L'invité d'Apolline Matin : Philippe Laurent - 30/03
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:43FerméeRéponse directe
Vous avez déjà connu ça à ce point ?
- 1:22OuverteRéponse partielle
Vous dites que ça s'est considérablement dégradé de manière personnelle.
- 1:35RelanceRéponse directe
Il y a quand même une chose qui me frappe beaucoup, c'est qu'effectivement, la démocratie c'est le jeu, ça peut être tendu.
- 3:44OuverteRéponse directe
Est-ce que vous ressentez ça, vous ?
- 4:39OuverteRéponse partielle
Est-ce que, vraiment, c'est la solution ? On parle, par exemple, de boutons d'urgence envisagés dans certaines mairies.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:12PrésentateurChiffre
« Il n'y a jamais eu autant de plaintes autour des élections municipales. C'est ce que dit le ministre de l'Intérieur, qui dénombre 120 000 faits judiciarisés. »
- 1:44Invité politiqueChiffre
« il y a à peu près deux tiers des maires qui ont déclaré avoir été victimes d'incivilité. »
- 1:54Invité politiqueFait
« Nous avons un observatoire qui a été créé avec le ministère de l'Intérieur et avec le Sénat, qui recense toutes les incivilités dont les maires sont victimes. »
- 3:41PrésentateurFait
« certains, Gérald Darmanin a parlé d'une ambiance pré-révolutionnaire. »
Temps de parole
- Philippe Laurent54 %
- Présentateur46 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. En attendant, on va parler de ces mairies, ces mairies face à la violence. Il n'y a jamais eu autant de plaintes autour des élections municipales. C'est ce que dit le ministre de l'Intérieur, qui dénombre 120 000 faits judiciarisés. Bonjour Philippe Laurent, vous êtes le maire UDI de Sceaux, dans les Hauts-de-Seine. Vous êtes vous-même vice-président de l'AMF, l'Association des maires de France. Je précise d'ailleurs que vous avez été élu et réélu. On a vu ce week-end les images terribles. La mairie de Frennes, qui a été littéralement saccagée.
Un maire breton qui a annoncé hier, alors qu'il était juste réélu, qu'il démissionnait après avoir reçu trop de menaces contre lui, contre sa famille. Il dit même qu'il est angoissé, qu'il a peur. Vous avez déjà connu ça à ce point ?
Pas du tout. Non, non, c'est la première fois. En effet, ce climat de violence et de haine, même parfois d'ailleurs, on le ressent dans les attaques qui ont été portées contre des mers sortants, notamment. C'est la première fois que ça se produit en France. Bon, il ne faut pas généraliser, il y a 35 000 communes. Mais tout de même, les images que nous voyons, elles sont extrêmement violentes. Et elles donnent vraiment une image très dégradée du climat politique, y compris local. C'est nouveau.
Y compris local, et ça c'est nouveau. Je précise évidemment que vous êtes en train de perdre votre voix. Heureusement, vous avez un verre d'eau à côté de vous. Vous dites que ça s'est considérablement dégradé de manière personnelle. Il y a quand même une chose qui me frappe beaucoup, c'est qu'effectivement, la démocratie c'est le jeu, ça peut être tendu. Là, ce sont des attaques, quand on voit le maire breton par exemple, ce sont des attaques contre lui, contre sa famille. Ce sont des tags sur son habitation personnelle.
Alors, nous avons connu quand même ça, pendant les mandats municipaux, depuis deux mandats à peu près. Puisque vous savez, il y a à peu près deux tiers des maires qui ont déclaré avoir été victimes d'incivilité. Pas forcément physique, mais d'incivilité, notamment sur les réseaux sociaux. Nous avons un observatoire qui a été créé avec le ministère de l'Intérieur et avec le Sénat, qui recense toutes les incivilités dont les maires sont victimes. Qu'ils déclarent. Donc deux tiers des maires ont été victimes pendant le mandat qui s'achève, qui s'est achevé, donc d'incivilité. Donc il y a quand même une dégradation.
