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Audition parlementaireAssemblée nationale (sur YouTube)· 9 avril 2026 83 minContradictoireFond programmatiqueDéfenseInstitutions & électionsEurope & internationalOutre-mer

🔮 Suivez l’audition du SGDSN sur le projet de loi d’actualisation de la LPM 2024-2030

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

GĂ©nĂ©rĂ©e par IA — peut contenir des erreurs. MĂ©thodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 13 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRĂ©ponse directe

    Comment ce projet de loi permet-il à la France de mieux se protéger face aux nouveaux champs de conflictualité ?

  • 4:00OuverteRĂ©ponse directe

    Quels sont les objectifs de l'article 21 sur l'état d'alerte de sécurité nationale ?

  • 6:00RelanceRĂ©ponse directe

    Quelles dérogations normatives sont prévues dans l'article 21 et pour quelles durées ?

  • 8:00RelanceRĂ©ponse partielle

    Quelle volumétrie pour les stocks stratégiques et pourquoi exclure l'indemnisation ?

  • 10:00OuverteRĂ©ponse directe

    En quoi cette LPM actualisée répond-elle aux défis de défense des outre-mer ?

  • 13:00OuverteRĂ©ponse directe

    Comment articuler cette LPM avec les objectifs OTAN et les plans européens ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15SGDSNFait
    « si ces scénarios, si ce scénario central de ce fameux paragraphe 112 devait se réaliser, nous ne serions évidemment pas seuls »
  • 1:00SGDSNFait
    « les dispositions qui vous sont présentées dans ce projet de loi sont des dispositions que nous estimons opérationnelles, mobilisables, quel que soit le cadre dans lequel nous serions amenés à intervenir »
  • 3:00Bastien Lachot (LFI)Fait
    « l'article 21 du projet de loi de programmation militaire entend créer un nouveau régime d'exception, l'état d'alerte de sécurité nationale »
  • 3:30Bastien Lachot (LFI)Fait
    « le texte prévoit également son déclenchement en cas de menace grave sur la sécurité nationale ou sur la continuité des activités essentielles à la vie de la nation »
  • 6:00SGDSNFait
    « menace grave et actuelle, ça veut dire qu'il faut qu'on démontre sous le contrÎle du juge administratif que la menace est grave et actuelle »
  • 7:00SGDSNFait
    « ce régime euh et ça a été critiqué tout à l'heure, il n'est que de 2 mois euh et donc il vous est soumis euh et donc il reviendra à la représentation nationale de décider de sa prolongation »
  • 12:00Damien Girard (EELV)Fait
    « le texte instaure un dispositif intermédiaire permettant de déroger à de nombreuses rÚgles qu'il s'agisse du droit de l'environnement, de l'urbanisme, de droit du travail ou encore de la commande publique »
  • 15:00Damien Girard (EELV)Fait
    « la possibilité pour le gouvernement de créer un régime d'exception sans validation ni contrÎle réel du Parlement pendant une durée pouvant aller jusqu'à 2 mois »
  • 18:00Jeun ViĂšv Darios sec (Les DĂ©mocrates)Fait
    « les stocks stratĂ©giques, ils ne peuvent pas excĂ©der 6 mois. Tout est fixĂ© par une autoritĂ© administrative qui va mĂȘme jusqu'Ă  donner l'obligation de rĂ©approvisionner »
  • 21:00Franck Gilletti (LR)Fait
    « la LPM a été présentée comme un effort historique, mais chacun ici sait qu'elle est en réalité à peine suffisante pour réparer des années de sous-investissement »

ModÚle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la dĂ©fense et de la sĂ©curitĂ© nationale, habituĂ© de notre commission. En tant que SGDSN, vous ĂȘtes chargĂ© d'assurer la sĂ©curitĂ© et l'intĂ©gritĂ© des intĂ©rĂȘts de la France, vous avez Ă©tĂ© responsable de l'actualisation 2025 de la revue nationale stratĂ©gique qui pointe une dĂ©gradation de l'environnement gĂ©ostratĂ©gique avec comme scĂ©nario principal le risque d'un conflit de haute intensitĂ© en Europe d'ici 2030. Faisant suite Ă  cette revue nationale stratĂ©gique, l'actualisation de la loi de programmation militaire doit donner les moyens Ă  la France d'amplifier son effort de dĂ©fense.

