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Discours / meetingLCI (sur YouTube)· 19 septembre 2022 32 minAutoproduitMixteInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprisesSanté

Marine Le Pen : son discours de rentrée au Cap d'Agde

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29PrésentateurFait
    « la politique spéculait, voire ironisait d'ailleurs sur la compétition présidentielle qui s'ouvrait »
  • 1:17PrésentateurFait
    « Vous avez fait vivre un grand moment de joie et d'espoir. »
  • 2:59PrésentateurFait
    « la plus grande victoire que le mouvement national ait connue en 50 ans d'existence. »
  • 4:33PrésentateurFait
    « nous avons vécu une révolution électorale de grande ampleur, une révolution pacifique, une révolution démocratique »
  • 5:10PrésentateurFait
    « notre pays, depuis 1984, reste l'un des moteurs de la révolution politique qui se déroule dans toute l'Europe. »
  • 8:52PrésentateurChiffre
    « le courant national est arrivé en tête aux élections présidentielles dans 22 000 communes sur 34 000 »
  • 15:59PrésentateurFait
    « l'abandon plus ou moins avoué du nucléaire »
  • 16:19PrésentateurPromesse
    « je proposais que notre pays se lance et investisse massivement dans le développement d'une grande filière hydrogène. »
  • 17:01PrésentateurFait
    « c'est bien l'Allemagne qui a construit avec la Russie Nord Stream 1 et Nord Stream 2 »
  • 18:33PrésentateurFait
    « Une inflation qui s'emballe, une dette qui nous ruine chaque jour davantage, une compétitivité de nos entreprises minée par la déflation énergétique »
  • 20:15PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron croit intelligent de remettre sur la table son obsession, déjà combattue par les Français, de la réforme des retraites. »
  • 21:08PrésentateurPromesse
    « les Français, et notamment ceux qui ont eu des carrières précoces ou pénibles, doivent pouvoir jouir d'un repos bien mérité après quatre décennies de labeur. »
  • 21:51PrésentateurFait
    « C'est choix politiques que nos dirigeants aient le courage ou l'honnêteté de les assumer »
  • 25:04PrésentateurFait
    « les Français nous ont clairement désignés comme la force d'alternance. »
  • 25:11PrésentateurPromesse
    « quand ça ne sera plus Emmanuel Macron, ce sera nous. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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Présentateur

Je voudrais rassurer nos deux candidats, j'en suis la preuve vivante, on survit à la présidence du Rassemblement National. Alors, merci, merci à tous. Il y a un an, mes chers amis, lors de notre rentrée parlementaire, la politique spéculait, voire ironisait d'ailleurs sur la compétition présidentielle qui s'ouvrait et la compétition dans la compétition qui s'annonçait. Nous n'avons pour notre part jamais douté, jamais tremblé au sein du Rassemblement National. Vous avez en ces circonstances démontré des qualités morales, humaines et politiques extraordinaires.

En contredisant ce qui prédisait la défaite, en surmontant les campagnes d'intoxication, en sachant garder la barre dans la tempête, vous avez forcé l'admiration de tous. Vous avez fait vivre un grand moment de joie et d'espoir. Où ils étaient le 19 juin 2022, quand le système a craqué devant la poussée nationale, lorsque le chapelet parlementaire a égréné les 89 circonscriptions ? Ce sont des instants d'éternité. Comme le premier regard d'une mère sur son enfant, comme le paysage qui coupe le souffle, comme l'oiseau magnifique qu'on ne veut pas voir s'emboler. Nous avons eu le bonheur de vivre cela. Amis militants, candidats et électeurs du Rassemblement National, soyez-en remerciés.

