Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 2 juin 2021 23 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Régionales : "Mon intuition est que le front républicain est mort ou presque", juge Stéphane Séjourné

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:51OuverteRéponse directe

    À quoi va servir ce nouveau Tour de France ? Est-ce qu'Emmanuel Macron lance sa campagne sans le dire ?

  • 1:36RelanceRéponse directe

    Donc, il ne s'agit pas de faire campagne sans le dire ?

  • 1:56OuverteRéponse directe

    Comment faire passer de la sincérité dans des déplacements très verrouillés ?

  • 3:07OuverteRéponse directe

    Ces élections régionales, est-ce que vous voulez les politiser et constitueront-elles un test ?

  • 4:49RelanceRéponse directe

    Vous êtes contre sa présidentialisation, c'est-à-dire en cas d'échec, il n'y a pas de leçon à tirer pour Emmanuel Macron lui-même, c'est ça ?

  • 5:04OuverteRéponse partielle

    Quelle sera votre doctrine en matière de Front Républicain ? Se retirer partout, le Rassemblement National est en position de l'emporter ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:22Invité politiqueChiffre
    « Au dernier déconfinement, la France a été d'ailleurs un des premiers pays à avoir une relance très forte, une des plus grosses relances économiques européennes. »
  • 2:49Invité politiqueFait
    « On va aussi avoir un enjeu de compétitivité européenne et internationale. »
  • 3:32Invité politiqueFait
    « Alors, moi d'abord, j'assume totalement la nationalisation des enjeux de cette élection régionale. »
  • 5:09Invité politiqueFait
    « Moi, mon intuition, c'est que le Front Républicain a quand même pris une certaine... Je ne vais pas dire que le Front Républicain est mort, mais presque. »
  • 5:43Invité politiqueFait
    « Je pense que là, on a depuis 2015, dans quelques régions, on s'est retrouvé avec uniquement une opposition d'extrême droite et une majorité de droite, notamment dans le Nord et dans le Sud. »
  • 6:00Invité politiqueChiffre
    « On voit bien d'ailleurs que dans cette élection, aujourd'hui, en 2021, les scores du Front National n'ont pas changé par rapport à 2015. »
  • 12:54Invité politiqueFait
    « Vous voyez bien qu'on a à la fois une volonté de moderniser le pays au début du quinquennat. »
  • 13:13Invité politiqueFait
    « Il y a eu beaucoup de conquêtes aussi sociales et sociétales, quoi qu'on en dise, sur la gratuite. »
  • 13:21Invité politiqueFait
    « On a revalorisé beaucoup de minima sociaux, on a fait la gratuité des lunettes, du dentaire, des prothèses auditives. »
  • 13:33Invité politiqueFait
    « On aura fait la PMA, on aura fait le congé paternité qui aura été doublé. »
  • 18:52Invité politiqueFait
    « Dans un premier temps il faut quand même saluer à un moment donné que l'Europe a été très réactive et d'ailleurs en parallèle à certaines crises où l'Europe a beaucoup stagné sur ce volet-là l'Europe a été réactive politique et a pris des sanctions à mon avis qui étaient les bonnes. »
  • 19:13Invité politiqueFait
    « Ces sanctions économiques elles sont à la fois inefficaces sur les pays. »
  • 20:30Invité politiqueFait
    « Non, je pense qu'on vit depuis quelques années sur les chaînes info notamment deux phénomènes : le premier phénomène c'est que la grille des programmes a été progressivement remplacée par la priorité au direct, l'édition spéciale. »
  • 21:00Invité politiqueFait
    « une deuxième tendance qui est la sur-éditorialisation des programmes où progressivement en réalité les éditorialistes ont remplacé les responsables politiques »
  • 21:33Invité politiqueFait
    « quand vous êtes dans une frontière qui est quand même la frontière grise puisqu'on ne sait pas si Éric Zemmour est dans le champ politique s'il va se présenter à des élections s'il fait campagne pour quelqu'un ou pour des idées »

Temps de parole

  • Stéphane Séjourné69 %
  • Invité14 %
  • Présentateur13 %

3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le Grand Entretien un eurodéputé à l'REM, également conseiller du Président de la République. Vos questions, vous êtes déjà nombreux au standard 0145 24 7000, passé autrement par les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Stéphane Séjourné, bonjour. Bonjour. Bonjour.

