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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 24 février 2021 8 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéJusticeSolidarités & famille

Grégory Goupil (Alliance) : "Il y a des règlements de comptes avec des raisons totalement futiles"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31OuverteRéponse directe

    j'aimerais que vous m'expliquiez de quoi on parle exactement quand on parle aujourd'hui de bandes de jeunes.

  • 1:42OuverteRéponse directe

    Et qui sont plus violents, Grégory Goupil ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Ce qui surprend ici, le procureur a dit que c'est un département qui est gangréné.

  • 4:07RelanceRéponse partielle

    Précisément, Grégory Goupil, Gérald Darmanin a annoncé le renfort d'une centaine de policiers. Et pour vous, ce n'est pas la solution, si je comprends bien.

  • 4:43OuverteRéponse directe

    La question, Grégory Goupil, c'est, si on devait trouver une solution, quelle est la solution idéale ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?

  • 4:54RelanceRéponse directe

    Quand vous dites réponse pénale adaptée, c'est-à-dire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47Invité politiqueFait
    « On a tendance à ramener ça souvent au trafic de stupéfiants alors que pas du tout. »
  • 0:55Invité politiqueFait
    « aujourd'hui on se rend compte qu'avant le trafic de stupéfiants, il y a les conflits liés aux réseaux sociaux, des moqueries. »
  • 1:15Invité politiqueChiffre
    « On se rend compte que les règlements de comptes arrivent des fois pour 800 euros, 900 euros, 1000 euros. »
  • 2:13Invité politiqueFait
    « On voit que des jeunes de 13 ou 14 ans ont des couteaux sur eux. »
  • 2:23Invité politiqueFait
    « On a eu quand même des policiers brûlés dans leur véhicule à Viry-Châtillon par de très jeunes individus. »
  • 2:35Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas de réponse pénale. »
  • 2:38Invité politiqueFait
    « On a un sentiment d'impunité grandissant. »
  • 3:42Invité politiqueChiffre
    « sur le secteur de Boussy-Saint-Antoine, on a un policier pour 825 habitants. »
  • 3:48Invité politiqueChiffre
    « Alors que sur le secteur d'Ivry et Corbeil, on est quand même sur une base d'un policier pour 430 habitants. »
  • 4:32Invité politiquePromesse
    « Nous, il nous faut 200 effectifs supplémentaires en Essonne. »
  • 4:58Invité politiqueFait
    « La semaine dernière, mes collègues de la BAC de Juvisy ont interpellé un jeune de 14 ans sur une rixe entre Riss-Orangis et Grigny. »
  • 5:13Invité politiqueFait
    « Rappel à la loi, ça veut dire quoi ? Ça veut dire, attention, il ne faut plus avoir de couteau sur soi. »
  • 6:30Invité politiqueFait
    « On a quand même des adolescents multirécidivistes. »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « On voit aujourd'hui du homejacking, des choses qui sont relativement graves. »
  • 7:02Invité politiqueFait
    « même quand les collèges, aujourd'hui, dénoncent ce genre de fait, la police intervient. »

Temps de parole

  • Invité politique79 %
  • Présentateur21 %

6,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Une collégienne de 14 ans tuée d'un coup de couteau lundi soir à Saint-Cheron dans l'Essonne. Un adolescent du même âge tué hier à Boussy-Saint-Antoine, toujours dans l'Essonne et un autre grièvement touché à la gorge. A chaque fois une rixe entre bandes rivales et il y a un mois on se souvient aussi du jeune Youri roué de coups sur la dalle de Beaugrenelle à Paris. Bonjour Grégory Goupil.

0:18
Invité politique

Bonjour.

0:19
Présentateur

Grégory Goupil, vous êtes le secrétaire national adjoint du syndicat de police Alliance en Ile-de-France. Alors pour bien comprendre de quoi on parle et avant d'évoquer l'intervention de Gérald Darmanin hier qui a annoncé des renforts de policiers dans l'Essonne, j'aimerais que vous m'expliquiez de quoi on parle exactement quand on parle aujourd'hui de bandes de jeunes.

0:37
Invité politique

Alors écoutez, bandes de jeunes c'est tout et rien à la fois. Aujourd'hui on parle souvent de phénomènes de bandes, de rixes de bandes. On a tendance à ramener ça souvent au trafic de stupéfiants alors que pas du tout.