Beaucoup de commentateurs, pas toujours aimables à notre égard, ne vous le diront pas. Mais maintenant, ils connaissent et respectent la force de vos convictions, votre esprit de discipline, votre admirable sens de la camaraderie, votre incroyable capacité de résilience. C'est avec des âmes et des cœurs comme les vôtres, avec ce courage et cette témérité dont vous avez fait preuve, c'est avec cette volonté d'airain face à l'adversité que l'on a construit notre victoire de juin 2022, la plus grande victoire que le mouvement national ait connue en 50 ans d'existence.

N'oubliez donc jamais que c'est avec les qualités éminentes et rares dont vous avez fait preuve que la France s'est toujours relevé des situations difficiles où l'histoire l'avait conduite. Nous en aurons besoin encore et toujours. Je voulais vous en féliciter, mais surtout au-delà. Je voulais vous dire combien je suis fier de vous, honoré de vous avoir conduit dans cette magnifique aventure, heureuse de combattre encore aujourd'hui et toujours demain avec vous. Chacun sait maintenant que le jour venu, peut-être pas si loin, nous aurons besoin de ces qualités dont vous avez fait preuve pour conduire le pays sur la voie difficile du redressement.

Un an plus tard, à l'image de ce beau jour ensoleillé du très beau département de l'Hérault, le ciel s'est dégagé et l'horizon que beaucoup croyaient obscurci pour le mouvement national est désormais limpide. Les fausses valeurs se sont démonétisées sur le marché électoral. Les puissances installées ont été neutralisées quand elles n'ont pas été effacées. Les grands projets de premiers ministrables ont pris la poussière et une énorme couche de poussière.

Politiquement, je crois pouvoir le dire, nous avons vécu une révolution électorale de grande ampleur, une révolution pacifique, une révolution démocratique, un événement qui pose le socle du grand basculement politique qui s'impose au fil des ans et peut-être maintenant au fil des mois. Ce mouvement, mes amis, je le crois inexorable. Ne voyez pas dans cette prédiction optimiste une quelconque forfanterie de ma part, une euphorie déplacée. Cette observation relève d'une analyse factuelle. Ce grand mouvement est bien sûr français et notre pays, depuis 1984, reste l'un des moteurs de la révolution politique qui se déroule dans toute l'Europe. Mais il est aussi européen.

Vous le remarquez, ce sursaut électoral et populaire s'inscrit dans une vague patriote qui parcourt tout notre continent et prépare à n'en pas douter le retour prochain des nations d'Europe. Hier, la Suède. Demain, l'Italie. Demain, probablement, la Hollande. Avec la courageuse et pacifique révolte paysanne qui s'y déroule et érote chaque jour davantage le pouvoir mondialiste néerlandais. Qu'il me soit permis de saluer ces mouvements populaires et nationaux proches de nos idées qui portent en eux la libération de l'Europe, de ses nations et de ses peuples.

Qu'il me soit permis de voir dans ce grand retour des nations d'Europe le désaveu d'une Union européenne engagée dans une fuite en avant à l'extension illimitée. Une Union qui porte une vision qui n'est même plus fédérale mais impériale. Cette Union, on l'a vu avec le discours hallucinant de Mme von der Leyen, ne cherche même plus à invoquer une coopération pour la paix mais s'enferme dans de vaines et dangereuses postures belliqueuses. Or, cette Union européenne voit ses promesses de prospérité et de paix sombrer dans ses errements économiques, énergétiques et géopolitiques. Le moment politique que nous vivons est, je le crois, historique.

Nous vivons, mes amis, un véritable soulèvement démocratique contre le joug de ces idéologies corruptrices et destructrices. Le mondialisme, l'affairisme, l'immigrationnisme, le wokisme, l'indigénisme, la dictature de groupes extrémisés parlant au nom des minorités qui ne demandent pas d'être instrumentalisées. La vague qui s'est levée en juin dernier est une vague bienfaisante et salvatrice. D'abord parce que 89 députés répartis dans toute la France donnent au mouvement national une représentation parlementaire plus conforme à son poids électoral attesté. Même s'il est très tardif, ce gain de siège vient réparer une situation doublement anormale.

