Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 14 juin 2021 23 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiRetraitesNumérique

Geoffroy Roux de Bézieux : "À partir du moment où les restrictions sont arrêtées, il faut arrêter les aides"

Source d'origine 5 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse directe

    Partagez-vous cette positive attitude de l'exécutif ou restez-vous prudent face à ce qui pourrait naître d'un moment d'euphorie ?

  • 1:33RelanceRéponse directe

    Quelles sont les incertitudes qui vous rendent modérées dans l'euphorie ?

  • 2:34OuverteRéponse directe

    Vous dites que la Chine et la crispation avec la Chine vous inquiètent le plus. Pourquoi ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Bruno Le Maire maintient une prévision de croissance à 5% en 2021. Est-il trop ambitieux ou ça vous semble crédible ?

  • 4:59OuverteRéponse directe

    Anticipez-vous un risque que le chômage augmente dans les prochains mois et que des faillites soient inévitables ?

  • 6:05RelanceRéponse partielle

    Et là, vous pensez qu'il y en aura combien en 2021, en 2022 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51Invité politiqueFait
    « Ça repart très fort. On le voit, d'ailleurs vous le voyez sur les terrasses qui sont remplies, les réservations pour les vacances qui démarrent très fort. »
  • 1:50Invité politiqueFait
    « Moi, je vois depuis maintenant un ou deux mois des patrons qui ont du mal à recruter. »
  • 2:09Invité politiqueChiffre
    « L'acier qui a pris 30%. »
  • 5:11Invité politiqueFait
    « En mars ou en avril 2020, on prédisait, y compris le gouvernement, un million de chômeurs supplémentaires. Ça ne s'est pas produit du tout. »
  • 5:58Invité politiqueChiffre
    « Il y a 60 000 faillites par an, en moyenne. En 2020, il n'y en a eu que 40 000. »
  • 7:48Invité politiqueFait
    « À partir du moment où les restrictions sanitaires sont arrêtées, le 30 juin, il faut arrêter les aides. »
  • 9:35Invité politiqueFait
    « Moi, ce que je vois dans les entreprises, en tout cas pour le moment, c'est un climat qui est plutôt positif. »
  • 10:47Invité politiqueFait
    « Le télétravail, ça concerne un certain nombre de professions, de métiers, de niveaux. »
  • 12:51Invité politiqueChiffre
    « On a fait un chiffre de recrutement d'apprentis qui est le record historique, plus de 520 000, et que l'embauche des jeunes a été plutôt au niveau de l'année 2019. »
  • 16:00Invité politiqueFait
    « La démographie fait qu'il y a maintenant beaucoup plus de retraités que d'actifs. »
  • 20:41Invité politiqueFait
    « On a un problème de taux d'emploi des seniors. »

Temps de parole

  • Invité politique67 %
  • Invité14 %
  • Présentateur12 %
  • Invité 23 %
  • Auditeur2 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Nous recevons donc ce matin dans le grand entretien du 7-9 le président du MEDEF avec lequel vous pourrez dialoguer au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Geoffroy Roux de Bézieux, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro. Aujourd'hui on va commencer par le contexte économique immédiat au fil des phases de déconfinement. La reprise a déjà commencé sur les chapeaux de roue. Bruno Le Maire dit attendre en France en 2021 une des plus fortes croissances depuis 50 ans. Il y a un vrai retour de l'activité selon le président de la République.

Alors partagez-vous Geoffroy Roux de Bézieux cette positive attitude de l'exécutif en vous disant pourvu que ça dure ou restez-vous prudent face à ce qui pourrait naître qu'un moment d'euphorie dû à l'allègement des contraintes sanitaires ?

0:51
Invité politique

C'est un peu les deux. Oui, ça repart très fort. On le voit, d'ailleurs vous le voyez sur les terrasses qui sont remplies, les réservations pour les vacances qui démarrent très fort. Il y a un effet de rattrapage, il y a une envie de nos concitoyens. J'étais à Rome rencontrer nos homologues il y a un jeudi, vendredi, c'est pareil en Italie. Et donc dans les prochaines semaines, les prochains mois, il y a un rattrapage très fort. Alors, en même temps, il faut être, et on voit d'ailleurs, les gens sont un peu euphoriques, patron, salarié, citoyen. En même temps, il faut être prudent parce que derrière, quand on regarde l'horizon septembre, la rentrée, il y a quelques incertitudes.

