Nos lignes rouges sont toujours restées les mêmes ! - Franck Allisio (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:55FerméeRéponse partielle
Est-ce que vous dites que là, c'est terminé ?
- 1:22RelanceRéponse directe
Le gouvernement vous dit ce matin que c'est encore ouvert, est-ce que vous retirez la censure ?
- 1:58RelanceÉludée
Comment souhaitez-vous que ce ne soit qu'à 17h30 que d'un seul coup, les deux dirigeants de votre parti disent « On nous claque la porte au nez » ?
- 2:16ComplaisanteRéponse directe
Pourquoi on ne dit pas une vérité sur ce plateau comme ailleurs ?
- 3:50FerméeRéponse directe
Est-ce que d'ici 15h, si le gouvernement revient sur le déremboursement des médicaments et sur l'effort demandé aux retraités, vous ne votez pas la censure ?
- 4:33OuverteRéponse directe
Qui a dit chantage ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:08Invité politiqueFait
« Vous avez très bien rappelé, c'est protéger les retraités et protéger la santé des Français, voilà, par le non-déremboursement. »
- 0:17Invité politiquePromesse
« on stoppe le déremboursement des médicaments, et par une véritable réindexation de toutes les retraites. »
- 0:29Invité politiqueFait
« c'est-à-dire depuis la nomination de M. Barnier, même pendant la nomination de M. Barnier, Marine Le Pen a été un élément stabilisateur. »
- 0:36Invité politiqueFait
« Marine Le Pen est quelqu'un qui a donné sa chance à ce gouvernement, sans notre non-censure, sans notre... »
- 2:57Invité politiqueFait
« La porte est ouverte. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Nous sommes mandatés. »
- 3:40Invité politiqueFait
« Mandatés avec un programme. »
- 3:42Invité politiqueFait
« Alors attendez, les lignes rouges. »
- 4:30Invité politiqueFait
« Ah non, c'est les deux, c'est logique. »
- 5:02Invité politiqueFait
« Le seul chantage, c'est M. Gabriel Attal. »
- 7:25Invité politiqueFait
« On ne le fait pas pour nous, on le fait pour les Français. »
- 8:37Invité politiqueFait
« Cet effet serait mécanique. »
- 8:47Invité politiqueChiffre
« Il ne compenserait pas les 35 milliards d'impôts supplémentaires. »
- 10:10Invité politiqueFait
« Nous détestons le mépris et la morgue de la Macronie. »
Temps de parole
- Franck Allisio32 %
- Présentateur22 %
- Invité16 %
- Invité 29 %
- Invité 39 %
- Invité 48 %
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Nous n'avons pas bougé sur une île rouge, et d'ailleurs les lignes rouges qui sont en discussion aujourd'hui, c'est du PLFSF cet après-midi, c'est-à-dire sur la sécurité sociale. Vous avez très bien rappelé, c'est protéger les retraités et protéger la santé des Français, voilà, par le non-déremboursement, on stoppe le déremboursement des médicaments, et par une véritable réindexation de toutes les retraites. Voilà, ces lignes rouges n'ont jamais bougé, je tiens à rappeler que depuis le début de cette séquence parlementaire, c'est-à-dire depuis la nomination de M. Barnier, même pendant la nomination de M. Barnier, Marine Le Pen a été un élément stabilisateur.
Marine Le Pen est quelqu'un qui a donné sa chance à ce gouvernement, sans notre non-censure, sans notre... On a laissé vivre ce gouvernement, on a donné sa chance à ce gouvernement, parce qu'on pensait que ce gouvernement allait être un gouvernement de dialogue avec le premier groupe parlementaire, à notre grande surprise, ça n'a pas été le cas. Est-ce que vous dites que là, c'est terminé ? Non, on ne dit pas que là, c'est terminé, je veux dire, la séquence d'hier est extraordinaire. Le matin, Marine Le Pen, dans une tribune, dit qu'il n'y a rien d'inéluctable dans cette censure. Ça s'appelle une main tendue. Quelques heures après, nous avons M. Saint-Martin, ministre du gouvernement...
C'est pas qu'à deux heures, c'est en même temps, c'est dans deux journaux qui paraissent en même temps le matin. Ah ben voilà, c'est encore pire. D'un côté, il y a une main tendue, de l'autre côté, il y a une porte claquée. La porte, elle est claquée par le gouvernement.
