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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 5 mai 2025 25 min

Mélanie Vogel : « C’est un aveu d’impuissance politique et de mépris parlementaire »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mélanie Vogel, vous êtes sénatrice écologiste, vous représentez les Français établis hors de France. On va commencer en regardant les unes de la presse régionale. D'abord la une de la dépêche grève SNCF vers une semaine noire.

C'est la question. Le trafic ferroviaire qui s'amuse compliqué dès aujourd'hui et pour le pont 8 mai avec ses appels à la grève, le PDG de la SNCF promet une semaine aussi normale que possible. La une du télégramme, c'est François Bairou.

Budget, la drôle d'idée de Bairou est le premier ministre qui a évoqué un référendum sur la réduction de la dette. Et puis la dernière, c'est celle de la Marseillaise à la riscousse des chercheurs américains Emmanuel Macron sur la vendeur Layen qui lance aujourd'hui un dispositif pour les chercheurs américains qui fuient la politique de Trump, l'Europe, la France et la région sud notamment prêt à les accueillir. La question du financement de la recherche reste entière.

Quelle lune choisissez-vous ? celle de la Marseillaise Emmanuel Macron et Ursela Vanderleyen qui seront aujourd'hui à la Sorbonne pour tenter d'attirer les chercheur américains. Est-ce que ça vous paraît possible et est-ce qu'on a les moyens de le faire ?

En tout cas, je trouve que ce que ça dit, c'est que pendant longtemps, on a sous-financé en France la recherche et même en ayant des chercheurs très bien formés qui sont très doués et qui voilà sont en capacité de faire progresser la recherche, ces personnes souvent partaient aux États-Unis parce que les États-Unis leur promettaient de meilleures carrières et des salaires plus importants. aujourd'hui l'arrivée au pouvoir de Trump et je je crois que ça ça dit ça sur ce que c'est le Trumpisme et la catastrophe que ça annonce pour les États-Unis. L'arrivée au pouvoir de Trump détruit en fait la capacité de ces personnes à vraiment faire leur métier puisque il a une politique qui une politique antiscience qui les empêche de travailler.

Et donc on se retrouve face à un paradoxe. On a longtemps parce qu'on sous-finançait la recherche en France participer à ce que des chercheurs soient plus actifs aux États-Unis et aujourd'hui on se rende compte que après l'élection de Trump on a une opportunité de les faire de les faire venir en Europe. Et pour faire ça, alors il va falloir prendre des décisions budgétaires tout à fait différentes que celles que nous sommes en train de prendre notamment en financement en finançant réellement la recherche en particulier la recherche publique.

Justement, on va parler du budget hein puisqu'on l'a vu François Baou qui envisage un référendum sur le budget sur un plan de réforme. Est-ce que c'est la bonne méthode ? Écoutez, bon déjà ça ne va pas arriver.

Je pense que tout le monde est bien conscient du fait que ce référendum n'aura pas lieu. Euh c'est totalement absurde. C'est à la fois un aveu d'impuissance politique et de mépris parlementaire.

Parce qu'en réalité l'adoption d'un budget, s'il y a vraiment une compétence qui est le cœur de l'existence d'un parlement, c'est le vote du budget. Et on est en France dans une situation depuis 3 ans où le parlement n'est pas en capacité parce que le gouvernement n'arrive pas à trouver de majorité à faire ce qui est le cœur de son pouvoir dans une démocratie, c'est-à-dire de voter le budget et là de dire bon ben comme j'arrive pas à trouver une majorité avec mon parlement, je vais m'adresser directement en français démontre l'incapacité du premier ministre à faire quelque chose qui est le cœur en fait d'un chef de gouvernement organiser une majorité. Et pourquoi ça se fera pas ?

Parce que c'est totalement absurde. Et par ailleurs, je ne crois pas que si il organisa un référendum sur le budget qu'il a en tête, il le gagnerait. Je ne crois pas que les Français soient favorables à à la cure d'austérité que François Baou veut faire subir à la France.

Pour vous, c'est une cure d'austérité. Ben, c'est-à-dire il nous al on a déjà eu un budget adopté très très dur. Là, il nous dit il faut trouver 40 milliards de plus. 40 milliards, c'est monumentel. sans nouvelles recettes.

Ben écoutez, enfin à un moment donné donc il faut augmenter les impôts pour il faut trouver de nouvelles recette. Oui. Et une une des solutions que nous avons mis sur la table, nous les écologistes, après le vote à l'Assemblée nationale, ce sera voté dans notre niche le 12 juin.

