Emeutes urbaines : l’embrasement
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cette émission consacrée à cette troisième nuit de violence dans le pays et au climat actuel qui règne dans ce club aujourd'hui le constitutionnalisme Benjamin Morel bonjour Benjamin merci beaucoup d'être avec nous drissaf bonjour merci d'être là vous êtes docteur en droit public spécialiste des questions de sécurité Samia nous a rejoint rebonjour Samia on va parler évidemment dans ce club de ces violences urbaines qui ont émaillé le pays pour la troisième nuit consécutive après la mort du jeune Naël alors jusqu'où peut aller cette embrasement est-il le signe d'une fracture entre la jeunesse et la police vous nous direz ce que vous en pensez et puis face à ces violences faut-il instaurer l'état d'urgence c'est ce que demande notamment à xiottier le patron des républicains cette demande est-elle justifiée que changerait-elle là aussi évidemment on entendra votre avis mais d'abord on va voir comment s'est passé cette nuit dans nos régions [Musique] et on va aller du côté de Bourges on retrouve Gladys Lafitte bonjour Gladys merci beaucoup d'être avec nous vous êtes rédactrice en chef adjointe au Berry Républicain Gladys comment s'est passé la nuit dans votre région et bien ça a été très agité comme dans beaucoup d'autres villes en France effectivement la contagion est arrivée jusqu'ici la nuit a été un petit peu plus violente que la nuit précédente malgré deux arrêtés préfectoraux l'un pour interdire les engins pyrotechniques et l'autre pour interdire le port des armes et malgré ça vers une heure du matin les violences ont commencé dans les quartiers nord de Bourges il y a eu une boulangerie qui a été complètement saccagée la terrasse brûlée le mobilier complètement détruit des barricades beaucoup au milieu des routes des poubelles brûlées quelques véhicules brûlés aussi on a pu voir ce matin aussi dans les rues des cendres des arrêts de bus avec des vitres qui étaient complètement brisées une mairie annexe qui a été aussi visée en tout on dénombre à ce stade dans les éléments sont en train d'être consolidés et de remonter mais une quarantaine d'interventions de pompiers comme le disait tout à l'heure mettre Henri Leclerc c'était vraiment un mouvement spontané dans dans cette ville de Bourges il faudra voir à Vierzon où il y a eu aussi quelques événements la nuit précédente mais clairement on était sur un niveau au -dessus cette nuit là on a aussi assisté à ce phénomène où voilà les personnes se parlaient sur les réseaux sociaux on avait l'impression qu'il se lançait presque des défis voilà pour pour agir dans ces quartiers Nord ici à Bourges la région n'est pas connue pour avoir des quartiers qui s'enflamment à la moindre étincelle non en tout cas plus connu c'est vrai que ici à Bourges il y a des quartiers qui sont les quartiers Nord où il y a effectivement du trafic de stupéfiants où il peut y avoir des événements un petit peu de manière sporadique mais en tout cas depuis 2005 en tous c'est ce que nous disent nos interlocuteurs depuis 2005 vraiment on n'avait pas vu ça jamais jamais les feux de poubelle c'est vraiment très rare les feux de voiture ça arrive de temps en temps mais c'est pour des événements très précis donc effectivement on n'est pas dans un dans une dans une zone de la France qui est qui est connu pour connaître ce type d'événements d'autant plus qu'il y a eu un vrai travail de la politique publique ici à Bourges il y a eu de la rénovation urbaine il y a eu des politiques publiques qui ont été mises en place de l'argent qui a été investi des animations qui existent aussi ici que ce soit au niveau des institutions de la mairie mais aussi des habitants qui font vivre leur quartier par exemple je peux vous donner cet exemple cet événement qui commence aujourd'hui qui s'appelle la Coupe du Monde des quartiers où il y a une vingtaine d'équipes qui s'affrontent dans qui s'affrontent de de manière très très populaire et très joyeuse ici dans les quartiers nord ça devrait commencer ce soir ça dure ça dure une semaine et voilà ça c'est des animateurs des gens qui vivent ici et qui font vivre leur quartier et qui font vivre cette ferveur et se vivre ensemble et ce sont des événements très familiaux et ce sera d'ailleurs un papier à lire dans l'édition de demain