Et merci d'être à notre micro ce matin après la grande marche de mai 2016 pour lancer sa campagne présidentielle après l'itinérance mémorielle de novembre 2018, après le grand débat de janvier 2019 pour sortir de la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron reprend aujourd'hui son bâton de pèlerin pour un Tour de France qui débute dans le Lot, département symbole à ses yeux de la ruralité heureuse, dans le village de Saint-Cyr-la-Popie, ayant voté à 77% pour lui en 2017. Voilà, la carte postale est précise. Dites-nous pour commencer Stéphane Séjourné, à quoi va servir ce nouveau Tour de France ? Est-ce qu'Emmanuel Macron lance sa campagne sans le dire ?

0:59
Stéphane Séjourné

Bon, d'abord, bonjour. Cette campagne, cette ingénérence, elle est d'abord pour reprendre un peu le pouls du pays, pour aussi accompagner les réouvertures. On voit bien que le calendrier s'échelonne un peu progressivement et on va avoir un certain nombre de réouvertures. On va aussi avoir un enjeu de compétitivité européenne et internationale. Au dernier déconfinement, la France a été d'ailleurs un des premiers pays à avoir une relance très forte, une des plus grosses relances économiques européennes. Donc là, il faut reprendre le fil de cette relance et le président va accompagner cette relance, évidemment.

1:36
Invité

Donc, il ne s'agit pas de faire campagne sans le dire ?

1:38
Stéphane Séjourné

Écoutez, si, en tout cas, aller écouter les citoyens se déplacer sur le terrain, accompagner les politiques publiques, c'est faire campagne. Il est en campagne depuis le début de son quinquennat. Donc, évidemment, il n'y a pas de volonté d'accélérer cette campagne, mais d'accompagner la relance.

1:56
Invité

Il y a 40 ans, Valéry Giscard d'Estaing s'était invité chez les Français. Ça n'avait pas marché. Ça avait paru condescendant, théâtral. Là, Aurélien Pradié, député LR du Lot, dit « Tout ça pue l'insincérité ». Comment faire passer de la sincérité dans des déplacements qui sont quand même très verrouillés, très préparés à l'avance, dans des lieux choisis, avec des rencontres très choisies également ?

2:19
Stéphane Séjourné

Non, vous verrez, je pense qu'il y aura des moments dans ces déplacements, évidemment, de grande sincérité, d'écoute et de proximité du public. En tout cas, c'est ce que souhaite le président de la République dans ces déplacements, avoir des moments avec les gens, avec les corps intermédiaires. Ces déplacements seront très différents les uns et les autres. il fera évidemment un tour de France avec la volonté d'accompagner, comme je disais, la réouverture du pays, et puis aussi de tirer les enseignements. Donc, être insincère, c'est tirer les enseignements de cette crise, d'écouter comment on a vécu la crise sanitaire dans les territoires et au niveau national.

Et ce n'est pas pareil, on n'a pas vécu la même crise sanitaire à Paris que dans le Lot. Et ça, pour le coup, le président doit aussi se déplacer sur le terrain.

3:07
Présentateur

Stéphane, c'est journée pour les élections régionales. Quinze ministres sont en lice, parmi lesquels deux poids lourds du gouvernement, Éric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin. Ces élections, est-ce que vous voulez les politiser et constitueront-elles un test ? En cas d'échec, je finis la question, en cas d'échec des listes LREM, Quelles leçons en tirerez-vous que vous êtes définitivement un parti sans ancrage local ?