Donc c'est difficile de dire aujourd'hui, si vous voulez, si cette reprise, elle est juste le rattrapage de un an de frustration, de confinement, ou si ça va durer.

1:33
Invité

— Comme quoi, incertitudes ? Quelles sont les incertitudes qui vous rendent, je dirais, modérées dans l'euphorie ?

1:40
Invité politique

— Voilà, modérées, prudentes, si vous voulez. Elles sont de plusieurs niveaux. Il y a des incertitudes de court terme. Il y a d'abord une chose qui est quand même paradoxale, mais qui, je constate toujours, c'est le recrutement. Moi, je vois depuis maintenant un ou deux mois des patrons qui ont du mal à recruter. Alors, il y a plein de cas de figure. Il y a les manques de compétences, manque de mobilité, des métiers qui sont compliqués pour recruter. Donc on retrouve ce qu'on avait avant la crise, en fait, en réalité. Il y a un point peut-être conjoncturel qui est le manque de matières premières ou le prix des matières premières. Vous avez l'acier qui a pris 30%.

Il y a des choses plus structurelles. Par exemple, dans la construction, on manque de bois. On pousse à la construction en bois, mais la filière n'est pas prête. Et une filière bois, ça ne se construit pas en quelques jours. Et puis il y a des choses peut-être plus inquiétantes. J'entendais votre chroniqueur, M. Aski, tout à l'heure. Alors, ils ont un peu plus lointain qu'est la géopolitique, les tensions entre, on va le dire, la Chine d'un côté et l'Occident, ou en tout cas les pays riches de l'autre.

2:34
Invité

Vous dites que ça, c'est un des sujets, la Chine et la crispation avec la Chine, qui vous inquiètent le plus. Pourquoi ?

2:40
Invité politique

Parce qu'on voit qu'on arrive un peu à la fin d'une époque de mondialisation. Quand Bill Clinton fait rentrer la Chine dans l'OMC, le pari qu'il fait, c'est, d'ailleurs, on pensait tous, finalement, en faisant du commerce avec la Chine, on va faire que la Chine s'approche de notre modèle, modèle démocratique. Et donc, finalement, le commerce, c'est le doux commerce de Montessieu. Et en fait, on voit tous qu'il ne se produit pas ça, qu'il y a des tensions qui montent, que la Chine veut jouer avec d'autres règles du jeu que les nôtres. Et au fond, on est passé d'un échange qui était équitable à un échange qui ne l'est plus.

3:14
Invité

Vous citiez le ministre australien qui a déclaré il y a quelques jours, je crois, une guerre avec la Chine est probable.

3:24
Invité politique

Oui, alors ça, c'est passé un peu inaperçu en France, mais c'est quand même très inquiétant de dire ça. On a l'impression qu'on revient à une période que notre génération a heureusement pas connue. Alors, ce n'est pas inévitable. J'entendais toujours votre corneur, Pierre Aski. Je trouve ça très intéressant. L'Europe n'est pas obligée de choisir entre deux blocs, en fait, les Etats-Unis et la Chine. Il faut probablement réinventer une manière d'équilibrer les échanges et d'avoir les mêmes règles du jeu. Ce qui est important, je pense, dans le commerce, dans l'économie de marché, c'est d'avoir les mêmes règles du jeu. Or, il n'y a pas les mêmes règles du jeu.

Donc, le pire n'est pas certain, mais c'est quand même des nuages à l'horizon qui forcément inquiètent le monde économique et doivent nous inquiéter.

4:00
Présentateur

Je reviens d'un mot à la conjoncture économique en France. Bruno Le Maire maintient une prévision de croissance à 5% en 2021. Est-il trop ambitieux ou ça vous semble crédible ?

4:11
Invité politique

Non, ça semble crédible. Il faut se souvenir que malheureusement, on a fait moins 8, 5, je crois, en 2020. Donc, c'est un rattrapage. Au fond, ce qui compte, c'est quand est-ce qu'on va retrouver le niveau de PIB, le niveau de vie, finalement, de 2019. Et puis, il y a quand même un effet qu'on connaît. Il y a beaucoup, beaucoup de milliards d'euros qui ont été de l'épargne, ce qu'on appelle de l'épargne forcée. Des gens qui n'ont pas eu l'occasion de dépenser. Donc, il n'y a rien à fait consommation. Donc, le 5% pour 2021... Qui a commencé, non, l'effet consommation ? Oui, bien sûr. On le voit dans les commerces, les cinémas, etc.

