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interviewyoutube.com· 19 octobre 2023 62 minAutoproduit

Menace terroriste: l'interview de Gérald Darmanin en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bienvenue sur BFM TV, M. le ministre de l'Intérieur. Merci d'avoir accepté notre invitation à un moment où la France connaît des heures difficiles, pour ne pas dire dramatiques, puisque nous sommes une fois de plus confrontés à la menace terroriste. Menace à laquelle nous allons largement consacrer cette interview. A mes côtés, pour vous interroger, Alexandra Gonzalès, chef adjointe du service police-justice de BFM TV, et Benjamin Duhamel, journaliste politique de notre chaîne.

0:21
Invité

Bonjour, M. le ministre.

0:21
Présentateur

Une nouvelle fois, les évacuations se sont multipliées en France. Aujourd'hui, les aéroports de Nantes, Montpellier, Lille, Rennes, Béziers, Mulhouse, ou encore Bordeaux ont été perturbés. Alerte à la bombe et évacuation aussi pour 6 lycées de la région toulousaine ce matin. Le château de Versailles a connu sa quatrième évacuation ce jeudi, en moins d'une semaine. Gérald Darmanin, diriez-vous, comme le ministre de la Justice hier, qu'il s'agit de l'œuvre de plaisantins, de petits guignols ? Et pouvez-vous, d'ailleurs, comme Éric Dupond-Moretti, garantir que vous allez tous les retrouver et les punir ?

0:50
Gérald Darmanin

Alors, il y a eu 18 interpellations par les services de police depuis les 48 dernières heures, essentiellement des mineurs. Et donc, ils sont présentés au moment où je vous parle à la justice, et je ne connais pas la réponse pénale qu'il y aura, mais il est évident que le dysfonctionnement général que font naître ces faux appels à la bombe, d'alerte à la bombe, pardon, dans les écoles, dans les aéroports, dans les musées, désorganise nos services de sécurité, bien évidemment, et empêche la société de fonctionner alors qu'il n'y a pas de menaces caractérisées.

1:19
Présentateur

Quel profil a-t-on, s'il y en a un parmi ces personnes que vous avez ?

1:21
Gérald Darmanin

On a essentiellement des mineurs, c'est un chiffre que je viens d'obtenir, parce que j'ai tenu une réunion de sécurité en début d'après-midi, et donc on a mis énormément de moyens pour identifier les lignes téléphoniques, y compris quand on appelle en masqué, quand on envoie des mails, notamment sur moncommissariat.fr, puisque c'est l'essentiel des alertes que nous avons. Donc on arrive à retrouver les adresses IP, on arrive à retrouver les numéros de téléphone, et donc on le dit à tous ceux qui nous écoutent, on retrouve tout le monde.

1:43
Invité

– Mais juste, vous dites qu'il faut qu'il y ait la plus grande sévérité pour ceux qui font ces alertes à la bombe, que ce soit des petits guignols ou des plaisantins, comme dit…

1:52
Gérald Darmanin

– Vous connaissez la fable de Pierre et le loup. À force de dire que le loup va venir, après on ne fait plus attention, et puis un jour il y a un drame.

2:00
Invité

– Donc ils font courir un risque aux Français en faisant ça ?

2:01
Gérald Darmanin

– Mais un énorme risque, un énorme risque. Indépendamment de prendre des forces de sécurité de pompiers qui ont le choix à faire, indépendamment d'empêcher la vie économique et normale de notre pays, indépendamment d'empêcher les étudiants d'étudier, ils font évidemment courir un énorme risque en cas de problème.

2:16
Invité

– Parce qu'à chaque fois il y a des démineurs, des policiers, des gendarmes qui sont mobilisés, il y a même des situations où par exemple les lycées passent en distanciel, il y a un lycée dans le 94 où il y a eu 13 alertes en 13 jours, 13 évacuations, et donc maintenant les cours vont être en distanciel jusqu'aux vacances scolaires. Qu'est-ce que vous dites ? Est-ce que la réponse pénale est la seule solution ?

2:37
Gérald Darmanin

– La réponse pénale est la solution, bien évidemment. C'est un délit important de faire des fausses alertes à la bombe. Et puis s'il s'agit de mineurs qui sont dans le système éducatif, il est évident que nous allons donner les noms et les coordonnées au service du ministère de l'Éducation nationale pour que nous l'espérons aussi, il y ait des sanctions. Et j'espère qu'aussi les parents, lorsqu'il s'agit de mineurs, prendront leur rôle de parents. C'est pas toujours au ministre de l'Intérieur, au ministère de l'Intérieur, de pouvoir faire l'éducation.

3:04
Invité

– Ce que je vous dis, c'est qu'il y aura peut-être des parents qui seront sanctionnés pour ce qu'ont pu faire leur mineur.

3:09
Gérald Darmanin

– Je demande aux parents de faire leur rôle de parent. Il arrive que des enfants fassent des choses dans le dos des parents, mais quand on signalera aux parents que leurs enfants fassent ce genre de choses, j'espère qu'ils prendront leur responsabilité.

3:17
Présentateur

– Vous êtes d'ores et déjà convenu avec le ministre de l'Éducation nationale de sanctions, voilà, qui est-ce que ça parle ?

3:22
Gérald Darmanin

– Je transmettrai au service de l'Éducation nationale les noms de ces personnes. Il n'y a pas que des mineurs.

3:28
Invité

– Et ceux-là, vous souhaitez qu'ils puissent être exclus, par exemple,

3:31
Gérald Darmanin

de leur établissement si les fautes sont avérées. – Mais par ailleurs, il me semble que la bonne chose que les Français doivent savoir, c'est qu'on retrouve les personnes, et surtout qu'il y a une réponse pénale. Même quand on est mineur, on a une réponse pénale à obtenir, bien évidemment.

3:41
Invité

– Il y a, Gérald Darmanin, le risque d'attentat que vous avez évoqué, ce djihadisme d'atmosphère, c'est l'expression que vous avez utilisée pour reprendre celle de Gilles Kepel. Est-ce que ce risque-là pourrait vous pousser à prendre d'autres mesures encore ? On sait que le risque urgence-attentat a été décrété. Est-ce que pour les lieux publics, là où les Français se rencontrent, vous pourriez aller encore un peu plus loin dans des mesures de sécurité pour protéger les Français ?

4:05
Gérald Darmanin

– Alors, pour que les Français comprennent bien ce qui se passe, la menace organisée de l'extérieur, financée, entraînée de l'extérieur, comme cela s'est passé au Bataclan, est probable, mais elle est très bien surveillée par les services de renseignement internationaux. Nous avons beaucoup désorganisé les cellules djihadistes. Il faut toujours faire très attention, mais ce n'est pas celle que nous craignons le plus. Et surtout, nous n'avons aucune menace caractérisée aujourd'hui. Je peux dire aux Français qu'à ma connaissance, moi qui dirige la DGSI, je n'ai aucune menace caractérisée, ni sur un site, ni sur un lieu, ni d'un groupe.

4:39
Invité

– Pour être très précis, il n'y a pas de cellules comme il pouvait y en avoir en 2015 qui préparaient des attentats de grande ampleur, comme ce qu'on a pu voir en 2015 avec le Bataclan ou des choses comme ça. Ça veut dire que aujourd'hui, ça n'existe pas.

4:51
Gérald Darmanin

– Le renseignement n'est pas une science absolument exacte. Je ne vais pas être extrêmement affirmatif parce qu'il faut rester humble devant la situation que nous connaissons. Mais nous n'avons aucune menace caractérisée. Nous n'avons pas de renseignement des États étrangers. Et par ailleurs, l'armée française, l'armée américaine a fait beaucoup de choses au Sahel, au Levant, qui nous permettent aujourd'hui de vous tenir ce discours.

En revanche, il y a à l'intérieur des pays occidentaux, on l'a vu aussi en Belgique, partout en Europe, je reviens de Luxembourg où on a eu cet échange avec tous les ministres de l'Intérieur européens, il y a des personnes qui se radicalisent, qui se sont radicalisées, souvent en ligne, sur Internet, aussi parfois dans l'atmosphère que sont des associations salafistes, au contact évidemment d'autres personnes radicalisées, qui individuellement peuvent répondre à un appel qui est lancé par telle ou telle organisation et passer à l'acte dans ce que Gilles Kepel appelle très justement le djihadisme d'atmosphère.

5:41
Invité

Mais Gérald Darmanin, pour répondre à cette menace-là, ce qu'on appelle la menace endogène, est-ce que vous pourriez aller plus loin que les mesures qui ont d'ores et déjà été prises ? Par exemple, on voit les Républicains disent qu'il faut décréter l'état d'urgence. Est-ce qu'il y a des choses supplémentaires qui pourraient être faites pour sécuriser un certain nombre de lieux ?

5:54
Gérald Darmanin

Moi, par nature, je n'écarte rien. C'est décidé évidemment par le président de la République et le Conseil des ministres. Mais aujourd'hui, je rappelle que le président de la République, quand il a sorti la France de l'état d'urgence en 2018, il a mis dans la loi ordinaire toutes les mesures qu'avant nous avions besoin en état d'urgence. Par exemple, des visites domicilières, c'est-à-dire que nous pouvons demander au juge d'aller chez des gens pour lesquels nous avons des soupçons, on peut le faire désormais sans l'état d'urgence. Nous faisons de multiples opérations de police comme celle-là. Je vous donnais un exemple aussi par l'hyperprésence des forces de l'ordre depuis une semaine.

Nous avons fait plus de 250 interpellations. Et on a déjà placé énormément de personnes soit en détention, évidemment toujours sous l'autorité d'un magistrat, soit en centre de rétention administratif, s'agissant des étrangers. Donc nous faisons un travail de police tous les jours. Encore extrêmement récemment, et les enquêtes judiciaires le diront, nous avons su interpeller des personnes qui étaient soit armées, soit qui menaçaient, d'après nos informations, de passer à l'acte. Mais encore une fois, je veux dire... Dans quelle proportion, c'est quotidien ? C'est quotidien. Alors il faut dire la vérité aux Français.

Chaque fois, je le disais depuis que je suis ministre de l'Intérieur depuis maintenant trois ans, la menace terroriste, elle est très forte en Europe et très forte en France. Nous déjouons un attentat en moyenne tous les mois et demi, deux mois. Donc c'est quand même important. Un attentat caractérisé, qualifié comme tel par la justice. Il y a une accélération depuis le 7 octobre ? Est-ce qu'il se passe en Israël ? Il y a, encore une fois, un moment propice où des gens ont sans doute envie de passer à l'acte, à l'appel d'une situation internationale, comme il y en a eu lorsqu'il y a eu des publications, les republications des caricatures de Charlie Hebdo.

7:24
Invité

Mais aujourd'hui, depuis l'attentat d'Arras, combien d'attentats, par exemple, ont été déjoués, s'il y en a eu ? Et quel profil était derrière ?