3:32
Stéphane Séjourné

Alors, moi d'abord, j'assume totalement la nationalisation des enjeux de cette élection régionale. On parlait de la relance économique sur les territoires. Je pense que ces collectivités-là, les régions, sont des collectivités d'investissement avec des budgets considérables qui doivent accompagner la relance. Et d'ailleurs, c'est pour ça que la majorité présidentielle a voulu déposer des listes sur cette élection. Donc, moi, j'assume l'enjeu national de cette élection totalement. Je n'assume pas la présidentialisation. La présidentialisation, c'est le cas de Xavier Bertrand, qui en fait un déterminant de sa campagne et de sa candidature à l'élection présidentielle.

Et ça, pour le coup, ce n'est pas notre cas.

4:13
Invité

C'est le cas d'Emmanuel Macron aussi, qui envoie Éric Dupond-Moretti face à Xavier Bertrand.

4:18
Stéphane Séjourné

Oui, mais que les ministres prennent part à cette campagne, à ces enjeux-là, notamment Éric Dupond-Moretti avec le Front National dans le Nord, mais aussi sur les enjeux économiques, avec énormément de ministres qui participent à cette campagne, tant sur le fond et sur le volet programmatique. On n'en parle pas assez dans ces élections régionales, mais ces élections sont importantes pour les Français. Et que le gouvernement y participe, ce n'est pas nouveau. Dans tous les gouvernements, il y a eu des candidats aux élections régionales, et puis les enjeux seront régionaux.

4:49
Invité

Vous êtes contre sa présidentialisation, c'est-à-dire en cas d'échec, il n'y a pas de leçon à tirer pour Emmanuel Macron lui-même, c'est ça ?

4:55
Stéphane Séjourné

En tout cas, le président de la République n'a pas conditionné, comme d'autres, sa candidature à l'élection présidentielle. En tout cas, je n'ai pas entendu ça à l'élection régionale.

5:04
Invité

Quelle sera votre doctrine en matière de Front Républicain ? Se retirer partout, le Rassemblement National est en position de l'emporter ?

5:09
Stéphane Séjourné

Moi, mon intuition, c'est que le Front Républicain a quand même pris une certaine... Je ne vais pas dire que le Front Républicain est mort, mais presque. Pour rassembler aujourd'hui, il faudrait presque que les têtes de liste arrivées en tête puissent faire un rassemblement réel et garantir aussi aux oppositions des candidats qui auront vocation à siéger dans l'opposition, des listes qu'on demande de retirer pour que vos auditeurs comprennent.

5:41
Invité

Ça veut dire quoi ? Le Front Républicain est mort, ça veut dire quoi ?

5:43
Stéphane Séjourné

Je pense que là, on a depuis 2015, dans quelques régions, on s'est retrouvé avec uniquement une opposition d'extrême droite et une majorité de droite, notamment dans le Nord et dans le Sud. On voit bien d'ailleurs que dans cette élection, aujourd'hui, en 2021, les scores du Front National n'ont pas changé par rapport à 2015. Donc l'efficacité, y compris électorale, de ce dispositif qu'on a mis en place en 2015 pour faire face au Front National est remis en question d'un point de vue électoral aujourd'hui.

6:14
Invité

Expliquez-nous, qu'est-ce que vous allez faire pour qu'on soit clair ? En cas de second tour où le RN peut gagner, vous proposez quoi ?

6:21
Stéphane Séjourné

Je pense qu'il faut que la responsabilité de ceux qui veulent rassembler puisse permettre à des listes qui ont fait des fois 17, 15, 20%. Et donc c'est pas normal qu'on ait pendant plus de 10 ans pas d'élu socialiste, pas d'élu centriste, par exemple dans le Nord, et qu'on n'ait pas de représentation d'une opposition. Donc il faut que Xavier Bertrand, par exemple, dans le Nord, puisse intégrer à un moment donné, s'il veut faire le rassemblement, et garantir à des listes d'opposition quelques élus d'opposition pour qu'il y ait une expression politique.