C'est ce qu'on appelle la taxe dumane. Je je veux préciser une chose qui est importante à avoir en tête dans le débat public autour de cette de ce mécanisme. La taxe dumane, ce n'est pas une nouvelle taxe, c'est un mécanisme qui permet d'assurer que les ultra riches ne détournent pas trop d'impôts et qu'il payent une part de leur juste part.

En réalité, c'est un mécanisme d'impôt planché. Ce n'est pas une nouvelle taxe, ce n'est pas comme l'ISF. C'est simplement un mécanisme qui permet de s'assurer qu'à la fin de l'année, on vérifie quand même qu'ils ont assez contribué par rapport à ce qu'ils devaient contribuer.

Et selon nos calculs, ça peut rapporter autour de 20 milliards. Ouais. entre 15 et 20 milliards, c'est ce qui est prévu.

On trouve où les 25 à 20 milliards qui manquent du cours ? Ah ben, il y a beaucoup d'autres beaucoup d'autres manières de de trouver de nouvelles recettes. On a bon d'abord, on n pas que les impôts, on a aussi mobilisé l'épargne, on a aussi investir via via de l'endettement.

Est-ce qu'hier François Bairou dans son interview, il ferme la porte à une taxation des retraités, il ferme la porte à une nouvelle taxe d'habitation. Est-ce que pour vous, il a raison de fermer toutes ces portes ? Mais non, en fait, si vous euh fermez la porte à toute nouvelle recette et que vous dites "Il faut milliards d'économie", donc vous allez baisser les dépenses de 40 milliards.

Nous avons déjà baissé drastiquement les dépenses dans un certain nombre de budgets de services publics. Donc ce que vous êtes en train de dire, c'est que nous allons encore appauvrir nos services publics sans enfin en refusant que les ultra riches participent à leur juste part. Comment voulez-vous que les Français acceptent cela ?

En fait, on va parler de l'actualité politique et il y a quelques jours, lors des manifestations du 1er mai, des élus du Parti socialiste ont violemment été pris à partie, notamment Jérôme Gedge. Y a-t-il un antisémitisme de gauche ? On écoute ce qu'on dit Olivier Fort, le premier secrétaire du PS.

Il était l'invité hier soir de BFM. Bien sûr qu'il a l'antisémitisme de gauche. L'antisémitisme, il traverse toutes les classes toutes les classes de la population et qui est parfois visible contre Jérôme Gage, contre Raphaël Gluxman, contrefovic, contre toutes celles et ceux qui partent portent un un patronyme qui les renvoie à l'idée de leur judéité.

Mais bien sûr que cet antisémitisme, il existe partout. Il existe depuis toujours à l'extrême droite comme à gauche. Bien sûr qu'il y a des antisémites dans toutes les couches de la société et y compris à gauche.

Mélanie Vogel, est-ce que vous dites comme Olivier Fort bien sûr qu'il y a un antisémitisme de gauche ? Bien sûr qu'il y a un antisémitisme partout. Euh et donc il y a aussi de l'antisémitisme à gauche.

Euh c'est évidemment sur le plan politique incomparable et sans commune mesure avec l'antisémitisme porté historiquement et aujourd'hui par l'extrême droite. Et bien sûr que ça existe tout comme existe partout dans la classe politique, le racisme, le sexisme et le fait que ce ne soit pas structurel ne nous dédoine pas du fait de lutter contre cet antisémitisme et contre toutes les formes de racisme qui existent dans toutes les formations politiques. Au soir du 1er mai, après euh la l'agression notamment contre Jérôme Gadge, Marine Tondelier, la chef de fil de votre parti, a a refusé de répondre euh à cette question et apporté une forme de 8 mai euh pour euh défendre Jérôme Gadge.

Est-ce qu'elle a eu tort ? Est-ce qu'elle a fait une erreur ? Oui, elle a eu tort euh et elle s'en est d'ailleurs excusée.

Euh effectivement euh la réponse euh n'était pas ce qui était attendu. Euh euh Jérôme Gage est victime d'antisémitisme. Je crois que personne ne peut le nier.

