Olivier Véran : "Un 49.3 ce n'est pas banal, mais l'Assemblée nationale actuelle n'est pas banale"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse directe
Pourquoi utiliser le 49.3 alors qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée ni dans l'opinion ?
- 0:42FerméeÉludée
La réforme n'est-elle pas morte après le 49.3 ?
- 0:48RelanceRéponse directe
Malgré les concessions, l'équilibre financier est-il garanti ?
- 1:02OuverteRéponse directe
Y a-t-il une majorité à l'Assemblée pour cette réforme ?
- 1:55OuverteRéponse partielle
Pourquoi s'entêter sur cette réforme impopulaire ?
- 2:41RelanceRéponse partielle
On ne fait pas une réforme pour s'entêter, quelles sont les alternatives proposées par l'opposition ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueChiffre
« La réforme n'est pas morte. Pardon, sur le dernier point d'abord, non, l'équilibre à 2030, il est garanti, il est assuré. »
- 2:52Invité politiqueFait
« Nous le faisons en responsabilité, parce que notre système de retraite n'est pas équilibré financièrement dans les années et les décennies qui viennent. »
- 4:21Invité politiqueFait
« Quand vous avez un système des retraites qui n'est plus équilibré parce que les cotisations ne payent plus les pensions, ou vous avez deux options. Ou vous décidez d'y mettre de l'argent public, donc de l'argent de l'État, l'argent des impôts, une partie du PIB, ou vous décidez de laisser le système creuser son déficit année après année. »
- 5:54Invité politiqueChiffre
« Certes, c'est le centième 49.3 de la cinquième République, et on n'en est pas les plus grands porteurs. »
- 6:10Invité politiqueFait
« Mais je peux vous dire que l'Assemblée nationale que nous avons n'est pas une assemblée banale, parce que vous n'avez pas 577 députés avec lesquels vous pouvez chercher une majorité. »
- 9:05Invité politiqueFait
« La violence n'est jamais prévisible parce qu'elle n'est jamais à prévoir. »
- 10:07Invité politiqueFait
« On avait initialement la possibilité de faire adopter une réforme des retraites par amendement à un projet de budget de la sécurité sociale en octobre et que le président de la république a souhaité donner du temps à la concertation. »
- 10:45Invité politiqueFait
« On a fait évoluer notre texte : on est passé de 65 à 64 ans, on a ajouté des choses sur les carrières longues, sur les femmes, sur les femmes qui ont des enfants, on a rajouté des choses sur les personnes retraitées avec des petites pensions. »
- 17:21Invité politiqueFait
« La crise de confiance dans les institutions et dans la démocratie elle n'est pas franco-française en fait toutes les vieilles démocraties des pays occidentaux elles sont branlantes et en tout cas elles sont attaquées. »
- 24:15Invité politiqueFait
« Je considère que ce n'est pas efficace si l'objectif est de réduire je ne sais quel flux migratoire ça ne marche pas et puis surtout ça n'est pas applicable en pratique. »
Temps de parole
- Invité politique74 %
- Présentateur11 %
- Présentateur 211 %
- Auditeur4 %
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Bonjour Olivier Véran, ministre chargé du Renouveau Démocratique pour le Parole du Gouvernement. Merci d'être avec nous ce matin à mes côtés. Pour vous interroger, Yael Gauze et j'attends aussi les questions des auditrices et des auditeurs de France Inter. 01 45 24 7000 ou via l'application mobile France Inter, il y a déjà pour vous beaucoup de questions. Olivier Véran, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée Nationale pour voter la réforme des retraites, utilisation du 49.3 hier. Hier, il n'y a pas de majorité dans le pays non plus, les Français restent majoritairement contre, nous disent tous les sondages.
Et puis cette réforme coûte de plus en plus cher, avec les concessions qui ont été faites, au point que selon les derniers calculs, elle ne permettrait pas au système de revenir à l'équilibre. Cette réforme est-elle morte ce matin ?
La réforme n'est pas morte. Pardon, sur le dernier point d'abord, non, l'équilibre à 2030, il est garanti, il est assuré.
Malgré les dernières concessions ? 700 millions d'euros ?
Non, on fait cette réforme qui est difficile, qui n'est pas populaire. Vous l'avez dit, et vous avez raison, il n'y a pas de majorité dans l'opinion pour la soutenir, et on en a parfaitement conscience, c'est une réforme difficile que nous faisons.