7:33
Gérald Darmanin

Ce n'est pas à moi de répondre à la question, puisque c'est le parquet national antiterroriste qui qualifie ce qui est un attentat terroriste, ce qui ne l'est pas, mais des attaques ou des personnes qui étaient soupçonnées de radicaliser, armées, qui pouvaient, à notre avis, passer à l'attaque. Il y a eu plusieurs dizaines de personnes qui ont été interpellées ou qui vont l'être, parce qu'effectivement, nous avons une politique de fermeté, de prévention.

Pour répondre totalement à votre question, le profil, c'est souvent les personnes, bien sûr, qui sont connues des services de renseignement, pas toujours fichées S, on pourra l'occasion d'en parler parce que c'est un suivi, vous le savez bien, ce n'est pas en soi une qualification pénale, mais c'est des personnes qui sont en lien avec d'autres personnes radicalisées, dont on peut avoir un doute, et il y a une politique de prévention dans les interpellations, dans les perquisitions, toujours sous l'autorité du magistrat, qui nous permettent d'éviter des drames. Alors évidemment, la sécurité ne fait pas de bruit, l'insécurité en fait.

Quand il y a un attentat, quand il y a une attaque, elle est terrible, elle touche la France, elle touche des familles, et on ne peut que se dire qu'on aurait pu faire sans doute mieux. Mais tous les jours, je veux le dire, les agents de la DGSI, les policiers, les gendarmes, tous les jours, ils arrêtent des personnes, ils les mettent en prison ou ils les expulsent. Sur les personnes étrangères, c'est quand même très important, on a expulsé plus de 450 personnes, fichées S, depuis l'assassinat de Samuel Paty. Je m'étais engagé à expulser du territoire national 230 fichées S.

On en a expulsé 450, parce que non seulement on a expulsé les irréguliers, les étrangers qui étaient irréguliers, radicalisés, on les a expulsés, contrairement à ce que je peux entendre. Et en plus, on a pu retirer des titres de séjour à des gens qui étaient irréguliers, qui étaient radicalisés, pour pouvoir les expulser.

9:01
Présentateur

Vous venez de nous dire qu'en fait, on a des arrestations quotidiennes. Est-ce que ce qu'il faut bien appeler la guerre au Proche-Orient en ce moment a accru encore le risque terroriste sur le sol tricolore ?

9:12
Gérald Darmanin

Moi, je pense, effectivement, comme beaucoup, que comme on attend toujours un moment de passer à l'acte, une ambiance, encore une fois, comme il y a J. Kepel, un djihadisme d'atmosphère, et comme ce ne sont pas des choses organisées de l'extérieur pour venir chez nous, mais des gens qui sont chez nous, qui peuvent passer à l'acte, ils attendent, pardon de le dire comme ça, une excuse. Il y a une excitation, du fait notamment de ce qui s'est passé par les attentats terroristes islamistes du Hamas en Israël, mais c'était le cas aussi, comme je l'ai dit, lorsque l'on a republié les caricatures de Charlie Hebdo, quand il y a des questions autour du blasphème, je mets des guillemets.

Donc, cette ambiance, cette ambiance extrêmement terrible qui se passe au Proche-Orient, les attentats islamistes du Hamas font effectivement qu'il y a partout en Europe une possibilité supplémentaire d'une menace terroriste.

9:55
Invité

Je prolonge d'un mot la question d'Yves. On attend dans les prochaines heures, les prochains jours, une offensive militaire terrestre à Gaza, avec le cortège d'images de civils probablement touchés, avec une guerre de propagande. Est-ce que vous craignez que ce qui va arriver dans les prochains jours accroisse encore un peu plus le risque d'attentats et le risque de passage à l'acte ?

10:15
Gérald Darmanin

Alors, on doit toujours faire attention, et quand on est au ministère à l'intérieur, on doit toujours faire des scénarios noirs pour s'y préparer. Je constate cependant que depuis le 7 octobre, nous, qu'avons la première communauté juive d'Europe, les Juifs ont vu qu'ils étaient protégés par la République, plus de 10 000 policiers et gendarmes, 250 interpellations.

10:31
Invité

Et en même temps, une recrudescence d'actes antisémites.

10:33
Gérald Darmanin

Oui, mais il y a beaucoup d'interpellations, beaucoup de gens qui sont présents à la justice, et fort heureusement, aucune synagogue, aucune école juive n'a été touchée. Vous avez vu ce qui s'est passé à Berlin. On attaque des synagogues au cocktail Molotov. Donc, nous continuons à faire ce travail. Deuxièmement, les manifestations, qu'elles soient pour Israël, ou qu'elles étaient dans un premier temps manifestement très en lien avec ce qu'a fait de façon ignominieuse le Hamas, ont été soit bien tenues sur l'ordre public, soit on a respecté les manifestations interdites. Je rappelle qu'en France, 64 manifestations ont été interdites.

11:06
Invité

On va y revenir dans un instant. Vous dites qu'il n'y a pas d'inéluctabilité dans la menace terroriste, dans les jours et les semaines à venir.

11:14
Gérald Darmanin

Moi, je pense que la fermeté répond en partie à cette attente que ça se passe bien ou mieux en France que par rapport à ailleurs. Donc, 64 manifestations interdites, 9000 personnes seulement ont bravé partout en France ces manifestations interdites. C'est-à-dire pas grand monde. Bon. Alors après, regardez ce qui s'est passé ailleurs. Comparons-nous de temps en temps. Je sais que ce n'est pas toujours facile à entendre pour les Français. Mais à Londres, à Berlin, à Washington, qu'est-ce qu'on a vu ? On a vu des policiers blessés, 70 policiers blessés hier à Berlin. Donc, nous faisons tout pour avoir beaucoup de fermeté.

Nous faisons tout pour que nos services de renseignement travaillent et nous donnent des renseignements. Et nous voulons dire, évidemment, qu'y compris quand on verra ce qui se passe dans les jours qui viennent au Proche-Orient, on puisse répondre par la fermeté et en même temps par l'humanité, par la diplomatie. Mais moi, mon travail, c'est la mise à l'intérieur et donc la fermeté pour les Français.

11:59
Invité

Est-ce que vous craignez, avec les images que l'on va voir, que ce risque-là aille en augmentant ?

12:06
Gérald Darmanin

Mais bien sûr, de manière générale, de toute façon, ce qui se passe au Proche-Orient est extrêmement préoccupant, touche la sécurité du monde. Et bien sûr, il y a des répercussions nationales à ce qui se passe ailleurs à cause, notamment, d'Internet et parfois la désinformation. On l'a vu sur cette affaire incroyable de l'hôpital à Gaza. Donc, notre travail au ministère de l'Intérieur, c'est de pouvoir voir que la menace augmente. Elle augmente. 3 000 signalements pharos, c'est-à-dire 3 000 signalements sur Internet d'apologie du terrorisme ou d'appel au crime. 3 000, avec plus de 300 enquêtes ouvertes par les services de M. le garde des Sceaux.

Ça n'a jamais été aussi important depuis Samuel Paty.

12:43
Invité

Donc, ce que vous êtes en train de dire, c'est que le risque s'intensifie.

12:46
Gérald Darmanin

Oui, mais ce n'est pas très nouveau. La menace terroriste a toujours été très élevée, je l'ai toujours dit. Encore une fois, la France déjoue un attentat tous les deux mois depuis 2017. Depuis 2017, c'est très important. On a eu plus de 1 500 personnes qui ont été interpellées dans le cadre de ces attentats déjoués. On a 6 500 personnes, madame, chaque année que nous mettons sur interception téléphonique, sur écoute, que nous suivons. Il y a 20 000 personnes dans le fichier des personnes recherchées pour l'islamisme et dont 5 000 actifs. Donc, oui, le risque terroriste...

13:11
Invité

Combien vous avez de mineurs ?

13:14
Gérald Darmanin

Alors, parmi les fiches actives et inactives, mais plutôt actives puisque ce sont des mineurs, donc actifs et inants que l'on surveille particulièrement, il y a plus de 1 000 mineurs.

13:23
Présentateur

Mais c'est quoi un mineur actif dans ce type de...

13:25
Gérald Darmanin

C'est des mineurs qui sont radicalisés, qui s'échangent des photos de décapitation, qui sont en lien... Consultent régulièrement. Quand vous consultez sur Internet la propagande de Daesh ou des Thaïslamiques, nous le savons. Donc après, voilà, il y a des gens qui sont radicalisés.

13:41
Invité

L'Éducation nationale le sait.

13:43
Gérald Darmanin

Nous partageons avec le ministre de l'Éducation nationale, avec ses services, un maximum d'informations. Mais il y a beaucoup de mineurs qui ne sont pas dans le cadre classique de l'Éducation nationale lorsqu'ils en sont à ce niveau, effectivement, de radicalisation.

13:55
Invité

C'est-à-dire qu'ils ne sont pas dans le cadre de l'Éducation ?

13:57
Gérald Darmanin

Il y a des gens qui sont en centre éducatif fermé. Il y a des gens qui sont déjà dans la réponse pénale. Il y a des retours de zone, vous le savez bien. Donc, ce n'est pas ce qui se passe dans la classe habituelle de vos enfants.

14:06
Présentateur

Monsieur le ministre, en tout cas, les Français sont parfaitement conscients du danger terroriste, comme en témoigne d'ailleurs notre dernière enquête Elabe. Karine de Ménonville nous détaille ce sondage. C'est notre séquence Les Éclaireurs. Bonsoir Karine de Ménonville. Notre sondage Elabe, l'opinion en direct, a mesuré en fait la réaction des Français après l'attentat d'Arras vendredi dernier.

14:25
Invité

Et la réaction des Français, elle se résime par un mot, l'inquiétude, voire la très forte inquiétude. 84% des Français sont inquiets, voire très inquiets pour 33% d'entre eux. Une inquiétude qui est diffuse, qui est au même niveau dans tous les pans de la société et qui rejoint ce que ressentaient les Français en octobre 2020, à savoir juste après l'attentat contre Samuel Paty. Alors cette inquiétude, elle se traduit de manière très concrète. On va regarder, ça veut dire que 61% des parents, 6 parents sur 10, qui ont un enfant scolarisé, craignent que l'établissement scolaire de leur enfant soit la cible d'une attaque terroriste.

Il y a aussi 43% des Français qui ont décidé tout simplement, face à tout cela, de changer leur comportement, d'éviter les grands événements, d'éviter les restaurants, d'éviter de faire du tourisme dans certaines grandes villes, voire de moins prendre les transports en commun. Concrètement, au-delà des chiffres que nous disent les Français, écoutez-les.

