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interviewBFM TV (sur YouTube)· 24 mai 2025 12 min

Congrès PS: l'interview en intégralité de Nicolas Mayer-Rossignol, premier secrétaire délégué du PS

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Venons-en euh à l'avenir du PS qui sera le nouveau patron. Ça va se jouer entre vous, entre Boris Valallot et et Olivier Fort. Mardi aura lieu le premier tour.

Vous étiez en meeting d'ailleurs cet après-midi avec un un grand sourire assez assez enthousiaste à Paris. Et pourtant pourtant, on peut pas parler d'un d'un fr enthousiasme populaire autour de cette campagne. Même vous, vous l'avez vous le concédez 40000 adhérents, c'est moins que lors du dernier congrès à à Marseille en 2023. 39815, plus faible nombre d'adhérents depuis 1945.

Pourquoi vous avez pas réussi à éveiller l'intérêt ? Non, c'est ça, c'est le nombre d'adhérents. C'estàd que effectivement il y a de moins en moins d'adhérents au sein du Parti socialiste.

Ouais. Mais la bataille chez LR, elle a permis de tripler le nombre d'adhérence. Oui.

Alors les règles sont pas les mêmes. Non. Alors c'est pas tout à fait comparable si on est vraiment honnête.

C'est-à-dire que pour nous, nous figeons le corps électoral avec un délai avant le vote pour éviter de l'entrisme au dernier moment. Donc on peut pas faire de lien. C'est pas parce que vous avez un congrès que vous pouvez mettre des nouveaux adhérents au dernier moment.

En revanche, là vous avez raison, c'est que avant ce délai là que d'à peu près 6 mois, on aurait dû on aurait pu avoir d'autres militants qui viennent grossir les rangs et de fait moins de 40000, c'est encore moins qu'il y a 2 ans à Marseille et c'est le plus faible nombre. Donc c'est clair que le Parti socialiste n'attire pas suffisamment. Et pourquoi nous nous sommes candidats ?

Pourquoi je me suis engagé ? effectivement, c'est pour retrouver un grand Parti socialiste parce qu'en fait il y a plus de socialistes à l'extérieur du Parti socialiste qu'à l'intérieur. Mais mais je refais la la comparaison évidemment avec ce qui s'est passé chez Laler.

Il y a quand même eu une toute une dynamique autour de cette bataille entre Bruno Retaillot et et Laurent Voquet. Et bon voilà, vous disz les règles sont pas les mêmes mais il n'empêche ça a quand même permis de tripler le nombre d'adhérents. Est-ce que et sans vouloir être désobigeant hein, est-ce que vous dites pas qu'il y a peut-être un problème aussi d'incarnation du côté socialiste ?

Je ne veux pas attaquer les personnes mais je suis honnête en vous écoutant. Vous avez raison, le Parti socialiste n'est pas suffisamment attractif et c'est bien un des enjeux de ce Congrès. Moi je souhaite qu'on retrouve un grand Parti socialiste.

Ça a été le cas il y a pas si longtemps. Et en fait quand vous écoutez les Français, moi je suis élu local donc les Français à Rond et ailleurs, ils me parlent. Beaucoup sont orphelins à gauche d'une offre politique clairement à gauche et clairement républicaine.

Et souvent, ils sont pas au clair sur ce que le Parti socialiste a à dire. Donc ce que nous nous proposons c'est que le Parti socialiste redevienne clair. Travail.

Il faut être le parti du travail et un parti qui travaille. Et ça ça manque aujourd'hui. Ça manque aujourd'hui.

Mais alors vous dites voilà, on va créer un un grand Parti socialiste, un GPS, ce sont vos mots. Ça veut dire quoi ? veut dire que le parti socialiste s'est perdu sur ce qui est un GPS.

Quand vous voulez savoir où aller, ben il vaut mieux avoir un GPS. Mais ça veut dire que le PS s'est perdu avec l'air Olivier Fort et est-ce que est-ce que ce que vous proposez parce que ça ressemble un peu à une coalition anti Olivier Fort de tous vos soutiens la maire de voix envelé Hélène Jaufroid, le député Philippe Brun présidente de la région Ocitanie Carole Lelga, Karim Boamran, également le maire de Saint-toiin et j'en passe, je vais pas tous les faire mais pas que ça de la gueule. Bah en tout cas, je me dis mais moi quand je vois ça, je me dis c'est une dream team antiolivier fort.