L'injustice insupportable de voir des millions de Français être privés d'une représentation parlementaire, le caractère de moins en moins légitime d'institutions devenues factices. Il est malheureux que le peuple français ait été obligé d'infliger cette cinglante leçon de démocratie à un législateur pusilanimé fuyant, à un pouvoir politique combinard et calculateur qui a toujours refusé de se saisir de la question de la représentativité alors même que la révolte des Gilets jaunes l'avait mise en évidence. L'avenir nous dira, mes chers amis, l'avenir nous dira si cette leçon a été apprise et si cette question de la juste représentation des courants politiques a été comprise.

Elle est pourtant si indispensable à l'équilibre de notre démocratie, à l'harmonie sociale, à la dignité de la volonté populaire qui doit être en toutes circonstances et à tout niveau respectée. Les prochaines élections sénatoriales qui auront lieu en 2023 corrigeront, je l'espère, cette inconvenience démocratique qui perdure au Sénat. Dois-je rappeler que le courant national est arrivé en tête aux élections présidentielles dans 22 000 communes sur 34 000 ? Le Sénat démocratique prive la Haute Assemblée d'une part de sa nécessaire représentativité et je le sais, d'une énergie nouvelle qui lui serait grandement profitable.

La défense de la ruralité et de l'autonomie communale est une urgence démocratique. Même au Sénat, censé être la chambre des collectivités territoriales, les intérêts de nos campagnes cèdent devant les logiques de concentration, devant les intérêts des grandes métropoles, devant les injonctions des barons régionaux. Il est évident qu'il faut ouvrir la réflexion pour repenser de fond en comble l'aménagement du territoire. Et je lance d'ores et déjà un appel aux élus de France, aux maires et aux grands électeurs attachés au pluralisme à se mobiliser avec nous pour la défense de cette démocratie de proximité que sont les communes, même les plus petites.

Le temps presse, maires et élus ruraux, avez-vous entendu Emmanuel Macron il y a quelques jours ? Il ne propose rien de moins que de vous imposer l'installation dans vos villages et vos villes d'une immigration que vous n'avez pas demandée. Cette immigration supplémentaire, c'est le trop-plein de celles qui saturent les métropoles et rend certains quartiers quasiment invivables. Mais aussi, ce sont de nouvelles migrations venues du monde entier qui sont programmées, voire par ce signal, encouragées. Le pacte d'émigration de l'Union européenne proposait d'instaurer dans toute l'Europe des relocalisations forcées de migrants.

Eh bien, Emmanuel Macron annonce vouloir l'imposer sans attendre dans toute la France, dans le moindre village le plus reculé, dans le moindre hameau. Nous, nous sommes prévenus. Les migrations submersions, c'est eux qui la choisissent, mais c'est vous qui la subirez. Et ce qui est incroyable dans cette affaire, c'est que cette proposition arrive comme si, sur cette question, le résultat des élections présidentielles et législatives n'avait pas été clair. Comme si les sondages étaient ambiguës, comme si la saturation migratoire de notre pays n'était pas flagrante.

Ce mépris pour les élus locaux, cette négation de l'identité territoriale de vos communes, jamais des sénateurs du Rassemblement national ne l'accepteraient. Certaines mauvaises langues nous disent qu'en réalité, le gouvernement tenterait de faire bonne figure mondiale pour les Jeux olympiques de 2024. Le gouvernement serait-il tenté de vider Paris de ses clandestins, squatteurs et autres craqueurs, c'est-à-dire de les répartir chez vous, dans nos campagnes ou dans nos villes moyennes. Ne croyez pas que ce qui arrive en matière d'immigration est le fruit du hasard, d'une faute d'appréciation, d'une inattention passagère, d'une sous-estimation des conséquences.