15:19
Locuteur non identifié

On pose notre enfant, les professeurs, ils sont là pour les faire donner l'éducation avec les parents et on se passe le soir, on peut les récupérer. Je pense tous les matins, sincèrement, je pense, des jours plus que d'autres, mais on a toujours ça dans un coin de notre tête. C'est difficile. C'est vraiment un peu stressant, du coup, quand tu es dans les transports, tu es obligé de tout le temps faire attention et tout. Du coup, ce que je peux dire, c'est que moi, je ne me sens pas vraiment en sécurité.

15:49
Présentateur

Alors justement, quelles sont les conséquences politiques, Karine ?

15:52
Invité

Alors, que nous apprend ce sondage ? 59% des Français estiment que le gouvernement ne met pas en œuvre tous les moyens nécessaires pour lutter contre la menace terroriste. 63% d'entre eux reconnaissent ne pas faire confiance à Gérald Darmanin pour faire face à cette menace. Si 75% des Français interrogés estiment que l'expulsion des étrangers considérés comme dangereux serait efficace, eh bien, 77% d'entre eux estiment que cette mesure ne sera sans doute pas appliquée. Un dernier chiffre pour finir sur une note un peu plus optimiste.

61% des Français pensent que les terroristes ne gagneront pas leur combat et que les démocraties résisteront pour préserver leurs valeurs et leurs modèles de société.

16:34
Présentateur

Merci beaucoup, Karine de Ménonville. Gérald Darmanin, les Français ont-ils raison d'avoir peur ? Et est-ce que vous comprenez leur scepticisme par rapport à votre travail ? Vous venez de nous expliquer qu'il est extrêmement actif en ce moment.

16:45
Gérald Darmanin

Je ne cherche pas des bons points et des mauvais points. Le ministre de l'Intérieur ne cherche pas à avoir des bons sondages quand il y a des menaces terroristes.

16:51
Présentateur

Il est là pour rassurer les Français.

16:53
Gérald Darmanin

Il essaie de faire le mieux possible. Après, il y a des choses, je comprends, que les Français aient de l'appréhension. Comme, je crois, toutes les sociétés occidentales. Les Belges ont de l'appréhension. On a vu que c'était un sujet, évidemment, qui touchait toute l'Europe. Sur un point, particulièrement.

17:06
Invité

Ils sont sceptiques, passent notamment aux actions qui sont menées par le gouvernement.

17:10
Gérald Darmanin

M. Aduhamel, il y a eu un attentat, voilà, quelques jours. Je ne vais pas dire le contraire. Donc, il faut qu'on travaille davantage, plus fort.

17:16
Invité

Mais est-ce que vous comprenez, par exemple, l'expression qu'avait eue le président de la République en disant qu'il faut qu'il y ait une société de vigilance ?

17:21
Gérald Darmanin

Bien sûr qu'il faut une société de vigilance.

17:22
Invité

Donc, aujourd'hui, les parents qui font des rondes autour des établissements scolaires, vous leur dites qu'ils ont raison ?

17:27
Gérald Darmanin

Non, mais on ne peut pas.

17:28
Invité

Parce que ça existe, près de Marseille, des parents d'élèves qui, aujourd'hui, s'organisent entre eux pour surveiller les établissements scolaires de leurs enfants.

17:35
Présentateur

Qu'est-ce que vous leur dites ? Ce qui est une façon un peu agréable de vous dire qu'en quelque sorte, ils n'ont pas confiance dans leur police.

17:39
Gérald Darmanin

Bien sûr. Mais moi, je pense que d'abord, il faut rendre hommage aux policiers, aux gendarmes qui font un travail absolument magnifique et qui risquent leur vie tous les jours. Et dans l'attentat à Daras, ils sont arrivés en moins de 4 minutes et ils ont interpellé un terroriste qui était au couteau et qui criait à la barre devant eux. Eux aussi, ils avaient des enfants et ils ont risqué leur vie, comme Ahmed Merabat l'avait fait dans d'autres attentats. Donc moi, d'abord, je veux leur rendre hommage. Deuxièmement, dire qu'il faut plus de moyens pour la police et la gendarmerie, moi, je me bats tous les jours pour en donner. Et s'il faut plus de fermeté, je suis parfaitement d'accord.

Je présente une loi immigration. J'espère que les parlementaires de la Vautron, qui est la plus dure, la plus ferme, présentée depuis 30 ans. Troisièmement, il y a des choses dans la perception des Français, je le comprends très bien, et je remercie de m'inviter pour en parler. Et il y a des choses qui se font. Quand je vois qu'on pense que ce sera efficace d'expulser les étrangers radicalisés, mais que ça ne se fera pas, c'est faux. Il y avait 1100 étrangers irréguliers fichés S. D'accord ?

18:31
Invité

Non, Gérald, non, mais ce qui s'est passé à Arras, peut laisser penser aux Français qu'il y a un certain nombre de verrous et de freins qui empêchent d'expulser les étrangers radicalisés. Il y aura des recours devant les tribunaux administratifs pour toutes les expulsions qui se font ordonner. On l'a vu avec l'imam Mikuyssen. Sur le fond, ça n'a pas été tranché.

18:47
Gérald Darmanin

À la fin, il est où, madame l'imam Mikuyssen ?

18:51
Invité

Non, mais il est où ?

18:52
Gérald Darmanin

Il est parti d'expulser.

18:53
Invité

Mais sur le fond, ça pourrait changer quand le tribunal administratif va donner cette décision.

18:57
Gérald Darmanin

Être ministre de l'Intérieur, c'est un travail difficile, comme tous ceux qui sont en responsabilité gouvernementale. Donc oui, c'est difficile. Oui, il y a des tribunaux parce qu'il y a un État de droit. Oui, il y a des pays qui doivent donner des laissés-passés consulaires. Bien sûr que c'est difficile. Et tous les jours, je me bats. Bien sûr qu'il y a des moments, on aimerait que ça aille plus vite. Vous pensez que ça m'amuse, qu'il y ait encore des gens qui menacent, qui font des discours salafistes en France ? Bien sûr que non. Mais l'imam Mikuyssen, ça fait 40 ans que personne ne l'avait expulsé.

Parce qu'il y a eu un préfet du Nord, et j'espère un ministre de l'Atar qui n'a rien lâché. On a gagné à la fin et il n'est plus en France pour faire ses discours de haine. On a expulsé plus de 922 fichiers S radicalisés. Vous savez les Russes dont on disait qu'on ne pouvait plus les expulser ? J'en ai expulsé 38 depuis que je suis ministre de l'Intérieur. Des fichiers S russes avant la France ne le faisait pas. Et il a fait le courage du président de la République. Pourquoi la France ne le faisait pas ?

Parce que lorsqu'on expulsait des citoyens russes, notamment Tchétchènes, en Russie, il y avait un danger pour eux de repartir, notamment en Russie, parce qu'ils étaient des opposants politiques. Et la France, souvent, leur a donné l'asile.

19:53
Présentateur

Donc on faisait de l'humanisme

19:53
Gérald Darmanin

avec des terroristes présumés. Souvent, on leur a donné l'asile. Et il a fallu que le président de la République, effectivement, m'engage à aller en Russie pour négocier avec les Russes le retour de ces personnes radicalisées. Maintenant, si vous voulez parler de cette famille, vous avez parfaitement raison. C'est un scandale qu'elle soit encore sur le territoire national. Elle est arrivée quand ? Elle est arrivée en 2008-2009. Vous constaterez que les factures viennent de loin. Quand est-ce qu'on aurait pu l'expulser ? En 2013-2014. Pourquoi on ne l'a pas fait à l'époque ? Demander à qui de droit ? Le père, il était radicalisé depuis que le président de la République est élu.

On l'a envoyé directement, on l'a expulsé en 2018 en Russie. Le frère, c'est grâce à la DGC, le ministère à l'intérieur qui est en prison pour apologie du terrorisme, et il est pour plusieurs années. Et effectivement, il y en avait un autre qui n'avait pas de casier judiciaire qui était suivi, que je n'ai pas pu expulser parce que la loi m'empêche de l'expulser. Vous le savez bien.

20:39
Invité

Et vous auriez pu faire évoluer cette loi un peu plus tôt.

20:41
Gérald Darmanin

Ça fait un an et demi, M. Duhamel, vous qui suivez la politique, ça fait un an et demi que je propose le texte.

20:46
Invité

Vous êtes au pouvoir depuis six ans.

20:47
Gérald Darmanin

– Peut-être, je prends ma part, il n'y a pas de problème. Mais ça fait un an et demi que j'ai présenté le texte. Ça fait un an et demi, on avait crié à l'époque quand j'avais dit que les gens qui étaient arrivés avant 13 ans sur le territoire national, s'ils commettaient des délits, des crimes, on devait les expulser. À l'époque, j'ai eu plein de lignes de journaux pour m'expliquer que j'étais un affreux jojo. Ça fait un an et demi que la droite devrait le voter. J'espère que devant malheureusement les drames que nous connaissons, on arrête la politique politicienne et on donne aux policiers les moyens d'appliquer la fermeté.

21:12
Présentateur

– Dans moins d'un an, la France accueillera les Jeux Olympiques. Vu le contexte, est-ce qu'il ne serait pas plus raisonnable, par exemple, de renoncer à la cérémonie d'ouverture en plein air ? Est-ce que c'est des questions que vous vous posez en ce moment ?

21:21
Gérald Darmanin

– Mais c'est la victoire des terroristes de ne plus vivre. Est-ce que parce qu'il y a eu le Bataclan, on ne va plus dans les concerts ? Est-ce que c'est parce qu'il y a eu des terrasses de café mitraillées à Paris qu'on ne va plus boire un verre en terrasse ? Bien sûr que non, c'est ça la victoire de la démocratie. D'ailleurs, votre sondage le dit. Et je vais vous dire, la Coupe du Monde de Rubis, le pape qui vient à Marseille, le roi et la reine d'Angleterre qui viennent pendant cette période en France, est-ce que ça ne s'est pas jusqu'à présent très bien passé ? Pourquoi ? Parce qu'on a des très bons services de renseignement, on a de très bons policiers, de très bons gendarmes.

Oui, la menace, elle est présente. Et nous faisons tout. Et je veux dire, il y a des gens au ministère de l'Intérieur qui ne dorment pas pour que les hommes dorment. Voilà, donc je pense…

21:55
Invité

– Est-ce qu'ils sont assez justement au renseignement ? Parce qu'on sait que par exemple, en 2015, un agent de la DGSI suivait jusqu'à 150 fichiers S. Aujourd'hui, combien de personnes sont suivies par chaque agent de la DGSI ? Est-ce qu'ils sont assez nombreux pour englober toute la menace que vous évoquez et qui justement est déjouée, mise de côté grâce au service de renseignement ?

