Pécresse : un meeting et des doutes #cdanslair 14.02.2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 45 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:34OuverteRéponse partielle
Quel est le dernier meeting ayant entraîné autant de critiques sur la forme ?
- 3:30OuverteRéponse directe
Quelle est votre analyse sur la difficulté des femmes en politique à maîtriser l'art oratoire ?
- 5:33RelanceRéponse directe
Dominique Régnier, vous évoquez une part de misogynie dans les critiques. Sur quoi vous basez-vous ?
- 8:29OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut faire campagne sans être dans les sbroufs et en portant une image de sérieux ?
- 10:45OuverteRéponse directe
Est-ce que le discours politique a autant d'importance aujourd'hui qu'avant ?
- 11:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que les Français en retiennent de ce meeting ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18PrésentateurFait
« Valérie Pécresse n'était pas franchement au zénith après un exercice dont elle reconnaît elle-même ce matin que ce n'est pas son terrain de jeu préféré. »
- 2:12PrésentateurFait
« « La voix, c'est très compliqué pour moi, c'est très compliqué pour les femmes en général et moi en particulier ». »
- 15:28InvitéFait
« « Je dis qu'il n'y a pas de fatalité au grand remplacement et au grand déclassement. » »
- 15:33InvitéFait
« « Je déteste cette expression. » »
- 23:46PrésentateurFait
« « Le grand remplacement, c'est une expression d'Éric Zemmour. » »
- 35:30InvitéFait
« « Elle est la seule à proposer un projet crédible et notamment pour la jeunesse. » »
- 40:08InvitéFait
« Elle était chiracienne, tout simplement. »
- 40:21InvitéFait
« Je pense qu'il y a un peu de misogynie pour le coup chez Nicolas Sarkozy parce que toutes les femmes politiques qu'il cite sont des femmes qui n'ont pas fait de carrière. »
- 40:53InvitéFait
« Il a laissé filtrer qu'il conseillait à Emmanuel Macron de prendre comme première ministre Christine Lagarde qui est un soutien de Valérie Pécresse. »
- 41:12InvitéFait
« S'il disait « Je soutiens Valérie Pécresse, je ne sais pas si ça déplacerait des milliers et des milliers de voix. » »
- 43:28PrésentateurFait
« Il a même dit, apparemment, dans ce que dit la presse, il a même dit, je ne vois pas qui d'autre qu'elle pourrait aller vers cette élection. »
- 43:40PrésentateurFait
« Nicolas Sarkozy reste avec Valérie Pécresse, il faut le dire, la personnalité préférée des sympathisants de droite. »
- 45:02PrésentateurFait
« Valérie Pécresse fait un très bon score en Île-de-France, supérieur encore à l'effet qu'avaient eu François Fillon, Nicolas Sarkozy dans cette région capitale. »
- 46:58InvitéFait
« Nous sommes l'héritier des gens qui ont été au RPR, qui ensuite ont été à l'UMP, qui ensuite ont continué à LR malgré les déceptions, malgré les désillusions. »
- 47:49InvitéFait
« Marine Le Pen est en permanence en train de reculer, de composer avant même d'avoir été élue. »
- 49:22InvitéFait
« Marine a la plus d'expérience qu'Éric Zemmour. »
- 50:22InvitéChiffre
« Selon les derniers sondages, Marine Le Pen est à 17% des intentions de vote, deux points devant Éric Zemmour. »
- 1:00:28InvitéChiffre
« On a un Français sur trois qui dit qu'il adhère aux idées d'Éric Zemmour. »
Temps de parole
- Présentateur76 %
- Invité12 %
- Invité 22 %
- Invité 32 %
- Invité 42 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions au SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. 1h30 de discours et une journée entière de critiques. Valérie Pécresse n'était pas franchement au zénith après un exercice dont elle reconnaît elle même ce matin que ce n'est pas son terrain de jeu préféré. Sur la forme, tout y passe avec des critiques naturellement portées par ses adversaires qui moquent sa voix, son ton, ses sourires, ses silences. Sur le fond, les mêmes dénoncent la droitisation de son discours et du camp LR. Valérie Pécresse devait se servir de ce meeting hier pour trouver un second souffle.
Elle se retrouve à 50 jours du premier tour avec peut-être plus de questions que de réponses. Pécresse, un meeting et des doutes, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Dominique Régnier, vous êtes directeur général déléguée de la Fondation pour l'innovation politique. Je rappelle cette étude réalisée avec la Fondapol qui s'intitule 2022, le risque populiste en France, qui a montré d'ailleurs la droitisation de la France. Nous y reviendrons. Bruno Jeudi, vous êtes rédacteur en chef au service politique de Paris Match. Je cite votre édito à apparaître cette semaine, la plaie des ex. Raphaël Baquet, vous êtes grand reporter au journal Le Monde.
Vous signez aujourd'hui le portrait de Valérie Pécresse qui s'intitule « La candidate LR face au casse-tête de son image présidentielle ». Nous y reviendrons longuement dans cette émission. Enfin, Bernard Sananès, vous êtes politologue, président de l'Institut de sondage Elab. Je cite votre chronique parue dans « Stratégie, crédibilité versus radicalité, le nouveau match ». Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce « C'est dans l'air » en direct. Je me posais la question en préparant cette émission, Bruno Jeudi. Je me disais, quel est le dernier meeting qui aura entraîné autant de critiques sur la forme ? Sur la forme ? Dans vos souvenirs d'observateurs politiques.
Sur la forme, je n'ai pas souvenir de meeting, peut-être déjà Valérie Pécresse au début de sa campagne des régionales en 2010 où elle avait été assez critiquée pour sa première prestation, justement, déjà pour ces questions de forme, de voix, de se mouvoir sur la scène. Elle avait déjà été critiquée, donc c'est quelque chose d'ancien. D'ailleurs, elle s'en explique dans un livre de Chloé Morin sur « On a les politiques qu'on mérite » où elle dit « La voix, c'est très compliqué pour moi, c'est très compliqué pour les femmes en général et moi en particulier ». Et elle dit, normalement, c'est vrai que ça doit servir à la persuasion.
Et elle dit, en vérité, l'autorité, ça ne passe pas par la voix. Donc, en fait, il y a tout un passage et elle explique, elle l'admet dans ce livre. D'où, d'ailleurs, mon étonnement, quand j'ai vu les jours précédents ce meeting, que son équipe misait beaucoup sur ce meeting puisque ce n'est pas son point fort. Mais de mémoire, non, peut-être Ségolène Royal aussi avait quand même essuyé ses critiques, ses meetings de son début de campagne présidentielle, même si on se souvient moins de la fin de campagne où elle avait plutôt réussi le meeting, notamment au stade Charletti. Donc, il y a aussi peut-être des possibilités de progrès.
Il est clair qu'en tous les cas, il y avait aussi Éric Zemmour qui avait été critiqué. Ce n'était pas une campagne électorale, c'était un meeting. Il avait aussi, lui, essuyé les critiques. À l'époque, il n'était pas un homme politique. Donc, c'est différent. C'était très violent, Raphaël Baquet. C'est très violent parce que c'était très mauvais ou c'est très violent parce qu'il y a une part de misogynie, on va le dire, dans ce début de campagne avec un exercice qui est plutôt formaté pour des hommes. On va prendre une salle comme ça de 7500 personnes et avec une impossibilité, une difficulté pour une candidate de se plier à cet exercice-là. Quelle est votre analyse ?
Ça dit quelque chose sur la préparation ou l'impréparation d'un candidat. Il se trouve que Bruno vient de citer Ségolène Royal. Ségolène Royal a travaillé avec Arène Mouchkine, qui est une actrice, grande metteur en scène de théâtre de Gaulle, a travaillé avec le sociétaire de la comédie française, Louis Seignet. Ça s'apprend. Les femmes ne sont pas moins bonnes que les hommes. Après tout, Beyoncé, Céline Dion, Lady Gaga tiennent le Stade de France ou des très grands concerts. Donc, on ne voit pas pourquoi une femme ne pourrait pas parler en public. Évidemment qu'elle le peut. C'est vrai qu'elle doit apprendre à poser sa voix, elle doit apprendre surtout à véhiculer des émotions.
Et la difficulté de Valérie Pécresse, c'est ça. C'est qu'elle est raide, on le sait depuis longtemps, c'est un défaut que beaucoup d'entre nous peuvent connaître, bien sûr. Ça s'apprend. Ce qui est étonnant, c'est qu'elle n'ait pas voulu l'apprendre. Quand on l'a interrogée, d'abord, elle a eu pendant quelques séances un coach vocal, c'est-à-dire quelqu'un qui lui apprenait simplement à ménager sa voix. Elle a une voix fragile. Il suffit de l'écrire dans le journal pour qu'elle trouve ça scandaleux, que c'est vraiment quasiment un crime de lise-majesté. C'est absurde. Il n'y a absolument aucun mal à apprendre à poser sa voix et à l'aménager en public. C'est très difficile.
Et elle n'a pas voulu, effectivement, avoir recours à un acteur ou une actrice qui lui aurait appris à parler en public. C'est dommage, ça raconte. Ce n'est pas seulement anecdotique. C'est pour ça que je commence cette émission avec ça.
Il y a des gens qui nous regardent ce soir et qui disent « on s'en fout, on va en parler du fond » parce qu'il y avait des choses également dans ce discours. Mais c'était tellement spectaculaire, la façon dont elle a été critiquée sur la mélodie même de ce meeting.
C'est pour ça que je voulais d'abord débuter ce tour de table avec vous sur ce sujet. Et ça n'est pas anecdotique en politique. Non, la forme n'est pas à balayer. Surtout quand on s'adresse évidemment au peuple et qu'on veut récolter les voix. Savoir parler en public, savoir parler à la télévision. Évidemment que tout ça est extrêmement important dans une campagne électorale. Dominique Régnier.
