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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 24 août 2016 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & international

Edouard Philippe : "Alain Juppé exprime une vision de la France qui est confiante"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05ComplaisanteRéponse directe

    Député et maire du Havre, soutien d'Alain Juppé, vous êtes l'un de ses porte-parole de campagne.

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Mais vous êtes impatient de le lire.

  • 0:17FerméeRéponse partielle

    Ce texte pourrait vous engager si Nicolas Sarkozy gagne la primaire ?

  • 0:35RelanceRéponse directe

    Non, mais est-ce qu'il est compatible avec vos convictions ? C'est ça ma question.

  • 0:55RelanceÉludée

    Est-ce que vous imaginez faire campagne sur ce programme avec la réforme du droit du sol, la suspension du regroupement familial, l'interdiction du voile à l'université ?

  • 2:14OuverteRéponse directe

    Sur quel thème se fera cette campagne des primaires ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:41Invité politiqueChiffre
    « Les membres du parti Les Républicains, c'est tout mouillé 250 000, peut-être 300 000, disons, bon, nous on attend à la primaire 3 millions d'électeurs »
  • 2:04Invité politiqueChiffre
    « Les socialistes en 2011 avaient réuni 2,8 millions électeurs »
  • 2:11Invité politiquePromesse
    « moi je pense qu'on arrivera au moins à 3 millions, je l'espère »
  • 3:49Invité politiqueFait
    « Le projet politique, il est de faire en sorte que nous redevenions fiers d'être Français, fiers de ce que nous sommes »
  • 3:59Invité politiqueFait
    « et que nous construisions une société, un pays, une histoire, dans lequel il y a une place pour une forme de diversité »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « La France est diversité, ou La France se nomme diversité »

Temps de parole

  • Édouard Philippe73 %
  • Présentateur27 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Bonjour Edouard Philippe. Bonjour Patrick Cohen. Député et maire du Havre, soutien d'Alain Juppé, vous êtes l'un de ses porte-parole de campagne. Je vous ai apporté ce livre, Tout pour la France. Vous l'avez lu ?

0:08
Édouard Philippe

Non, pas encore, mais je crois qu'il est en vente en librairie à partir de ce matin. Et donc je ne l'ai pas lu, je ne l'ai pas reçu en avant-première non plus.

0:15
Présentateur

Mais vous êtes impatient de le lire. Bien sûr, bien sûr. Ce texte pourrait vous engager si Nicolas Sarkozy gagne la primaire ?

0:22
Édouard Philippe

Ce texte pourrait nous engager ? Vous voulez moi m'engager ? Oui, vous, vous, comme les autres responsables du parti Les Républicains. Je crois surtout que ce texte engageant Nicolas Sarkozy s'est gagné la primaire. J'espère d'ailleurs qu'il se sentira engagé par ce qu'il écrit.

0:35
Présentateur

Non, mais est-ce qu'il est compatible avec vos convictions ? C'est ça ma question.

0:38
Édouard Philippe

Vous connaissez les propositions qu'il contient ? Pardon, oui, sur beaucoup de points sans doute. Sur certains points peut-être moins, mais ça c'est naturel. Dans un parti politique, j'allais même dire, entre des élus, quelle que soit leur appartenance ou leur filière politique, il y a des points d'accord, il y a des points de désaccord. J'aurais quelques points de désaccord avec Nicolas Sarkozy, oui bien sûr.

0:55
Présentateur

Est-ce que vous imaginez faire campagne sur ce programme avec la réforme du droit du sol, la suspension du regroupement familial, l'interdiction du voile à l'université ?

1:04
Édouard Philippe

À ce stade, j'imagine surtout faire campagne sur le programme d'Alain Juppé, d'abord parce que je souhaiterais qu'il gagne la primaire, et ensuite parce que je vais tout faire pour qu'il la gagne, et qu'ensuite il soit celui qui sera désigné par les Français pour défendre les idées de la droite et du centre au moment de l'élection présidentielle.

Et cette primaire qui arrive, qui sera le 20 et le 27 novembre, c'est donc dans trois mois, ça peut sembler très long à ceux qui ne sont pas totalement passionnés par l'exercice, mais en vérité c'est très proche, elle va permettre, non pas justement à quelques spécialistes de la politique de décider de qui sera le candidat, non pas simplement à ceux qui adhèrent à un parti politique, qui sont au fond assez peu nombreux en France.

Les républicains, enfin les membres du parti Les Républicains, ce qui n'est pas la même chose, les membres du parti Les Républicains, c'est tout mouillé 250 000, peut-être 300 000, disons, bon, nous on attend à la primaire 3 millions d'électeurs, c'est-à-dire très au-delà des membres d'un parti. Vous les aurez ? 3 millions ? Je suis très confiant d'abord parce que je crois que l'exercice primaire intéresse, suscite beaucoup de questions, il y a encore beaucoup de gens qui ne savent pas exactement comment ils doivent faire pour aller voter, mais je sais que ça suscite beaucoup de questions.

