Stéphane Zumsteeg : "Quel échec pour Emmanuel Macron !"
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Quelle peut être la réaction de l'opinion après la nomination de Michel Barnier à Matignon ?
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Est-ce que c'est un échec pour le président de la République de voir consulter celle qu'il a toujours affichée comme sa première adversaire ?
- 2:36OuverteRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas la sensation que risque d'avoir certains citoyens qui avaient placé en tête le NFP ?
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Est-ce que les priorités affichées par Barnier correspondent aux demandes fortes des Français ?
- 5:10OuverteRéponse directe
Cette longue attente et cette crise peuvent-elles laisser des traces ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Ce que l'opinion attend et elle l'a manifesté lors des dernières élections législatives, c'est un changement, non pas une inflexion mais un changement radical de la politique menée par le gouvernement quel qu'il soit. »
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« sans lui faire injure ne voit son influence baisser élection après élection. »
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« 6% et demi aux dernières élections. »
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« Oui et moins de 5% à l'élection présidentielle. »
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« elle va être très très étriquée, ça va être un gouvernement très minoritaire »
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« Emmanuel Macron l'a dit dès le début, il voulait tenir le Rassemblement National à l'écart de ses négociations, de ce jeu. »
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« C'est je suis le principal si ce n'est le seul rempart face au nationalisme, face au populisme et donc face à Marine Le Pen et au Rassemblement National. »
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« mais à la merci et du bon vouloir de Marine Le Pen et du Rassemblement National »
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« C'est bien pour ça que les hypothèses Xavier Bertrand et Bernard Cazeneuve ont échoué »
- 2:45InvitéFait
« les dirigeants de gauche disent que cette élection leur est volée, qu'ils avaient gagné les élections. »
- 2:52InvitéFait
« Non la gauche n'a pas gagné les élections, personne n'a gagné ces élections. »
- 2:57InvitéChiffre
« Ils étaient en tête mais de moins de 30 sièges par rapport au bloc présidentiel. »
- 3:21InvitéFait
« Il était essentiel pour le Président de la République pour assurer sa survie politique qui n'est pas assurée jusqu'à 2027 pour l'instant évidemment »
- 3:54InvitéFait
« la priorité des priorités d'une partie des Français, c'est toujours le problème avec les priorités. »
- 4:02InvitéFait
« Évidemment qu'à droite et à l'extrême droite, la priorité des priorités, c'est l'immigration, c'est également la sécurité. »
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6h22 et votre invitée ce matin Marion au lendemain de la nomination de Michel Barnier à Matignon est directeur du département politique et opinion à l'institut de sondage Ipsos. Bonjour Stéphane Zumsteg. Bonjour. On a déjà entendu de nombreuses réactions politiques mais quelle peut être la réaction de l'opinion après la nomination de Michel Barnier à Matignon hier ?
Ce que l'opinion attend et elle l'a manifesté lors des dernières élections législatives c'est un changement, non pas une inflexion mais un changement radical de la politique menée par le gouvernement quel qu'il soit. Alors le problème c'est que les français ne sont pas d'accord, les attentes des gens de gauche ne sont pas les mêmes que celles des gens de droite ou d'extrême droite. Là il y a quand même, on assiste quand même à un double paradoxe d'une part avec un premier ministre qui est issu des rangs d'une force qui est en perte de vitesse, la droite républicaine sans lui faire injure ne voit son influence baisser élection après élection.
6% et demi aux dernières élections.
Oui et moins de 5% à l'élection présidentielle. Et ça, ça pose quand même quelque part problème parce que cette majorité relative elle va être très très étriquée, ça va être un gouvernement très minoritaire avec en plus un poids particulier, c'est que pourra-t-on véritablement parler de cohabitation ? Ce qu'attendent les français. Là encore ça a été le message envoyé lors des élections législatives compte tenu du fait que la principale force qui va soutenir ce premier ministre et bien c'est le bloc présidentiel, 166 députés. C'est évidemment très peu, c'est beaucoup moins que lors des élections il y a deux ans.
La défaite a été terrible pour le camp présidentiel mais ça reste la principale force qui soutient. Comment peut-on encore parler de cohabitation ? Deuxième paradoxe, Emmanuel Macron l'a dit dès le début, il voulait tenir le Rassemblement National à l'écart de ses négociations, de ce jeu. Il n'a eu de cesse que d'essayer de l'exclure, de l'ostraciser durant ces 50 jours et on se retrouve dans cette situation où finalement il a fallu attendre le feu vert de Marine Le Pen pour qu'Anon sorte enfin du chapeau. Quel échec pour Emmanuel Macron ?
C'est ce que j'allais dire, est-ce que c'est un échec pour le président de la République de voir consulter celle qu'il a toujours affichée comme sa première adversaire ?
Mais quel a été l'un des leitmotivs du président de la République depuis sa première élection en 2017 ? C'est je suis le principal si ce n'est le seul rempart face au nationalisme, face au populisme et donc face à Marine Le Pen et au Rassemblement National. Et aujourd'hui on se retrouve avec un gouvernement très minoritaire qui va rester pendant quelques jours, quelques semaines, quelques mois, personne ne le sait évidemment mais à la merci et du bon vouloir de Marine Le Pen et du Rassemblement National qui a fait un geste dans sa stratégie d'institutionnalisation, de respectabilité de dire nous ne censurons pas a priori.