22:16
Gérald Darmanin

– Vous savez qu'on a doublé le nombre d'effectifs qu'il y a à la DGSI, on a doublé leur budget. Et pardon, on ne peut pas donner ce genre d'informations comme ça, dire qu'une personne suit quelqu'un qui est fichier S puisqu'il y a des gens très dangereux et des gens qui sont en contact. Fichier S, ça peut être aussi quelqu'un vous appeler numéro vert au ministère de l'Intérieur, vous dites « Monsieur X, un comportement bizarre », vous êtes déjà dans un fichier du FSPRT.

22:34
Invité

– Et pourtant, vous les tous les expulser.

22:36
Gérald Darmanin

– Et vous êtes déjà dans un fichier du FSPRT. Parce que quand il y a un doute, je préfère que quand il n'est pas français, on puisse s'expulser. – Et ça, c'est l'état de droit ? – Il y a un principe de précaution dans le terrorisme si quelqu'un, si on arrive à démontrer par les services de police que quelqu'un ne se fait pas soigner par une femme parce qu'on est un homme dans un hôpital, s'il accepte effectivement d'avoir des distinctions pas serrées la main à des personnes qui sont juives. Effectivement, il n'a pas commis au sens crime du terme quelque chose qui est dramatique, mais il a commis au sens valeurs de la République quelque chose qui est dramatique.

Et dans le texte de loi que je propose, ce que je ne peux pas faire aujourd'hui, je dis que si quelqu'un n'est pas en conformité avec les valeurs de la République, l'égalité entre les femmes et les hommes, la liberté de culte, on doit lui retirer son titre de séjour et on doit pouvoir l'expulser. Voilà pourquoi ce texte est ferme. Juste pour vous dire, madame, que l'un des problèmes des services de renseignement, c'est le nouveau téléphone, c'est les messageries cryptées. Les écoutes téléphoniques classiques, vous savez bien qu'elles donnent, mais qu'elles donnent pas assez. Et aujourd'hui, il y a Telegram, il y a Signal, il y a WhatsApp.

23:27
Invité

Il faut faire évoluer la loi pour craquer un certain nombre de... Est-ce que vous êtes contre ces messageries chiffrées ? Est-ce que vous êtes contre ces messageries chiffrées ? Est-ce qu'il faudrait avoir une porte dérobée, par exemple, pour qu'aujourd'hui, nos services de renseignement pourraient accéder plus facilement à tout ce contenu qui se trouve sur ces messageries chiffrées ? Exactement.

23:45
Gérald Darmanin

Et expliquons de quoi on parle à nos téléspectateurs. Hier encore, comme aurait dit le chanteur, les écoutes téléphoniques classiques nous renseignaient sur la grande criminalité, le terrorisme. Aujourd'hui, les gens passent par Telegram, par Signal, par WhatsApp, par Facebook, ils s'en vont des messages qui ne passent pas non plus sur une ligne téléphonique classique, mais par le numérique, par Internet.

Pour pouvoir, puisque ce sont des messages récriptés, ils le vendent d'ailleurs comme ça, comme un argument de vente, et que beaucoup de gens les utilisent, y compris les gens qui sont malfaisants, on doit pouvoir, en effet, négocier avec ces entreprises ce que vous appelez une porte dérobée, c'est-à-dire de dire « Monsieur WhatsApp, monsieur Telegram, je soupçonne que monsieur X va peut-être passer à l'acte, donnez-moi cette loi. »

24:23
Invité

Mais quel est votre moyen de pression ? Est-ce que vous avez le sentiment que ces entreprises-là sont ouvertes à l'idée de vous donner ces informations ?

24:29
Gérald Darmanin

Ça s'appelle la loi. La loi ne prévoit pas. Il faut dire avec honnêteté qu'aucune loi au monde ne le prévoit pour l'instant.

24:35
Invité

Donc il faut faire évoluer la loi. Mais avec quel véhicule ? Est-ce que ça peut être à l'occasion de cette loi immigration ? Est-ce que c'est une future loi ?

24:39
Gérald Darmanin

C'est une loi immigration. Donc ce genre de sujet, vous le savez bien, c'est un sujet très compliqué parce que c'est aussi la correspondance privée et que vous êtes très attachés. Et vous reculez sur les libertés individuelles aussi ? Vous pensez singèrement pouvoir faire plier les géants de numérique ? Vous n'avez... Non mais c'est pas une question de payer, c'est une question de... P-L-I-E-R, pardon. Moi je pense que devant la menace à risque qui augmente, c'est une question que les démocraties doivent poser aux géants du numérique. Bien sûr.

Et avec nos amis américains, c'est pour ça que c'est un débat compliqué bien évidemment, puisque le secret de votre correspondance n'a aucune envie que les ministères intérieures le connaissent. C'est tout à fait normal. Est-ce que c'est le juge qui l'autorise ? Est-ce que c'est le préfet ? Bref. Après il y a un deuxième sujet. Du coup, moi je veux dire aux Français qu'on est capable d'aller sur Telegram, sur WhatsApp et sur Signal. Simplement, comment on fait ? On prend possession de votre téléphone. On ne récupère pas la conversation téléphonique, on prend possession de votre téléphone. C'est exactement ce qui s'est passé dans cette affaire terrible d'Arras.

Ce monsieur terroriste, ça faisait à peu près trois mois que nous l'écoutions téléphoniquement. On avait des dizaines d'heures en conversation tchétchènes que la DGSI a traduites à l'heure près. Quotidiennement ? Oui, il était en contact, on écoutait son téléphone et donc on traduisait. Il n'y avait aucune menace. Aucune menace. Bon. Il était géolocalisé, c'est-à-dire qu'on le suivait. Il n'y avait rien de trouble.

Et la DG6, parce qu'il était en contact avec son frère qui était en prison, alors qu'il n'y avait aucune menace, ce n'était que sur le fondement d'un doute, a donc opéré une interpellation, si j'ose dire, une excuse d'interpellation, pour essayer d'obtenir son téléphone, pour pouvoir rentrer dans son téléphone et voir ses messagers écrits. Oui, il n'avait pas son téléphone ce jour-là et il n'avait commis aucune infraction.

26:08
Invité

Il n'avait pas son téléphone ce jour-là ?

26:09
Gérald Darmanin

Ce que j'en comprends, c'est que les policiers...

26:11
Invité

Il l'avait puisque ces données ont été exploitées ce jour-là. Il est trop tard.

26:15
Gérald Darmanin

Non, d'abord, ce n'est pas vrai. Vous dites, pardon, excusez-moi des bêtises, d'abord, pour plein de raisons que je n'entrerai pas dans le détail, puisque c'est le parquet qui le dira, ce n'est pas le moyen de communication qu'il utilise. Et deuxièmement, les policiers qui ont fait ce travail d'interpellation n'avaient aucune infraction à lui constater, donc nous ne pouvions pas lui prendre ces moyens de communication.

Si nous avions, juste, je termine ça, si nous avions un moyen de porte dérobée, comme vous dites, si nous étions capables de dire à WhatsApp, à Signal, à Telegram, donnez-nous la conversation de cette personne parce qu'elle présente une menace, nous gagnerions énormément de plus.

26:42
Invité

Gérald Darmanin, avant de réussir à contraindre ces géants du numérique, pour ceux qui nous regardent là, vous expliquez que la DGSI a tout fait parfaitement, comme vous le dites, qu'il n'y a pas eu de faille. Est-ce à dire que si demain, la situation se reproduisait, vous ne pourriez pas empêcher un attentat similaire ? C'est ce que se disent les Français au fond quand on vous écoute. On a le sentiment que tout a été fait parfaitement, qu'il n'y avait pas de moyens pour l'éviter. Alors certes, vous dites, il va falloir faire évoluer la loi, mais donc qu'est-ce qu'on peut faire dans les jours et dans les semaines qui viennent

27:08
Gérald Darmanin

si une telle menace se reproduit ? Moi, je suis un démocrate, je suis ministre de l'Intérieur, je respecte l'État de droit. Il y a une loi qui m'a dit de faire des choses, je ne surpasse pas la loi.

27:14
Invité

Est-ce à dire qu'il y a une forme d'impuissance publique pour empêcher un prochain attentat ?

27:19
Gérald Darmanin

Est-ce que vous trouvez ça normal quand même que le ministre de l'Intérieur respecte la loi ? Absolument, d'où ma question. Y a-t-il une forme d'impuissance publique pour les prises de l'attentat ? Qu'est-ce qu'on fait quand on fait de la politique ? On change la loi. Ça fait un an et demi que je le propose. Bon, maintenant, ça arrive le 6 novembre au Sénat, ça arrive le 11 décembre à l'Assemblée. Si tout le monde est sérieux, si tout le monde travaille, si on a une culture du compromis, et moi, j'y viens au Parlement avec une culture du compromis, à la fin de l'année... D'ici là, Général Damanin, d'ici là.

À la fin de l'année, nous aurons des moyens d'expulser des personnes qui correspondaient à ce profil. Voilà. Deuxièmement, aujourd'hui, ce que je peux vous dire, c'est qu'on a pris énormément de moyens, on a mis encore plus de moyens, parce qu'on voit bien que la menace est plus forte, pour pas que ça reproduise, pour pouvoir multiplier les interpellations et peut-être faire des choses encore plus fortes, notamment...

28:04
Invité

Plus fortes que ce qui a été fait là, dans quelle espèce de...

28:06
Gérald Darmanin

Notamment, notamment, notamment, le sujet principal qui me concerne, c'est tous ces étrangers qui sont régulièrement sur notre sol, qui sont suivis par les services de renseignement, et que je ne peux pas expulser parce qu'ils ont un titre de séjour normal. Et je veux redire que les fiches S, ce n'est pas, en soi, une accusation. C'est un service de renseignement qui suit quelqu'un. Il y a plein de gens qu'on met sur les fiches S et qui ne sont responsables de rien.

28:30
Invité

Et comment allez-vous prouver, alors, justement, puisque ce ne sont pas des preuves ?

28:33
Gérald Darmanin

Et donc...

28:33
Invité

Comment allez-vous prouver devant les tribunaux administratifs quand ces gens feront des recours à leurs expulsions ?

28:38
Gérald Darmanin

Et donc, il y a des dispositions que nous devons utiliser beaucoup plus comme dans l'affaire Équissène, qui relèvent du séparatisme. Je vous rappelle que là, pour le coup, j'ai fait voter un texte allemand du président de la République pour dire que ce qui ne relève pas du criminel, mais qui relève du djihadisme d'atmosphère, un langage, un propos, un comportement qui est contraire aux valeurs de la République, nous puissions utiliser ça pour retirer le titre de séjour et les expulser. Donc, ce qui est sûr, puisqu'il y a énormément de gens à suivre partout en Europe, il y a à travailler beaucoup mieux avec les ministres et les échanges.

