiel un défi exceptionnel et je ne suis pas sûr que nous ayons les outils nécessaires à une mobilisation exceptionnelle. C'est pas pars qu'on mène la bataille. Les mots, ils servent à mobiliser, mais c'est aussi par des outils.

Nous n'avons pas aujourd'hui les outils qui permettent d'assurer la cohérence des territoires. Je prends un exemple. J'avais été sidéré en arrivant en 95 à l'Élysée comme secrétaire général que le seul véritable outil fonctionnel de notre République, c'était le conseil des ministres qui était un ordonnancement tout prévu d'avance.

Chacun devait dire la phrase au bon moment. Tout était ordonnancé. Et nous n'avions pas, par exemple, un conseil des territoires qui permettait au président de la République et au premier ministre en liaison avec l'ensemble des présidents de région toutes les semaines ou tous les 15 jours de se réunir pour avoir ce retour de la vie du pays.

Cela manque et on se retrouve bien des années après avec la fracture territoriale, l'effondrement des services publics qui est une des grandes causes et l'impuissance de l'État qui est une grande une des grandes causes de la montée des populismes en France et en Europe. Merci beaucoup pour à présent euh euh de passer à un dernier exercice. Des questions plus plus courtes hein d'une minute donc avec euh un des thèmes plus euh plus plus ciblés.

Nous avons 21 inscrits. Je propose de prendre des questions quatre par qu comme ça vous aurez peut-être moyen de d'abord de terminer dans dans des dans des délais raisonnables et puis peut-être de d'arriver à trouver des des cohérences entre les questions. Les quatre premiers sont Michel Guignaot, madame Laurence Robert de Haut, monsieur Stéphane Ablot et madame Caroline Yad.

Monsieur le député Michel Guigot, vous avez la parole. Oui. Pour une minute.

Oui, merci. Voilà, je vous donne le micro par monsieur le président, monsieur le premier ministre, mesdames, messieurs, dans votre dernier essai intitulé le pouvoir de dire non, vous affirmez que vous voulez montrer qu'on peut faire des choses et que vous souhaitez faire en sorte d'apporter jusqu'au bout votre contribution. Monsieur le premier ministre, vous avez su dire non à la participation de la France à la guerre en Irak en 2003.

Mais qu'en est-il de la participation de la France possible à la guerre en Ukraine face à la Russie ? Vous l'avez un tout petit peu évoqué tout à l'heure, mais j'aimerais avoir plus de précision. Et face à un président qui précipite la France dans un péril économique, sociétal et militaire, comment auriez-vous pu dire non si vous aviez été premier ministre ?

Vous qui souhaitez faire un retour marqué en politique et qui êtes un expert des relations internationales grâce à votre carrière de diplomate autant que de consultants, pourriez-vous nous indiquer comment est-il possible de sortir de l'impasse dans laquelle nous trouvons actuellement ? Merci monsieur le premier ministre. Merci pour votre question.

La parole à présent madame Laurence Robert de Hau. Merci monsieur le président. Monsieur le Premier ministre, vous avez récemment affirmé que l'Amérique ne peut plus être considérée comme un allié de l'Europe.

Depuis le retour de Donald Trump, vous faites appel à des concepts forts tels que celui d'état d'urgence ou de vassalisation de l'Europe. Pour répondre à l'offensive de Donald Trump sur les droits de douane, l'Union européenne par la voix d'Ursula Vlen a proposé un accord sur les droits de douane zéro pour zé pour tous les produits industriels. Une auenne pour l'Allemagne.

Le salut de la France peut-il réellement passer par l'Union européenne ? Celle la même qui s'est déchiné à torpill notre industrie nucléaire, qui s'échine à l'heure actuelle à torpiller notre agriculture et qui depuis des décennies a systématiquement privilégié les intérêts industriels allemands en démantelant nos capacités stratégiques au nom d'une intégration déséquilibrée. Je vous remercie.

Merci monsieur Stéphanabla. Prenez, je donne le micro. C'est bon.

Monsieur le premier ministre. Merci infiniment pour vos interventions toujours précieuses. Erdogan a réussi à éteindre la lumière qui brillait sur la République turque.

Le maire d'Istanbul arrêté, emprisonné. Des journalistes et opposants croupissent dans les prisons. À quelques kilomètres du Bosfort, un nouveau chapitre s'ouvre.

Al Charas s'en part de Damas. Les pleins pouvoirs lui sont accordés. On entend parler d'un état de droit.

Dans le même temps, des centaines d'alaïdes sont massacrés, des chrétiens sont menacés et des Kurdes abandonnés. Monsieur le Premier ministre, quelle position selon vous pour la France et pour l'Union européenne que cette position que doivent prendre la France et l'Union européenne pour construire une paix durable dans cette région ? Merci.

Et puis dernière intervenante dans cette première séquence, madame Caroline Yadan. Je vous remercie monsieur le premier ministre. En 2012, une enquête du journal Le Point a révélé que vous aviez pour clients le Qatar Luxury Group, fond d'investissement personnel de l'épouse de l'imire du Qatar.

À Sciencep, vous avez été le tuteur de Maissa fille de l'émire qui vous surnommé selon plusieurs médias mon second père. Vous avez par ailleurs évoqué le 22 novembre 2023. Dans l'émission quotidien, je cite une domination financière sur les médias et la musique aux États-Unis. propos qui relèvent d'une rhtorique complotiste qui ont été d'ailleurs largement condamnés y compris par des membres de votre ancien parti politique.

Enfin, vos vos récurrente saillé anti-israéliennes comme par exemple la reprise du terme génocide qui constitue pourtant une controérité factuelle et juridique vous a septembre 2024 un plébiscite de l'agence de presse Goods News Network proche du Ramas et un rapprochement réel avec l'extrême gauche antisémite. La question est donc la suivante : votre proximité avec le Qatar influence-elle votre positionnement politique ? Et ne pensez-vous pas que la calomnie fondée sur l'inversion accusatoire entre le Hamas, mouvement terroriste islamité et Israël, pays démocratique, contribue à alimenter la haine des juifs dans notre pays ?

Merci. Merci monsieur le Premier ministre. Quatre questions différentes.

Merci monsieur le président. Euh monsieur le député, sur euh l'Ukraine euh la position de la France euh a un peu fluctué au cours euh des dernières années et elle s'est stabilisée sur, je crois, euh des principes qui sont justes. à la fois la nécessité d'un soutien ferme à l'Ukraine et un soutien qui doit s'inscrire dans la durée et qui suppose que nous ne cédions pas à un dictat de paix ni de cesser le feu de quelque puissance que ce soit et on voit bien que c'est la tentation aujourd'hui et de Donald Trump et de Vladimir Poutine.

Il n'est donc pas question en quelque sorte d'honorer une signature à un accord de cesser le feu ou de paix auquel l'Union européenne et bien sûr l'Ukraine n'aurait pas été partie. Et de ce point de vue-là, je pense que l'engagement qui doit être le nôtre pour apporter notre contribution à un éventuel cess de feu ou au respect d'un accord de paix concernant des garanties passe par un engagement qui doit être responsable. Et ça veut dire en particulier que cet engagement ne doit se faire que dans un cadre multilatéral parce que tout autre cadre nous entraînerait dans une aventure et une escalade qui serait dangereuse. 2è 2è question sur les droits de douane.

Ouais, c'est ça. Puis là, est-ce que l'Europe est le sur les droits voilà sur les sur les droits de Louine ? Je pense que euh l'idée que nous puissions aujourd'hui faire face seul à cet enjeu commercial euh relève véritablement de l'utopie.

Il faut donc conjuguer nos efforts à l'échelle nationale et à l'échelle européenne. Bien évidemment, il y a des rapport de force au sein de l'Union européenne. Nous savons que les intérêts de grands pays comme l'Allemagne en matière industrielle ou d'autres pays ne sont pas les mêmes.

Et il nous appartient avec ceux qui ont les mêmes intérêts que nous et bien de faire bloc pour trouver la juste voie du compromis. Sachant qu'il y a une clé centrale, c'est l'unité. Si nous ne sommes pas unis, alors il sera extrêmement facile et le cas va se poser dans les prochains jours avec la question de l'Italie qui si l'Italie obtient satisfaction seule, alors le cheval de 3 sera véritablement en place pour ruiner les chances de l'Europe de défendre dans de bonnes conditions ses intérêts en matière commerciale.