Il n'y en a pas à l'Assemblée non plus ?
Pour équilibrer le système des retraites à horizon 2030, cet objectif, il est garanti. Alors, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée. Il y aurait dû avoir une majorité à l'Assemblée. D'abord, saluer les députés de la majorité. On avait 100% des députés Renaissance, 100% des députés Modem, plus de 90% des députés Horizon qui étaient prêts à assumer leurs convictions et leurs votes en allant dans l'Assemblée, en appuyant sur le bouton pour. Aucun sujet de ce point de vue-là. C'est bien la moindre des choses ? Je le rappelle, vous savez, avec 10 ans de Parlement dans les pattes, je peux vous dire que ce n'est pas toujours que lorsqu'un texte est difficile à porter, toute la majorité est là.
Je les salue et je les remercie. Ensuite, il y avait un groupe partenaire sur ce texte. Pourquoi partenaire ? Parce qu'ils l'ont porté dans la campagne présidentielle. Les Républicains ont un crayon précis. Parce que c'est dans leur idéologie de responsabilité que de porter cette réforme des retraites. Les LR. Il y a une partie d'entre eux qui ont été à la hauteur de leur idée, de leur opinion et de leurs électeurs.
Et il y a une partie d'entre eux, je le dis ce matin, qui ont moins pensé à l'avenir du pays ou à l'avenir de leur propre parti ou de leurs idées qu'à ce que pourraient dire les électeurs de leurs circonscriptions, qui sont certes des circonscriptions qu'on appelle difficiles, parce que généralement, avec un score du Rassemblement National qui est élevé, mais qui se sont totalement assis sur les engagements qu'ils avaient pris devant leurs propres électeurs. Donc pas de majorité, Olivier Véant.
Quand je vois un député qui, il y a 3 ans, il y a 2 ans, même encore 1 an, disait on fera la réforme à 65 ans, et qu'il a dit qu'il est prêt à voter une réforme, qu'il est prêt à voter une motion de censure parce qu'on voulait faire 64 ans, ça n'est pas responsable.
Donc pas de majorité à l'Assemblée et pas dans l'opinion publique, donc pourquoi s'entêter ?
Pourquoi nous faisons cette réforme ? C'est la question que vous pourriez me poser, peut-être qu'elle est une façon peut-être un peu plus ouverte de m'interroger sur la raison pour laquelle nous faisons une réforme des retraites. Nous le faisons en responsabilité, parce que notre système de retraite n'est pas équilibré financièrement dans les années et les décennies qui viennent. Parce que la population vieillit, parce qu'il y a de moins en moins d'actifs par rapport au nombre de retraités.
Et si nous avions pris la décision de retirer notre réforme, c'est une question que vous pourriez me poser, si nous avions pris la décision de retirer notre réforme et de ne pas demander aux Français de travailler progressivement un peu plus longtemps, ça veut dire que nous aurions dû revenir vers eux avec une nouvelle réforme. Quelle aurait été cette réforme ? Quelles étaient les alternatives proposées par les groupes d'opposition ? Mais ça s'appelle la démocratie, Olivier Véran. Et qui hier hurlait dans l'hémicycle. C'est-à-dire, ils l'ont proposé dans le débat parlementaire.
Une explosion de taxes et d'impôts, je vous le rappelle, on surtaxe les heures supplémentaires, on taxe les artisans, on taxe les commerçants, on taxe les salaires, on empêche, on interdit. Cette alternative-là, je peux vous le garantir, n'aurait pas emporté l'assentiment favorable des Français.
Vous nous disiez pourquoi la réforme, pourquoi s'entêter, etc. On ne fait pas une réforme pour s'entêter, vous disiez. Mais on a eu tellement de versions différentes, de justifications différentes depuis septembre de cette réforme qu'on n'y comprend plus rien. En septembre, c'était une réforme au départ pour en financer d'autres. C'est le président qui avait dit ça, pour financer l'école, la santé, la transition écologique. Ensuite, c'est devenu une réforme d'équilibre, uniquement pour sauver le régime par répartition. Elisabeth Borne a dit qu'elle était juste, après elle n'a plus dit que c'était juste.
