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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 1 juillet 2025 24 min

Laurent Duplomb : « On met l’agriculture française dans l’impasse »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Laurent Duplomb. Bonjour. Vous êtes sénateur de Haute Loire.

On va bien sûr revenir sur le texte dont vous êtes à l'origine. On va commencer néanmoins cette interview en faisant un petit tour, un petit détour par la presse régionale. Actualité évidemment très marquée par la vague de chaleur qui s'abat sur la France.

On le voit le Dauphinet libéré soupire. Insupportable titre le journal pour la montagne la France suffoc. Le télégramme canicule inquiétant record.

La voie du Nord recherche fraîcheur désespérément. la dépêche météo, le scénario d'un été de feu, le courrier de l'Ouest, chaleur, ce n'est qu'un début. Monsieur le sénateur, ce mardi, ça devrait être l'une des journées les plus chaudes, jamais enregistrée, jamais observé en France d'après météo France.

Des centaines de classes sont fermées, des parents qui sont contraints de de garder les enfants à la maison et de pas aller au travail. Pourquoi la France n'est pas prête à ce genre d'épisode ? Alors, je sais pas si la France elle est prête ou si elle n'est pas prête.

Ce genre d'épisode est déjà arrivé. En 2019, on avait eu exactement le même cas. Je vous rappelle qu'on a en 2019, je crois que c'était 2019, j'en suis quasiment certain, on avait arrêté de pouvoir passer le brevet des collèges.

Oui. Donc faut pas s'ener, faut pas cette situation, nous l'avons déjà connue. Euh bah des situations où on se retrouve avec plusieurs jours avec une température importante, bien sûr que on risque d'en reconnaître d'autres.

Donc après, ben il faut peut-être trouver des solutions pour euh permettre aux gens euh de pouvoir faire des investissements dans leur euh dans leur logement pour tout cela. Moi, je voudrais surtout rappeler une chose, c'est que au-delà de bien vivre ou d'avoir des difficultés à à se loger avec les difficultés qu'on a vu, c'est-à-dire des températures élevées, il y a aussi des situations où vous avez des professions qui par cette chaleur perdent une partie de ce qu'ils ont semé. Je pense que et je pense aux agriculteurs par exemple.

Bah oui, parce que quand euh vous semez un champ, quand euh vous faites ce qu'il faut pour arriver à avoir une culture qui se tienne, bien ces épisodes-là euh sont pas spécialement vécus comme très favorable. Alors, il y a 26 départements qui étaient hier en vigilance sécheresse. C'est vrai qu'il va avoir des conséquences économiques aussi pour les agriculteurs, j'imagine.

Vous avez des remontées de terrain ou vigilance vigilance sécheresse, c'est pas encore dans le sens de l'alerte et donc il n'y a pas encore de restriction. Hm hm. Là où il va ça va devenir difficile pour les agriculteurs, c'est lorsque vous êtes passé de vigilance à alerte et vous avez des obligations d'arrêter d'irriguer pendant un certain temps.

Ce que les gens comprennent pas souvent, c'est que pourquoi ne pas irriguer que la nuit ? Bah parce que tout simplement quand vous faites des tours d'eau successifs pour pouvoir arroser les surfaces parce que vous avez une pompe qui délivre tant de mètres cubes he et parce que vous avez que du matériel pour faire tant de passage et bien vous êtes quand même obligé d'exploiter la totalité de la journée parce que sinon vous passez pas assez vite sur les parcelles et vous n'apportez pas suffisamment d'eau. Donc après on entend tout sur l'irrigation.

Je vous rappelle juste quand même que chez nous en France c'est moins de 7 % de la surface qui est irriguée et nous sommes le pays qui utilise le moind à l'hctar. Monsieur Duplom, j'ai j'entends bien que c'est un épisode, on a déjà traversé ce genre d'épisode, mais plus de 1350 écoles publiques qui reste fermé aujourd'hui. On peut pas s'en contenter, on peut pas s'en satisfaire.