6:54
Invité

Donc vous voulez que Xavier Bertrand choisisse quelques élus de la liste La République En Marche ? C'est ça que vous lui dites ? Non, non, non.

6:59
Stéphane Séjourné

Parlons politique et parlons franchement. Je ne parle pas forcément de la...

7:02
Invité

Vous ne vous retirerez pas spontanément pour Xavier Bertrand ? Il faudra qu'il prenne certaines personnes de votre liste. Pour être clair, c'est ça ?

7:07
Stéphane Séjourné

Je ne dis pas qu'il ne faudra pas se retirer. Je dis qu'il faut avoir une réflexion au moment du deuxième tour. Elle est prématurée à ce stade. Mais il faut avoir une réflexion au moment du deuxième tour pour garantir le report des voix dans un premier temps et une expression politique dans ces assemblées pendant 5-6 ans qui permettent à d'autres oppositions que le Front National de s'exprimer. Et aujourd'hui, ce n'est pas le cas avec le Front Républicain. Le Front Républicain, c'est quoi pour vos auditeurs ? C'est le retrait des listes, purement et simplement, de toutes les listes, pour empêcher le Rassemblement National de passer. Là, on a compris ce matin

7:43
Invité

que vous avez conditionné votre vote au second tour pour Xavier Bertrand au fait qu'il prenne certaines personnes de votre liste. Ça me semble être ça, non ?

7:50
Stéphane Séjourné

Je ne veux pas faire une fixation sur Xavier Bertrand. Je pense que c'est valable pour l'ensemble... Ce sont des logiques de coalition et pas de barrage. Alors, ce n'est pas une logique de coalition parce qu'une logique de coalition, ce serait de gouverner ensemble. Je pense qu'on peut avoir au deuxième tour une logique, justement, de rassemblement et pas de front.

8:09
Présentateur

À ce micro, il y a quelques semaines, Michel Barnier disait, je le cite, « En conscience et gravement qu'il ne faut pas jouer avec le feu que ce pays a besoin de clarté et d'une droite républicaine. Il poursuit ce qui essaie de dynamiter ou d'effacer tout ce qui existe entre l'exécutif actuel et le FN prennent des risques d'ouvrir la voie à quelque chose d'improbable et que je ne veux pas voir arriver dans mon pays. » Fin de citation. Que lui répondez-vous, Stéphane Séjourné ? L'impression que vous ne voulez rien sauf vous et le Front et le Rassemblement National

8:39
Stéphane Séjourné

est-elle fausse ? Non, et la preuve, ce que je vous dis sur les régionales, je pense qu'on a besoin, évidemment, de diversité politique. Moi, j'en veux beaucoup aux oppositions, après 2017, de ne pas avoir reconstruit une éventuelle alternative et une éventuelle alternance sur le fond, sur la forme, sur l'organisation. Les oppositions ont beaucoup parié sur l'affaiblissement du pouvoir pour regagner eux-mêmes, en réalité, le fil d'un espèce de tic-tac gauche-droite que tout le monde voulait revoir en espérant que Macron était une parenthèse, en réalité, de la vie politique.

J'en veux beaucoup pour le débat démocratique et politique, parce que je pense qu'on a besoin, aujourd'hui, d'oppositions crédibles dans le champ républicain. Ça, c'est une certitude. On en a d'autant plus besoin que partout dans le monde, les enjeux économiques et les grands choix stratégiques, puisqu'on est à un moment de basculement, aujourd'hui, de nos économies, avec la sortie de la crise sanitaire avec la vaccination, et on aurait besoin d'un vrai débat, d'un vrai débat de choix de société, sur qu'est-ce qu'on veut.

9:44
Invité

Mais sans exempter LR et la gauche qui, effectivement, et vous avez raison, doivent balayer devant leurs portes et n'ont pas été capables de reconstruire des vraies forces d'alternance, est-ce que vous, en envoyant Éric Dupond-Moretti face à Xavier Bertrand, vous ne faites pas tout aussi pour faire monter le Rassemblement National ?