Cette folle politique, elle relève d'une intention politique. Pour Emmanuel Macron et ses amis, pour quasiment toute la classe politique d'ailleurs, l'immigration n'est pas un problème, je vous l'ai déjà dit et je vous le répète, c'est un projet. L'immigration, disons-le clairement, il n'y a que le Rassemblement national pour s'y opposer. Je ne reviendrai pas sur la question qui découle de cette immigration massive et anarchique, qui est la question de la sécurité. Louis et Jordan en ont parfaitement parlé. Mais n'oublions pas que la situation sécuritaire est cataclysmique dans certains départements français.

Et permettez-moi à nouveau d'avoir une pensée pour nos départements et nos territoires d'outre-mer, qui est notamment pour le département de Mayotte, qui est livré à un véritable enfer sécuritaire. Dans le silence le plus total des médias, dans le silence le plus total de la classe politique, meurtre, couvre-feu, maison brûlée, agression, barrage, nous, au Rassemblement national, nous ne les laisserons jamais tomber. Pour en revenir à la question de la représentativité de nos institutions, elle constitue tout de même un chantier très vaste, encore que, j'espère, nos dirigeants auront la lucidité ou l'éthique de prendre à bras le corps. À bras le corps, j'en suis pas sûr, très honnêtement.

Avant de créer un fantomatique et non institutionnel Conseil national de la refondation, Emmanuel Macron devrait se préoccuper de rendre représentatifs les organismes officiels qui existent déjà. Le courant national est en effet fondé à siéger dans tous les organismes censés représenter le corps social, à commencer par le Conseil économique, social et environnemental, mais aussi les conseils économiques, sociaux et environnementaux à l'échelon régional et à l'échelon européen. Il serait quand même paradoxal que des organismes censés représenter les forces vives du pays ne regroupent finalement que des forces desséchées, momifiées ou mortes.

Cette question de la représentativité qui induit la question des lieux d'arbitrage des décisions publiques est d'autant plus pressante que le pays va, à n'en pas douter, rentrer dans des difficultés d'une ampleur inégalée. Une crise énergétique qu'une politique de chaque cadeau tente de dissimuler s'annonce durablement. Nous n'en voyons, mes chers amis, que les premiers effets, car cette crise n'est pas seulement conjoncturelle, mais structurelle. Elle est le fruit de trois fautes majeures de la part de nos dirigeants, qui croyaient que la prospérité ou l'aisance énergétique de l'Occident était un droit acquis, immuable et imprescriptible.

D'abord une faute dans les choix énergétiques, notamment par l'abandon plus ou moins avoué du nucléaire, cette technique de pointe incomparable qui avait fait de la France une nation reine dans la production autonome et quasi illimitée d'une électricité bon marché et décarbonée. L'absence de vision en second lieu, quand il y a 15 ans, plus de 15 ans même, je crois me souvenir, je proposais que notre pays se lance et investisse massivement dans le développement d'une grande filière hydrogène. La validation du suicide énergétique de l'Allemagne exigée par ces fous que sont les verts allemands.

Une faute géopolitique en s'emballant avec une Union européenne hystérisée par la guerre en Ukraine dans des sanctions inappropriées et irréfléchies. N'importe quel chef d'entreprise de PME sait qu'on réfléchit à deux fois avant de s'aliéner ses clients et ses fournisseurs. Fournisseurs dont je rappelle que ce n'est pas le Rassemblement national qui les a choisis, c'est bien l'Allemagne qui a construit avec la Russie Nord Stream 1 et Nord Stream 2 et par ailleurs à l'unique bénéfice de l'Allemagne. Une faute conjoncturelle.

Quand nos dirigeants renoncent à briser la spéculation, empêcher les profiteurs de guerre ou réformer en urgence les montages technocratiques ruineux comme l'arène que nous impose Bruxelles. Quand on sait qu'historiquement la courbe du développement économique suit la courbe de la capacité énergétique, il y a de quoi être très inquiet sur les perspectives d'avenir.