J'ai l'impression qu'il y a une espèce de coalition pour faire un mur et pour faire tomber Olivier Fort. Non, pas du tout. C'est pas une question de personne.

On n'est pas antifort, on est antiflou et fort c'est flou. Et le problème c'est pas Olivier fort. Le problème n'est pas une personne.

Le problème est affront le regard et le jugement des Français. Vous savez quand vous êtes maire ou quand vous êtes élu local, vous pouvez pas faire l'économie du jugement des Français. Moi, je sors dans la rue chez moi, un Ran, les gens ils m'interpellent franchement et ils ont raison.

Bon, qu'est-ce que le Parti socialiste pense sur la proportionnel, sur les retraites, sur la sécurité, sur l'écologie, sur l'immigration ? Bon, je ne dis pas que personne ne travaille. Il y a des élus qui bossent, il y a des militants qui bossent évidemment.

Mais est-ce que la ligne du parti, est-ce que le projet pour le pays dans l'Europe est clair ? Non, elle ne l'est pas. C'est là où je parle de flou.

Et la bonne nouvelle, vous avez cité beaucoup de noms de gens qui sont crédibles chez eux. pas cité Lionel Jospin d'ailleurs qui vous a apporté votre soutien. Oui, absolument.

C'est un soutien qui m'onore parce que Lionel Jospin a été premier secrétaire du Parti socialiste et à l'époque le parti socialiste était très clair. À l'époque c'était la gauche plurielle, c'est-à-dire qu'il y avait eu justement une réunion. Est-ce que là le problème n'est pas et c'est un de vos points de vue d'ailleurs de dire en fait c'est pas l'incarnation, c'est le projet le problème et et vous le dites sur des mesures concrètes, mais la social-démocratie, cette idéologie là finalement vous avez travaillé là-dessus dans dans un ouvrage.

Est-ce que ça c'est pas quelque chose qui est en train de s'effondrer complètement et sur lequel on narrive plus à avoir d'idée clair ? Est-ce que c'est pas ça qui manque finalement ? Je crois pas du tout.

Je vais essayer de vous répondre d'abord sur les questions d'incarnation et de fond. Je je partage ce que vous avez dit. Il faut beaucoup plus de fond de travail.

C'est ce que je voulais dire par un parti qui bosse, qui travaille, qui a des propositions crédibles. Le paradoxe si vous voulez, c'est que les personnalités socialistes, les maires, les élus locaux, les parlementaires individuellement en général sont reconnus et crédibles. Mais voilà, pas la ligne.

Donc, il faut d'abord un parti qui travaille. L'incarnation est aussi nécessaire. C'est Miteran qui disait ça.

On n jamais vu des idées se balader dans une pièce sur leur petite jambe. Donc, il faut une incarnation. Est-ce qu'elle est suffisamment forte affirmée aujourd'hui alors que celle de Jean-Luc Mélenchon l' celle de Marine Le Pen ou Jordan Bardella l'est à l'évidence ?

Mais parce qu'il y a un projet peut-être quelque chose voà c'est ce que j'essaie de vous dire. Nous avons besoin, regardez on est à 10 mois des municipales. Vous connaissez le projet du Parti socialiste pour les municipales ?

Bon il n'existe pas encore c'est pas normal donc il faut retrouver ça. Mais pour faire ça c'est comment vous dire ? Il faut mobiliser les forces dans les territoires.

Moi, je viens de faire le Tour de France. aller partout, y compris dans des territoires avec des militants socialistes qui se battent contre l'extrême droite. Je pense au Pyréné Oriental par exemple ou au Pas de calé.

Bon, c'est le socle pour une union de la gauche gagnante. Mais alors, que pensez-vous ? Juste pour terminer, ne mettons pas la charrue avant les B.

Ce qui est important, c'est que les convergences de fonds déterminent les alliances et ces dernières années, on a plutôt fait l'inverse. Mais que pensez-vous de de l'idée qui est proposée par François Ruffin qui appelle à une grande primaire de la gauche pour 2027 de Philippe Poutou à François Hollande et il dit en gros laissons les électeurs tranchés et l'incarnation, la figure qui sera choisie déterminera la ligne de la gauche. Je pense que c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire.