et on les réa évidemment tout ça on regarde la une de l'édition d'aujourd'hui Gladys l'embrasement c'est le titre choisi par le Berry Républicain une grande partie des journaux du groupe centre france merci beaucoup merci Gladys d'avoir été avec nous Drissa Youcef on entendait un Gladys nous dire que dans sa région c'était des événements qu'elle n'avait pas vu depuis 2005 on est dans un embrasement dans quelque chose qui ressemble à ce qui s'est passé dans les banlieues il y a quelques années je pense qu'en tout cas l'intensité est plus forte alors qu'on est à peine au troisième jour en tout cas troisième nuit d'émeutes à titre de comparaison c'est vrai qu'en 2005 c'était un mouvement un petit peu plus politique on se souvient des jeunes qui prend tissaient leurs cartes d'identité et qui revendiquait une appartenance et une nation et que cette mort atroce de ces deux jeunes adebou nats dans un transformateur électrique avec complètement bouleversé un peu l'opinion publique là c'est un peu différent on n'a pas à faire un espèce de mouvement politique c'est à la suite effectivement de ce drame humain ce qu'on constate c'est qu'en 2005 on a été plutôt sur quelque chose de défensif on défendait son territoire on refusait l'accès aux policiers et on joue au chat et à la souris dans les coursifs de la cité on est sur quelque chose de différent on prend d'assaut une prison on attaque des commissariats on va au centre-ville on dégrade des biens publics des transports en commun ce qui était pas tellement le cas en 2005 donc l'intensité est plus forte alors même que c'est la troisième nuit des Benjamin un mot et puis après on va écouter ce que disait mettre Henri Leclerc justement sur cette comparaison avec 2005 oui en effet j'ajoute café ce qui a été dit je dirais que ce qui est très très marquant c'est l'absence devrait revendication l'absence je dirais de structure au mouvement et au-delà de ça de fondement qui serait perceptible et pour les pouvoirs publics c'est évidemment peut-être encore plus compliqué à gérer parce qu'à l'époque souvenez-vous du discours de Jacques Chirac et bien tout le monde est citoyen etc il y a une volonté d'inclusion dans le discours politique qui permet de trouver une solution politique à un mouvement qui est un mouvement de contestation à but malgré tout politique là on est face à quelque chose de beaucoup plus protéiforme et qui en soit en ça est très à l'image aujourd'hui et bien d'une forme de contestation sous-jacente sans revendication sans vrai force mais symptomatique d'un vrai vrai malaise ce que disait il y a quelques minutes sur ce plateau mettre Henri Leclerc sur cette tension qui règne dans les quartiers et cette comparaison avec les élèves de 2005 et je connais malheureusement nous savons bien d'ici l'extrême tension qu'il y a actuellement dans un certain nombre de quartiers et le quartier il y a des gens les jeunes tout le problème des banlieues comme on dit entre guillemets et nous savions et nous savions qui n'éluquablement il y avait y avoir une révolte ceux qui ont vu récemment le film Les Misérables là qui montrent justement ça dans une banlieue grande partie mais bon on avait tous le souvenir bien entendu de des événements de 2005 de ces gosses qui avaient été brûlés et et ça moi j'ai dit ça va ça va arriver et malheureusement c'est arrivé c'était inéluctable qui est en train de se passer aujourd'hui dans le pays pour vous pour dire les choses franchement à plusieurs reprises sur plusieurs plateaux à titre personnel j'ai indiqué que le ministre de l'intérieur quand il est nommé il a toujours une réaction en tout cas une espèce de travers qui consiste à dire moi je réglerai le problème de la sécurité en France et j'ai toujours compte considéré y compris entre PC sur les questions de sécurité que c'était une base de fumisterie on a un problème aujourd'hui avec nos jeunesses il y a pas une jeunesse dans le pays il y a des jeunesses et on a une dégradation de la d'une des jeunesse depuis maintenant plusieurs années quand on regarde le système éducatif aujourd'hui c'est un système éducatif une des jeunesse vous avez par exemple la jeunesse qui est dans l'oisiveté une partie de la jeunesse qui est dans la délinquance une partie de la jeunesse qui travaille donc il y a d'autres aspirations telles que la santé