0:52
Présentateur

Oui parce que ce sont des enfants.

0:53
Invité politique

Bien sûr, voilà, tout à fait. Aujourd'hui on se rend compte qu'avant le trafic de stupéfiants, il y a les conflits liés aux réseaux sociaux, des moqueries. On a les histoires de cœur, on a des échanges et des transactions qui se passent mal. Ça peut être une patinette, ça peut être un vélo, ça peut être un scooter. On se rend compte que les règlements de comptes arrivent des fois pour 800 euros, 900 euros, 1000 euros. C'est des faits qui sont dramatiques avec des raisons qui sont totalement futiles. Et c'est là où c'est vraiment dramatique pour nous parce qu'on voit vraiment des enfants de 13 ans, 14 ans qui se tapent dessus.

1:42
Présentateur

Et qui sont plus violents, Grégory Goupil ?

1:44
Invité politique

Ils sont d'une extrême violence. Parfois même c'est des rivalités entre quartiers où des gamins de 13 ans ne savent même pas pourquoi depuis 10 ans on se tape dessus. Mais il n'y a pas eu d'explication. Mais c'est comme ça, c'est dans les mœurs. Il faut se taper dessus parce qu'on n'est pas du même quartier. On est du quartier voisin. Et ce n'est pas acceptable, ils vont au collège ensemble, ils jouent au foot ensemble. Mais c'est comme ça. Il y a ce phénomène de bande qui persiste. Et aujourd'hui, on voit que les violences sont décuplées. On voit que des jeunes de 13 ou 14 ans ont des couteaux sur eux. N'hésitent pas à se planter.

Mais ça fait des années qu'Alliance 91 dénonce la montée des violences. On a eu quand même des policiers brûlés dans leur véhicule à Viry-Châtillon par de très jeunes individus. Mais ça ne suffit pas. Ça fait des années qu'on dénonce tout ça. Il y a une montée des violences contre les policiers. Il n'y a pas de réponse pénale. On a un sentiment d'impunité grandissant. Aujourd'hui, les jeunes se disent qu'on peut taper sur les policiers, on est impuni. On peut taper sur une autre bande, on ne sera de toute façon pas forcément puni. Il faut se mettre dans la tête d'un adolescent de 14 ans. Et il y a une montée des violences. La responsabilité derrière des parents n'est pas engagée.

D'ailleurs, M. Darmanin l'a dit.

2:59
Présentateur

On va y venir, Grégory Goupil. Il y avait une chose que je voulais comprendre aussi. Ce qui surprend ici, le procureur a dit que c'est un département qui est gangréné. Ce qui surprend aussi dans l'Essonne, c'est que là, on imaginait sur les deux dernières affaires des grandes barres d'immeubles. Mais Saint-Cheron, où l'adolescente a été tuée, ce n'est pas du tout cela. Boussy-Saint-Antoine non plus.

3:19
Invité politique

Je connais très bien le département de l'Essonne, pour le coup. Oui, Saint-Cheron, c'est un village de 5000 habitants. Je pense que ce genre de fait, ça n'est jamais, jamais arrivé. Boussy-Saint-Antoine, ce n'est pas non plus un quartier qui craint. Après, oui, il y a des quartiers beaucoup plus connus comme Grigny, comme Corbeil. Mais on se rend compte aussi que sur le secteur de Boussy-Saint-Antoine, on a un policier pour 825 habitants. Et ça, ce n'est pas normal. Alors que sur le secteur d'Ivry et Corbeil, on est quand même sur une base d'un policier pour 430 habitants. Donc, c'est des chiffres quand même qui nous parlent.

Aujourd'hui, quand on demande des moyens humains au ministre de l'Intérieur, ce n'est pas à voir sans effectifs pour une semaine.

4:07
Présentateur

Précisément, Grégory Goupil, Gérald Darmanin a annoncé le renfort d'une centaine de policiers. Et pour vous, ce n'est pas la solution, si je comprends bien.