Et maintenant, ce serait à cause des risques économiques et financiers qui guettent le pays. Ça, c'est ce qu'a dit Emmanuel Macron devant vous hier midi dans sa réunion à l'Elysée. Les risques économiques et financiers, précisément, c'est quoi ?
Je peux reprendre le fil en une phrase, si vous le souhaitez. Allez-y, parce qu'on a besoin. C'est simple. Quand vous avez un système des retraites qui n'est plus équilibré parce que les cotisations ne payent plus les pensions, ou vous avez deux options. Ou vous décidez d'y mettre de l'argent public, donc de l'argent de l'État, l'argent des impôts, une partie du PIB, ou vous décidez de laisser le système creuser son déficit année après année, d'accord ?
Si vous laissez le système creuser son déficit, il y a un moment où la dette cumulée est trop importante et donc il vous faut rembourser cette dette, c'est-à-dire augmenter les impôts, c'est-à-dire avoir un impact sur le pouvoir d'achat et sur l'économie du pays. Si vous décidez que c'est l'État qui va aller combler chaque année le déficit, à coup de 5, 10, 15, 20 milliards, c'est de la dépense publique que vous n'utilisez pas par ailleurs pour pouvoir consolider les services publics, l'école ou la santé.
Donc nous l'avons toujours dit, la réforme des retraites ne vise qu'à équilibrer le système des retraites et à rien d'autre, mais les conséquences positives pour notre économie, et notre modèle social vont au-delà de cette question-là. Yael Gauze, on ne considère pas que c'est banal d'utiliser un 49.3, je pourrais vous dire que c'est un outil... Après un 47.1, après un 44.3 au Sénat,
vous êtes le ministre du Renouveau Démocratique, où est le Renouveau Démocratique dans la pratique ?
On aurait pu dans ce cas-là, vous pourriez me dire, vous auriez pu utiliser le 49.3 d'emblée et pas avoir utilisé les autres procédures. Le fait est que si on a utilisé avec une progressivité l'ensemble des procédures à disposition face à une obstruction que tout le monde reconnaît dans le Parlement pour nous empêcher de faire avancer le texte, si on a fait de façon graduée, c'est parce que jusqu'au bout, on a voulu l'éviter. Et je l'ai dit moi-même, nous ne voulons pas du 49.3, ce n'est pas une option. Vous savez, quand le président de la République m'a interrogé comme d'autres hier, pour dire, quelle est l'option que vous privilégiez dans la situation actuelle ?
Évidemment que j'ai réfléchi énormément. Certes, c'est le centième 49.3 de la cinquième République, et on n'en est pas les plus grands porteurs. Certes, il y a eu des histoires, l'histoire est émaillée de grandes batailles sociales qui se sont soldées par le 49.3, notamment sous Michel Recard. Mais je ne vais même pas vous m'appuyer là-dessus, parce que je ne considère pas que c'est banal un 49.3. Mais je peux vous dire que l'Assemblée nationale que nous avons n'est pas une assemblée banale, parce que vous n'avez pas 577 députés avec lesquels vous pouvez chercher une majorité.
Parce que vous avez d'emblée les députés de la NUPES qui hurlent et qui disent que quoi qu'il arrive, ils ne voteront pas avec vous. Vous avez les nombreux députés RN qui disent que ça ne les intéresse pas et nous n'avons pas envie de faire la loi avec eux. Donc il va rester finalement dans l'échiquier politique parlementaire à l'Assemblée avec qui nous pouvons travailler, essentiellement des socialistes, des LR.
Mais vous n'avez pas su les compter ?
Vous savez, les socialistes qui auraient voté contre la réforme et qui hurlent contre le 49.3, certains d'entre eux étaient mes collègues de banc lorsque, il y a 7 ans, sous Hollande, le premier ministre socialiste de l'époque avait fait adopter une réforme par 49.3. Et on était ensemble pas ravis du 49.3 mais on considérait qu'il n'y avait pas d'autre solution.
