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Podcast / conversationINA Actu· 10 décembre 2021 26 minComplaisantDivertissementInstitutions & électionsEurope & internationalCulture, médias & sport

L’INAttendu : Miss France, Eric Zemmour et l'humour en politique | Archive INA

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

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0:00
Locuteur non identifié

Regardez la France au fond des yeux. Oui, moi, j'aimerais beaucoup que les aimes apprennent à tricoter. D'accord là-dessus.

0:05
Présentateur

À votre place, je la ramènerais un peu moins. Mais si vous ne réussissez pas, c'est qu'il vous manque une seule chose, un tout petit détail.

0:11
Locuteur non identifié

On fait les valises, on rentre à Paris. Qu'est-ce qui lui arrive à l'abdeuille ?

0:15
Présentateur

Comme chaque semaine, France Info et Lina vous offrent un voyage dans le temps à travers les archives de la télévision pour mieux comprendre l'actualité contemporaine. C'est Lina Tendu. Vous êtes bien sûr les bienvenus. Une émission très largement consacrée aux médias et à la politique. Puisqu'avec notre invité, Jean-Louis Debré, nous allons parler de l'humour en politique. À mes côtés, Camille Doxerre, Ludivine Lopez, journaliste à la rédaction de Lina. Bonjour à toutes les deux. Alors on commence avec vous, Camille. Le magazine Elle a pris une décision majeure et va arrêter de faire la promotion de la fourrure animale.

Oui, les 41 éditions du magazine Elle dans le monde entier, dont la version française évidemment, vont à partir du 1er janvier prochain appliquer cette décision stop à la fourrure animale dans les pages du magazine. Une décision qui s'inscrit selon la direction dans une démarche écologique contre la cruauté envers les animaux. La vraie fourrure animale n'est donc plus à la mode, Nathanael. Eh bien, allez dire ça à ce journaliste de... Mais je soutiens totalement la décision de... Évidemment, évidemment. Mais allez dire ça tout de même à ce journaliste de 1966, pour qui les fourrures portées par les bêtes allaient tout aussi bien aux belles.

1:30
Locuteur non identifié

La nature a luxueusement paré certaines bêtes qu'on appelle sauvages. Mais cet hiver, elles ne seront pas seules à porter leur somptueuse parure. C'est ce que laisse supposer la collection créée par Carven. Attendons-nous à une sérieuse émulation. Belle à peau d'oslo.

1:52
Invité

Oslo à peau d'oslo. Dans le mouvement, dans la souplesse, la fourrure d'empreint demeure aussi vivante que l'autre. Teinte pastel d'un plumage et teinte d'un vison. Les belles auront le dernier mot, puisque ce sont elles qui font revivre les plus belles des fourrures. Mais attention aux trappeurs des Champs-Elysées.

2:14
Présentateur

Voilà, un petit peu de misogynie, pas de compassion pour les animaux, c'était l'archive bon goût. Autre sujet qui prête à discussion, Ludivine, vous allez nous parler des Miss France aujourd'hui. Oui, Amandine, petite Miss France 2021, va rendre sa couronne ce week-end à l'occasion... Déjà ? Déjà. Ça passe vite une année. Un an, ça passe vite une année, Nathanael. Donc, elle va rendre sa couronne à l'occasion du célèbre concours. Ces dernières années, l'élection a fréquemment été remise en question, notamment pour l'image que le concours renvoie de la femme.

Certaines ex-Miss France, au contraire, parlent de véritables tremplins pour leur carrière dans la mode, au cinéma, à la télévision, à l'image de Laurie Tillman, Miss France 2011. C'est vrai que la vie post-Miss France a changé comparée aux années 80. Écoutez, c'est lauréate, c'était en 1983. Les photographes nous proposaient, en général, de faire des photos de nus. Mais c'est assez normal, dans la mesure où, bon, pour faire du nu, pour poser nu, il faut que la fille soit jolie. Donc, par définition, Miss France étant jolie, on nous propose ça. On me l'a proposé, pour Playboy notamment, j'ai refusé. On l'a proposé pratiquement à toutes les Miss France.