Nous constatons que le titre 3 du texte fait directement rĂ©fĂ©rence Ă  la nĂ©cessitĂ© de renferience de la nation, ce qui constitue le cƓur de notre fonction. Nous aimerions donc entendre vous entendre sur la maniĂšre dont ce projet d'actualisation permet Ă  la France de mieux se protĂ©ger et d'agir dans les nouveaux champs de conflictualitĂ©. Par ailleurs, la revue nationale stratĂ©gique soulligne la nĂ©cessitĂ© de mieux se prĂ©parer pour faire face aux crises en adaptant un nouveau cadre normatif.

L'actualisation de la LPM introduit ainsi plusieurs outils juridiques. L'article 21 du projet de loi crée le régime d'alerte et de sécurité nationale. Il s'agirait d'un régime intermédiaire entre l'état de paix et les régimes d'exception dont vous allez pouvoir nous exposer le détail et les objectifs.

L'article 40 pour sa part élargit la capacité de la lutte anti-drone aux opérateurs d'importance vitale avec la multiplication des incidents impliquant des survols sur les sites par des drones. Vous pourrez donc nous expliquer comment ce dispositif doit et peut améliorer la sécurité des empreintes des emprises pardon sensibles. Sur ces sujets et sur l'actualisation de la loi de programmation militaire dans son ensemble.

Monsieur le secrétaire général, je vous cÚde la parole. Merci. Merci beaucoup, monsieur le président.

Euh messieurs les les rapporteurs, mesdames et messieurs les députés. Euh c'est un plaisir de de revenir devant vous euh une fois de plus euh pour un sujet qui aujourd'hui euh euh est tout aussi important que les précédentes de mes de mes apparitions devant vous. Je sais que la ministre des armées vient longuement euh d'avoir l'occasion de vous faire une présentation d'ensemble de ce projet de loi d'actualisation de la programmation militaire.

Je sais qu'elle a parlĂ© avec beaucoup de force de son titre premier en particulier effectivement qui constitue un effort Ă  la fois considĂ©rable et indispensable Ă  la nation en faveur de la la prĂ©servation et de la protection des intĂ©rĂȘts du pays et de la protection de nos concitoyens dans un contexte que vous connaissez tous parfaitement et qui est chaque jour tout aussi si ce n'est plus prĂ©occupant que le prĂ©cĂ©dent. Je vais je vais concentrer mon propos sur un certain nombre d'articles. Vous l'avez dit, c'est ce que vous avez mentionnĂ©, monsieur le prĂ©sident et peut-ĂȘtre quelques autres. et d'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale sur l'ensemble lĂ©gislatif normatif que constitue ce ce projet de loi en insistant que dans la prĂ©paration de ce projet Ă  la fois dans sa partie normative comme dans sa partie programmatique nous avons eu tous Ă  cƓur de veiller Ă  la cohĂ©rence d'ensemble du projet dont l'objectif est bien l'amĂ©lioration globale de nos capacitĂ©s de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© nationale dans chacune de de ces parties.

Je vais commencer effectivement en faisant je vais avoir l'audace de faire quelques rappels devant cette commission et peut-ĂȘtre pour ceux qui nous Ă©coute sur le cadre stratĂ©gique qui est celui qui a prĂ©sidĂ© Ă  nos travaux qui repose sur Ă©videmment l'actualisation de la revue nationale stratĂ©gique. Je vais y revenir sur la stratĂ©gie nationale de rĂ©silience et puis aussi sur les enseignements que nous avons tirĂ© collectivement trĂšs rĂ©cemment de l'exercice Orion 26. On va revenir sur Orion 23 et les travaux que vous aviez conduits sur les les consĂ©quences attirĂ©es d'Orion 23.