Mais le gouvernement vous dit ce matin que c'est encore ouvert, Guillaume Tabard ? J'ai une petite question très précisée à vous poser précisément sur ces interviews, puisque Marine Le Pen et Jordan Bardella disent que c'est cette phrase de Laurent Saint-Martin qui montre que le gouvernement ne veut pas négocier. Cette phrase, elle est prononcée dans une interview qui est réalisée le samedi, que l'on découvre le dimanche matin assez tôt, dès l'apparition des journaux. Donc Marine Le Pen, dès dimanche matin, je ne sais pas à quelle heure exactement, mais en tout cas, dès la matinée, sait que Laurent Saint-Martin dit sur le PLFSS, on ne négocie plus.
Comment souhaite-t-il que ce ne soit qu'à 17h30, que d'un seul coup, les deux dirigeants de votre partie disent « Oh ! On nous claque la porte au nez ». C'est-à-dire qu'il s'est passé quasiment 10 heures entre cette supposée porte claquée et le moment où vous l'a décrété insupportable.
« Je ne suis pas dans le timing, je n'en sais rien. Moi, ce qui m'importe, c'est les faits. » Pourquoi on ne dit pas une vérité sur ce plateau comme ailleurs ? Pourquoi on ne dit pas que depuis le début, en tout cas depuis des semaines, l'ennemi de M. Barnier, celui qui veut faire tomber M. Barnier, celui qui met des bâtons dans les roues de M. Barnier, c'est M. Attal. M. le ministre du Budget et le ministre des Finances sont des proches de M. Attal qui font tout pour gripper les relations entre le Rassemblement National, entre Marine Le Pen et M. Barnier.
Si vous manquez cette précision, l'interview de M. Saint-Martin a été relue, nous dit son cabinet, par Matinot. Donc là, elle n'a pas été relue par M. Attal, elle a été relue par Matinot.
Peut-être, mais en tout cas, le Premier ministre dit l'inverse du ministre quelques heures après puisque dimanche soir, il dit non, non, il y a toujours une marque. La porte est ouverte. Depuis le début, il y a un problème, c'est que le pire ennemi, c'est que ceux qui veulent faire capoter ce gouvernement sont à l'intérieur, comme souvent en politique d'ailleurs. Marine Le Pen a retenu ses troupes, ça fait des semaines et des semaines que nos retour-terrains sont négatifs sur ce budget, négatifs sur le gouvernement et qu'elle dit, laissons-les dialoguer avec nous. Pendant un mois, ça a été un silence radio.
Est-ce que c'est normal qu'un gouvernement qui doit normalement, étant minoritaire, doit dialoguer avec le premier groupe parlementaire qui n'est pas de sa majorité mais qui lui permet de survivre à condition qu'il y ait un respect de nos engagements vis-à-vis des Français ? Nous sommes mandatés. Le mandat, ça a un sens. Nous sommes mandatés. Mandatés avec un programme. Mandatés avec des lignes rouges de nos électeurs. Alors attendez, les lignes rouges. Je m'intéresse aux lignes rouges de tout à l'heure, Franck Alizio. Sur le pouvoir d'achat. Franck Alizio, justement. S'il n'est pas respecté, nous ne pouvons pas ne pas censurer ce gouvernement.
Il est 9h28, la deadline, le début des discussions à l'Assemblée pour ce projet de budget de la Sécurité sociale, c'est 15h. Est-ce que d'ici 15h, si le gouvernement revient sur le déremboursement des médicaments et revient sur l'effort qui est demandé aux retraités, les deux, j'ai bien dit les deux, est-ce que dans ces cas-là, vous ne votez pas la censure ? Est-ce que vous retirez la chose ? Pour ce qui est du PLFSS, vous savez qu'il y a deux projets de loi,
pour ce qui est du PLFSS, pour ce qui est de cet après-midi, si ces deux engagements sont partagés par le gouvernement et le premier groupe de cette Assemblée, la réponse est oui. Voilà, donc c'est les deux, ce n'est pas l'un ou l'autre, c'est les deux. Ah non, c'est les deux, c'est logique. On ne fait pas du marchandage, on n'est pas en train de marchander. On est en train de garantir le pouvoir d'achat. Si on garantit la santé, mais qu'on ne garantit pas les retraites, ce n'est pas une bataille médiatique, on n'est pas en train de gagner des manches politiques. On est en train de garantir un programme sur lequel nous sommes engagés. Si nous ne le faisons pas, nous ressemblerons aux autres.