Oui, tout ça est vraiment fondamental. C'est aussi une information sur ce qu'est l'élection présidentielle. Moi, je crois quand même qu'il y a une part de misogynie, je pense. Il y a beaucoup de maladresse, des préparations, ça me paraît visible, y compris de son équipe. Sur quoi vous dites ça ? Je donne un exemple. Moi, j'étais devant ma télévision et je ne comprends pas qu'on ne lui ait pas dit qu'on n'entend pas la foule quand on est dans son salon. On n'entend pas. Tant mieux. Du coup, on l'entendait, elle, mais pas la foule. Or, elle s'arrêtait sans cesse pour être en relation avec la foule. Et du coup, on avait le sentiment... Devant la télévision, c'était très curieux.
Je n'ai pas eu la même perception. Moi, j'étais sur place et les gens m'ont raconté qu'à la télévision, ça avait un effet, ça ne marchait pas, qui ne fonctionnait pas, alors que nous, on avait la foule qui interrompait le discours. Ça ne marchait pas parce qu'on se demandait pourquoi. On comprenait que c'était la foule, mais enfin, comme on ne l'avait pas à l'oreille, c'était très curieux. Et comme elle voulait être aimable, elle souriait à ses partisans. Et donc, ça la mettait dans une position tout à fait inconfortable. On aurait dû quand même lui expliquer. Je trouve, là, c'est une histoire de métier. Attention, tu fais ton discours, tu ne t'arrêtes pas, tu continues, etc. Bref.
Donc ça, c'était une préparation, mais de son équipe aussi. Elle n'était pas assez prête, c'est certainement le cas. Maintenant, je trouve qu'il y a une expérience qui devient problématique. L'élection présidentielle est-elle faite pour des femmes qui ne sont pas populistes ? Comment on fait quand on est une femme et qu'on veut porter un discours de droite ou de gauche dans l'élection présidentielle et que l'on n'a pas envie de renverser la table ou de dire des tas de choses qui aimantent ou qui même peuvent déchaîner des passions ? Pardon, ça veut dire que vous pensez aussi à Anne Hidalgo dans ce même... Ben oui, c'est pas... Je veux dire, c'est quand même...
C'est marrant parce que ce sont des femmes qui ont une grande expérience de la politique, qui ont même remporté de grandes batailles. Dans leurs batailles électorales, quand même, c'est pas rien, ce qu'elles ont obtenu les unes et les autres. Prenons Anne Hidalgo ou Valérie Pécresse. Et là, tout d'un coup, on a l'impression que c'est une débutante et qu'elle déboule dans le champ politique. Il y a quelque chose qui est lié à la manière dont l'élection présidentielle française pré-sélectionne les candidats. C'est pareil pour les hommes. Vous avez toute une série de profils de bonhommes qui n'ont aucune chance de percer dans cette élection présidentielle.
Est-ce qu'ils sont trop sérieux, trop mesurés, trop nuancés ? Oui, il n'y a pas de... On attend maintenant à cette élection. Alors, on l'a beaucoup dit, mais tellement dit que ça en devient problématique. C'est même un malaise, la rencontre entre un homme et le peuple. Enfin bon, on peut dire une femme et le peuple. Mais enfin, c'est quoi cette rencontre ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? Est-ce qu'il faut séduire ? Est-ce qu'il faut prendre ? Est-ce qu'il faut soulever les passions ? Comment vous faites pour soulever les passions si vous ne racontez pas n'importe quoi ? C'est difficile.
Donc voilà, je pense qu'il y a un problème général, d'ailleurs sur le type de discours, hommes ou femmes de côté, qu'on peut tenir dans une présidentielle pour être saillant. C'est intéressant ce que vous dites, parce que c'est ce qu'on entend beaucoup aussi. On le lit d'ailleurs dans votre portrait, c'est ce que disait François Fillon à propos de Valérie Pécresse. Ce qui le met bien, c'est qu'elle n'était pas dans les sbroufs. Est-ce qu'on peut faire campagne, Bernard Sananès, sans être dans les sbroufs et en portant une image de sérieux ?
Oui, je crois que oui, mais il y a un sujet qui est comment, je prolonge ce que vient de dire Dominique Reynier, comment vous satisfaites aux codes de la communication politique, qui sont un métier, qui nécessitent du professionnalisme, qu'on le veuille ou non, sans perdre en sincérité. Et effectivement, hier, ce qui était par moment perturbant, c'est qu'on ne savait pas si Valérie Pécresse était dans son discours, si elle habitait son discours, ou si ce discours, comme beaucoup de gens le pensent souvent, avait été écrit par quelqu'un d'autre. Et donc la question de la sincérité, moi, est tout aussi importante. C'est souvent le cas, ils sont souvent écrits par d'autres.
Oui, mais justement, il y a des discours qui sont habités. Nicolas Sarkozy faisait des discours qui étaient souvent écrits par Henri Guénaud, mais ils les habitaient. Hier, ce n'était pas le cas. Et à mon avis, c'est ça qui a posé problème. Après, que Valérie Pécresse se prépare, que des hommes politiques se préparent, moi, j'ai toujours été surpris de ça. On reproche aux hommes politiques de préparer une émission. Mais c'est bien normal. C'est bien normal. C'est le respect dû aux gens qui vous regardent. Je ne vais pas présenter une émission, intervenir à une émission, sans la préparer. Mais simplement, il faut l'assumer et garder la sincérité.
Et hier, on a eu ce problème-là, avec un discours qui, en plus, n'était pas un grand discours lyrique. On y reviendra. Mal écrit ? En tout cas, ça manquait de souffle. Ça manquait de souffle, si on compare les grands discours que l'on a eu l'occasion de suivre. Donc, il y avait le fond. Il y avait la question de la forme. Après, ça pose une autre question aussi. On a souvent dit que dans les attributs de la présidentialité, il y avait, et on l'a tous dit, l'incarnation.
Est-ce qu'aujourd'hui, dans la France de 2022, où il y a une défiance très forte à l'égard de la parole politique, est-ce que le discours politique a autant d'importance, est-ce qu'il façonne autant les opinions, qu'une émission télé, qu'un dialogue avec les Français, qu'un débat entre les candidats, exercice que Valérie Pécresse a plutôt rifiue ? Ça, on verra dans quelques semaines. Je n'ai pas la réponse. J'allais vous demander la réponse à la question que vous posiez. Je n'ai pas la réponse à cette question. Vous ne l'avez pas. Pour l'instant, on verra dans les prochains jours, et à la fin de la campagne, ce que cela entraîne. Est-ce que le discours est toujours un passage obligé ?
Est-ce qu'il peut disqualifier un candidat ? Ou au contraire, est-ce qu'il est une partie du jugement des Français ? Qui a vu ce discours en entier, comme vous l'avez suivi, vous, ou à la télé ? Qu'est-ce que les Français en retiennent ? Des petits bouts qui sont sortis, parfois très montés pour être drôles ? Qu'est-ce que les Français en retiendront de ce meeting ? Est-ce que c'est juste un meeting ou le tournant d'une campagne ? Exactement. La retransmission des discours, que ce soit sur Internet, sur les chaînes d'info, en intégralité, depuis maintenant deux campagnes, change les choses.
Mais il y a beaucoup de gens qui ne vont regarder que la minute, la minute 30, que d'autres médias auront gardé du discours. En un mot, ce discours a été écrit par celui qui était la plume de François Fillon pour sa campagne de 2017. Et depuis de longues années, c'est Igor Mitrofanov. Ce n'est pas un personnage extrêmement connu. C'est lui qui a écrit ce discours, évidemment, avec l'apport de la candidate. On voit bien qu'elle y a posé largement sa patte, notamment sur les dix dernières minutes de ce discours où elle parle d'elle-même, de sa famille, de son engagement politique. Je suis, moi, plutôt sur la question de Bernard. Je pense que ça ne se joue plus trop dans les discours.
Dans les meetings ? Oui, je crois que ça se joue plus tôt dans les meetings. Ça se joue maintenant essentiellement à la télévision. Peut-être même demain, on le verra sur ces campagnes, sur les réseaux sociaux. En tous les cas, ça se joue plus tôt à la télévision. Dans les débats à la télévision, on a vu, ils ont pris beaucoup d'importance sur les dernières campagnes et peut-être encore plus sur celles-ci. Et cette fois-ci, on aura peut-être même des débats, non seulement, on verra s'il y a un débat avec tous les candidats pour le premier tour. Ça, c'est une question qui se pose. Mais il y a sans doute, il y a déjà des débats entre les candidats.
Et on va dire, c'est peut-être la chance de Valérie Pécresse. Puisque sur les débats, elle a montré, au moins pendant le Congrès des Républicains, qu'elle l'avait emporté face à de redoutables débatteurs. Donc, elle a peut-être un avantage là, dans l'improvisation et dans le débat. En tout cas, ce matin, elle reconnaissait qu'elle n'était pas bonne dans l'exercice. C'était ça qui était étonnant. C'est que ce matin, elle n'a pas du tout berguiné. Elle est assez franche. Donc, elle a dit, oui, je ne suis pas une bonne oratrice. C'était plutôt bien répondu. En tout cas, 7500 personnes, une scène magistrale. On va voir l'image en bleu, blanc, rouge.
Et une candidate attendue au tournant hier, Valérie Pécresse a tenté de galvaniser ses troupes après une semaine marquée par des défections dans ses rangs. Un exercice dans lequel la candidate a eu du mal à imposer son style. Magali Lacroix, Juliette Vallon et Pierre de Horn. Un dimanche matin de campagne, ça commence comme ça, sur la route de Paris. La ferveur des militants, LR du Val d'Oise, ça se prépare. Vous avez choisi qui ? Valérie ! Petit exercice vocal avant d'aller soutenir. Valérie Pécresse, façon d'oublier la mauvaise semaine de la candidate, le silence des uns, la trahison des autres.