Oui, oui, moi aussi, il faut faire du nu sur les magasins de nuit. À l'époque où j'étais Miss France, bien entendu, avec l'écharpe Miss France.

3:26
Invité

C'est surtout ce qui les intéresse, en plus.

3:28
Présentateur

J'ai eu des propositions pour des romans feuilletants, mais pornographiques. C'est-à-dire entre filles, avec garçons. Ah, vous l'avez entendu, des perspectives d'avenir pas très flatteuses, heureusement. Ça les faisait bien marrer. Oui, ça les faisait rigoler, ça c'est vrai, mais heureusement, les temps ont changé, Nathanaï. Voilà pour l'actualité de cette semaine. Que s'est-il passé à cette même période de l'année par le passé ? Pour le savoir, il faut regarder absolument le zapping de l'inattendu.

3:57
Invité

Bonjour. Images totalement impensables, il y a encore peu de temps, celle du blanc, Frédéric Declerc, et du noir, Nelson Mandela, recevant conjointement le prix Nobel de la paix. Le leader de l'ANC, Nelson Mandela, a affirmé qu'il acceptait ce prix Nobel dans l'espoir qu'il aiderait à la réconciliation nationale.

4:18
Locuteur non identifié

Dès l'été prochain, la sphère d'acier de 55 mètres de diamètre qui renfermera EDF-1 s'inscrira dans le paysage à côté des parallélipipettes de béton de EDF-2.

4:36
Invité

Les premiers kilowatts d'électricité d'origine nucléaire partiront vers le réseau de distribution. À Chinon, ce jour-là, l'atome commencera à prendre la relève des grands barrages et de leurs usines hydroélectriques.

4:56
Locuteur non identifié

Toutes les télévisions et les chaînes de radio américaines ont interrompu leur programme pour annoncer la mort de John Lennon. Les admirateurs de Lennon se demandent aujourd'hui pourquoi. Pourquoi ce jeune Américain de 25 ans, David Chapman, a tiré à bout portant sur John Lennon alors qu'il rentrait chez lui avec sa femme après une séance d'enregistrement.

5:16
Invité

« Qui que tu sois et d'où que tu viennes, Saint-Nicolas, tu es avant tout celui dont l'arrivée est fêtée avec la même joie par les petits et par les grands. » « Bonsoir, bonne soirée. Merci. »

5:36
Présentateur

Depuis une semaine, Éric Zemmour est officiellement candidat à l'élection présidentielle, une candidature dans laquelle Camille, il veut se détacher de son passé de journaliste. Oui, et dans sa vidéo de candidature, il disait ne plus pouvoir se contenter de son rôle de journaliste, d'écrivain et de lanceur d'alerte pour reprendre ses mots. Pourtant, s'il est candidat aujourd'hui à l'élection présidentielle, c'est quand même largement grâce à son passé de journaliste et surtout à ses 20, 25 dernières années qu'il a passé à écumer tous les plateaux télé pour se faire un nom.

De journaliste, éditorialiste à polémiste, Éric Zemmour y a affûté son style, ses idées polémiques, tout ça sous l'œil des caméras. C'est une histoire qui n'a pas très bien commencé. Marc Zemmour, Info Matin. 1995, c'est la première apparition télé d'Éric Zemmour. Il a 36 ans et il est journaliste pour le quotidien Info Matin, un journal non étiqueté politiquement. À l'aise sur les plateaux télé, il devient un invité récurrent de l'émission de Michel Cotta. Il est ce qu'on appelle un bon client aux opinions tranchées. Il y a une ambiance délétère dans certaines banlieues où des bandes de jeunes font la loi, où les policiers ne rentrent plus.