Qui a dit chantage ? C'est M. Poisson d'où qui a dit chantage ?
Non, ce n'est pas du chantage.
Le chantage aujourd'hui, c'est M. Gabriel Attal, qui ne veut pas... Le seul chantage, c'est M. Gabriel Attal.
Michel Barnier a passé plus de temps à essayer de gérer et de négocier avec ce qui est supposé être son propre soutien, on ne parle plus de majorité, le bloc central, qu'avec ses adversaires politiques. Ça, c'est tout à fait vrai. Et ne recevoir le Rassemblement National que le 25 novembre pour un premier texte qui va être discuté à l'Assemblée le 2 décembre, c'était prendre un risque assez considérable. Discuter avec les socialistes, comme il l'a fait le mercredi, après être venu au journal de TF1 à 20h, c'était faire peu de cas et montrer peu de considérations pour les socialistes qu'il recevait le lendemain. Ça, c'est vrai.
Maintenant, le Rassemblement National, dans cette dernière semaine, est en position de force, puisque c'est lui qui peut faire basculer ou non la motion de censure, et vous exercer une forme de chantage. Quand on dit à quelqu'un, tu fais ce que je te demande ou je te tue, vous allez me dire que ça s'appelle comment ? Ça s'appelle du chantage. Mais c'est un rapport de force politique que le Rassemblement National décide de pousser, pousser, pousser, alors que c'est vrai que depuis deux mois, ils s'inscrivaient dans une logique de, on avait dit, surveillance, ou dans une logique... Ils attendaient de voir comment ça allait tourner.
Donc il y a un cliquet qui a été enclenché, avec un rapport de force politique classique. Marine Le Pen pousse son avantage jusqu'au bout, elle sent que Michel Barnier est fragile. Michel Barnier a cédé, ça n'a pas suffi. À peine avait-il cédé sur les tarifs d'électricité que le Rassemblement National a dit, en fait, mais comment vous financez ça ? Donc je te demande un cadeau de Noël, je te demande combien tu l'as acheté, et en plus comment tu vas le payer. C'est un peu ça. C'est un cadeau de Noël aux Français, et c'est leur argent, leur argent et leur préserver leur achat. Qu'est-ce que vous répondez ? Il y a un rapport de force politique que vous avez enclenché. Après, il y a deux choses.
Une chose est de contester un budget, une chose est de vouloir faire chuter un gouvernement. Vous suivez une logique aujourd'hui, où on a bien compris que vous contestiez le budget, mais vous êtes passé à l'étape d'après, vous voulez faire chuter le gouvernement Barnier.
Non, non, si le 49.3 est déclenché, les deux sont liés. C'est comme ça.
Non, parce que vous pourriez déposer votre proportion de censure et ne pas voter celle de la gauche. Vous manifesteriez votre opposition à ce budget sans vouloir...
Si les deux conditions sont remplies, on ne voudra pas celle de la gauche, encore une fois. Si les deux lignes rouges sont respectées. Il n'y a pas de chantage, parce que c'est la première fois en politique, que faire respecter des engagements son programme, c'est du chantage. Je ne vois pas où est le chantage. On ne le fait pas pour nous, on le fait pour les Français. Je veux dire, c'est pas nos médicaments qu'on déreveille. Là-dessus, Franck Alizeau, je vous donne la parole de Guillaume dans un instant. Non, non, moi j'avais une question. Alors, il n'y aura pas de réponse, mais je l'adresse donc à l'exécutif. Allez-y, parce que j'en ai deux autres au moins derrière.
Pourquoi ce matin, Marine Le Pen n'est pas à Matignon ? Pourquoi elle n'est pas invitée par le Premier ministre pour clore toutes les contresens, les retours et les re-retours du gouvernement ? Pourquoi elle n'est pas au sein de la... Si Michel Barnier l'appelle, elle y va à l'instant. Elle est la première force, évidemment. Elle est la première force, c'est le premier groupe d'opposition. C'est la première force d'opposition, vous dites, ça dépend de nous. Mais dans ce cas-là, à l'en-métir, c'est un geste. Pourquoi ce geste n'est pas fait ? Parce que le Réalité ne le supporterait pas.