Eric Wurt, je suis un peu déçu. Je ne pensais pas que c'était un homme comme ça. Après, par rapport à Sarkozy, je pense qu'il donnera son accord à Valérie parce qu'il sait ce qu'elle vaut et il sait ce qu'elle peut faire. Passer derrière Jacques Chirac, passer derrière Nicolas Sarkozy, des personnalités d'une envergure et qui ont eu beaucoup, beaucoup de métiers, ce n'est pas évident. Mais elle va se découvrir elle-même et en se découvrant elle-même, elle va se révéler à nous.
Pour son premier grand meeting, la famille LR s'est offert une salle de concert. Démonstration de force très attendue par le parti et les militants, un très long bain de foule. Valérie Pécresse, seule en scène, décline sa stratégie à droite toute.
Impunité zéro, la sécurité sera pour vous. Un vêtement comme les autres, ce n'est pas... Certains vocabulaires aux candidats de l'extrême droite. Serons-nous une nation éclatée face à ces questions vitales ? Pas de fatalité, ni au grand déclassement, ni au grand remplacement.
Après la scène, tombent les critiques. Sur la forme, mais aussi sur le fond de son discours. Et d'abord dans son propre camp réuni en conseil stratégique aujourd'hui.
Il faut clarifier, dire que le grand remplacement, ce n'est pas nous. Il faut que tu marques la barrière avec les extrêmes.
Et pourtant, le matin même, Valérie Pécresse, un peu agacée, s'était défendue à la radio de chasser sur les terres de l'extrême droite.
Je dis qu'il n'y a pas de fatalité au grand remplacement et au grand déclassement. Je déteste cette expression. Il faut éviter, éviter ça. Et je dis que je ne me résigne pas. Quand vous écoutez Éric Zemmour ou quand vous écoutez Marine Le Pen, ils vous disent c'est fait, c'est fait, c'est inéluctable.
Dupin béni dans le camp adverse, dans la famille du président bien sûr, et à gauche, on regretterait presque un ancien président de droite.
Je ne comprends pas en fait quelle est cette dérive permanente de la droite qui, visiblement, a perdu tous ses repères. Où est passé le discours d'il y a 10 ans, même de plus de 10 ans maintenant, de 15 ans, de Nicolas Sarkozy,
je suis un Français de 100 mêlés ?
Écoutez, ce n'est pas le meilleur meeting qui a été fait par les Républicains depuis toutes ces années, évidemment. Chacun a pu le constater. Il y a eu aussi là, à nouveau encore, beaucoup de langue de bois sur les plateaux après. Personne n'est véritablement dupe. Si l'objectif, il était de faire rebondir la campagne de Valérie Pécresse, il n'est pas atteint.
Dans un dernier sondage, Valérie Pécresse est désormais à égalité avec Éric Zemmour à 15%, devancée par Marine Le Pen à 17%. Emmanuel Macron reste en tête à 25,5%. Juste pour revenir un tout petit peu encore sur la forme, que pensez-vous de ces conseillers peut-être qui lui disent, ou de ces commentaires qu'on entend parfois ? Il faut fendre l'armure, Raphaël Baquet.
Ça vous fait sourire ? Non, parce que c'est la plaie d'un candidat qui reçoit des monceaux de textos, fait ceci, fait cela, de gens qui généralement n'ont jamais gagné une élection. Donc c'est évidemment atroce. Elle, en ce qui la concerne, c'est vrai que tout le monde lui dit ce cliché, il faut fendre l'armure, mais la réalité, c'est qu'elle est, comme ça. Elle est classique, c'est vrai qu'elle est assez lisse, c'est ce que disait sa mère, mais elle est lisse, elle est comme ça, pourquoi voulez-vous qu'elle soit désaxée ? Ben oui, elle est comme ça.
C'est ce qu'elle a essayé de faire hier, lorsqu'elle a parlé de sa famille, c'était la première fois qu'elle le faisait, elle a remercié son mari, ses enfants, elle a raconté d'où elle venait, elle a raconté son histoire,
ses humiliations, ses blessures. Par ailleurs, c'est vrai que la misogynie, dont parlait Dominique Reynier, qui évidemment existe, et notamment dans sa génération, et aussi à droite, il faut bien le dire, elle a fait cette ascension à un moment donné où les femmes étaient encore, il n'y en avait d'abord pas beaucoup, et pas beaucoup à un niveau élevé. Donc évidemment que l'armure dont on parle, elle se l'est construite aussi. Elle existe, ça, c'est pas un leurre ? C'est à la fois son naturel, si vous voulez, et en même temps, c'est ce qu'elle a construit pour se protéger. Donc c'est très difficile de s'en défaire.
Et effectivement, c'est très révélateur qu'elle ne se compare qu'à des premières ministres. Margaret Thatcher ou Angela Merkel, qui ont toutes les deux d'ailleurs des personnalités tout à fait différentes. Une personnalité très très forte comme Margaret Thatcher, l'autre Angela Merkel, une personnalité plus en retrait. Mais ce sont des femmes de régime parlementaire. Ce sont des femmes qui ont été élues par leur père. Là, évidemment, se montrer dans une élection présidentielle sur le modèle de la Ve République, ça suppose être beaucoup plus désinhibé. Et le classicisme extrême de Valérie Pécresse est un handicap. Elle peut le dépasser, mais c'est un handicap.
Juste remarquer, c'est difficile peut-être pour beaucoup de téléspectateurs de se représenter, ce qu'étaient les LR, UMP, RPR. à l'égard des femmes, quand même. C'était quand même particulièrement machiste comme univers. La politique est machiste, mais là, c'est quand même une tradition qui a été... Et de traverser ça, elle a un peu dit, quand même, dans son discours, mais finalement de façon assez rapide, parce que c'est vraiment pas rien. Et du coup, on peut comprendre, effectivement, qu'elle se soit rétractée à sa manière... C'est ce que dit Alain Main, que là, on voit passer cette citation ce matin.
Il était invité chez nos confrères de France Inter et il dit, je sens un dernier zeste de misogynie dont ce sera victime Valérie Pécresse. D'ailleurs, hier, elle a elle-même borné un peu cette présentation publique. Elle a dit, les cicatrices, je ne vous en parlerai pas. Ma pudeur, je ne transigerai pas. Comme si, finalement, elle était contrainte, vous le disiez, de parler un peu d'elle, mais que, finalement, elle le faisait un peu contre son gré, contraint et forcé. On voit bien qu'elle aurait pu s'en passer, même si ce passage-là était sans doute plus réussi que les autres. On voyait bien, quand même, que ce n'était pas non plus le registre dans lequel elle était très à l'aise.
En un mot, elle a quand même, dans ce passage plus personnel, elle a assumé le côté, Raphaël dit classique, d'une femme bourgeoise et née à Neuilly. Elle a dit, bon, mariée depuis 27 ans, qui a trois enfants, et c'est vrai, elle a dit, j'ai beaucoup reçu, parce que c'est vrai qu'elle a raconté ses parents, son grand-père psychiatre, le parcours de son père, dont elle est assez fière, parce que lui, pour le coup, c'est le parcours de la méritocratie républicaine, universitaire. Plus son père que sa mère, d'ailleurs. Oui, absolument. Son père est vraiment son repère, son modèle, de ce point de vue-là.
Mais après, c'est vrai, elle a assumé quelqu'un qui a beaucoup reçu et qui dit, maintenant, c'est à mon tour de donner. Alors, bien sûr, de ce point de vue-là, c'est un parcours très classique. Ça n'a rien à voir, peut-être, avec d'autres histoires de candidats précédents, à droite comme à gauche.
Allez-y, Raphaël Baquet. Pardon, juste sur la misogynie, elle ne peut pas se présenter à une élection présidentielle comme une victime de la misogynie. Donc, c'est toute la difficulté. Évidemment qu'elle en a été victime, c'est clair. Mais elle ne peut pas revendiquer ça. Donc, parce que quand on se présente pour être chef de l'État, il faut être fort. Il faut avoir surmonté les obstacles, y compris ceux-là.
C'est pour ça que ce matin, elle a essayé de rectifier le tir et c'était sans doute assez habile. Si vous voulez des orateurs, il y en a plein à la campagne, des beaux parleurs qu'on a déjà depuis 10 ans ou quelqu'un qui va faire. Elle a essayé de retourner un peu l'argument qui faisait contre elle en opposant justement la feuseuse au discours politique. Et on le sait, le discours politique, il est très décrié. Vous avez beaucoup de gens qui vous disent mais ce ne sont que des paroles. De toute façon, de tout ça, dans 15 jours ou 3 semaines, il ne restera rien.
Donc, on verra si cette argumentation prend, si elle est audible, si elle est crédible avec une autre question, Raphaël Baquet l'évoquait, qui est comment se débarrasser de cette image de gestion crédible égale candidate pour Matignon, profil pour Matignon pour passer et affirmer une présidentialité. On boucle la boucle sur l'incarnation et les discours et l'oralité, les tribuns. Quand Emmanuel Macron a débuté, il y a eu un peu de flottement, on s'en souvient ? Son premier meeting à la fin de l'année 2016 à la porte de Versailles, c'est un meeting plutôt raté. Sa voix se perd, mon projet.