Nos dirigeants ne devaient-ils pas y penser avant de fermer Fessenheim, avant de renoncer à moderniser notre filière nucléaire, avant d'engager notre pays sans réfléchir aux conséquences vers des énergies coûteuses, coûteuses, aléatoires, polluantes d'ailleurs, car irrémédiablement couplées à des centrales à gaz ou à des centrales à charbon. Et si quelqu'un est responsable de notre dépendance envers la Russie, ce sont les idiots ou les naïfs qui ont misé sur l'éolien et le solaire. La deuxième crise est économique. Une crise économique avec des déficits abyssaux.

Une inflation qui s'emballe, une dette qui nous ruine chaque jour davantage, une compétitivité de nos entreprises minée par la déflation énergétique, un euro qui s'affaisse, des pénuries qui menacent. Rien, il faut le dire, dans les postures surjouées d'Emmanuel Macron, dans les explications alambiquées de Bruno Le Maire ou dans les moments mutiques d'Elisabeth Borne, ne pousse à l'optimisme. Et enfin, conséquence des autres, une crise sociale. Avec l'effondrement du pouvoir d'achat, une crise des services des collectivités locales, asphyxiée par le coût de l'énergie, un risque de licenciement en nombre, en clair la perspective d'une récession et donc d'une paupérisation générale.

On ferme les piscines faute de moyens pour les chauffer. On restreint les créneaux des équipements de sportifs. On nous promet d'éteindre l'éclairage public. Les femmes vous remercient beaucoup, parce qu'en termes d'insécurité, marcher dans des rues noires, le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas particulièrement un bon moyen pour pouvoir assurer notre sécurité à tous. Non mais, dans la série des stupidités qui sont énoncées, ils vont bientôt nous expliquer qu'il va falloir réduire le nombre de jours scolaires pour faire des mesures d'économie. Alors la question c'est, où va-t-on ? Question qu'on se pose avec un peu d'anxiété quand même.

Qui aurait pu quand même imaginer dans quel état de régression, de sous-développement, nous conduirait ce gouvernement qui se présentait comme progressiste ? Et comme si cela ne suffisait pas, Emmanuel Macron croit intelligent de remettre sur la table son obsession, déjà combattue par les Français, de la réforme des retraites. Avouez que c'est tout de même là une inutile provocation antisociale dont Emmanuel Macron est coutumier. Or, je le dis, on ne gouverne pas un pays dans la provocation, et encore moins quand cette provocation devient permanente. Un pays n'est pas une table de jeu où l'on tente des coups. Les gens ne sont pas des pions.

Et le sort d'une nation, l'enjeu d'une partie sans lendemain. Comme notre système de sécurité sociale, qui engage certes beaucoup d'argent, mais assure à tous les Français une protection. Le choix sur les retraites est un choix de société. Nous, nous l'avons fait et nous l'assumons. Nous, nous croyons que les Français, et notamment ceux qui ont eu des carrières précoces ou pénibles, doivent pouvoir jouir d'un repos bien mérité après quatre décennies de labeur. C'est pourquoi nous nous opposerons à la réforme d'Emmanuel Macron qui est inopportune, injuste et propre à susciter d'inutiles divisions.

Les crises énergétiques, économiques et sociales dont je vous ai parlé vont intervenir comme des secousses sismiques à répétition. Elles ne sont ni le fruit du hasard, ni exclusivement des circonstances, ni d'une malédiction céleste, mais résultent de choix politiques dont certains sont d'ailleurs très anciens. C'est choix politiques que nos dirigeants aient le courage ou l'honnêteté de les assumer, plutôt que de tenter de se défausser sur la faute. Alors ça dépend, à pas de chance, à la pandémie, à la guerre, au chaud, au froid, ça dépend des jours. Les Français ne sont pas dupes de ces peu glorieuses dérobades et Emmanuel Macron ne pourra pas très longtemps échapper à ses responsabilités.