sortir de la précarité une partie de la jeunesse qui est en apprentissage et qui est entre l'éducation etc donc vous avez des jeunesses et force cette constater qu'on a une de ces jeunesses voire même deux parties tunnels qui sont dans une difficulté soit dans une précarité et qui n'ont pas suffisamment en tout cas ça a été en tout cas quitter le cursus scolaire le cours scolaire trop tôt et donc la situation de notre système éducatif est complètement au bout de souffle vous regardez l'enseignement supérieur il y a des dizaines de milliers de gamins qui n'ont pas accès à l'enseignement supérieur dans le pays qui sont ces gamins généralement les plus précaires généralement le plus qu'est-ce qu'ils font ensuite qu'est-ce qu'ils font bah des scolarisation c'est quoi c'est l'antichantes de la délinquance de la radicalisation donc deux focaliser de donner beaucoup de moyens la police région gendarmerie il y a pas de difficulté mais le système éducatif il est il est à bout de souffle en Seine-Saint-Denis vous avez trois mois avant qu'un professeur de mathématiques soit remplacé c'est une réalité la politique de la ville elle a fait du bien en ce qui disent que c'est pas elle a fait du bien ça a permis d'embellir des territoires ça permet de relier tes transports avec les transports sur des bassins d'emploi ça permet de créer de l'emploi il y a eu des choses qui ont été faites c'est vrai il faut l'admettre en revanche sur l'éducation c'est un des a donc tout ce qui se passe aujourd'hui donc pour vous c'est une trajectoire on n'est pas juste dans une rupture entre la police et la jeunesse des quartiers on n'est pas juste dans une in en tout cas vécu comme tel par cette jeunesse des quartiers on est dans autre chose on est dans le l'expression d'une jeunesse désemparée on est totalement dans l'expression d'une jeunesse désemparée a-t-elle enseigne qu'on voit bien qu'il y a pas de revendications politiques il y a pas un mouvement une organisation une fédération d'association qui porte ce mouvement de contestation qui aurait pu être populaire parce que en définitif il faut que la mobilisation il faut que la colère elle puisse s'exprimer mais de manière pacifique et derrière avec des revendications si on veut travailler un dispositif politique or c'est pas le cas aujourd'hui on a affaire à des moules à des mouvements et une volonté de s'en prendre bien public et aux forces de sécurité c'est pas un message politique en tout cas c'est pas le bon oui un sentiment de relégation et d'abandon il faut voir que ces quartiers ils ont été conçus quasiment comme des quartiers hub lorsque vous avez une ascension sociale qui se produit et bien les gens ont parc et donc vous avez une population qui est dans ces quartiers qui souvent est une population en difficulté et qui ne boit pas debout en réalité à ces difficultés alors on insuffle des services publics mais ces services publics deviennent assez rapidement dysfonctionnel et un tissu économique qu'en effet on essaye d'établir Emmanuel Macron les zones franches etc a essayé également de faire quelque chose mais fondamentalement on a une fragilité dans ces territoires qui est inhérent aux populations même qui ne voit pas d'avenir pour eux-mêmes et pour ces territoires donc lorsque vous êtes dans les politiques ne leur n'ont pas donné parce que les politiques n'auront pas donné parce que entre guillemets on a on a concentré la misère c'est à dire qu'on a considéré que on avait la des territoires qui étaient des territoires justement et bien qui étaient des territoires hub qui étaient des territoires qui devaient justement être aidé être soutenu mais qui en aucun cas et bien ne représenterait demain ne représenterai jamais demain des poumons la Californie en Seine-Saint-Denis d'Emmanuel Macron c'est encore et ce sera probablement toujours un rêve à ce rythme là donc tant qu'on a pas une vision qui est une vision réelle de développement de ces territoires et m'a malheureusement vous aurez des populations qui se sentiront en relégation et je rejoins tout à fait ce qui a été dit aujourd'hui on a beaucoup parlé en tout début d'année la difficulté qu'on pouvait avoir aujourd'hui de recruter un enseignant et le fait le speed dating pour avoir des contractuels souvenez-vous à la réalité c'est que le rectorat de Versailles la plupart