Donc, l'effet rattrapage 2021, je pense qu'il est assez probable. La vraie question, c'est 2022 et le suivant.

4:48
Présentateur

Sur le front de l'emploi, le rebond au premier trimestre a été plus fort qu'attendu dans le secteur privé avec une progression de plus 0,5%. Plutôt une bonne nouvelle, évidemment. Mais là encore, Geoffroy Roux-de-Bézieux, anticipez-vous tout de même un risque que le chômage augmente dans les prochains mois et que des faillites soient inévitables ?

5:08
Invité politique

Alors, c'est un peu deux questions différentes. Je vais me lancer... Il faut se souvenir, là, je ne peux pas résister à rappeler qu'en mars ou en avril 2020, on prédisait, y compris le gouvernement, un million de chômeurs supplémentaires. Ça ne s'est pas produit du tout. L'économie française a beaucoup mieux résisté. Il faut dire aussi parce qu'il y a eu le dispositif de chômage partiel.

5:27
Invité

Grâce au chômage partiel, oui.

5:28
Invité politique

Et donc, là, je vais être assez optimiste. Je pense qu'on n'aura pas une augmentation massive du chômage. D'ailleurs, ce chiffre que vous citez du premier trimestre, il est en plein... Enfin, partiellement du confinement. Donc, je ne crois pas, moi, à une vague de plans sociaux, de faillites. Il y aura un petit rattrapage de faillites. Pourquoi ? Parce qu'avec tous les systèmes de prêts garantis par l'État, on a finalement gelé le processus naturel. Alors, c'est difficile à entendre quand on est concerné, mais faire faillite, ça fait partie de la vie économique. Il y a 60 000 faillites par an, en moyenne. En 2020, il n'y en a eu que 40 000.

Donc, il y a eu finalement moins de faillites dans une période de crise.

6:05
Invité

Et là, vous pensez qu'il y en aura combien en 2021, en 2022 ?

6:08
Invité politique

Je ne peux pas vous donner de chiffres. Ce ne serait pas sérieux ni professionnel. Il y aura un rattrapage, mais nous, on a des études sur nos adhérents qui disent qu'à peu près 5% des entreprises vont avoir des difficultés à rembourser le fameux prêt, puisqu'il faut parler remboursé, garanti par l'État.

6:21
Invité

Et la Banque de France, 6 à 7% des entreprises.

6:24
Invité politique

Donc, on est à peu près, c'est assez concentré sur plutôt des petites entreprises, plutôt dans les secteurs fermés, évidemment. Donc, il faudra les aider, peut-être allonger le prêt garanti par l'État. Mais il n'y aura pas, vous savez, ce mur des faillites, des économistes, évidemment, quand ils font des moches prévisions, on ne les reprend pas. Mais qu'il annonçait pour le 1er janvier, il y a un an, puis pour le 1er septembre, puis pour la rentrée, etc.

6:45
Invité

Les économistes, même le gouvernement, Bruno Le Maire était, je ne vais pas dire cassandre, mais quand il disait on traverse la pire crise économique de toute l'histoire depuis 1929, etc. Aujourd'hui, il est dans l'euphorie, et tant mieux.

6:57
Invité politique

Écoutez, moi j'essaie de garder un ton, vous devez vous en souvenir, relativement optimiste tout le temps. C'est pour ça que je peux être prudent maintenant.

7:04
Invité

Oui, c'est-à-dire que vous êtes moins euphorique que les autres.

7:07
Invité politique

J'essaie de me garder de toute euphorie.

7:09
Invité

Si je dois caricaturer, vous étiez plus optimiste il y a 6 mois qu'aujourd'hui, alors que tout le monde est plutôt...

7:16
Invité politique

J'essaie d'être constant, mais l'avantage que j'ai peut-être par rapport aux décideurs politiques, c'est que je suis en prise avec des adhérents, donc je parle à des patrons toute la journée.