Si le pouvoir républicain ne se rétablit pas dans ces zones-là, d'abord le Front National va exploser. Mais c'est terrible parce que la plupart de ces délinquants sont des jeunes de l'immigration et donc ça donne un cocktail explosif. C'est le début de la carrière télé d'Éric Zemmour. En cette année 95, année présidentielle, il est sur France 2, un journaliste régulier des émissions politiques où il interroge des personnalités de tous bords. En parallèle, le journaliste éditorialiste quitte Info Matin et rejoint le Figaro en 1996. Éric Zemmour vient d'arriver, Figaro. Vous avez le titre du Figaro de demain matin ? Non, non. Pas encore. Il se veut aussi écrivain, essayiste.

7:31
Invité

J'ai la nostalgie des duels sur le prêt. Alors comment on ne peut plus faire ça ? Je ne peux plus sortir mon épée, voilà, malheureusement. Donc je sors mon Macintosh et je tape sur mon ordinateur comme un petit fou.

7:41
Présentateur

Comme un petit fou, il règle ses comptes contre le pouvoir judiciaire, le déclin de la droite et en l'an 2000, il s'associe à la star du petit écran de l'époque, Patrick Poivre d'Arvor. Ensemble, ils écrivent un livre pour dénoncer la transparence demandée aux politiques sur leur vie privée.

7:59
Invité

Il faut aussi connaître leur vie privée parce que, parce que, ça a une évolution sur leur décision politique, sur la vie politique. Dans le monde entier, cette évolution a déjà eu cours. Et la France résiste. Et c'est la France, c'est le dernier pays à résister. Et c'est une exception culturelle sympathique.

8:13
Présentateur

En 2006, sa notoriété fait un bond. Il rejoint On n'est pas couché, émission de Laurent Ruquier sur France 2. Et la même année, il règle ses comptes avec les femmes et contre ce qu'il appelle la féminisation des hommes. C'est la sortie de son livre, Le premier sexe.

8:30
Invité

Le cri d'un journaliste et écrivain, Éric Zemmour, qui met les pieds dans le plat dans un livre en forme de manifeste. D'après lui, les mâles sont en voie d'extinction.

8:40
Présentateur

Sur les plateaux télé, Éric Zemmour provoque ses interlocutrices, comme Clémentine Autain, alors adjointe au maire de Paris. Il s'agit simplement d'expliquer que c'était mieux avant, que quand l'homme dominait les femmes.

8:53
Invité

Les pauvres femmes dominées par les hommes. Mais vous croyez que votre grand-mère était plus idiote que vous ? Vous croyez que votre arrière-grand-mère était plus idiote que vous ? Non.

9:02
Présentateur

Éric Zemmour a fait sa mue. En quelques années, il est devenu l'un des polémistes les plus célèbres de France. Sur les plateaux, il développe ses idées politiques, quitte à aller trop loin et à finir devant les tribunaux.

9:15
Invité

Dès l'instant qu'on est contrôlé 17 fois dans la journée, ça modifie le caractère. Si ça t'arrivait... Pourquoi on est contrôlé 17 fois ? Attends, mais laisse-moi finir.

9:22
Présentateur

Parce que la plupart des trafiquants sont en arrière-hérable.

9:25
Invité

C'est comme ça. C'est un fait.

9:26
Présentateur

Depuis ses propos, il y a une dizaine d'années, Éric Zemmour a vu multiplier les phrases polémiques. Il a d'ailleurs été poursuivi une quinzaine de fois pour ce qu'il a pu dire. Oui, et il a été condamné deux fois pour provocation à la haine raciale et pour provocation à la haine religieuse. Alors ce qui est intéressant, quand on regarde toutes les archives qu'il y a d'Éric Zemmour à la télévision, c'est que depuis ses débuts, depuis 1995, quand il a commencé à être invité, il a tout de suite été un très bon client et il a été invité partout. Il a même été invité par Jean-Luc Delarue dans l'émission « Ça se discute », une émission sociétale de témoignage.

On ne l'attendait pas forcément dans cette émission. Sauf que ce soir-là, le sujet est « La politique mérite-t-elle qu'on milite encore pour elle ? »

10:13
Invité

Est-ce que vous avez le sentiment qu'un homme politique parle de la même manière aux électeurs de manière générale et à ses militants en particulier ?