On voit bien à quel point la discussion et la négociation est aléatoire, à quel point elle est aussi personnalisée dans certains cas et dans les derniers jours, il y a des États qui ont vu se enf ont vu lever les droits de douanes qui étaient dirigés contre leur pays et d'autres qui ont vu des droits de douanes tout à fait ridicules qui leur a été posé je pense à un pays comme le les mérite pas une telle vindicte de la part des États-Unis. Donc une fois de plus, l'unité de l'Europe et l'activation de tous les leviers mais dans le cadre d'une riposte graduée. Sachant que la riposte non maîtrisée aura pour principale conséquence de faire payer l'addition par les consommateurs européens.

Donc la voie est étroite, il faut être habile, il faut moins chercher lesbrouffes et l'action d'éclat que l'efficacité au cas par cas dans une avancée progressive mais bien évidemment une très grande détermination. En ce qui concerne la Turquie et la Syrie, nous voyons bien progresser effectivement les tentation autoritaires. Pour ce qui concerne la Turquie, ce n'est pas tout à fait une nouveauté et le fait d'avoir interdit de campagne le maire d'Istanbul est évidemment un problème caractérisé sur le plan démocratique qui pose le problème des relations entre l'Union européenne et la Turquie.

Donc nous avons à peser de tout notre poids sur le président Erdogan pour lui faire comprendre que tout cela a des conséquence extrêmement lourde. Nous savons aussi que la logique des pouvoirs autoritaires et bien évidemment c'est de se survivre à eux-mêmes et de se perpétuer. Donc ils sont dans des combats qu'ils estiment existentiels pour péréniser surtout à un moment où la Turquie est engagée dans un double défi. le défi de ses positions et de son offensive en Syrie puisque la Turquie est un élément clé de la stratégie qui a conduit monsieur Alchara à la tête de l'État syrien et par ailleurs l'offensive alors elle plus pacifique espérons-le en ce qui concerne les Kurdes avec la possibilité d'une reprise du dialogue et voir d'un avancée vers un accord qui aujourd'hui se fait miroir sur la scène turque.

Donc, ce sont des choses très complexes. Je crois que là aussi, il faut avancer pas à pas collectivement avec l'Union européenne si on veut être efficace pour bien marquer les valeurs et les principes qui sont les nôtres, mais avec le souci à aucun moment de faire la politique du pire. Et on voit bien qu'en Syrie, par rapport à la situation antérieure, il y a des progrès et il ne faut pas non plus imaginer que ces progrès puissent continuer à se produire tout seul.

Nous devons donc être présents. Nous devons donc engager un dialogue. Nous devons donc accompagner au fur et à mesure les progrès qui seront ceux de ce régime, notamment dans la dans le traitement des minorités et notamment dans le maintien de l'unité qui est aujourd'hui évidemment toujours mise à mal de la Syrie.

En ce qui concerne la dernière question, alors là, je ne saurais trop vous remercier de me la poser et de ce point de vue-là, je dis merci 20 fois. D'abord parce que nous savons aujourd'hui que la question du Qatar ne se pose pas quant à moi, mais nous savons qu'elle se pose quant au premier ministre israélien et à son entourage et et nous savons que c'est une des raisons pour laquelle l'offensive judiciaire menée par monsieur Benjamin Netaniaou a été lancée. C'est la question de l'influence du Qatar sur les décisions prises par le Premier ministre sur en ce qui me concerne, je le dis tout de suite, je n'ai aucun lien avec aucun fond Qatarie et je n'en ai jamais eu.

On voit bien par contre l'intérêt de ceux qui lancent ce type de rumeur de les faire prospérer pour discréditer une parole qui dans certains cas serait susceptible de déplaire. En ce qui concerne le génocide, alors là, je m'inscris en faux. Je vous invite à rechercher dans vos files, à demander à vos attachés parlementaires de faire un travail sérieux.

Je n'ai jamais employé ce terme. Jamais. De la même façon que j'ai toujours condamné l'attentat terroriste, les attentats terroristes du 7 octobre.

Euh en ce qui concerne la domination financière, alors là, je persiste et je signe. Euh si euh la domination financière ne s'exerce pas aux États-Unis sur les médias, euh je crois que euh il faut arrêter la politique tout de suite parce que il suffit de regarder le Washington Post, il suffit de regarder X. Euh on voit bien que c'est bien parce que il y a des grands capitaines oligarques d'industrie qui sont capables de manipuler cette information que nous sommes dans cette dérive euh information absolument majeure.

Euh par ailleurs, je le dis en France, je le rappelle devant cette commission, euh 90 % de la presse quotidienne en France est tenue par 10 milliardaires. 90 % et et 55 % de la presse audiovisuelle et 45 % des plateformes numérique. Alors, je veux bien que pour des raisons idéologiques, on refuse de voir la vérité mais il n'y a pas de politique qui puisse commencer sans regarder la vérité en face et c'est le départ d'une action raisonnée.

Merci pour cette ces premières réponses. Autre série de questions, je donnerai la parole à madame Carois, madame Angran, à monsieur Jérôme Buisson et madame Pascal Gau. Madame Éonore Carois, vous avez la parole.

Je vous donne le micro. Merci monsieur le président. Monsieur le Premier ministre, je vous remercie de votre présence devant notre commission aujourd'hui et pour le regard lucide, expérimenté et indépendant que vous portez depuis de nombreuses années sur les relation internationale.

De très nombreux sujets ont été évoqués ce matin. La guerre commerciale initiée par les États-Unis, la nécessaire réforme de la gouvernance des instances multilatérales. Je ne reviendrai pas dessus.

Je voudrais pour ma part que nous parlions d'Amérique latine en premier lieu du Venézuela, pays que vous connaissez très bien et qui semble être paralysé dans une crise institutionnelle depuis notamment les élections du 28 juillet dernier. J'aimerais avoir votre regard sur l'évolution possible, probable, souhaitable de la situation dans ce pays. D'autre part, d'Haïti, autre pays où une crise majeure se joue actuellement dans une certaine indifférence euh des différentes puissances mondiales. et enfin de ces alliés qu'il nous faudrait chercher face à l'offensive de l'administration Donald Trump et donc de ces accords notamment l'accord du mercour dont il est tellement question en France et dont on parle souvent avec un certain nombre de préjugés.

Je vous remercie. Merci. Deuxème question de cette série, madame Christine en grand.

Merci monsieur le président. Monsieur le premier ministre vous avez été aux premières loges d'un monde encore régie par des équilibres lisibles où la voix de la France même isolée pouvait peser. Mais la France la France a décroché. non pas seulement militairement ou économiquement, mais désormais stratégiquement et diplomatiquement.

Au risque d'avoir un constat trop sévère, nous avons déserté les terrains que d'autres ont occupé, l'Afrique, le Levent, la Méditerranée orientale. Ce n'est plus notre logiciel qui structure ces régions et ce ne sont plus nos alliances qui comptent. Dans ce brouillard géopolitique, on ne voit plus l'ombre d'une vision française, seulement des suivismes, des emballements ou des renoncements.

Avec un budget en complet déséquilibre, des entreprises en grande difficulté, une bourse qui dévisse, une armée à reconstruire avec une guerre à nos portes. La France peut-elle encore redevenir une puissance d'équilibre ou doit-elle se résigner à n'être qu'une puissance d'habitude, figé dans la nostalgie et incapable d'habiter le monde qui vient ? Merci.

Merci monsieur Jérôme Buisson pour une minute. C'est bon, je vous ai donné le le micro. Merci monsieur le premier ministre.

Monsieur le président, vous avez une rédition incontestable et incontestée. Vous avez un phrasé et un ton qui fait qu'on vous écoute, une expérience aussi. Mais vous ne faites pas de la géopolitique, vous faites de la diplomatie déclarative.

Vous souhaitez changer les cadres européens et mondiaux. Vous prenez la diplomatie mais en louant un président Macron qui l'a mise plus bas que terre. Alors, concrètement au-delà des belles phrases face aux empires américains, chinois et russes, vous semblez souhaiter la création d'un empire européen contre les empires.