Qu'est-ce qu'on peut faire de mieux ? Est-ce qu'il aurait fallu par exemple avancer les vacances scolaires ? Bah écoutez, c'est c'est exactement ce qu'on fait parce que quand vous arrêtez l'école une semaine avant les vacances scolaires, vous les avancez d'une semaine.

Oui, enfin c'est contraint contraint par la force des choses. Mais je dire le gouvernement n'a pas dit la semaine dernière qui pouvait prévoir que la température soit à 40° qui pouvait prévoir que ça dure aussi longtemps. Enfin, je sais là aussi on est dans un système où on parle de tas de choses sans véritablement regarder la réalité.

Quand on quand on est agriculteur, on regarde la météo tous les jours. H euh tous les jours, j'ai par exemple la possibilité de voir que dans 3 4 jours, on annonce de la pluie et puis finalement de tr jours avant ces 4 jours et bien la pluie de tous ceux qui la prévoyaient disparaît. Donc prévoir des éléments comme ceci longtemps à l'avance, je pense que c'est pas possible.

Une chose une chose est sûre, c'est que ce qu'on peut prévoir, c'est que ce genre d'épisode va à l'avenir se répéter, deviendront beaucoup plus intenses et interviendront beaucoup plus tôt dans la saison. Comment on se prépare à ce genre d'événement à l'avenir ? Bah, il faut peut-être trouver des solutions pour climatiser les classes, pour pouvoir faire des bâtiments qui soient un peu plus à l'ombre, peut-être pouvoir ouvrir les fenêtres la nuit parce que c'est aussi un problème, c'est que quand on ferme les écoles à 5h du soir ou à 6h et qu'on les réouvre que le lendemain matin à 7h30 ou à 8h, bah s'il y a pas eu d'aération dans les dans les classes par définition, il y en Voilà, c'est tout un tas de choses qui qui peuvent se mettre en place mais qui sont pas obligatoirement des investissements colossaux.

Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait en réalité chez nous ? On baisse les volets, on essaie.

Vous voyez des volets baissés dans les écoles ? Non, on laisse on laisse les fenêtres toutes fermées et personne s'occupe véritablement d'aérer d'aller d'aérer les classes. Donc on a aussi peut-être des questions d'organisation à mettre en place.

Peut-être pas seulement d'organisation. Il y avait un grand plan de rénovation du bâti scolaire qui avait été annoncé par Emmanuel Macron il y a 2 ans. Objectif 40000 rénovations d'école en 10 ans.

Ça coûterait 40 milliards d'euros sur les 10 prochaines années. C'est 4 4 milliards d'euros par an. Vous dites "Oui, il faut y aller même si ça va coûter de l'argent, même si il y a le problème budgétaire." Bah, je pense que les écoles, il y a trois formes d'écoles.

Il y a l'école municipale, les collèges et les lycées. Les collectivités qui s'en occupent, que ça soit les mairies, les départements ou les régions, ont déjà fait beaucoup d'investissements. Moi, dans mon département, par exemple, le conseil départemental fait beaucoup d'investissements sur les collèges et dans les communes, on fait aussi des investissements.

Dans ma commune, dernièrement, on a changé la totale totalité des fenêtres. on a mis des des rideaux euh euh qui permettent d'avoir un peu plus d'obscurité et qui permettent de diminuer certaines tendances qu'il y avaient jusqu'à aujourd'hui parce que les baie vitrées sont très grandes, parce qu'il y avait pas de volet, parce que il y avait pas de rideau euh occultant et bien on se retrouvait avec une forme de de de température assez élevée à l'intérieur. Oui, c'est un ensemble mais dire aujourd'hui que ça n'a pas été fait, je pense que les municipalités font ce travail là et les départements et les lycées le font aussi.

Alors, peut-être pas suffisamment vite, peut-être aussi parce que ça coûte très cher et que il faut pouvoir absorber les investissements. 40 milliards d'euros sur 10 ans. Voilà, c'est pour ça à un moment donné euh 10 ans, ça peut pas se faire en 2 jours.

Euh l'actualité au Parlement, monsieur le sénateur, c'est cette ce texte et peut-être cette loi qui portera votre nom. On en parle tout de suite avec Yan Fellé qui nous rejoint au plateau. [Musique] Bonjour Yann.