7:24
Invité

Le quoi qu'il en coûte, vous dites qu'il est temps d'en finir, d'arrêter le quoi qu'il en coûte. Le gouvernement a prévu de l'arrêter progressivement jusqu'en septembre. Craignez-vous tout de même, à moins d'un an de la présidentielle, que le quoi qu'il en coûte ne s'arrête pas vraiment, que le carnet de chèques reste ouvert sur la table ? Sentez-vous cette ambiance dépensière, pour reprendre les mots du LR Eric Wirt ? Une prodigalité électoraliste à l'approche d'une élection présidentielle ?

7:48
Invité politique

Soyons clairs, le quoi qu'il en coûte, il fallait le faire, ça a permis d'éviter l'explosion du chômage, éviter l'explosion de la faillite, mais ce n'est pas une politique de long terme, parce qu'il ne faut pas que le quoi qu'il en coûte se transforme en quoi qu'il en coûteisme, si j'ose ce néologisme. Donc il faut arrêter... En fait, c'était quoi ce quoi qu'il en coûte ? C'était des mesures de compensation pour les entreprises, pour compenser les mesures de restrictions sanitaires. Je te ferme, pour des bonnes raisons, je ne suis pas du tout dans le... Je ferme le restaurant, mais je te permets de vivre avec des aides.

À partir du moment où les restrictions sanitaires sont arrêtées, le 30 juin, il faut arrêter les aides. Il peut y avoir des exceptions, par exemple l'événementiel, on sait que l'événementiel, ce n'est pas parce qu'on peut refaire des événements le 30 juin que ça démarre le 30 juin, il faut 1, 2, 3, 4 mois pour redémarrer.

8:32
Invité

Et sur le tourisme et sur l'hôtellerie ?

8:33
Invité politique

Alors, il y a des cas aussi particuliers, ceux qui vivent des touristes étrangers. Les palaces parisiens, ils sont toujours, je ne sais pas les chiffres exacts, mais à 10-15% de rédaction. Mais c'est vraiment l'exception. L'économie de marché, c'est pas... Je vais le dire de manière un peu comme elle est résumée. On n'est pas patron pour être aidé par l'État. On est patron pour vivre, pour développer l'entreprise, pour embaucher, pour créer des emplois. Donc, vous voyez, ça ne peut pas être une politique. Alors, est-ce qu'il y a un risque que, effectivement, pour reprendre l'expression par stratégie électorale, on continue à dépenser ? Oui, enfin, il y a toujours un risque.

Mais en tout cas, nous, le message qu'on passe, c'est qu'on arrête les aides quand les mesures de restriction s'arrêtent.

9:12
Présentateur

De manière générale, et avant de parler des retraites, comment sentez-vous le climat social, politique en France ? Emmanuel Macron giflé, Jean-Luc Mélenchon, François de Rugy enfariné. Est-ce que la campagne électorale présidentielle qui démarre vous inquiète ?

9:29
Invité politique

J'ai quand même l'impression qu'il y a deux... Enfin, deux Frances, mais enfin, deux ambiances très différentes. Moi, ce que je vois dans les entreprises, en tout cas, pour le moment, c'est un climat qui est plutôt positif. On a énormément discuté, forcément, d'ailleurs, pendant cette période, à la fois pendant les confinements, puis après, par exemple, pour le télétravail. L'accord qu'on a signé sur le télétravail, ça discute énormément dans les entreprises, et c'est plutôt très positif. Et on ne sent pas un climat tendu. Il y a toujours des questions, bien sûr, des boîtes qui ferment.

Et puis, il y a ce climat politique, et sur les réseaux sociaux, qui, lui, hystérique, hystérisé, je ne sais pas ce qu'il faut dire, parce que ça dépend de à qui on parle. Et on a l'impression qu'il y a un peu deux pays, quoi. Il y a le pays de la vie de tous les jours, économique, où ça se passe plutôt bien, et puis la surface des choses, qui paraît hystérisée. Alors, est-ce que je crée une campagne présidentielle hystérisée ? Ben oui, forcément, comme vous, comme tout le monde. J'aimerais qu'on parle des sujets économiques. C'est l'occasion de débattre sereinement.