Euh rien ne vient temporiser cela, ni le soutien que nous devons lui apporter lorsqu'il est victime d'attaque antisémite. comme d'ailleurs tous les autres responsables politiques et toutes les personnes en France qui sont victimes d'antisémitisme, c'est une chose. Et par ailleurs, le jour du 1er mai qui est une un moment où beaucoup de mots d'ordre peuvent se rassembler et bien personne ne doit être empêché de montrer son soutien au travailleurs et notamment pas les socialistes.

Et donc moi, je regrette ce qui s'est passé et je j'apporte évidemment mon soutien à Jérôme Ged et à toutes celles et ceux qui de manière réelle ou supposée sont victimes d'antisémitisme. Est-ce que dans ces conditions, la gauche peut encore partir unie avec la France insoumise aux prochaines élections que ce soit législative ou présidentielle ? Alors là, c'est quoi le lien que vous faites ?

Parce que le 1er mai, l'antisémitisme pour vous, il vient pas de la part des insoumis notamment à gauche. Ah, je pense que c'est une facilité de se dire qu'il y aurait un problème d'antisémitisme uniquement chez la France insoumise. Il y en a pas en a pas la France insoumise, il y en a comme pas.

Non, mais je veux dire, moi je je pense que les les discriminations, les stéréotypes, les préjugés racistes, ils infusent euh dans la société et donc aussi dans les partis politiques et et donc il y en a chez les socialistes, chez les écologistes, chez les insoumis. Euh autant pour vous il y en a autant chez les socialistes, chez les écologistes que chez les insou. Je je je ne sais pas, je l'ai pas mesuré.

Non, mais je je veux dire c'est par contre oui, il y a et là c'est autre chose, quand Jean-Luc Mélenchon dit que l'antisémitisme est résiduel, quand on narrive pas à qualifier le 7 octobre d'attentat terroriste et cetera, on a des prises de position conscientes dans l'espace public qui participent à nourrir le terreau sur lequel peut grandir l'antisémitisme. Et ça c'est pas acceptable. Euh maintenant, pour ce qui est de votre question sur 2027, le rassemblement à gauche, euh pour moi, c'est très clair le rassemblement que l'on doit arriver à organiser qui est un rassemblement qui doit se construire autour d'une candidature en capacité d'accéder au second tour, c'est une première chose, mais surtout en capacité de le gagner.

Ce rassemblement, il n'est possible que sur une ligne claire, sur une ligne claire sur plusieurs choses. Une ligne proeuropéenne, une ligne féministe, une ligne antiraciste et évidemment une ligne intransigente sur les valeurs, donc sur la lutte contre l'antisémitisme et contre toutes les formes de racisme comme d'ailleurs nous avons réussi à le faire au moment du Nouveau Front populaire ou quand vous regardez le programme du Nouveau Front populaire, il y a une clarté absolue sur les luttes contre l'antisémitisme. Mais est-ce que ce que vous définissez là comme candidature, ça peut correspondre à celle de Jean-Luc Mélenchon du coup ?

Non. Non, je je ne pense pas que Jean-Luc Mélenchon soit en capacité de gagner un second tour. Et par ailleurs, je crois que la ligne qui peut l'emporter, qui peut rassembler, qui peut permettre qu'un second tour soit remporté, c'est une ligne profondément proeuropéenne.

C'est une ligne absolument claire sur la la Russie et l'Ukraine. C'est une ligne qui porte les valeurs de la gauche et des écologistes, y compris quand on est aujourd'hui dans une situation, on voit très bien que un des aspects de la reconquête de notre souveraineté et de la défense de nos valeurs, c'est l'intégration politique européenne, l'investissement dans la défense pour que nous puissions défendre nos valeurs au niveau au niveau européen. Ça, je pense que c'est ça fait partie des points qui à mon avis d'un point de vue de fond peuvent nous permettre de conceir rassemblement gagnant.

Quand hier Laurent Voquier dans le journal du dimanche dit que la France insoumise est une menace pour la République, il appelle un cordon sanitaire et il appelle la gauche à clarifier ses positions et notamment à rompre les accords électoraux. Qu'est-ce que vous lui dites ? Je les avons depuis euh depuis 2012 en France une droite qui a affirmé le Nini.

Vous souvenez qu'en 2012 euh le Nini c'était euh ni l'extrême droite ni les socialistes. Donc en ce qui concerne le cordon sanitaire, je pense que ils ont du ménage à faire de leur côté. Je rappelle que ce sont des gens qui en 2022, en 2024, donc très récemment n'ont pas été capable au second tour dans les législatives de donner des consignes de vote entre l'extrême droite et parfois des écologistes ou des socialistes.