Or, face à la brutalité, la puissance militaire et économique, face à l'unilatéralisme, vous opposez la diplomatie européenne paralysée par vos divergences, par nos divergences. Or, la diplomatie française est contestée et en recul. Proposez-vous donc une dilution et un effacement de la diplomatie française dans un empire chimérique.

Merci. Dernière intervenante, Pascal Ga madame la députée. Merci monsieur le président.

Monsieur le premier ministre, vous avez évoqué beaucoup de sujets. Imaginons que vous deveniez président de la République. Que feriez-vous ou que ne feriez-vous pas en urgence en terme de diplomatie ?

Dans votre écrit aux dire non, vous dites il faut retrouver dans le brussement des jours et le silence des gestes la part humaine qui résiste encore. Quelle est votre idée derrière cette phrase ? Merci monsieur le premier ministre.

À vous de répondre dans dans l'ordre que que vous souhaitez. Merci monsieur le président. Madame la député, concernant l'Amérique latine, vous avez raison de mettre l'accent sur ce continent qui est trop souvent délaissé alors que nous y avons des atouts majeurs comme français et comme européens.

Et vous avez raison de de prendre en exemple la crise vénézuélienne qui est particulièrement emblématique des difficultés de cette région. Nous assistons à une nous avons assisté à une descente aux enfers au fil des années concernant le Venezuela. Une crise qui est désormais ralentie mais qui n'est pas arrêtée et qui s'accompagne d'un effondrement euh économique, d'une hémorragie migratoire, d'une quasi-guerre civile.

Et il est donc essentiel de trouver la juste politique. L'Amérique, les États-Unis ont très largement privilégié une stratégie de cubanisation menée par une pression maximale de Washington qui, je crois, n'est pas la bonne stratégie. Euh, il est donc aujourd'hui indispensable de mener une politique européenne et une politique française différente, indépendante, fondée sur un processus de stabilisation et de réconciliation nationale, car le risque est sinon euh une contagion des renversements par la force sur le continent.

On voit à quel point il y a une fragilité de toute une série d'États et en particulier une déstabilisation de toute la région pacifique par le narcotrafic qui aujourd'hui menace ces tous ces états. Et je pense également que le Venezuela peut servir de laboratoire dans la mesure où régler la question vénézuélienne oblige à se coltiner avec un certain nombre de très grande puissances et en particulier la Chine qui occupe une place importante, la Russie aussi, mais nous avons moins de capacité à pouvoir agir avec elle. Donc, il faut impérativement que nous soyons capables de développer un modèle euh de gestion de crise sur cette question avec les Européens, en liaison aussi avec euh de grands pays latino-américains et je pense en particulier avec le Brésil.

En ce qui concerne Haïti, nous voyons là aussi la situation qui ne cesse de s'aggraver avec un prix pour l'ensemble des habitants absolument tragiques. Il est totalement inoui qu'à quelques encablures des États-Unis et compte tenu des liens que Haïti a avec un pays comme la France, nous ne soyons pas capable de nous mobiliser pour apporter au moins des réponses plus fortes à la crise humanitaire et essayer de tirer un peu plus les fils d'une résolution d'un règlement de la crise politique. Donc je crois que ça fait partie effectivement de ces de ces grands enjeux qui peuvent apparaître éloignés des préoccupation des Français et des Européens mais qui ont dans l'ensemble de la communauté internationale dans le sud global vocation à montrer à quel point nous sommes capables d'être opératoire d'être efficace je l'espère si nous nous engageons dans le règlement de ces crises.

En ce qui concerne madame la députée la la situation de d'effacement et de risque pour la diplomatie française, la situation d'emballement du monde et la nécessité face à cela de réagir avec les moyens qui sont les nôtres. Comment faire pour que nous puissions être à la fois une puissance d'équilibre et une puissance capable d'agir et non pas une puissance d'habitude ? Je crois que vous avez raison.

C'est c'est une bonne façon de poser les problèmes et ça suppose sur chaque dossier mais en même temps avec une vision plus large des enjeux du monde d'où l'importance que j'accorde au principes. Une bonne diplomatie doit toujours se référer à des principes qui doivent être connus et qui sont connus. Et il est très dommage que nous perdions le fil de ces principes au fil d'opportunités ou de difficultés.

Je pense que la clé, c'est la capacité que nous avons à nous engager sur un certain nombre de ces crises pour faire la différence. En matière africaine, nous l'avons nous le savons sur le Congo ou autre, il faut franchir la barrière de l'indifférence internationale et ne pas se contenter d'une diplomatie formelle de conférence, de réunion, de déplacement ministériel. À un moment donné, il faut mettre les mains dans l'huile.

Ça veut dire rentrer dans le logiciel d'un conflit. En ce qui concerne euh la question, monsieur le député, euh sur la diplomatie déclarative, sur la diplomatie déclarative, euh je crois que et je suis heureux de vous le rappeler, une diplomatie, ça commence par la parole, mais la parole c'est une action en matière diplomatique quand la parole est choisie. Donc je vous remercie les compliments que vous avez bien voulu me faire, c'est déjà le début d'une action.

Euh le drame, c'est quand euh c'est quand euh euh cette euh action ne prend pas forme. Et je crois que de ce point de vue euh sur l'ensemble des sujets que nous avons abordés, nous voyons bien que l'action, elle est là. Euh c'est ce qui si l'action elle est là.

Regardez en matière de droit de douane, regardez en matière d'architecture de sécurité, regardez en matière de gestion des crises. Les propositions, vous n'avez qu'à vous pencher pour les trouver sur Gaza, sur l'Ukraine. Le cadre est là.

S'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît. Si c'est l'action. Non, mais l'action, elle est l'action.

Oui, mais je suis là. L'action m'était posée à titre personnel et je ne suis pas au gouvernement. il vous a pas échappé et et je n'ai donc aucune responsabilité personnelle dans ce qui se passe, ce qui est peut-être une chance.

Euh mais en tout cas, c'est comme ça. Alors, dernière dernière question euh la question de madame la députée Pascal Ga sur votre jolie phrase sur Oui. sur le l'humanité.

Oui. Sur la question humaine, la part humaine. Oui.

Je pense que la diplomatie risque souvent à travers la vision très large qu'elle a pour objectif d'avoir de donner le sentiment de s'éloigner des préoccupations des gens, de de s'éloigner des préoccupations quotidiennes, des préoccupations concrètes comme on dit. Je crois que c'est pour cela que la diplomatie ne doit jamais oublier sa part humaine, la part d'humanité qu'il y a derrière un conflit. Et c'est pour cela qu'il ne suffit pas de faire du tourisme diplomatique comme on le voit trop souvent, de s'approcher d'un certain nombre de crises pour euh ne pas poser d'actes politiques.

Et c'est ce qui me gêne personnellement, même si je salue la visite du président de la République dans la proximité de Gaza. Je salue sa volonté de renouer les fils diplomatiques avec l'Égypte, avec la Jordanie. Mais je crois qu'il faut aller plus loin et qu'il faut faire de la politique.

Et moi, c'est là où je crois que la diplomatie, c'est de faire de la politique, c'est-à-dire de changer les paramètres de la réalité sur le terrain. Et c'est pour cela que je le redis, reconnaître aujourd'hui l'État palestinien, ça fait bouger les lignes, ça modifie l'équation sur le terrain parce que ça montre la détermination irréversible de la France et de l'Europe à s'engager véritablement dans ce sens. Et ça montre qu'il y a une autre voie que la violence et que la mort au bout du chemin pour les populations palestiniennes.

Donc ça redonne un espoir et vous n'imaginez pas à quel point cela changerait le regard d'une très large partie de la communauté internationale qui n'en peut plus jour après jour de s'interroger sur les raisons qui conduisent à la perpétuation de cette violence qui apparaît aujourd'hui sans raison. Sans raison. Sans raison. 7 octobre.

Monsieur, mais sans raison sans raison autre' sans raison sans raison autre qu'aujourd'hui que la recherche que la recherche d'une dissuasion qui a été restaurée et donc la raison la raison a disparu et aujourd'hui sans autre raison que la revanche ou une volonté d'éradication de la population palestinienne qui n'est évidemment acceptable par personne dans la communauté internationale. Merci. Je donne la parole à présent.