10:31
Invité

Pensez-vous que la révolution du télétravail est irréversible, qu'on ne reviendra plus en arrière, que dans cinq ans, dans dix ans, les salariés travailleront deux jours par semaine, trois jours par semaine chez eux, et peut-être un chez eux qui ne sera plus à côté, dans la ville de leur entreprise. Est-ce que vous voyez ça comme ça ?

10:47
Invité politique

Oui, alors, attention, pas pour tout le monde. Le télétravail, ça concerne un certain nombre de professions, de métiers, de niveaux. Quand vous êtes, vous voyez, métallurgiste ou boulanger, pas de télétravail possible. Mais pour ceux qui le peuvent, on le voit dans les entreprises. On a eu plusieurs phases. Il y a eu la période tout télétravail, puis après, il y a eu un petit coup de barre, si j'ose dire, un petit coup de mou, et retour dans l'entreprise. Et on trouve le point d'équilibre. Je ne sais pas vous dire si c'est deux jours, etc. Ça dépend plus des entreprises. Mais oui, on voit que ça a des conséquences profondes et qu'on ne reviendra pas en arrière.

Ça a des conséquences sur l'immobilier, à la fois l'immobilier de bureau et l'immobilier résidentiel, sur la manière de travailler, sur les outils qu'on utilise. Comme toute crise, ça a créé des choses assez pérennes.

11:32
Invité

Pourquoi vous refusez toujours au MEDEF de codifier précisément le télétravail, comme vous le demandent les autres partenaires sociaux ? Qu'il y ait un code de télétravail formalisé, comme un code du travail ?

11:40
Invité politique

Les autres partenaires sociaux ne le demandent pas, sauf la CGT, puisqu'on a signé un accord, signé par 4 centrales, qui est un accord très complet, il y a 70 pages, je crois, 60 pages, et qui permet à chaque entreprise, ensuite, de l'appliquer dans son entreprise. Mais télétravailler dans une PME du bâtiment ou télétravailler chez France Inter, ce n'est pas la même chose, pour des questions de géographie, de métier, etc. On va passer au standard.

12:05
Présentateur

Beaucoup de questions pour vous ce matin. Philippe, bonjour. Bonjour. Allez, vous avez la parole. Je vous remercie.

12:13
Auditeur

Bonjour France Inter. Bonjour M. Roux de Bézius.

12:15
Invité

Bonjour.

12:16
Auditeur

Vous avez dit à l'instant que les patrons avaient du mal à embaucher. Très rapidement, ma fille qui sort d'un master de cosmétologie n'arrive pas, parce qu'on lui demande à chaque fois, systématiquement, de l'expérience. N'avez-vous donc pas peur, tout simplement, que nos patrons français, contrairement à nos patrons allemands qui font beaucoup d'avantages de confiance aux jeunes, que nos patrons français soient tout simplement beaucoup trop frileux vis-à-vis de l'embauche des jeunes ?

12:41
Présentateur

Merci Philippe pour cette question.

12:43
Invité politique

Geoffroy Roux de Bézius. Oui, alors, je ne connais pas le cas de la fille de ce monsieur, surtout qu'en plus, cosmétologie, c'est plutôt un secteur porteur. Ce que je peux dire, c'est qu'on avait un problème d'embauche des jeunes historique. On a, dans cette crise, globalement, et ce n'est pas pour mettre en avant les patrons, plutôt réussi ce passage, puisqu'on a fait un chiffre de recrutement d'apprentis qui est le record historique, plus de 520 000, et que l'embauche des jeunes a été plutôt au niveau de l'année 2019, ce qui est, dans une période de crise, plutôt positif.

13:13
Invité

Enfin, on vous demande d'en faire plus. On accuse souvent les patrons de ne pas jouer le jeu sur la question des jeunes.

13:18
Invité politique

Mais, je vais vous dire, oui, il y a sûrement des patrons qui ne jouent pas le jeu, parce qu'ils cherchent, effectivement, le mouton en cinq pattes, en quelque sorte. Oui, c'est ce que dit notre auditeur. Injonction contradictoire. On ne peut pas être jeune et avoir de l'expérience. Moi, je ne peux qu'engager mes adhérents et tous les patrons de France à, entre guillemets, prendre des risques. Mais je mets les risques, entre guillemets, c'est-à-dire à faire confiance aux jeunes qui s'investissent. L'apprentissage, j'ai parlé des Allemands, c'est la meilleure façon, ça je le dis plutôt aux parents, d'être embauché. Le taux d'embauche après un contrat d'apprentissage, c'est 90%.