10:20
Présentateur

C'est même tout leur problème. C'est-à-dire qu'ils ont deux façons de parler, ils ont deux discours, non pas sur le fond d'ailleurs forcément, mais déjà dans la forme. Et je dis que c'est un de leurs problèmes car il se trouve avec la télévision que les images de leurs propos vis-à-vis des militants, où ils doivent un peu enflammer la salle, où ils doivent être un peu non pas sectaires, mais enthousiastes, donc forcément partiels. Ces images et ces propos sont reportés à la télévision avec un effet d'impact énorme.

10:50
Invité

Et des millions de gens les reçoivent confortablement assis dans leur fauteuil et disent « Mais qu'est-ce que ce fou ? Qu'est-ce que cet hystérique ? » Alors qu'en fait, eux, ils sont là pour emporter l'adhésion, l'enthousiasme des militants qui sont venus pour ça. Et c'est tout à leur honneur. Et du coup, il y a un décalage entre les deux.

11:06
Présentateur

Voilà, 1995, ils connaissaient donc déjà très bien les effets de la télévision pour un journaliste en manque de notoriété et pour un homme politique. Voilà, de Zemmour le journaliste à Zemmour le candidat. Merci beaucoup Camille pour cet éclairage. Et nous allons parler maintenant de l'humour en politique. Avec notre invité Jean-Louis Debré. Bonjour. Député, ministre de l'Intérieur, président de l'Assemblée nationale, président du Conseil constitutionnel. Je vais oublier. 35 ans de carrière ponctuée de nombreuses petites phrases. Et vous en avez recensé plusieurs dans votre livre « Quand les politiques nous faisaient rire ». C'est aux collections bouquins.

Tiens, un mot d'abord sur le prix décerné cette semaine à Marlène Schiappa, le prix de l'humour politique décerné par le Presse-Club de France pour cette phrase prononcée sur Radio-J. C'était en décembre 2020. Regardez, on ne va pas s'interdire les plans à Troyes. Elle défendait alors son projet de loi visant à lutter contre la polygamie. 16 hommes et femmes politiques étaient en compétition pour des petites phrases pour ce prix. Est-ce que vous pensez que cette victoire est méritée ? Peut-être pas pour cette phrase, mais pour beaucoup d'autres. Vous avez d'ailleurs, vous, reçu ? Oui, oui, j'ai reçu. C'était mon jour de gloire.

Quand j'avais dit « Je n'imagine pas la Corse séparée du continent ». Vous n'étiez pas à votre premier coup d'essai. Des traits d'humour, vous en avez fait d'autres, comme celui-ci en 1997. À l'époque, vous réagissiez à la télévision au propos de la ministre de l'Environnement, Dominique Voinet, et de la garde des Sceaux, Elisabeth Guigou. Elles envisageaient de dépénaliser le cannabis. Ces deux ministres, finalement, véhiculaient une attitude laxiste à l'égard de la drogue. Et je me demande si, après avoir connu la gauche caviar, nous ne sommes pas en train de voir arriver la gauche pétard. On note l'effet de style. Elle était préparée, cette phrase ? Pas du tout.

Mais l'humour le plus drôle, c'est celui qui n'est pas préparé. C'est instinctif. J'ai fait, dans ma vie politique, j'ai fait énormément de discours. On n'en a retenu aucun. Sauf les petites phrases. Et les politiques ont souvent compris qu'on ne retenait que ce qui attire l'attention, ce qui capte l'intérêt. Et donc les petites phrases sont importantes. Alors, Jean-Louis Debré, arrêtez-moi si je me trompe, mais j'ai quand même l'impression que l'humour en politique, c'est une tradition républicaine. On le constate notamment en lisant votre livre. Vous citez, par exemple, cet échange dans l'hémicycle entre Georges Clémenceau et Jean Jaurès. C'était en 1906.