D'abord, ça n'a pas de sens de penser que on ferait concrètement si on suit cette hypoque pas sens de laisser les électeurs tranchés. Si bien sûr et à la fin les électeurs tranche c'est la démocratie de toute façon et tant mieux et nous sommes fiers nous au Parti socialistes de voter en interne. Je signale d'ailleurs que c'est pas le cas de tous les partis à gauche.

Mais imaginez concrètement ce que vous venez de dire. Ça veut dire que vous allez faire Oui. Oui.

Oui. Ça veut dire qu'on demande par exemple à Philippe Poutou de signer un papier qui dirait puisqu'il s'engagerait dans cette primaire à la fin si c'est François Hollande qui gagne, tu t'engages à soutenir François Hollande et réciproquement. Enfin franchement ça n'a aucun sens.

On sait très bien que c'est la carpe et le lapin et que ce ne sont pas les mêmes lignes sur des sujets aussi fondamentaux. On vient de parler de l'Ukra façon Jeanl Mélenchon ne veut pas entendre parler. C'est la deuxième réponse que j'allais vous faire.

Vous avez des figures, on les aime, on les aime pas mais enfin Jean-Luc Mélenchon incarne quelque chose, Raphaël Gluxman incarne quelque chose qui ont déjà dit non. Ouis, mais sur le principe, cette idée de dire, ce serait intéressant de laisser le choix aux électeurs, de regrouper toute cette gauche et de laisser le choix aux électeurs pour définir justement la personnalité et le projet. Mais est-ce qu'on peut arrêter de commencer par de la tambouille ?

Est-ce qu'on peut commencer par des idées, par du fond et de voir celles et ceux qui se retrouvent ? Il y a des gens qui sont résolument proéen à gauche, j'en fais partie. Et il y en a d'autres.

Et puis il y en a qui sont eurosceptiques voire carrément antie-Européens. Vous les connaissez. Bon, je suggère qu'on rassemble d'abord celles et ceux qui sont résolument proeuropéens.

Moi, je fais partie de cette gauche qui est clairement à gauche. On a aucune leçon de gauche à recevoir de personne. Moi, je la mets en œuvre.

C'est quoi la gauche qui est pas clairement à gauche ? Qui vous ciblez ? Non, mais parce que parfois, j'entends des procès comme quoi la gauche serait social, libérale.

Pas du tout. Venez à Rond et venez voir ce qu'on fait sur la culture, ce qu'on fait sur le social, sur les mobilités. Hélène Jofroi les maires de Vau envelin.

Est-ce que on peut imaginer 2 secondes ce que ça veut dire que d'être maire d'une commune à ce point populaire ? Karim Wamran, il est maire de Saint-toin. C'est pas des politiques de gauche, des politiques de gauche.

Mais là, vous parlez que des socialistes. Jusqu et jusqu'où voulez vous l'ouvrez cet éventail de de gauche ? Est-ce que vous allez jusqu'à François Ruffin ?

Je je vous réponds. C'est parce que ce procès là parfois est entendu sur le fait qu'il y aurait des gens qui seraient plus purement à gauche. Moi, je prétends que la vraie gauche, c'est celle qui agit.

C'est pas des hologrammes dans des meetings, c'est l'action concrète pour améliorer la vie des gens. Et je dis aussi clairement républicaine parce qu'il y a une partie de la gauche qui a fait un choix et elle l'assume d'ailleurs de fracturer la société, de conflictualiser systématiquement. Ça n'est pas notre choix et notre conviction c'est que la gauche qui est aujourd'hui très faible est à moins de 30 % si on additionne tout.

Enfin Jeanc Mélenchon est très fort lui pour le coup. Bah pardon mais il savait trois fois qu'and la présidentiel il était 22 % le score du Parti socialiste. On était encore plus faible.

Il a gagné. Non, il a pas gagné. Il a candidaté.

Ben moi, j'ai jamais candidaté. Il a candidaté combien de fois ? Trois fois.

Et il a perdu trois fois. Et tout le monde le sait aujourd'hui, il est l'une des personnalités politiques les plus repoussoires de l'espace politique. Il représente des millions d'électeurs.