Donc, c'est le secret des Allemands, c'est ça. Et donc, si on peut faire pareil, c'est une bonne idée.

13:54
Présentateur

Sur les matières premières, Edouard Rostandard. Bonjour Edouard, bienvenue.

13:59
Invité

Oui, bonjour à tous. Bonjour M. Routbezieux. Oui, bonjour. Voilà, donc moi, je suis exploitant agricole, petite commune en Vendée, Vendée dynamique, sur les herbiers. Nous, notre gros souci aujourd'hui, c'est que quand je fais des devis, si je n'ai pas une position à 10 jours, c'est 20% de haute. Alors, est-ce qu'au niveau étatique, vous avez parlé avec nos chers dirigeants, savoir s'il y avait un moyen de limiter ça, parce que les projets tombent à l'eau.

14:24
Invité politique

C'est sur quelle matière que vous avez ces augmentations ?

14:27
Invité

Alors, il y a l'acier, bien sûr. Quand on fait des charpentes à charpentes, n'importe quelle charpente, maçonnerie. Les pièces matières premières, nous, je vois sur les engins agricoles, la moindre pièce aujourd'hui, déjà retrouvée, il n'y a plus rien. Et puis le bois, hein ? Ah ben le bois, on n'en parle même pas. Le bois, il n'y en a pas. Il n'y en a pas. Point à la ligne, il n'y en a pas. Voilà.

14:47
Invité politique

Écoutez, merci Edouard, Geoffroy Roux de Béjeu. C'est ce que j'expliquais tout au début, c'est-à-dire que vous avez même des entreteneurs du bâtiment qui arrêtent des chantiers parce qu'ils ont signé un contrat à prix fixe sur 6 mois et que le prix des matières a tellement augmenté qu'ils sont à perdre. Donc ça, c'est un néant problème. Objectivement, pas facile à traiter pour le gouvernement parce que le gouvernement n'est pas là, entre guillemets, pour compenser les hausses de prix. Donc soit c'est conjoncturel. Il y a un petit... Ce qu'on peut espérer, c'est-à-dire que la reprise est tellement forte en Chine, etc., qu'il y a un aspect un peu conjoncturel.

Soit c'est une inflation qui va rester et là, c'est le retour de l'inflation. C'est-à-dire qu'il faut augmenter les prix, il faut arriver à passer les prix dans la chaîne de valeur.

15:26
Invité

Geoffroy Roux de Béjeu, sur le dossier des retraites, le gouvernement n'exclut plus de relever l'âge de départ à la retraite, contrairement à ce qu'avait dit Emmanuel Macron pendant sa campagne. Ça, c'est votre cheval de bataille, passer l'âge de la retraite à 64 ans. Alors, que dites-vous à l'exécutif ? Allez-y, faites-le vite avant la présidentielle, relevez l'âge de départ à la retraite.

15:42
Invité politique

Alors, juste un mot sur la retraite. On a depuis 1945 une retraite par répartition. C'est important de le dire aux auditeurs. La répartition, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est les actifs qui payent pour les retraités. Quand on dit je cotise pour ma retraite, on ne cotise pas pour ma retraite. Je cotise pour celles qui sont retraitées aujourd'hui et j'espère que les suivants feront la même chose. Or, la démographie fait qu'il y a maintenant beaucoup plus de retraités que d'actifs. Et donc, il y a une question de quantité de travail. Donc, malheureusement, comme les autres pays, il faudra augmenter l'âge de la retraite.

Les Allemands discutent en ce moment de 68 ans, les Suédiens sont à 67. La question, c'est le faire quand ? Avant ou après la présidentielle ? Nous, notre position, c'est après la présidentielle. Pourquoi ? Parce que c'est un débat qui est très compliqué, qui concerne tout le monde. C'est la seule réforme, au fond, où tout le monde est concerné. Les retraités, les jeunes, et c'est les jeunes les plus concernés parce que c'est eux qui vont travailler plus longtemps. Et donc, ça doit être un débat de présidentielle où chaque candidat annonce clairement la couleur. Le problème, c'est qu'Emmanuel Macron, dans sa campagne, n'avait pas parlé d'âge de la retraite. Vous vous souvenez, en 2017 ?