Le premier dit à son adversaire, vous n'êtes pas le bon dieu, Jean Rès réplique, et vous, vous n'êtes pas le diable. Qu'en savez-vous ? Lui rétorque alors Clémenceau. Je le fais bien ? Oui, très bien. Parfait. Alors, c'est plus que pour faire rire, c'est surtout de la grande rhétorique, là. Oui, mais Clémenceau est un très bon exemple, parce qu'il va avoir un humour méchant, souvent. Mais l'humour en politique, il l'avait très bien compris, comme d'autres l'ont compris après, a deux finalités. À la fois, faire mal, attaquer l'adversaire, faire rire à ses dépens.

La seule fois où j'ai fait rire dans l'hémicycle, c'était le député Mamère, monsieur Mamère député, et critiquer la constitution, constitution écrite par mon père. Et à ce moment, je lui demande la parole, et il pense que je vais le contredire, et je lui dis, monsieur Mamère, je préfère la constitution de mon père. Et immédiatement, si vous voulez, l'effet est là, tout le monde se met à rire, on ne sait plus ce qu'il a dit avant, et après, ça n'a plus l'importance. Et un autre qui maniait habilement la rhétorique humoristique, c'était le général de Gaulle. Vous le citez plusieurs fois dans votre livre. Ces phrases cultes, on les retrouve dans les archives. Voici une sélection.

De temps en temps, on me dit, ou on me fait dire, après vous, ce sera la pagaille. Alors, quelques-uns suggèrent que l'on institue la pagaille tout de suite.

15:16
Locuteur non identifié

Pourquoi voulez-vous qu'à 67, je commence une carrière de dictateur ?

15:22
Présentateur

Ce qui est à redouter, à mon sens, ce n'est pas le vide politique, c'est plutôt le trop-plein. Pourquoi n'avez-vous pas jugé bon de donner au peuple français les informations qui lui auraient permis de juger l'action de votre gouvernement dans l'affaire Ben Barka ? C'est l'effet de mon inexpérience.

15:44
Locuteur non identifié

Comment vous portez-vous ?

15:46
Présentateur

Je vais vous répondre tout de suite. Pas mal. Je ne vais pas mal. Et rassurez-vous, un jour, je ne manquerai pas de mourir. Et vous voyez, on ne se souvient plus de la conférence de presse, on ne se souvient plus du reste, mais de ces petites phrases. Oui, on les retient, effectivement. Et qui, en trois mots, ont déstabilisé. Parce qu'une des autres fonctions, pardon, de l'humour, c'est de déstabiliser le journalisme. Oui, d'ailleurs, on remarque, il utilise beaucoup l'humour, le général de Gaulle, pour détourner les questions des journalistes. Et après, la conférence de presse n'a plus d'intérêt. Après, tout a été dit. D'ailleurs, à l'époque, on n'a repris que ces petites phrases.

Et il existe, d'ailleurs, des maîtres en la matière dans les archives. Vous me voyez sûrement venir. François Mitterrand, Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing, Georges Marchais, maîtriser cet art à la perfection. Et ça a donné lieu à de grands moments de télévision.

16:39
Invité

Vous raisonnez comme il y a 40 ans.

16:42
Locuteur non identifié

Entendre ça de la bouche d'un léniniste, je trouve que ça ne manque pas de ça. Comme il y a 40 ans.

16:48
Présentateur

Je suis très loin, malheureusement, d'avoir les mêmes facilités intellectuelles que le président de la République. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'il est à l'Élysée, probablement.

16:57
Invité

Et... C'est certain que Georges Marchais pratique l'union de la gauche comme l'union soviétique pratique la détente, la coup de canon.

17:09
Locuteur non identifié

En effet, vous gérez le ministère de la Parole, ceci depuis 1965 ou depuis 1974. Moi, j'ai géré la France. Le Concorde ne tombe jamais en panne, sauf quand M. Mitterrand monte dedans. Je veux dire, c'est pas normal.