J'ai une autre question importante à vous poser. On sait que votre électorat est très largement favorable à la censure. Mais comment vous allez justifier ensuite ce qui va se passer ? Hier, le ministre de l'Économie disait que sans budget, si on reconduit le budget 2024, du fait de l'inflation, sans changement de barème de l'impôt sur le revenu, on fait rentrer 380 000 foyers qui ne payaient pas l'impôt sur le revenu dans l'impôt sur le revenu. Et vous avez 17 millions de foyers, ceux qui nous regardent ce matin, qui paieront plus d'impôts. Ça, vous êtes prêt à l'assumer d'une certaine manière, en faisant chuter le gouvernement et en refusant le budget ?
Bon, d'abord, cet effet serait mécanique. Donc on est pour rien. Deuxièmement, ça ne compenserait pas... Si vous ne votez pas la censure, ce scénario-là n'existe pas. Il ne compenserait pas les 35 milliards d'impôts supplémentaires. C'est-à-dire que cette revalorisation, enfin cette non-reindexation des tranches de l'impôt, c'est technique, ne compenserait pas. C'est-à-dire qu'on en serait pour quelques milliards. C'est-à-dire que les gens qui entreraient, qui paieraient des impôts alors qu'ils n'en payaient pas, ce serait pour payer 50 euros. Ils perdront plus en déremboursement. Ils perdront plus en non-reindexation des retraites. Ils paieront plus à cause des 35 milliards.
S'il n'y a pas de budget, il n'y a pas de remboursement. Mais justement, avec le nouveau budget, il y aura des remboursements. Donc dans le nouveau budget, ils perdront plus qu'avec le maintien de l'ancien budget. Sur l'électricité, sur les retraites, sur les médicaments et sur les 35 milliards. Donc ça ne se compense pas.
Donc vous dites aux Français, ok, l'impôt sur le revenu va augmenter, préparez-vous, mais on n'y est pour rien.
Non, vous perdrez moins dans l'ancien budget que dans le nouveau. C'est clair, c'est factuel. C'est arrêt de métier.
J'ai une autre question. Est-ce que vous êtes vexée ? Est-ce que Marine Le Pen est vexée ? Vexée, et ce qui expliquerait aussi de sa volonté de faire tomber le gouvernement. Vexée, par exemple, quand elle dit qu'il y a un attachement du côté du gouvernement à dire que cela n'est pas une concession au RN. Ils veulent nos voix et pas nos têtes. Cela fait 40 ans que l'on vit cela. Je ne vois pas ce qu'il y a de honteux dans une démocratie à tenir compte des lignes rouges du premier groupe de l'Assemblée nationale et à reconnaître, par exemple, que telle ou telle concession a été faite au RN. Ce qui n'a pas été formellement fait par le gouvernement.
Premièrement, nous détestons le mépris et la morgue de la Macronie. Et là, en cela, M. Barnier, lorsqu'il fait ça, est un parfait macroniste. La morgue envers les Français. Deuxièmement, nous défendrons jusqu'au bout et nous demanderons jusqu'au bout à ce que nos 11 millions d'électeurs soient respectés. Deuxièmement, nous n'acceptons pas qu'un premier ministre soit pris en otage par le chef d'un groupe qui fait 43 députés, qui est M. Attal. Voilà, il doit discuter avec tout le monde, y compris avec 95, si vous voulez. Nous en sommes à 143 avec nos amis Éric Ciotti. Donc voilà, c'est tout. Les lignes sont claires. Tout le monde doit être respecté et en proportion de son poids.
Et nous, nous le faisons à visage découvert. Monsieur Attal le fait dans le secret des arcanes de l'Assemblée nationale en voulant faire tomber un gouvernement qui fait semblant de soutenir. Pardon, mais je maintiens à ce que je disais.
S'il n'y a pas de budget, il y a hausse des impôts, il n'y a pas de remboursement des médicaments. Donc ça ne marche pas, votre histoire tout à l'heure.
Oui.
Mais s'il n'y a pas... Non, mais s'il n'y a pas... Vous dites... Pardon, ça ne marche pas. En gros, les Français auront les deux. Ils paieront plus d'impôts. Ils paieront plus d'impôts et le tarif des médicaments ne bougera pas. Donc il n'y aura pas de remboursement. Oui, ben voilà. Donc s'il n'y a pas le nouveau budget, donc si on applique l'ancien budget... Avec le déremboursement, il paierait plus. Donc c'est précisément ce que je vous dis. C'est-à-dire que là, il perd des deux côtés.
Le déremboursement, c'est là qu'il perd. Et le déremboursement, c'est dans le budget actuel. Si il n'y a pas...
