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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 12 avril 2022 65 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesTravail & emploiRetraites

Macron/ Le Pen : c'est pas la même histoire... #cdanslair 11.04.2022

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 43 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:51OuverteRéponse directe

    Quelles sont les leçons de ce scrutin ? Quelle est la stratégie des deux finalistes ?

  • 3:47RelanceRéponse partielle

    Le camp Le Pen estime que 72% des Français n'ont pas choisi le chef de l'État. Est-ce que ce chiffre est exact ?

  • 5:49OuverteRéponse directe

    Est-ce une caricature de dire la France des cadres et des retraités contre celle des employés et des ouvriers ?

  • 7:29OuverteRéponse directe

    Tout le monde s'était préparé à ce scénario-là, c'est pour ça ?

  • 8:32RelanceRéponse directe

    Le président de la République disait qu'il n'y a plus de front républicain. En tout cas, ce n'est pas ce qui va jouer dans cet entre-deux-tours. Qu'en pensez-vous ?

  • 9:49OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous le réflexe vote utile qui a fonctionné à plein cette fois-ci ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:44InvitéChiffre
    « Le dernier record, il était en 2017, on était à 61%, on est à plus de 66%, presque 67%. »
  • 3:47PrésentateurFait
    « Le camp Le Pen estime que 72% des Français n'ont pas choisi le chef de l'État. »
  • 9:53InvitéFait
    « Le réflexe vote utile est fonctionné à plein cette fois-ci. »
  • 10:22InvitéChiffre
    « Emmanuel Macron, on a dit, c'est une erreur, c'est vraiment parce que les planètes s'étaient alignées en 2017, il gagne quasiment un million de voix. Marine Le Pen, elle gagne 400 000 voix. Idem pour Jean-Luc Mélenchon, ça veut dire qu'aujourd'hui, la vie politique française se structure autour de ces trois forces. »
  • 11:47PrésentateurFait
    « Jamais dans l'histoire, le score aura été aussi serré entre les deux tours. »
  • 13:36InvitéFait
    « Véniablement, tout le monde va contester contre M. Macron. »
  • 15:34Invité politiquePromesse
    « Il ne faut pas donner une seule voix à Madame Le Pen. »
  • 21:00InvitéChiffre
    « Il y a 45% d'électeurs de Valérie Pécresse, alors la base est plus faible, qui voudraient voter pour Emmanuel Macron éventuellement. »
  • 21:16InvitéChiffre
    « Les électeurs de François Fillon de 2017, ils étaient 20% à voter pour Marine Le Pen. Là, chez Valérie Pécresse, ils sont 28%. »
  • 31:58InvitéChiffre
    « Les électeurs de Marine Le Pen ne sont pas pour la sortie de l'euro. À 70%, ils ne veulent pas. »
  • 35:07PrésentateurChiffre
    « Les personnes se disant proches d'un syndicat de salariés ont été 21% à voter pour Marine Le Pen dimanche, soit 8 points de plus qu'en 2017. »
  • 35:59Invité politiqueFait
    « Forcément on est déçus parce que ça fait un an et sept mois qu'on est en campagne pour gagner. »
  • 36:25Invité politiqueFait
    « La chierté du travail accompli le pôle populaire existe si nous n'y étions pas que resterait-il courions-nous rien et nous avons construit cette force. »
  • 37:44InvitéFait
    « Il reste 3 ans pour agir pour le climat nous habite le GIEC et là c'est désastreux pour le futur. »
  • 37:56InvitéFait
    « Macron va avoir un boulevard pour refaire des lois pour relancer la réforme des retraites. »
  • 38:35InvitéFait
    « Il fallait que je me reporte sur le seul grand autre parti de gauche qui existe. »
  • 47:59InvitéChiffre
    « Je suis endettée personnellement à hauteur de 5 millions d'euros. »
  • 48:35InvitéFait
    « Bien sûr que c'est pire que prévu nous on a voulu y croire. »
  • 53:21InvitéFait
    « C'est son plus mauvais score depuis 1965. »
  • 1:00:33PrésentateurFait
    « Avec un projet de retraite à 65 ans. »
  • 1:01:30PrésentateurFait
    « Le retour à 60 ans coûtera extrêmement cher. »
  • 1:01:50PrésentateurFait
    « Le Pen peut remercier Zemmour de l'avoir rendu présentable. »
  • 1:02:04PrésentateurFait
    « Il n'y a plus la sortie de l'euro explicite. »
  • 1:02:37PrésentateurFait
    « Ça a contribué à la chute de Zemmour. »

Temps de parole

  • Présentateur73 %
  • Invité19 %
  • Invité 22 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions au SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Emmanuel Macron, Marine Le Pen l'affichent et sans surprise, mais cette fois l'issue du second tour n'est pas acquise. Tout commence pour les deux finalistes qui n'ont pas attendu pour repartir aujourd'hui en campagne, à leur conquête notamment des électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui terminent avec 7,7 millions de voix, un peu plus d'un point d'écart de la candidate du Rassemblement National. Derrière, le paysage politique est totalement dévasté. La droite s'écrouse, les écolos ratent la marche et Éric Zemmour dévissent.

Un vote qui renvoie dos à dos de France, celle des cadres des retraités derrière le président sortant, celle des jeunes des ouvriers derrière Marine Le Pen. La candidate cette fois-ci dispose de réserves de voix et compte bien jouer le front anti-Macron contre le front républicain. Alors quelles sont les leçons de ce scrutin ? Quelle est la stratégie des deux finalistes ? Macron-Le Pen, c'est pas la même histoire, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Dominique Reynier, vous êtes politologue, directeur général de la Fondapol, la Fondation pour l'innovation politique.

Vous êtes professeure à Sciences Po, on peut retrouver votre série d'études intitulée « Les risques populistes en France » sur le site de la Fondapol. Nathalie Moret, vous êtes journaliste politique pour le groupe de presse régionale EBRAS. Je cite votre article du jour. Valérie Pécresse, sombre avec la droite, nous y reviendrons naturellement ce soir. Neila Latrousse, vous êtes journaliste politique. On vous retrouve tous les matins dans les briefs politiques sur la radio France Info. Enfin, Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'institut de sondage Ipso. Je rappelle que vous êtes également enseignement à Sciences Po.

Votre dernière enquête d'intention de vote, c'est pour le second tour. Des projections réalisées hier soir donnent 54% pour Emmanuel Macron et 46% pour Marine Le Pen. Là aussi, nous y reviendrons. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Peut-être un premier tour de table qui commence avec vous, Dominique Reynier, sur les leçons que vous tirez de ce scrutin. On pourrait dire, est-ce que c'est le portrait d'une France de la contestation ?

2:02
Invité

Oui, en grande partie, en effet, vous avez raison. Avec une abstention de premier tour qui n'est pas aussi élevée qu'en 2002, c'était le record avec 28%, mais qui quand même, avec 26% et le deuxième record depuis 1965, avec des forces anti-système, si on fait le total des candidats qui représentent au fond des protestataires, qui dépassent 55% des suffrages exprimés. Donc c'est très impressionnant. Quand on ajoute à ça l'abstention, moi je fais ce grand compte pour voir ce que ça représente, on a les deux tiers des Français qui ne sont pas allés voter, qui ont voté blanc ou qui ont voté pour un parti protestant. Un candidat protestataire, c'est le record évidemment.

Le dernier record, il était en 2017, on était à 61%, on est à plus de 66%, presque 67%. Et donc dans une France très fracturée, très protestataire, on a une sorte d'îlot, qui est évidemment le vote Macron, qui rassemble autour de lui, autour d'une sorte de tiers. Il a fait 27% et quelques, mais enfin les ralliements qui ont été annoncés représentent une sorte de tiers des électeurs et des suffrages exprimés, mais dans un océan d'agitation protestataire de gauche et de droite.

Et donc la campagne qui s'ouvre aujourd'hui a ceci d'atypique et de très impressionnant, de voir le président sortant qui va chercher à convaincre les Français de le réélire, mais dans une France en colère, où se mêle d'ailleurs, on le voit très nettement de mon point de vue, la continuation de la crise des Gilets jaunes, des anti-vax, des anti-pass, qui se sont retrouvés d'une manière ou d'une autre, et qui ont fait de cette élection présidentielle leur débouché politique.

3:47
Présentateur

Le camp Le Pen estime que 72% des Français n'ont pas choisi le chef de l'État. Est-ce que c'est ça, ce chiffre est exact ? Il donne ce chiffre depuis hier soir en disant, au fond, il a une grande majorité de Français face à lui. Oui, évidemment. Quand vous prenez ceux qui ont voté pour lui, que vous prenez ceux qui n'ont pas voté pour lui, vous aboutissez à ce chiffre. Mais à ce compte-là, on pourrait dire la même chose, et plus encore, de ceux qui n'ont pas voté pour Marine Le Pen, puisqu'elle fait quand même 4 points de moins qu'Emmanuel Macron.

C'est considéré que la politique, c'est des additions et c'est de l'arithmétique, ça va être un peu plus compliqué que ça dans cet entre-deux-tours ? Oui, parce que la politique, c'est aussi la capacité à créer des coalitions, des coalitions sociologiques, politiques, sur un projet idéologique.

Et c'est là où tout va se jouer, parce qu'effectivement, le spec que nous avons, je partage totalement ce que Dominique Régnier vient de dire, c'est une tripartition maintenant de l'espace politique, mais avec un pôle dominant très fort, où l'extrême droite pèse 33%, un pôle à gauche où c'est, de manière archi-dominante, Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise qui se sont imposés, et puis le bloc qui va du centre-gauche à une bonne partie de la droite. Donc on est sur une toute autre vision, les partis de gouvernement ont été dynamités, c'était déjà le cas en 2017, aux européennes, mais ça se poursuit, et l'équation là, elle est tout à fait différente, donc les coalitions sont différentes.