du temps vous prenez des contractuels à Tours de pelle la plupart du temps ils sont pas très compétents parce qu'ils sont formés en trois jours vous les envoyez face à des classes qui sont évidemment des classes difficiles parce que jeunes des quartiers populaires c'est pas facile il faudrait des enseignants chevronnés sauf qu'on en trouve pas et donc ce faisant vous avez des gamins qui n'ont pas le capital culturel initial à la maison etc pas les parents qui ont les moyens de payer les profs particuliers qui se retrouvent face à des enseignants mal formés dans le cadre d'école qui sont des écoles dysfonctionnelles et qui ensuite ne s'en sortent pas et on se demande pourquoi moi je me souviens il y a deux ans sortir du covid avoir alerté une autre personnalité de l'État en disant écouté moi j'ai une vraie problématique une inquiétude parce que post covid il y a des milliers de gamins qui manquent à l'appel ils ne sont pas retournés à l'école et donc il fallait impérativement mettre en place une espèce de mission interministérielle pour essayer d'aller les comptabiliser et aller les chercher ma républu que c'était pas forcément la priorité qu'on avait d'autres priorités ces gamins qui sont sortis à 13 ou 14 ans du système scolaire c'est ce qu'on retrouve aujourd'hui en train de se déchirer sur la voie publique prenez le petit nail épée à son âme à 17 ans sera intéressant aussi un moment donné de regarder d'analyser la trajectoire quand est-ce qu'il a quitté l'école et pour quelles conditions est-ce que le covid c'est il y a trois ans et cette situation vous la voyez un peu partout en France vous prenez les rapports de police d'analyse on vous dit que la moyenne d'âge des gamins qui s'entretuent qui meurent sur la voie publique à cause des règlements de compte trafic de drogue n'est passé du Moyen-Âge de 27 ans à 23 ans même pas un an et demi c'est très compliqué donc on a vraiment à faire aujourd'hui à une jeunesse qui est une jeunesse qui est désemparée alors c'est vrai sujet il y a la parentalité sujet beaucoup de sujets à traiter dedans tout ça mais au fond si on refuse de prendre des problèmes sérieusement à bras le corps et ben on va voir une génération qui va arriver qui va être extrêmement difficile avec laquelle on va avoir du mal à travailler et une génération qui est perdue ce sont des décennies qui sont perdus et du coup cette colère elle est là elle s'exprime en tout cas ces trois dernières nuits comment on répond comment on sort de ces émeutes qu'elle doit être la réponse pour vous dire c'est Youssef moi je pense qu'il y a aujourd'hui il y a le le l'apaisement qui est indispensable vraiment l'apaisement c'est les élus locaux les associations les parents y compris ce la même qui aujourd'hui participe à ces dégradations c'est l'apaisement le moment du recueil du deuil et ensuite comment on construit des choses assez froidement et comment on met tout le monde autour de la table c'est aussi de la fermeté en réponse il faut de la fermeté mais souvenez-vous pardon mais le les mots prononcé par le président de la République sur la décibilisation au fait tout le monde s'est jeté sur le mot personne n'a fait du fond tous se dit mais attendez je suis content je suis d'accord je suis pas d'accord mais personne n'a fait du fond et personne n'a dit bon d'accord ok on est tous d'accord sur le constat notre société elle va mal qu'est-ce qu'on fait de quoi on parle et qu'est-ce qu'on fait demain personne n'est allé là-dedans ils se sont tous échappés sur un mot voilà aujourd'hui la réalité de notre pays c'est-à-dire qu'on fait pas de politique et on s'accorde sur des mots on se déchire sur des mots est-ce qu'on peut apporter une réponse politique comment on fait pour apporter une réponse politique à un mouvement vous le disiez tout à l'heure qui n'est pas politique et qui ne pose pas de revendications aujourd'hui tout le monde sait ce qui se passe dans un certain nombre de territoire on sait ce qui se passe on a des diagnostics comme on en dégage des politiques publiques c'est ceux qui sont responsabilités qui doivent regarder les choses froidement moi je suis pas d'accord pour critiquer le président de la République sur le Conseil présentiel des villes parce qu'il y a des choses qui ont été faites et c'est pas parce qu'on a un ministre de plein exercice