Oui, mais là, le tarif des médicaments, il ne bougera pas. Donc ils perdront sur les impôts, ils ne gagneront pas sur les médicaments. Oui, mais ça, il n'y aura pas de... Non, je sais bien, je sais bien. Ce n'y aura pas en plus. Ce n'y aura pas en plus.
Mais de fait, il n'y aura pas de cadeaux faits sur les médicaments. Je vous le répète, quand on fait la somme de ce qu'ils perdent dans ce budget et de ce qu'ils avaient dans l'ancien budget, dans l'ancien budget, l'ancien budget préserverait davantage le pouvoir d'achat. Voilà. C'est factuel. Vous avez encore une question, Guillaume Tabard ?
Oui, parce que tout à l'heure, on nous a présenté les différents scénarios possibles. Donc celui d'un 49-3 qui conduirait immédiatement à une motion de censure. Et aussi celui où Michel Barnier ne recourerait pas au 49-3 soumettant simplement le PLFSS au vote quitte à ce qu'il soit rejeté. S'il n'y a pas de 49-3, donc si on est dans un vote traditionnel sur le texte, qu'est-ce que vous faites ? Est-ce que vous le rejetez faute de concession ? Ou est-ce que vous prenez l'initiative d'une motion de censure pour dire en ne prenant pas le 49-3, on veut nous empêcher la censure ? Eh bien, nous, on vous montre quand même qu'on n'est pas à y aller.
Alors, ça, nous avons eu une réunion de groupe dans la journée. Ça sera étudié dans la journée. Ce qui est sûr, c'est que sans concession, ce budget sera rejeté. Est-ce qu'on ira jusqu'à déclencher à la suite du rejet de ce budget ou en simultané une motion de censure ? Ça, par définition, je ne sais pas encore. C'est notre groupe qui le décidera. La question ne s'est pas encore posée. Réunion de groupe tout à l'heure à 14h.
Tout à fait. Bon, merci beaucoup, Franck Alizeau. Et donc, début des débats à l'Assemblée à 15h. Tic-tac, tic-tac. Exactement. Voilà, la montre avance. Merci beaucoup, Franck Alizeau, d'être venu sur ce plateau. Benoît Galeret, le 49.3 n'est pas encore déposé. Que certains imaginent le scénario d'après. Si le gouvernement chute, qui a Matignon ? Oui, trois petits mois même pas. Et puis, ça en va. C'est possible, les réseaux et la presse y croient et bruisent de rumeurs. Je vous résume tout ça. Commençons à droite, tout à droite. On lit qu'au RN, on pourrait soutenir Sébastien Lecornu, l'actuel ministre de la Défense. Il serait en bon terme.
Le nom du maire de Cannes, le LR David Lysnard, circule également. Tout comme l'hypothèse François Bayrou, toujours là, le bernet, qui a défendu Marine Le Pen lors de son récent procès, en disant sur notre antenne « Je n'aime pas l'injustice, même quand elle est faite à mes adversaires ». De là à y voir le début d'une alliance, du calme. Notons d'ailleurs que ces indiscrétions sont souvent poussées dans la presse par l'entourage, voire les candidats eux-mêmes, Ségolène Royal par exemple, qui proposent tous les deux ou trois jours de nommer Ségolène Royal.
À l'époque, en juillet, on ne s'opposait déjà pas assez nom, donc on est cohérent une fois de plus. Ils étaient dans la liste avec M. Barnier, des gens avec qui on pouvait dialoguer, nous pensions pouvoir dialoguer. Vous êtes en tout cas
en position d'arbitre, cohérent ou pas, parce que ce matin, on entend que Jordan Bardella se refusait, lui, d'avancer à un nom. Écoutez-le. La question, c'est pas qui, la question, c'est pour quoi faire. La question, c'est qu'est-ce qu'on fait jusqu'en juin et qu'est-ce qu'on fait jusqu'en 2027 ? Mais aller poser la question aux responsables de la situation. Et c'est précisément la raison pour laquelle je suis contraint aujourd'hui d'annoncer la censure du gouvernement. Alors, responsable de la situation, pourquoi pas remonter jusqu'au président, qui est quand même celui qui décide qui il met à Matignon.