Oui, je me permets quand même d'assister, je dis bien sans raison, c'est aujourd'hui le sentiment qui se répand de plus en plus en Israël, en Israël. Et c'est la raison pour laquelle tant d'Israéliens manifestent jour après jour pour réclamer pour réclamer un peu de raison dans ce conflit. Plî s'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît.

Le le rôle est que chacun pose des questions et que monsieur Dompin réponde à chaque fois ce qu'il vient de faire. Euh la parole à présent à monsieur Arnaud Legal, puis Jean-Paul Leco et puis madame Liliana Tangi et madame Constance Legrippe. Monsieur Arnaud Legal.

Merci monsieur le président. Monsieur le premier ministre, j'ai lu avec attention votre essai le pouvoir de dire non. En une minute, le l'idée la plus forte que je retiens est que nous faisons face au risque d'une fermeture des horizons ouverts en 1789.

J'ajoute qu'on observe au niveau international et national inséparable le retour d'une haine de l'égalité, même purement formelle, donc de la liberté de la souveraineté des peuples, haine qui a toujours été le principe cardinal des forces qui n'ont jamais accepté la rupture de 1789. Alors pour faire face sur un plan opérationnel, vous placez l'Europe au centre des leviers possibles de la diplomatie française. J'observe qu'au moment même où les dernières illusion de l'atlantisme sont piétinées, la majorité des dirigeants européens, même en France, qu'ils soient libéraux ou d'extrême droite, sont incapables de penser dans un autre cadre que l'atlantisme ou l'occidentalisme.

On le voit à la lumière de l'incapacité à prendre des décisions radicales dans le domaine des moyens nécessaires à l'indépendance européenne. On peut citer le numérique, mais la liste serait très longue. Et on le voit également dans l'usage très sélectif du droit international dont fait preuve de l'Union européenne, tout comme malheureusement notre propre diplomatie, selon que les principes de ce droit sont piétinés par ses amis ou par ses ennemis.

Sélectivité qui s'explique aussi, je crois, par l'imposition d'une lecture identitaire et occidentaliste du monde. Alors, à quelles conditions selon vous l'Union européenne peut-elle remplir ce rôle de levier de notre diplomatie et non pas celui de frein au retour d'une action diplomatique réellement mondiale ? Je vous remercie.

Merci monsieur Jean-Paul Lec la parole. C'est bon, vous avez le micro. Merci monsieur le président.

Monsieur le premier ministre, la première chose que je j'aimerais connaître, c'est votre position puisque vous êtes attaché au multilatéralisme sur le l'évolution du traité d'interdiction des armes nucléaires. Et est-ce que vous pensez que la France pourrait être membre observateur de ce traité d'interdiction ? La seconde question concerne la carte qui est derrière vous.

Euh vous étiez au qu d'ors auriez-vous changé les cartes pour faire des cartes coloniales au moment où vous aviez la responsabilité de ce ministère ? Ma troisème question concerne les la souveraineté et ce que vous avez expliqué tout à l'heure, vous vous portez et vous vous défendez comme défenseur du gaulisme général de Gaulle et d'autres alliés à l'époque parmi lesquels il y avait les communistes quand il y avait danger dans notre économie avait su nationaliser des industries pour les porter. Ne pensez-vous pas qu'aujourd'hui il y a danger pour notre économie, il y a danger pour notre souveraineté que l'outil de la nationalisation, vous l'avez pas cité mais pourrait en être un.

Merci beaucoup monsieur le coq madame Lilian Atangué. Merci monsieur le premier ministre. Vous avez mentionné à plusieurs reprises les principes de l'universalisme qui qui fondent l'influence de la France dans le monde.

Or, nous constatons que c'est l'international des réactionnaires qui se développe et qui déstabilise les démocraties libérales. La logique impérialiste et de rapport de force des États-Unis et de la Russie fait peser une menace existentielle sur l'Europe. Alors, monsieur le Premier ministre, face à l'imprévisibilité du président Trump, la vraie question qui se posera aux Européens n'est-elle pas celle du risque d'une levée unilatérale par les États-Unis des sanctions à l'égard de la Russie qui lui permettrait de se réarmer en 2 3 ans quand l'Europe peine à affirmer sa capacité de puissance stratégique pour défendre sa souveraineté.

Je vous remercie. Merci madame Constance Lripe. Merci monsieur le président.

Monsieur le premier ministre. Je voulais vous entendre sur la Russie et le régime de Vladimir Poutine, je vous ai trouvé à vrai dire beaucoup plus diser pour dénoncer l'impérialisme américain, l'impérialisme prené par l'administration Trump que pour dénoncer l'impérialisme russe et les comportements criminels du régime de Vladimir Poutine. Par ailleurs, j'observe quand même que vous avez tenu devant nous des propos s'agissant de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie qui sont à mon sens d'une tonalité assez différente de ce que vous pouviez dire s'agissant de de la Russie et de l'Ukraine avant avant cette invasion à grande échelle parce qu'il fut un temps où vous cignez un article avec Sergeille Ivanov de mémoire Serge Ivanov pour dénoncer les sanctions tant américaines qu'européennes où Vous aviez aussi euh souvent des propos sur l'humiliation qui serait infligé à à la Russie par les Américains, les Européens, l'Otant, on ne sait pas très bien qui.

Voilà. Donc je voulais, j'en termine monsieur le président, vous vous demandez si ce goocommunisme dont vous prétendez être l'étendard et est un peu trop complaisant avec certains comportements russes. Merci monsieur le premier ministre.

Merci monsieur le président. Monsieur le député, sur la capacité de l'Europe à se doter des leviers indispensables et les conditions qui doivent lui permettre de le faire. Euh on voit bien qu'il y a deux niveaux auquels il faut situer.

Il y a les niveaux euh euh premiers de base des 27 états euh qui est exigé dans un certain nombre euh de domaines euh qui doit nous poser le cadre d'une réaction euh groupée euh des pays de l'Union européenne en réaction à cette prise en étau face à cette nouvelle donne à la fois américaine et chinoise. Et ça ça implique évidemment un sursaut de la part de tous. Et il y a par ailleurs la nécessité de redonner vie à la relation franco-allemande et je pense que nous entrons dans une période où cela va être possible avec le nouveau chancelement, monsieur Frederic Mer, qui doit nous permettre d'impulser des solutions nouvelles.

On voit du côté allemand, ils l'ont montré dans le domaine du frein à la dette, une volonté d'avancer. On l'a vu aussi en ce qui concerne l'intérêt qu'il porte aujourd'hui à à discuter de la question nucléaire avec la France. Donc ce qu'il faut souhaiter que y compris sur les questions de mutualisation de la dette, d'emprunt commun, euh nous ayons ainsi la capacité euh d'avoir des leviers effectifs qui nous permettent d'investir dans les secteurs stratégiques qui sont aujourd'hui centraux pour faire face à l'offensive auxquelle nous faisons face et en particulier pour donner une réalité plus consistante à la question de la souveraineté européenne.

En ce qui concerne les différentes questions concernant le traité d'interdiction sur les essais nucléaires ou sur les armes nucléaires, bien évidemment, nous voyons la situation internationale évoluer et pas dans le bon sens puisque je pense qu'une des caractéristiques du monde où nous allons entrer, c'est justement le redoublement de la prolifération. Il y a peu de chance que un certain nombre de pays européens tirent la conclusion de l'affaire ukrainienne qu'il faille ne pas s'engager dans cette voie. Je fais la même réflexion sur le Moyen-Orient.

On peut imaginer qu'en Asie et dans d'autres pays, la réflexion aille aussi dans ce sens. Donc que l'on réfléchisse à ce qui pourrait nous permettre d'avancer dans le sens d'un traité d'interdiction me paraît une bonne chose, mais aujourd'hui, je ne crois pas du tout qu'en ce qui concerne la France, il soit crédible ni réaliste de vouloir envisager une modification de notre positionnement et de notre stratégie. En ce qui concerne euh la question du Sara occidental, on voit qu'elle est à nouveau sur la table, ne serait-ce que parce que avec la reprise du dialogue euh en direction de l'Algérie, évidemment ça fait partie des sujets qui seront évoqués.

Le président de la République a pris une décision de reconnaissance de la marocainité du Sara occidental. Comment faire en sorte que cette décision puisse rentrer dans le cadre euh du euh droit international et euh des débats qui sont aujourd'hui euh à l'heure euh internationale dans le cadre des Nations- Unies ? toute la difficulté faire en sorte que nous puissions avancer avec l'ensemble des partis et y compris en ce qui concerne l'Algérie.