Vous savez, la classe politique me fait parfois penser aux délinquants dans les prétoires correctionnels que j'ai pu fréquenter comme avocat. C'est toujours les mêmes arguments. 1. Ce n'est pas vrai. 2. Ce n'est pas moi. 3. Ce n'est pas grave. Concernant les politiques, c'est vrai, c'est grave et c'est eux. Soit le sujet, c'est eux. Alors me direz-vous, vous êtes très sévère à l'égard d'Emmanuel Macron, vous renoncez à l'opposition constructive. J'ai entendu ça. Pas de vous, je vous rassure. Alors je veux les rassurer. Non, non, pas le moins du monde. Mais comment ne pas être sévère face à une entreprise de déconstruction de notre pays ? Une politique de démolition presque.

Alors, involontaire quand elle n'est pas volontaire. D'ailleurs, involontaire par incompétence et volontaire par idéologie. Pour autant, l'opposition responsable que j'appelle l'opposition de gouvernement, c'est une ligne de conduite que nous sommes fixée et nous la conserverons. Il y a, à notre sens, trois types de textes parlementaires. Les textes pragmatiques, qui prévoient des mesures concrètes en faveur des Français, même si, entre nous, nous ne sommes quand même pas dupes. Il s'agit souvent d'atténuer les souffrances que les mêmes gouvernements ont engendrées. Eh bien, ceux-là, bien entendu, nous pouvons les voter.

Nous l'avons fait, d'ailleurs, pour le pouvoir d'achat, même si le texte du gouvernement était notoirement insuffisant. Les textes apportés idéologiques, comme la submersion migratoire des campagnes ou l'injuste réforme de retraite, ceux-là, nous ne les voterons évidemment pas et même nous les combattrons à l'Assemblée et sur le terrain. Enfin, le budget. Le budget qui est le marqueur financier d'une politique que nous contestons. La disparition de la police judiciaire que M. Darmanin propose, le démantèlement de notre diplomatie, la politique pénale irresponsable de M. Dupond-Moretti, les aberrations pédagogiques de M. Ndiaye ou les soins énergétiques désastreux.

Nous voterons donc contre le budget en ce qu'il est le marqueur d'une politique qui n'est pas seulement peu efficace, mais extrêmement nuisible. Là, vous le concevez donc, ce sera non. Un non argumenté. Un non contrebalancé par des propositions solides et positives. En nous donnant le groupe d'opposition le plus important, les Français nous ont clairement désignés comme la force d'alternance. Pour le dire clairement, quand ça ne sera plus Emmanuel Macron, ce sera nous. Il a bien fait de limiter le nombre de mandats présidentiels à deux. Nous sommes conscients de cette responsabilité que nous assumons avec sérieux et avec détermination.

Au point où nous nous sommes rendus, nous ne devons pas seulement nous fixer l'objectif d'accéder au pouvoir, c'est en bonne voie, mais nous devons nous mettre en capacité de l'exercer avec efficacité et avec succès. Je le dis, quand viendra l'heure du pouvoir, nous serons prêts pour une raison simple. Nous le sommes déjà. Prêts parce que nous réfléchissons dans les moindres détails au projet alternatif de redressement national que nous proposons et que nous proposerons au pays. Nous le ferons approuver par le peuple pour lui donner d'ailleurs toute sa légitimité.

Prêts parce que nous fédérons autour de nous des Français de tous bords, de toutes origines, de toutes sensibilités, tous ceux qui veulent participer à cette grande œuvre de redressement. Prêts parce que nous faisons émerger la nouvelle élite dont le pays a besoin, une élite représentative du peuple dans toutes ses composantes, une élite capable techniquement et politiquement de porter les réformes nécessaires, de les expliquer, de les faire aboutir et surtout, surtout, de les faire appliquer. Prêts enfin ? Parce que nous agirons dans le cadre d'un gouvernement d'union nationale avec un projet enthousiasmant et fédérateur qui unira tous les Français de bonne volonté.