10:03
Stéphane Séjourné

Mais la candidature de Dupond-Moretti dans le Nord est justement pour faire reculer le Rassemblement National. pour montrer qu'on est aussi capables, à un moment donné, de faire face au Front National avec aussi d'autres arguments et puis de montrer que la liste de la majorité dans le Nord va se battre pour faire reculer le Front National dans le Nord. Donc, pas du tout. Je pense que nos enjeux sont à la fois économiques, démocratiques, comme je le disais, et surtout, en termes de diversité politique, la droite n'a pas de leçons à nous donner vu les débats qu'il y a cette semaine au sein des Républicains.

10:42
Invité

Vous parlez de Guillaume Pelletier ?

10:43
Stéphane Séjourné

Oui, je parle de Guillaume Pelletier notamment.

10:45
Présentateur

Mais Stéphane Séjourné, Emmanuel Macron avait aussi été élu sur la promesse de réconcilier les Français, d'apaiser le pays. Quatre ans après, le Rassemblement National n'a jamais été aussi haut. Alors, qu'est-ce que ça exprime et que dit cet échec ?

10:58
Stéphane Séjourné

Je pense qu'il y aura notre capacité derrière à tirer des enseignements des différentes crises. Et là, je ne parle pas forcément de la crise sanitaire, mais aussi de la crise des gilets jaunes. On voyait bien que sortie de la crise des gilets jaunes, des enseignements devaient être tirés d'un point de vue démocratique aussi. Je pense que les institutions, et c'est assez révélateur des débats qu'on a eus sur déconfinement, reconfinement, centralisme démocratique, décentralisation, tous ces sujets doivent être, à mon avis, abordés dans la campagne des présidentielles.

11:33
Invité

C'est ce que vous avez dit François Bayrou, il vous avait dit tirons les leçons, faisons la première plus portionnelle comme Emmanuel Macron l'a promis, vous ne l'avez pas fait.

11:40
Stéphane Séjourné

Je pense qu'il y aura un débat là-dessus, et il faut qu'on puisse consulter plus les gens. Je pense que c'est un grand enseignement de toutes ces crises. Donc, ça n'est qu'un problème institutionnel ? Non, ce n'est pas un problème institutionnel, il est institutionnel, politique, économique, on l'a bien vu, avec une vraie fracture entre les métropoles et la province.

12:01
Présentateur

Quelle part de l'échec

12:02
Stéphane Séjourné

prenez-vous ? Je pense qu'on est en responsabilité, donc je ne vais pas du tout vous dire que c'est la faute uniquement des autres. Ce que je veux dire, c'est que la faute est aussi partagée. Et donc, je veux bien qu'à un moment donné, le Front National soit par exemple à des niveaux importants sur les régionales, mais les responsables aussi, la co-responsabilité, ce sont aussi les responsables d'exécutifs, ce sont aussi les responsables des oppositions qui n'ont pas su recréer. Et donc, je pense qu'il faut qu'on réfléchisse à tout ça pour faire reculer les partis qui ne sont pas dans le champ républicain.

12:35
Invité

Stéphane, c'est journais qu'en en 20 ans on regardera le quinquennat d'Emmanuel Macron, ce quinquennat-là, à part les crises des Gilets jaunes, la réforme des retraites, plus grande grève de l'histoire, à part évidemment l'épidémie de Covid, qu'est-ce qui restera de ce quinquennat ? Quelle est la grande réforme d'Emmanuel Macron ?

12:52
Stéphane Séjourné

Vous voyez bien qu'on a à la fois une volonté de moderniser le pays au début du quinquennat. Je pense qu'on a réussi avec quelques réformes qui dataient depuis 30 ans que tout le monde voulait faire, que personne n'osait. On a réussi quand même à moderniser le pays. On a eu, et je sais que vos éditeurs sont très sensibles à ça, mais il y a eu beaucoup de conquêtes aussi sociales et sociétales, quoi qu'on en dise, sur la gratuite. sur tout ce qui est social, on a revalorisé beaucoup de minima sociaux, on a fait la gratuité des lunettes, du dentaire, des prothèses auditives. Tout ça, je suis assez fier sur le volet sociétal.