17:22
Présentateur

Jean-Louis Debré, c'était des phrases percutantes, bien ciselées, sur fond de sarcasme. C'était fort ? Oui, oui, oui. Parce qu'encore une fois, tout le problème est d'atteindre son adversaire sans être ni vulgaire, ni agressif. Et donc, quand on parle du Concorde, à l'instant, c'est fantastique. Parce qu'il n'a pas agressé M. Mitterrand. Mais il a fait une phrase qui fait qu'on rit, M. Mitterrand. C'est ça, l'humour. Et c'est là où tout le monde n'a pas cet humour. Parce qu'il faut avoir la répartie. Je vous ai senti quand même ému en regardant ces images de Jacques Chirac, de Georges Marchais. Est-ce que c'était mieux avant l'humour en politique ? Non, c'est toujours mieux avant.

On a toujours la nostalgie du passé. Simplement, ce que je constate en ce qui concerne l'humour, c'est que, c'est pour ça que j'ai mis le titre de mon livre au passé, c'est qu'aujourd'hui, la télévision continue. L'entrée à partir de 1956, des caméras dans l'hémicycle, les réseaux sociaux font qu'aujourd'hui, on est prudent. Et puis, les hommes, les femmes politiques, il y a 30, 40, 50 ans, avaient une culture qui leur permettait une culture du verbe et une culture de la présence. On avait, à l'époque, de vrais orateurs. Tout de même, aujourd'hui, quel homme politique, quelle femme politique vous fait rire ?

On parlait de Marlène Schiappa tout à l'heure, qui a reçu le grand prix humour et politique du Presse Club de France. Est-ce qu'il y en a d'autres ? Écoutez, très objectivement, ils me font plutôt pleurer en ce moment. Je ne trouve pas de petites phrases drôles. Ils se prennent pour des orateurs extraordinaires. Parce que l'humour, c'est aussi construit dans un discours qui va changer de rythme. On fait de l'humour, puis on fait une phrase, puis on revient. On n'a plus ces grands orateurs. Et dans votre livre, vous vous contentez de ces lapsus nombreux dans l'hémicycle, en meeting ou en interview. Ils sont quand même assez savoureux. Avouons-le et ça méritait bien. Un petit Florillège.

19:39
Invité

Il est légitime que nos concitoyens soient inquiets, s'agissant des autorisations qui ont été données en matière d'exploration et d'exploitation de gisements de gaz de schiste. C'est donc un projet extrêmement vague, vaste, et c'est ça l'essentiel aujourd'hui. Attention, lapsus, vaste, pas vague, c'est ça. Oui, oui, vaste.

20:00
Locuteur non identifié

Cet écoeur, le gode électoral dit clairement. La France de toute éternité a toujours été du côté des opprimés et toujours été du côté des dictateurs.

20:10
Invité

Sans que vous-même, qui étiez alors conseiller de François Hollande...

20:14
Locuteur non identifié

Non, j'étais président de la... J'étais président.

20:16
Invité

Non, c'est un beau lapsus.

20:17
Présentateur

J'étais ministre de l'économie et de l'industrie. Mesdames et messieurs les retraités, monsieur le député Jean-Philippe Ndi. On était plutôt là dans le registre de l'humour involontaire. Est-ce que finalement les politiques aujourd'hui, vous considérez qu'ils ont moins d'humour ? Est-ce que c'est lié au contexte sanitaire, écologique ? C'est lié aussi au fait que jadis, il y a encore 30 ans, on improvisait. Oui. Or, aujourd'hui, les parlementaires sont entourés de collaborateurs qui leur écrivent un papier, ils lisent le papier. Vous savez, aujourd'hui, il n'y a plus de spontanéité parce qu'on a peur. Et puis, il y a trop de collaborateurs.