de la politique de la ville que sera mieux demain d'ailleurs la preuve on en a eu auparavant et ça a pas forcément marché donc là aujourd'hui c'est regarder froidement le sujet de lier de la jeunesse on a travaillé sur à peu près tous les secteurs globalement économiquement ça va bien la question d'emploi la question des transports il y a des moyens qui sont mis la jeunesse il faut regarder les choses jusqu'à présent on sait pas bien occupé de la jeunesse ou des jeunesse dans notre pays et donc je pense que politiquement il faut pouvoir y répondre et force cette constater que les échecs de Jean-Michel Blanquer c'est une réalité les parents le constatent et en particulier ceux issu des quartiers populaires pardonnez-moi et encore une dernière chose initiative prise par le Président de la République qui est dire on va garder les enfants de 8 heures à 18h c'est une excellente chose pourquoi parce que dans ces territoires vous avez beaucoup de familles monoparentales absolument voilà vous avez beaucoup de familles monoparentales des femmes qui élèvent seul leur gamin et qui sont obligés d'aller travailler cumuler deux trois emplois pour financer qu'est-ce que le gamin fait quand il est encore à l'école à 16h30 ensuite bah il est sur la voie publique et ensuite c'est le début du décrochage scolaire donc de les garder jusqu'à 18 h à la condition d'y mettre du contenu et de la culture on peut arriver à des résultats intéressants mais il faut y mettre des moyens et c'est je pense dans l'éducation qu'il faut sur l'éducation sur laquelle il faut travailler revenir sur sur ses émeutes et sur ce qui s'est passé et l'une des réponses qui est demandée par la droite en tout cas Samia c'est l'instauration de l'état d'urgence alors qu'est-ce que cet état d'urgence changerait en quoi c'est en quoi il consiste exactement alors c'est un régime d'exception qui a été créé dans un contexte très particulier en 1955 en plein en pleine guerre d'Algérie après une série d'attentats du FLN cette année-là on vote donc une loi pour créer l'état d'urgence qui sert à rétablir la sécurité publique en cas de péril imminent dû à des attentes graves à l'ordre public ou en cas de calamité publique comme une catastrophe naturelle alors concrètement qu'est-ce que ça veut dire bien ça veut dire que le ministre de l'Intérieur il est préfet peuvent interdire les manifestations fermer des lieux publics ou des lieux de culte instauré un couvre-feu décidé d'assignation à résidence ou encore lancer des perquisitions administratives donc vous l'avez compris c'est une restriction temporaire des libertés pour assurer par ailleurs la sécurité nationale pas confondre avec l'état d'urgence sanitaire créé en 2020 au monde l'épidémie de covid 19 et on s'en souvient tous la plus loin puisqu'il a vu conduit au confinement du pays à ne pas confondre non plus avec l'état de siège en cas de guerre qui confie les pouvoirs de police et certains pouvoirs de justice à l'armée alors qui peut déclencher cet état d'urgence c'est le président de la République Oriane qui peut le faire par décret en Conseil des ministres l'état d'urgence est alors instauré pour 12 jours et il ne peut être prolongé que par un vote du Parlement alors ça n'arrive quand même pas si souvent puisque c'est je le rappelle un régime d'exception qui est donc réservé des situations exceptionnelles depuis sa création l'état d'urgence a déjà été décrété 6 fois trois fois pendant la guerre d'Algérie donc au moment où il a été créé une fois en 1985 en Nouvelle-Calédonie suite aux affrontements entre partisans et opposants de l'indépendance en 2005 on en parlait tout à l'heure un état d'urgence a été décrété dans 25 départements pour mettre fin à ce qu'on a appelé à l'époque les émeutes des banlieues notamment à l'aide de couvre-feu et puis plus récemment suite aux attentats 2015 l'état d'urgence est déclenché sur une période particulièrement longue puisqu'il va tout de même durer deux ans jusqu'en 2017 Benjamin est-ce que cette demande de la droite direction est justifiée ce déclenchement de l'état d'urgence objectivement je pense pas c'est à dire que alors 2015 en effet on en est sorti en 2017 on en est sorti à travers la loi silt qui reprenait une partie de la loi de 55 pour la faire entrer dans le droit commun on a une forme d'accoutumance