Est-ce que vous pouvez faire sans ces millions d'électeurs Je fais bien la et vous avez c'est très juste ce point-là et merci de poser cette question parce que je fais bien la distinction entre les électeurs et la direction de la France insoumise. De la même façon qu'il y a des gens qui ont pu être comment dire sensible et attirés par la position de Jean-Luc Mélenchon, il y a aussi des électeurs de gauche qui un temps ont voté Emmanuel Macron et qui en sont revenus. Toutes ces personnes sont aujourd'hui un peu orphelines politiquement de cette offre politique clairement à gauche et clairement républicaine.

C'est celle-là qu'il faut construire. Une fois qu'on a ce sole. Bien sûr qu'il faut un contrat de législature.

C'est ce que je fais tous les jours, hein. Moi, je gère une majorité avec 71 maires et des écologistes et des communistes et des place publique. Et ça c'est un contrat avec la construisez jusqu'à François Ruffin qui était ma question initiale pourquoi pas mais bien sûr pourquoi pas à condition qu'on commence par cette gauche claire universaliste, laïque, profondément à gauche, profondément républicaine.

Une fois qu'on a ce GPS, une fois qu'on a cette fédération, je vais vous donner des noms, Raphaël Gluxman vous l'avez cité. Je vais en citer d'autres. Benoît Amont, Karim Adéli, monsieur Jade par exemple.

Bon mais pas Sandrine Rousseau mais pas de Marine Tondolier. Sandrine Rousseau, il faudra qu'elle détermine Marine Tondolier. Quand j'entends ce qu'elle a dit à propos de Jérôme Gued, je je me demande ce qu'elle souhaite et j'ai compris qu'elle voulait une primaire incluant monsieur Mélenchon qui lui-même non seulement l'a brutaliser elle, il suffit de lire la meute mais en plus n'en veut pas de la primaire.

Est-ce qu'on peut juste arrêter la tambouille et commencer par le fond ? On parle de l'élection présidentielle. C'est vrai que là vous nous parlez d'incarnation locale, vous nous parlez des personnes qui construisent la gauche.

Certes, mais est-ce qu'il y a pas des thèmes pour lequels la gauche est un peu tardive ? même peut-être considéré comme un peu naïf. Finalement, le PS, on l'entend pas tellement sur les questions internationales, sur les questions républicaines, vous le disiez, des valeurs, sur les questions aussi de sécurité.

Est-ce que finalement tous ces thèmes-là qui vont un peu emporter la présidentielle de 2027, il est pas temps de les prendre à bras le corps et de de finalement les incarner aussi parce que parce que c'est ça la force de Jean Mélenchon, c'est de proposer quelque chose, même si au fond on sait même pas s'il veut être élu, mais au moins il parle. Je je suis obligé par honnêteté de de partager ce que vous dites dans le sens où même si je le regrette euh une partie des Français que je côtoie me le disent. Il trouvent que nous ne sommes pas suffisamment clairs sur des sujets et présents sur des sujets qui sont au cœur de leurs préoccupations et de leurs inquiétudes tels que ceux que vous venez de citer.

On peut aussi ouvrir les cahiers d'oléances des gilets jaunes par exemple et on retrouve certains des sujets que vous venez d'évoquer. Donc c'est la priorité. Vous avez absolument raison.

Mais là où je suis optimiste et positif, c'est que nous avons cette matière parce que nous avons des parlementaires, des élus locaux, des militants qui ont travailler et le rôle d'une direction d'un parti, c'est de rassembler tout cela et d'en faire une offre politique nationale. Voilà l'enjeu pour c'est pour ça que ce congrès est si important. En ce qui concerne LFI, et je le dis de façon tout à fait neutre, moi j'ai aucun problème à reconnaître qu'ils ont beaucoup plus bossé que nous ces dernières années et c'est un problème pour nous.

On peut pas juste dire que les filles, c'est comme c sans en s'exonérant si vous voulez de nos propres faiblesses et les filles ils ont un leader, une équipe parce que c'est pas juste Jean-Luc Mélenchon et une ligne. Ouais. Ben voilà.

En un mot, vous avez des ambitions présidentielles ou ? Non non, moi je suis pas demandeur. Ma priorité, excusez-moi, mais ma priorité c'est les municipales.

On a un sujet pour nous quand même hein.