16:43
Invité

Oui, oui, c'est ce que je vous dis.

16:44
Invité politique

Et donc, il faut un mandat clair du peuple. C'est-à-dire que certains candidats parlent de 60 ans, d'autres parlent de 64 ans. Il faut qu'on ait... Vous voyez, c'est vraiment la Vème République, c'est le moment où on tranche ce sujet-là. Et derrière, il faut le faire très vite. L'erreur qui a été commise, c'est de faire deux ans de consultation avec un monsieur de l'eau, qui nous recevait sans rien nous dire. Donc, on a perdu du temps. C'est un vrai sujet. C'est le premier poste des dépenses publiques. C'est 15% du PIB. Donc, c'est vraiment important.

17:09
Invité

Enfin, on est quand même sortis de la plus grande grève de l'histoire de la Vème République sur cette réforme des retraites qui n'avait même pas le décalage de l'âge légal, qui était une réforme à la fois...

17:20
Invité politique

Aucune on ne comprenait pas grand-chose.

17:22
Invité

Oui, c'est ce que j'allais vous dire. Mais vous n'avez pas peur que ça réactive à nouveau un conflit social ?

17:28
Invité politique

Quand on a le suffrage universel, en ayant annoncé clairement la couleur avant, on a le mandat du peuple pour réformer. Et donc, c'est pour ça qu'il est important que tous les candidats se prononcent sur ce sujet et disent clairement ce qu'ils veulent faire.

17:43
Présentateur

On retourne au standard. Paul nous y attend. Bienvenue, Paul. Bonjour. Oui, bonjour. On vous écoute. Bonjour. Oui, ma question...

17:50
Locuteur non identifié

Bonjour, monsieur Roude-Lézieux. Ma question est simple. Tout le monde semble se réjouir. Tout le monde applaudit. Il semblerait que tous les problèmes soient peut-être résolus. Enfin, je m'avance beaucoup. Mais simple, ma question. Il y a énormément d'emplois précaires. Ne pensez-vous pas que dans les mois qui viennent, on aura une forte augmentation des emplois précaires ? Parce qu'ils sont très, très, très nombreux. Merci.

18:15
Présentateur

Merci pour cette question. Geoffroy Roude-Bézieux vous répond. Sur la qualité des emplois, donc.

18:19
Invité politique

C'est là aussi difficile de se prononcer. On a, c'est vrai, monsieur, en raison, en France, une part de CDD et d'intérim est élevé. Alors, il y a deux interprétations. Il y a l'interprétation de dire que c'est les patrons français qui sont frileux, et l'autre qui disent que comme le CDI est très rigide et que l'activité est variable, on essaye de garder une forme de flexibilité dans l'entreprise. Ce que je disais au début, c'est-à-dire qu'on a du mal à recruter, pousse à l'augmentation des CDI. C'est ce qu'on voyait d'ailleurs, un pourcentage, c'est ce qu'on voyait d'ailleurs avant la reprise. Donc, je ne suis pas sûr que monsieur ait raison.

Encore une fois, en ce moment, il faut être très prudent dans les prévisions.

18:58
Présentateur

Une question sur l'application de France Inter. Rachel vous la pose. Ce sont les plus riches qui ont le plus épargné cette dernière année. Vous parliez de l'épargne en temps de Covid. Comment les pousser à dépenser leur épargne dans l'économie locale, dit-elle, mais pas seulement ?

19:16
Invité politique

Les gens dépensent leur argent comme ils veulent. Je pense que là, on voit bien que la reprise fait que les gens consomment. Après, il y a cette question d'épargne forcée. Enfin, épargne forcée, elle n'est pas forcée, mais d'épargne par non-consommation. Mais normalement, ça va se résoudre de lui-même d'une certaine manière, puisqu'à partir du moment où les restrictions sanitaires sont levées, l'argent va revenir dans l'économie. Après, il y a une autre question qui n'est pas tout à fait celle de votre auditrice, qui est la transmission de patrimoine.