Nous allons faire renaître l'envie de tout le pays de se rassembler, de proposer d'agir et ainsi faire renouer le pays avec un grand destin national. Comme vous le savez, j'ai décidé de me mettre en retrait de la présidence du parti. Ce n'est pas un abandon, bien sûr. Mais après dix ans, ça le choix délibéré de faire monter de nouveaux cadres qui, à l'image de nos nouveaux et talentueux députés, apporteront avec l'énergie qui les anime un dynamisme supplémentaire à l'action de notre mouvement. Ce choix d'une nouvelle direction du parti national, en l'occurrence entre deux candidats très talentueux tous les deux, vous revient, amis qui soutenaient les idées du Rassemblement national.

La seule condition pour y participer est d'être adhérent. C'est pourquoi je vous invite à prendre votre adhésion pour pouvoir être admis à vous exprimer lors de ce scrutin si important pour le mouvement national et donc pour la nation qu'il défend. Pour autant, si je quitte la présidence du Rassemblement national, je ne renonce pas au combat politique, à la défense des Français, à la volonté d'engager le pays sur la voie du redressement.

La décision de passer le flambeau est en effet pour moi le choix de sortir de la gestion partisane pour parler au-delà de notre parti, de notre famille politique, de notre courant de pensée pour parler à tous les Français, à des Français qui sont tentés mais qui n'osent pas franchir le pas, à des Français qui sont critiques à notre égard, peut-être parce qu'ils ne nous connaissent pas ou qu'ils nous connaissent trop peu. Nous en avons conscience, nous vivons un moment politique. Un moment politique, c'est un moment particulier, un moment comme on en vit peu, un moment qui annonce des événements plus grands encore.

Lorsqu'une parenthèse se ferme pour qu'une autre page d'histoire s'écrive, pour beaucoup d'entre nous, la période que nous allons vivre va certainement être un des plus grands moments de notre vie de citoyen. Nous devons y associer tous les Français qui souhaitent se joindre à nous. Notre cœur et nos bras sont ouverts. Il y a tant à faire que chacun y trouvera sa part, sa mission, sa fonction et peut-être son destin. Nous puisons notre force dans la connaissance et le respect du passé mais aussi dans la passion de l'avenir.

Nous puisons notre détermination dans l'absolue certitude que l'histoire s'écrit par la volonté des hommes et dans les temps que nous vivons, c'est nous qui entendons l'écrire. Nous puisons cette confiance en l'avenir dans la solidité morale du peuple français qui nous soutient, qui attend de nous et qui nous autorise qu'une seule option possible, la victoire de nos idées. Les périls qui menacent la patrie sont grands. Nul mieux que nous le mesure. Mais nous avons aussi les trésors de volonté, d'intelligence et de bravoure de notre peuple. Ces qualités qui en ont fait le génie dans le monde, qui ont suscité admiration et respect.

C'est à nous qu'il appartient de réveiller chez les nôtres cette flamme de l'engagement et du combat. C'est à nous de lui faire surmonter ses divisions, ses doutes pour trouver dans l'appétit de la vie et de victoire les raisons de croire en l'avenir. Pour faire naître dans la conscience d'un attachement mutuel l'élan de cœur qui fait le sursaut vital des peuples et des gens. Pour tracer avec sérénité pour eux-mêmes et pour la France les routes qui sont celles de la liberté. Demain, mes chers amis, nous repartirons sur les terrains animés de cette foi. Cette foi inébranlable que rien ne peut résister à la vague qui s'est levée.

Que l'avenir nous appartient pour peu que nous sachions transmettre la flamme que nous avons au cœur. Et que demain, grâce à ce que nous aurons accompli, se lèvera dans le pays l'aurore d'un jour nouveau pour ses enfants, pour nos enfants et pour les générations qui viennent. Oh les cœurs ! Vive la République ! Vive la France !

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