L'affiche est la même, mais la situation est différente. L'affiche est la même, mais les deux protagonistes ne sont plus les mêmes. Emmanuel Macron n'est plus ce candidat que la France découvrait en grande partie en 2017, c'est le président sortant avec un bilan qui a cristallisé aussi les oppositions, et Marine Le Pen n'est plus la représentante aux yeux des Français de la famille de l'extrême droite. Elle est devenue, je ne vais pas dire une sorte de tata qui distribue des bisous, mais il y a un peu de ça. C'est ce qu'elle joue en tout cas.

Mais oui, elle a mis l'accent beaucoup sur le pouvoir d'achat, et elle essaye de tempérer un peu tout ce qui relève de la préférence nationale, de l'immigration ou de ses positions sur l'Europe. Est-ce que c'est une caricature de dire la France des cadres et des retraités contre la France des employés, des ouvriers, les villes contre les périphéries, l'intégration européenne contre la souveraineté nationale ? C'est ça, quand on regarde la photographie de cette France qui a voté, si on essaie d'analyser un peu ce vote avant de passer à cet entre-deux-tours qui s'ouvre aujourd'hui, est-ce que c'est cette photographie de la France-là ?

Ce n'est pas une caricature sur déjà la première variable que vous avez indiquée. Il y a bien une France qui va bien, qui est confiante, qui est aisée, qui est insérée, qui vote pour Macron, et une France populaire, on le voit très bien dans nos enquêtes, les employés, les ouvriers ont massivement voté pour Marine Le Pen, j'ai envie de dire une fois de plus, et toutes les variables s'alignent, c'est-à-dire les variables de revenus, les variables de diplôme, donc ça c'est tout à fait juste.

On a également, de manière peut-être un peu moins caricaturale, en termes de territoire, une France des villes ou des grandes villes qui vote davantage pour Macron, ça ne veut pas dire que Macron n'est pas représenté dans les territoires ruraux, c'est là où il faut un peu nuancer, mais il y a des prédominances. Et puis on a une France, votre troisième variable. C'était l'intégration européenne contre la souveraineté nationale. Ça reste un clivage quand même extrêmement fort, même s'il n'est pas apparu de manière explicite dans cette campagne de premier tour, je pense qu'il va réapparaître dans la campagne de second tour, mais c'est effectivement un clivage qui reste tout à fait au pays.

Alors ce qui est très étonnant, on dit l'affiche est la même, et en fait tout est différent, ce n'est pas la même histoire, c'est notre titre que nous avons choisi ce soir, Naïla Latrousse. Ce qui est très différent, c'est qu'on a eu un discours d'Emmanuel Macron, au fond, hier, qui a remercié l'ensemble des candidats. On n'a pas le sentiment, arrêtez-moi là encore si je me trompe, de la même gravité. On se souvient de 2002, lorsque le Front National était arrivé au second tour, et puis de 2017, et cette fois-ci, au fond, personne n'est surpris par l'affiche, et on sent moins, peut-être, une forme d'indignation de la part des partis dits républicains.

Au fond, tout le monde s'était préparé à ce scénario-là, c'est pour ça ? Tout le monde s'y était préparé, tout le monde s'y était résolu. Il y a eu aussi la donne d'un Éric Zemmour qui, de fait, en comparaison, a fait passer Marine Le Pen pour une candidate beaucoup plus soft, beaucoup plus douce, plus consensuelle, on va le dire. Il y a elle aussi qui a adopté cette stratégie depuis 2017, en se disant qu'au fond, il fallait peut-être un peu moins jouer sur le clivage, justement, souveraineté, Europe, nation, un peu plus sur cette idée qu'il y aurait un bloc populaire d'un côté, un bloc élitaire de l'autre.

Moi, c'est précisément ce que je retiens, d'ailleurs, des résultats d'hier, c'est que ce bloc populaire est incarné en partie par Marine Le Pen, mais beaucoup aussi par Jean-Luc Mélenchon, et est porté très très haut par ces deux candidats. Et pour moi, d'ailleurs, l'émergence d'un Jean-Luc Mélenchon rend très difficile l'équation d'une Marine Le Pen, parce qu'elle espérait capter toute cette électorat populaire et l'incarner à elle seule. Il montre qu'en réalité, il y a une alternative à ce vote populaire qui se trouve de son côté à lui et du côté de la France insoumise.

Sur le front républicain, Nathalie Moret, c'est vrai que c'est le président de la République qui était en déplacement aujourd'hui et qui disait, en gros, qu'il n'y a plus de front républicain. En tout cas, ce n'est pas ce qui va jouer dans cet entre-deux-tours. Qu'est-ce que vous en pensez ? Il a raison. Il y a quelque chose qui me frappe à la lecture des résultats, c'est que les trois candidats qui arrivent en tête et qui récupèrent quand même 75% des voix, sont des candidats qui se réclament ni de la droite, ni de la gauche, ou alors qui sont au-delà de la gauche et au-delà de la droite. C'est quand même assez fascinant.

Et du coup, on se retrouve avec un parti Les Républicains et un parti socialiste qui se retrouve au rang de figurant. C'est-à-dire qu'entre Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et les autres, personne entre 10 et 20%. C'est quand même un truc assez hallucinant. Et c'est la preuve d'abord d'une grande maturité de l'électorat qui, quelque part, a très vite jugé qu'il fallait voter utile. Genre, quand on est de gauche, c'est qui le mieux placé ? C'est Jean-Luc Mélenchon. Quand on est de droite, c'est qui ? Donc il y a eu cette réflexion-là de la part des électorats. Et je trouve que c'est assez intéressant à voir. Comment vous l'expliquez, ça ?

Le fait que, justement, le réflexe vote utile est fonctionné à plein cette fois-ci, est-ce que, justement, c'est parce qu'il y a une partie de l'électorat qui a conscience qu'il y avait une affiche qui était dessinée à l'avance et que je mettrais l'extrême droite contre Emmanuel Macron ? C'est ça et puis on est de plus en plus dans une élection, enfin, dans un scrutin, non pas où la raison est le plus important, mais où, j'allais dire, le sentiment, l'émotion est quelque chose qui est prégnant. Enfin, c'est mon avis en tous les cas, et c'est quelque chose qui, à mon avis, va prendre de plus en plus d'importance.

Autre chose que je voudrais rajouter, ces trois candidats-là ont un score qui a été amélioré par rapport à 2017. Emmanuel Macron, on a dit, c'est une erreur, c'est vraiment parce que les planètes s'étaient alignées en 2017, il gagne quasiment un million de voix. Marine Le Pen, elle gagne 400 000 voix. Idem pour Jean-Luc Mélenchon, ça veut dire qu'aujourd'hui, la vie politique française se structure autour de ces trois forces. Est-ce qu'on peut en tirer aussi comme leçon que ce sont les trois qui avaient le plus d'expérience, Naïla Latrous ? Oui, il y a eu cette idée qu'il y avait une espèce de prime au sortant.

Les Français ont voté, en fait, pour les candidats qu'ils connaissaient et pas pour les étiquettes, d'où aussi le fait qu'une Anne Hidalgo, avec une étiquette PS, ou qu'une Valérie Pécresse, avec une étiquette Les Républicains, ne réussissent pas à soulever l'enthousiasme. Mais pour revenir sur votre question sur le Front Républicain, en réalité, il a existé en partie, mais dès le premier tour. C'est pour ça qu'il n'existe pas au deuxième.

C'est qu'en réalité, tous ces candidats, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, et leur remontée dans les derniers jours, s'est faite sur l'idée que si les Français voulaient éviter une Marine Le Pen présidente de la République, alors il fallait qu'ils se mobilisent. Dès le premier tour, en tout cas, il y a une partie de cette campagne de la dernière semaine qui s'est jouée là-dessus. Jean-Luc Mélenchon disant très clairement, si vous ne voulez pas de Marine Le Pen, faites barrage dès le premier tour. Et Emmanuel Macron disant, si vous ne voulez pas avoir Marine Le Pen à l'Elysée, mobilisez-vous, revenez aux urnes dès le premier tour aussi.

Et les deux finalistes n'ont pas attendu pour reprendre le chemin de la campagne. Emmanuel Macron sur les terres de sa rivale dans les Hauts-de-France et Marine Le Pen dans Lyon. Jamais dans l'histoire, le score aura été aussi serré entre les deux tours. Alors les deux jours qui viennent seront décisifs. Magali Lacroze et Christophe Roquet. Le match du second tour commence aujourd'hui, dans le nord de la France, pour le président en candidat en campagne. Ici à Denain, la maire est socialiste. Elle lui a donné son soutien, mais les électeurs, eux, ont plébiscité Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

12:16
Invité

Si vous voulez penser à la France du bas. Je suis pour cette fille-là aussi.

12:20
Présentateur

Toute une journée au contact d'une foule parfois un peu hostile. Vous n'aimez pas beaucoup les retraités, hein ? Vous rigolez ou pas ? Toutes les occasions sont bonnes pour cibler le programme de son adversaire. Ici, les retraites. Moi, je regardais aussi le programme de Madame Le Pen. Elle ne permet pas de l'augmenter. Et d'ailleurs, comme elle n'explique rien, qu'elle dit au fond aux gens, dormez braves gens. Moi, je ne toucherais pas l'âge légal, voire elle proposait il y a 5 ans, 60 ans. Elle n'explique pas aux gens comment elle le finance. Rallier les électeurs d'extrême droite, reconquérir l'électorat de gauche, soigner sa droite. Tout un programme pour Emmanuel Macron.

Qu'il annonçait dès hier soir, sa porte est ouverte. Je suis prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler les convictions et les sensibilités diverses, afin de bâtir avec eux une action commune

13:13
Jean-Luc Mélenchon

au service de notre nation pour les années qui viennent.