C'est bien pour ça que les hypothèses Xavier Bertrand et Bernard Cazeneuve ont échoué mais ce gouvernement ne tient plus maintenant qu'au bon vouloir de Marine Le Pen.
Alors hier le chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, parlait de vol de l'élection. Est-ce que ce n'est pas la sensation que risque d'avoir certains citoyens qui avaient tout de même placé en tête le NFP même s'ils ne disposent pas d'une majorité à l'Assemblée ?
Alors là on est vraiment dans les éléments de langage parce que c'est vrai que ça fait des semaines que les dirigeants de gauche disent que cette élection leur est volée, qu'ils avaient gagné les élections. Non la gauche n'a pas gagné les élections, personne n'a gagné ces élections. Ils étaient en tête mais ils n'avaient pas gagné. Ils étaient en tête mais de moins de 30 sièges par rapport au bloc présidentiel. Donc en tête oui, l'usage politique veut que l'on se tourne vers la principale force mais il n'y a pas non plus d'obligation juridique ou concessionnelle à choisir un Premier ministre issu des rangs du bloc le plus fort.
De toute façon pour Emmanuel Macron, la proposition de nommer Lucie Castex était totalement inacceptable pour lui d'un point de vue politique et pas seulement symbolique. Il était essentiel pour le Président de la République pour assurer sa survie politique qui n'est pas assurée jusqu'à 2027 pour l'instant évidemment mais que ce soit lui qui propose un nom. Se faire imposer un nom, c'était quelque chose d'inacceptable pour lui. C'était un aveu de faiblesse par lequel il ne voulait pas passer.
Lucie Castex était la candidate que proposait, que voulait imposer le nouveau Front populaire. Hier, Michel Barnier, le nouveau Premier ministre, a affiché ses priorités. École, accès aux services publics, sécurité au quotidien, maîtrise de l'immigration, travail et pouvoir d'achat. Est-ce que ça, ça correspond à des demandes fortes ? Est-ce que ça correspond aux priorités des Français aujourd'hui ?
Oui, la priorité des priorités d'une partie des Français, c'est toujours le problème avec les priorités. Il y a une hiérarchie mais elle est totalement différente selon le profil politique des gens que l'on interroge. Évidemment qu'à droite et à l'extrême droite, la priorité des priorités, c'est l'immigration, c'est également la sécurité. Mais n'oublions pas les attentes de la gauche, même si la gauche est écartée ou a priori devrait être écartée de ce gouvernement. Il faut encore voir s'il y aura des personnalités d'ouverture ou pas. Mais ce qu'on attend à gauche, c'est l'abrogation de la réforme des retraites. Autre ligne rouge inacceptable.
Et ça, ça n'était pas dans les priorités.
Et oui, et autre ligne rouge d'Emmanuel Macron, il n'était pas envisageable pour lui, ne serait-ce qu'intellectuellement ou politiquement, de nommer quelqu'un de gauche. Donc les attentes des Français, elles sont multiples. J'insiste sur un point. Il y a eu des élections législatives, il y a eu avant le désaveu majeur des élections européennes pour la Macronie. Les Français attendent un changement profond de politique. Je ne suis pas persuadé que dans ce système qui n'est pas véritablement une cohabitation, qui n'est même pas du tout une cohabitation...
Une coexistence, dit le Président de la République, enfin son entourage en tout cas.
Oui, une coexistence avec le camp présidentiel qui pèse quatre fois plus que le camp du Premier ministre s'est jamais vu. Une cohabitation, c'est quoi ? C'est 1986, Jacques Chirac, le principal opposant qui devient Premier ministre du Président de la République, Mitterrand. Même chose en 1997 avec Lionel Jospin et Jacques Chirac. Là, on est dans une situation totalement différente. Non, Michel Barnier n'est pas le principal opposant du Président de la République.
Très rapidement, Stéphane Zumsteg, on est quand même à sept semaines après l'élection législative. Est-ce que cette longue attente, cette crise, elle peut laisser des traces ?
Elle peut laisser des traces ? Alors, dans la structure de l'image du Président de la République, parce que le péché originel, c'est quand même de la vie des Français, c'est cette dissolution que personne n'a compris. Il n'y a pas que la classe politique qui a été surprise. Il n'y a pas que la classe politique qui n'a pas compris. Personne n'a compris, personne n'a trouvé ça justifié ou légitime.
Ensuite, il n'y a pas que le Président qui va sortir, à mon avis, abîmé de cette séquence, parce que durant ces plus de 50 jours, on a bien vu que les partis politiques, quels qu'ils soient, pensaient plus à 2027 qu'à la formation d'un gouvernement dans les jours ou dans les heures qui suivaient les différentes réunions. Et ça, ça a laissé des traces. Et ça contribuera probablement à creuser encore davantage le fossé entre les Français et leur personnel politique.
Et à la défiance que vous aviez montrée dans une récente enquête que vous aviez publiée, Stéphane Zumstek, directeur du département politique et opinion à l'Institut de sondage Ipsos. Merci de nous avoir répondu sur Inter.