Et et peut-être sur ce point, je reprendre l'idée de de Jean-Paul Leco a été modifiée pour rendre cohérente la carte qui se trouve derrière vous avec la carte produite par le ministère des étrangères. Est-ce que vous l'auriez faite ? C'est ça là.

Alors, je je pense que la règle c'est la règle de l'ordre international et donc c'est celle qui doit on décide pas unilatéralement de la modification du tracé de tel ou tel état. C'est un accord international et donc c'est le droit international qui fait la règle de ce point de vue-là. En ce qui concerne les nationalisations, la question de la souveraineté doit nous conduire à réfléchir sur des secteurs stratégiques, à ce qui doit être fait.

Et je pense que tous les outils sont susceptibles d'être mis sur la table si c'est nécessaire. On peut pas à la fois considérer que notre sécurité est menacée comme français et comme européen et ne pas réfléchir aussi au moyens d'activer certaines filières qui demandent véritablement des moyens exceptionnels. En ce qui concerne la question entre contre révolution et révolution, je crois que c'est à des vrais enjeux du monde d'aujourd'hui.

Et on voit bien que les États-Unis, la Russie, un certain nombre d'empires sont aujourd'hui des forces qui jouent sur ce clavier de là contre révolution par rapport à l'évolution des mentalités et notamment par rapport à la démocratie libérale. L'objectif sur lequel se retrouve aussi choquant que ça puisse paraître et paradoxal se retrouve un certain nombre d'États. C'est pour dénoncer la démocratie libérale, les principes qui la fondent et les valeurs qui la constituent.

Et s'il y a une attaque si en règle à la fois en Hongrie, à la fois en Russie, mais aussi aux États-Unis aujourd'hui contre l'état de droit, c'est-à-dire contre les médias, contre la justice et contre les administrations, c'est bien parce que cet état de droit dérange et je pense que il est encore plus nécessaire de livrer cette bataille si l'on veut euh être effectivement capable de maintenir et de ne pas renier le modèle qui est le nôtre. En ce qui concerne la dernière question, alors je suis là aussi heureux de répondre à votre question parce que nouvelle confusion, je n'ai jamais signé de tribune avec monsieur Sergey Ivanov. Jamais.

C'est une tribune qui a été signée avec monsieur Igor Ivanov. Il faut toujours essayer de d'être précis quand on dit les choses, ce qui n'a effectivement rien à voir puisque monsieur Serge Ivanov a fait partie très longtemps du du cabinet présidentiel et fait partie effectivement du groupe de ceux qui l'ont accompagné depuis Saint-Pétersbourg. Donc, et je n'ai jamais non plus demandé euh la levée des sanctions.

J'ai posé la question euh de ce qui euh pouvait être la réelle efficacité à l'époque, c'est en 2014, de cette stratégie si elle n'était pas accompagnée euh d'une stratégie de société à société, de gouvernement à gouvernement pour essayer de trouver des paramètres qui permettent de faire évoluer euh la relation entre l'Union européenne, la France et la Russie. Je me permets d'ailleurs de dire que si nous avions été un peu plus déterminés à conduire les accords de Minsk, même si je suis tout à fait convaincu que il y avait un projet dans l'esprit de Vladimir Poutine qui a été activé par étape et ça je l'ai vécu donc je peux en témoigner par étape après 2007-2008, on l'a vu avec la Georgie, par étape après en 2014 compte tenu de la non réaction ou de la du très peu de réaction. et compte tenu du fait que nous n'avons pas suivi les accords de Minsk, si nous avions joué la balle, nous n'en serions peut-être pas tout à fait là.

Quant au fait que je serais plus indulgent vis-à-vis de la Russie, non mais enfin bon, plus plus ouvert à la compréhension en ce qui concerne la Russie que les États-Unis, c'est tout simplement parce que j'ai toujours été extrêmement clair en ce qui concerne la nécessité vis-à-vis de la Russie à partir de l'agression russe en Ukraine de la très grande fermeté. J'ai même dénoncé, si vous vous en rappelez, lors du sommet de Versailles le fait que sur les sanctions, nous étions soucieux d'abord d'échapper euh aux conséquences de ces sanctions. Alors que si nous voulions être efficaces, fallait être beaucoup plus mordant à travers un calendrier.

Moi, je joue toujours à travers les les les outils de la diplomatie. C'est-à-dire quand on prend des mesures fortes, il faut un calendrier, sachant qu'on peut pas éternellement mettre des sanctions. Il faut des objectifs, des objectifs politiques.

Et je dis la même chose au Moyen-Orient et en Ukraine, c'est à chaque fois à travers la gestion de paramètres. Je ne crois pas que la diplomatie soit un exercice de style. Il y a à la fin des phrases un point.

Il y a au milieu des phrases des virgules. Et c'est cette ponctuation qui manque trop souvent aux diplomatie du monde et malheureusement parfois à la diplomatie française. Merci.

Les quatre prochains intervenants sont monsieur Joris Beauet, monsieur Stéphane Rambeau, monsieur Alain David et monsieur Michel Herbillon. Monsieur le député, très bien. Je passe la parole à monsieur Stéphane Rambau.

Je vous donne la parole. Ça y est, vous avez le micro. Merci monsieur le président.

Vous connectez ? Allez-y. C'est à vous.

Monsieur le Premier ministre, depuis plusieurs mois, vos prises de position sur la scène internationale suscitent à la fois l'étonnement et l'inquiétude. Concernant l'Algérie, chacune de vos interventions vous font apparaître davantage comme le porte-voie du pouvoir algérien que comme le défenseur des intérêts français. Vous vous refusez à qualifier de dictature un régime qui emprisonne des intellectuels tels que Boem sans sal pour leurs écrits qui bayonnent la liberté d'expression et piétinent les droits les plus élémentaires. critiquer la France pour sa volonté de remettre en cause les accords de 68 tout en épargnant un régime qui refuse de reprendre ses ressortissantes sous OQTF et qui instrumentalise sans relâche la mémoire coloniale pour raviver les tensions.

Ce poids de mesure interroge vos déclarations donnent le sentiment d'excuser un pouvoir qui défie ouvertement la France. Alors, voici ma question, s'il vous plaît. Oui.

Pourquoi ce soutient si constant a un régime dictatorial et si peu de considération pour les intérêts de votre propre pays ? Merci pour votre question. Euh, chers collègues, on écoute chacun dans l'expression qu'il a, s'il vous plaît, et on laisse terminer chacun des intervenants si vous voulez bien respecter cette règle qui est ancestrale.

Merci. La parole à présent à monsieur Alain David qu'il reviendra plus tard. Très bien.

Je donne la parole à monsieur Michel Herbillon et puis ensuite à madame Sandra de Lanois. Merci beaucoup monsieur le premier ministre. Un mot sur votre réponse à mon questionnement tout à l'heure.

Je pense que le ministre de l'intérieur est parfaitement dans son rôle, dans son périmètre de responsabilité quand il se préoccupe de sécurité, d'immigration et d'un taux d'exécution des EQTF de seulement 7 % avec l'Algérie sans pour autant bien entendu négliger le rôle de la diplomatie. Et je voudrais maintenant vous questionner sur cette nouvelle équation stratégique du monde dans l'Indo- Pacifique qui occupe une place essentielle car elle est le lieu de confrontation entre la Chine et les États-Unis. Et en vérité, la seule chose qui intéresse les États-Unis euh c'est la Chine.

Et cela a commencé avec Obama avec sa décision de de pivot vers l'Asie. Je ne crois pas d'ailleurs que Donald Trump ait grand-chose à faire de l'Europe tellement il est focalisé par son sa confrontation avec la Chine. Comment voyez-vous l'évolution de cette région du monde et quel peut-être le rôle de la France qui est une puissance de l'Indo- Pacifique par ses territoires d'outre mer et par l'importance de sa zone économique d'influence exclusive ?

Merci. Merci monsieur Herbillon et puis madame Sandra de la noix. Merci monsieur le président.