13:16
Présentateur

Emmanuel Macron arrive donc en tête du premier tour avec 27,85% des voix suivies de Marine Le Pen à 23,15%. Deux visions de la France s'opposent pour un match retour que les partisans du RN voyaient cette fois déjà gagné à 20h hier soir.

13:36
Invité

Véniablement, tout le monde va contester contre M. Macron. Et là, je pense qu'on va pouvoir faire entendre raison aux électeurs, une partie des LR, aux parties de M. Zemmour, de ceux de M. Mélenchon également, qui vont comprendre que le programme social de Marine les concerne également.

14:00
Présentateur

Comme un air de 2017, la même affiche au deuxième tour, 5 ans plus tard. Ça marche ou pas ?

14:07
Invité

Est-ce que le plus dur commence, Marine ? C'est la poursuite d'un parcours, il faut rassembler.

14:15
Présentateur

Rassembler ses troupes d'abord ce lundi. Au quartier général du RN face caméra, Marine Le Pen, entourée de ses fidèles, affiche une certaine confiance.

14:25
Invité

Voilà, tout ça, ça a payé, ça nous permet de perdre notre sérénité, notre calme, notre détermination, la conviction absolue que nous pouvons gagner cette élection présidentielle.

14:47
Présentateur

Et Marine Le Pen sait qu'elle peut compter sur les électeurs de son rival d'extrême droite, devenu hier soir, un allié malgré lui.

14:57
Invité

Je ne me tromperai pas d'adversaire. C'est la raison pour laquelle j'appelle mes électeurs à voter pour Marine Le Pen.

15:06
Présentateur

Pour attourer hier soir, dès les premiers résultats, chacune et chacun des candidats recalés donnaient ses consignes de vote. Plus ou moins de bon cœur, plus ou moins clairement. Pour Emmanuel Macron annonce Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Valérie Pécresse.

15:23
Invité

Je voterai en conscience Emmanuel Macron pour empêcher l'arrivée au pouvoir de Marine Le Pen et le chaos qui en résulterait.

15:30
Présentateur

Et contre Marine Le Pen recommande le troisième homme du scrutin.

15:34
Jean-Luc Mélenchon

Il ne faut pas donner une seule voix à Madame Le Pen. Il ne faut pas donner une seule voix à Madame Le Pen.

15:43
Présentateur

Un duel qui commence aujourd'hui sur le terrain. Le nord donc pour le président, la Bourgogne cet après-midi pour Marine Le Pen. Face à face prévue, mercredi 20 avril, pour des retrouvailles télévisuelles tant attendues. En tout cas, ils sont tous repartis à Nathalie Moret sur le terrain. Il n'y a pas eu de base pour se reposer. La dernière fois, c'était un peu le cas. Ils sont tous partis et ce n'était pas ce qui était prévu. Moi, ce matin, j'appelle l'équipe de Marine Le Pen et on me dit, non, non, on va se poser, on a besoin de réfléchir, de faire une stratégie, etc. Je raccroche. Il ne se passe pas cinq minutes avant que le déplacement dans Lyon de Marine Le Pen soit annoncé. Pourquoi ?

Parce qu'on est dans une campagne qui va aller vite, 12 jours, c'est rapide, et où on est dans une campagne d'image. Emmanuel Macron, il n'a pas fait campagne, ou très peu, et là, depuis, enfin, aujourd'hui, il est allé à Denain, une des villes les plus pauvres de France, qui est dans le nord de la France, une ville qui a voté massivement pour Marine Le Pen. Et ensuite, il va dans sa circo, dans la circo même de Marine Le Pen. Elle ne pouvait pas le laisser faire campagne sans elle. C'est quelque part le miroir de ce qui s'était passé en 2017, où, rappelez-vous, Emmanuel Macron s'était posé, et elle, elle était allée sur le terrain.

Qu'est-ce qu'il espère, Emmanuel Macron, en allant sur les terres de Marine Le Pen ? Il espère faire la campagne que, quelque part, il aurait aimé faire s'il n'y avait pas eu la guerre en Ukraine, c'est-à-dire une espèce de campagne blast, où il ne va refuser rien du tout. Je sais qu'il va parler beaucoup à la presse quotidienne régionale, je suis assez bien placée pour le savoir. Il va aller beaucoup sur le terrain, parfois même deux visites par jour. Il va faire une campagne sur tous les terrains, et sans s'arrêter. Et elle l'a compris. Et comme elle a moins de réserve de voix que ce qu'elle n'aurait espéré, du coup, elle aussi, elle est obligée de redémarrer dans sa roue.

Neila Latrousse, qu'elle sera la stratégie de campagne pour Emmanuel Macron dans cette entre-deux-tours, donc repartir sur le terrain immédiatement, et puis peut-être, d'ores et déjà, envoyer des signaux, y compris à cet électorat de la colère, de la contestation dont vous parliez au début de l'émission, Dominique Reynier, c'est-à-dire qu'il n'a pas renoncé à aller leur parler, et il estime qu'il a des choses à leur dire. Il a trois objectifs. D'abord, faire en sorte que ces électeurs continuent à se mobiliser au second tour.

Donc, c'est tout le discours d'hier en disant « rien n'est fait, rien n'est joué », qu'on ne pense pas que l'élection est d'ores et déjà écrite et qu'on s'abstienne le 24 avril. Ça, c'est son premier objectif. Le deuxième objectif, c'est de réussir à convaincre, peut-être au milieu des 12,8 millions d'abstentionnistes, quelques-uns, que Marine Le Pen au pouvoir serait un danger pour la France. Donc, il faut qu'il aille parler, y compris aux zones où il y a une très forte abstention, où il y a un électorat populaire qui ne s'est pas déplacé.

Et puis, troisième objectif, parler aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, pour le coup, quand on regarde mathématiquement – alors, ce n'est pas de l'arithmétique, la politique – mais les reports de voix, les additions de voix pour Marine Le Pen, les additions de voix pour Emmanuel Macron, ça s'équivaut peu ou prou. On est autour de 9 points, 10 points pour Emmanuel Macron. Donc, a priori, effet nul. En revanche, les quelques 7,6 millions de voix de Jean-Luc Mélenchon, celles-là, il va falloir les convaincre. Et Jean-Luc Mélenchon n'est pas mauvais dans les zones où Marine Le Pen arrive très haut. C'est-à-dire qu'au final, il fait quand même un certain nombre de voix.

Il rassemble l'intégralité des voix de la gauche dans ces endroits-là. Anne Hidalgo ne perce pas, par exemple, dans le Nord. Elle ne perce pas dans d'autres bastions traditionnelles de la gauche. Donc, il lui faut aussi absolument parler aux Mélenchonistes. – Sur les reports de voix, on est en train d'analyser, j'imagine, dans les États-majors, les réserves de voix de part et d'autre. Alors, quand vous faites vos calculs, Brice Tinturier, lequel a le plus de réserves de voix ? – L'enjeu majeur, il est exactement là. Il est dans l'électorat de Jean-Luc Mélenchon. Je vais juste vous donner deux chiffres.

En 2017, 52% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ont voté pour Emmanuel Macron, 7% pour Marine Le Pen. Et les autres sont allés aux fraises. Aujourd'hui, dans l'enquête que nous avons réalisée, on en a 34% seulement qui nous disent vouloir voter pour Emmanuel Macron et 30% pour Marine Le Pen. 7%, 30%. Et dans votre excellent reportage, il y avait la question clé d'une des personnes qu'on voyait qui disait « Il faut que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon voient bien la dimension sociale qu'il y a dans notre programme, celui de Marine Le Pen. » Et c'est tout l'enjeu. C'est la capacité qu'aura Marine Le Pen ou pas à attirer cet électorat-là.

On voit qu'elle part avec quelque chose de plus puissant qu'en 2017. Et en face, la capacité d'Emmanuel Macron, mais ça va être compliqué pour lui, à envoyer des signaux permettant d'atténuer tout ce qu'il a fait en sens inverse avant le premier tour, c'est-à-dire la retraite à 65 ans, c'est-à-dire le RSA, c'est-à-dire beaucoup de choses qui ont crispé cet électorat de gauche. Ici, le Jaurès. Là, il y a une bataille décisive. J'ai vu ici, le Jaurès, lors de son déplacement. Il a dit « Je ne suis pas dogmatique, mais je pars du réel pour aller vers l'idéal, comme disait Jaurès. » C'est-à-dire, il envoie des signaux. Ça ne suffira pas, ce que vous nous expliquez.

Ça ne compensera pas la retraite. Il envoie, je pense, davantage que des signaux, mais des preuves concrètes de prise en compte, d'amour. Il a aussi dit qu'il voulait inventer quelque chose de nouveau. Il faut qu'il raconte quoi exactement. Et sur les autres leviers de mobilisation, dans les autres électorats, vous avez aussi des phénomènes qui montrent, qui expliquent pourquoi on est dans un niveau beaucoup plus serré de 54%, 46% Valérie Pécresse. Il y a 45% d'électeurs de Valérie Pécresse, alors la base est plus faible, qui voudraient voter pour Emmanuel Macron éventuellement. Mais François Fillon, c'était davantage.

Et les électeurs de François Fillon de 2017, ils étaient 20% à voter pour Marine Le Pen. Là, chez Valérie Pécresse, ils sont 28%. Donc vous avez à chaque fois cette hausse. Et c'est ça qui va construire la dynamique du second tour avec aussi évidemment la mobilisation. Avec un scrutin plus incertain que la dernière fois ou pas, président de la République ? Oui, moi je pense qu'avec un scrutin beaucoup plus incertain. D'abord tout simplement parce qu'on est dans des niveaux plutôt de l'ordre de 54, 46. C'est-à-dire un affrontement tiens, comme si c'était gauche-droite traditionnel. Sauf que c'est face à Marine Le Pen. Et la dernière fois, c'était du 66-34.