Ça va Bonjour Steve. Bonjour monsieur Duplont. Ça va très bien.

La proposition de loi pour lever les contraintes du métier d'agriculteur é examiné hier en commission mixte paritaires et les parlementairire ont trouvé un accord. Yan. Oui.

Un compromis sur votre proposition monsieur Duplon d'origine sénatoriale. Donc le texte avait été largement approuvé au Sénat mais rejeté à l'Assemblée nationale parce que la gauche avait déposé des milliers d'amendements pour faire obstruction à l'examen du texte. C'est alors une stratégie de ses partisans pour le préserver.

Le débat a donc été tranché hier à H clos. La commission mixe par terre a voté très largement le texte de compromis avec 10 voix pour les RN LR centristes et quatre opposition de gauche. Alors avant de rentrer dans le détail, on va le faire.

Est-ce que ce compromis vous convient monsieur le sénateur ? Oui, puisque la réalité de ce qui s'est passé hier en commission mixe paritaire, qui je vous rappelle est un élément démocratique, hein, inscrit dans notre Constitution, euh c'est que nous avons trouvé des compromis avec le travail des députés entre le Sénat et l'Assemblée nationale sur l'ensemble des huit articles avant la commission mixe paritaire parce que c'est le travail de fond qui est fait pour toute commission mixe paritaire et que durant cette commission mixe paritaire qui a quand même duré plus de 6 he, nous avons euh validé la totalité de ces hicles réécrits sans aucune modification. Donc je pense que ça veut dire deux choses.

La première c'est que le travail des députés a été respecté et la deuxième c'est qu'il a tellement été respecté et tellement été bien écrit que même en commission mixte paritaire avec sep députés d'un côté et sep sénateurs de l'autre nous n'avons quasiment nous n'avons rien changé de ce que nous avions écrit. pas quand même un peu la méthode ce passage en commission mixte paritaire après ce qu'on a vu notamment à l'Assemblée nationale. Est-ce que ça aurait pas été mieux d'avoir un débat un vrai débat à l'Assemblée nationale entre députés ?

Ah ben cette situation est totalement ébuesque, ça je vous je vous l'accorde puisque les détracteurs du texte ont voté contre la motion de rejet et ceux qui sont favorables au texte ont été obligés de voter pour. Mais à cause de quoi ? à cause de plus de 3000 amendements dont 1200 1200 amendements d'articles additionnels.

Ce qui veut dire en clair que quand on veut faire de l'obstruction, vous pouvez écrire le changement d'une date, le changement de telle chose pour faire une multitude d'amendements. Et quand vous écrivez des articles additionnels, c'està-dire des articles qui n'ont absolument rien à voir avec la réalité du texte au départ ou qui étire le texte, et bien vous vous rentrez dans un système où on est obligé dans chaque chambre de passer ces articles additionnels, c'est-à-dire de les étudier. Et la réalité, je crois que le premier ministre l'a dit, c'est que la somme de tout cela faisait entendre quelque chose qui était totalement impossible à passer à l'Assemblée nationale.

Mais pourquoi ? Mais parce que c'était la volonté de ceux qui les ont déposé. Autant le groupe le groupe socialiste écologiste et surtout écologiste et fistes ont fait ce travail de vouloir obstruer la la discussion du texte en déposant tellement d'amendements que de toute façon il était impossible de trouver un temps un parti pour passer tout cela.

Alors sur le fond, sa disposition phare qui est aussi la plus sensible et la plus contestée, c'est la réintroduction de l'acétamypride, pesticides de la famille des néonicotinoïdes interdit en France depuis 2018. C'est un retour encadré et à titre dérogatoire seulement. Ces effets sur l'humain sont source de préoccupation, mais c'est surtout pour les abeilles qu'il y a des inquiétudes.

Euh, un tueur d'abeilles, disent les apiculteurs. Il est autorisé ailleurs en Europe et fortement réclamé par les producteurs de betteraves ou de noisettes qui estiment n'avoir aucune alternative contre les ravageurs. Écoutez ce qu'on disait hier la ministre de la transition écologique et nous avons des études qui montrent que cette molécule n'est pas zodine.