Monsieur le premier ministre, comme vous faisiez autrefois partie de la direction africaine et malgache, j'aurais voulu savoir ce que vous pensiez d'un éventuel renfort de partenariat et de développement des relations franco-malgaches, notamment par le biais de Mayotte. En effet, notre île semble souffrir des mêmes problèmes que Madagascar. une tempête récente faisant des morts et des milliers de sinistrés, une situation sanitaire déplorable où même le choléra est réapparu et enfin des relations internationales tendues avec les comorts.

Ayant aussi de nombreux atouts en partage comme la langue française, des accords commerciaux, des frontières maritimes, une diaspora réciproque importante et comme dit précédemment les mêmes problématiques. Je me permets de vous demander si vous pensez qu'il serait opportun à optimiser le développement et la sécurisation de cette partie de l'Afrique australe. Merci.

Merci pour votre question monsieur le Premier ministre. Je vous laisse répondre à ces trois interventions et nous aurons derrière un dernier bloc d'intervenants. Merci monsieur le député.

En ce qui concerne le choix que j'ai fait de m'exprimer clairement et je le reconnais volontiers fortement sur l'Algérie. Permettez-moi d'abord de préciser que à aucun moment ma critique n'a été en direction de la position de la France, mais d'acteur français qui n'engagent pas la France en tant que tel, puisque c'est le président de la République qui sur cette question engage la France et je l'ai pas entendu le président de la République dénoncer les accords de 68. Au contraire, il a dit de la façon la plus claire qu'il n'était pas question de revenir dessus et que ce n'est pas quelque chose de toute façon qui se ferait comme ça.

Donc permettez-moi de recadrer les choses. Je soutiens pleinement la position de la France. Euh par contre, je m'oppose fortement à tous ceux qui voudraient instrumentaliser la position de la France à d'autres fins et je les nomme à des fins identitaires parce qu'effectivement cela nourrit un certain nombre de passions chez nous et également en Algérie sans faire avancer le schilblick d'un yota d'un cenmè au contraire si on veut obtenir ce que je souhaite de la façon la plus forte un rapatriment rapide de monsieur Bolem Sansal et désavancé en ce qui concerne les questions de sécurité.

Je dis simplement par expérience que ce n'est pas la méthode qui consiste à monter au créneau et à retrouver les accents de la diplomatie de la canonnière qui nous permettront de le faire. Cela fait plaisir à certains électorats, cela permet à certains partis de jouer sur des parts de marché, mais on se trompe de combat et ça me permet de répondre aussi à une partie de la question de monsieur le député Herbillon car j'ai bien entendu le ministre de l'intérieur qui a indiqué que toutes les polémiques qu'il avait lancé avaient été utiles. Oui, utile.

Mais pas nécessairement à la France, certainement pas et certainement pas au ministres de l'intérieur. peut-être au candidat à la présidence des LR, mais je ne crois pas que la vocation d'un ministre soit de lancer des polémiques et je crois que un ministre a vocation dans son portefeuille à apporter des réponses. Alors, chaque fois que le ministre de l'intérieur s'exprimera sur les questions de sécurité, chaque fois qu'il s'exprimera dans le cadre de son portefeuille sur toute mesure positive qui permettra de régler des problèmes, le premier ministre.

Mais oui, mais les mais les Oqutf mais les OCUTF justement euh la question se pose aussi avec d'autres pays du Maghreb et avec le même manque de résultat. C'est dire à quel point dans le cas spécifique de l'Algérie, il faut prendre le dossier dans sa globalité et avec sérénité. Les épées en bois, ça ne marche pas.

Il faut véritablement être efficace. Si vous permettez également dans Si vous permettez également dans la question de monsieur Rambo, il y avait également la la caractérisation du régime algérien. Oui.

Alors la caractérisation du régime algérien mais mais lain vocation de la France monsieur Rambo, je suis heureux de vous le dire parce que si un jour vous arrivez au pouvoir, ça pourra vous être utile. C'est de reconnaître des gouvernements. C'est pas de juger les gouvernements.

La France, elle est pas là en maîtresse d'école à dire "Vous la dictature, vous la grande démocratie que que ne s'est-on trompé sur l'évolution des États-Unis ?" Et on aurait pu ouvrir les yeux bien plus tôt. Donc la France n'a pas à juger les gouvernements.

Ça vous amuse peut-être dans la cour de récréation de la politique nationale. Ça n'a pas vocation quand on est aux affaires et qu'on représente son pays. Ça n'a pas vocation à rentrer dans des considérations.

Tout simplement parce que ça la ruine toute possibilité de dialoguer et c'est la vocation de la France de dialoguer avec tout le monde. Donc c'est une règle fondamentale de la diplomatie. Évidemment, je sais que la conquête du pouvoir a en France rien à voir avec l'exercice du pouvoir.

C'est pour ça qu'on est si mauvais dans l'exercice du pouvoir. À un moment donné, il faut apprendre la réalité du monde. En ce qui concerne la question de l'indopacifique, c'est une question centrale tout simplement parce que c'est dans cette région que se trouve le réservoir de croissance et qu'il faut qu'avec l'Aséane et avec tous les autres États de cette région, nous nouillons des partenariats, que nous avançons dans des coopérations économiques.

Sans oublier la question de la sécurité, vous avez à très juste titre rappelé notre présence dans cette région qui est un atout solide mais un atout convoité. On voit bien à quel point certains États regardent du côté des possessions qui sont les nôtres, des États qui sont les nôtres des dans cette région et qu'il faut véritablement être actif en initiative, en partenariat, en coopération avec l'ensemble des parties prenantes de cette région. Donc oui, je crois qu'il y a là une exigence centrale.

En ce qui concerne euh madame Delano la question concernant le Madagascar, je ne peux que souscrire euh pleinement à euh cette euh possibilité que de s'appuyer sur tous les pays amis euh dans euh cette région pour faire avancer le règlement de question qui compte tenu de données logistiques, compte tenu du fait que il s'agit véritablement de crises qui ont une dimension régionale. On voit bien entre Mayotte et les Comor et bien nous avons besoin d'avoir à la fois des appuis, à la fois des relais et Madagascar constitue un des grands pays de la région avec lequel nous avons beaucoup d'éléments en partage. Ce qui veut dire oui de renforcer notre coopération, renforcer nos dialogues partout où on peut le faire, y compris dans le domaine de la francophonie pour essayer de stabiliser davantage les positions de la France dans la région.

Merci. Dernière série d'intervenants, je donner la parole à madame Sopia Chikirou puis à Jérôme Bigot et puis à Belkir Beladad. Voilà pour les trois derniers intervenants.

Elle a vérifié et puis voilà madame Diop également pour le compte d'Alain David ou pour son compte personnel. Vous saurons dans quelques instants. Madame la députée Sopia Chikirou, c'est à vous.

Ah ben bien sûr, ça c'est vrai. Voilà, je vous Merci monsieur le président. Monsieur le Premier ministre, Pékin est riche de nouvelles murailles industrielles et numériques et répond aux pressions extérieures, sanctions américaines et enquêtes européennes par davantage d'autarsie, de prudence stratégique et par des contemesures ciblées.

Ce modèle privilégie le contrôle et la durée sur la séduction et l'expansion militaire directe. Vous dites "La Chine n'exporte pas seulement des produits, elle exporte des normes, elle devient un monde en soi. Cette approche chinoise se veut fonder sur la reconfiguration de l'ordre international à son profit sous couvert de discours en faveur d'un multilatéralisme à la chinoise." Vous avez dit précédemment, il faut réviser l'ordre mondial, banque mondiale au nuus pour tenir compte des continents africains et sud-américains.

Par exemple, vous appelez la France à prendre le leadership de cette révision, mais pour l'heure, c'est la Chine qui semble réellement s'activer à tous les niveaux. Quels sont selon vous, s'il vous plaît, monsieur le Premier ministre, les points de convergence et d'opposition que nous Français avons avec les Chinois ? Et pensez-vous qu'un partenariat privilégié avec la Chine pourrait constituer une voie de contournement à la guerre commerciale tous azimud de Donald Trump ?

Merci. La parole à présent à monsieur Guillaume Bigot. Merci monsieur le président, chers collègues, monsieur le premier ministre, je crois que nous sommes assez nombreux ici à regretter le Dominique de Villepin du 14 février 2003.