Eh bien, on lisait dans la tribune hier qu'il aurait un fait pour Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur, qu'il trouve, je cite, très fiable et respectueux des institutions. Et à gauche, eh bien, c'est reparti pour le bal-trap des prétendants qui traitent Libération. Le chef des socialistes, Olivier Faure, rappelait hier que le président se doit de nommer un ministre issu du groupe, toujours arrivé en tête aux dernières élections, le nouveau Front populaire. Alors, il ne tranche plus sur la personnalité quand les Insoumis, eux, restent fidèles à Lucie Castel, Marine Tondelier aussi, qui fait avec elle le tour des plateaux télé.
Je ne suis pas candidate, tant père l'intéressé, mais qui ajoute aussitôt, je suis prête et je suis à la disposition de la gauche pour jouer ce rôle. Les communistes temporisent et au final, le NFP n'a pas encore de ligne claire sur un éventuel nouveau candidat pour Matignon. Réponse du RN Sébastien Chenu de toute façon ce matin, la gauche ne vous fatiguez pas, Emmanuel Macron ne le fera jamais. Écoutez. Il ne le fera pas parce qu'il sait que le Rassemblement national déposera immédiatement une motion de censure si le Premier ministre revenait de l'errant de la gauche avec le programme de ruine du pays que mènerait la gauche. Donc, il le sait très bien et ça n'aurait aucun sens de le faire.
Un gouvernement technique éventuellement, ce qu'on appelle un gouvernement technique fait de hauts fonctionnaires moins clivants ? Et pour faire quoi ? Technique pour faire quoi ? Pour faire quoi ? En embuscade. Pour terminer, Bernard Cazeneuve, le socialiste préféré de la droite, le nouveau Delors assure ses proches dans Libération il y a quelques jours qui parle de lui comme recours en cas de chute du gouvernement mais à vous viser surtout 2027 et l'Elysée. Donc, ce n'est pas forcément leur priorité à eux non. Merci Benoît. Bonjour Philippe Brun. Merci d'être là, député socialiste Delors. Vous avez une préférence dans tous les noms qu'a cité Benoît Galeret à l'instant ?
Bon, on n'en est pas là aujourd'hui. Barnier n'est pas encore tombé. On ne sait pas encore s'il y aura un 49.3 cet après-midi. On ne sait pas encore si mercredi, la motion de censure sera adoptée. Tout cela paraît très prématuré. Est-ce que les socialistes peuvent encore ce matin sauver Michel Barnier ? Écoutez, c'est plutôt à lui de se sauver lui-même. Vous savez, c'est connaître...
Je vous dis ça parce que... Alors, on ne va pas rentrer dans les arcanes parce que c'est très compliqué. Mais il y a cette histoire de motion de rejet préalable qui ferait qu'en gros, si ça passait et c'est déposé par l'EPS, ça accorderait un petit sursis à Michel Barnier, quelques jours de sursis. Est-ce que c'est ce que vous voulez ?
Non, on ne souhaite pas donner des jours de sursis en particulier. Ce qu'on souhaite, c'est pouvoir discuter. Vous avez fait un sujet juste avant sur les discussions qui ont eu lieu entre l'ERN et Michel Barnier. Nous n'avons pas eu la chance d'avoir ces mêmes discussions. Vous êtes moins nombreux. Avec sa culture... Quand même, 66 députés socialistes, il y a les écologistes, les communistes qui sont avec nous. Je crois qu'on aurait pu avoir quelques discussions, quelques gens compétents, agréables, sur le budget. On a adopté un budget à l'Assemblée nationale. On a fait voter un budget qui était profondément remanié. Le gouvernement l'a fait battre.
Il y a des discussions qui peuvent avoir lieu.
Vos représentants ont été reçus par Michel Barnier
la semaine dernière ? Ils ont été reçus assez tardivement. Comme Marine Le Pen ? Avec, en vérité, une position de fermeture de Michel Barnier vis-à-vis des discussions.
Il a dit non à tout ce que vous proposez ?
Michel Barnier a dit à Boris Vallaud et Patrick Cannaire, nos deux représentants, qu'il avait déjà fait trop de concessions à son propre bloc, le bloc central ou le socle commun, et que dans ces conditions, il ne pouvait pas discuter avec les socialistes. Je le regrette. Moi, je suis le responsable des socialistes à la Commission des Finances. Je suis vice-président de la Commission des Finances. Jamais je n'ai eu aussi peu de discussions avec le gouvernement dans la préparation du budget. Les deux dernières années, 2022-2023, pour le PLF, avec Gabriel Attal, Thomas Kazav, ont discuté. On n'était pas d'accord sur tout. On préparait la discussion ensemble.