aujourd'hui aux États d'exception parce que en effet état d'urgence sanitaire qui reprend quand même certaines dispositions la loi de 55 en 2020 là aussi on a des choses qui sont rentrées dans le droit commun bref on s'habitue à vivre en état d'exception permanente et l'état d'exception devient même quelque chose de facile parce qu'en réalité on a l'impression que si on rentre en état d'exception on va régler le problème là soyons pragmatique qu'est-ce que ça règle alors le seul apport qui serait potentiellement intéressant c'est celui du couvre-feu couvre-feu qui d'ailleurs n'est pas forcément basé uniquement sur l'état d'urgence de couvre-feu en droit français ça existe pas vraiment en réalité donc on avoir découvre ce locaux etc sur certaines populations ça existe sans même état d'urgence et donc on peut malgré tout faire des choses à quoi servirait un couvre-feu actuellement bon c'est vraiment que les gamins qui manifestent et qui brûle des banques et on se dire ah il y a un arrêté municipal donc je pense sincèrement que en faisant ça on met plus de lui sur le feu parce que comment est-ce que ça va être entendu c'est ça qui est important rebelote 2005 donc une certaine façon vous légitimez le mouvement et de l'autre côté et ben terroriste en 2015 et nous la même chose donc stigmatisation donc je crains que le signal politique soit mauvais même ça peut être bon pour une partie de l'électorale d'un point de vue purement électoraliste mais si on veut calmer le jeu le signal est mauvais et juridiquement objectivement ça sert pas à grand chose il y a quelque chose qui me frappe des postures politiques c'est que on passe enfin pas ça leur temps à dire et à raison pour le coup qu'il faut laisser faire le travail justice c'est important etc et on propose la réactivation de la loi de 55 la loi de 55 quelle est la différence entre un régime de droit commun ces dispositions se sont confiées à l'autorité administrative des pouvoirs exceptionnels c'est le préfet qui va pouvoir décider du couvre-feu des perquisitions un peu administratives etc alors que la liberté en tout cas la restriction liberté parce qu'on est tous attaché à l'autre constitution c'est l'article 66 qui confère à l'autorité judiciaire le gardienne de la liberté individuelles et donc il faut pouvoir un moment donné faire confiance à la justice moi je suis totalement opposé comme j'ai toujours été sur la loi de 55 ou sur l'état d'urgence parce que je crois que je suis complètement d'accord avec Benjamin cette espèce de facilité comme disait d'ailleurs Henri Leclerc c'est progressivement transféré des pouvoirs d'exception dans le régime droit commun parce que c'est très facile de se passer du jugement des c'est dire mon temps de préfet je vais prendre des initiés et je rappelle qu'il y a de la jurisprudence notamment sur des actes administratifs qui ont été pris contre des individus sur lesquels il existait d'ailleurs même pas de soupçons simplement une note blanche ont été retoquées par le Conseil d'État donc je suis totalement posé à ça d'autant plus que je trouve que ça n'aura absolument aucun un impact sur la mobilisation actuelle il y a une loi aussi qui fait des basses et la loi de février 2007 qui est régie les 2017 pardon qui régit les les tirs des policiers vous avez travaillé vous sur cette loi Drissa Youssef est-ce que vous comprenez que Jean-Luc Mélenchon disent que c'est un permis de tuer non ce n'est pas la vérité la loi de février 2017 sur la sécurité publique elle permettait d'avoir été dans un contexte post attentat et de donner la possibilité aux forces de l'ordre qui est pas un permis de tuer la possibilité ou en tout cas d'encadrer l'utilisation de l'arme à feu des forces de l'ordre en particulier les policiers parce qu'avant les policiers dépendaient comme vous et de moi du régime de droit commun c'est-à-dire celui de la légitime défense et donc il y a cinq conditions il y a cinq conditions politisations et puis ça permettait aussi d'aligner sur le régime des gendarmes et quand on regarde par exemple sur les refus d'obtempérer avec un véhicule et bien précisé dans la dernière disposition article 435-1 code de la sécurité intérieure que c'est effectivement sur une menace imminente sur une menace physique etc etc et donc celui qui apprécie vous avez à la fois des jurisprudence