Euh mais c'est sur cet ensemble euh de je dirais de niveau stratĂ©gique que je voudrais commencer mes mes propos. J'ai dĂ©jĂ  eu ici l'occasion de prĂ©senter devant vous, je vais donc pas les rappeler dans le dĂ©tail, les les Ă©lĂ©ments de substance de l'actualisation de la la revue nationale stratĂ©gique, mais je vais nĂ©anmoins vous en dire un mot rapide ici parce que tout simplement, ils ont prĂ©sidĂ© chaque jour, chaque minute, je dirais, Ă  l'Ă©laboration des dispositions qui vous sont prĂ©sentĂ©es. Et donc ce qui vous est prĂ©sentĂ© aujourd'hui, c'est bien la dĂ©clinaison normative de ce que nous avons estimĂ© ĂȘtre le minimum nĂ©cessaire Ă  la mise en Ɠuvre de l'ensemble de l'actualisation de la revue nationale stratĂ©gique 2025 Ă  laquelle vous avez dans cette commission tant contribuĂ©.

Euh et je veux encore ici vous en remercier chaleureusement parce que vous nous avez permis euh par vos commentaires, vos remarques, vos contributions euh d'améliorer, je l'espÚre, la la copie finale. Euh vous savez que cette euh revue nationale stratégique actualisée nous avait été commandée par le président de la République au début de l'année derniÚre et c'est bien la nation dans son ensemble que nous devons collectivement préparer à ce fameux scénario central qui a guidé nos réflexions. Quand je dis la nation dans son ensemble, c'est bien les autorités administratives euh à la fois centrales et déconcentrées.

Euh évidemment les acteurs économiques, évidemment les collectivités territoriales, mais infé tous nos concitoyens. Je je le rappelle ici, ce scénario central qui a guidé tous nos toutes nos réflexions, c'est bien euh cette ce mélange euh de la possibilité d'un engagement majeur de nos forces armées dans une situation de guerre à l'extérieur du territoire national en coalition, ce qui suppose toute une série de contraintes et d'implications sur la mobilisation du territoire national en soutien de nos forces armées et d'une des forces en coalition qui pourraient aller vers la guerre. Et puis par ailleurs, deuxiÚme partie du scénario central bien sûr, toute cette boucle de rétroaction comme on on l'appelle, c'est-à-dire la multiplication d'agression d'attaques hybrides sur le territoire national dont l'objectif est de venir casser la continuité de la vie de la nation.

Euh je je le dis en introduction, j'aurai l'occasion d'y revenir. Par euh attaque et agression hybride, on vise bien cet ensemble euh de choses qui sont quelque part entre la paix et la guerre dans cette zone grise d'entre deux euh qui ont pour nom euh attaque cyber, euh manipulation de l'information euh pour lesquelles euh je vais pas y revenir parce qu'on a une longue session de de votre commission il y a il y a peu de temps. sabotage, on va revenir sur la lutte antirrone, mais tout ce qui concerne le sabotage physique à l'intérieur duquel je mets la lutte antidrone, évidemment les question d'espionnage et de pillage technologique.

Évidemment, des questions de rupture d'approvisionnement stratĂ©gique, on va y revenir. Bref, tout cet ensemble de menaces qui ne sont pas du niveau de la guerre, mais qui pour autant ont un impact trĂšs direct sur la continuitĂ© de la vie de la nation. C'est bien ce scĂ©nario central qui a Ă©tĂ© au cƓur de notre rĂ©flexion dans la mise en Ɠuvre de la revue nationale stratĂ©gique de ce que nous pouvions en tirer comme substantifique moelle pour contribuer Ă  l'Ă©laboration de ce projet de loi dans sa partie normative.

Euh et dit infiner ce que nous vous proposons les rĂ©sultats de ce qui a Ă©tĂ© arbitrĂ© par le gouvernement euh validĂ© Ă©videmment par le prĂ©sident de la RĂ©publique et qui aujourd'hui aprĂšs le cheminement normal notamment, j'y reviendrai euh une des discussions approfondies avec le Conseil d'État que nous vous proposons qui est finalement une forme de planification juridique. Vous savez que le le SGDSN a la charge de la planification de la dĂ©fense et de la sĂ©curitĂ© nationale dans toute une sĂ©rie de de domaines et finalement l'exercice auquel nous nous sommes prĂȘtĂ©s ces derniers mois Ă  la suite de la prĂ©sentation de l'actualisation de la revue nationale stratĂ©gique, c'est bien cette planification juridique de quel droit avons-nous besoin pour prĂ©parer au mieux la nation Ă  ce que nous avons collectivement Ă©crit dans la revue nationale stratĂ©gique. Toutes [grognement] ces dispositions sur lesquelles je vais revenir plus en dĂ©tail et qui sont dans ce projet, elles marquent finalement la concrĂ©tisation d'un certain nombre de rĂ©flexion euh sur la rĂ©silience qui nous amĂšne Ă  la stratĂ©gie nationale de rĂ©silience telle qu'elle a Ă©tĂ© actualisĂ©e par mon mon prĂ©dĂ©cesseur Ă  la fin de de l'annĂ©e 24 et au dĂ©but de l'annĂ©e 25.