4:13
Invité politique

Non, non. Attention, qu'on soit bien d'accord. On est très heureux d'avoir un renfort de sens effectif à la minute, hier soir, sur le terrain. Ça, ce n'est pas le problème. On ne va pas dire que ce n'est pas bien. Il est dans la réaction. C'est une bonne chose parce qu'on va sécuriser. Mais dans une semaine, on fait quoi ? On recommence parce que le phénomène de bande, ça fait des années qu'on le dénonce. Donc, sens effectif pour une semaine, c'est très bien. Mais dans une semaine, on fait quoi ? Nous, il nous faut 200 effectifs supplémentaires en Essonne. Mais des gens qui vont être affectés dans ce département.

4:43
Présentateur

La question, Grégory Goupil, c'est, si on devait trouver une solution, quelle est la solution idéale ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?

4:50
Invité politique

Alors déjà, il faut une réponse pénale adaptée. Mes collègues de la BAC de Juvisy...

4:54
Présentateur

Quand vous dites réponse pénale adaptée, c'est-à-dire ?

4:56
Invité politique

Je vais vous donner un exemple. La semaine dernière, mes collègues de la BAC de Juvisy ont interpellé un jeune de 14 ans sur une rixe entre Riss-Orangis et Grigny. Des quartiers défavorablement connus pour ce genre de fait. Un adolescent de 14 ans avec un couteau. Vous voyez, comme on est complètement dans la thématique. Rappel à la loi. Rappel à la loi, ça veut dire quoi ? Ça veut dire, attention, il ne faut plus avoir de couteau sur soi. Mais ça ne veut rien dire pour un adolescent de 14 ans. On est sur des premiers délits. Et dès le départ, la première fois que le jeune a affaire à la justice ou à la police, on va faire un rappel à la loi. Il n'y a pas de suivi.

Nous, ce qu'on a besoin, c'est que les parents soient à responsabiliser, c'est qu'ils soient également convoqués.

5:40
Présentateur

Mais comment on fait justement ? Gérald Darmanin l'a dit hier, il faut responsabiliser les parents. Mais comment on fait quand on a un adolescent qui n'écoute pas ?

5:48
Invité politique

Alors après, il va falloir monter crescendo très rapidement, soit dans de la sanction pénale, soit dans des sanctions adaptées d'éducation. Mais il faut qu'il y ait un suivi. Rappel à la loi, c'est attention, il ne faut pas recommencer et terminer.

6:02
Présentateur

C'est-à-dire, on les entre les jeunes ?

6:04
Invité politique

Alors après, ça peut être une solution dans des cas de violence extrême. Quand je vois aujourd'hui des jeunes qui attaquent au couteau, à un moment donné, on peut aussi avoir des sanctions fermes, dans des centres d'éducation fermés, avec une structure adaptée. Mais je pense qu'il faut qu'on se pose la question. On a quand même des adolescents multirécidivistes. On a aujourd'hui, quand on passe de violences, après, souvent, ça passe au trafic de stupes et en bandes organisées. Ça peut après partir au braquage. On voit aujourd'hui du homejacking, des choses qui sont relativement graves. Donc, il faut dès le départ, il faut qu'il y ait quand même un message qui soit envoyé aux jeunes.

Alors, la prison, après, oui, dans certains cas, quand c'est très grave. Mais avant, il y a quand même des mesures qui peuvent être adaptées. Mais il faut de la fermeté. Un rappel à la loi, ça ne suffit plus aujourd'hui. Et le fait est, c'est qu'un adolescent de 13 ou 14 ans qui a un couteau sur lui, vous vous rendez compte, même quand les collèges, aujourd'hui, dénoncent ce genre de fait, la police intervient. Derrière, si c'est un rappel à la loi, en fait, on passe tous pour des imbéciles. Attention, il ne faut pas recommencer. Mais ça, ça ne fonctionne plus, en fait. À un moment donné, il faut savoir faire des constats. Et aujourd'hui, c'est un constat d'échec.

On a quand même deux jeunes adolescents, une jeune fille de 14 ans et un jeune de 13 ans qui sont décédés. Je pense qu'à un moment donné, il faut être responsable et il faut être face à ce qu'on fait aujourd'hui. Aujourd'hui, ça ne convient plus, tout simplement.

7:39
Présentateur

Merci beaucoup, Grégory Goupil, du syndicat de police Alliance en Ile-de-France, d'avoir été en ligne avec nous ce matin. Merci.

7:48
Locuteur

Merci. Merci. Merci.

Grégory Goupil (Alliance) : "Il y a des règlements de comptes avec des raisons totalement futiles" · Pourquijevote