Donc là, la dimension n'est pas la même, les personnages ne sont pas les mêmes, les points de départ ne sont pas les mêmes et l'enjeu est beaucoup plus difficile pour une éventuelle victoire d'Emmanuel Macron. Et cette question, pourquoi le Front républicain ne fonctionnerait-il pas cette fois encore ?

21:57
Invité

Moi je crois que le Front républicain peut fonctionner s'il doit fonctionner rarement. C'est une espèce de mobilisation exceptionnelle. On l'a beaucoup utilisé, beaucoup invoqué depuis maintenant longtemps, de longues années. On fêtera dans quelques jours le 20e anniversaire, on se rappellera en tout cas du 21 avril 2002. Ce n'était pas le premier moment, mais c'était le moment le plus visible. Il y a une espèce d'usure, de mécanisme et ça pose un problème de principe au fond. On ne sait pas très bien pourquoi il n'est pas plus simple d'interdire des candidatures plutôt qu'ensuite d'appeler au Front républicain.

Et vous le savez, le Front républicain amène des partis qui sont supposés s'opposer à se lier entre eux. C'est une espèce de démonstration de la vérité, de la thèse défendue par les populistes selon laquelle en réalité il n'y a pas d'opposition et elles ne sont que factices. Et tout ça, c'est le même monde. Il y a un aspect qui me paraît important aussi sur la question des mélanchonistes. Ce ne sont pas les seuls qui sont concernés, mais c'est un aspect nouveau ça. Depuis 2017, en raison de l'effondrement déjà enregistré à l'époque des grands partis de gouvernement, encore plus vrai aujourd'hui, mais depuis 2017, l'opposition à Emmanuel Macron elle n'a pas eu lieu véritablement au Parlement.

Elle a eu lieu dans la rue avec des mouvements anomiques type gilet jaune, anti-vax, anti-passe, etc. Et ces mouvements-là se sont trouvés au fond entrés en résonance avec des issues et des sorties électorales qui n'étaient pas faites pour ça. Il y a eu une forme d'harmonie, le Rassemblement national mais aussi le mélanchonisme. Et donc c'est plus difficile pour ces électeurs qui se sont construits sur une opposition à Emmanuel Macron sans passer par des partis classiques d'aller maintenant voter pour lui. C'est plus compliqué. C'est une situation que je pense moi tout à fait inédite. Il ne s'agit pas simplement de dire « Allez-y !

» D'ailleurs c'est pas tout à fait ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon parce que ce sont des... Au fond, les électeurs de Mélenchon en 2017, ils étaient concurrents d'Emmanuel Macron qui était candidat à l'époque. Depuis, ils sont opposants et cette opposition les a fortifiés, les a réunis et a donné du sens à leur engagement. C'est pas facile pour eux maintenant d'aller voter pour lui.

24:08
Présentateur

Vous étiez en train de nous expliquer qu'il ne faut pas utiliser trop souvent le Front républicain parce qu'ils s'usent cette formule « Je ne résiste pas » d'Éric Piolle qui dit « Ce soir, je dis à Emmanuel Macron que les castors sont fatigués. » Sous-entendu, ça fait des années qu'on nous demande de nous mobiliser pour faire barrage au Front national puis au Rassemblement national. Nous sommes fatigués. Donc, c'est ce que vous expliquez précisément et c'est ce que dit cette phrase aussi. C'est qu'Emmanuel Macron il va devoir faire des signaux, envoyer des signaux très clairs sur le contenu de son projet pour aller les chercher.

C'est-à-dire le rejet du Front national, du Rassemblement national ne suffira pas cette fois-ci. C'est sa stratégie. Ça veut dire qu'il pourrait même infléchir son programme. Il le dit. Il le dit. Je vais écouter et je vais peut-être faire de nouvelles propositions dans cet entre-deux-tours. Alors, si le Front républicain ne peut pas l'invoquer, c'est aussi parce que Marine Le Pen ne fait plus peur. Globalement, dans toutes les antennes, en cas d'opinion, je parle sous votre contrôle, elle a une stature présidentielle qui est plutôt correcte. Elle n'est pas considérée comme quelqu'un qui froisse la population, tous les cas qui la fragmente. Donc, ça, c'est le premier point.

Ensuite, est-ce qu'Emmanuel Macron va infléchir son programme ? Vous avez remarqué qu'à Denain, on lui a beaucoup parlé de la retraite à 65 ans qui, à mon avis, va être un marqueur de ce second tour. Déjà, première chose, il a été élu en grande partie, enfin, il a son potentiel de premier tour. c'est quand même beaucoup les personnes les plus âgées qui ne sont pas concernées par la retraite. Je dis ça puisqu'il va falloir gagner sur les autres tranches de la population, c'est-à-dire sur les actifs et sur les jeunes qui, eux, sont concernés.

Je remarque que depuis ce matin, il essaye de dire qu'à chaque fois qu'on lui parle de la retraite, il essaye de dire « Oui, d'accord, mais 65 ans, vous savez, ça ne va pas changer grand-chose puisque ceux qui ont un travail pénible pourront bien sûr partir plus tôt. » Et puis, je propose la retraite minimum à 1 100 euros. C'est quand même beaucoup plus difficile de faire entendre ça que de dire « Non » à la retraite à 65 ans.

J'observe que plusieurs grands élus régionaux depuis ce matin, des grands élus socialistes et pas des moindres, par exemple, Marie-Guitte Dufay qui est la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, région où Marine Le Pen est arrivée en tête hier, lui demande justement d'infléchir sur cet item là, la retraite à 65 ans. C'est aussi le cas, par exemple, du maire socialiste de Clermont-Ferrand. Est-ce qu'il arrivera à le faire ? Moi, je ne le vois pas plié sur cet item-là qui veut être un marqueur et qui parle aussi à l'électorat de droite dont il aura besoin. Mais ça veut dire que ce second tour, pour une partie de l'électorat, peut être un vote pour ou contre la retraite à 65 ans.

Ça peut le devenir. Ça peut le devenir. C'est un piège pour lui, à mon avis.

26:53
Invité

Oui, et d'ailleurs, dans le prolongement de ce que vous disiez là, c'est un piège éviter de perdre son électorat de gauche, eh bien, il donnait le sentiment d'y renoncer. Il mettrait en péril, évidemment, l'électorat de droite et des bons reports. Là, ce sont les contraintes extrêmes de la position du « en même temps » qui caractérisent sa situation politique.

27:15
Présentateur

On a la trousse sur le contenu et sur les signaux que pourrait donner Emmanuel Macron. Il y a des sujets, notamment concernant l'écologie, dont on a assez peu parlé dans cette campagne, puisque là-dessus, il y a eu un message très clair de Yannick Jadot en mode « je vote, j'appelle à voter Emmanuel Macron, mais à un moment donné, il va falloir des signaux pour cet électorat qui porte des problématiques écologiques ? » Ou alors, la question de la gouvernance, on a reparlé de la proportionnelle. Est-ce que ça, ce sont des choses sur lesquelles il va pouvoir bouger ? Ce sont des choses, en tout cas, sur lesquelles il est obligé de bouger.

Les Verts, hier, après le discours de Yannick Jadot, j'ai échangé avec un certain nombre de cadres d'Europe Écologie. Les Verts, qui expliquaient qu'il était complètement outré par le discours d'Emmanuel Macron en le présentant comme un discours de vainqueur, en disant qu'il appelle à se rassembler autour de son projet. Ça veut dire qu'en réalité, il n'ouvre pas les bras aux autres parties. Et un certain nombre d'entre eux, je pense par exemple à Sandrine Rousseau, qui pèse tout de même, près d'un électeur sur deux, qui pesait, en tout cas dans la primaire écologiste, près d'un électeur sur deux, disait « ça ne peut pas être un soutien sans signal du côté du chef de l'État ».

Et c'est vrai que depuis hier, on entend tous les soutiens du chef de l'État commençaient à parler un peu plus éventuellement d'une inflexion environnementale. Il avait une intuition aussi, Emmanuel Macron, là-dessus, lorsque dans son dernier déplacement en Charente-Maritime, il a reparlé de planification écologique. Planification écologique, c'est le terme cher à Jean-Luc Mélenchon qu'il utilisait depuis 2017 pour siphonner une partie justement de cet électorat vert et reconstruire son parti et son union populaire. Donc c'est peut-être davantage effectivement sur les items de gouvernance ou d'écologie qu'Emmanuel Macron peut tendre la main à ses électeurs.

Brice Saint-Turier, le risque, c'est cet électorat de gauche qui à un moment dit « On nous a déjà fait le coup. » « On n'ira pas. » Non, mais très clairement, c'est principalement cet électorat de gauche. Donc pour le coup, puisque Emmanuel Macron a évoqué l'idée d'inventer quelque chose de nouveau, il faut qu'il donne des gages concrets. Donc il faut bien qu'il bouge aussi sur le contenu de son projet, de son programme. Sinon, ce n'est que de la posture et c'est immédiatement détecté comme tel. Et puis l'autre aspect très différent quand même par rapport à 2017, c'est que là, tous ceux qui appellent malgré tout à s'opposer à Marine Le Pen ou à voter explicitement pour... Et il y en a.

Et il y en a pour Emmanuel Macron. Il y en a. Sauf qu'il y a encore une semaine, ils critiquaient tous Emmanuel Macron. Et même quand ils disent « Il ne faut pas que Marine Le Pen obtienne des voix ou soit demain élue », malgré tout, ils continuent à dire « Mais Emmanuel Macron, ça ne va pas. » Donc on sent bien qu'on n'est pas du tout dans la même mécanique que celle de 2017. Là, on n'avait pas un candidat sortant. On avait un candidat nouveau. Et il n'y avait pas ce type de réticence au moins aussi affirmé. On a évoqué la stratégie d'Emmanuel Macron, celle de Marine Le Pen, lors de son discours hier. Il était très écrit, très construit politiquement, ce discours.