Là, on atteint un point supplémentaire, un niveau supplémentaire qui est presque physique. On l'a vu dans certains cas. Vous avez parlé de quelques cas. Je veux citer aussi le cas de Vaud-en-Velin, par exemple, où Hélène Geoffroy a été molestée, alors que tout le monde connaît, dans le monde politique local, Hélène Geoffroy, qui est une maire. Elle n'est pas de ma famille politique. Elle est socialiste. Oui, mais c'est une maire qui était un exemple, en tout cas pour beaucoup, et qui était extrêmement investie dans la politique de la ville et dans ces questions-là.
Une maire très respectée, Hélène Geoffroy. Les propos, d'ailleurs, de la préfète du Rhône sont assez saisissants, parce qu'elle disait la semaine dernière, à propos de la violence à laquelle a dû faire face, effectivement, Hélène Geoffroy, elle disait d'elle, au fond, ce que nous avons vu dimanche soir, dimanche soir dernier, lors du second tour des élections, était de très loin ce que les habitants de Vaud-en-Velin sont en droit d'attendre, très loin de ce que les habitants de Vaud-en-Velin sont en droit d'attendre de la part de leurs élus. Les comportements observés, dit la préfète, sont une offense à la démocratie et une atteinte à la République.
Un élu LFI, me semble-t-il, contre une élue PS, au départ, c'est aussi, normalement, gauche contre gauche. Ce ne sont même pas, parfois, des oppositions, vraiment, où l'on passe d'un bord politique tout à fait à un autre. Il y a quelque chose de l'ordre, quoi, d'une sorte d'exutoire, certains, Gérald Darmanin a parlé d'une ambiance pré-révolutionnaire. Est-ce que vous ressentez ça, vous ?
Naturellement, je ne le ressens pas dans ma commune. Ni même, d'ailleurs, dans les Hauts-de-Seine, globalement. Mais, effectivement, à avoir les images et les textes et les mots qui sont employés, on parle de, on va te prendre, enfin, des choses, des expressions qui sont absolument inadmissibles de la part de gens qui prétendent exercer des responsabilités politiques et des responsabilités publiques. C'est là où est le problème. Ce sont des gens qui ont été élus. Très bien, la démocratie a parlé. Mais comment peuvent-ils ensuite prétendre être légitimes dans leur représentation politique, dans leur représentation institutionnelle de la République en ayant de tels propos ?
L'Association des maires de France, dont vous êtes le vice-président, dénonce, je cite, des tentatives d'intimidation, des agressions, des violences de toute nature en hausse. L'impunité doit cesser et certaines pistes sont évoquées. Est-ce que, vraiment, c'est la solution ? On parle, par exemple, de boutons d'urgence envisagés dans certaines mairies. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Je n'y suis pas défavorable, naturellement, mais ce n'est pas la solution. Non, il faut vraiment qu'on ait une réflexion de fond, une réflexion qui est politique, de fait, et qu'on se repenche aussi sur les questions d'éducation, parce que c'est ça qui pêche. C'est qu'on a, aujourd'hui, tout un pan de notre pays, tout un pan de la population, qui, malheureusement, manque totalement d'éducation, de formation. Dès le plus jeune âge, il faut montrer aux enfants ce qu'est la République, ce que sont les valeurs républicaines, les emmener dans les mairies. Et je peux vous dire que ça fonctionne pour les enfants, jusqu'au collège. C'est après, à partir du collège et du lycée, où il y a une absence.
Donc, il y a un vrai, vrai sujet, un vrai travail, que nous devons faire. Nous, nous pouvons le faire aussi, les maires, avec l'éducation nationale, pour inclure davantage d'éducation civique, davantage de formation sur les valeurs citoyennes, les valeurs républicaines. Transmettre, éduquer, communiquer.
Merci beaucoup, Philippe Laurent, maire UDI, donc réélu à Sceaux, dans le sud de Paris, et vice-président de l'Association des maires de France. Rétablissez-vous bien, on souffre un peu pour votre voix. Oui, on souffre un peu pour votre voix. Oui, on souffre un peu.
Philippe Laurent