Ça fait plusieurs années que nous avons commencé à développer et à investir dans des alternatives, je trouve contreproductif alors qu'on voit à peu près dans quelle direction va aller la Commission européenne dans les années à venir, d'interdire de réautoriser cette molécule comme si elle n'était comme si elle était anodine, ce qui n'est pas le cas, pour ralentir tout le travail qu'on a fait pour déployer de nouvelles alternatives à cette à cette molécule. Je vous vois faire de la tête, monsieur le sénateur. Est-ce qu'elle a tort ?

La réalité de tout cela, c'est que madame Pierché dit la mer c'est son contraire au fil du temps. Madame Pier Panier, vous l'avez vu je pense comme moi, écrivait dans une note confidentielle au président de la République qu'il fallait réintroduire la CTA méprise en début d'année 2024. Est-ce que c'est pas un elle disait elle disait dans le même temps elle disait dans le même temps à ses interlocuteurs qui demandaient déjà la réintroduction de la cétami parce que ça met des filières entières dans l'impasse.

Ça n'est pas que les noisettes et les betteraves. C'est les pommes, c'est la nectarine, c'est l'asperge, c'est beaucoup de de de cultures maréchèr ou d'arboriculture qui se retrouvent dans une situation totalement limitée. Madame Agnès Panier Rinachet disait à ce moment-là, vous inquiétez pas, on peut pas réintroduire en France parce que l'Europe va l'interdire.

Seulement pas de peau, l'Europe ne l'a pas interdit à reprolonger son autorisation de la CTA VIPR jusqu'en 2033. Mais est-ce qu' rison des risques, il y a pas une justification à à à au moins avoir quelques précautions avec cette molécule ? Alors moi je veux bien tout entendre.

Je veux bien qu'on agite les ports et qu'on nous explique que il faut être dans le principe de précaution en route. La réalité aujourd'hui du système c'est quoi ? C'est que vous avez 26 pays sur 27 en Europe qui autorisent l'acétamide.

Nous avons perdu la moitié de l'export en pommes, c'est-à-dire nous sommes passés de 700000 tonnes à 350000 tonnes en moins de 10 ans. La pomme aujourd'hui pour pouvoir les les les pom les les les arboriculteurs producteurs de pommes pour pouvoir avoir un un rendement suffisant pour équilibrer leurs pommiers vont se retrouver dans une situation où pour lutter contre le pucer roncendré et la punaise diabolique n'auront plus la spiroté tramade qui va être arrêtée à l'automne 2025. On entend vos arguments le plan si si laissez-moi finir.

La spirotêre à ma est interdit. Les producteurs français n'auront plus aucune alternative pour lutter contre le pucer roncendré et la punaise diabolique quand les Polonais qui sont leurs premiers concurrents, qui sont pas l'autre bout de la planète vont continuer d'avoir la cétamiprise, quand va-t-on comprendre qu'à force de mettre des contraintes qui sont totalement déconnecté du reste de pas l'autre bout de la planète de pays qui sont à nos frontières, et bien nous faisons une concurrence déloyale qui met des filières entières françaises dans l'impasse regarder les aujourd'hui. On comprend le l'argument du rendement économique.

Mais qu'est-ce que vous dites aujourd'hui aux Français qui peuvent être inquiets de la réintroduction de ce néonicotinoïde ? Je dis qu'il y a 26 autres pays en France qui contiennent sur en 26 autres pays en Europe qui contiennent des scientifiques. Hm hm.

Qui contiennent des études scientifiques. Il y a l'fsa, l'agence européenne, la direct la porte-parole de la direction générale de la santé Hm hm. qui a été interviewé par François Deugie, ancien ministre de l'environnement, dit clairement l'acétamide utilisée dans les conditions préconisées n'est ni dangereuse pour la santé humaine, ni pour l'environnement, ni pour la biodiversité.

C'est pas c'est pas moi qui le dit. C'est les études scientifiques qui sont faites au niveau européen. C'est la porte-parole de la directrice générale de la santé européenne qui le dit.