Regardez, c'est le cas de notre terroriste belge, terroriste de Bruxelles, pardon, qui est passé à l'acte. Vous avez vu ce qui s'est passé. En Suède, il a fait de la peine de prison. Et les autorités belges ne savaient pas qu'il avait fait de la prison en Suède. Pour éviter ce genre de drame, il faut que nous travaillions encore plus. Mais pour revenir... Ah oui ou non, pardonnez-moi.

29:23
Présentateur

Ah oui ou non, votre nouvelle loi, celle que vous nous annoncez ce soir, aurait-elle pu empêcher le drame d'Arras ?

29:28
Gérald Darmanin

Elle aurait permis d'expulser cette personne lorsqu'il a tapé sa maman et qu'il était mis en garde à vue en violence. Si la Russie avait accepté... Mais il n'a pas été condamné pour ça. Si la Russie avait accepté d'accueillir...

29:37
Invité

Il n'a pas été condamné. Est-ce que donc la garde à vue aurait suffi à matérialiser ? Parce qu'il y avait un casier juste à dire... Oui, c'est l'article... Et pourtant, d'après nos informations, il a été signalé en février 2021 pour la première fois par l'éducation nationale. Parce qu'à ce moment-là, il avait suivi une enseignante dans ce même lycée d'Arras, une enseignante qui avait été agressée par un de ses amis pour avoir parlé de Samuel Paty. Il l'a suivi d'après son récit à elle. Il l'a suivi jusqu'à chez elle. Il l'a intimidé. Il est rentré dans sa salle de classe. Ce qui a abouti en février 2021, c'est qu'il soit inscrit sur ce fichier des personnes radicalisées.

Qu'est-ce qui se passe entre février 2021, au moment où il est inscrit, où il y a ce comportement qui est signalé, et 2023, quand il arrive en juillet 2023, sur le haut du spectre, qu'il est suivi par la DGSI ?

30:26
Gérald Darmanin

Vous m'avez posé plusieurs questions. Un, est-ce que s'il était simplement accusé sans condamnation pour violences intrafamiliales ? Est-ce qu'il aurait pu être expulsé ? La réponse est oui. Article 10 du projet de loi que je présente devant le Parlement. Si quelqu'un trouble l'ordre public, ça ne veut pas dire qu'il est condamné, trouble l'ordre public, qu'il s'en prend un policier, il violente sa femme, il trafique de la drogue, il trouble l'ordre public, il peut être expulsé du territoire national. Aujourd'hui, je n'ai pas cette mesure.

Donc, pour répondre très concrètement à votre question, puisque l'année 2021 était la même année où il a à la fois troublé, il a « agressé » sa professeure, et en même temps, il a agressé sa mère, nous aurions pu, à l'époque, l'expulser. Aujourd'hui, que les Français le comprennent, je ne peux pas le faire. Les gens qui sont arrivés avant l'âge de 13 ans sur le territoire national, et qui font des crimes et délits après 18 ans, les gens qui sont mariés en France, les gens qui ont eu des enfants en France, je ne peux pas les expulser, sauf intérêts fondamentaux de la nation mis en danger, ce qui n'était pas le cas.

Puisque la violence intrafamiliale, c'est du trouble à l'ordre public, ce n'est pas les intérêts fondamentaux de la nation. Donc, ce que je demande, c'est de pouvoir l'expulser. Donc, pour répondre à votre question, dès 21, pour ce cas-là, ou pour le cas de sa maman, il aurait pu être expulsé. Mais Gérard Dermann, juste une précision,

31:32
Invité

une seconde, juste une précision. Si vous aviez voulu l'expulser, il aurait fallu que la Russie accepte d'accueillir ce ressortissant, vu le succès tout relatif que vous avez sur l'application des obligations

31:44
Gérald Darmanin

de quitter le territoire français. Non, mais... Pardon, mais... C'est faux. Je viens de vous expliquer tout à l'heure que les personnes que j'ai présentées à la Russie, nous avions eu les laissés-passer consulaires. Mais pas toutes, Gérard Dermann. Évidemment, pas toutes, parce que je ne suis pas omnipotent. Le ministre de l'Intérieur, ce n'est pas un dictateur en France. Il est évident que lorsque je prends des arrêtés d'expulsions, il y a des tribunaux qui font des recours. D'ailleurs, ça tombe bien. Le projet de loi que je propose, propose de diviser par trois le nombre de recours, parce qu'aujourd'hui, c'est jusqu'à 12 recours pour pouvoir être expulsé. Donc voilà.

32:09
Invité

Donc le problème de la question des laissés-passer consulaires, comment dire, s'évaporera comme par magie une fois que vous aurez levé ces contraintes.

32:16
Gérald Darmanin

Non, mais c'est déjà assez compliqué comme ça pour que vous soyez caricatural. Je ne suis pas caricatural. Évidemment que c'est compliqué. Mais évidemment que c'est compliqué. Mais vous pensez que les autres ministres de l'Intérieur, ce n'est pas compliqué pour eux. Et ceux qui m'ont succédé, ceux qui me succèderont, ce serait compliqué pour eux. Mais c'est l'énergie qu'il faut. Aujourd'hui, ce qui est sûr, c'est qu'on n'essaye même pas de l'expulser. Pourquoi ? Parce que la loi empêche le ministre de l'Intérieur de faire son travail. Donc je demande la modification de la loi pour ce cas précis. Voilà.

Donc je pense qu'il faut que vous compreniez qu'il faut évidemment une énergie très importante pour pouvoir obtenir partout et tout le temps. Et c'est normal, la sécurité des Français. Les Français, vous savez, ils le savent. Vous savez ce qu'ils me disent sur le marché de Tourcoing ? Je n'aimerais pas être à votre place. C'est votre travail, il est difficile. Il y en a qui m'aiment bien, il y en a qui ne m'aiment pas. Au moins, ils voient que je me bats. Et donc ce que je peux vous dire, c'est qu'aujourd'hui, je ne peux même pas me battre pour ce genre de cas puisque la loi m'interdit de les expulser. C'est une loi qui date il y a 15 ans.

33:02
Invité

Mais en dehors des expulsions, est-ce qu'il n'y a pas d'autre... Aussi, par exemple, pour les jeunes, vous parlez des mineurs. Il y a 1000 mineurs radicalisés. Est-ce qu'il n'y a pas d'autre solution peut-être aussi pour travailler sur la déradicalisation des jeunes en dehors de la répression et en dehors de l'expulsion ?

33:13
Gérald Darmanin

D'abord, un, je suis ministre de l'Intérieur. Moi, je fais pourquoi je suis payé. Donc mon travail, c'est quand même la répression et la fermeté. Il y a d'autres services dans l'État, la protection de la jeunesse, les services du garde des Sceaux, les services sociaux qui effectivement font ce travail très important, très difficile de déradicalisation. Vous avez tout à fait raison. Je veux aussi dire qu'on a tous une part de responsabilité quand même. La plupart des radicalisations se font sur Internet. Pourquoi des gamins de 11, 12, 13 ans regardent des vidéos de décapitation sur leur téléphone ? Ce n'est pas de la faute de la police, ça, madame, quand même.

On peut quand même se dire que c'est un peu de la faute des parents aussi. On peut aussi se dire qu'on a un travail collectif pour lutter contre ce phénomène qui effectivement touche profondément les sociétés occidentales. Et par ailleurs, nous luttons contre tous les phénomènes séparatistes. J'ai fermé depuis trois ans sur la loi séparatiste 1100 établissements qui étaient radicalisés ou soupçonnés de radicaliser. J'ai fermé des lieux de culte, j'ai fermé des associations. Cette association qui avait pignon sur rue hier encore pour pouvoir mener leur guerre salafiste, je pense à l'exemple du CCIF que n'ai-je pas entendu.

On a expulsé des dizaines de responsables religieux du territoire national. Qui a encore du travail à faire et que les Français veulent qui a encore du travail à faire, je les comprends et je vais le faire. Vous avez d'autres imams dans le viseur ? Oui, il y a bien sûr des responsables religieux même si on en a moins. Je dois avouer qu'aujourd'hui, l'imam YouTube... On peut avoir un chiffre, une évaluation ? Non, mais il y a une petite dizaine de personnes que nous suivons qui sont en cours d'expulsion. Voilà. Et ce que je peux vous dire, c'est qu'il y avait une centaine de mosquées qui étaient sur les 2200.

Donc je veux dire aussi à l'immense majorité des musulmans de France qu'on ne les confond pas avec les radicalisés. Vous faites bien le dire. Je pense que c'est important de le redire. Mais il y a une centaine de lieux qui étaient soupçonnés ou qui étaient radicalisés. On en a fermé beaucoup, temporairement et définitivement. Aujourd'hui, il y en a une trentaine, c'est encore beaucoup, mais on va avoir une trentaine sur 100 que nous continuons à suivre. Et je n'aurai pas la main qui tombe pour les fermer. Mais aujourd'hui, c'est l'imam YouTube, c'est l'imam Google, c'est l'imam TikTok qui est plus efficace pour radicaliser la jeunesse

35:00
Présentateur

que l'imam tout court. On va repartir à Arras, si vous le voulez bien, des centaines de personnes ont donc assisté ce matin aux obsèques de Dominique Bernhardt, ce professeur poignardé donc à mort par un ancien élève devant son collège lycée d'Arras. Emmanuel Macron, son épouse Brigitte et le ministre de l'Éducation, Gabriel Attal, étaient présents. Je vous propose de revivre les moments les plus forts de cette cérémonie. C'est un reportage préparé pour nous par Caroline Philippe et Lisa Domergue.

35:23
Invité

Escorté par quatre motards de la police municipale d'Arras, le corbillard traverse les rues du centre-ville jusqu'à la place des Héros où les Arageois se sont rassemblés pour assister à la cérémonie. Près de 600 personnes sont réunies pour rendre hommage à un enfant du pays, Dominique Bernard, 57 ans, professeur de français, tué par un terroriste de plusieurs coups de couteau. Dans cette ville de 42 000 habitants, cette attaque a touché chaque famille. C'est quelqu'un qui a perdu la vie pour sauver nos enfants et depuis vendredi, je ne fais que penser à sa famille. Mon enfant est avec moi mais ils ont perdu un proche et c'est très douloureux. On a du mal à réaliser ce qui s'est passé.

C'est vrai.

36:22
Locuteur non identifié

Vous avez fait 30 minutes de route pour venir ici ?

36:24
Invité

Oui, oui. Sur le beffroi, un écran géant et aussi un portrait de Dominique Bernard. Une photo choisie par son épouse, la plus ressemblante. C'était l'été dernier, un moment de détente lors d'une exposition à Nantes. Une vie simple, célébrée à l'intérieur de la cathédrale Saint-Vas à Arras. Autour de la famille, environ 1000 invités, Brigitte et Emmanuel Macron, Gabriel Attal, mais surtout des amis, des élèves et des collègues de Dominique Bernard.