Et elle se dépa en adversaire du pouvoir de l'argent. Elle évoque l'unité du pays, le rassemblement. Elle dit qu'elle veut recoudre les fractures françaises. On n'a pas du tout l'impression d'entendre un discours de candidat du Rassemblement National. C'est Marine Le Pen qui s'est posée depuis maintenant quelques années en supposée défenseuse de la laïcité et de la République, ce qui est un retournement par rapport à son père. Encore une fois, la République, c'était la gueuse pour cette famille politique. Donc là, il y a évidemment cette dimension qui a totalement changé.

Et puis, tout son travail d'image a été un travail pour, et qui a fonctionné, en tous les cas dans l'opinion, pour apparaître comme moins dangereuse. Celui qui a capté le côté « Mais il est dangereux, il est inquiétant, etc. » C'est Éric Zemmour. Éric Zemmour, dont les électeurs se reporteront, qui a appelé à voter pour Marine Le Pen. Il y a 85% pour Marine Le Pen. La plus grande partie d'électorat d'Éric Zemmour provient d'électorat de Marine Le Pen. Il n'a aucun mal à retourner chez Marine Le Pen. Vous diriez que la stratégie de second tour est plus compliquée pour Emmanuel Macron que pour Marine Le Pen ?

Pour aller capter ces électorats, justement, puisque ceux d'Éric Zemmour, ceux de Nicolas Dupont-Aignan viendront sans état d'âme, vous pensez que c'est plus compliqué pour Emmanuel Macron ?

31:04
Invité

C'est une question très intéressante. Moi, je dirais que c'est plus compliqué, mais il a plus de marge en même temps. C'est plus compliqué parce qu'il faut tenir des électeurs, par exemple, sur votre gauche, sans perdre ceux de votre droite. Donc ça, c'est plus compliqué. Il y a plus de marge parce qu'il y a quand même une réserve qui est, bien sûr, à sa gauche, mais aussi chez les abstentionnistes. Moi, je suis convaincu que ceux qui ne sont pas allés voter au premier tour, 26%, ce qui est beaucoup, peuvent y aller au second, notamment s'ils ont le sentiment qu'il y a un risque à conjurer, une aventure à éviter.

Pas simplement sur le thème du Front républicain ou de la menace fasciste, mais l'aventure que représenterait l'arrivée à la tête du pays d'une candidate comme Marine Le Pen pour l'euro, la monnaie, le patrimoine personnel, matériel, de manière très pratique. On ne veut pas mettre ça sur le tapis aujourd'hui. On ne veut pas l'exposer aux risques politiques. Les électeurs de Marine Le Pen ne sont pas pour la sortie de l'euro. À 70%, ils ne veulent pas. Ceux de Mélenchon, pour faire une comparaison, à 85%, veulent garder l'euro. Elles aussi. Du coup, elles aussi, mais il reste chez elle, même si elle a abandonné ce thème-là. Mais par rapport à Emmanuel Macron, il n'y a pas photo.

Emmanuel Macron est beaucoup plus celui qui peut assurer et rassurer. avec lui, la France, non seulement restera dans l'euro, mais l'euro sera fortifié s'il était réélu. Donc, il peut y avoir chez les électeurs de premier tour qui ne se sont pas déplacés, s'il sait leur parler, l'idée qu'au fond, il vaut mieux faire l'effort pour assurer sa victoire.

32:41
Présentateur

Avec effectivement un discours porté par les soutiens d'Emmanuel Macron depuis hier soir sur cette aversion à l'Europe de Marine Le Pen en disant, contrairement à ce qu'elle vous dit, voter Marine Le Pen, c'est sortir de l'Europe. On sent que ça va être un argument que vont jouer les macronistes pendant cet entre-deux-tours. Oui, absolument. Je suis d'accord avec Dominique sur le fait qu'à mon sens, le second tour est beaucoup plus dangereux pour Marine Le Pen, en tout cas, beaucoup plus risqué pour Marine Le Pen que pour Emmanuel Macron parce qu'au final, ce qui va se jouer, elle part de plus bas. Elle doit convaincre les électeurs abstentionnistes qu'elle peut gagner.

Or, on a vu lors des scrutins précédents que ceux qui basculaient dans l'abstention, y compris parmi son électorat, c'est simplement parce qu'ils n'y croyaient plus. Aujourd'hui, dans les sondages, il n'y a aucun sondage qui annonce Marine Le Pen pouvant gagner. Donc, son électorat n'a aucune raison de se déplacer s'il ne croit pas en la victoire. Le troisième point, c'est qu'effectivement, Emmanuel Macron ne va pas jouer l'argument moral du Front républicain, mais il va jouer le danger du projet de Marine Le Pen en disant, regardez, si on le prend dans le détail, voilà quelles seront les conséquences.

Et en fait, je pense que c'est beaucoup plus difficile de mobiliser sur un référendum anti-Macron ce que veut faire Marine Le Pen que de mobiliser sur un référendum anti-Le Pen en allant pointer ce qui éventuellement ne fonctionnerait pas. Avec le libre et ceinturier d'un pays qui serait éreinté aussi par les crises et qui voudrait au fond une forme de continuité et de sérénité. C'est un peu ce qui a été dit. Non, mais il est clair que l'intérêt d'Emmanuel Macron c'est de faire passer Marine Le Pen pour une puissance de désordre. Désordre économique, désordre social aussi avec l'idée d'embrasement de quartier, de banlieue si elle était élue.

Désordre aussi dû au fait que son entourage est un entourage qu'on imagine difficilement prendre les leviers de commande du pays qui, avec quelle expérience, quelles compétences. Donc il y a des éléments qu'Emmanuel Macron peut essayer de jouer pour animer cette idée d'un désordre et d'un risque avec Marine Le Pen. Malgré tout, je trouve que la campagne de Marine Le Pen elle est beaucoup plus facile parce qu'encore une fois on a un sortant qu'il est facile de critiquer que du coup même si effectivement à date le rapport de force est un peu plus en faveur d'Emmanuel Macron je trouve que la dynamique des arguments est plus aisée pour Marine Le Pen que pour Emmanuel Macron.

Et les déplacements sur le terrain sont forcément plus compliqués pour Emmanuel Macron. En tout cas c'est cette nouvelle configuration puisqu'il est sortant vous venez de le dire il était en dialogue avec une femme aujourd'hui qui lui a dit qu'il a reproché d'avoir dit qu'il voulait emmerder les Français et il a eu cette phrase emmerder les Français je l'ai dit de manière affectueuse. Donc dans cette campagne où on va suivre ça de 13 ans direct ça fait écho à ce que vous expliquez sur le bilan que doit assumer Emmanuel Macron.

Vous parliez du climat social juste cette indication les personnes se disant proches d'un syndicat de salariés ont été 21% à voter pour Marine Le Pen dimanche soit 8 points de plus qu'en 2017. Nous avons beaucoup parlé de Jean-Luc Mélenchon nous allons continuer à le faire puisque cette nuit le camp Mélenchon y a cru quelques heures. Des chiffres qui grimpent et un écart qui se resserre avec Marine Le Pen mais l'aventure s'arrête là pour le candidat de l'Union Populaire qui a réussi à faire jouer à plein le vote utile et à dépouiller ses rivaux de gauche. Cette fois-ci le doyen des candidats a soigné sa sortie et fait passer une consigne claire pas une voix pour l'extrême droite.

Théo Manval Juliette Vallon et Léa Dermidjan. Ils y ont cru jusqu'au bout avant la confirmation et les larmes. A 420 000 voix près leur candidat Jean-Luc Mélenchon ne sera pas au second tour.

35:58
Jean-Luc Mélenchon

Forcément on est déçus parce que ça fait un an et sept mois qu'on est en campagne pour gagner.

36:03
Invité

Pour moi la gauche aurait dû se réunir derrière Jean-Luc quand à une semaine du premier tour on était donné troisième. je ne comprends pas pourquoi les copains écolos les copains cocos ne sont pas venus nous rejoindre. L'union n'aurait pu la faire là et intelligemment.

36:18
Présentateur

A la tribune

36:19
Invité

Jean-Luc Mélenchon

36:20
Présentateur

est déçu lui aussi mais combatif et même lyrique il félicite ses troupes.

36:25
Jean-Luc Mélenchon

La chierté du travail accompli le pôle populaire existe si nous n'y étions pas que resterait-il courions-nous rien et nous avons construit cette force.

36:42
Présentateur

Une force incontournable à gauche mais qui reste face au choix du second tour pas une seule voix à Marine Le Pen à répéter le leader France Insoumise consigne très applaudie mais de là à voter Macron pas une évidence pour tous ses militants.

36:59
Invité

Je suis encore sous le choc j'irai pas moi personne personnellement je parle pour personne d'autant je parle vraiment pour moi j'irai pas voter ça me regarde plus là. Je vais pas me payer le luxe de garder les mains propres même si j'ai aucune envie de voter pour Emmanuel Macron j'irai voter contre Marine Le Pen au second tour.

37:17
Présentateur

Mais au-delà des militants l'ensemble plus large des électeurs mélenchonistes semblent aujourd'hui diviser. Selon ce sondage hier soir près d'un tiers d'entre eux envisagerait un vote pour la candidate Rennes 36% hésitent ou s'abstiendrait. Des électeurs que Jean-Luc Mélenchon est allé chercher notamment chez les jeunes il arrive en tête des primo-votants avec 31% des suffrages portés notamment par l'inquiétude environnementale.

37:43
Invité

Il reste 3 ans pour agir pour le climat nous habite le GIEC et là c'est désastreux pour le futur on va repartir pour 5 ans d'un quinquennat Macron va avoir un boulevard pour refaire des lois pour relancer la réforme des retraites en tant que jeune ça va pas très rose.