Les socialistes en 2011 avaient réuni 2,8 millions électeurs, c'est-à-dire très très très au-delà des adhérents du parti socialiste, et moi je pense qu'on arrivera au moins à 3 millions, je l'espère.

2:14
Présentateur

Sur quel thème se fera cette campagne des primaires ? Est-ce que Nicolas Sarkozy n'a pas, d'une certaine façon, déjà gagné, marqué un point en imposant une campagne sur l'identité, l'immigration, les thèmes qu'il a choisis, qu'il développe largement dans son livre ?

2:28
Édouard Philippe

Oui, d'abord on imagine mal que personne n'en parle en ce moment, parce qu'évidemment c'est un sujet qui se pose à la France, aux Français, à la société française, dans son ensemble, et donc il est bien naturel que l'ensemble des candidats s'expriment sur le sujet, et Nicolas Sarkozy est un politique avec beaucoup d'expérience et beaucoup de finesse, donc il sent très bien la population, donc c'est bien naturel qu'il en parle, il n'y a pas de sujet, du reste nous aussi on en a parlé, pas dans les mêmes termes, mais on en a parlé.

2:56
Présentateur

Et c'est critiqué dans le livre de Nicolas Sarkozy, l'identité heureuse, une anaphore cinglante, il en fait Nicolas Sarkozy, l'identité heureuse, est-ce que ce n'était pas une expression malheureuse ?

3:06
Édouard Philippe

La formule est jolie, de l'extrait que j'ai lu, parce que je vous ai dit que je n'avais pas lu le livre, mais un certain nombre de vos confrères m'ont quand même tendu quelques bonnes pages.

3:15
Présentateur

Oui, ça a été reproduit, il n'y a pas d'identité heureuse, quand des milliers de Français n'aient en France, élevés en France, en viennent à haïr à ce point leur patrie, la seule identité qui m'importe, écrit Nicolas Sarkozy, la seule légitime à mes yeux, c'est celle de la France.

3:26
Édouard Philippe

Oui, c'est une très jolie formule, qui fin de croire qu'Alain Juppé se serait exprimé en disant, « L'identité heureuse, c'est aujourd'hui ». C'est un peu léger, ou c'est un peu gros, je ne sais pas comment il faut le dire, le propos d'Alain Juppé n'a jamais été de dire qu'aujourd'hui tout allait bien. Le propos d'Alain Juppé, c'est de dire que nous devons construire une identité heureuse. Ça n'est pas un constat, c'est un projet politique. Et le projet politique, il est de faire en sorte que nous redevenions fiers d'être Français, fiers de ce que nous sommes, et que nous construisions une société, un pays, une histoire, dans lequel il y a une place pour une forme de diversité.

Donc, des identités heureuses. Une identité heureuse. Vous connaissez le très beau livre de Fernand Brodel, qui s'appelle « L'identité de la France ». Je crois me souvenir, je parle de mémoire, il faudrait que je le vérifie, et je suis certain que vos auditeurs le vérifieront. Je crois qu'une des premières phrases de l'identité de la France, c'est « La France est diversité », ou « La France se nomme diversité ». Donc, il y a une forme de différence en France, pas simplement entre les religions, mais entre les régions, il y a une forme de différence. Donc, la question, c'est de savoir quelle France on veut construire. Alain Juppé exprime une vision de la France qui est confiante. Voilà.

Bon, il y aura peut-être un débat là-dessus. Ce sera très sain. Et ce sont les Français qui trancheront.

4:42
Présentateur

Donc, Nicolas Sarkozy fait un mauvais procès à Alain Juppé en regardant son identité heureuse ?

4:47
Édouard Philippe

Je ne dis pas qu'il fait un mauvais procès. Je ne suis pas sûr que le terme soit bien choisi. Mais je suis certain, en revanche, qu'il force le trait, et il déforme peut-être un petit peu le propos d'Alain Juppé. C'est classique en campagne, mais ça permettra, je pense, quand même un beau débat.

5:02
Présentateur

Ce livre, ses propositions, cette entrée en campagne, cette vague de ralliements aussi autour de Nicolas Sarkozy, est-ce que le vent n'est pas en train de tourner ?

5:10
Édouard Philippe

Oui, enfin, je comprends que vous posiez la question. J'ai du mal à ne pas sourire quand je vois la mousse qu'on fait autour de cette annonce. D'abord, l'annonce de Nicolas Sarkozy, elle était attendue, prévue, normale, naturelle, probablement bienvenue d'ailleurs aussi, parce qu'à force de dire qu'on n'est pas candidat alors qu'on l'est, évidemment, ça suscite forcément des interrogations, des confusions, et on n'a pas besoin de ça, y compris dans les relations entre le parti et les candidats. Donc, c'est très bien. Ça n'est une surprise pour personne.