Là, le gouvernement donne le sentiment d'avoir envoyé une pièce en l'air en attendant que ça retombe, d'avoir finalement joué à la roulette russe avec l'avenir du pays sans discussion et sans finalement nécessaire et préalable accord avec un nombre suffisant de forces politiques pour faire passer un budget. Il n'y a pas de magie. Il n'y a pas de magie. Personne n'a de majorité à l'Assemblée nationale. On ne va pas imposer un budget en comptant sur la responsabilité de ses partenaires qui, par bonté d'âme, refuserait de vous censurer ou de voter vos propositions. Il faut discuter, discuter, discuter et ces discussions, malheureusement,
elles n'ont pas été menées. Guillaume ? Mais M. Bram, même si, évidemment, le propre d'un 49.3, s'il est employé, est de lier l'adoption du budget de la Sécur, en l'occurrence, et l'avenir du gouvernement, est-ce que vous faites une distinction entre rejeter un texte qui ne vous convient pas et faire tomber un gouvernement ? Parce que, par rapport à cette fameuse motion de censure, l'arithmétique, elle est très simple. Si le RN choisit de voter la motion de censure déposée par LFI, si le groupe PS dit « Nous, on ne la vote pas », elle ne passe pas. Écoutez,
nous, on a mis en place un certain nombre de lignes rouges. On a écrit au Premier ministre hier encore pour donner une dernière chance en disant « On n'est prêt de ne pas voter une censure si il y a un effort qui est fait sur l'hôpital, sur les EHPAD, sur la rémunération du travail, sur la question de la taxe sur l'électricité. Je crois qu'il a déjà cédé sur un certain nombre de sujets. Et puis, sur un certain nombre de recettes pour les compensés, recettes qui ont été adoptées, je le rappelle, en commission et dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Bref, ceux-là, nous n'avons pas eu de réponse aujourd'hui.
Michel Barnier a accusé réception très gentiment à nos représentants et n'a pas ouvert le dialogue avec nous. Donc, je crois que là, on est dans un moment où, en vérité, l'ascension de Michel Barnier, elle va permettre peut-être d'avoir un gouvernement qui dialogue plus avec l'Assemblée nationale. Parce qu'on est arrivé à un moment aujourd'hui où la position de fermeture très importante du gouvernement, elle met en danger le pays. Pardon, mais alors, pourquoi déposer
cette motion de rejet qui donnerait un sursis mécaniquement à Michel Barnier ? En vous écoutant, on vous dit pourquoi vous ne votez pas la censure automatiquement comme le font vos autres camarades du nouveau Front Populaire ?
De toute façon, le gouvernement peut déclencher le 49-3 avant la motion de rejet. Donc, à ce moment-là, il n'y aura pas de discussion de la motion de rejet. Pour l'instant,
on n'y est pas.
Donc, on verra bien ce qu'on fera de cette motion de rejet. Alors, pour ceux qui nous écoutent, c'est de la technique. C'est, avant même qu'un texte soit discuté, un orateur que ce texte doit être rejeté. Rien ne vous oblige à faire ça ? Écoutez, dans tous les textes, ça se passe comme ça. Il y a toujours quelqu'un qui fait une motion de rejet. C'est une possibilité qui existe. Mais c'est quand même rarement... Nous en discuterons. Nous en discuterons. Je ne sais pas si cette motion de rejet sera finalement...
Mais elle a l'air de vous gêner, cette motion de rejet. C'est-à-dire que c'est vous qui pourriez accorder encore une fois quelques jours de répit à Michel Barnier. Ça a l'air de vous gêner, en fait. La semaine dernière, vous étiez tous sortis du bureau de Michel Barnier et Tony Truant en disant la censure, on y va, c'est terminé. Et là, vous pourriez éventuellement lui accorder quelques jours de répit. Alors la question, c'est
on lui apporte du répit. Pourquoi ? Si on lui apporte du répit pour ne rien faire pendant 15 jours et que dans 15 jours se retourner dans la même situation, autant le censurer maintenant, avoir un nouveau gouvernement qui soit très rapidement nommé et qui fasse passer un budget. Parce qu'encore une fois, on perd du temps. On ne fait que perdre du temps. Même question que tout à l'heure
avec Franca Lysio. Vous assumerez le fait que les impôts augmentent pour 17 millions de Français. Vous assumerez que les retraites seront versées évidemment mais qu'il n'y aura pas forcément de revalorisation des retraites. Tout ça, vous allez l'assumer devant vos électeurs ? Pourquoi les impôts augmenteraient pour 10 millions de Français ? Pourquoi ? S'il n'y a plus de gouvernement, plus de budget, ça veut dire que c'est le barème de cette année qui s'applique. Il n'est pas revalorisé au niveau de l'inflation. Et donc, vous avez 380 000 foyers qui vont rentrer dans l'impôt. Vous avez 17 millions de foyers qui vont payer plus d'impôts que cette année. C'est mathématique.