Quatre réunions en 24 heures, à l'Élysée, sans arriver à compter correctement l'état de l'Assemblée ? Est-ce que ça, c'est normal ? Est-ce que vous aviez fait une confiance aveugle trop tôt aux Républicains ? On m'a expliqué l'impossibilité de compter correctement. Je le redis,
on a compté nos troupes et il n'y avait aucun sujet. Vous étiez toujours minoritaire ? On a compté nos troupes, il n'y avait aucun sujet. Et chez les LR, il y avait une marge d'incertitude qui était trop importante. Donc vous n'avez jamais été majoritaire dans le comptage ? Et la question qui s'est posée à un moment donné, il faut aussi dire les choses, si on avait eu une majorité d'une voix, est-ce que vous croyez vraiment que ça aurait éteint la colère sociale contre la réforme des retraites ? Moi, je n'en suis pas sûr.
Le vote aurait été clair
sur le sujet ?
49.3 ou majorité d'une voix, c'est pareil ?
Je ne dis pas que c'est pareil. Je dis qu'on oublie, parfois dans le traitement de l'information depuis hier soir, et c'est pour ça que j'en profite parce que vous m'invitez en tant que porte-parole pour le rappeler, il va y avoir un vote en fait. Il y a un vote lundi. Vous détournez le sang
sur le texte, Olivier Véran.
Pardonnez-moi. C'est une motion de censure. Lundi, vous avez un vote du Parlement. Si le Parlement décide de censurer le gouvernement, non seulement le gouvernement est censuré et tombe, mais la réforme des retraites tombe. Ce n'est pas un vote pour ou contre la réforme des retraites. Vous avez raison. Je ne mélange pas les deux. Mais de fait, il y a...
C'est un peu ce qu'a laissé entendre Elisabeth Borne hier. Non, mais ça veut dire
que les parlementaires ont la possibilité, ont la possibilité, s'ils le souhaitent, de se prononcer contre le gouvernement. Et alors, ça va au-delà du seul gouvernement. Ça inclut la réforme des retraites. Donc, il y aura ce moment, ce temps d'expression des députés. Et puis, autre chose, pardonnez-moi, mais dans la même journée, hier, il y a eu le Sénat qui a adopté à une très large majorité un texte qui n'est pas notre texte gouvernemental. Et le texte que nous mettons au 49.3 n'est pas le texte du gouvernement. Ce n'est pas le projet de loi que j'ai eu l'occasion de présenter chez vous.
Le texte qui a été soumis hier, qui sera soumis à travers ce 49.3, c'est le texte issu de la commission mixte paritaire, c'est-à-dire façonné par les dépliés et les sénateurs de la majorité et des oppositions.
Olivier Véran, quand vous voyez depuis hier les images de violences, de dégradations, Paris, Nantes, Dijon, Marseille, Rennes, la maire de Rennes qui dénonce des violences sidérantes dans sa ville, est-ce que vous vous dites finalement après le 49.3 c'était prévisible ?
La violence n'est jamais prévisible parce qu'elle n'est jamais à prévoir. Il faut l'anticiper pour assurer la sécurité, ce que fait le ministre de l'intérieur mais on ne peut jamais se satisfaire de scènes de violences. Moi je constate que les manifs depuis un mois se sont très bien passés, encadrés par les syndicats, qu'on fait le travail avec sérieux et qu'on a retrouvé dans notre pays la possibilité de manifester dans le calme et la sécurité. Oui mais Laurent Berger vous avez averti dimanche dernier
et je dis que c'est tant mieux. La fin de l'histoire au 49.3 me paraît incroyable et dangereuse Laurent Berger JDD dimanche dernier.
J'entends bien la partition. Je vous dis juste qu'hier il y avait aussi dans les rues de certaines villes des gens qui n'étaient pas forcément les manifestants de la première heure mais qui étaient des gens des mouvements ultra-gauches révolutionnaires qui ont vu là l'occasion d'aller semer le chaos. Ils nécessitent chaque occasion de le faire. C'est pour ça que je préfère j'ai trop de respect pour les manifestations pour mélanger les deux.
De très nombreux français ont manifesté pendant plusieurs journées au final vous êtes resté sourd à ces manifestations et là on a un déclenchement de la violence juste après l'utilisation du 49.3.
Mais vous vous dites qu'on est resté sourd moi je vous dirais juste qu'on avait initialement la possibilité de faire adopter une réforme des retraites par amendement à un projet de budget de la sécurité sociale en octobre et que le président de la république a souhaité donner du temps à la concertation. Vous dites qu'on aurait pu faire pire. Vous savez on n'est pas obligé systématiquement d'avoir un abord négatif des choses parce que je représente le gouvernement.