Et donc finalement, c'est aussi la cristallisation de toutes ces rĂ©flexions juridiques euh qui ont animĂ© l'État ces derniĂšres annĂ©es, mĂȘme au-delĂ  de ces derniers mois, de ces derniĂšres annĂ©es, qui constitue une forme de maturation pour voir ce qui dans le droit existant devait finalement ĂȘtre adaptĂ© selon nous pour parfaire les dispositifs qui prĂ©existaient et avec ce mĂȘme objectif qui est celui de l'adaptation de notre pays et de la nation dans son ensemble au contexte stratĂ©gique que nous que nous que nous connaissons et qui infinĂ©s ont pour objectif de contribuer Ă  Ă  la meilleure protection de nos concitoyens. [grognement] Je je dis juste ici un mot de des grands exercices militaires et interministĂ©riel que sont ces grands exercices Orion. Je vais y revenir.

Vous aviez vous avez en mĂ©moire le l'exercice Orion 2023 qui avait donnĂ© lieu Ă  toute une sĂ©rie de travaux euh de la commission et d'un certain nombre d'entre vous. Euh nous venons juste d'ailleurs nous n'avons pas entiĂšrement fini le l'exercice est toujours en cours dans sa 4e phase mais nous venons vu juste de finir la partie la 3e phase de l'exercice Orion 26 qui prĂ©cisĂ©ment avait pour objectif d'entraĂźner l'ensemble de la communautĂ© interministĂ©rielle Ă  la dimension interministĂ©rielle d'une crise majeure de sĂ©curitĂ© nationale de ses rĂ©troactions sur le territoire national infiner Ă  nous exercer collectivement Ă  ce qu'est le scĂ©nario central de la revue nationale stratĂ©gique et nous avons eu l'occasion de vĂ©rifier euh du cĂŽtĂ© de l'État et de l'ensemble des administrations impliquĂ©es que les mesures que nous vous proposions finalement nous semblaient correspondre Ă  ce que nous avons jouĂ© euh sur table dans cette phase 3 interministĂ©riel de d'Orient 26. Je vais concentrer vos propos sur un certain nombre d'articles, les articles 6, 14, 19, 20, 21, 22 et 25 de ce projet de loi qui vous est prĂ©sentĂ© et qui d'une façon gĂ©nĂ©rale rĂ©pondent grosso modo Ă  deux logiques qui sont diffĂ©rentes mais totalement complĂ©mentaires.

Il s'agit soit d'ĂȘtre en capacitĂ© de rĂ©pondre de façon opĂ©rationnelle Ă  une menace avĂ©rĂ©e, je vais y revenir, soit d'anticiper un besoin stratĂ©gique qui a Ă©tĂ© identifiĂ©, donc rĂ©ponse opĂ©rationnelle, anticipation stratĂ©gique, si je puis dire, c'est les deux grandes parties de de mon propos. Quelle que soit la classification que je vais faire de des mesures juridiques que nous avons intĂ©grĂ© dans la partie normative de ce projet de loi qu'elle relĂšve de l'une ou d'autre de ces deux catĂ©gories, elle partage pour nous la caractĂ©ristique d'ĂȘtre des mesures qui nous ont semblĂ© indispensables Ă  l'opĂ©rationnalisation des grands objectifs contenus dans dans la revue nationale stratĂ©gique et qui dĂ©coule finalement de ce grand effort de rĂ©novation stratĂ©gique euh dont nous sommes entretenus d'une partie le 25 mars dernier, c'est-Ă -dire la partie stratĂ©gie nationale de lutte contre les manipulations, mais qui finalement ont fait l'objet des travaux de votre commission et des travaux que nous avons pu mener ensemble sur l'ensemble des champs de la revue nationale stratĂ©gique depuis maintenant un peu plus d'un an. Et donc c'est finalement une longue maturation sur plusieurs mois et plusieurs annĂ©es que je vais vous prĂ©senter maintenant.