On a un pays où, et d'ailleurs, c'est vrai en Europe, où le patrimoine s'accumule chez les personnes les plus âgées et les jeunes n'arrivent pas à avoir du patrimoine. Moi, je suis favorable à tous les systèmes de transmission accélérés et défiscalisés.

19:58
Invité

Il y a renoncé, Bruno Le Maire.

19:59
Invité politique

Oui, semble-t-il. Vous le regrettez ? Oui, parce que...

20:03
Invité

Il a renoncé à l'idée d'alléger de taxes les grands-parents qui donnent aux plus jeunes, à leurs petits-enfants, une somme d'argent. Estimant que ça privilégierait sans doute les plus riches.

20:14
Invité politique

Oui, mais ça fait circuler l'argent. Ça permet à des jeunes qui rentrent dans la vie active de s'acheter un appartement. Donc, je pense que ça reste une bonne idée.

20:21
Présentateur

On a parlé des jeunes tout à l'heure. Laurence vous pose la question suivante. Quand est-ce que le patronat va enfin se saisir réellement du problème du travail des seniors en entreprise ? Repousser l'âge de la retraite alors qu'on ne recrute plus après 50 ans, ça équivaut à transférer le problème sur l'assurance chômage ?

20:41
Invité politique

Alors, ça, c'est une vraie question. Et oui, on a un problème de taux d'emploi des seniors. J'ai pas retenu son prénom pendant... Laurence. Laurence a raison. Simplement, ce qu'il faut dire, c'est que quand le gouvernement Sarkozy passe l'âge légal de la retraite de 60 à 62 ans, immédiatement, le taux d'emploi des seniors deux ans avant, c'est-à-dire 58-60 ans, a augmenté. Comment ça s'explique ? C'est assez simple à comprendre. C'est que, effectivement, comme l'assurance chômage prend en charge trois ans avant l'âge légal de la retraite, il y avait une forme de connivence entre employeur et employé pour mettre des gens en pré-retraite à partir de 60 ans.

Donc, il y a un effort à faire côté employeur, il y a aussi un effort à faire côté gouvernement. si on monte l'âge légal de la retraite à 63-64, je pense qu'on verra le taux d'emploi des seniors augmenter.

21:30
Invité

La réforme de l'assurance chômage, alors celle-là, vous êtes pour qu'elle soit appliquée tout de suite, si je vous lis bien, pas attendre la présidentielle. Cette réforme dont Laurent Berger dit qu'elle est absurde, injuste et indécente, vous pensez que c'est le bon moment pour appliquer la réforme de l'assurance chômage pour que les chômeurs touchent moins ?

21:47
Invité politique

Alors, c'est un peu plus, comment dire, compliqué que ça. Ce n'est pas laitement, toujours plus rentable financièrement de travailler en permanence que d'alterner ce qu'on appelle la permittance, c'est-à-dire des contrats courts. On avait un système dont les partenaires sociaux, CFDT, MEDEF, les autres sont responsables, qui avait fait en sorte qu'on ait mieux rémunéré ou compensé financièrement quand on alterne travail et chômage. Ce système, pour moi, doit être corrigé.

22:18
Invité

Dernière question, François Fillon, ancien Premier ministre français proposé par le gouvernement russe pour devenir administrateur d'une compagnie pétrolière appartenant à 100% à l'État russe. Le président du MEDEF trouve-t-il ça normal ?

22:29
Invité politique

Tout est, il fait ce qu'il veut. Simplement, le symbole, est-ce qu'il utilise, j'allais dire, le symbole de son poste de Premier ministre ou ses compétences, ce n'est pas à moi forcément de le juger. Après, est-ce que cette compagnie pétrolière s'engage dans la transition énergétique ? Je ne le sais pas. En tout cas, je le souhaiterais comme le fait Total.

22:47
Invité

En tant que citoyen, vous trouvez ça normal ?

22:49
Invité politique

Il faut bien qu'il travaille. Après, vous savez, M. Schröder avait été aussi, je crois en son temps, l'ancien chancelier allemand avait été aussi recruté. Ça dépend de ce qu'il y fait, en fait, c'est toute la question.

23:00
Présentateur

Merci M. le Président du MEDEF, Geoffroy Roux-de-Bézieux, d'avoir été au micro d'Inter ce matin. Il est 8h45.

23:06
Invité

France Inter. France Inter.