On aura fait la PMA, on aura fait le congé paternité qui aura été doublé. Donc tout ça, ce sont des droits qui resteront pour les Français. Et d'un point de vue économique, je pense qu'on aura gagné, en tout cas en compétitivité aussi internationale. Il y a encore beaucoup de choses à faire. Tout ne s'arrête pas là. Moi, je suis persuadé que la dernière année doit être une année utile et pas une année blanche.

13:54
Invité

Il faut faire la réforme des retraites la dernière année ?

13:56
Stéphane Séjourné

Il y aura un arbitrage là-dessus. Je ne vais pas vous faire des annonces maintenant.

14:01
Invité

Votre position à vous ?

14:03
Stéphane Séjourné

Moi, ma position, c'est que je suis favorable vraiment à cette réforme. Je pense qu'on l'a beaucoup caricaturée au moment où elle est passée. Je pense que c'était une vraie réforme d'égalité sociale parce qu'on réduisait les inégalités, notamment entre les gens qui avaient des carrières hachées.

14:20
Invité

Elle n'a pas été ressentie comme une grande avancée sociale.

14:23
Stéphane Séjourné

Je suis d'accord avec vous là-dessus. Elle n'a pas été ressentie comme ça, mais on l'a voulu comme ça. Il y a beaucoup de pédagogie encore à faire sur ce volet-là. Je suis très favorable à cette réforme. Il faudra de toute façon travailler plus par la suite et ça, beaucoup de Français y sont conscients.

14:36
Présentateur

Allez, on passe au standard d'Inter où vos propos sur le Front Républicain font réagir. Bonjour Fabien !

14:42
Auditeur

Bonjour aux auditeurs. Bonjour M. Céjourné. Le Front Républicain est mort, donc il est aussi mort pour l'année prochaine d'après vous. J'ai une deuxième question puisque vous dites qu'à 10 ou 15% un parti doit avoir des élus. Bien que je méprise Marine Le Pen et tout ce qu'elle représente, est-ce que Marine Le Pen ne devrait pas avoir des élus puisqu'elle a fait 21% au premier tour des présidentielles ?

15:11
Présentateur

Merci Fabien pour cette question. Alors sur le Front Républicain, vous avez dit il est mort, enfin c'est ce que nous dit Fabien et dans un an, si en cas de deuxième tour, c'est ça la question évidemment. Roland,

15:23
Invité

je suis socialiste avec votre Front Républicain dès le premier tour, on se demande où est la démocratie. Je suis fortement tenté de voter Rassemblement National.

15:30
Stéphane Séjourné

Oui, je pense que Roland dit exactement la même chose que moi. Le Front Républicain en fait retire effectivement les listes. Votre auditeur a aussi raison. je pense que quand on fait 20% à l'élection présidentielle, on doit avoir un groupe à l'Assemblée Nationale. De mémoire, j'avais un peu occupé des législatives à l'époque pour le Président de la République. On avait retiré pas mal de candidats d'En Marche justement pour ne pas étouffer le champ républicain. Mais là Fabien

16:01
Présentateur

vous pose la question de la présidentielle et du deuxième tour que promettent les sondages.

16:05
Invité

En gros, si vous dites que le Front Républicain est mort, il n'a pas de raison Fabien d'aller voter pour Emmanuel Macron contre le Rassemblement National. C'est ce qu'il vous dit ?

16:11
Stéphane Séjourné

Ah bah si ! Pas du tout. Je dis qu'il faut dans le cadre d'une élection proportionnelle à deux tours sur des listes permettre l'expression politique dans les assemblées. A l'Assemblée Nationale, nous avons des oppositions et heureusement d'ailleurs. et on a un groupe socialiste. D'ailleurs, on devrait avoir un groupe Front National. Ça permettrait aussi le dialogue, une expression politique et pouvoir lutter plus efficacement.