Évidemment, je me tiendrai Ă  disposition dans cette audition pour rĂ©pondre Ă  vos questions, mais Ă©videmment avec l'ensemble des de mes collaborateurs ici prĂ©sents pour la suite avec en particulier vos vos rapporteurs. PremiĂšre grande brique que nous vous prĂ©sentons donc ce que je qualifierai de mesures de nature stratĂ©gique d'anticipation puisque ĂȘtre bien prĂ©parĂ© au regard de la revue nationale stratĂ©gique, c'est d'abord et avant tout anticiper. Nous nous sommes posĂ©s la question de quoi avons-nous besoin d'un point de vue juridique pour anticiper au mieux le scĂ©nario central de la revue nationale stratĂ©gique ?

Il y a là-dedans deux grandes mesures qui nous ont semblé nécessaires et sur lesquelles je vais revenir maintenant. La premiÚre mesure et je les prends dans l'ordre tout simplement dans laquelle le projet a été élaboré. Cette premiÚre mesure elle concerne je dirais la dimension force économique de la nation et elle porte sur les stocks stratégiques.

C'est l'article 6. Euh l'article 6, il concrĂ©tise finalement une idĂ©e assez Ă©vidente, c'est-Ă -dire la nĂ©cessitĂ© d'identifier des domaines dans lesquels des rĂ©serves stratĂ©giques pourraient ĂȘtre nĂ©cessaires. Cette rĂ©flexion est Ă©videmment une leçon de la crise du Covid-19.

D'ailleurs, d'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, nous avons aussi dans tout ce travail tirĂ© toutes les consĂ©quences des crises auxquelles nous avons Ă©tĂ© exposĂ©s. Vous savez que le SLDSN est en charge de de toute la partie de Retex comme on dit de retour sur les leçons que nous apportent ces crise et nous avons eu Ă  cƓur d'intĂ©grer dans les dispositions qui vous sont prĂ©sentĂ©es un certain nombre de de CĂ©tex. Évidemment Covid-19, Ă©videmment invasion de l'Ukraine par la Russie et les perturbations sur les approvisionnements Ă©nergĂ©tiques qui en ont rĂ©sultĂ©.

Évidemment, la situation prĂ©sente dans le D3 d'Ormous autour de la guerre en Iran euh nous rappelle toutes les difficultĂ©s euh qui pour toute une sĂ©rie de questions d'approvisionnement sont nĂ©cessaires au fonctionnement de notre Ă©conomie et que nous devons avoir en tĂȘte. Pour faire face Ă  ces situations, finalement l'État dans sa dimension de planification, d'anticipation, de prĂ©caution a prĂ©vu d'ors et dĂ©jĂ  dans le droit existant toute une sĂ©rie de dispositifs sectoriels qui ont permis d'ors et dĂ©jĂ  la crĂ©ation d'un certain nombre de stocks en matiĂšre de mĂ©dicaments, d'hydrocarbure et cetera. Et le dispositif que nous vous proposons s'inscrit vraiment dans la ligne droite de ces dispositifs puisqu'il s'agit d'ouvrir Ă  l'État la facultĂ©, la possibilitĂ© de demander Ă  des opĂ©rateurs d'importance vitale de constituer des rĂ©serves de certains produits qui pourraient ĂȘtre nĂ©cessaires Ă  leur activitĂ© et de leur permettre d'assurer de garantir la continuitĂ© de l'activitĂ© pendant un dĂ©lai de de minimum 6 mois.

Toute une sĂ©rie de de dispositions sont prĂ©sentĂ©es dans cet article 6. Vous avez vu que le le coĂ»t de constitution de ces stocks qui s'apparaĂźtent davantage d'ailleurs Ă  la crĂ©ation d'une sorte de fond de roulement ne n'est pas prĂ©vu de faire l'objet d'une indemnisation de la part de l'État. Le dispositif a Ă©tĂ© pensĂ© pour ĂȘtre trĂšs strictement proportionnĂ© au besoin dĂ©fini au plus juste et l'administration devra donc tenir compte d'un certain nombre de paramĂštres qui caractĂ©risent une situation Ă©conomique de l'opĂ©rateur et qui garantissent que personne n'aura Ă  supporter de charges indues.

