Violences intrafamiliales : Dominique Vérien, la sénatrice de l'Yonne, appelle à une meilleure coordination des services
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:39OuverteRéponse directe
Est-ce que le contexte est le bon, selon vous, pour imaginer une évolution de la loi ?
- 1:42OuverteRéponse directe
Que manque-t-il dans les textes, justement, les textes existants pour mieux protéger les enfants ?
- 3:27FerméeRéponse partielle
Est-ce que cela suffit ?
- 4:37OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut tout prioriser ? Là, c'est effectivement... Est-ce qu'on a les moyens de le faire ?
- 5:19FerméeRéponse directe
Et vous, vous allez demander plus de moyens ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« Alors, en Espagne, lorsqu'ils ont fait la loi intégrale, c'était justement après une affaire qui avait défrayé la chronique d'une femme qui était venue témoigner à la télé des violences qu'elle avait subies et qui, le lendemain, était tuée par son ex-conjoint. »
- 1:51Invité politiqueFait
« Alors, en réalité, dans les textes, pas tant de choses que ça, sauf la formation de tous. »
- 5:22Invité politiqueChiffre
« Alors, en police et gendarmerie, en justice, on a déjà voté plus de moyens. On avait déjà voté 1500 magistrats en plus, 1800 greffiers en plus. »
- 5:33Invité politiqueChiffre
« Donc, on en a déjà 500 qui sont arrivés. L'année prochaine, on en aura encore 500. »
Temps de parole
- Dominique Vérien77 %
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- Présentateur 26 %
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Ici Auxerre, ici Matin. La proposition de loi intégrale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles déposée en novembre revient brutalement sur le devant de la scène après la mort de Ligiana, âgée de 11 ans, dont les obsèques ont lieu aujourd'hui. Pour en parler, Dominique Vérien, la sénatrice de Lyon, présidente de la délégation aux droits des femmes au Sénat, répond à vos questions, Damien Robin. Bonjour Dominique Vérien.
Bonjour Damien Robin.
Alors, on l'a dit, les obsèques de la petite Ligiana ont lieu aujourd'hui, 8 jours après la découverte de son corps dans le Gers, 8 jours aussi de critiques intenses de la justice et de ses limites. Est-ce que le contexte est le bon, selon vous, pour imaginer une évolution de la loi ?
Alors, en Espagne, lorsqu'ils ont fait la loi intégrale, c'était justement après une affaire qui avait défrayé la chronique d'une femme qui était venue témoigner à la télé des violences qu'elle avait subies et qui, le lendemain, était tuée par son ex-conjoint. Et à ce moment-là, tout le monde s'est saisi de l'opportunité, malheureusement, de faire une loi cadre qui concernait tous les ministères. Parce qu'aujourd'hui, on parle de la justice, mais en fait, il n'y a pas que la justice. Il y a déjà toute la chaîne pénale, donc police, gendarmerie, justice. Mais quand on parle des enfants, les services sociaux ne sont jamais vraiment loin.
Donc, ça concerne forcément aussi les ministères sociaux, mais aussi l'éducation nationale. Et donc, c'est triste de se dire qu'il aura fallu attendre le décès d'une enfant. Mais si ça permet de faire une loi cadre qui fasse que tout le monde se sente concerné par le sujet et que tout le monde travaille ensemble, et bien, pourquoi pas ?
Mais concrètement, Dominique Varian, aujourd'hui, que manque-t-il dans les textes, justement, les textes existants pour mieux protéger les enfants ?
Alors, en réalité, dans les textes, pas tant de choses que ça, sauf la formation de tous. Je vous parlais des services sociaux. Les services sociaux, dans le cadre du placement d'enfants, de savoir si on confie ou pas l'enfant à sa mère ou à son père, etc. Si les services sociaux ne sont pas formés à ce que sont les violences, à ce que c'est que le psychotraumatisme, et à bien comprendre s'il y a ou pas de la violence dans un couple, ils ne savent pas prendre les bonnes décisions et faire les bons dossiers, de telle sorte que les juges s'appuient dessus pour, eux, prendre les bonnes décisions.