38:05
Présentateur

Mais la France de Jean-Luc Mélenchon c'est aussi désormais celle des villes moyennes. Il arrive en tête à Rennes, Saint-Etienne, Valence, Strasbourg, Lille ou Rouen en Seine-Maritime où François enseignant avait jusqu'ici toujours voté PS.

38:20
Invité

Pour moi il y a eu un temps où être socialiste avait vraiment un sens et ça fait bien longtemps que selon moi le parti socialiste ne l'est plus du tout et est un parti centriste si ce n'est à droite donc pour moi c'était évident qu'il fallait que je me reporte sur le seul grand autre parti de gauche qui existe. Comme ça où vous vous voyez voter au législatif et pour d'autres échéances je pense que je vais continuer à voter pour eux en tout cas en 2022 ça me semble évident. Un vote utile à nouveau dit-il pour les législatives

38:51
Présentateur

prochain horizon d'un parti qui va aussi devoir penser à sa succession car Jean-Luc Mélenchon ne l'a pas caché c'était sa dernière présidentielle.

38:58
Jean-Luc Mélenchon

La lutte continue alors bien sûr les plus jeunes vont me dire eh bien on n'y est encore pas arrivé c'est pas loin

39:12
Présentateur

faites mieux merci faites mieux message à la jeune garde qui laisse ensuite seul sur scène les députés Mathilde Panot Manuel Bompard ou Adrien Quatennens ému ce matin

39:27
Invité

à cette idée il y a incontestablement un noyau dur de cette génération qui l'a bâti lui et il y a peu de responsables politiques de sa génération qui ont fait en sorte qu'il puisse y avoir des jeunes qui prennent la suite si on est intelligent si on reste groupé comme on a su le faire tout au long de cette campagne je pense que tôt ou tard nous y arriverons. En attendant Jean-Luc Mélenchon devra mener une dernière bataille aux législatives et quitter peut-être Marseille

39:52
Présentateur

pour briguer une circonscription parisienne Neila Latrousse on commentait ce discours qui était un discours au final de circonstance bien porté par Jean-Luc Mélenchon qui avait un peu raté sa sortie lors de la précédente présidentielle qui avait contesté un peu la légitimité du vote cette fois-ci il avait peut-être anticipé ce scénario-là en tout cas il avait un discours qui était de circonstance et à la hauteur de l'histoire et il n'a pas nourri de faux espoirs auprès de ses troupes là où effectivement en 2017 sur cet écart de 600 000 voix il avait semblé accabler l'intégralité du système politique je crois même qu'il avait dû utiliser à un moment ce terme-là et là effectivement un discours très dans la transmission on sent que ça y est c'était la dernière il y a bien un point d'écart c'est très serré ça s'est resserré pendant la nuit

40:39
Invité

ça s'est resserré au dernier résultat du ministère de l'Intérieur tout à l'heure avant d'entrer

40:44
Présentateur

c'était 500 000 voix je crois d'écart donc encore moins qu'effectivement qu'en 2017 Brice Tinturier oui c'est ce qu'on a mesuré nous durant cette soirée qui est quand même une soirée assez étonnante pour les gens qui font les estimations c'est vrai qu'au tout début on avait un écart un petit peu plus fort qui n'a cessé de se resserrer on était à 0,8 en fin de journée parce qu'on avait les bureaux de vote des grandes villes qui étaient rentrés et où là il y a eu une poussée extrêmement forte de Jean-Luc Mélenchon ça a donné un certain espoir au Mélenchoniste à son électorat mais on était de toute façon malgré tout pas en situation de croiser les courbes mais ça s'était recelé c'est la seule surprise de ce scrutin pour les sondeurs puisque c'est vrai qu'on dit toujours que les sondeurs se trompent cette fois-ci ils ne sont pas trompés c'est aussi la surprise de ce scrutin il y a eu des défauts il faut être juste des écarts d'ajustement on a Valérie Pécresse plus bas que ce qu'on avait mais globalement on a donné effectivement les deux qualifiés le bon ordre les six dans le bon ordre l'écart Macron-Le Pen au bon niveau simplement la concentration sur les trois principaux candidats a été un peu plus forte et on a eu du coup des petits candidats entre guillemets plus bas mais globalement on était oui dans la plaque juste pour Mélenchon il y a trois chiffres qui résument extraordinairement son parcours 2012 11% et à ce moment-là François Hollande 28,6% 2017 19,6% 2022 22% Anne Hidalgo 2% vous vous rendez compte il a construit dans l'espace des gauches une formation qui est aujourd'hui archi-dominante et si les électeurs sont venus à lui c'est pas simplement pour des questions d'image, de vote utile etc.

il y a un vote d'adhésion à ses idées mais oui il a proposé une vision de la société il a proposé une radicalité dont vous voyez dans votre reportage qui semblait totalement échapper du coup au PS et il y a un électorat de gauche qui veut cette radicalité il était dans l'idée qu'il faut construire une société plus humaine à la fois en captant les problèmes d'environnement les problèmes d'inégalité etc.

il a fait un vrai travail idéologique que n'a pas fait le PS ça veut dire qu'il y a une gauche en France ça veut dire qu'il y a une gauche en France mais absolument dans ces derniers mois on expliquait que la gauche avait disparu qu'elle n'était pas dans le paysage on a bien une gauche qui était à 28% et dont une partie est chez Emmanuel Macron donc à ce moment-là un peu plus haute simplement celui qui a réussi à construire le pôle dominant de cette gauche c'est incontestablement Jean-Luc Mélenchon et avec Nathalie Moret on l'a très bien vu dans ce reportage une spécificité de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon c'est la jeunesse on a fait 5 ans en expliquant qu'Emmanuel Macron était un de ceux avec Marine Le Pen qui séduisait le plus l'électorat jeune et bien il a été coiffé au poteau par Jean-Luc Mélenchon qui est le plus apprécié dans l'électorat jeune Oui c'est très notable dans tous ces rassemblements il n'y avait quasiment que des jeunes globalement pour schématiser des jeunes et un public d'enseignants on va dire ça et c'est assez emblématique d'une formation qui rêve le monde de demain qu'est-ce qu'a apporté Anne Hidalgo et le parti socialiste dans cette élection qu'est-ce qu'ils ont donné à rêver qu'est-ce qu'ils ont oui qu'est-ce qu'ils ont donné à rêver normalement le parti socialiste c'était ça c'était ça le parti socialiste de François Mitterrand dans les années 1980 il a changé la vie il donnait à rêver construire un autre monde Anne Hidalgo elle n'appelait à aucune solution nouvelle je ne dis pas qu'il n'y avait pas des solutions dans son programme mais il n'y avait rien qui faisait rêver même chose pour Valérie Pécresse Valérie Pécresse qu'est-ce qu'elle proposait de neuf par rapport à Nicolas Sarkozy il y a 15 ans pas grand chose et on voit bien que ce sont ces vieux partis qui ont été sanctionnés et justement ces partis neufs ces mouvements on les appelle des mouvements et ce n'est pas des partis comme Jean-Luc Mélenchon comme quelque part la République en marche qui effectivement essayent de prendre la vie du 21ème siècle et parler de demain et quand on regarde la carte électorale de l'Union et des résultats de l'Union populaire avec ses scores incroyables en Outre-mer dans la région Île-de-France à Marseille où Jean-Luc Mélenchon arrive en tête est-ce que j'allais dire en termes de géographie la carte électorale de la gauche la gauche socialiste ils sont au même endroit

45:04
Invité

oui il me semble que c'est une correspondance assez grande avec la ça recoupe de la même façon d'ailleurs c'est pas votre question mais de la même façon qu'on retrouve bien une géographie de droite dans le vote Macron et donc ce sont en fait des dans le vote Le Pen aussi mais ça on le sait depuis plus longtemps c'est en fait une sorte de substitution d'une force politique déclinante par une force politique montante je ne sais pas en tout cas beaucoup plus forte aujourd'hui la question qui se pose à ce sujet et vous avez bien fait de parler des territoires c'est ce qui reste au PS ce qui reste au LR mais ici peut-être c'est le PS mais ce qui reste à la gauche que n'a pas Mélenchon ce sont des élus locaux ce qui reste à la droite que n'a pas Marine Le Pen ce sont des élus locaux moi je me demande si à ce niveau d'effondrement à gauche comme à droite il est possible pour eux de garder leurs élus locaux aux prochaines vagues élections locales je me demande si c'est pas quelque chose qui risque de leur échapper alors que c'est finalement le dernier carré sur lequel ils se sont repliés

46:05
Présentateur

et d'ailleurs vous avez raison de le souligner les trois qui arrivent en tête sont trois que ce soit Emmanuel Macron Marine Le Pen ou l'Union Populaire avec Jean-Luc Mélenchon sont trois formations qui n'ont pas d'élus

46:15
Invité

et c'est l'inverse pour les grands partis entre guillemets qui sont devenus tout petits de gouvernement LR, PS ils ont des élus locaux ils ont même le Sénat pour les LR mais ils n'ont plus du tout d'électorat national c'est tout à fait étonnant ce retournement et ça n'est pas tonal ça n'est pas tonal Et ça raconte quoi du coup ?