Ça dit une toxicité modérée aigue chez l'homme et rajoute qu'il y a de besoin des recherches supplémentaires. Vous prenez une phrase à l'intérieur d'un rapport qui doit faire des dizaines voire des centaines de tout vous parlez toutes les phrases sont importantes quand on les lit tout à la fois. Vous parlez de concurrence desloyal si vous voulez bien, on peut continuer là-dessus.

Il y a il y avait hier une manifestation devant le Sénat notamment de la part d'ONG et d'élu écoutez Delphine Bateau sur l'argument de la la concurrence des loyals. La loi du plomb, c'est un alignement sur les modes de production, ce qui se fait de pire ailleurs et on doit défendre l'agriculture française et européenne. Est-ce que on s'aligne sur ce qui se fait de pire ailleurs ?

Bah, on s'aligne pas sur ce qui fait depuis ailleurs, on s'aligne sur ce qui se fait en Europe parce que finalement au bout du compte, c'est quoi la réalité de ce que nous vivons, c'est quoi ? c'est que si nous le faisons pas parce que tous ceux qui nous expliquaient qu'il y aurait des méthodes alternatives, on voit très bien qu'elle n'arrivent pas alors que ça fait déjà quelques années que la cami interdite et donc on met la situation de notre agriculture française, de nos filières totalement dans l'impasse et que cette naïveté coupable qui consiste à manifester en nous expliquant qu'on s'aligne sur les pires standards qui sont ailleurs, elle oublie de dire dans le même temps que la réalité c'est qu'on ouvre les portes aux importations de produits qui sont fabriqués à l'autre côté de la frontière française et qui sont faits avec ces méthodes. Donc en fait c'est une naïveté coupable qui consiste à dire on interdit au producteurs français, on les fait disparaître et par contre on ouvre les portes à l'importation de produits qui sont produits pas très loin de chez nous avec les méthodes qu'on a interdit de chez nous.

Franchement, combien de temps on peut durer sur cette supercherie ? Le rend du plan la proposition loi consacre un caractère d'intérêt général majeur au retenu d'eau. Faut que vous nous expliquiez un petit peu de en quoi ça consiste.

En gros, c'est une manière aussi de dire au Montpaysan, vous êtes prioritaire sur l'utilisation de de ces ressources quand il y a des tensions. C'est ça ou comment vous expliquez la réalité de l'irrigation aujourd'hui ? Il faut déjà la replacer dans son contexte.

La France c'est moins de 7 % de sa irriguée. Moins de 7. L'Espagne c'est 15.

L'Italie c'est 25. 25 %. La réalité en France c'est qu'on utilise beaucoup moins d'eau que n'importe quel d'autre pays au même latitude que le nôtre.

Quand vous regardez aujourd'hui la consommation moyenne en France, c'est 1800 m³ à l'hctare. La consommation moyenne en Europe, c'est 4000 m³ à l'hctare. Et la consommation moyenne des pays comme l'Italie et l'Espagne, c'est 7000 m³ à l'hctare.

Quand va-t-on arrêter d'avoir un débat totalement passionnel et irrationnel sur l'irrigation ? Je ne connais pas une plante qui est suffisamment résiliente à part les cactus qui peut se permettre de ne pas avoir d'eau. Donc à un moment, si on veut être souverain en terme d'alimentation, si on veut pouvoir arrêter cette cette problématique de de période estivale où on peut connaître comme dans cette période des problèmes de sécheresse importante ou de température élevée, et bien il faut stocker de l'eau.

Comment peut-on être contre le fait de stocker de l'eau quand elle passe à des quantités énormes à un moment ou un autre de l'année, c'est-à-dire à l'automne ou particulièrement l'hiver pour la stocker et pour l'utiliser l'été ? Ouais. Je vous rappelle que le 16 octobre, le 16 octobre de l'année dernière sur mon département, le fleuve Loir à Brivecharc, c'est-à-dire à 1 km du puit en Vlaet, avait un débit de 2000 m³/ seconde. 2000 m³ secondes.