Bon, le fait qu'au moment de son lancement en campagne, Christian Estrosi ou Christian Jacob se rallient à Nicolas Sarkozy, Et Gérald Darman. Je veux bien que ça constitue une surprise, mais honnêtement, c'était quelque chose d'extrêmement attendu. Et c'est très sain, et c'est tant mieux. Et ça ne me pose aucun problème, d'ailleurs ça ne pose aucun problème à personne, et c'est une très bonne chose.

6:00
Présentateur

Mais vous n'êtes pas frappé par la diversité de ceux qui rejoignent Nicolas Sarkozy. On a moqué, et vous-même, sans doute, l'hétérogénéité des positions de Barouin, de Wauquiez, d'Armanin, Wörth, Jacob, Ciotti, etc. Si ces personnalités sont aussi diverses, et qu'elles convergent vers la même direction, vers le même champion, c'est qu'apparemment elles sont toutes convaincues que c'est Sarkozy qui va gagner, non ?

6:24
Édouard Philippe

Mais c'est leur droit le plus strict, et ils ont parfaitement le droit de faire campagne pour lui, et je trouve ça, encore une fois, très sain. C'est vrai, vous avez raison, qu'il y a des lignes assez différentes autour de Nicolas Sarkozy. Et je lisais un papier de Gérald Darmanin, l'ancien député est toujours maire de Tourcoing. Il est clair, quand on lit ce qu'écrit Gérald Darmanin, qui est très travaillé, qui est très intéressant sur la conciliation, par exemple, de l'islam et de la République, on est assez loin de ce qu'écrit d'ailleurs Nicolas Sarkozy, ou de ce que disent un certain nombre de ses soutiens. Est-ce que vous diriez que Darmanin est plus proche des positions de Juppé ?

Peut-être. Mais encore une fois, il est naturel que dans des équipes, il y ait une forme de diversité. Comme quoi ça montre, voyez-vous, Patrick Cohen, que la diversité est toujours une chance.

7:08
Présentateur

Mais il n'y a pas, chez Nicolas Sarkozy, pardon d'y revenir de cette façon, une forme de force d'entraînement qui fait défaut à Alain Juppé. Qu'est-ce qu'il fait d'ailleurs, Alain Juppé ? Il se prépare ?

7:21
Édouard Philippe

Il va faire sa rentrée politique samedi. Il est actuellement au Québec. Il reviendra demain et il sera samedi à Château, dans les Yvelines, où il se prononcera, où il fera un discours et où il marquera sa rentrée politique. On a eu pendant deux ans une phase de pré-campagne aux primaires, une phase de campagne aux primaires. Alain Juppé l'a utilisé pour parcourir la France, pour faire un vrai travail de fond, pas toujours spectaculaire, mais vachement important. On va rentrer maintenant dans une forme de deuxième phase, qui est les trois derniers mois, la dernière ligne droite, d'une certaine façon, avant les primaires.

Elle va se traduire par, évidemment, un petit peu plus de présence, un petit peu plus d'expression, et c'est tant mieux. Mais on n'est pas surpris, et on est autour d'Alain Juppé extrêmement concentré, pour essayer, encore une fois, non pas de réagir sur des postures ou des positionnements dans l'instant, mais pour essayer d'expliquer, dans le détail, avec le maximum de détails possible, en tout cas, à la plus grande clarté, ce que nous voulons faire.

8:20
Présentateur

Vous voulez prouver, vous, qu'on peut faire campagne, et une campagne présidentielle, en tout cas de primaire présidentielle, sans artifice de communication, c'est ça le challenge ? J'espère que tout le monde est dans cet état d'esprit. Non, c'est pas ce que vous avez dit il y a quelques minutes, il me semble, concernant Nicolas Sarkozy. J'espère que tout le monde est dans cet état d'esprit. Le nouveau président des Républicains, du parti des Républicains, Laurent Wauquiez, il vous plaît ?

8:43
Édouard Philippe

Je le connais bien, c'est un collègue plein de talent, et je ne suis pas d'accord avec lui, surtout. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels je ne suis pas d'accord avec lui. Mais c'est le président de votre parti, là ? Disons qu'il a été désigné, j'ai toujours beaucoup de respect pour les gens qui sont désignés, mais je préfère ceux qui sont élus.

9:01
Présentateur

Edouard Philippe, député et maire du Havre, l'un des porte-parole d'Alain Juppé avec nous jusqu'à 9h, et des questions d'auditeurs tout à l'heure pour vous, au 01 45 24 7000, il est 8h30.