Ça raconte une dissociation complète au fond ce sont des partis qui ont su alors je ne voudrais pas utiliser le terme péjoratif parce que ce n'est pas mon intention du tout mais ce sont des partis qui se sont installés dans une forme de rente et qui ont su s'adapter à des mandats locaux bien gérés ils sont réélus parfois battus mais enfin à gauche comme à droite on l'a vu au dernier régional et départemental par contre ils n'ont pas à travailler sur l'invention d'un projet sur la sélection de leaders plus charismatiques et du coup aujourd'hui ils se trouvent relativement bien ancrés au niveau local mais dépourvus au niveau national et je ne crois pas que ce soit soutenable c'est à dire qu'il va y avoir à un moment donné ou bien ces partis vont faire émerger des figures nationales fortes ou bien ils vont perdre leur position locale

47:09
Présentateur

Nous allons poursuivre cette discussion puisque nous allons maintenant parler de ce score inimaginable il y a encore quelques semaines Valérie Pécresse s'effondre à moins de 5% la droite républicaine disparaît des écrans radars broyés par Emmanuel Macron Marine Le Pen et Éric Zemmour L'urgence ce matin éviter l'implosion mais surtout lancer un appel au don pour éviter qu'à l'humiliation s'ajoute la faillite financière du parti Lasse-Dougé-Laber et Juliette Vallon L'endemain de débâcle chez les Républicains Valérie Pécresse ce matin accuse le coup avec 4,79% des votes pas de remboursement et donc un problème d'argent

47:50
Invité

Les Républicains ne peuvent pas faire face à ces dépenses je suis endettée personnellement à hauteur de 5 millions d'euros c'est pour cela que je lance ce matin un appel national au don à tous ceux qui m'ont apporté leur suffrage mais aussi à tous ceux qui ont préféré hier le vote utile

48:14
Présentateur

à Lyon à Lyon hier soir la fédération locale Les Républicains compte 3000 adhérents mais ils ne sont que 3

48:22
Invité

à attendre les résultats il y a plus de plus de presse que de militants on est 3 à 20h

48:32
Présentateur

5ème place pour Valérie Pécresse

48:35
Invité

bien sûr que c'est pire que prévu nous on a voulu y croire on a eu un énorme meeting jeudi de mobilisation à Lyon après bon ben voilà les français ont tranché ils ont entre guillemets voté utile Quentin Tailleb

48:49
Présentateur

22 ans Roxane Rivet 19 ans deux jeunes engagés dans un vieux parti celui de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy il faut alors encaisser la défaite

49:00
Invité

ça m'est arrivé d'avant aller coller d'aller tracter de me lever tôt le matin justement pour faire les marcher donc oui forcément on voit notre temps on ne peut pas dire gâché parce que vraiment c'est important je pense aussi en étant jeune de s'impliquer en politique mais forcément on n'a pas de regrets mais on a de la déception en fait on a juste envie de passer à autre chose de recomposer en fait autour de nouvelles figures et de notre base en fait

49:28
Présentateur

il faut maintenant rebondir réunion de crise avec les figures du parti au siège des républicains aujourd'hui que faire pour le second tour pour certains il faut suivre Valérie Pécresse et voter Macron

49:42
Invité

ce qui me concerne sans hésitation je voterai pour monsieur Macron

49:47
Présentateur

nous ne voulons pas soutenir quelqu'un comme madame Le Pen et les valeurs et les idées qu'elle représente d'autres comme Eric Ciotti refusent de voter pour le président le bureau politique a tranché pas de consigne de vote pour Macron mais un appel à faire barrage à Le Pen

50:06
Invité

la famille politique a toujours été

50:11
Jean-Luc Mélenchon

et reste un adversaire déterminé du rassemblement national au puits en velay

50:17
Présentateur

terre de Laurent Wauquiez les électeurs LR ne savent plus à quel sens se vouer comme dans ce café avec ses habitués

50:24
Invité

pour le second tour aucun n'est d'accord à l'image d'une famille décomposée

50:41
Jean-Luc Mélenchon

je ne voudrais pas le président ça c'est clair et je me souviens c'est très bien tu ne veux pas voter Le Pen quand même non je vais m'abstenir pourquoi vous votez Marine Le Pen

50:52
Invité

parce que c'est la seule qui peut nous sortir un peu de la mouise il me semble surtout vis-à-vis du gros problème qu'on a en France

51:01
Jean-Luc Mélenchon

actuellement avec une forte islamisation je préfère voter Macron voilà moi je le dis je vais voter Macron je peux vous le dire je vote Macron

51:12
Présentateur

des partisans LR éparpillés que le parti compte bien remobiliser ce sera pour les législatives une prochaine élection pour continuer d'exister et Nathalie Mauret ce reportage est formidable il y a l'image de ce qui est en train de se passer chez les républicains avec un Eric Ciotti qui dit à titre personnel je ne voterai pas pour Emmanuel Macron vous avez ceux qui ne voteront pas pour Emmanuel Macron vous avez ceux qui vont voter blanc et vous avez ceux qui vont aller chez Macron c'est exactement ce qui s'est passé en bureau politique ce matin il y a un certain nombre de gens qui ont dit très très vite et sur les plateaux hier soir les rares qui étaient qui allaient voter Macron c'est le cas de Damien Abad de Christian Jacob lui-même qui a dit j'utiliserai le bulletin Macron c'est le cas de la candidate Valérie Pécresse et puis à contrario vous avez Eric Ciotti qui effectivement ne donne pas de consigne de vote et puis vous avez Gilles Plattray Gilles Plattray que vous savez pendant la campagne il s'était mis un petit peu en retrait et on le soupçonnait d'être très zémouriste et il a dit ce matin une phrase qui je trouve résume toute l'ambiguïté des LR il dit il faudra se demander quand même si dans ce parti l'ancienne UMP on pourra continuer à voir cohabiter des gens de droite et des gens du centre tout est dit en une phrase est-ce qu'aujourd'hui là le parti les républicains ex-UMP qui a été créé après 2002 justement pour assembler la droite et le centre est-ce que ce parti n'est pas en train d'imploser voire d'exploser sous nos yeux moi ma théorie c'est que c'est en train de se passer mais que ça va prendre un petit peu de temps ça va être une fragmentation lente puisqu'il faut d'abord préparer les législatives et c'est sans doute après que ça va être mais là aussi tout est dit dans ces images qu'on vient de voir et ce reportage à Lyon à Lyon trois militants dans une salle pour commenter les résultats Dominique Régnier

53:06
Invité

oui oui et d'ailleurs c'est l'occasion de souligner qu'au terme de ce premier tour la droite totale dont les LR on l'a quand même pas encore dit c'est à la droite réalise 40% des chiffres à l'exprimer c'est son plus mauvais score depuis 1965 la moyenne entre 1965 et 2017 pour les droites au premier tour c'est 57% là on est à 40%

53:32
Présentateur

qu'est-ce que vous mettez dans les droites ?

53:34
Invité

toutes les droites je les prends toutes et je fais un total et je fais donc ça signifie que jamais les droites les droites françaises il n'y a pas que les LR d'un 40% je mets

53:47
Présentateur

Eric Zemmour

53:47
Invité

Marine Le Pen Nicolas Dupont-Aignan Jean Lassalle il ne faut pas l'oublier Jean Lassalle qui a dit je ne donne aucune consigne de vote et dans les exemples qui ont déjà été donnés par Nathanie Moret je trouve que c'est très impressionnant c'est qu'on a Eric Zemmour on a bien sûr Nicolas Dupont-Aignan Eric Ciotti c'est pas clair effectivement jamais je n'ai vu autant Jean Lassalle qui dit je ne donnerai pas consigne de vote jamais je n'ai vu autant de représentants de la droite accepter cette situation-là et dire au fond on pourrait faire les choses autrement ça c'est aussi un marqueur je pense à la fois d'une crise et d'un changement d'époque c'est aussi une autre façon de raconter la nouvelle situation dans laquelle je trouve Marine Le Pen

54:29
Présentateur

dans votre calcul vous ne comptez pas cette partie de la droite qui est chez Emmanuel Macron non pas du tout

54:34
Invité

bien sûr bien sûr mais ce même calcul en 2017 donnait 48%

54:40
Présentateur

d'accord

54:40
Invité

d'accord y compris sans le macronisme

54:43
Présentateur

mais peut-être qu'ils sont majoritairement cette fois-ci dans le camp d'Emmanuel Macron oui il y en a beaucoup évidemment qui sont partis rejoindre Emmanuel Macron et ça depuis 2017 et plus encore après il y a eu des reclassements au monde des européennes mais ce que je trouve merveilleux dans la phase de Gilles Platré que vous avez rappelé c'est que voilà une formation politique qui pèse au plan national entre 8,5% score de Bellamy aux européennes et 5% là avec Valérie Pécresse et qui s'interroge si les centristes et les gens de droite peuvent cohabiter donc ils veulent diviser encore plus c'est là où on voit quand même le côté un peu stupéfiant de la chose il y a déjà eu des départs chez Macron il peut y en avoir il y en a déjà eu de l'autre bord et ceux qui restent s'interrogent sur la cohabitation possible et bien ils finiront à 3% avec l'idée d'une coalition l'idée de dans quelque chose on ne sait pas encore quelle forme ça peut prendre avec ceux qui restent de cette droite là qui ne veulent pas rejoindre Marine Le Pen et qui n'estiment qu'il n'y a plus de place pour construire quoi que ce soit ce qui va se passer c'est que notamment du côté des députés chacun va regarder précisément comment ça a voté sur sa circonscription et est-ce qu'il faut davantage envoyer un signal vers Emmanuel Macron donc effectivement proposer un pacte de coalition qui cela dit reste quand même tributaire du bon vouloir du président de la République est-ce qu'il amende ou pas son projet pour faire un pacte de coalition et pour l'instant honnêtement il n'a aucune raison d'envoyer un signal plutôt à la droite républicaine qu'à Jean-Luc Mélenchon et puis vous avez effectivement une autre partie des députés qui dit ah ben non en réalité mon réservoir pour être réélu parce que ces gens-là vivent en fait aussi de la politique se trouve plutôt du côté de Marine Le Pen Éric Zemmour c'est ce qu'a fait Éric Ciotti c'est le cas d'Éric Ciotti quand on regarde Marine Le Pen arrive en tête dans son département le troisième c'est Éric Zemmour c'est là qu'il peut se faire élire c'est pas en allant sur très rapidement Brice Tinturier avant de passer aux questions des téléspectateurs très rapidement c'est que dans votre reportage il y a quelque chose de touchant chez ces vieux électeurs LR qui sont là totalement déchirés et il y a une identité incontestablement qui n'est pas soluble dans le macronisme ou dans le zémorisme ou Marine Le Pen simplement aujourd'hui elle pèse très peu c'est pas de nier qu'il y ait une possibilité d'un espace singulier c'est simplement que cet espace il est extraordinairement réduit et puis on voit que c'est aussi une sociologie qui est très âgée Allez nous passons maintenant à vos questions comment expliquer qu'un duel dont les Français ne voulaient pas se soit reproduit Brice Tinturier parce que cette idée que les Français ne voulaient pas de ce duel est une idée en partie vraie en partie fausse s'ils ne l'avaient pas voulu ils n'auraient pas voté pour Emmanuel Macron à cet auteur et pour Marine Le Pen donc c'est une somme évidemment de choix individuels qui construit ça il y a plus d'opposants à Emmanuel Macron mais la somme des deux malgré tout ça vous fait bien ces 50% Allez une question de Pascal dans les Hauts-de-Seine plus de 50% des Français ont voté pour les extrêmes n'est-ce pas révélateur d'un vrai problème de la méthode Macron ?