37:01
Locuteur non identifié

C'était aussi ça, ton pouvoir avec les élèves. Tu étais là pour eux. Ils l'avaient compris et se nourrissaient en désordre de ta passion dévorante pour la littérature. Une cérémonie sobre

37:13
Invité

et discrète à la demande d'Isabelle, son épouse, qui a voulu respecter la personnalité de son mari. Il n'aimait pas l'informatique et les réseaux sociaux. Le téléphone, il n'en avait même pas. Il n'aimait pas la foule ni les honneurs, les cérémonies qu'il avait en horreur. Sensibles et discrets, il n'aimait pas le bruit et la fureur du monde. Le cercueil quitte la cathédrale au son de la bande originale du film Mort à Venise de Lucchino Visconti. Un dernier hommage à Dominique Bernard, qui était aussi passionnée de cinéma et d'Italie.

38:04
Présentateur

Laurent Wauquiez, le patron de la région Ronald Pauvergne, veut pouvoir mettre en place la reconnaissance faciale devant les lycées pour opérer les individus radicalisés. Est-ce que c'est une bonne idée, M. le ministre ?

38:15
Gérald Darmanin

Moi, je trouve que toute mesure qui permet la sécurité de nos concitoyens, c'est une bonne idée. Après, je constate qu'une partie DLR, pas tous, mais une partie DLR n'ont pas donné au gouvernement les moyens de ça pendant les Jeux olympiques. Donc, je pense qu'il faut qu'on y travaille dans ces cas-là. Comment la nouvelle technologie peut nous aider ? En tout cas, tout ce qui peut permettre de pouvoir lutter pour la sécurité. Il n'y a pas de objection de principe ? Non, comme toujours, il faut faire attention avec la nouvelle technologie, mais je suis ouvert à toute discussion qui nous permet d'avancer.

38:41
Invité

Et d'ailleurs, sur les Jeux olympiques, juste, je reviens là-dessus, sur les Jeux olympiques, pour l'instant, il y a 15 000 agents privés prévus. Est-ce que vous allez augmenter cela ? Est-ce que vous comptez engager l'armée en dehors des Sentinelles pour la sécurisation ?

38:53
Gérald Darmanin

Non, tout le ministère de l'Intérieur sera mobilisé, les policiers et les gendarmes, je les remercie. D'ailleurs, vous savez, ils n'auront pas de congés pendant ces périodes de juin à août. Donc, c'est évidemment un effort extraordinaire. Nous augmentons beaucoup les effectifs de policiers et de gendarmerie. Il y a 11 escadrons de gendarmerie et de CRS qui sont créés spécialement pour ça. Je pense que nous aurons largement les moyens de faire face, effectivement, à un événement extraordinaire sur les Jeux olympiques.

39:13
Invité

Donc, l'armée ne sera pas engagée pour...

39:15
Gérald Darmanin

Le ministère de l'Intérieur, son rôle, c'est de s'occuper de l'Intérieur. Donc, je pense que les agents du ministère de l'Intérieur n'ont pas besoin d'autres aides, même si Sentinelles, par exemple, nous est très utile, mais c'est dans une politique de sécurité intérieure.

39:25
Présentateur

Allez, le dossier Benzema. Monsieur le ministre, vous avez déclaré lundi soir sur CNews. Karim Benzema est en lien notoire, on le sait tous, avec les frères musulmans. Maître Hugues Vigier, l'avocat du footballeur, a indiqué ce matin qu'il allait porter plainte contre vous. On l'écoute.

39:38
Invité

Si vous parlez des liens avec les frères musulmans, il dément absolument. Ce sont des choses totalement fausses. Enfin, les choses sont claires, c'est un démenti absolument formel. Et puis, en ce qui concerne le ministre de l'Intérieur, oui, c'est une fausse information. Je voudrais croire qu'il ne s'est pas renseigné, mais pour le premier policier de France, c'est quand même terrible. J'ai peur que ce ne soit tout simplement mensonger. On pensera sans doute que personne ne réagirait. On verra. Donc, on considère que c'est une fausse information. Et puis, l'autre possibilité, c'est de ne pas s'y aller au silage public. Nous y songeons également.

40:11
Présentateur

Monsieur le ministre, est-ce que vous maintenez vos propos ce soir et sur quoi vous fondez-vous pour dire qu'il a effectivement des liens notoires avec les frères musulmans ?

40:18
Gérald Darmanin

C'est une enquête, enfin, c'est une accusation judiciaire. Je vais me laisser plutôt à la réponse à la justice. Donc, moi, j'attends

40:25
Invité

avec intérêt.

40:27
Gérald Darmanin

C'est une accusation de la part si je me porte plainte. Je vais me répondre devant la justice de ces questions. Vous dites qu'il n'y a rien d'autre fois. Mais regardons. Il n'y a rien de judiciaire à ce stade. On ne va pas polémiquer. Il la porte plainte.

40:37
Présentateur

On ne polémique pas. On vous demande si les propos que vous avez tous sont sérieux et si vous avez de la matière pour les accréditer.

40:41
Gérald Darmanin

Monsieur Metzema, qui est un très grand footballeur, qui a des millions de personnes qui le suivent sur Internet, je constate qu'il n'a toujours pas fait un tweet pour l'assassinat de ce professeur Aras. Je constate qu'il n'a pas fait de tweet non plus pour les bébés décapités, pour les femmes violées, pour les 1300 massacrés du terroriste islamiste en Israël. Et c'était l'objet de la réponse que j'ai faite à la question de vos confrères. Avez-vous matériellement

41:04
Présentateur

des éléments qui vous permettent de faire un lien entre Karim Benzema et le frérisme ?

41:09
Gérald Darmanin

Vous savez, le frérisme, c'est très insidieux. Ça consiste à utiliser tous les moyens de la société, le sport, la musique, l'influence sur Internet pour pouvoir passer à un islam rigoriste. C'est ça le frérisme. Et donc malheureusement, je constate et je serai très heureux que M.

Benzema montre l'inverse et par exemple qu'il puisse tweeter sur les assassinats dont est victime par exemple le professeur Daras pour montrer que quand on a une parole aussi forte alors qu'il est déjà connu, vous le savez bien, pour un islam extrêmement rigoriste, a des liens et malheureusement avec des personnes qui se sont parfois réjouies d'assassinats de Samuel Paty par exemple, je souhaite que si jamais ces propos devaient être corrigés qu'ils puissent montrer que voilà, quand on tweete et c'est normal, je peux le comprendre d'ailleurs sur les populations civiles de Palestine, on ne puisse pas avoir une indignation sélective sinon ça cache On vous demande

41:56
Présentateur

une preuve de vos propos et vous renversez si je puis dire la question en disant c'est à Benzema d'expliquer qu'il n'est pas un copain des frères musulmans c'est quand même particulier parce que votre accusation est extrêmement grave.

42:06
Gérald Darmanin

Pardon M. Calvi, le frérisme c'est ça ? Vous êtes un peu naïf ? Il y a... Non, non, si, si.

42:10
Présentateur

C'est très bien

42:11
Gérald Darmanin

ce que sont les frères musulmans

42:11
Présentateur

Vos propos sont extrêmement graves Le frérisme c'est ça Et ils le sont d'autant plus si c'est vrai

42:16
Gérald Darmanin

Le frérisme c'est ça Le frérisme c'est utiliser malheureusement de façon extrêmement insidieuse des messages sélectifs pouvoir montrer qu'il y a par le sport par la musique par la société finalement autre chose que ce qu'on pourrait appeler la radicalisation dans un lieu de culte qui est quelque chose qui se passait auparavant et malheureusement par l'enseignement et moi je salue d'ailleurs un certain nombre d'actions très fortes que fait le ministre de l'éducation nationale sur ce sujet pour lutter contre le frérisme de manière générale

42:43
Invité

Gérald Darmanin on peut et vous le faites contester le tweet qui a été celui de Karim Benzema qui se posait la question effectivement de la non réaction qu'il a eue sur ce qui s'est passé Oui, non, non

42:52
Présentateur

et même sur ses liens

42:54
Invité

Absolument Effective ou pas sur la question de la pratique de l'islam qui est la sienne mais quand vous dites qu'un individu par ailleurs connu des français a un lien notoire avec les frères musulmans Vous êtes responsable public responsable politique Est-ce que vous ne prenez pas une forme de risque de dire cela alors que vous n'avez pas d'élément Juste un mot Quand on demande à votre entourage ce qui permet d'attester ce lien notoire que vous évoquez vous foudite que Karim Benzema fait du prosélytisme sur les réseaux sociaux autour du culte musulman comme le jeûne, le prière la prière, le pèlerinage à la Mecque Donc en gros si on met une photo sur Twitter du jeûne ou de la prière ça fait de nous quelqu'un qui fait partie des frères musulmans ?

43:28
Gérald Darmanin

Je crois que vous voyez Vous êtes assez symptomatique me semble-t-il mais je comprends que vous fassiez votre métier d'une forme de naïveté assez forte que les français constatent désormais et moi je n'ai pas cette naïveté-là Il y a des personnes dans notre société Je voudrais mettre M. Benzema de côté

43:41
Présentateur

Il se peut que nous soyons naïfs mais dans ce cas-là vous avez été excessif Non je ne suis pas excessif

43:44
Gérald Darmanin

Il y a des personnes et je pense que les français voient très bien le danger Il y a des personnes dans notre société qui utilisent malheureusement des proxys des personnes connues qui ont une meilleure image et M.