J'ai une retenue collinéaire de 40000 m³, elle aurait été remplie en 20 secondes. En 20 secondes. Très rapidement parce qu'il faut qu'on avance, qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que bah ce texte c'est un recul en matière d'écologie ou de protection de l'environnement ?

Et ben je leur réponds que la réalité de ce texte, c'est ni plus ni moins que de mettre les Français, les agriculteurs français au même niveau que les agriculteurs européens et d'arrêter de les faire courir avec un boulet de plus en plus gros au pied. C'est ça la réalité. Parce qu'à force d'avoir ce boulet, non seulement ils arrêtent de courir mais ils disparaissent.

On va continuer à en parler. Merci beaucoup Yan. On se voit tout à l'heure.

On parlera de quoi tout à l'heure dans le club ? On va discuter bien je laisse de de candidats socialiste on a décidé réviser vos fiches. Les les militants PS ont décidé de leur candidat pour pour la pour la municipale de pour l'élection municipale de l'année prochaine.

Emmanuel Grégois, on en reparle tout à l'heure. Merci beaucoup Yan. À tout à l'heure.

On va voir l'actualité au plus près du terrain en fil dans votre région Laurent Dupl. On retrouve Christophe Down, directeur départemental Haute Loire du groupe Centrefance, rédacteur en chef du journal l'éveil de la Haute Loire. Le département n'est évidemment pas épargné par la canicule.

Christophe, vous vouliez interroger le sénateur sur un projet controversé de bassine. C'est ça ? Oui, parce que comme partout en France et bien la Haute Loire, elle échappa à la vague de canicule actuelle. 38 à Briou, 34 au puvelet et même 31 au Masé Saint-Vois à 1000 m d'altitude.

On a tout simplement battu records de chaleur pour un mois de juin dans le département. Donc l'éveil de la Haute Loire revient ce matin sur le phénomène et surtout sur ses conséquences. Vous le disiez tout à l'heure, parmi les métiers les plus touchés par cette canicule, évidemment on retrouve les agriculteurs et beaucoup redoutent déjà de vivre une période de sécheresse.

Alors, le rendu plomb dans votre proposition de loi, vous plaidez justement pour la multiplication des retenus collines. He ces petits lacs artificiels qui sont alimentés par le ruissellement des eaux qui permettent de stocker l'eau afin d'irriguer plus tard. Mais ces projets, ils font des bas y compris chez vous en haut comme dernièrement un chasse puzzac où un projet a été retoqué.

Alors ma question, est-ce que ces retenu elles sont devenues indispensables selon vous pour l'avenir du monde agricole ? Et si oui, c'était déjà la question précédente, mais comment comptez-vous convaincre les sceptiques sur cette solution qui inquiète de nombreux défenseurs de l'environnement ? Bah la réalité c'est que ces retenues, oui, elles sont importantes pour certains systèmes.

Euh toutes les exploitations n'en ont pas besoin, mais euh si euh on veut garder des exploitations qui puissent avoir un stock fouragé euh assuré pour pouvoir euh continuer de produire pendant toute l'année, oui, il faut apporter des formes d'assurance. Alors, il y en a plusieurs. Les agriculteurs se sont toujours adaptés quand on veut passer les sécheresses d'été qui existent depuis très longtemps.

Moi, j'ai connu beaucoup d'années de sécheresse depuis que je suis installé depuis 30 ans. C'est pas c'est pas quelque chose de nouveau. Et bien, on stock du fourrage des années où on en a beaucoup.

Ça c'est quelque chose que naturellement un agriculteur fait. Et puis après, il y a des formes d'assurance. l'assurance récolte qui est une assurance que l'agriculteur prend et qui permet lorsqu'il y a une menace liée à un aléa comme la sécheresse et ben d'avoir la possibilité de toucher par son assurance une indemnisation.

Et puis il y a un troisème élément d'assurance, c'est de stocker de l'eau pour pouvoir l'apporter à la plante quand elle en a besoin. Je vous rappelle que sur le département de la Hautloire, les chiffres que je viens de donner sur l'utilisation de l'eau, sur une exploitation à peu près comme la mienne ou tous ceux qui exploitent en haut loi, c'est 800 m³ à l'hctare. Hm hm.