16:34
Invité

Donc le Front Républicain est mort pour les élections locales mais pas pour la présidentielle si on comprend bien.

16:39
Stéphane Séjourné

Non.

16:40
Invité

Parce que votre phrase va beaucoup faire réagir donc précisez-la.

16:42
Stéphane Séjourné

Oui, la question de l'expression politique au sein des assemblées est une question majeure notamment sur les élections régionales. On a besoin d'opposition. On a besoin d'avoir autre chose que l'extrême droite contre la droite dans un certain nombre de régions et notamment quand on regarde ce qui s'est passé depuis maintenant 6 ans dans ces régions ça voudrait dire qu'on prend 5 ans ou 6 ans de plus et donc on effacerait une partie des opposants dans ces régions et c'est ça qu'il faudrait à mon avis pallier. Au standard Françoise. Bonjour.

17:17
Auditeur

Bonjour. Bienvenue Françoise. Merci de prendre mon appel. Je vous en prie. Bonjour M. Séjourné. Bonjour. Ma question monsieur pensez-vous que le discours incantatoire et les talents de comédien du candidat Macron suffiront à faire oublier aux Français le naufrage de son bilan et leurs aspirations au monde nouveau qu'il leur avait promis ?

17:37
Présentateur

Merci Françoise pour cette question claire, franche et nette. Stéphane Séjourné. Merci Françoise.

17:42
Invité

Est-ce que Françoise a voté pour Emmanuel Macron ? Je pense pas.

17:46
Présentateur

Vous êtes là Françoise ?

17:47
Invité

Je n'ai pas voté contre non plus. mais je suis un petit peu déçu de son bilan. C'est ça, c'est peut-être une déçue. C'est peut-être une macroniste qui a été déçue.

17:56
Stéphane Séjourné

Bien sûr. Stéphane Séjourné. Moi encore une fois je suis assez fier du bilan dans le quinquennat vu les étapes qu'on a eues, les crises qu'on a traversées et je pense qu'il n'est pas fini. C'est-à-dire que Françoise a raison dans le sens où les enseignements de ces crises doivent être tirés. on doit reprendre un petit peu le fil de notre quinquennat du programme mais aussi se réinventer et d'en se réinventer c'est accélérer les mutations économiques, c'est regarder le volet institutionnel qui n'a pas marché et donc tout ça évidemment il reste encore un an et je pense que le bilan n'est pas terminé.

18:35
Invité

Question au député européen que vous êtes. Cela fait maintenant 10 jours que le dissident biélorusse Roman Prostasevich est dans les geôles de Loukachenko. L'espace aérien européen a été fermé aux avions biélorusses. Les compagnies européennes ne survolent plus le pays. Très bien. Mais il n'a pas été libéré. L'indignation retombe. Qu'est-ce qu'il faut faire de plus ?

18:52
Stéphane Séjourné

Dans un premier temps il faut quand même saluer à un moment donné que l'Europe a été très réactive et d'ailleurs en parallèle à certaines crises où l'Europe a beaucoup stagné sur ce volet-là l'Europe a été réactive politique et a pris des sanctions à mon avis qui étaient les bonnes. Suffisant ? C'est toujours une difficulté puisque ces sanctions économiques elles sont à la fois inefficaces sur les pays. On le voit bien et je pense qu'il faudra clarifier les choses y compris dans notre relation avec la Russie en réalité. Le président de la République a demandé qu'on ait un rapport du Conseil de l'Europe sur ce sujet.

Je pense qu'il faudra regarder dans quelle mesure on clarifie d'un point de vue européen les relations avec ce pays et puis avec ses alliés mais c'est vrai que les sanctions économiques sont peu efficaces. Je parlais à d'ailleurs des députés litouaniens récemment qui sont voisins de la Biélorussie qui vont payer les sanctions eux aussi économiques plusieurs centaines de millions d'euros. Comment c'est possible

19:51
Invité

que l'Union Européenne n'arrive pas à obtenir la libération de cet homme ?