Benzema est un magnifique footballeur Personne n'en dit ce qu'on vient qui ont une responsabilité très forte qui ont des millions de personnes de suivre notamment des millions de jeunes et qui sont capables en effet de poser par exemple avec des imams que l'État français soupçonne de radicalisation il y a des perquisitions chez eux avec des autres champions qui ne condamnent pas l'assassinat ou qui s'en réjouissent parfois d'un professeur Je crois que vous devez comprendre qu'il y a en France comme dans toutes les sociétés occidentales un mouvement qui s'appelle les frères musulmans et qui utilise des vitrines positives pour pouvoir influencer

44:26
Invité

Vous savez que Karim Benzema joue en Arabie Saoudite qui est un pays qui proscrit les frères musulmans qui est considéré comme une organisation terroriste vous voyez bien que le lien n'est pas évident il y a la question d'une pratique de l'islam peut-être rigoriste et la question des frères musulmans

44:40
Gérald Darmanin

En France soyons clairs on a le droit d'avoir une pratique classique rigoriste même de sa religion ce n'est pas pour ça que vous êtes pourchassés bien au contraire c'est le cas de toutes les religions il y a heureusement cependant des gens qui sont capables de dire qu'il y a des organisations malfaisantes et les frères musulmans en sont une qui utilisent des proxys nombreux nombreux alors un se leur insu ou pas je ne pense pas toujours à leur insu personnellement voilà il se trouve que je suis ministre de l'Intérieur et que j'ai accès à certaines informations pour vous dire mais lesquelles monsieur Duhamel mais lesquelles

45:10
Invité

vous lancez des accusations qui sont des accusations graves quelles informations vous permettent de dire que Karim Benzema a un lien notoire avec les frères musulmans

45:19
Gérald Darmanin

il faut combattre monsieur Duhamel tous ceux qui utilisent malheureusement une notoriété qui est extrêmement forte pour passer des messages qui pourrissent une partie de notre jeunesse et ne pas le voir c'est déplorer les conséquences des causes que vous m'avez tout à l'heure demandé de combattre ne pas voir ça monsieur Duhamel c'est montrer aux français que vous êtes naïfs malheureusement il faut être extrêmement dur contre ça il y a manifestement une guerre très forte que nous mène à un islam radical dont les fréristes ne sont pas les seuls mais une partie de la branche la plus efficace et qui touche notre société fondamentale donc si l'on suit

45:53
Invité

votre raisonnement vous dites Karim Benzema n'est plus le bienvenu en France

45:55
Gérald Darmanin

mais monsieur Benzema il est français mais j'ai pas de problème avec ça simplement j'ai le droit de combattre l'idée que quand on tweet sur les civils palestiniens et je suis évidemment le premier choqué de ce qui se passe pour les civils palestiniens c'est extrêmement étonnant je trouve de ne pas tweeter sur les 1300 morts du Hamas islamiste en Israël et de ne pas tweeter pour l'assassinat du professeur il y a des gens qui choisissent de ne pas tweeter du tout on respecte ce silence après tout quand on fait du sport quand on fait de la musique on n'est pas obligé de donner son avis surtout mais vous constaterez que c'est une sélectivité qui pose question ça vous pose la question

46:28
Présentateur

peut-être que je vous pose la question à l'envers savez-vous dire qui utilise ou manipule Benzema comme vous venez finalement de nous le suggérer

46:37
Gérald Darmanin

moi ce qui m'intéresse c'est de me battre contre l'islam radical et de comme toute forme de radicalité d'ailleurs parce que c'est les musulmans eux-mêmes en premier qui sont touchés par ça parce que je connais mes grands-parents un de mes deux grands-parents étaient musulmans je connais particulièrement et personnellement des tas de familles qui me disent nous on nous regarde bizarrement dans la rue nos enfants n'auront pas les mêmes chances que les autres on peut même plus donner un prénom musulman à nos enfants alors que c'est leur droit le plus strict parce qu'on sera vu comme étant une cinquième colonne en puissance la lutte contre l'islam radical dont font partie les frères musulmans de manière si je veux dire plus intelligente parce que plus insidieuse d'ailleurs le fait est que pendant dix minutes qu'on puisse me poser ce genre de questions sur une télé française alors que manifestement cette sélectivité dans les tweets devrait tous nous interpeller mais c'est ainsi c'est ainsi fait c'est ainsi c'est un commentaire politique

47:30
Invité

ou moral sur les tweets et de considérer que quelqu'un avec un argument d'autorité qui fait partie des frères musulmans

47:35
Gérald Darmanin

vous n'avez vous n'avez pas laissé beaucoup parler pendant l'émission si je peux me permettre de ce du Hamel je vous dis quelque chose de très grave je vous dis que les frères musulmans utilisent de façon extrêmement intelligente en utilisant le sport en utilisant la musique en utilisant les réseaux sociaux en utilisant l'enseignement la charité parfois la possibilité de faire passer un message qui est profondément anti-français et qui contribue à ce djihadisme d'atmosphère c'est une évidence

47:59
Invité

vous avez des exemples de ça concrets il y en a tous les jours quand vous parlez de la musique par exemple dans le football est-ce que vous pensez à autre chose est-ce que vous avez des exemples concrets

48:08
Gérald Darmanin

mais il y en a tous les jours il y a des gens qui se font malheureusement avoir parce qu'ils le font tellement rapidement que c'est caricatural comme ce joueur de Nice ça ne choque pas plus que ça qu'un joueur professionnel qui travaille dans un club de football en France puisse dire ce qu'il a dit bon ça fait 20 quelques minutes heureusement que quelques-uns ont pu se rebeller contre ça dans la ministre des Sports mais c'est tout il y a évidemment dans la musique chacun le constate une influence soft de l'islamisme pardon dans l'enseignement dans la vie caritative bien sûr que nous le constatons et l'immense encore une fois l'immense défi de notre siècle ce n'est pas d'être naïf donc arrêtons d'être naïf quand quelqu'un ne voit pas la différence entre un entrisme et c'est très important parce que les français le voient je pense que c'est ce qui les pousse à considérer que nous ne prenons pas les responsabilités c'est ce que j'ai fait pour le CCIF c'est ce que j'ai fait pour le collectif Chacacine c'est ce que j'ai fait pour Baraka City dont on me disait ah là là c'est terrible déjà j'avais les mêmes procès monsieur Darmanin il confond tout il n'avait pas les preuves heureusement j'ai été suivi par tous les tribunaux et alors là pour le coup je n'ai pas eu la lune des grands journaux quand j'ai obtenu au conseil d'état l'expulsion de monsieur Iqusen ou la fin du CCIF ou de Baraka City je vous dis qu'il y a des gens qui sont plus insidieux parce qu'ils ont compris que l'état ne se laissait plus faire qu'ils utilisent une influence et cette influence elle est terrible pour notre jeunesse ce que vous venez de dire ne faites pas de doute Gérald Darmanin je vais vous dire quelque chose si monsieur Benzema veut montrer sa bonne foi et qu'il est capable dans quelques instants de tweeter pour la mort de ce professeur par exemple pour dire que oui d'abord c'est une victime parce qu'en islam je sais qu'en islam on respecte toute vie les vrais musulmans respectent toute vie ils font attention à toute vie et c'est une prescription de l'islam donc si monsieur Benzema est capable de montrer qu'en effet devant 20 millions de gens qui le suivent y compris si l'islam est en Arabie Saoudite désormais et parce qu'il est éminemment français et bien il pleure également la mort de ce professeur mais je retirerai mes propos et je constate que pour l'instant jusqu'à preuve du contraire il a fait le choix extrêmement sélectif de porter le même discours que les frères musulmans

50:03
Présentateur

donc vous mettez au défi ce soir Karim Benzema ce ne serait pas une bonne chose pour la république d'envoyer un tweet de soutien à nos professeurs attaqués non mais à nos professeurs qui étaient assassinés par un territoire systémiste

50:12
Gérald Darmanin

ce serait tout à fait magnifique de sa part et je pense que la concorde nationale l'unité nationale s'en porterait mieux

50:18
Présentateur

je reviens un instant sur vous avez évoqué notamment l'univers de la musique est-ce que vous avez un chanteur ou des artistes que vous pouvez désigner comme tels qui vous inquiètent ?

50:27
Gérald Darmanin

il y a je ne vais pas commencer à faire une revue de détails bon parce que je comprends que manifestement la naïveté est parfois partagée je voudrais le redire mais j'aurai l'occasion si vous le souhaitez de revenir à votre émission je propose qu'on le fasse ensemble pour essayer d'expliquer avec d'autres il y a une professeure par exemple en ce moment d'université vous savez qui est protégée par la police qui est pourchassée qui ne peut plus enseigner qui ne peut même plus vendre son livre parce qu'elle a cette pression parce qu'elle dénonce ses frères musulmans et donc il y a malheureusement un écosystème qui n'est pas très important mais qui est assez influent et malheureusement qui parle à des millions de personnes notamment par les réseaux sociaux il faut le dénoncer parce que c'est ça qui prépare peu à peu insidieusement insidieusement pardon les drames que nous avons en ce moment

51:05
Présentateur

une manifestation a lieu en ce moment même dans Paris de soutien aux palestiniens le tribunal administratif a finalement autorisé la manifestation absolument on envoie les images à l'instant même en direct sur BFM TV est-ce que c'est une forme de désaveu pour vous cette réunion publique

51:24
Gérald Darmanin

non pas du tout la décision de la préfecture moi je suis pour un état palestinien donc si c'est pour réclamer un état palestinien ou si c'est pour avoir une pensée pour les civils il n'y a pas de problème moi je pense avec les préfets qui prennent ces interdictions que le temps qui est trop proche du drame de l'attaque terroriste en Israël faisait que les choses pouvaient être difficiles dans l'ordre public et d'ailleurs on l'a constaté à Berlin à Washington 64 manifestations ont été interdites 64 ont été confirmées par le tribunal administratif aujourd'hui à 17h la manif a commencé elle était interdite à 19h elle a été autorisée par le tribunal administratif je suis un républicain j'applique des décisions de justice donc ce qui est sûr c'est que les manifestations quand elles seront autorisées elles doivent se tenir dans le bon ordre public je rappelle qu'en 2014 on a beaucoup défilé au son de N au juif dans les rues de Paris et c'est ce que je ne voulais pas reproduire Alexandra

52:10
Invité

Oui vous aviez dans ces instructions qui avaient été envoyées au préfet vous aviez demandé que de façon systématique en amont les manifestations pro-palestiniennes soient interdites comment cela peut être compatible avec la liberté de manifester de demander une systématisation et d'ailleurs le conseil d'état a répondu en disant il faut le voir au cas par cas et pas de façon systémique

52:35
Gérald Darmanin

Les préfets répondent aux ministres de l'intérieur donc on ne va pas se cacher à son petit doigt un préfet en général il demande aux ministres de l'intérieur qu'est-ce que je fais dans des situations comme celle-là donc ce qui est important c'est qu'on n'ait pas des manifestations qui se déroulent très mal en ordre public quand je vois que des collectifs comme Palestine vaincra dont nous avons un contentieux avec le conseil d'état qui s'est réjoui malheureusement de ce qui s'est passé notamment en Israël appel aux manifestations je pense que c'est une bonne chose de l'interdire et il y a des moments où ce n'est pas le collectif Palestine vaincra qui le fait nous pensons que ça peut mal se passer regardez Berlin 70 policiers blessés regardez Washington regardez Londres maintenant moi je suis un démocrate et un républicain je prends mes responsabilités de ministre un pouvoir arrête un autre pouvoir les gens saisissent le tribunal ils me donnent raison ils ne donnent pas raison ils m'ont donné raison 64 fois ils ne m'ont pas donné raison la 65ème fois et bien les gens peuvent manifester j'espère de tout coeur que cette manifestation sera pour la Palestine et ne sera pas pour une haine pour les juifs

53:27
Présentateur

alors je vous propose d'écouter le chef de l'état qui s'est exprimé sur la question face à des jeunes rencontrés sur les quai de scène cet après-midi Emmanuel Macron qui justifie ces interdictions des rassemblements pro-palestiniens je vous donne ma position en toute sincérité 1 je pense qu'il y avait un délai de décence il y avait eu une attaque terroriste qui n'était pas bon après je regarde partout comment ça se passe en Europe regardez dans toute l'année dans toutes les capitales où il y a des manifs il y a des éléments très durs qui arrivent et qui font les pires trucs c'est à dire il y a des gens qui veulent manifester de manière pacifique mais dedans se greffent des éléments hyper radicaux qui vont aller brûler des drapeaux d'Israël défendre le Hamas etc est-ce qu'on a envie de voir ça maintenant moi je pense que on a plutôt envie de se regrouper le délai de décence qu'évoque le chef de l'état est-il passé désormais Pierre Darmanin ?