C'est ce que vous dit le gouvernement. Tout ça, vous allez devoir l'assumer devant vos électeurs.
Tout ça pourrait être modifié par une loi de finances adoptée dès le début de l'année. L'impôt sur le revenu, on ne le paye pas en début d'année. Donc, il y a un lissage qui est fait dans l'année. On pourra rattraper cette... Mais avec quelle majorité ? Quel gouvernement ? Enfin, on est reparti pour des semaines
d'incertitude. Vous n'avez aucune certitude sur le fait que ça se passe.
Mais là, il n'y a pas plus de majorité aujourd'hui. Là, il faut trouver aujourd'hui un Premier ministre qui soit l'homme de la nation, donc quelqu'un qui soit au-dessus des partis politiques, qui soit capable de faire travailler les uns et les autres ensemble, qui mette fin à ce théâtre d'ombre, à cette situation où tout le monde se renvoie la balle de manière stérile avec aucune solution à la fin pour le pays. Il n'y en a pas 500 qui peuvent le faire.
Vous avez dit quelque chose d'important. Vous avez dit quelqu'un au-dessus des partis. Est-ce que ça veut dire que dans votre esprit, si Michel Barnier devait être renversé, vous ne revendiquez pas que ce soit un Premier ministre de gauche qui soit nommé, mais quelqu'un qui transcende l'ensemble de l'échiquier politique ? Moi, je crois que ça doit être
quelqu'un de gauche pour une raison assez simple. C'est que quand vous regardez les votes à l'Assemblée, le centre de gravité de cette Assemblée nationale, il est au centre-gauche. Vous voyez bien, d'ailleurs, sur les votes budgétaires, il ne s'est trouvé d'autres majorités à l'Assemblée nationale en commission et dans l'hémicycle que pour augmenter plutôt la contribution des plus riches à l'impôt et augmenter la contribution des très grandes entreprises, des marchés financiers à l'impôt et plutôt décharger les classes populaires et les classes moyennes. Donc il y a cet équilibre qui existe à l'Assemblée.
Quand vous parlez de centre-gauche, ça veut dire rompre avec LFI et Jean-Luc Mélenchon ?
Pour l'instant, on n'en est pas là. La vraie question qu'il faut se poser...
Tout est dans le pour l'instant.
Écoutez, moi, je vous dis, tout ça, c'est des jeux politiciens. La question, c'est est-ce qu'il y a quelqu'un qui est capable aujourd'hui d'avoir un gouvernement resserré avec dix ministres qui prennent à cœur les grands problèmes du pays et qui ne soient pas censurés immédiatement et qui fassent voter un budget à l'Assemblée nationale ? C'est ça qui doit... Avec des socialistes et des macronistes éventuellement ? Avec je ne sais pas qui à l'intérieur. Vous disiez centre-gauche.
Il faut aujourd'hui quelqu'un en tout cas qui est capable de parler à tout le monde à l'Assemblée nationale, qui est capable d'être soutenu par la gauche et qui est capable d'être soutenu aussi par des gens dans l'hémicycle qui sont des modérés qui sont à l'air aussi. En tout cas, il n'y a pas d'autre solution. C'est-à-dire que regardez aujourd'hui l'hémicycle. Moi, je n'ai aucune... Je suis évidemment opposant au président de la République, opposant à sa politique. Mais aujourd'hui, il n'y a aucune majorité pour personne. Il faut bien que quelqu'un fasse un travail de discussion avec l'ensemble des groupes et fasse adopter un budget qui n'obtienne pas de censure.
Et c'est le travail, ce sera le travail du futur Premier ministre si Michel Barnier est censuré mercredi.
Merci Philippe Brun et merci messieurs. On va y revenir bien évidemment tout à l'heure à 10h parce que c'est le suspense de la journée.
Franck Allisio