Vous pouvez aussi reconnaître que c'est la première fois qu'on avait une méthode qui visait à nous donner le temps et tous les moyens possibles pour aller chercher un accord difficile sur le papier à aller chercher avec des députés qui ne voulaient pas forcément prendre la responsabilité ou la co-responsabilité avec nous. Et que de fait on a donné du temps à la concertation sociale qu'on a donné du temps ensuite en rajoutant encore un mois janvier-février pour concerter avec les partis politiques qu'on a changé notre copie vous l'avez même dit vous-même on ne comprend plus etc.
On a fait évoluer notre texte on est passé de 65 à 64 ans on a ajouté des choses sur les carrières longues sur les femmes sur les femmes qui ont des enfants on a rajouté des choses sur les personnes retraitées avec des petites pensions et donc tout ça a fait cheminer notre texte et à la fin des fins on aurait pu dire encore une fois hier c'est notre projet de loi gouvernementale allez vu que c'est du 49-3 qu'on vous propose là on leur a dit en fait c'est votre propre texte qu'on vous propose d'adopter votre propre texte la commission mixte paritaire il y a des députés et des sénateurs de la majorité et des oppositions et c'est eux qui ont adopté ce texte
Je reste sur la question des violences Olivier Véran la patronne des députés Renaissance Aurore Berger a demandé hier soir à Gérald Darmanin le ministre de l'Intérieur de mobiliser les services de l'Etat pour je cite la protection des parlementaires de la majorité est-ce que vous avez connaissance de menaces précises contre ces parlementaires ?
Pour avoir été député depuis 2012 dans les moments de tension dans les moments particuliers comme celui que nous vivons il est important d'assurer la sécurité des représentants de l'Etat et notamment des parlementaires certains reçoivent des menaces certains voient leur permanence qui peut être dégradée moi je ne m'habituerai jamais à cela parce qu'un parlementaire quelles que soient les idées qu'il porte même d'ailleurs quand ce ne sont pas les miennes en fait il représente les français il est porteur de la confiance d'une partie de la population française et pour cela il doit être respecté
dans ses missions Lundi seront donc examinés à l'Assemblée plusieurs motions de censure notamment une motion transpartisane menée par le groupe Lyot y a-t-il une possibilité selon vous que le gouvernement tombe ? Est-ce que cette fois vous savez compter ? Mais
comment vous dire les parlementaires sont souverains vous savez le 49-3 vous avez l'impression que c'est un excès ce que je vous disais quelque chose d'autorité avec ça Je n'ai pas dit ça
C'est une perte
C'était une déclaration
hier de Mathilde Panot je crois à l'issue du recours
au 49-3 Le 49-3 c'est un moment aussi de perte de contrôle par le gouvernement Donc vous vous dites que lundi
ça se trouve vous ne serez plus ministre Vous dites ça
Écoutez c'est le moment le 49-3 où vous vous soumettez au contrôle et au vote du parlement donc c'est un moment où le parlement et l'Assemblée nationale est totalement souveraine pour décider de vous accorder la confiance ou de vous la retirer et donc il n'y a pas d'alternative au vote des députés donc c'est un moment important alors nous avons déjà vécu des motions de censure et à chaque fois la confiance a été renouvelée au gouvernement Votre anticipation pour lundi ? Votre anticipation pour lundi ?
Je considère que nous avons vocation à continuer de gouverner dans ce pays et que le choix de la méthode de la première ministre qui est celui de la concertation et de la recherche de compromis c'est quand même un choix qui a porté ses fruits dans d'autres textes
Elle restera à Matignon et peut rester à Matignon malgré les contradictions sur le 49.3 ?
Je n'ai ni envie ni vocation de vous répondre sur cette question Vous ne la défendez pas ce matin ? Mais ce n'est pas ça je suis son porte-parole Vous voulez qu'elle continue ou pas ?
Ça n'a aucun sens moi j'ai confiance à ma première ministre mais mon avis ne compte pas On a quand même identifié des majorités et trouvé des compromis sur les autres textes depuis le début de ce mandat sur les énergies non renouvelables sur la sécurité intérieure On a réussi à aller chercher à gauche et à droite des accords Sur le texte des retraites clairement il y a un moment de tension un moment où il fallait faire les comptes et un moment où des députés encore une fois de l'opposition LR pas tous mais un certain nombre d'entre eux ont décidé de jouer la politique par rapport à l'intérêt général C'est en tout cas mon opinion
Les questions des auditeurs et des auditrices de France Inter 01 45 24 7000 Jacques nous appelle de La Rochelle Bonjour à vous
Question pour M. Véran M. Véran vous êtes non seulement porte-parole du gouvernement non seulement chargé des relations avec le Parlement mais vous êtes aussi en charge du renouveau démocratique je dis bien renouveau démocratique les mots ont un sens alors en matière de renouveau et en matière de démocratie je me pose beaucoup de questions M. Véran je suis je dois vous le dire très en colère vous avez dans cette séquence politique essayé de négocier uniquement avec la droite une droite minoritaire qui est pour la retraite à 64 ans vous avez refusé les syndicats nous le disent dans leur unanimité refusé de négocier avec les syndicats alors que des millions de français sont dans la rue mais M.
Véran vous devriez avoir honte
Merci à vous Jacques
pour cette interpellation Olivier Véran Bonjour Jacques et merci pour votre question alors pardonnez-moi on n'a pas trouvé d'accord et on ne s'est pas mis d'accord surtout avec les syndicats et avec les forces politiques mais on a quand même trouvé des accords sur un certain nombre de points et dire qu'on a refusé de négocier non notre porte d'ailleurs elle est encore et elle est toujours et elle reste ouverte parler des députés de la gauche pardon mais les députés de la NUPES ils veulent la retraite à 60 ans Jacques j'adorerais vous dire que la France est un pays qui peut se permettre de mettre la retraite à 60 ans ce serait une bonne nouvelle politique à porter ça ferait plaisir aux gens mais combien de temps avant qu'on se rende compte que la facture en fait on ne peut pas la payer on ne peut pas la payer donc gouverner c'est choisir par contre vous dites et vous remarquez que je suis ministre du renouveau démocratique et vous avez raison oui l'épisode actuel atteste de la nécessité d'avoir une vitalité plus forte de nos institutions c'est un euphémisme
non ?
pardon les pères fondateurs de la constitution parce que je disais le 49-3 il n'y a pas toujours eu mauvaise presse dans l'histoire les pères fondateurs de la constitution la cinquième ont considéré qu'il y avait des situations qui pouvaient contraindre le gouvernement à engager sa responsabilité devant le parlement via un article qu'ils ont écrit eux-mêmes de la constitution pas nous qui l'avons écrit il est limité on peut l'utiliser que dans certaines situations et à chaque fois il peut poser la question de la démission décidée par les parlementaires du gouvernement donc il a été utilisé plein de fois c'est la centième fois etc donc c'est pas tellement l'outil 49-3 que j'interroge ce que j'interroge c'est comment est-ce qu'on rend davantage les français utiles comment est-ce qu'on les consulte davantage comment est-ce qu'ils prennent davantage par décision du pays je vais vous dire il y a quand même des exemples qui sont intéressants en ce moment la convention citoyenne sur la fin de vie qui est un bel exercice démocratique par exemple les conseils nationaux de la refondation dans les territoires à l'heure où nous nous parlons dans des milliers d'écoles dans des centaines de territoires de santé les gens sont amenés à décider de comment ils veulent organiser les choses cette démocratie délibérative
j'y crois énormément à régler le problème du niveau de confiance vous avez-t-elle vu la dernière enquête Opinion Web pour Cevipof et Le Monde niveau de confiance au plus bas depuis les gilets jaunes dans la démocratie deux tiers des français disent qu'elle ne fonctionne pas bien dix points de plus en deux ans est-ce que le 49-3 alimente cette crise de confiance ?
alors la crise de confiance pardon c'est pas pour détourner le regard mais la crise croyez-moi je travaille beaucoup la question la crise de confiance dans les institutions et dans la démocratie elle n'est pas franco-française en fait toutes les vieilles démocraties des pays occidentaux elles sont branlantes et en tout cas elles sont attaquées
par des extrêmes
vous avez des pays qui ont déjà basculé dans du populisme comme l'Italie par exemple quelle est la suite hélas logique de la perte de confiance c'est que les extrêmes à un moment donné arrivent au pouvoir c'est l'Italie c'est la Hongrie c'est la Pologne c'était les Etats-Unis c'était le Brésil etc vous pensez à Marine Le Pen
nous ne le voulons pas
qu'est-ce qui fait aujourd'hui le moteur du Front National qu'est-ce qui fait le lit du Front National la perte de lien le lien c'est l'antidote au Rassemblement National et à l'extrême droite et donc c'est ce travail de lien qu'il faut qu'on fasse est-ce que le lien a disparu pas du tout nous ne sommes pas devenus une société anomique le lien il s'est transformé entre les gens je vous donne juste un exemple on dit on constate qu'il y a moins de gens impliqués dans les partis politiques il y a moins de gens impliqués dans les syndicats et on pourrait en conclure que du coup les français sont devenus plus individualistes ils s'intéressent moins c'est pas vrai c'est juste que ces formes d'engagement se sont transformées je vous donne un exemple les boucles des réseaux type Whatsapp vous avez des commerçants qui s'organisent dans une ville avec des boucles Whatsapp qui revendiquent qui travaillent ensemble ces modalités de lien se sont transformées les français sont très solidaires c'est à nous états et à nous corps intermédiaires organisés de considérer que les attentes des français sont nouvelles en matière de lien et de les accompagner en cela
on va revenir sur ce qui s'est passé hier tout de même à l'Assemblée avec Sylvie qui nous appelle de Rouen bonjour Sylvie
oui bonjour à tous alors voici ma question à quoi ça sert de voter des députés si on ne les laisse pas voter les lois
question simple pour vous Olivier Véran merci
merci Sylvie non mais Sylvie bonjour le député que j'ai été a voté plein de lois et le député que j'ai été a déjà vu un gouvernement au banc demander le 49.3 sur un texte et le député que j'ai été a dans la suite été amené à se prononcer pour savoir si du fait que le gouvernement décider de passer par un 49.3 je lui ai accordé ma confiance ou non donc le vote en fait vous l'avez quand vous êtes député vraiment ça il faut vous le dire c'est pas le même vote c'est pas la même façon d'exprimer une opinion mais vous avez la possibilité de le faire elle est conservée cette possibilité et ensuite moi je souhaite évidemment qu'on ait une démocratie la plus vivante possible et qu'on ait des parlementaires qui puissent voter systématiquement je note juste Sylvie que c'est mon troisième pardon je l'ai déjà dit mais c'est mon troisième mandat j'ai jamais connu une assemblée avec autant de députés qui ne sont pas dans une logique de co-construction ou dans une logique d'être capable
de faire avancer le pays Olivier Véran au delà des députés qui ne sont pas dites vous dans une logique de co-construction vos propres députés Renaissance une grande partie d'entre eux souhaitaient aller au vote j'en cite un Eric Bottorel député des Côtes d'Armor défaite ou victoire avec un vote la démocratie aurait parlé qu'est-ce que vous dites à tous ces députés ce matin et à tous ceux qui s'interrogent comme Sylvie d'ailleurs
j'ai eu l'occasion de le dire en entrée j'ai remercié et salué le courage des députés de la major et je comprends parfaitement que quand vous avez tenu pendant des semaines des mois en circonscription dans des conditions difficiles quand vous avez fait campagne quand parfois certains de vos collègues ont perdu aux élections parce qu'ils ont assumé justement de faire cette réforme vous vouliez aller au bout à travers un vote ce que je dis à Eric Bottorel et aux autres collègues mais j'ai eu l'occasion de leur dire aussi en particulier c'est que en l'occurrence il n'y avait pas de solution qui permettait à la fois d'adopter la réforme des retraites et de leur permettre de voter dans des conditions normales et qu'on est vraiment allé au bout du bout du bout de ce qu'on pouvait faire en matière de concessions de discussions de dialogues d'échanges de temps accordé pour attraper cette majorité
Olivier Véran vous avez dit tout à l'heure je considère que nous avons vocation à continuer à gouverner la France mais comment la gouverner maintenant après ce 49-3 qu'est-ce qui tient encore dans l'agenda présidentiel dans l'agenda gouvernemental est-ce que le service national universel par exemple peut entrer en vigueur est-ce que les jeunes le voudront est-ce que vous allez le porter dans ce contexte social explosif la loi nucléaire retoquée mercredi par les députés qu'est-ce qui peut tenir encore dans l'agenda après ça
vous voyez le 49-3 comme un espèce d'effondrement il n'a pas été pensé comme ça dans la constitution il y a le gosse pardon il ne faut pas tout confondre qu'il puisse y avoir des gens qui ne sont pas d'accord voire en colère ou qui ne comprennent pas à nous de faire ce travail d'explication et de la finir
et tout repart comme avant après lundi après-midi
il nous faut pouvoir penser notre mix énergétique notre modèle de transition énergétique pour demain on ne va pas arrêter de considérer la transition climatique comme étant une priorité pour la France et pour le monde du jour au lendemain parce qu'il y a eu un 49-3 sur les retraites
mais quelle majorité on continue
regardez hier on a continué d'examiner la réforme sur le nucléaire à l'Assemblée nationale et nous aurons une majorité sur ce texte le Sénat on a déjà entendu ça ces derniers jours le Sénat continue de travailler ouais ma fin pardon ok la réforme des retraites vous l'avez dit nous l'avons dit dès le début c'est toujours l'espèce de mère des réformes qui est le moment aussi assez critique qui coagule toutes les tensions et là où les jeux politiques aussi se font de manière un peu extrême au Parlement je vous rappelle encore une fois qu'il n'a pas manqué de voix chez nous on ne fait pas un 49-3 parce qu'on n'aurait pas la majorité dans nos rangs on le fait parce que des députés LR qui prônaient cette mesure ils prônaient cette réforme qui considèrent que c'est une réforme qui est bonne pour un certain nombre d'entre eux ont décidé de dire ah bah non on ne va pas prendre le risque de la voter donc c'est l'échec d'Elizabeth Borne qui voulait ce compromis qui vous l'a vendu avec les républicains elle ne l'a pas obtenu c'est l'honneur d'Elizabeth Borne d'avoir tout donné l'honneur ou l'échec ?
c'est l'honneur d'Elizabeth Borne d'avoir tout donné pour aller chercher ce compromis
vous parliez des républicains il y a la loi immigration qui est examinée en ce moment en commission au Sénat elle sera en séance au Sénat le 27 mars et nous avons vu qu'en commission il y avait une suppression la suppression par amendement de l'aide médicale d'état par une sénatrice LR Françoise Dumont qui transforme l'aide médicale d'urgence en aide médicale en aide médicale d'état pardon supprimée et transformée en aide médicale d'urgence que pour les situations les plus graves moyennant le paiement d'un timbre qu'est-ce que c'est ? est-ce que c'est la remise en question dans la loi immigration du principe de venir en aide à n'importe quelle personne en souffrance ?
ça c'est une vieille lune qui a déjà été portée par la droite française de nombreuses fois alors j'ai pas d'avis gouvernemental à vous donner puisque c'est un amendement sénatorial adopté sans avis du gouvernement parce que le gouvernement n'est pas présent en commission au Sénat donc je vais vous donner le mien je suis contre c'est-à-dire ? parce que la non-assistance à personne en danger ça fait pas partie de l'ADN de notre nation et encore moins des blouses blanches si je mets deux secondes la blouse avec vous virtuellement comme médecin j'ai quelqu'un qui arrive qui est étranger en situation irrégulière il a besoin de soins ça veut dire quoi ?
je veux dire alors est-ce que c'est grave est-ce que vous avez payé votre ticket d'entrée ? vous n'avez pas payé votre ticket ? ah désolé monsieur il faut repasser non je suis médecin hospitalier j'ai face à moi un patient qui va mal je le soigne c'est Gérald Darmanin qui porte le texte est-ce que vous lui demandez de revoir cette copie ?
non mais j'ai rien à demander au ministre intérieur c'est une sénatrice LR qui a fait adopter cet amendement le gouvernement ni Gérald Darmanin n'était au banc je vous dis moi je suis alors là je vous parle avec ma fibre médicale et ma fibre sociale je suis contre parce que je considère que ce n'est pas efficace si l'objectif est de réduire je ne sais quel flux migratoire ça ne marche pas et puis surtout ça n'est pas applicable en pratique ça ne marche pas ce que vous allez faire c'est que vous allez creuser la dette des hôpitaux parce que moi médecin s'il y a quelqu'un qui vient je vais le soigner et puis tant pis personne ne paiera pour les soins
merci à vous Olivier Véran ministre chargé du Renouveau Démocratique parole du gouvernement merci d'avoir été sur Inter ce matin