Et puis, encore une fois, j'ai dit tout à l'heure, la culture, la culture du débat n'est plus là. Est-ce que c'est finalement le rôle des politiques, des chefs d'État d'être drôles, même dans un discours ? Depuis deux ans, on est quand même dans des sujets extrêmement lourds. Il y a des moments où il faut être grave. Mais quand vous essayez de faire passer un message, quand vous essayez d'attirer... Quand vous passez devant la télévision avec plusieurs millions de personnes, il y a un message à délivrer. Mais il y a toujours aussi un message d'optimisme. Car un homme politique ne peut pas semer le pessimisme. Et donc, il faut trouver... C'est là, tout l'art.

Trouver l'humour qui ne choque pas, mais qui dit... Il dit qu'il est sympathique, il a dit des choses graves, mais il a aussi évoqué l'avenir avec humour. D'ailleurs, parmi les derniers chefs d'État, il y en a un qui a fait ses preuves en matière d'humour. C'est François Hollande. Son autodérision, c'est la palissade, ses affirmations évidentes qui prêtent à rire. Ses phrases sarcastiques, particulièrement envers ses adversaires, portent même un nom. Les Hollanderies, comme les Raphaël Runade, à une autre époque. L'ancien président a plusieurs fois été récompensé au prix de l'humour politique. En novembre 2017, c'était pour l'ensemble de sa carrière humoristique.

Il est venu chercher le prix. Exactement, il est venu chercher son prix, évidemment, avec beaucoup d'humour. J'ai bien compris que c'était l'ensemble de mon œuvre qui était saluée ce soir. Je parle de ce domaine-là. J'ai toujours conçu l'humour comme un moyen de faire passer des idées, ou en tout cas des arguments. L'humour n'est pas une facétie. L'humour, c'est une méthode qui consiste effectivement en une formule piquante d'en dire davantage que dans un discours laborieux. Et l'humour, c'est aussi une façon de partager, et pas simplement une forme de distanciation, comme on le dit souvent. Il a raison, François Hollande, l'humour, ça sert aussi à fédérer l'humour en politique.

Oui, c'est ce que je vous disais tout à l'heure, c'est que ça permet de rassembler des hommes, des femmes, qui ne sont pas forcément des militants, des sympathisants. Faire rire, faire rire, faire sourire, semer un peu d'espoir. Alors, Hollande a été un maître. Il est un maître. C'est une tactique aussi pour être populaire, d'utiliser l'humour ? C'est une tactique politique au final ? Écoutez, ça rend plutôt sympathique. Or, la politique, c'est d'apparaître aux électrices et aux électeurs sympathiques.

Ça ne veut pas dire qu'on dit n'importe quoi, mais la sympathie dans un monde de bruit, dans un monde d'individualisme, quelqu'un qui vient à la télévision et qui commence à vous casser les pieds, et qui vous endort, on zappe. Quand on sait qu'on va sourire, quand on sait qu'on va passer un bon moment, on écoute. Jean-Louis Debré, merci de nous avoir fait partager vos souvenirs et vos sourires aussi. Je rappelle le titre de votre livre, « Quand les politiques nous faisaient rire » aux éditions Bouquin. Merci également à vous, Ludivine, de nous avoir rassemblé ces bons moments de l'histoire de la télévision.

On se quitte avec notre traditionnel pépite qui devrait vous plaire, Jean-Louis Debré. En 1959, les humoristes Pierre Dac et Francis Blanche étaient à la tête d'un nouveau parti, le parti d'en rire.

24:37
Locuteur non identifié

« Oui, notre parti, parti d'en rire, oui, c'est le parti, de tous ceux qui n'ont pas pris de partie, notre parti, parti d'en rire, oui, c'est le parti, de tous ceux qui n'ont pas pris de partie, notre parti d'en rire. On se retrouve bien sûr la semaine prochaine sur le canal 27 toute la semaine sur les réseaux sociaux

25:26
Présentateur

que ce soit ceux de l'INA ou ceux de France Info. Vous pouvez venir aussi monsieur Debré. Émission préparée grâce à nos documentalistes. Elles sont précieuses quand on voit leur travail. Émilie Galtier et Claire Brûlé. Alors merci à elles et merci à vous d'être là chaque semaine.