Il a réussi une performance, je crois qu'il parle plus d'une heure et demie, il l'impressionne par la durée du discours mais pas par la qualité oratoire. Donc, ça commence mal. Il a appris, c'est ça ? Derrière, il va prendre un coach, il va prendre des cours avec un ténor de l'opéra et donc, il va progresser tout au long de la campagne. Donc, oui, tout est possible. Raphaël disait tout à l'heure, on peut progresser. Absolument, c'est simplement, il faut accepter à un moment de passer par la case apprentissage de l'art oratoire. Donc, ça veut dire, si on résume notre début d'émission, qu'un meeting réussi, c'est d'abord la forme ? C'est les deux.
Moi, je crois que là, pour le coup, il ne faut quand même pas oublier la forme, c'est important, évidemment. Moi, je crois qu'il ne faut quand même pas oublier le discours, les choix stratégiques qu'elle pose dans ce discours. Alors, allons-y. Alors, c'est vrai que depuis 24 heures, tout est écrasé par l'appréciation de la forme et moins le discours. Alors, sur le fond, qu'est-ce qu'il faut retenir de ce discours ? Qu'est-ce qu'elle a porté de nouveau ? Alors, il y a un mot qu'elle a utilisé qui a peut-être été mal compris, on va peut-être commencer par ça, c'est l'idée du grand remplacement puisque ses opposants ont considéré qu'elle le reprenait à son compte. Est-ce que c'est le cas ?
Oui, alors, ses opposants, en gros, disent que c'est un discours plus à droite que jamais. Je pense qu'elle a reposé puisqu'elle avait déjà fait une ligne stratégique qui est de rester forte sur le régalien, sur la sécurité, sur l'immigration. On lui reproche l'emploi de la formule le grand remplacement. Alors, il faut remettre la phrase dans le contexte et dire qu'il n'y a pas de fatalité au grand déplacement, au grand remplacement. Le grand remplacement, c'est une expression d'Éric Zemmour. On a l'impression comme ça, en tous les cas, certains commentateurs disent qu'elle la reprend à son compte.
Moi, je trouve que c'est un faux procès parce qu'au fond, elle pourrait dire que c'est peut-être maladroit, j'en sais rien. Moi, je pense qu'elle prononce les mots. Elle a clarifié ou pas ? Alors, ce matin, elle a dit qu'elle avait déjà utilisé la formule lors des débats du Congrès LR, mais dans la réunion qu'a suivie ce matin avec son équipe de campagne, deux d'entre eux lui ont dit qu'il faut que tu éclaircisses la formule. Jean-François Copé et Xavier Bertrand. Demain Écrigny.
Dans son discours, elle a d'autres formules qui sont décalées par rapport à ça puisqu'elle dit à un moment donné que même si on n'a pas eu d'ancêtre à Gergovie, à Austerlitz, etc., on peut être français et que seul contre l'amour de la France c'est que la France rendra cet amour. Donc, elle fait l'éloge d'une immigration-intégration et donc, il y a tas de moments où c'est quand même autre chose. C'est une espèce d'équilibre. Il faut rappeler, je ne sais pas comment elle va s'en tirer de cette affaire parce que 50% de l'intention de vote à droite dont les deux tiers à la droite de la droite et Emmanuel Macron qu'un électeur sur deux identifie comme un bon représentant de la droite.
Donc, elle est là. D'un côté, elle est en voie de macronisation selon Éric Zemmour, d'un autre côté en voie de zémorisation selon d'autres. Donc, c'est un peu à chaque coup, elle perd de toute façon mais dans son discours, elle a essayé manifestement, je ne sais pas si elle va y arriver parce qu'après, il faut le décliner et puis il faut que ça surtout que les gens en parlent entre eux. Mais il y avait deux éléments que j'ai trouvés, moi, intéressants dans leur combinaison. Il y avait d'une part toutes les références classiques de la droite française, littéraire, historique, y compris quand elle a dit « moi, je me sens d'Artagnan », etc. « je me sens Cyrano » ou « le hussard sur le toit ».
Ça, c'est des choses comme ça. Et puis, il y avait tout un côté, moi, que j'ai trouvé intéressant et assez nouveau contre le principe de précaution sur l'innovation, les biothèques, l'intelligence artificielle, le nucléaire, une espèce de droite scientiste qui a existé dans le passé, qui était d'ailleurs la droite de De Gaulle, puis qui s'est un peu perdue dans une espèce de prudence avec Chirac considérable, qui s'est ensuite, qui a peu à peu irrigué toute la droite, qui n'a pas osé reprendre le chemin des entreprises, de l'innovation, etc. Et il m'a semblé aussi que le mot « liberté » était très présent dans sa bouche. Bref, qu'il y avait une sorte de tentative de faire une sorte de droite
un peu plus moderne, un peu plus positive, un peu plus optimiste.
En écho peut-être à ce que disait Eric Wörth dans cette interview dans Le Parisien il y a quelques jours qui disait « je ne veux pas d'une famille politique croquevillée sur elle-même avec des idées du passé ». Même contre Zemmour, c'est-à-dire que c'était une droite optimiste en quelque sorte. On va faire de grandes choses. Il fallait que les savants… Elle a rendu hommage à Marie Curie. Cette question, pardonnez-moi pour vous Raphaël Baquet, le fait que Valérie Pécresse résonne avec les mots de l'extrême droite ne souligne-t-il pas le déficit d'idées chez les Républicains ?
Je ne dirais pas seulement les mots de l'extrême droite. Elle a repris les mots de ses concurrents, souvent. Et Dominique a raison. Le moment où elle est la meilleure, c'est quand elle dit ce qui est d'ailleurs ses convictions profondes. Parce que c'est une libérale, très intéressée par les nouvelles technologies. C'est ça qu'elle est en vérité, Valérie Pécresse. Or là, comme elle est obligée de plaire à tout le monde, d'avoir ses alliés, de les tenir, d'éviter trop de défections, elle met un peu tout dans son discours. Et c'est ce qui fait que ce discours, sur le fond, on ne comprend pas très bien où elle veut en venir. Donc, il y a le grand remplacement.
Alors, c'est vrai qu'il faut remettre le contexte dans lequel elle prononce. mais quand même, prononcer cette formule, ça marque. Elle le sait bien, n'importe qui peut le dire. C'est une formule tellement connotée. C'est comme si elle donnait du crédit à Éric Zemmour. Donc, vraiment, ça, c'est une maladresse tactique. Enfin, on le sait bien, n'importe quel responsable politique vous le dira, reprendre les mots de l'adversaire, c'est lui donner crédit. Donc, vraiment, ça, c'est une erreur. Elle reprend travailler plus pour gagner plus. Elle reprend des quantités de marqueurs de la droite d'avant qui, du coup, font qu'on se demande mais est-ce à droite à elle ? C'est laquelle ?
Et cette question est toujours posée à vos yeux. Et cette question est toujours posée parce que, justement, il me semble qu'elle aurait dû faire son discours entièrement anglais, comme dirait les journalistes, dire vraiment avec une trame vraiment qu'on comprend d'un bout à l'autre qui était, justement, cette droite moderne à laquelle elle aspire et qui est... Oui, mais on va lui dire
qu'elle est trop macroniste, du coup,
si c'est une droite moderne.
L'équation est extrêmement compliquée pour Valérie Pécresse. Si on résume, elle n'arrive pas à parler à toute la droite, Dominique l'a évoqué, un électeur sur deux qui avait voté François Fillon pour l'instant vote pour elle, c'est très faible, et en même temps, elle n'arrive pas à parler ailleurs qu'à la droite. Quand on voit d'autres électorats qu'elle pourrait conquérir, c'est extrêmement faible, c'est quasiment marginal. Des voix de Macron, des voix venues de la droite de la droite, elle n'arrive pas à en prendre. Donc, elle est prise dans cet étau-là, et cet étau, en plus, il se resserre.
Il y a, par rapport à il y a 15 jours, encore plus d'électeurs Pécresse qui pourraient voter Macron, et il y a encore plus d'électeurs Pécresse qui pourraient voter Zemmour. Donc, hier, elle essaie de faire deux choses en même temps. La première, c'est toujours la vocation d'un meeting, c'est mobiliser son électorat, consolider son socle électoral. Et donc, effectivement, elle décline, j'allais dire, dans une version assez classique, tous les marqueurs de la droite, l'identité, la souveraineté, la famille, et aussi la crédibilité, la crédibilité gestionnaire, travailler plus, dépenser moins, dire autre chose serait un mensonge. Je vois bien que là, c'est les registres de la droite classique.
Mais elle essaie, mais c'est vrai que ça ne perce pas beaucoup, de s'adresser à de nouveaux électorats. Elle essaie de parler, par exemple, des évolutions de la société post-Covid, du télétravail. Elle parle des jeunes, elle parle des pensions alimentaires pour les femmes, elle l'avait déjà évoquée, d'écologie, de référendum d'initiative populaire, ce qui est plus surprenant. Mais c'est vrai que cette partie-là est un peu masquée par le classicisme du discours sur les valeurs de la droite. Mais l'enjeu de remobiliser son électorat, d'éviter qu'il y ait une hémorragie dans l'électorat de droite, c'était incontestablement hier son premier enjeu. Elle en est où dans les sondages ?
Quand on dit sa campagne patine, elle est à la recherche d'un second souffle, est-ce que c'est à plat ou est-ce que ça a du sens dans les encadres d'opinion ? Il y a eu une dynamique post-primaire qui était très forte. Depuis cette dynamique, elle s'est enlisée. Elle est aujourd'hui entre 15 et 16 % dans les sondages. Quand on regarde l'histoire de la droite, 31 % Nicolas Sarkozy en 2007, 27 % Nicolas Sarkozy en 2012, 20 % François Fillon en 2017, elle n'est qu'à 15-16 %. Donc effectivement, pour l'instant, c'est un score extrêmement bas qui s'explique d'abord et avant tout par l'atomisation de l'électorat de droite entre trois courants, d'importance inégale.
Encore une fois, un électeur sur deux de droite vote pour elle, mais qui reste assez faible. Si elle n'arrive pas à mobiliser 60 ou 70 % de l'électorat traditionnel de la droite, ce sera très difficile de la droite républicaine, ce sera très difficile pour elle d'aller au second tour.
Il n'y a pas d'hémorragie ?
Ça ne bouge pas ? Ça ne bouge pas, pas de dynamique. Écoutez, nous, on a le sondage quotidien, j'ai regardé juste avant d'arriver, donc il faudrait que ça ne bouge pas pour Valérie Pécresse qui, depuis le 3 février, est tankée autour de 15 points, 15, 15,5. Donc, on voit bien qu'elle est dans un faux plat et rien ne bouge. Alors, on va voir si demain ou après-demain, ça bouge, puisque, en fait, c'est un sondage qu'il faut lire sur trois jours. Éric Zemmour, lui, est plutôt gagné deux points ces dix derniers jours, passant de 13 à 15 et rattrapant, de fait, à égalité avec Valérie Pécresse. Mais, enfin, tout ça, au-delà avec les marches d'erreur, veut dire que le match à trois est toujours là.
Marine Le Pen, Valérie Pécresse et Éric Zemmour, ça ne change pas tout ça loin derrière d'Emmanuel Macron. Mais, quand même, quelque chose de particulier, me semble-t-il, cette fois-ci, c'est que la plupart des candidats ne bougent pas beaucoup. Éric Zemmour a un peu progressé, c'est vrai. On a... Petite dynamique. Petite dynamique. C'est pas non plus... C'est admirable parce qu'il n'a jamais été candidat, etc. Donc, on pense un peu à ce qu'avait fait Macron, etc. Mais, moi, je trouve que tous les candidats sont bas et à peu près enlisés là où ils se trouvent. C'est une des caractéristiques de cette campagne, quand même. Il y a cinq ans...
Et ça raconte aussi le fait que le président ne soit pas rentré en campagne et qu'on attend le top départ ou est-ce que... Peut-être que c'est aussi cette élection qui ne prend pas. C'est ce que dit Marine Le Pen. Marine Le Pen dit que tant que Emmanuel Macron n'est pas sur le ring, au fond, il boxe un peu dans le vide les uns les autres et c'est pour ça qu'il y a peu de mouvement une campagne, c'est une idée, c'est travailler plus pour la gagner plus, vous l'avez dit, c'est en même temps pour Emmanuel Macron. C'est quoi aujourd'hui ce que défend Valérie Pécresse quand elle dit candidate de l'ordre et de la concorde ? C'est je serais la candidate du fer ?
Qu'est-ce qui, à votre avis, est en train d'émerger peut-être avec vous ? Déjà, ce que vous évoquez pose problème. C'est-à-dire qu'hier, dans la même journée, on a eu la Nouvelle-France, l'ordre et la concorde. Ça fait déjà deux messages qui déjà complexifient un peu l'appropriation, la mémorisation. La Nouvelle-France, c'est un slogan qui a souvent été utilisé, mais après tout, c'est assez normal par plusieurs candidats. L'ordre et la concorde, moi, ça m'a évoqué, c'est assez paradoxal, mais vous vous souvenez du slogan de Ségolène Royal qui était l'ordre juste. Alors, ce n'est pas tout à fait pareil, l'ordre et la concorde.
Mais on voit bien que c'est plutôt autour de cette idée d'ordre et de concorde, dans le fil de son discours, je trouve que ça ressemblait plus à ordre et concorde qu'à Nouvelle-France sur son côté protégé, j'en ai oublié un, protégé, reconstrui, réinventé.
D'accord. Concorde, c'est pour qui ? C'est pour Zemmour ? C'est pour Marine Le Pen ? Oui, c'est pour l'Université nationale.
C'est les Gilets-Journs. C'est Emmanuel Macron. C'est partager le constat que la société française est extrêmement divisée et qu'une partie de cet électorat qui va de la droite républicaine au centre-gauche ne veut pas d'une société qui basculerait dans l'affrontement. En tout cas, hier, dans son discours, Valérie Pécresse s'est adressée aussi à la jeunesse, cette jeunesse qui, pour l'instant, vous me dites, si je me trompe, Bernard Sananès a choisi plutôt Macron ou Marine Le Pen dans les enquêtes d'opinion. Sur le terrain, les jeunes avec Pécresse rôdent les argumentaires contre les adversaires de la candidate. Reportage dans le Tarn, Juliette Vallon avec David Lemarchand.
C'est un cours du soir un peu particulier. En cette veille de week-end, ils sont une vingtaine à assister à la formation organisée par Guilhem Carayon, 22 ans, le président des Jeunes Républicains. Moi, je crois que le rôle d'un mouvement jeune, c'est d'être le nerf de la guerre d'une campagne présidentielle. Rien ne vaut une conversation avec quelqu'un
où on arrive à lui opposer des arguments qui sont raisonnés. Un militant qui te dit Valérie Pécresse, c'est la réincarnation de Macron. Qu'est-ce que tu lui réponds ? Elle n'a jamais dit qu'il y avait des Français qui n'étaient rien. C'est du respect, quoi. Voilà. Elle a du respect pour tous les Français en général.
Affûter ses arguments, réviser ses fondamentaux. Pour la majorité de ses militants, c'est la première campagne électorale. Alors, un petit cours d'histoire politique s'impose.
Il n'y a pas longtemps, sur un marché de Cannes, il y a un militant qui a dit comme ça à Éric Zemmour au passage « Delta, je crois, est avec vous. Delta, c'était les membres de l'OS.
L'OS, c'est les gens qui ont voulu assassiner le général de Gaulle. Mais ce n'est pas notre histoire. » De la théorie à la pratique, opération collage pour Guilhem Carayon chez lui, dans le Tarn. « On met une autre ? La Marianne ? » « La Marianne, elle est très bien. »
Même si Valérie Pécresse ne décolle pas dans les sondages, son jeune porte-parole en est persuadée.
Elle est la seule à proposer un projet crédible et notamment pour la jeunesse, devenu un enjeu de cette campagne présidentielle.
Éric Zemmour et Marine Le Pen n'ont pas un projet puissant. On l'a vu, Marine Le Pen, à quel point elle avait humilié ses électeurs en quelque sorte au moment du débat de 2017. Et Éric Zemmour, je crois qu'il n'a pas de proposition concrète pour les Français. Moi, je le vois pour les jeunes, par exemple. Il a dit que sa proposition fondamentale c'est de supprimer les frais de notaire pour l'achat d'un appartement. Comme si à 24 ans, la question qu'on se posait c'était d'acheter un appartement. Non, on ne se pose pas cette question. On se pose la question de savoir si on va pouvoir bouffer à la fin du mois.
Et Guilhem Carayon prépare déjà la bataille d'après en marchant dans les pas de son père, ancien député du Tarn, figure de la politique locale. Je vous annonce
que le candidat dans la troisième circonscription du Tarn sera Guilhem Carayon.
Juste après la présidentielle, en juin prochain, Guilhem Carayon sera candidat aux législatives. Un enjeu crucial pour les Républicains dans ce département qu'ils ont perdu en 2017. Je veux, demain, qu'on arrive à reprendre cette circonscription à un député marcheur qui n'aura pas fait grand-chose pendant ce quinquennat. Il aura été en charge
des prisons pendant cinq ans. Justement, Emmanuel Macron, il avait fait une promesse, il avait dit on va créer 15 000 places de prison, il y en a 8 500 qui ont été créés. Donc le bilan de Jean Terlier à l'Assemblée nationale, il est quand même assez modeste.
Et ici, tous espèrent que l'ancrage local payera face aux députés de la majorité présidentielle.
Je pense que le travail de député n'est pas forcément d'être tout le temps sur des plateaux. Il doit être sur le terrain, proche de ses électeurs et pouvoir porter le projet. Alors qu'il soit sur un plateau, je le conçois, mais tout le temps, je pense qu'il y a autre chose à faire que d'être là. Le délai entre l'élection du président et des législatives est très court et donc il faut
anticiper.
Anticiper et déjà montrer le visage des futurs, proposer au moins des futurs candidats aux législatives.
Anticiper pour espérer gagner en juin prochain et peut-être aussi en cas de défaite de Valérie Pécresse, donner une seconde chance au parti. Et cette question qui nous est posée par Gilles Daniel dans le Maine-et-Loire. Sarkozy et Pécresse, c'est je t'aime moi non plus. Bon, il n'était pas au meeting, hein ? Non, c'est l'amour vache plutôt, moi je trouve. Oui. Plutôt, parce que franchement, trois jours avant son meeting, les phrases qui sont rapportées dans la presse et qui sont d'une violence inouïe pour la candidate de sa famille, des critiques qui sont un peu parfois presque anecdotiques, presque pitié même, parfois, voilà, je n'ai pas reçu les voeux, Macron me traite mieux.
Bon, franchement, on attend mieux de Nicolas Sarkozy. Je trouve que ce ne serait pas glorieux parce que maintenant, je pense que la question est posée. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'il ne la soutiendra pas ? Voilà, je pense qu'il y a des chances qu'il ne la soutienne pas et qu'au fond... Elle a été sa ministre. Soit il attend, comme disent certains de ses amis, il attend de la soutenir au dernier moment, avant le premier tour ou dans l'entre-deux tours, comme ils disent, ce qui n'est pas très agréable. Je rappelle quand même qu'il a soutenu François Fillon le 7 avril, quelques jours avant le premier tour, soit il va carrément rallier Emmanuel Macron.
Et on voit bien que les ralliements actuels sont presque tous des proches de l'ancien président, qui ont eu la Légion d'honneur il y a quelques mois et qui, donc, fait finalement rallier Emmanuel Macron. Donc la question est posée. Et là, pour le coup, je pense que c'est le coup le plus rude qui a été porté à Valérie Pécresse juste à la veille de son meeting. Et franchement, ce n'est pas très rassurant. Elle a été désignée, elle a gagné le congrès le 4 décembre. Et depuis le 4 décembre, il n'y a jamais eu un mot de Nicolas Sarkozy pour Valérie Pécresse. Il n'y a même eu un mot de Nicolas Sarkozy pour défendre furtivement, certes, Éric Zemmour avant Noël.
Bon, alors la question est qu'est-ce qu'il y a entre eux quand on lit votre portrait formidable dans le monde qui est consacré à Valérie Pécresse et au fond à son cheminement jusqu'à ce qu'elle soit désignée. Il y a cette phrase qu'elle échange avec Nicolas Sarkozy en 2007. « Tu es tout ce que je n'aime pas à droite et je suis tout ce que tu n'aimes pas à droite » et donc il ne la choisit pas comme porte-parole. C'est quoi le problème de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de Valérie Pécresse ?
D'abord, elle était chiracienne, tout simplement. On en revient à ça. Donc, oui, c'est un vieux fond, un vieux désaccord, une vieille rancœur entre eux. Ensuite, je pense qu'il y a un peu de misogynie pour le coup chez Nicolas Sarkozy parce que toutes les femmes politiques qu'il cite sont des femmes qui n'ont pas fait de carrière. Les femmes, les ministres qu'il aimait, celles qu'il appelait ces « girls », ce qui n'est pas spécialement féministe, c'était quand même Ramayat qui n'a pas fait une carrière politique, Nathalie Kosciuske-Morizet qui est repartie dans l'entreprise et Rachida Dati qui est maire du 7e mais qui n'a pas fait une carrière non plus éclatante.
La seule qui a fait une carrière de haut niveau, c'est Valérie Pécresse. Donc, c'est très frappant. Et même la dernière fois, il a laissé filtrer qu'il conseillait à Emmanuel Macron de prendre comme première ministre Christine Lagarde qui est un soutien de Valérie Pécresse. Donc, vraiment, il ne cesse de laisser filtrer le fait qu'il ne la soutient pas et il instille le doute. Ce n'est pas que le fait qu'il se... S'il disait « Je soutiens Valérie Pécresse, je ne sais pas si ça déplacerait des milliers et des milliers de voix. » Mais le fait qu'il ne le fasse pas, ça instille le doute.
Est-ce qu'un ancien président de la République considère qu'elle n'a donc pas la compétence d'un chef d'État ? Vous voyez, ça, c'est vraiment très pervers de sa part et c'est en plus tout à fait étonnant parce que quand même, sa famille politique joue sa survie. Et donc, s'il concourt à détruire cette famille politique, c'est quand même très... Ça lui sera reproché. Bien sûr, ça lui sera reproché.
Au premier rang du meeting, il y avait tous les anciens ministres de Nicolas Sarkozy, tous ceux là-mêmes qui étaient autour de lui pendant les années où il était aux responsabilités. Dominique Rény, cette émission s'intitule « Un meeting et des doutes ». Les doutes d'un éventuel soutien de Nicolas Sarkozy, vous considérez aussi que c'est un poison lent ? Oui, alors en même temps, je me dis que ça peut être une chance. C'est-à-dire qu'à partir du moment où elle n'a pas obtenu ce soutien explicite, je pense que rien ne la retient d'aller, de tracer son chemin, de poser les termes de sa propre conception de la droite et de s'émanciper de tous ces mentors qui font défaut. J'imagine que c'est...
Il y a de la psychologie dans ce personnel politique, évidemment, ce sont des femmes et des hommes qui ont des fragilités et des forces. Je pense que du point de vue personnel, j'imagine, je ne connais pas les protagonistes au point de savoir cela, mais je pense qu'il y a une sorte de difficulté à rentrer dans une campagne comme celle-là, à faire un meeting comme celui-là, avec cette espèce de blessure qui est que, quand même, le grand champion encore vivant, Nicolas Sarkozy, n'est pas avec vous, c'est une énergie que vous n'avez pas. Mais, à ce moment-là, peut-être que la réaction qu'il faut avoir, c'est puisque c'est comme ça, ma droite sera la mienne et je laisse tomber.
Alors qu'elle a fait beaucoup d'efforts pour citer avantageusement Nicolas Sarkozy et certaines de ses réformes ou de ses formules qu'elle a même réutilisées. Elle a reçu le soutien d'Edouard Balladur. Oui, effectivement, vous avez raison, qui a refusé de soutenir Éric Zemmour qui lui a demandé son soutien, semble-t-il, là je le sais par la presse, parce que je n'ai pas de... Donc, je pense que cette information a été validée. Et, effectivement, il a même dit, apparemment, dans ce que dit la presse, il a même dit, je ne vois pas qui d'autre qu'elle pourrait aller vers cette élection.
Nicolas Sarkozy reste avec Valérie Pécresse, il faut le dire, la personnalité préférée des sympathisants de droite. Donc, Raphaël Baquet a raison, non seulement ça a un style de doute, mais ça ajoute au doute. Et ce qui ajoute au doute, également, c'est que les ralliements à Emmanuel Macron viennent de personnalités dont on peut se dire qu'elles sont proches de Nicolas Sarkozy. On a parlé de Nathalie Bouchard, on a parlé d'Éric Wirt, mais ce qui se passe à Marseille, par exemple, est également assez intéressant.
À Marseille, vous avez deux personnalités, figure de la droite marseillaise, dont une est assez proche de Nicolas Sarkozy, Bono Gilles, et un autre maire d'arrondissement, Lionel Royer-Perrault, qui ne sont pas de la droite centriste, qui sont plutôt de la droite droite à Marseille, etc., qui ont annoncé, il y a quelques jours, leur ralliement à la majorité présidentielle et à Emmanuel Macron. Donc, on voit bien que... C'est une migration très locale aussi. Oui, mais à Marseille, ça veut dire quelque chose. Pourquoi ?
Parce que si on prend les intentions de vote et qu'on les regarde sur la carte de France, il y a deux grandes batailles qui sont symboliques des deux combats que mène Valérie Pécresse. Dans la région Sud-Paca, c'est un match à trois. Marine Le Pen, Éric Zemmour, Valérie Pécresse, ils sont tous les trois autour de 15%. C'est évidemment un bastion de la droite et de la droite de la droite sur la carte de France. C'est là où la droite traditionnelle et l'extrême droite ont fait leur meilleur score. Et puis, la deuxième bataille, celle-là, elle oppose Valérie Pécresse à Emmanuel Macron et ils sont tous les deux au coude à coude, c'est l'Île-de-France.
En Île-de-France, Valérie Pécresse et Emmanuel Macron sont à 25-23. Valérie Pécresse fait un très bon score en Île-de-France, supérieur encore à l'effet qu'avaient eu François Fillon, Nicolas Sarkozy dans cette région capitale. Donc, on voit bien que ce qui se joue au niveau national va aussi avoir des influences dans les territoires et également pour la préparation des législatives. Et c'est ça qui est aussi l'enjeu un peu dramatique pour la droite, c'est qu'elle peut se remettre d'une défaite mais elle ne peut pas survivre à une élimination. La droite peut se remettre d'une défaite au second tour si elle est éliminée au soir du premier. C'est sans doute la fin. C'est qui son adversaire ?
Aujourd'hui ? Oui. Au premier tour, ses adversaires ce sont Marine Le Pen et Éric Zemmour parce qu'elle est prise en tenaille dans cette primaire des extrêmes. Elle se retrouve au milieu et c'est toute sa difficulté. C'est-à-dire que là, elle doit absolument... Elle avait réussi à passer deuxième et là, on le voit bien que maintenant, elle ne parvient pas à prendre ses distances avec les duétistes de l'extrême droite.
Eh bien justement,
on va en parler des duétistes comme vous dites de l'extrême droite puisque à l'extrême droite, le supplice chinois se poursuit pour Marine Le Pen. Une nouvelle défection dans les rangs, celle de Stéphane Ravier et lui des Bouches-du-Rhône qui rejoint le camp Zemmour ce week-end. Marine Le Pen encaisse, garde son avance dans les sondages mais peine à dérouler sa campagne face à la stratégie Zemmour. Léa Dermidjan avec Julien Lonnet et David Lemarchand.
Une cérémonie très médiatique. Ce matin, à son QG de campagne, Éric Zemmour fête la 100 000e adhésion à son parti.
Je suis très honoré de vous remettre cette carte de 100 000e adhérents. Gardez-la précieusement. Je tiens à dire
que les 100 000 avant vous n'ont pas tous reçu la carte. Ébène Pioche, c'est une ancienne des Républicains. Pas anodin pour celui qui rêve d'union des droites. Zemmourine est tout à fait l'incarnation de ce mouvement qui est en train de se répandre partout. C'est à dire que nous sommes l'héritier de la droite de toujours. Nous sommes l'héritier des gens qui ont été au RPR, qui ensuite ont été à l'UMP, qui ensuite ont continué à LR malgré les déceptions, malgré les désillusions. Nous reprenons ce flambeau-là. Une prise à droite, une autre à l'extrême droite. Hier, fin du feuilleton Stéphane Ravier. Celui qui était jusque-là le seul sénateur Rassemblement National rejoint Éric Zemmour.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, la mise en scène de son arrivée au QG de campagne. Sur les plateaux télé, l'élu marseillais ne mâche pas ses mots sur son ancien parti et sur Marine Le Pen. On voit bien depuis plusieurs mois mais même plusieurs années que Marine Le Pen est en permanence en train de reculer, de composer avant même d'avoir été élue. Elle n'a plus la niaque, elle n'a plus envie. Je suis fatigué de la fureur, du bruit, mais en politique, malheureusement, c'est comme ça, c'est un combat permanent. Riposte par médias interposés dans le camp Le Pen, opération même pas mal.
Non, ce n'est pas un coup dur mais si vous voulez, moi ce que je déplore, c'est que cette élection présidentielle ressemble de plus en plus à la fédération française de football. C'est-à-dire qu'on achète des joueurs, c'est un grand mercato depuis septembre, les gens des républicains partent rejoindre Emmanuel Macron, une dizaine d'élus du Rassemblement national ont fait le choix de rejoindre la campagne d'Éric Zemmour, une dizaine d'élus sur les mille que nous avons aujourd'hui. Ça fait partie des péripéties de campagne mais je crois que c'est surtout une clarification sur le fond.
Marine Le Pen, elle, était sur le marché de menton ce week-end. Malgré les défections, la candidate d'extrême droite joue la carte de la proximité avec les Français. Embrasse ça à des selfies pour son carnet de campagne sur les réseaux sociaux. Sur le terrain, les bus de Marine Le Pen sillonnent toute la France. Ce jour-là, nous retrouvons les militants du Nord à Armentière. Pour certains, ce n'est pas la première campagne. si c'est la boîte aux lettres, alors si c'est la boîte aux lettres, si c'est un balai brosse, on le plie comme ça. Si c'est une autre boîte aux lettres, on le plie comme ça. Pour ces militantes, Éric Zemmour, Marine Le Pen, c'est loin d'être du pareil au même.
Marine a la plus d'expérience qu'Éric Zemmour. Éric Zemmour, je l'aime bien en tant que politologue, historien, tout ça. Il dit très bien les choses mais je ne le vois pas en politique. Je ne le vois pas. Pour le moment, c'est, pour moi, j'appelle ça de la com'. Vous savez ? Si il passe au pouvoir, la France, elle s'écroule. Elle est bien, Marine, elle temporise. Comme elle dit, les étrangers qui veulent s'intégrer en France pourront rester en France, ce n'est pas un souci. Mais Zemmour, non, lui, c'est direct, case, prends l'avion et part. Là, Zemmour, ce qu'il dit, moi non, je suis contre ça. Après trois campagnes, selon ses militantes, Marine Le Pen aurait changé, appris de ses échecs.
En 2017, c'est vrai qu'elle n'était pas assez proche, elle n'écoutait pas trop, mais là, maintenant, elle est vraiment proche de nous, elle écoute ce qu'on dit, elle écoute nos souffrances. Et là, je sais très bien que maintenant, c'est elle la candidate idéale. Selon les derniers sondages, Marine Le Pen est à 17% des intentions de vote, deux points devant Éric Zemmour.
Je voudrais voir votre réaction, Dominique Régnier, à ces témoignages de ces militants qui disent au fond, c'est elle ou on n'a plus rien. Oui, c'est une... À chaque fois qu'on montre des militants de Marine Le Pen, on reconnaît une France populaire qui est... qui a le sentiment d'être abandonnée, de ne plus avoir d'appui, de ressources pour être représentée, pour qu'on porte leur colère ou leur désespérance. Et là, ça reste une caractéristique du vieux Front National, je dirais, qui d'ailleurs avait comme ça aspiré une partie de l'électorat de gauche.
Ce que je trouve très difficile pour Marine Le Pen dans cette présidentielle, c'est qu'il y a une espèce d'évidence qui est que c'est sa dernière campagne. Et quand vous avez ça, soit vous avez toutes les chances de remporter la bataille et on dit qu'elle va finir dans le triomphe, soit on se dit qu'elle ne va pas y arriver et en plus c'est la dernière. Et c'est comme cela, me semble-t-il, qu'il faut aussi interpréter la perception qu'on peut avoir de ces départs. C'est-à-dire, au fond, la question de toute façon au RN aujourd'hui, elle se pose.
C'est fini avec elle et donc il faut maintenant se décider parce qu'il n'y aura plus personne pour tenir la boutique du RN s'il n'y a plus de Le Pen. C'est un parti personnel, le RNFN. Donc si la dernière Le Pen s'en va, il n'y a plus personne. Donc à ce moment-là, il ne faut pas partir trop tard pour avoir un espoir de jouer un rôle dans les autres... Ça veut dire que ceux qui partent, on a vu tout à l'heure Stéphane Ravier et lui débouchent du Rhône. Donc ces gens-là préparent l'après, en fait. Et d'ailleurs, il le dit plutôt. Absolument.
Marine Le Pen dit dans d'autres termes ce qu'elle vient de dire Dominique Rény, à savoir qu'elle dit au fond, pour l'instant, je suis la seule avec Emmanuel Macron qui m'intéressait à la présidentielle. La droite est déjà dans la recomposition de la droite. Éric Zemmour, il est dans la recomposition d'autres choses. Et au fond, il s'intéresse assez peu à la victoire, à la présidentielle. Ce qui a changé chez Marine Le Pen, c'est que maintenant, elle dit je fais cette troisième candidature pour essayer de gagner. Elle n'est plus dans la qualification coûte que coûte au deuxième tour. Elle dit même que ce qui l'intéresse, c'est de gagner. Donc ça passe ou ça casse.
ça lui fait sans doute pour certains de la peine de voir des reliments comme ça qui sont nombreux maintenant vers Éric Zemmour. Il y en aura peut-être
d'autres.
Oui, elle s'attend d'ailleurs à voir Nicolas Beck, un député européen à partir dimanche prochain, Vardon, le lieu régional de Nice. Voilà, elle se prépare, elle sait, elle dit de toute façon que le mode opératoire en plus ne consiste pas à essayer de déstabiliser la campagne de Marine Le Pen, mais à la tuer pour en finir avec le Rassemblement national et remplacer par une autre boutique qui serait celle qu'Éric Zemmour vient de fonder, vient de fonder Ronconquette. Mais elle dit, et ça c'est plus intéressant, c'est que Éric Zemmour est en train de reconstituer le plafond de verre.
Elle dit, moi quand je regarde, lui il va faire 35% au deuxième tour s'il va au deuxième tour, il ne peut pas gagner. Bon, c'est vrai que Marine Le Pen elle fait 10 points de plus. Et elle cible ce FN du passé. elle dit dans les électeurs d'Éric Zemmour et dans les soutiens d'Éric Zemmour, il y a les cathos traditionnalistes, les païens et quelques nazis. Alors donc, ce à quoi Éric Zemmour répond, il n'y a pas de nazis dans mon équipe, qu'est-ce que les nazis ont à voir avec un juif dont les parents sont nés en Algérie ? Ce à quoi ? Et Annick Jadot dit, Zemmour est le juif de service des antisémites. Et là on se dit, mais qu'est-ce qui est en train de se passer ?
On voit bien que Marine Le Pen poursuit sa stratégie de banalisation, de dédiabolisation et que cette stratégie fonctionne. Il faut voir qu'en matière d'image personnelle de Marine Le Pen, son image s'est considérablement améliorée. On a les Français qui ont à un tiers une image positive de Marine Le Pen, ça n'était jamais arrivé depuis 2017. Aujourd'hui, quand on la compare par exemple sur la crédibilité à incarner le changement, elle devance assez nettement Éric Zemmour, Valérie Pécresse sur la proximité également.
Et puis surtout, quand on regarde les trois électorats dont on parle ce soir, l'électorat Le Pen, l'électorat Zemmour et l'électorat Pécresse, finalement, l'électorat Zemmour, il est assez homogène socialement, avec des points de surperformance, mais il est assez homogène. L'électorat de Marine Le Pen, il est marqué par l'électorat populaire, par l'électorat des zones rurales et surtout, avec une vraie différence, c'est un électorat qui met le pouvoir d'achat en tête de ses préoccupations. L'électorat de droite va mettre les questions de sécurité et d'immigration et ça, c'est la vraie différence.
Donc, Marine Le Pen, elle essaie toujours de rassembler ce qu'on a appelé la France exaspérée et la France désespérée. Mais la vraie différence, c'est qu'aujourd'hui, les seconds tours qu'elle réalise, que l'on mesure dans les sondages, sont des seconds tours avec lesquels on ne peut pas dire que Marine Le Pen ne peut pas gagner. Elle est dans un rapport à 56-44, 57-43, 55-45. C'est, je vous le rappelle, 7 à 8 points de moins que les scores qu'elle a réalisés au second tour de 2017. Et nous revenons maintenant Une question de Louis. Y a-t-il une place pour une candidature Pécresse attaquée sur sa droite par Le Pen et Zemmour attaquée sur sa gauche par Macron ? Il y a une place.
La question est de savoir si c'est à 14% ou si ça peut aller jusqu'à 18% et la faire passer au second tour. C'est ça, là. Le seuil de qualification est autour de 18%. Là, aujourd'hui, non, même c'est plus bas. C'est même plus bas. C'est autour de 16. C'est même plutôt autour de 16. Une question de Gérard dans le Morbihan. Marine Le Pen, Valérie Pécresse et Anne Hidalgo, trois femmes qui font face à des défections assumées ou probables. Que faut-il en penser ? D'abord, pour ce qui est de Valérie Pécresse et Anne Hidalgo, elles ont déjà le problème avec les ex.
D'un côté, François Hollande pour Anne Hidalgo qui régulièrement balance une petite peau de banane sous les pieds de la candidate socialiste. Elle n'a pas besoin de ça parce que là où elle est à 2%, elle ne joue même pas la qualification. Valérie Pécresse, on l'a dit, elle a la difficulté avec Nicolas Sarkozy. Toutes les deux, elles ont ses premières difficultés. Après, les ralliements dans toutes les campagnes. Il y a des ralliements dans toutes les campagnes. Ce n'est pas une nouveauté. Là, on a l'impression qu'il y en a un plus. Parce qu'il y a eu cette focalisation, les médias ont mis l'accent sur le match entre Zemmour et Le Pen. Mais il y en a toujours eu.
Il y en a aussi des LR qui sont partis vers Macron, quelques-uns vers Zemmour. Ce n'est pas nouveau. Ça met en difficulté forcément. Il y en a une qui a été une défection un peu difficile pour Christiane Taubira aujourd'hui qui a perdu le soutien de son parti, le parti radical qui décide de se mettre en retrait de sa campagne. Pour Christiane Taubira, ça commence quand même à sentir le sapin parce qu'elle a peu de parrainages. Elle est à moins de 100 parrainages. Je rappelle que c'est le 4 mars 18h. Elle ne décolle pas dans les sondages. Il n'y a pas eu d'effet. Alors pour le coup, zéro effet primaire populaire, voire même elle régresse depuis.
Fabien Roussel passe devant, Yannick Jadot est un peu devant. Donc l'opération Christiane Taubira est en train de faire pchit. Le seul qui progresse un peu depuis 15 jours c'est Jean-Luc Mélenchon et on peut se demander s'il ne va pas y avoir un vote utile à gauche. D'ailleurs on observe quand même si on parle d'une légère progression d'Éric Zemmour, d'une légère progression de Jean-Luc Mélenchon et de Fabien Roussel, c'est quand même les candidats qui incarnent la radicalité qui sont plutôt sur cette dynamique-là.
Donc c'est aussi pour ça que l'entrée en campagne d'Emmanuel Macron peut à un moment rebattre les quatre et voir comment le débat s'organise, se structure entre radicalité et crédibilité.
Oui allez-y, je vous en prie. Je voudrais dire que c'est quand même une des élections où il y a le plus de femmes et c'est la première fois qu'il y a deux femmes qui sont possiblement au second tour.
Pas vraiment populaires, pas assez à droite pour certains, inexistantes pour d'autres. Qu'offre réellement Valérie Pécresse ? C'est la question du moment. Elle a un espace politique très étroit, elle ne peut pas ignorer sa droite qui encore une fois Zemmour, Dupont-Aignan, Marine Le Pen, ça représente 66, 67% de l'intention de vote de droite.
Elle a une part toute petite, c'est encore plus petit que ce qu'avait Fillon en 2017 parce que ça a commencé en 2017, cette bascule de la droite vers la droite de la droite, c'est encore plus petit, elle est étouffée dans cet espace et alors elle n'a pas de chance parce que l'exercice qu'il faut faire, c'est-à-dire arriver à parler aux électeurs d'Éric Zemmour et de Marine Le Pen, manifestement, c'est elle qui est le moins capable de le faire, je dirais.
D'autres auraient peut-être pu le faire comme Laurent Wauquiez par exemple, il n'était pas candidat, sans doute Éric Ciotti aurait pu le faire, il n'a pas remporté la primaire mais elle, elle est fondamentalement, on le sent bien, pas à l'aise dans ce rôle-là. Vous parlez rapidement de ses soutiens, il n'y a pas d'état d'âme dans ceux qui sont le plus proches, son équipe de France comme elle dit, il y a des doutes aussi ? Non, pour l'instant, forcément, il voit bien que là, il y a un faux plat qui s'éternise et qu'elle ne parvient pas à se décoller d'Éric Zemmour et Valérie Pécresse mais pour l'instant, ça tient quand même. À part Rachida Dati qui a fait une sortie de route un peu brutale.
Oui, mais c'est Rachida Dati, elle ne garde pas ses états d'âmes pour elle, elle est mise en place.
Et elle était au Biting.
Elle était au premier rang.
C'est la trolleuse de la droite.
Comment ? Sans masque d'ailleurs. C'est la trolleuse de la droite. Et sans masque. Et sans masque. Embrassée même. Oui, mais tout est oublié du coup. Allez, Loïc en Mayenne. Le parti LR ne risque-t-il pas l'éclatement avant même l'élection présidentielle ? C'était la question que je vous posais. Non, je ne crois pas. Je ne crois pas du tout. Ça dépendra beaucoup du résultat de l'avenir de LR. Laurent Nylé-Vilaine. L'expression grand remplacement est-elle dorénavant banalisée ? Sans doute. Sans doute, oui. Mais c'est une des choses qui a été installée par Éric Zemmour.
Et on peut considérer, en tout cas moi, je considère qu'il a accompli une espèce de révolution culturelle dans le débat politique en France et spécifiquement à droite,
il a autorisé, en forçant les limites, en étirant, je dirais, l'élasticité du système, il a introduit une manière de parler, une manière de faire
de la politique, un vocabulaire qui va rester maintenant. Et c'est un changement très important. D'ailleurs, en complément, ce que vient de dire Dominique Grenier, quand on regarde l'adhésion aux idées d'Éric Zemmour, je ne parle pas de sa personnalité ou d'intention de vote, on a un Français sur trois qui dit qu'il adhère aux idées d'Éric Zemmour. Sur les questions régaliennes, les questions liées à l'identité, à la sécurité, on voit bien qu'à droite, l'adhésion est très nettement majoritaire. Et dans l'électorat de Valérie Pécresse, quatre électeurs sur dix, électeurs de Valérie Pécresse, disent qu'ils sont d'accord avec Éric Zemmour.
Donc on voit bien qu'il y a une attractivité qui est plus liée par ses idées d'ailleurs que sa personnalité. Il a gagné la bataille des idées. Il a en tout cas marqué des points à droite, à droite de la droite, et il est extrêmement clivant sur sa personnalité
plus que ce qu'il s'est dit. Il a clairement droit
à tirer le débat. Une question de Catherine dans les Hauts-de-Seine. Que signifie le silence de Nicolas Sarkozy ? Roule-t-il pour Macron ? On en a un peu parlé tout à l'heure. La question est posée. Je crois qu'en tous les cas, il réfléchit clairement à un ralliement à Emmanuel Macron. Mais que peut-il attendre d'Emmanuel Macron ? Ça, après, c'est leur discussion entre eux. Il dit toujours qu'il a des égards pour lui. Et c'est vrai qu'Emmanuel Macron, c'est un grand spécialiste pour traiter les gens. Il sait bien y faire. Il sait lui téléphoner. Il sait l'inviter à déjeuner, dîner. Il y en a eu, je ne sais pas combien, pendant ce mandat. Sans compter Brigitte Macron qui téléphone à Carla.
Il se donne beaucoup de mal le coup présidentiel pour ramener Nicolas Sarkozy. Parce qu'ils savent que là, ce sera probablement un coup quand même fatal à la candidate LR. Quel genre de conseiller faut-il à Valérie Pécresse pour lui apprendre à communiquer de façon convaincante et enthousiasmante ? Raphaël Baquet. Il lui faut quoi ? Un coach vocal ? Un metteur en scène ? Je pense un comédien. Un comédien ou une comédienne ? C'est très fréquent de ce que vous nous disiez en début de l'édition.
La plupart des candidats prennent des cours avec des comédiens. Donc un comédien, après, ça ne fait pas tout. Il faut aussi... Elle a l'habitude de répéter ses discours, mais il faut aussi les écrire peut-être.
Vous vous souvenez de Général Legault quand il a pris ses cours, après il faisait des discours avec une théâtralité un peu excessive. En tout cas, il y aura un enjeu pour elle. On dit, et elle a un peu dit elle-même, qu'elle n'avait pas réussi l'exercice d'hier. Il va falloir qu'elle remonte sur scène, qu'elle se remette. Ou pas ? Est-ce que pourquoi on ne peut pas inventer autre chose ? Non ? Alors là, vous parliez de... Non, non, je ne sais pas. Est-ce que c'est... Vous avez peut-être posé une question sur qui pouvait amener de nouvelles idées ? Ça peut être un choix. C'est vrai qu'il y a quand même des salles à remplir. Pourquoi je vous pose la question ? Regardez cette question.
Ces grands messes onéreuses que sont les meetings ont-elles encore leur utilité dans les campagnes électorales au XXIe siècle ? Elles ont une utilité, c'est de mobiliser un socle de militants. Elles ont une utilité aussi, c'est à un moment, de cristalliser une dynamique. C'est vrai que cette dynamique, elle n'a pas été renforcée hier. Juste... Il y a un meeting vendredi en tous les cas. Parce que ça, c'était tranché ce matin. Ils poursuivent les meetings en un vendredi. Au Canet, dans les Apple Maritimes. Juste un mot là-dessus. Les images télévisuelles des meetings ont aussi pour fonction de nous rappeler à tous qu'on est en campagne électorale. Parce que sinon, on n'a pas, on ne sait pas.
Une question d'Alexandra. En Isère, d'autres élus LR franchiront-ils le rubicon pour rejoindre La République En Marche après la prestation en demi-teinte ce week-end de Valérie Pécresse ? Il y en a quelques-uns dans les tuyaux. C'est plus ou moins préparer. Les proches de Macron planifient tout ça chaque semaine. Merci à vous tous. C'est l'heure de retrouver toute l'équipe de CETAVOU et Anne-Elisabeth Lemoyne. Bonsoir Anne-Elisabeth au programme ce soir.
Bonsoir Caroline. L'attaque russe en Ukraine est possible à tout moment selon les Etats-Unis dans les 48 heures à venir pour la Grande-Bretagne. Une quarantaine de pays recommandent à leurs ressortissants de quitter les crènes. Mais pas la France qui tout en redoutant une offensive continue de miser sur la diplomatie. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian est notre invité.
Et n'oubliez pas que vous pouvez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez en replay et en podcast. On se retrouve demain 17h50 en direct pour un nouveau C'est dans l'air.