19:55
Stéphane Séjourné

Justement, je pense qu'à 27 on sera beaucoup plus fort qu'uniquement au niveau national au niveau français avec des prises de position et je pense que derrière il y a la relation avec la Russie la clarification qu'il faut opérer et donc ça ça va être l'objectif des prochaines semaines

20:14
Présentateur

des prochains mois. Une question Stéphane séjournée sur l'audiovisuel dans le quotidien L'Opinion de ce matin vous dites vouloir décompter le temps de parole des éditorialistes les plus engagés par exemple Éric Zemmour que voulez-vous dire par là ?

20:28
Stéphane Séjourné

Non, je pense qu'on vit depuis quelques années sur les chaînes info notamment deux phénomènes le premier phénomène c'est que la grille des programmes a été progressivement remplacée par la priorité au direct l'édition spéciale ça c'est une tendance de fond ça c'est une vraie tendance de fond ce qui fait reculer aussi l'information internationale et européenne et je le déplore en tant que parlementaire européen on a besoin aussi d'avoir ce recul vous le faites beaucoup sur Inter et ça c'est à saluer et puis une deuxième tendance qui est la sur-éditorialisation des programmes où progressivement en réalité les éditorialistes ont remplacé les responsables politiques c'est-à-dire ?

On voit plus maintenant de débats entre responsables politiques où chacun expose sa vision pour que les auditeurs ou les téléspectateurs puissent se faire un avis éclairé et plus ça va plus ce sont les éditorialistes qui remplacent sur un certain nombre de chaînes les plateaux et donc c'est vrai que ça donne une connotation politique

21:28
Invité

Expliquez-nous ce que vous voulez faire parce que vous citez Éric Zemmour vous voulez décompter son temps de parole c'est ça ? Je dis que la logique

21:34
Stéphane Séjourné

quand vous êtes dans une frontière qui est quand même la frontière grise puisqu'on ne sait pas si Éric Zemmour est dans le champ politique s'il va se présenter à des élections s'il fait campagne pour quelqu'un ou pour des idées la logique quand vous êtes vraiment dans cette zone grise ça serait d'avoir une réflexion effectivement pour savoir si ce temps de parole n'est pas aussi un temps de parole qui est politique et je pense que tous ceux qui regardent ces émissions se rendent compte que cette éditorialisation va bien au-delà à mon avis

22:04
Invité

Donc vous demandez au CSA de compter le temps de parole de Éric Zemmour et d'autres ?

22:08
Stéphane Séjourné

Je pense qu'il y a une réflexion à mener sur le sujet je ne vais pas être définitif et c'est pour ça que dans mon interview à l'opinion je dis qu'il faut ouvrir le débat donc ouvrons le débat c'est quelque chose de très sensible évidemment les temps de parole la pluralité politique moi j'y crois énormément et j'y tiens énormément et il ne faut pas que des éditorialistes très politisés tuent la pluralité politique

22:36
Invité

Il y a qui d'autre à part avec Zemmour ?

22:38
Stéphane Séjourné

Je pense que c'est le principal visé dans l'interview

22:42
Invité

C'est lui que vous visez il n'y en a pas d'autre vous n'allez pas décompter le temps de parole d'un journaliste Figaro de valeurs actuelles ?

22:47
Stéphane Séjourné

Évidemment que non et je pense que la particularité française d'avoir des éditorialistes engagés est une bonne chose Merci Stéphane

22:54
Invité

sauf Eric Zemmour

22:55
Présentateur

Le temps de parole etc. Merci d'avoir été au micro d'Inter

23:00
Invité

France Inter Merci d'avoir regardé cette vidéo !

23:03
Locuteur

Merci d'avoir regardé cette vidéo !