mais c'est le juge je suis judiciaire donc la réalité c'est que vous avez eu effectivement un pic de de usage d'armes à feu sur des refuses d'obtempérer en 2017 et puis ensuite ça progresse difficilement diminué pourquoi parce qu'il y a eu effectivement une adaptation c'est toujours comme ça le politique vote des lois et l'administratif derrière ne suit pas ou je ne suis pas tout le temps et donc il y a eu des adaptations il y a eu des explications de la formation accompagnement des policiers pour dire attendez l'usage arme à feu c'est pas comme ça que ça se passe etc donc ça diminué mais la réalité c'est que c'est pas un permis tué loin de là mais le niveau de d'utilisation des armes à feu suite à 2017 effectivement ABC mais il reste plus élevé qu'avant qu'avant cette loi d'une vingtaine de tirs en moyenne en plus par an oui mais parce que vous avez complètement raison et parce qu'il faut pas oublier qu'il y a plus de contrôle faut pas oublier qu'il y a de plus en plus de tension entre une partie de la population et les forces de l'ordre et c'est qui explique encore une fois je cherche pas à justifier l'usage de l'arme à feu au milieu je dis expliquer un contexte et encore une fois vous avez aussi certains politiques qui vous savez la présomption de légitime défense et c'était consiste à dire que en fait c'est ni plus ni moins que le renversement de la charge de la preuve c'est pas la victime ou la famille c'est pas aux policiers de prouver qu'il a mal agi mais c'est à la victime famille de victimes de prouver que c'est eux qui ont bien agi et donc le problème c'est que le juge judiciaire tout ça et s'en fout comme pour ce policier il a expliqué un centre de choses le poly le magistrat à regarder le dossier il a considéré qu'il y avait une mise en examen et donc c'est un moment donné c'est aussi le politique qui fait espérer les forces de sécurité et en particulier les policiers en leur donnant une espèce de protection juridique qui en réalité n'existent pas compte tenu des faits donc oui la loi de 2017 elle a permis de répondre à un contexte grave de notre pays et pour autant ça n'a jamais été impermé tué ça n'a jamais été enseigné comme ça mais si cette affaire pour l'instant nous dit quelque chose c'est que le cadre légal n'est justement pas si mauvais ce que le policier en question si vous entendez le procureur de la République il y a clairement une incrimination et donc ce faisant dire que on serait dans une situation de violence policière systémique etc impliquerait que il y a pas de justice derrière qui est pas d'enquête derrière qui est pas de sanction derrière or ce que montre ici cette affaire c'est que et bien il y a une justice que justement la République prend en compte ce type de situation et que la loi en question quand vous faites un usage immodéré disproportionné criminel de votre arme et bien vous pouvez être sanctionné sans préjugés évidemment de la décision de justice infinie mais en tout cas la question est réellement posée donc on peut réfléchir ensuite au cadre légal à une réforme de l'IGPN etc tout ça oui mais dire la police tu dire de l'autre côté et bien on a une des violences policières qui sont des violences policières systémiques ce que prouve cette affaire c'est que non justement est-ce que disent certaines personnes à gauche est-ce qu'il y a une forme de récupération politique est-ce qu'il y a des personnalités à gauche qui souffrent un peu sur les braises réessaye que cette fois ça va être tout le sujet de postes je peux m'exprimer ainsi j'espère que rapidement on va arriver à la normale mais on a d'ores et déjà des organes rapidement pour vous en tout cas je l'espère on va voir encore quelques moments difficiles mais je pense que faudrait qu'on arrive à la normale assez rapidement pour essayer de poser un débat mais d'ores et déjà on voit bien il y a des positionnements politiques qui sont par ailleurs pas acceptables quand on dit que la police est racisée en tout cas qu'elle ne tue que les noirs et les Arabes dans le dans les quartiers c'est profondément scandaleux et c'est faux je connais beaucoup de policiers issus de la diversité je ne connais pas un policier fils de millionnaire au fils de milliardaire ce sont des gens qui rentrent par vocation pour protéger les Français quel que soit leurs origines culturelles