Donc je veux dire moi les leçons de cordon sanitaire de la part de gens qui ont voté pour des députés d'extrême droite pour être euh vice-président de l'Assemblée nationale, j'en ai aucune à recevoir. On va passer à l'actualité du Sénat et demain sera examiné en séance un texte pour reconnaître et réparer les préjudis subis par les personnes condamnées pour homosexualité entre 1942 et 1982. On va voir ce que contient précisément ce texte avec Alex Poussard. [Musique] Bonjour Alex.

Bonjour. Bonjour Mélanie Vogel. Bonjour.

Et Alex Senat examine donc demain en 2e lecture une proposition de loi pour reconnaître les personnes condamnées pour homosexualité. Ah oui, on le rappelle en 1942, le régime de Vichi pénalisait l'homosexualité en interdisant une relation homosexuelle avec un mineur qui aurait la majorité sexuelle, c'est-à-dire plus de 16 ans. Autrement dit, le régime de Vichy instaurait une discrimination entre homosexuel et hétérosexuelle. l'homosexualité qui est devenue également euh après cette période et bien une circonstance aggravante de l'outrage à la pudeur.

On va écouter l'auteur de la proposition de loi, le socialiste Hen Bourgier lors de la première lecture du texte au Sénata, c'était en novembre 2023. Ça commence à remonter. une discrimination d'apparence anodine mais qui légitimera jusqu'à la fin de la guerre la persécution, l'arrestation et la condamnation de dizaines de milliers d'hommes dans notre pays.

Quelques centaines d'entre eux furent hélas déportés depuis la France vers les camps de rééducation et de concentration. Longtemps éclipsé de la mémoire collective, ceux qui étaient obligés de porter le triangle rose ont été progressivement réhabilité. Alors cette proposition de loi portée par Hussein Bourger reconnaît à la responsabilité de la République dans la politique de criminalisation et de discrimination mise en œuvre à l'encontre des personnes homosexuelles entre 1942 et 1982. 1982, c'est la date de la dépénalisation de l'homosexualité et d'amnistie des personnes euh condamnées.

Alors, ce texte qui est porté par la gauche, il prévoit aussi euh des réparations financières pour les victimes euh de cette politique. Euh, mais dans le débat à l'époque en novembre 2023, et bien la majorité de droite du Sénat a supprimé euh ce texte de ce texte de a supprimé de ce texte, pardon, ce volet réparation financière, notamment au motif de la prescription des faits reprochés. La loi d'amnistie a effacé sur le plan pénal l'existence même de ces condamnations et il y a des règles de prescription et que vous ne pouvez pas 40 ans après, sauf à créer un dangereux précédent venir dire que la prescription n'existe pas et que donc il peut y avoir matière à réparation. des arguments qui n'ont pas convaincu à l'époque la gauche sénatoriale.

Il faut que le tort qui a été infligé à quelqu'un, que je préjudice qui a été infligé au plaignant soit indemnisdisé. J'entends les difficultés que cela peut représenter pour trouver les victimes. Mais justement la mouture que je propose c'est que ce soit les victimes qui se manifestent comme pour les harquis ni plus ni moins.

Je persiste et signe une reconnaissance sans réparation on aurait franchi que la moitié du chemin. Alors, au final, lors de cette première lecture au Sénat en novembre 2023, euh ce texte avait été adopté par la majorité de droite du Sénat, mais sans se volet sur les réparations financières, un dispositif de réparation financière qui a été rétabli à l'Assemblée nationale en mars 2024 lors de l'examen du texte par les députés. les députés qui souhaitent qu'une commission soit chargée de statuer sur ses demandes de réparation financière, mais les sénateurs ne sont toujours pas d'accord avec leurs collègues de l'Assemblée.

Donc c'est pour ça que cette proposition loi revient en 2è lecture demain au Sénat. Mélanie Vogel, est-ce que vous pensez que vous allez enfin réussir à convaincre vos collègues de la droite sénatoriale de voter cette possibilité de réparation financière pour les personnes qui ont été condamnées pour homosexualité ? Je l'espère et je veux dire à mes collègues que là nous sommes en 2e lecture.

Donc si nous adoptons le texte tel qui vient de l'Assemblée nationale, il est adopté euh définitivement et nous pouvons enfin euh voilà clarifier la responsabilité de la France, y compris avec les dispositions dont vous parlez. Il y a deux aspects en fait qui font débat au Sénat. Il y a la question des responsabilités de la réparation financière, mais il y a aussi la question de la responsabilité de la France au moment de la période de Vichi euh que les Républicains veulent supprimer euh avec un petit tour de passe-p disons Vichi c'était pas la France, donc on a aucune responsabilité là-dedans.

Et donc moi, je trouverais ça assez honteux que parce que on veut se s'exonérer de la responsabilité de ce qui s'est passé sous le régime de Vichi et parce qu'on ne veut pas un mécanisme qui existe par ailleurs pour d'autres d'autres crimes que l'on reconnaît une responsabilité financière et bien qu'on se retrouve dans une situation où on ne peut pas adopter définitivement ce texte et où on doit repartir à l'assemblée sur le volet réparation financière. Est-ce que vous comprenez les arguments qui sont invoqués par la droite sénatoriale qui parle quand même de complexité juridique notamment pour euh des faits qui remontent à plusieurs décennies ? Écoutez euh je on a d'autres dispositifs qui permettent de d'avoir des réparations financières pour des victimes quand on considère que à la faveur d'une loi mémorielle, la République reconnaît ses erreurs pour les harquis notamment.

Pour les harquis notamment. Ça fonctionne pour les harquis. Je ne vois pas.

On peut dire que c'est complexe. Écoutez, notre travail c'est de souvent faire des choses complexes. Euh je vois pas bien pourquoi ça ne pourrait pas fonctionner pour les personnes qui ont été euh victime de la criminalisation de l'homosexualité.

Ça ne concerne pas aujourd'hui énormément de personnes en France. Euh et donc la la portée, c'est surtout politiquement euh cette semaine, on déciderait au Sénat de dire "Nous refusons de voter ce texte parce que c'est très important pour nous de ne pas réparer financièrement ce qui a été commis." Voyez bien que ça ne tient pas.

Qu'est-ce que Qu'est-ce que ça cache ces arguments de la droite sénatoriale ? Quelle volonté ? C'est d'amoindrir ce texte.

Oui. Ben écoutez, la droite sénatorielle n'est pas toujours la plus allente sur la question de la justice en particulier lorsque ça concerne les personnes LGBT. Moi, je regrette encore une fois que nous ne saisissions pas très facilement l'opportunité que nous avons de voter conforme ce texte cette semaine.

Et s'il y a un petit message, si vous me le permettez, que je voudrais transmettre à mes collègues, c'est que euh nous nous votons régulièrement des lois mémorielles et c'est très bien euh pour reconnaître des injustices, pour reconnaître des fautes du passé et nous les votons dans un sentiment de communion présente. Ce que j'ai envie de leur dire, c'est que c'est bien de voter aujourd'hui des lois qui reconnaissent les erreurs que nous avons commis envers les homosexuels, plus récemment envers les femmes victimes de la criminalisation, de l'avortement. Ce que j'aimerais c'est qu'on se pose la question de ce que nous allons regretter dans 20 30 ans et peut-être commencer à changer aujourd'hui.

Les lois qui continue d'être discriminante. Et je par je pense en particulier aux personnes trans aujourd'hui qui n'ont toujours pas accès à des papiers librement, qui n'ont toujours pas accès à la PMA et tout ceci je peux vous dire que dans quelques décennies nous voterons au Sénat une loi qui dit que nous avons honte de ce que nous faisons aujourd'hui. Quand on voit quand on voit par exemple que la Hongrie de Victor Robin euh s'attaque à la marche euh des fiertés pour défendre les droits des personnes LGBT, est-ce que vous êtes inquiète euh justement vis-à-vis de nouvelles discriminations qui pourraient y avoir contre ces personnes ?

Absolument. Euh nous avons voté au Sénat il y a quelques mois une proposition de loi terrible euh sur l'interdiction de l'accès aux soins pour les mineurs trans qui si cette loi était adoptée à l'Assemblée nationale ferait de la France le pays le plus répressif en Europe en matière d'accès à la santé pour les mineurs trans. C'est terrible.

Et donc oui, nous avons euh euh nous le voyons euh euh aux États-Unis avec Trump, nous avons une une coalition de l'international réactionnaire qui s'organise autour de la destruction des droits des personnes LGBT, en particulier des personnes trans. Et c'est notre devoir comme pas comme gauche, écologiste, personne LGBT, comme démocrate, comme partisan des valeurs de la République et de l'État de droit de défendre ces droits-là. Et euh moi je serai le 28 juin à Budapest pour marcher, même si c'est interdit, pour défendre les personnes LGBT en un mot sur ce qui s'est passé hier en Roumanie, premier tour de la présidentielle avec une un score très élevé euh de l'extrême droite, un un candidat qui se revendique proche de Donald Trump.

Est-ce que les proeuropéens sont impuissants face à la montée de l'extrême droite en Europe aujourd'hui ? Euh il impuissant, non, mais euh il y a un grand danger, un grand risque. Euh il y a un 2e tour en Roumanie euh qui aura lieu le le 18 mai.

Euh le candidat euh démocrate proe européen peut encore l'emporter. Mais ce qui est évident, c'est que nous avons en Europe une montée comme ailleurs dans le monde des réactionnaires et vous remarquerez que ces réactionnaires s'attaquent comme partout euh à l'état de droit, à la construction européenne euh et puis au aux femmes et aux minorités sexuelles et de genre. Et donc nous ne sommes impuissants que si nous décidons de de l'être en réalité, il est parfaitement possible de l'emporter.

Pour l'emporter, il faut s'organiser et il faut mener le combat contre l'extrême droite. Merci Alex. À tout à l'heure.

À tout à l'heure. Dans le club, on parlera du projet de budget de François Baou qu'il souhaite soumettre à référendum. Et c'est à suivre dans une demi-heure.

On termine par l'actualité dans nos régions. On va à Bayonne. On retrouve Pierre Sabatier.

Bonjour. Merci beaucoup Pierre d'être avec nous, chef d'agence départementale dans les Pyrénées Atlantiques pour Sud-Ouest. et on va parler avec vous euh du vote du conseil municipal de Biarit et aujourd'hui pour débaptiser la rue de la négresse.

Oui, il y a un seul ordre du jour ce soir au conseil municipal de Biarit. C'est le c'est le le le nom de la négresse sur la sur qui fait polémique là depuis quelques semaines euh avec l'association Mémoire et partage qui souhaite débaptiser le nom de cette rue et au-delà même de le nom du quartier. Ce soir, il sera question du nom de la rue.

Il y a une consultation citoyenne qui a été lancée par la ville avec trois noms et c'est la rue de l'Allégresse qui l'a emporté. Et donc c'est ce nom-là qui sera euh proposé au conseil municipal de d'adopter ce soir ou pas, mais il y a de grandes chances qu'il soit adopté. Et Pierre, vous avez une question pour Mélanie Vogel.

Oui, on voit euh que ce que ce sujet euh mais alimente pas mal les passions et qu'on bien au-delà de Biarit. Euh, on voit en Charmand Maritime là, il y a une commune qui se dit, une commune de 2000 habitants qui a une rue qui s'appelle et qui va aussi le le maire propose de la débaptiser. Ça vous inspire quoi ?

C'est des c'est dans l'air du temps, on va dire. Alors le les noms des rues communément sont utilisés pour rendre hommage à des personnes, à des événements, pour glorifier certains faits. Évidemment qu'il est temps et plus que temps qu'en France nous cessions d'avoir des hommages ou des glorifications à notre période coloniale et la négresse est sans aucun doute un terme qui est à la fois raciste et sexiste.

Moi, ça me paraît évidemment nécessaire que nous puissions reconnaître que c'est raciste et sexiste et que il est normal de aujourd'hui en 2025 modifier ce nom. Ça ne veut pas dire que nous effaçons le passé. Ça ça ne veut pas dire que nous occultons la réalité du passé colonial.

Mais euh les rues ne sont pas des musées euh où on entrepose avec des explications et cetera euh ce qui a été notre passé colonial. les noms des Russes et c'est utilisé pour rendre hommage et je ne vois pas pourquoi on rendrait hommage au sexisme et au racisme. Merci Pierre Sabattier, merci beaucoup d'avoir été avec nous la une de Sud-Ouest.

C'est du rugby magistral l'Union Big le Bordeaux qui file en finale de la Coupe d'Europe après sa victoire hier face à Toulouse. Merci beaucoup Pierre et merci Mélanie Vogel. Merci d'avoir été notre invité dans 20 minutes dans le club.

On reviendra sur cette idée de référendum lancé par François Bairou. D'abord, on accueille notre prochaine invité le député européen, Bernard Gua.