Vous aviez su redonner une voix à la fois forte et originale à la France. Mais on a assisté une dérive de du grand continent, si j'ose dire depuis lors et j'ai lu avec attention votre pouvoir de dire non, sorte d'essais de géopoétique. Vos thèses sont effectivement très éloquentes mais semblent un peu flotter dans les terres.

Alors, par exemple, vous voulez inscrire dans la constitution la neutralité carbone tout en dénonçant l'extractivisme. Mais comment atteindre la neutralité carbone sans extraire les minéraux critiques indispensables à la transition énergétique ? Vous voulez confier aussi à l'Europe cette neutralité carbone.

Alors que le confinement a diminué de 3 % nos émissions, Bruxelles pour atteindre son Green Deal veut nous imposer une diminution de 5 %. Vous savez, monsieur le premier ministre, pendant la guerre froide, certains préféraient être plutôt rouges que morts. Aujourd'hui, vous semblez vous raller à ceux qui veulent voir nos compatriotes mourir à la fois vert et pauvre, évidemment réchauffé par la Chine et par les États-Unis.

Ne devrions pas plutôt reprendre le pouvoir de dire non à une écologie juridiquement contraignante mais scientifiquement aberrente ? Je vous remercie. Merci pour votre question, monsieur Belkir Beladad.

Merci monsieur le président. Monsieur le premier ministre, mes chers collègues, merci de m'accueillir dans votre belle commission. Je veux revenir sur la question de la relation frco-algérienne qui qui a fait l'objet qui fait l'objet d'une actualité intense depuis plusieurs mois dans nos difficultés à faire exécuter les EQTF ou de la situation réservée à l'écrivain Bolem sans sale.

Je ne reviens pas sur cette escalade depuis plusieurs semaines et j'ai toujours pensé que la seule voie diplomatique permettrait de trouver des solutions en se mettant autour de la table avec un devoir d'exigence et de respect mutuel. On en prend le chemin et c'est une bonne chose. Je suis d'accord avec vous.

Ce n'est pas l'action d'éclat qui fait avancer les choses. Personne n'est dupe. Français et Algériens entretiennent des liens affectifs et ont en partage un avenir commun.

Cette réalité humaine et culturelle qui ne peut être ignorée doit être au cœur de nos résolations et de nos échanges bilatéraux. Il est urgent de rétablir rapidement des accords politiques et diplomatiques permettant des coopérations durables de part et d'autres de la Méditerranée où les deux pays ont un rôle central à jouer. Au-delà de la remise en cause de certains accords, comment peut-on envisager une nouvelle ambition de cette relation ?

Quelle doctrine doit prévaloir sur une vision de long terme ? Je pense notamment, et j'en terminerai par là votre question avec la réconciliation franco-allemande impulsé par Adenauer mon Robert Schuman, l'homme des trois frontières dont on va célébrer dans quelques jours les 75e anniversaire de son discours du 9 mai 1950. Merci.

Merci beaucoup monsieur le premier ministre. On va donner une chance à Alain David de nous rejoindre dans quelques instants. Monsieur le premier ministre.

Merci madame les députés. En ce qui concerne la révision de de l'ordre mondial, il est évident que la Chine constitue l'un des grands partenaires qui aura un rôle clé dans cette recomposition et qu'il y a un certain nombre de convergences, il y a aussi un certain nombre de différences et d'oppositions. Parmi les convergences, il y a bien sûr la question écologique et il y a aussi la question de l'ordre multilatéral et la question de la gestion des crises puisque la Chine est engagée très fortement en Afrique.

Il y a donc sur un certain nombre de crises la possibilité peut-être de voir la Chine accompagner davantage, sachant que la Chine est aujourd'hui le premier pays contributeur en force de maintien de la paix. Donc, il y a un engagement très fort sur le plan multilatéral qui est le leur. Il faut prendre en compte aussi toutes les difficultés qui peuvent conduire la Chine dans d'autres directions, en particulier en matière commerciale.

Donc, il y a une discussion très importante aujourd'hui mais qui est susceptible d'aboutir là où elle est. Elle s'est heurté à des impasses dans le passé dans la mesure où la Chine est elle-même victime euh d'un certain nombre de pressions du côté américain, 104 % de droite de douane qui lui sont annoncé, c'est quelque chose qui peut vous amener à faire bouger un peu vos lignes traditionnelles. Donc là, je pense qu'il y a véritablement une opportunité qui est à saisir et qu'il conviendrait de le faire.

J'en profite à à l'occasion de cette révision de l'ordre mondial de dire un mot à la question qui m'a été posée auxquelle j'ai pas répondu sur que se passerait-il concernant la levée des sanctions euh par les États-Unis hypothèse possible face à donc par les États-Unis face à la Russie. Il est bien évident que nous avons nous propres sanctions et que rien ne nous oblige à lever ces sanctions sans contrepartie, sans exigence. Ce qui rendrait donc la décision américaine de lever les sanctions unilatérales et la possibilité pour l'Europe de maintenir son sa propre exigence.

En ce qui concerne la neutralité carbone, euh je comprends bien la question que vous posez et loin de moi d'imaginer que quelque solution que ce soit euh puisse être facile. Néanmoins, il y a une feuille de route qui est d'essayer de concilier les avancées technologiques en matière de d'énergie, de nouvelles sources énergétiques, de concilier les avantages qui sont les nôtres en ce qui concerne notre politique énergétique et en particulier la l'importance du nucléaire dans notre pays qui nous donne un avantage tout à fait considérable et qu'il faut savoir valoriser, qui sera peut-être rejoint d'ailleurs par d'autres à l'échelle européenne. de l'Allemagne ayant décidé un autre chemin.

Mais on voit bien le prix, c'est le prix d'ouvrir aujourd'hui des centrales à charbon. Il y avait peut-être quelque chose de plus intelligent à faire. Donc oui, entre l'extractivisme et le renoncement à toute exigence écologique, je crois qu'il y a un juste milieu et qu'il est possible de pousser dans les choix qui sont les notés.

C'est pour cela qu'à un moment donné, il faut se fixer de façon contraignante des objectifs sans quoi je le dis, il y a deux variables qui vont s'imposer dans nos société et qui sont tragiques et il faut l'avoir en tête dans la période actuelle comme demain pour tous ceux qui auront à gouverner. Première variable d'ajustement, c'est la variable écologique qui a vocation si nous ne faisons rien à passer à la trappe. Et donc c'est dans un monde souillé, dans un monde pollué, dans un monde invivable que nous serons amenés à vivre et chacun voit les conséquences du réchauffement climatique et de la ruine de la biodiversité.

Mais la deuxième variable, elle est aussi importante aujourd'hui et je le redis avec le parcours qui est le mien, celle la justice sociale. C'est la deuxième grande variable d'ajustement qui passe à la trappe chaque fois qu'il y a des difficultés. et bien nous n'avancerons pas en France sans une exigence très forte de cohésion sociale.

Et là il faut savoir écouter ceux qui sont au quotidien dans la difficulté parce que sans la capacité des pouvoirs successifs à les embarquer tous et bien notre pays ne suivra pas et cassera et sera alors poussé à des tentatives à des séductions que je n'ose imaginer devant vous. En ce qui concerne la France et l'Algérie, il est évident qu'il y a sur la table euh 1 et une possibilité de développement des coopérations et des partenariats. Euh c'est vrai en matière économique, c'est vrai dans la relation que nous avons avec l'Afrique.

Nous le faisons aujourd'hui euh et nous ambitionnons de le développer encore davantage avec le Maroc, mais nous pouvons le faire également avec l'Afrique sur des grands projets, sur des stratégies de stabilisation. On voit ce qui fait défaut aujourd'hui dans ce dialogue entre la France et l'Algérie, dans la relation avec le Sahel qui est vitale et pour la France et pour l'Algérie. On le voit dans le domaine du renseignement où on ne peut pas se permettre d'avoir un impensé euh entre nos deux pays compte tenu du fait que il y a des risques auxquels nous sommes euh nous sommes confrontés et que nous avons en partage. qu'il y a aujourd'hui sur la table 1000 possibilités qui doivent nous conduire à agir.

Mais pour cela, il y a un obstacle qu'il faut lever. Il y a un obstacle d'abord dans la façon d'aborder les problèmes avec l'Algérie et nous pouvons aussi dire la même chose à nos partenaires algériens. Il faut donc que nous trouvions ce juste équilibre qui fort du constat que nous avons pu faire au cours des derniers mois qui est que la situation actuelle est dommageable pour les deux.