culturelles sociales et donc voilà qui est effectivement des dysfonctionnements ça a toujours été un peu mon combat sur la formation sur l'encadrement c'est un vrai sujet il y a des déficiences c'est une réalité on balance des gamins de 21 ans avec des fusils mitrailleurs sur la voie publique alors qu'ils sont pas totalement formés combien de fois on n'a pas dit sur le lanceur de bac de défense il y a des déficiences en matière de formation c'est une réalité mais de dire que la police est raciste dans notre pays c'est une honte de dire qu'effectivement ce sont sans prennent uniquement au noir aux Arabes c'est une onde mais on voit bien que dans tout ça il y a une récupération politique qui se prépare parce que on voit bien que d'un côté le rassemblement national qui soutient aveuglement une police ou en tout cas des policiers qu'il faut savoir quelquefois condamner et puis on voit bien qu'il y a d'autres organisations qui jouent après et après va être un peu compliqué parce que ce qui va être important c'est de faire France ensemble c'est de se réunir sur effectivement un constat sur un diagnostic toutes les organisations politiques la réalité extrême droite comme extrême gauche joue d'après plutôt que de jouer l'apaisement essaie de construire quelque chose on voit bien que on prépare après tout le monde fait de la politique et c'est très dommage et très dangereux au vu de la circon au vu des circonstances un peu cocotte-minute après si vous regardez les enquêtes d'opinion je serai tenter de vous dire que cyniquement c'est pas si étonnant c'est un sujet extrêmement idéologisé et extrêmement clivant electorat de gauche pense que il y a des violences policières systémiques en majorité et que en effet il y a du racisme dans la police le lectorat de droite arrive en soutien massif à la police on considère souvent que les la porosité gauche droite et que les frontières sont fous sur ce sujet là elles sont idéologiquement structurantes mais à la base de présupposés on l'a dit la situation est fondamentalement complexe là l'idéologie passe devant la complexité pour le politique c'est dur à gérer et ça crée des réactions parunistes et ces émet urbaines font évidemment la une de la presse régionale ce matin on voit ça tout de suite avec Samia [Musique] et Samia les violences de la niche pour la Une de toute la presse régionale ce matin oui l'embrasement c'est le terme qui revient à la Une de plusieurs titres le Berry Républicain qu'on a vu tout à l'heure mais aussi le bien public ou encore La Dépêche du Midi on choisit les mêmes mots pour revenir sur la journée et d'hier à Nanterre qui s'est terminé dans la violence mais aussi dans de nombreuses villes de France cette murène le nord par exemple a été fortement touché cette nuit encore oui colère KO et désolation peut-on lire ce matin dans la Voix du Nord avec un reportage dans des quartiers entre colère et sidération Roubaix Tourcoing encore mons-en-barœul où je rappelle que la mairie a entièrement brûlée je ne pensais pas que ça pouvait arriver ici raconte un habitant dans les colonnes du journal la Normandie n'a pas été épargnée non plus la traînée de poudre a aussi embrasé le Havre Paris Normandie est allé recueillir la parole des habitants de Caucriauville en banlieue havraise voiture brûlée bureau de poste et commerçantiers le journal rapporte la désolation là aussi et la stupéfaction des riverains qui se dit sous le choc caillasser le tramway du Havre retrouvez plus circuler hier soir plus au sud la colère ne retombe pas non plus non la fièvre persiste commence ce matin Sud-Ouest le journal revient sur la mort d'un autre jeune homme dans des circonstances assez proche de celle de Naël pour ce qu'on en sait pour l'instant elle ou c'est une camarade 19 ans et décédé le 14 juin à Saint-Yrieix près d'Angoulême lors d'un contrôle routier face à son refus d'obtempérer là aussi le policier lui attiré une balle mortelle dans le torse il a été mis en examen lui aussi pour homicide volontaire merci Samia merci beaucoup pour cette revue de presse merci Benjamin Morel merci de rester troussef d'être venu ce matin merci à tous de nous avoir suivis pour voir ou revoir cette émission c'est sur notre plateforme public sénat.fr et je vous donne rendez-vous lundi très bonne journée très bon weekend [Musique]
Éric Ciotti