Dominique Régnier

57:30
Invité

Je pense que c'est une tendance antérieure parce que ce que l'on voit c'est que depuis 1988 donc ça fait un moment pardon depuis 1988 on voit des extrêmes qui augmentent et qui pèsent de plus en plus lourd elles ont passé la majorité aujourd'hui des électeurs mais c'est pas la méthode Macron c'est le système français

57:48
Présentateur

Mais sur la méthode on a beaucoup entendu ça dans cette campagne là il y avait un sondage IFOP qui disait que 70% des Français considèrent qu'il a une méthode un peu autoritaire Marine Le Pen joue exactement l'inverse est-ce que sur la méthode sur la gouvernance il peut avoir justement à cœur de corriger un petit peu son image dans cet entre-deux-tours où ça ne pèse pas C'est là où il y a beaucoup d'ambiguïté parce qu'en même temps les Français veulent aussi du leadership parce que ça rassure et pour autant ils considèrent qu'Emmanuel Macron est celui qui les comprend le moins donc ils veulent à la fois de la compréhension être consultés être associés et puis en même temps du leadership parce que ça fait partie des attentes à l'égard aujourd'hui d'un président capable d'affronter les crises et autres Une question encore pour vous regardez Brice Tinturier pourquoi les sondeurs s'en sont-ils autant trompés sur Mélenchon anticipé à 17 il arrive à 22 c'est un sacré écart Non c'est ce qu'on a expliqué au début bien sûr que c'est un sacré écart mais c'est 30% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui nous disent qu'ils se sont décidés au dernier moment et c'est encore une fois cette capacité qu'a eu Mélenchon à capter au final le vote des électeurs de Jadot qui hésitaient beaucoup ça aussi on avait mesuré le vote des jeunes il a siphonné ce vote socialiste et écologiste et qui lui a donné ce surcroît de fin de campagne mais on avait dit Mélenchon 3ème Mélenchon en dynamique Mélenchon pas devant Le Pen malgré tout le niveau n'est pas au rendez-vous mais malgré tout c'est quand même ce qu'on a eu Justine il a l'attroi parait qu'il a échangé Jean-Luc Mélenchon avec Emmanuel Macron c'est pas des tractations Alors c'était pas très clair dans le propos d'Emmanuel Macron qui est effectivement en déplacement dans le Nord a laissé entendre qu'il avait pu échanger des SMS notamment avec Jean-Luc Mélenchon ça a beaucoup agacé les insoumis qui ont réagi de leur côté en disant mais qu'est-ce que c'est que cette façon de faire c'est pas comme ça qu'on fait etc et effectivement il y a quelques minutes Jean-Luc Mélenchon a fait savoir qu'ils ont échangé par SMS mais qu'il ne s'agissait pas de politique électorale à proprement parler mais plutôt du sort d'un français emprisonné à l'étranger et Jean-Luc Mélenchon semblait réclamer une intervention du président de la République Quand on voit son discours c'est fini c'était sa dernière présidentielle ou on est-ce qu'on n'est pas du tout sûr de ça ?

Il a semblé dire en tout cas que c'était sa dernière présidentielle il a eu un discours hier qui était extrêmement dans la transmission et il a passé l'intégralité de sa campagne et il a expliqué que ce parlement de l'Union Populaire ces élus qu'il veut enfin en tout cas ces personnalités qu'il veut lancer aux législatives avaient vocation à incarner le mouvement demain sous-entendu ça ne se reconstruira pas autour de lui Allez-y faites mieux c'était sa formule Les électeurs vont-ils suivre les consignes des partis ?

Nathalie Moret Non ça ne sert à rien les consignes des partis et d'ailleurs les partis le savent ça donne une couleur ça donne une ambiance mais moi j'ai encore rarement vu des gens qui disent je vais aller voter machin parce que Truc a dit qu'il fallait voter machin Non les gens ils vont voter comme au premier tour c'est-à-dire en fonction de leur émotion ou de leur raison et parfois des deux mélangés Nicolas Sarkozy va s'exprimer ? Il paraît Bon il paraît cette semaine Avec un projet de retraite à 65 ans comment Emmanuel Macron va-t-il convaincre les électeurs de gauche ? Dominique Reynier ça ça va être compliqué

1:00:41
Invité

ça ça va être très compliqué d'autant plus que c'est aussi une façon pour lui de convaincre les électeurs de droite on a toujours cette symétrie Après tout il y a quand même une voie parce que moi j'étais un peu frappé de devoir opposer et la jeunesse et les électeurs de gauche à cette réforme parce que j'imagine que si le président Macron souhaite cette réforme c'est pour pérenniser le système français des retraites en particulier pour les nouvelles générations et donc il y a quand même un chemin pour expliquer que cette transformation est une façon de transmettre aux générations futures la retraite En tout cas les français n'en veulent pas

1:01:15
Présentateur

Ils n'en veulent pas ils le disent avec constance depuis très longtemps ils l'ont réaffirmé depuis des années et effectivement c'est une mesure qui crée un clivage extrêmement fort Et peut-être qu'à défaut de convaincre sur sa mesure il peut neutraliser celle de Marine Le Pen en fait faire de l'enjeu de la retraite un enjeu neutre en disant le retour à 60 ans coûtera extrêmement cher coûtera très cher Elle a amendé un peu son proposition Elle a amendé les troupes d'Emmanuel Macron y compris encore ce matin le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand expliquait que en dépit de cet amendement le projet ne tenait pas et donc ça va être aussi un des axes des prochains jours essayer de neutraliser cette mesure en tout cas Le Pen peut remercier Zemmour de l'avoir rendu présentable mais son programme reste un programme d'extrême droite n'est-ce pas ?

En grande partie oui quand vous regardez le fond du programme en réalité il a assez peu changé sur les questions justement européennes sur les questions de préférence nationale donc il n'y a plus la sortie de l'euro explicite mais il y a bien la volonté de sortir d'un certain nombre de traités de proposer un référendum pour modifier la constitution on est en réalité dans quelque chose qui reste assez proche de ce qu'on a vu Et sur ces proximités sur la scène internationale aussi c'est un argument qui est très utilisé par le camp Macron Oui mais qui n'a pas beaucoup servi d'un point de vue électoral parce qu'une des leçons quand même de ce scrutin c'est que l'Ukraine Vladimir Poutine les liens entre certains candidats et Vladimir Poutine finalement n'ont pas déplacé autant d'électeurs que cela ça a contribué à la chute de Zemmour mais il n'y avait pas que cela dans la chute de Zemmour

1:02:39
Invité

Juste un mot c'est quand même je pense problématique de considérer que vouloir sortir des traités européens et des extrêmes droites ou bien vouloir réformer la constitution par référendum ce qu'a fait le général de Gaulle c'est l'extrême droite et c'est aussi c'est aussi ce que réclame Jean-Luc Mélenchon je trouve qu'on a des capteurs très très fins c'est plus une candidate d'extrême droite ?

il y a peut-être un agenda caché mais quand on regarde ces textes et ces discours moi je n'ai j'ai une fois mais vraiment il y a 10 ans trouvé un propos qui était limite sur ces sujets là mais sinon il y a beaucoup moins d'écarts de langage y compris sur des sujets comme l'antisémitisme que Jean-Luc Mélenchon et donc quand on fait la liste des écarts de langage sur les valeurs elle a tenu son discours à peu près correctement c'est une droite nationale souverainiste mais je trouve qu'il faudrait quand même documenter davantage cette idée qu'elle est au fond en dehors du champ républicain

1:03:32
Présentateur

en tout cas ça va être un argument de cet entre deux tours son positionnement à l'extrême droite est-ce que Marine Le Pen va connaître un autre mauvais débat comme en 2017 elle s'y prépare ? c'est tout l'enjeu effectivement son débat elle veut parler de son projet elle explique qu'elle s'était trompée en 2017 en attaquant le concurrent est-ce qu'elle va y arriver Emmanuel Macron est un bon débatteur aussi merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h40 il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETA vous au programme ce soir Anne-Elisabeth bonsoir Caroline une nouvelle campagne a donc commencé ce matin

1:04:03
Invité

avec un président candidat déjà sur le terrain qui doit convaincre aussi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon le porte-parole de la France Insoumise Adrien Quatennin c'est notre invité juste après le porte-parole du gouvernement et soutien d'Emmanuel Macron Gabriel Attal

1:04:16
Présentateur

et nous nous retrouvons demain en direct merci Anne-Elisabeth je vous rappelle que vous pouvez retrouver quand vous le souhaitez c'est dans l'air en podcast et en replay très belle soirée à demain

Macron/ Le Pen : c'est pas la même histoire... #cdanslair 11.04.2022 — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote