Éric Lombard : « Les statistiques démontrent une suroptimisation fiscale des plus hauts revenus »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Pourquoi revenir dans le débat politique maintenant ?
- 2:00OuverteRéponse directe
L'absence de budget fragilise-t-elle la France à l'international ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Vous affirmez que des milliers de fortunés ne payent aucun impôt sur le revenu. Maintenez-vous ces propos ?
- 6:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi n'en avoir pas parlé quand vous étiez au gouvernement ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Comment est-ce possible que des milliers de Français riches ne payent aucun impôt ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Est-ce que ça pèse énormément en termes de finances publiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 13:00Éric LombardChiffre
« « 3300 milliards de dettes » »
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Bonjour Éric Lombard. Merci beaucoup. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin.
Ancien ministre de l'économie, c'était sous le gouvernement de François Bairou. Merci d'être avec nous euh pendant cette interview de 20 minutes en partenariat avec la presse régionale représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour.
Bonjour. Bonjour Éric Lombard. Bonjour mesdames.
Éric Lombard, vous avez repris la parole ces derniers jours des propos qui ont fait du bruit. On va en parler évidemment avec vous, mais d'abord pourquoi vous avez choisi de revenir dans le débat politique et de reprendre la parole ? Pour deux raisons.
La première raison, c'est que je suis inquiet. On voit la montée des périls. On voit ce qui se passe au Venezuela, les risques au Grenland, le drame qui se passe en Iran.
Le 15 janvier, nous n'avons toujours pas de budget. Donc, j'ai voulu rappeler qu'on pouvait et qu'on avait l'année dernière fait passer un budget avec la même assemblée nationale, avec le même Sénat. Et puis l'autre raison, c'est qu'ant quitté le gouvernement en octobre.
Je pensais qu'il y avait un délai pendant lequel il était raisonnable de ne pas m'exprimer. Euh et je pense que ce délai est passé. J'ai des choses à dire et donc merci de m'inviter mais ça me permet de reprendre ma place dans le débat public.
Vous estimez que l'absence du budget en France fragilise le pays au plan international ? Bien sûr. Et et ça se voit.
Euh regardez le il y a des succès diplomatiques, hein. La réunion euh des volontaires à l'Élysée était un grand succès, mais beaucoup de réunion importantes maintenant sur l'Ukraine se passent en Allemagne. Et on voit bien que le poids de notre pays dans les discussions internationales est affaibli parce que cette difficulté politique de ne pas avoir de budget par exemple rien que sur le budget des armées, malheureusement ça c'est une victoire pour Vladimir Poutine.
Il y avait 6 milliards et demi prévus, il y a 6 milliards et demi prévu d'augmentation du budget des armées pour que l'effort de défense permettent de protéger notre pays dans les années qui viennent et et ce c'est pour ça que le président veut accélérer le processus là à votre avis manifestement nos objectifs sont convergents. On va revenir sur vos propos qui ont fait du bruit ces dernières heures, notamment ceux dans cet entretien à libération où vous disez, vous affirmez que des milliers de personnes fortunées ne payent aucun impôts sur le revenu ou un revenu fiscal de référence à zéro. Est-ce que vous maintenez ces propos d'abord ?
Oui, bien sûr. Quel quelle est le la situation ? Nous savons que de plus en plus se sont développé pour un nombre de personnes ayant des revenus importants et des patrimoines importants, des technique légal mais qui permettent de baisser fortement la base fiscale et c'est documenté.
D'ailleurs, il y a des moyens sur lequels nous travaillons pour corriger cela. Moi, j'ai très confiance dans les réactions qui ont suivi cette déclaration parce que vous avez vu que le président de la commission des finances du Sénat, Claude Renal, son homologue de l'Assemblée nationale, Éric Cocrel, ont demandé à Ber chiffres. Quels sont les chiffres qui sont importants pour prendre une décision et mesurer l'ampleur du phénomène ?
Les équipes de Beril sont tout à fait capables, d'abord avec ce qui est publié par les journaux et puis aussi par des informations ouvertes de regarder le patrimoine de nos concitoyens les plus fortunés. Ils ont par définition les revenus déclarés. S'il y a un écart trop important entre les revenus déclarés et le patrimoine que nous le connaissons, ça veut bien dire qu'il y a suroptimisation.
C'est le langage que nous utilisons et cela doit être corrigé. La ministre d'ailleurs la reconna que c'est elle dit que c'est faux. Elle dit que vos propos sont faux.
Elle elle dit que si ça existe, il faut le traiter. Moi j'ai parlé de plusieurs milliers de personnes. Elle dit ce ne sont pas des dizaines de milliers.
Moi je veux pas polémiquer. Le sujet ça fait longtemps qu'il est sur la place. On en a parlé à plusieurs reprises.
Les chiffres vont être publiés. En tout cas moi je souhaite que les chiffres soient publiés. Vous lui demandez de les publier.
Bien sûr. Mais je pense que parce que ce sont bienement il y a le secret fiscal mais ça ça vaut pour les individus. Mais on sait que les statistiques fiscales sont publiées.
D'ailleurs, ça a alimenté les travaux d'économistes reconnus comme Gabriel Zucan, comme Thomas Piquetti. Donc il faut que les chiffres soi publiés votre successeur Roland l'escur le le nouveau ministre de l'économie ce matin toute note de Bery. Est-ce que vous vous dites oui, il y a des notes à Ber qui document ce ce que je n'ai je n'ai pas parlé de notes, j'ai parlé d'éléments statistiques, ce qui est assez différent.
Donc moi, je n'ai pas vu de notes non plus. En revanche, s'il y a des éléments statistiques qui sont connus et comme d'ailleurs les deux présidents vont aller à Bersier, je suis certains qui vont poser la question et que les fonctionnaires de Berier leur diront les éléments statistiques qu'ils ont pu constituer et bah chacun après pourra s'exprimer. Mais mais vous souhaitez que ces documents soient publiés, vous demandez ce matin au gouvernement, moi je souhaite que ces statistiques euh encore une fois les notes, moi j'ai j'ai pas vu une note particulière et les notes, ce serait des politiques publiques qui feraient proposé.
Ça ça relève du gouvernement. En revanche, les éléments statistiques, il faut qu'il soit publié. Bien sûr.
Pourquoi vous vous n'en parlez que maintenant Éric Lombard ? Pourquoi vous n'avez pas dit ça quand vous étiez à Ber ? Et bien nous en avons parlé l'année dernière dans la préparation du budget puisque nous avions même un outil fiscal sur lequel nous avons travaillé, sur lequel nous avons entamé le dialogue avec les parlementaires et d'ailleurs avec les associations d'entreprises.
Et ce projet qui a été moins médiatisé que en ce moment, mais ça c'est la vie des médias, n'a pas prospéré. D'abord parce que le gouvernement à la fin ne l'a pas soutenu et aussi je veux le rappeler parce que les responsabilités sont partagées dans la négociation que nous avions avec le Parti socialiste. Ça n'a pas fait partie des priorités que le Parti socialiste à l'époque s'était donné.
Peut-être aussi parce que vous l'avez pas dit aussi clairement Éricard. À l'époque, vous avez pas dit, il y a des milliers de franc riches qui ont un revenu fiscal de référence à zéro et qui donc ne payent pas d'impôt sur le revenu. Je reconnais que nous ne l'avions pas dit comme ça, mais nous avons parlé de méthode de suroptimisation fiscale et ça ce mot on l'a utilisé des dizaines de fois l'année dernière.
Ça n'a pas eu l'effet que nous avons en ce moment. Ce que vous êtes en train de dire, c'est que le Parti socialiste à cette époque-là n'a pas souhaité soutenir un outil qui permettait d'éviter au plus fortunés de contourner euh le paiement de l'impôt. Il n'a pas mis ça dans ses priorités.
Je ne me fais pas dire ce que j'ai pas dit. Le Parti socialiste évidement est très attaché à l'équité fiscale comme je le suis moi-même simplement euh dans la séquence, ils ont mis en priorité pr par exemple les retraites, ce qui est tout à fait légitime et ça c'est leur responsabilité et ils l'ont fait d'autant plus que le gouvernement à la fin effectivement a décidé de ne pas poursuivre cette euh ce projet. Mais juste comment est-ce possible est-ce que les gens qui nous regardent doivent peut-être se demander comment c'est possible que les Français des milliers de français riches ne payent aucun impôt sur le revenu ?
Alors d'abord, je parle pas forcément des ultra riches. Ça peut concerner par exemple des professions libérales. On on va pas faire de droits fiscals ici, mais vous avez des professions qui génèrent des revenus importants.
Traditionnellement, ces revenus étaient encaissés sous forme de salaire ou d'honoraire. Et c'est vrai que l'habitude, s'est répandu que ces revenus sont encaissés dans des sociétés. Et c'est vrai que la fiscalité des sociétés est plus avantageuse que la fiscalité des personnes.
D'abord quand ça va dans une société, il y a pas de cotisation sociale, ce qu'il y a quand c'est du salaire. Et puis euh après il y a le le droit des sociétés qui fait que les charges sont déductibles ce qui évidemment est pas le cas pour pour les personnes. Et donc ces méthodes se sont développées.
Encore une fois je je parle pas forcément des grandes entreprises ou de ce qu'on appelle les ultra riches. C'est quelque chose qui est qui est plus répandu et qui permet finalement d'avoir une optimisation fiscale qui correspond à l'état du droit. Si se sont développé, c'est que les gouvernements successifs les ont laissé se développer.
C'est pourquoi personne n'a rien fait ? Eh bien parce que euh l'ampleur a était limité, parce que ça respectait l'état du droit et moi je pense maintenant qu'il faut avoir une observation beaucoup plus attentive de ces phénomènes afin de vérifier si effectivement c'est marginal. Et bien dans ces cas-là, je dirais que euh mais ça n'est pas marginal.
Nous savons que ça n'est pas marginal. Oui, parce qu'on on comprend bien le problème de justice fiscale, mais est-ce que ça pèse énormément en terme de finances publiques ? Mais bien sûr, je la la justice fiscale, c'est ce qu'il y a de plus important.
Euh on voit bien d'ailleurs dès qu'on parle dès qu'on parle de fiscalité des plus riches, les montants concernés, le le déficit de cette année va être 250 de 150 milliards d'euros et euh on voit bien qu'après débat par exemple Gabriel Zukman a dit que sa taxe pouvait rapporter 5 milliards d'euros. Donc c'est pas en taxant les riches, on va réduire résoudre notre problème budgétaire. Il faut être très clair vis-à-vis des Françaises et des Français.
C'est pas comme ça qu'on va résoudre notre équation budgétaire. En revanche, on va améliorer l'équité fiscale. Et ça c'est très important parce que quand vous êtes salarié, ce qui est le cas de l'immense majorité des Français, salariés ou fonctionnaires, là vous n'avez pas le choix.
Votre revenu arrive en salaire, vous payez les cotisations sociales, vous payez l'impôt sur le revenu, ce qui est éidment tout à fait normal et vous n'avez pas ces possibilités d'aménagement. Je pense que comme elles se sont développées, il faut encore une fois d'abord mesurer tout le travail qui a fait va être fait par les deux commissions et après s'il apparaît que il y a des excès, bah le débat public permettra de de trouver des solutions. Mais vous vous dites que c'est que des choses dont vous aviez parlé quand vous étiez à Ber quand vous étiez à Ber.
Est-ce que vous en aviez parlé à François Baou ? Est-ce que vous en avez parlé à Emmanuel Macon ? Est-ce qu'ils vous ont demandé de ne rien faire ou est-ce qu'au contraire, ils vous ont dit de s'attaquer à ce problème ?
Euh oui, évidemment, nous en avons parlé puisque dans un gouvernement, il y a un dialogue et vous savez que quand vous construisez un budget, il y a il y a beaucoup de briques sur la table et à un moment le premier ministre rend ses arbitrages dit ça je prends ça, je prends pas et ça ça n'a pas été pris. Ce qui franchement n'est pas un scandale. C'est une décision politique qui a été faite encore une fois dans le cadre d'une négociation avec le Parti socialiste sur lequel euh beaucoup d'éléments ont été accordés au Parti socialiste sur l'hôtel de cette négociation à l'époque pour obtenir une non censure.
Donc ne donnons pas à cette décision plus d'importance qu'elle n'en a. C'est de la gestion de politique publique. Il y a des dizaines de mesures qui n'ont pas été prises, des dizaines qui ont été prises et ça c'est la préparation d'un budget.
Christelle. Oui, justement, vous êtes aujourd'hui relativement critique sur la méthode de Sébastien Lecnu. Vous dites qu'il a beaucoup accordé au Parti socialiste sans contrepartie.
C'est très sévère quand même. Alors, je suis critique. Je je souhaite que cet épisode réussisse, que nous aons un budget.
Je souhaite que ce gouvernement puisse continuer à travailler. Soyons très clair là-dessus. J'ai euh trouvé euh risqué la décision qu'a prise le premier ministre de renoncer au 493 qui existe depuis 1958 et qui a été fait précisément pour permettre de faire passer des textes quand il y a pas de majorité.
C'est bien la situation où nous sommes. Mais le débat s'est développé et honnêtement c'est effectivement ce que j'avais anticipé et raison pour laquelle moi j'avais souhaité qu'on garde le 493. Les deux bords de l'Assemblée nationale ont divergé.
Parti socialiste a insisté sur l'augmentation des recettes, ce qui est légitime, c'est sa ligne et le socle commun a insisté sur les réduction de dépenses. Mais comme il y a pas de majorité, tout a été voté en même temps et on l'a encore vu hier à l'Assemblée nationale sur les collectivités locales où au dernier moment un vote du Rassemblement national a privé les collectivités locales de 5 milliards de recettes. Donc on voit que le système n'est pas stable s'il n'est pas tenu par l'existence du 493.
Et la méthode que je propose et c'est je pense qu'il faut le faire maintenant mais que j'avais fait l'année dernière, c'est de faire une négociation d'ensemble d'ailleurs avec l'Assemblée et le Sénat pour que il y ait un accord global et que c'est cet accord qui soit soumis à à 493. Et donc effectivement, j'ai regretté que des bouger aussi importants que le report de la réforme des retraites qui était une des grandes réformes du premier quinquena. [rires] Franchement, il est il est quand même toujours devant nous.
Il il a eu raison de le faire politiquement. Il a eu raison de le faire politi puisque c'était la condition un accord. Ça s'appelle un compromis et je soutiens ce compromis.
D'ailleurs, j'avais été un des premiers à lui dire en septembre que nous n'avions plus le choix. Mais vous l'auriez soutonement à la réforme et là-dessus je le soutiens encore une fois, non pas que ce soit une bonne décision économique, mais politiquement elle était indispensable. Et donc le premier ministre a eu raison de faire cela.
Simplement cette concession est tellement importante pour le Parti socialiste que je pense que on aurait pu en contrepartie obtenir un soutien sur un projet de loi de sécurité sociale plus exigeant en matière de réduction des déficits. Je rappelle qu'on est à 24 milliards de déficits. C'est-à-dire que ces 24 milliards de déficits vont nous coûter dans les 10 ans qui viennent 6 milliards de charges d'intérêt supplémentaire.
Ce déficit de la sécurité sociale, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ce sont nos enfants, ce sont les personnes qui travaillent en ce moment, vous nous qui vont payer en remboursant cette dette à l'avenir pour financer la retraite des personnes les plus âgées et les soins des personnes les plus âgées. C'est le monde à l'envers.
Ça ne devrait pas fonctionner comme ça. Donc c'est un mauvais un mauvais budget de la sécurité sociale selon vous. C'est un budget qui fait des efforts insuffisants et il faudra corriger à ça dans les années qui viennent.
Et et d'ailleurs ce que nous avions proposé, on a l'impression qu'on dit ça à chaque fois, il faudra corriger dans les années qui viennent et qu'au final il y a aucun gouvernement qui s'attaque réellement à la question des déficits. Est-ce qu'on est trop dans la demi-mesure contenue de l'urgence budgétaire ? Vous êtes sévère.
Je rappelle qu'en 2019, c'était le premier quinquenad, nous étions au-dessous de 3 % de déficit et les comptes étaient en ordre. Donc on sait le faire. Euh et là on a le contexte n'était pas le même.
On on approche une situation d'urgence parce que la réalité c'est que nous avons 3300 milliards de dettes et que la charge de cette dette parce que les taux d'intérêt ont augmenté et en plus à cause de notre situation on paye notre dette à un prix beaucoup plus élevé que les autres 70 centimes 0,7 % de plus que l'Allemagne hier soir. Et donc cette charge de la dette, elle est en train de nous étouffer. on aura bientôt une charge de la dette qui sera un un montant plus élevé que le budget des armées et et dans quelques années plus importants que le budget de l'éducation nationale.
Et ça nous met en risque, ça va nous empêcher de préparer l'avenir. Donc il y a urgence, pas urgence, nous ne sommes pas en crise et il y a pas de risque sur le financement de l'État mais il est impératif que dans les de ou 3 ans qui viennent, on se remette dans une trajectoire plus Mais François Baou avait dit ça lorsqu'il était à Matillon, il avait dit il faut absolument se fixer des objectifs plus sérieux. Est-ce que vous diriez que Sébastien Relocornu a renoncé à tous ses objectifs ?
Pas du tout, pas du tout. Encore une fois, je n'exagérerai pas le la sévérité de mes propos. Le premier ministre tient une ligne très ferme en disant comme le gouverneur de la Banque de France d'ailleurs qui l'a redit en début de semaine que nous devons arriver à 5 % de déficit ou au tout de 5 %.
Sachant que en 2025 nous étions parce que avec la ministre nous avons tenu les comptes à 5,4 comme prévu et en 2024 à 5,8. Donc on est toujours dans un scénario qui nous peut nous permet d'être à moins de 3 % en 2029. Je rappelle que c'est notre engagement européen et vous vous croyez que c'est encore tenable ?
Le premier ministre et les ministres ont l'air de dire que c'est mais il me semble que ça l'est et ça c'est impératif. Je redis que à l'intérieur de cet équilibre qui pourrait nous amener à 5 %, l'équilibre entre l'État et la sécurité sociale n'est pas porteur d'avenir puisque la sécurité sociale est gravement déséquilibre que ça va être compensé par un effort de l'État. Et qu'est-ce que c'est que l'État ?
L'État c'est la sécurité de nos concitoyens. c'est la préparation de l'avenir, l'enseignement supérieur, la recherche spatiale, la défense. Ce sont ces budgets là qui nous faut donc il faut rééquilibrer l'effort pour que la sécurité sociale aille vers l'équilibre et que on investisse plus du côté de l'État.
Ça c'est absolument impératif et on l'a fait d'ailleurs déjà en en 2025, ben je veux réhabiliter ce que nous avons fait en 2025 où nous avons pu faire des avancées importantes dans beaucoup de secteurs. On a accéléré la protection de notre industrie. Ça c'est un élément tout à fait essentiel.
On a protégé l'économie des petits colliers. on a commencé à à le faire. Donc y compris sans majorité, on peut vraiment faire beaucoup de choses.
Est-ce qu'on peut se passer d'augmentation d'impôts euh dans l'équation telle qu'elle se présente pour 2026 ? L'effort sera partagé entre des augmentations d'impôts et des baisses de de dépenses. Euh je pense qu'il peut y avoir une part d'augmentation d'impôt, mais elle doit être très modeste.
Pourquoi ? Si on regarde les grands équilibres, nous sommes à peu près à 43, 43 % par rapport au PIB de ce qu'on appelle les prélèvements obligatoires, les impôts, les recettes obligées. En réalité, tout le monde dit c'est les prélèvements les plus élevés d'Europe et du monde.
Oui, mais ces prélèvements couvrent des sujets qui dans d'autres pays sont pas des prélèvements obligatoires parce que dans ces prélèvements, il y a le financement de la retraite, il y a le financement de la santé qui d'ailleurs représente presque la moitié de la dépense publique. Donc c'est d'un ordre un petit peu différent et il me semble que en matière de prélèvement, il faut être très attentif. Il faut d'abord agir sur la dépense mais on a probablement un petit peu de marge de manœuvre sur les recettes.
Mais juste sur les impôts, est-ce que ça doit toucher tout le monde ces augmentations d'impôts ? Est-ce que tout le monde doit être mis à contribution ? Nous ne sommes pas là.
Je pense que ça ça va être le débat 2027 et de la présidentielle puisque nous devons rétablir nos comptes qu'est-ce qui va être le fait d'effort sur la dépense et notamment à la sécurité sociale pour qu'il y ait un meilleur partage sur les retraites et sur la santé et qu'est-ce qui va être un effort sur la fiscalité qui nécessairement devra être partagé et je reviens sur la nécessité d'une équité fiscale parce que tout ça va demander des efforts à nos concitoyens puisque il faudra quand même non pas serrer la ceinture je rassur tout le monde, on parle toujours d'une augmentation des dépenses de l'État. Simplement l'augmentation des dépenses doit ralentir. Mais est-ce que les Français sont prêts ?
Est-ce que les parlementaires aussi sont prêts ? Parce que notamment sur le budget de la sécurité sociale, il y a eu cette discussion pendant les débats de payer un petit peu plus cher les médicaments, les consultations. Finalement, ce ne sera pas le cas.
Est-ce que vous pensez que les parlementaires sont prêts à ces efforts ? La méthode elle est essentielle. Ma conviction, c'est que sur les sujets de sécurité sociale, c'est-à-dire la santé, la retraite, il faut d'abord donner la parole aux partenaires sociaux comme nous l'avons fait l'année dernière avec le conclave qui a failli réussir et ces sujets mais qui n'a pas réussi.
Est-ce que du coup ça on nétait pas loin, on éétait pas loin et ça ne pour moi ça justifie que la méthode soit mise en place. C'est-à-dire que l'effort que nous devons faire pour équilibrer les comptes de la sécurité sociale doit d'abord faire l'objet d'un débat national au travers des partenaires sociaux, patronat et syndicat. Et ensuite euh les parlementaires doivent s'en saisir mais avec la légitimité plus forte que il y aurait eu un accord euh des partenaires sociaux pour faire cet effort.
Et je le répète, nous n'avons pas le choix puisque le rythme des déficits n'est pas soutenable. Il n'est pas soutenable tout simplement. Donc les responsables politiques doivent le dire aux français.
Dernière question sur le budget. On l'a dit au début de l'émission. Le président de la République souhaite accélérer avoir un budget d'ici la fin de la semaine.
Si Bastien le cornu propose peut-être de passer par ordonnance. Est-ce que c'est un choix que vous soutenez ? Non.
Non. Pour des raisons très simples. Moi, je je rends hommage au courage du premier ministre qui a tenté le fait d'avancer 14.
Du coup, les parlementaires ont bien travaillé en fait, même si le résultat n'est pas ce que nous souhaitons. Je 300 heures de débat à l'Assemblée nationale, je crois. C'est ce que disait la ministre qui a fait un travail absolument remarquable de dialogue avec l'ensemble des partis.
Donc que ça se termine par un 493. Le 493 c'est un vote. C'està-dire que l'Assemblée nationale qui intègre le travail et l'Assemblée nationale si il ne partage pas la conclusion proposée dans le 493 par le gouvernement peut censurer et faire tomber et le texte et le gouvernement.
Et on reste dans un processus parlementaire. Les ordonnances, il y a une incertitude sur le texte qui serait présenté. Est-ce que c'est le texte initial ou pas ?
Puisque ça n'a jamais été fait. Mais du coup, tout ce travail parlementaire est gommé et on revient sur une signature du gouvernement. Donc je pense que ça pense que ça pose un problème démocratique et je pense d'ailleurs que l'opinion publique qui attend que tout ça se termine pourrait légitimement s'irriter que tout ce travail parlementaire.
Vous comprendriez que le Parti socialiste censure du coup si Sébastien Lecnu décidé chacun prend ses responsabilités. Moi malgré le côté disons un peu cage de mes propos je soutiens le gouvernement. Je souhaite qu'il réussisse et je ne souhaite pas qu'il soit censuré.
Mais ça pose un problème démocratique. Vous dites ça ça me paraît un processus beaucoup moins démocratique que l'utilisation du 49 ans encore une fois qui donne mieux un vote. Les ordonnances il y a pas de vote, il y a probablement pas de recours ou s'il y a un recours de toute façon les textes seront engagés, le budget sera engagé.
Donc ça me paraît c'est pas un hasard si ça pas été utilisé jusqu'au Mais vous croyez un budget fin janvier ? On aura un budget fin janvier. Euh ça me paraît extrêmement important et quand j'entends les parties prenantes, ils me disent qu'ils sont pas loin.
Mais encore une fois, c'est au gouvernement de prendre la responsabilité de proposer l'accord puisque euh il y a pas de coalition entre le Parti socialiste et le socle commun. Donc on ne peut pas attendre du Parti socialiste et du socle commun qu'ils parviennent eux-mêmes à un accord. S'il l'avait fait, il y aurait une coalition et le Parti social, ils seraiit dans la majorité.
Mais ça n'est pas le cas. Toute dernière question, vous disiez le débat fiscal sera un débat important de 2027. Est-ce que vous vous serez un acteur important du débat de 2027 ?
Important ? Euh je ne sais pas. Je pense que c'est un rendez-vous important pour la nation.
Euh j'ai eu un privilège considérable d'avoir exercé des fonctions dans le privé, dans le public depuis plusieurs années. Donc d'avoir vu beaucoup de choses et je vais témoigner et je vais faire part de mes convictions. Je le fais ce matin et encore une fois merci de de m'inviter.
Je le ferai aussi. Mais vous avez envie de vous engager dans ce débat 2027 ? Ah mais bien sûr, j'ai été engagé dans tous les débats sur les présidentiels de façon plus ou moins discrète.
Euh et je m'engagerai d'ailleurs à un moment donné, je m'engagerai derrière un des candidats ou une des candidates parce que c'est vraiment un un enjeu décisif euh et donc je consacrerai du temps à cela dans les mois qui viennent en tout cas jusqu'à l'élection de derrière quel candidat vous pourriez vous engager ? Alors aujourd'hui, j'attends de de voir comment les programmes se précisent. On a un paysage politique qui en réalité est assez éclaté.
Il y a beaucoup de candidats pour qui j'ai estimé respect. Je travaille avec les personnes qui sont dans ce sole central ces dernières années, mais j'ai aussi des amis plus à gauche. Parti socialiste notamment bien sûr.
Donc nous nous verrons comment les débats s'orient. Nous verrons quelles sont les propositions des uns et des autres. Moi, je souhaite pour le moment garder ma liberté pour avoir euh cette capacité d'expression qui parfois euh peut-être peut irriter euh un peu, mais euh c'est important euh et encore une fois, je le fais dans l'idée de construire un projet qui réponde au aux difficultés des temps.
Et les sujets, ils sont très simples. Il faut que la France continue à produire plus pour partager mieux et pour financer à la fois la sécurité sociale et la transformation écologique. qui on résume et et c'est autour de ça queon doit trouver un programme rassembleur et positif pour 2027 parce que moi j'ai passé quand j'étais à la Caise des dépôts beaucoup de temps aller voir les élus, aller voir les entreprises sur le terrain.
La France est un pays formidable, il y a beaucoup de talent, il y a beaucoup d'énergie. On peut la mobiliser pour un projet positif. Merci beaucoup.
Merci Eric Lombard. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin. La une de la dépêche, c'est notre épargne qui bat des records.
Crelle c'est ton instabilité. C'est à la une de votre journal ce matin.