Ça veut dire comparativement à 7000 m³ en Italie, c'est quasiment 10 fois moins. C'est-à-dire que pour assurer quelques jours ou quelques semaines de difficulté hydrique sur un département comme le nôtre, on a besoin d'une quantité 10 fois moins importante d'eau utilisée qu'en Italie. Donc est-ce que est-ce qu'on peut pas trouver une forme d'objectivité derrière tout ça ?

Et les retenues comme celle de chasseusac à 60000 m³, c'est ce que je disais tout à l'heure. Quand la Loire est à 2000 m³, c'est 30 secondes pour la remplir. Merci beaucoup.

Euh Christophe, merci. On va voir la une de votre journal L'éveil de la Haute Loire, la France suffoco. Merci beaucoup et bon courage à vous dans cette fournaise aujourd'hui.

Laurent du Plom, l'actualité c'est aussi celle de votre parti les Républicains qui a un nouveau patron depuis un mois. Le weekend dernier, Bruno Retaillot a réuni le conseil national du parti. Écoutez, ces derniers mois, nous avons eu à prendre des choix qui étaient de véritables paris et je pense que on a relevé un défi qui n'était pas gagné et on a remporté une victoire.

Le défi c'était celui de participer au gouvernement. Il y avait aucune évidence. Nous sommes nous étions des opposants à Emil Macron et nous ne sommes pas devenus parce que nous sommes au gouvernement comme le disait Gérard des Macronistes.

Certainement pas. Monsieur Duplom, vous êtes un proche de de leur voquier. Est-ce qu'aujourd'hui Bruno Rota est l'homme de la situation ?

Écoutez, Bruno Rotaillot, je le connais depuis que je suis au Sénat. J'ai beaucoup apprécié de travailler avec lui quand il était président du groupe Les Républicains au Sénat. Euh oui, on travaillera avec vous êtes avec je veux dire la la élection à la présidence des républicains ont donné un score qui est très net et très clair.

La réalité c'est que Bruno Rotaillot est devenu président de notre parti politique et moi je continuerai de travailler avec Bruno Rotaillot comme je l'ai fait au Sénat quand il était président de groupe et avec toute l'importance nécessaire pour faire que notre famille politique puisse arriver à imprimer la réalité de ses volontés politiques. Il a présenté euh ce weekend la liste de la nouvelle équipe de direction. Ça comprend des soutiens de Laurent Voquetier, Geoffre Didier, Florence Portelli, le ministre Yannick Neuder.

Est-ce que les équilibres au sein du parti sont aujourd'hui respectés ? Oui, je pense la demande qui avait été formulée par Laurent Voquet, c'était de d'avoir une répartition à la hauteur du score qu'il avait fait. Et bien, je crois que c'est réalisé que Bruillot a accepté euh cette demande et je trouve ça très bien parce qu'à un moment donné, c'est aussi un geste euh amical vis-à-vis de tout ça et un geste de reconnaissance au vu de la campagne que le renvoqué a amené.

Et donc euh valeur aujourd'hui, je pense qu'on est aligné pour avoir un parti qui soit en marche de pouvoir donner quels sont ses objectifs, quels sont ses enjeux. En marche vers quoi ? La présidentielle 202, c'est Bruno Rotaillot le le candidat de de votre parti.

Je sais pas si ça sera Bruno Rotaillot le candidat de notre parti, mais en tous les cas, je pense que notre parti est aligné avec maintenant 1200 adhérents, ce qui n'était pas le cas au départ. Je vous rappelle qu'on en avait 40000 et que aujourd'hui, on a une équipe dirigeante qui qui fait le comment dire l'unanimité au sein du parti. Donc il y a aucune raison que tout cela ne puisse pas fonctionner.

Merci beaucoup Laurent Duplom. Merci. C'est la fin de de cette interview qui est à retrouver en podcast et sur notre site internet en repay publicsena.fr faire dans une vingtaine de minutes.

On reviendra sur la canicule qui s'abat sur la France et sur ce texte qui porte votre nom. Merci. Tout de suite, on passe à l'invité politique. [Musique]