Et bien, il faut trouver les moyens de remettre dans euh euh son bon positionnement ce dialogue entre notre pays et surtout faut lui donner une dimension concrète. Il faut montrer à l'Algérie et à la jeunesse algérienne que ce partenariat peut changer les choses, peut apporter des résultats concrets. Vous savez, je le redis, une diplomatie qui ne marque pas des points, c'est une diplomatie qui s'épuise.

C'est une diplomatie de l'habitude et de la parole. La parole diplomatique, elle est performative à condition de marquer des points. Et c'est là où chaque fois qu'on s'engage au nom de la France, il faut avoir le souci d'un point d'arrivée.

Il faut faire bouger les lignes et quand on n'y arrive pas et bien il faut modifier son positionnement. Donc là, il y a une exigence d'action et l'action c'est pas les prises de position quotidiennes du qu d'Orsais qui donne la ligne. C'est véritablement le résultat.

Enfin ben je crois qu'on a terminé. Pour terminer, on a encore une intervention, celle de madame Diamba Diop si vous voulez bien et puis en de conclusion, je poserai une question également. Je vous donne la parole.

Ça y est, vous avez le micro. Merci monsieur le président. Merci monsieur le Premier ministre.

Euh je tenais euh à vous remercier pour euh tous ces éclairages que vous nous avez apporté tout au long de cette matinée. Euh vous avez euh euh apporté beaucoup de d'éléments sur les bouleversements diplomatiques durable provoqués par l'élection de Donald Trump et nous en avions parlé avec des universitaires au moment du scrutin, mais le ressenti des membres de la délégation est évidemment plus concret. Euh d'autant plus que le déplacement s'est déroulé au moment où on a eu euh des euh on voit que sur que le président euh euh américain a concrétisé ses hausses de tarif de du jour au lendemain par un simple tweet souvent et euh on imagine d'ailleurs que certains des interlocuteurs qui sont face à lui sont assez médusés par ce coup de force et qu'il reste dans un état de sidération.

On va euh certainement voir des effets sur le niveau de vie des Américains, euh certainement aussi un effet récessif durable et des conséquences négatives sur le pouvoir d'achat des Américains. Alors où les tensions avec les États-Unis se durcissent manifestement, tant sur le plan commercial que du fait euh la question qu'on pose, c'est comment la France peut-elle redynamiser ses outils diplomatiques en matière de soft power et en faire à nouveau un levier stratégique dans notre relation aux États-Unis en particulier ? Merci.

Merci pour cette question et on salue Alain David qui nous a rejoint à nouveau. Merci et peut-être pardon prenez la parole, prenez le micro. J'ai accueilli un conseil municipal d'enfants de de la ville dont j'étais mère pendant 25 ans.

Tout à fait. Et donc une question à deux voix et on vous remercie pour ça et peut-être en guise de conclusion, monsieur le le Premier ministre, comment euh voyez-vous la suite du mandat du président Trump ? Est-ce que ça sera une pour vous une parenthèse dans l'histoire des États-Unis et du monde ?

Au contraire le début d'une nouvelle ère pour pour l'humanité. Merci monsieur le président. Pardon madame la députée vous avez raison de mettre l'accent sur les conséquences de la politique menée par l'administration Trump.

On voit déjà la perspective d'un regain d'inflation. On voit déjà le spectre d'une récession pointée du doigt. On voit au quotidien les bourses s'agiter.

Ce qui a une traduction directe sur le niveau de vie des Américains. Ne l'oublions pas. Euh l'essentiel de de l'épargne américaine, l'essentiel des retraites américaines futures sont aujourd'hui placées dans les fonds de pension.

Et évidemment, les variations de la bourse sont susceptibles complètement de bousculer les plans de euh de dizaines et de dizaines de millions d'Américains avec des conséquences absolument tragiques très souvent. Euh ça pose la question de savoir comment nous pouvons revaloriser notre propre soft power compte tenu du fait queune des premières conséquence de euh la politique menée par Trump, c'est de rendre infiniment moins attractive euh ce que les Américains avaient l'habitude d'appeler l'American Way of Life. Il est évident que peu de gens ont envie de vivre le désastre au quotidien qu'offre le spectacle de cette administration. même si certains continuent d'espérer que les classes moyennes à terme euh pourraient en bénéficier à travers cette politique de réindustrialisation, c'est un paris qui a quand même assez peu de chance euh de se vérifier et qui ne pourrait se vérifier qu'au terme de beaucoup euh de beaucoup euh de dégâts.

Donc je pense que l'Europe et la France on ont vocation dans ce contexte là plus que jamais à défendre ce qu'ils sont, c'est-à-dire leurs principes, leurs valeurs, leur histoire, mais aussi tous les outils qui sont les leurs en matière de multilatéralisme, en matière de culture. Plus jamais il y a la nécessité d'avoir une diplomatie culturelle active pour donner un autre visage de ce que doit être la diplomatie et qui n'est pas seulement fondée sur l'idée de puissance de puissance négative de puissance écrasante de puissance prédatrice sur ce que peut-être l'avenir du trumpisme. Je crois que l'omniprésence de Donald Trump sur la scène mondiale est une immense erreur de perspective quand nous nous concentrons seulement sur lui.

En effet, il est l'arbre qui cache la forêt. La forêt, c'est un changement structurel du monde et un changement durable du monde que nous avons déjà vu se dessiner avant Donald Trump qui a atteint des proportions ératiques qui évidemment sont beaucoup plus grandes mais je le redis qui sont souvent la réaction à une évolution par rapport à un changement des données mondiales et en particulier cet âge de la rareté dans lequel nous sommes rentrés qui conduit les deux plus grandes puissances du monde, la Chine et les États-Unis. à rentrer dans une course qui peut à un moment ou à un autre conduire à la collusion.

À la collision. Donc dans ce contexte là, il faut se préparer oui à une perspective durable d'un changement américain. Il faut se préparer à voir même un choc institutionnel.

La question de la durée de Donald Trump, il la pose d'ailleurs lui-même. Il faut prendre au sérieux ce type de questionnement. Est-ce qu'il sera amené à vouloir changer les institutions pour durer ou est-ce que quelqu'un de la même veine pourrait lui succéder ?

Évidemment des paramètres qui seront lourds de conséquence pour nous tous, mais il faut croire à la capacité des Américains eux-mêmes de réagir. Il faut croire qu'il y a des contrepouvoirs, qu'il y a un pouvoir judiciaire aux États-Unis, qu'il y a des médias qui peut-être se réveilleront même si l'écosystème médiatique est malheureusement très tenu aux États-Unis et qu'il y a surtout des citoyens qui un moment ou un autre considéreront et on le voit déjà pour un certain nombre de chercheurs par exemple qui aujourd'hui prennent leur distance vis-à-vis de l'administration. Sachant, et c'est terrible à dire, certains qui m'ont posé ou certaines qui m'ont posé une question à cet égard, je regrette qu'il ne soit pas là.

Sachant que quand on veut euh euh ranimer la question russe ou la question américaine, qui a aujourd'hui un point commun euh qui se développe aux États-Unis, c'est la montée de la peur. Et cette montée de la peur aux États-Unis, c'est une donnée qu'il faut prendre en compte dans une démocratie ou qui est encore considérée comme telle. Parce que quand la démocratie devient libérale, et bien ce qui l'accompagne c'est la peur.

Donc la réponse à la colère, la réponse justement aux angoisses euh très matérielles et concrètes qui peuvent se poser dans un pays. Quand elle voit arriver une réponse illibérale, et bien la conséquence, le prix à payer, c'est la chappe de plomb qui se met sur cette démocratie qui a basculé et au quotidien, c'est un autre pays dans lequel on se réveille. Et bien souhaitons que pour les Européens ça nous serve de leçons.

Merci beaucoup monsieur le premier ministre. Merci pour être intervenu ce matin. Merci dans une durée qui était inhabituelle pour cette commission.

Je suspends pour quelques minutes et on se retrouve ensuite pour parler justement des États-Unis et d'une mission que l'on a mené et pour parler de diplomatie parlementaire et comment accompagner justement ce mouvement que vous avez décrit et la prise de décisions rapides. Merci beaucoup. Merci votre intervention.