54:14
Gérald Darmanin

c'est difficile à dire et manifestement le tribunal administratif considère que oui pour ce soir mais il était évident que dans les heures ou les jours qui ont suivi le massacre de 1300 personnes des bébés décapités encore une fois enfin des choses absolument ignobles que j'espère personne ne conteste c'était étonnant parce que la victime c'était la population israélienne du terrorisme bon donc après qu'il y ait des manifestations pour la cause palestinienne il y en a toujours eu en France il y en a toujours depuis le ministre de l'Intérieur il y en a eu des dizaines évidemment mais je pense que ce qu'il faut bien voir c'est que pour le ministre de l'Intérieur pour les préfets le sujet c'est pas tellement la cause de la manifestation que nous interdisons c'est est-ce qu'elle va mal se terminer oui bon et bien regardons ce qui s'est passé comme a dit le président de la République ailleurs elles se sont mal terminées donc aujourd'hui nous pensons toujours qu'elles peuvent mal se terminer 64 fois le tribunal nous donne des raisons une fois il nous donne tort et bien regardons la manifestation et j'espère de tout coeur parce que c'est toujours les policiers qui trinquent que la manifestation se terminera bien

55:08
Présentateur

que dites-vous aux français de confession juive qui vont à la synagogue en ce moment avec la boule au ventre ceux qui ont des enfants dans des écoles confessionnelles qui ont préféré ne pas les y emmener vendredi dernier par peur d'un attentat

55:19
Gérald Darmanin

mais que je comprends leur peur que je partage leur peine et que je veux leur dire que la République pour qui ils prient tous les samedis parce que c'est ce qu'on fait quand on est dans une synagogue on prie pour la République on prie pour les policiers pour les gendarmes et bien aujourd'hui c'est la République qui les protège et je peux leur dire que comme tout français les français de confession juive ont le droit à la protection absolue quel qu'il soit sur le territoire national

55:38
Présentateur

Aujourd'hui pouvez-vous assurer à une personne de confession juive qu'elle peut se balader dans les rues de Paris en portant sa kippa ?

55:43
Gérald Darmanin

C'est l'honneur de la République que de permettre à une femme voilée à un juif qui porte une kippa de pouvoir le faire dans la voie publique je suis assez battu pour penser que la laïcité c'était pas l'interdiction évidemment des religions dans l'espace public c'était le respect de chacun donc oui chacun peut comme il le souhaite et d'ailleurs c'est contre tout acte anti-religieux qu'il soit anti-chrétien anti-sémine anti-musulman je veux dire que nous sommes là et les policiers et les gendarmes sont là pour les protéger et qu'ils s'habillent comme ils le souhaitent

56:10
Présentateur

Vous craignez que des manifestations par exemple pro-palestiniennes puissent se terminer devant une synagogue qui soit d'une façon ou d'une autre attaquée ?

56:16
Gérald Darmanin

C'était le cas en 2014 c'est le cas à Berlin oui c'est une crainte donc c'est pour ça que nous interdisons ces manifestations si je les avais autorisées et si on avait attaqué une synagogue comme en 2014 si on avait attaqué une synagogue à coup de cocktail Molotov comme à Berlin voilà à quelques heures vous offririez un plateau pour me dire pourquoi vous ne l'avez pas interdite donc oui c'est une crainte maintenant nous pouvons organiser aussi les choses je l'espère avec des gens qui sincèrement sont convaincus de la cause des civils palestiniens qui est un drame aussi bien évidemment et de l'état palestinien et donc nous allons y travailler mais nous pensons nous que ce n'est pas encore mûr pour cela

56:49
Invité

Et donc pour essayer d'être très clair et très précis sur la position du ministère de l'Intérieur le chef de l'État dit il y avait un délai de décence là on a un tribunal administratif qui invalide la décision que vous aviez prise d'interdire ces manifestations si demain un collectif veut organiser une manifestation pour soutenir les civils palestiniens pour soutenir la création d'un État palestinien votre décision sera de maintenir cette interdiction ou de regarder de se dire que peut-être vous pourriez l'autoriser

57:14
Gérald Darmanin

D'abord je vais regarder ce qu'a dit exactement le tribunal administratif parce que j'ai eu l'information qu'il l'autorisait mais après vous avez un compte rendu juridique qui vous permet de voir si l'opposition elle est juridiquement forte ou fragile est-ce qu'il a interdit dans le cas précis de cette manifestation ou est-ce que c'était plus large Deuxièmement je m'interroge toujours sur les services de renseignement les renseignements territoriaux la DGSI pour savoir si des éléments qui sont constitutifs de mettre le désordre public vont utiliser cette manifestation pour le faire Je rappelle que j'ai aussi interdit des manifestations pro-israéliennes mais personne n'en parle Je l'ai fait pourtant

57:46
Présentateur

Vous faites bien de nous le rappeler

57:47
Gérald Darmanin

En effet ça m'avait échappé Le jour même il y avait trois manifestations déclarées on n'en a autorisé qu'une seule et pas les deux autres Donc il y a un équilibre au ministère de l'Intérieur Le ministère de l'Intérieur il ne prend partie pour personne Il veut l'ordre public Voilà Et donc si des renseignements nous sont donnés comme étant toujours aussi négatifs que ceux que j'ai eus hier J'interdirai toujours Je demanderai au préfet de les interdire ces manifestations Si des renseignements nous disent qu'il y a un risque modéré Eh bien nous prendrons la décision avec le préfet Et puis si on pense qu'il n'y aura pas de risque on l'autorisera Voilà

58:16
Invité

On vient de voir en Angleterre que les drapeaux palestiniens et israéliens sont interdits dans les stades de foot pour les matchs de première ligue Est-ce que vous vous allez aussi interdire les drapeaux palestiniens et israéliens dans les stades de foot ou dans les rues ?

58:27
Gérald Darmanin

Non on n'interdit pas les drapeaux Mon sujet c'est pas de faire la police de la pensée ou des opinions Mon sujet c'est que l'ordre public soit tenu Qu'il n'y ait pas d'attaque contre les policiers d'attaque contre les synagogues d'attentats dans les manifestations que ça ne dégénère pas qu'on n'attaque pas des commerces Voilà C'est ça le sujet du ministère intérieur Et il n'est pas pour les israéliens pour les palestiniens pour les retraités Et pour le gouvernement il est pour l'ordre public C'est difficile l'ordre public Et donc moi je pense que tout ce qui trouble l'ordre public doit être interdit Et les tribunaux sont là pour voir si j'exagère ou si j'exagère pas Pardon Et en revanche ce que je peux vous dire c'est que la main ne peut pas trembler même lorsqu'il y a beaucoup de pression et je peux comprendre qu'il y ait de la pression parce que lorsqu'on crie « Haine au juif » dans les rues de Paris ou qu'on se reprend à une synagogue comme en 2014 ça ne sert pas à la cause palestinienne Ça ne sert pas à la cause palestinienne de voir des gens d'une minorité ensuite attaquer les policiers attaquer les synagogues attaquer les juifs de France Ça ne sert pas à la cause des palestiniens

59:20
Présentateur

La semaine dernière des drones ont survolé des écoles juives Oui Je pense que c'était La ville urbaine notaire Absolument C'était très impressionnant pour les enfants et leurs professeurs Avez-vous des inquiétudes objectives vous ce soir concernant d'éventuelles attaques enfin je ne sais pas quelle forme ça peut prendre de synagogues ou d'écoles juives dans notre pays Alors il n'y a pas Est-ce qu'un dispositif particulier est mis en place ou en tout cas

59:43
Gérald Darmanin

prévu ? Alors il n'y a pas de menaces encore une fois caractérisées qui toucheraient n'importe quel point du territoire y compris les lieux éducatifs juifs mais avec les responsables de la communauté juive Nous avons sur 980 endroits des synagogues des écoles où les juifs ont l'habitude de mettre leurs enfants d'aller prier ou de vivre tout simplement Nous avons renforcé systématiquement la présence de la police et de la gendarmerie

1:00:07
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon a dit la haine du juif et la haine du flic se rejoignent Vous avez tenu ses propos en réaction à Jean-Luc Mélenchon Que pensez-vous de ses propos récemment ? En gros en permanence il dénonce la police

1:00:21
Gérald Darmanin

Non mais je crois que M. Mélenchon il n'a pas de conviction sur le conflit israélo-palestinien Je pense que l'histoire a montré qu'il avait beaucoup changé puisqu'il a appartenu au même parti

1:00:30
Présentateur

Il fait quoi ? De la politique pour de mauvaises raisons ?

1:00:32
Gérald Darmanin

Il fait de la politique pour avoir des voix donc en l'occurrence il a fait un choix électoral je pense qu'il ne faut non plus pas être très naïf Vous avez vu qu'il défendait Karim Benzema aujourd'hui ? Il pense quelque chose de M. Mélenchon Il dit qu'il pense que les quartiers vont voter pour lui l'élection présidentielle et il pense que ces quartiers sont pro-palestiniens et sont anti-fliques donc il parle pro-palestiniens et anti-fliques M. Mélenchon Il parle à sa clientèle ?

Oui, bien sûr Il pense être sa clientèle Il faut être élu des quartiers parce que j'ai été maire d'une ville populaire je suis élu j'ai été élu député je suis député d'une ville populaire je suis né dans un quartier populaire je sais que les gens des quartiers populaires ils ne pensent pas comme ça Éric Dupond-Moretti

1:01:05
Invité

dit qu'il veut le vote des barbus M. Mélenchon

1:01:08
Gérald Darmanin

En tout cas je sais que les musulmans ils détestent être considérés comme des arabes qu'on exploite Moi j'ai connu ça ce mépris social de considérer parce que tu es pauvre parce que tu es immigré du coup automatiquement tu votes pour la gauche ou tu votes pour maintenant l'extrême gauche Je pense que M. Mélenchon se trompe Heureusement que les français musulmans sont des français tout court et qu'ils ne regardent pas un vote communautaire mais il pense lui que c'est comme ça qu'il sera au second tour de la présidentielle et en ce sens il fait une faute très forte contre l'esprit

1:01:35
Présentateur

Merci beaucoup Gérald Darman d'avoir pris ce soir la parole sur BFM TV pendant près d'une heure