Si l'éducation nationale ne fait pas l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, qui fasse que, quand on est un enfant, on comprend que son corps est son corps, et que, si jamais on subit l'inceste à la maison, et bien, on sait que ça n'est pas bien, et on peut le dire, « on ne pourra pas avancer ». Si, quand un enfant le dit, on ne le croit pas, on ne pourra pas avancer. Et c'est tout ça qu'il est nécessaire de mailler. Alors, faut-il passer par la loi ? Peut-être pas forcément, il y a quelques petites choses qui manquent, mais il faut passer par de l'information et par le fait d'arrêter de travailler en silo, et de faire qu'on puisse se parler.
Que quand un élu ou un enseignant fait un signalement, il y a un retour derrière pour savoir si l'affaire est bien prise en charge ou pas. Enfin, voilà, c'est en fait un problème d'organisation globale.
Tout à fait. Alors, également, il y a la perpétuité au lieu de 20 ans pour les viols, trois mois de délai pour les enquêtes concernant des victimes mineures, des mesures qui ont été présentées par le Premier ministre cette semaine. Est-ce que cela suffit ?
Cela ne suffira pas, puisque tout ce que j'ai dit juste avant ne fait pas partie de ces fameuses propositions. Est-ce que cela vient en complément, alors, on va dire ? Mais cela vient en complément. Alors, après, moi, qu'un violeur sériel soit en prison à perpétuité, personnellement, cela ne me dérange pas, parce qu'on sait que c'est un problème très spécifique et qu'on n'est pas sûr que le violeur sériel, quand il sort de prison, il ne va pas continuer. Parce qu'on n'a pas tout à fait les moyens de le corriger et de faire que, quand il sort, il soit moins dangereux que quand il est rentré. Ce à quoi doit servir, normalement, la prison ?
Mais là, quand je disais que ça touchait tout le monde, ça touche un manque de psychologues et surtout de psychiatres. Donc, il faut que la société s'organise pour être plus pacifique par rapport aux relations entre les hommes et les femmes et les enfants.
Parlons des moyens également. Après, la lutte contre les stupéfiants, la lutte contre les violences faites aux femmes, c'est la protection des enfants qui est aujourd'hui mise en avant. Est-ce qu'on peut tout prioriser ? Là, c'est effectivement... Est-ce qu'on a les moyens de le faire ?
Là, c'est un vrai problème de moyens. D'ailleurs, j'en parle souvent au niveau de police et gendarmerie. Aujourd'hui, ils sont obligés de prioriser parce qu'ils ne sont pas assez nombreux. Et donc, en fonction du colonel de gendarmerie, on priorise la protection des personnes ou on priorise la protection des biens. Et tout cela dépend aussi de l'impulsion que veut donner ou pas le ministre. Dans notre département, je pense que la protection des personnes est bien prise en charge. Mais effectivement, je sais que ça nécessite des choix derrière. S'ils étaient assez nombreux, ils n'auraient pas de choix à faire. Ils pourraient tout traiter.
Et vous, vous allez demander plus de moyens ?
Alors, en police et gendarmerie, en justice, on a déjà voté plus de moyens. On avait déjà voté 1500 magistrats en plus, 1800 greffiers en plus. Naturellement, il faut le temps de les former. Donc, on en a déjà 500 qui sont arrivés. L'année prochaine, on en aura encore 500. Donc, ça vient. Et puis, on sait que ça n'est pas suffisant, d'ailleurs. On savait très bien qu'en votant ces 1500, on serait obligés de re-voter 1500 plus tard. Mais, effectivement, on voit bien que la justice était le parent pauvre. Et aujourd'hui, la police, les forces de sécurité intérieure sont aussi le parent pauvre. Cela dit, même en n'étant pas si nombreux que ça, c'est bien quand ils se forment tous.
Je sais que la gendarmerie se forme. J'aimerais que toutes les forces de sécurité intérieure partout en France se forment de la même façon.
Merci, Dominique Vérien, sénatrice de Lyon et présidente de la délégation aux droits des femmes au Sénat d'avoir été notre invitée. Très bonne journée.
Merci beaucoup.
Au revoir.
Dominique Vérien