Vous aurez euh peut-ĂȘtre remarquĂ© que cette disposition est directement inspirĂ©e d'une mesure que vous avez adoptĂ©e et que cette commission apportĂ© dans la loi de programmation militaire de 2023. Euh je pense Ă©videmment Ă  l'article 49 euh de cette loi. Et donc, il s'agit infin euh de prendre l'esprit euh de cette disposition qui Ă©tait euh calĂ©e spĂ©cifiquement pour les besoins des armĂ©es et de la base industrielle et technologique de dĂ©fense et de l'Ă©tendre euh pour tenir compte de la deuxĂš partie du scĂ©nario central de la RNS et de garantir la continuitĂ© de la vie de la nation et notamment la continuitĂ© de la vie Ă©conomique de la nation et donc des opĂ©rateurs d'importance vitale en en prenant le temps de reconfigurer les approvisionnements en cas de besoin si jamais une difficultĂ© se faisait sentir.

Premier article donc en terme de planification et d'anticipation de précaution. 2Ú 2Ú grande mesure en matiÚre d'anticipation de planification juridique de précaution, c'est et vous l'avez dit monsieur le président une des innovations importantes de ce projet de loi qui a suscité beaucoup de réflexions de notre part. Nous avons euh trempé avec beaucoup de précautions notre plume dans l'oncé avant de rédiger ce qui vous est présenté dans l'article 21 qui est donc cette cet nouvel état d'alerte de sécurité nationale.

Je voudrais revenir un peu plus précisément ici sur les réflexions qui ont présidé à la rédaction de cet article qui vous est présenté et finalement à notre cheminement intellectuel et juridique qui nous ont amené à à cette conclusion. Ce régime, il répond finalement trÚs directement à des préoccupations qui avaient été exprimées devant votre commission à l'issue justement de l'exercice Orient 23. Pour ceux qui s'en souviennent, l'un des enseignements de l'un des groupes de travail d'Orient 23, le groupe de travail sur les aspects juridiques, avait précisément été l'identification d'un besoin qui s'était fait sentir d'un certain nombre d'outils juridiques distinctes à la fois des outils du droit commun.

Euh je vais y revenir pour faire face Ă  une situation dĂ©gradĂ©e oĂč on voit de dĂ©gradation trĂšs fortes sur le territoire national de de nature Ă  menacer la la continuitĂ© de la vie de la nation mais qui serait en mĂȘme temps aussi distinct des outils extrĂȘmement dĂ©rogatoires et exorbitants du droit commun que les dispositifs ouverts par exemple par l'Ă©tat d'urgence ou l'Ă©tat de siĂšge. ces dispositifs tout Ă  fait exceptionnels, ces dispositifs d'exception au sens plein du terme que vous connaissez [grognement] qui sont dĂ©jĂ  dans notre droit existant. Et ce que nous avons cherchĂ© Ă  faire, c'est de dĂ©finir prĂ©cisĂ©ment un Ă©tat intermĂ©diaire entre le droit commun et ces grands ces grands outils classiques qui seraient adaptĂ©s Ă  la montĂ©e vers la crise de sĂ©curitĂ© nationale, Ă  la Ă  la possibilitĂ© d'une montĂ©e en puissance sur le territoire national des outils dont nous avons besoin pour faire face dans le plein respect des rĂšgles dĂ©mocratiques et rĂ©publicaines Ă  Ă  des situations de de crise de sĂ©curitĂ© nationale.

Vous savez que il existe une thĂ©orie jurisprudentielle, des circonstances exceptionnelles qui ne privent nullement d'intĂ©rĂȘt, Ă  notre avis, la crĂ©ation d'un cadre juridique spĂ©cifique ici qui permet de doter l'État en avance de phase, en amont de moyens clairs, prĂ©identifiĂ©s, caractĂ©risĂ© Ă  froid, si je puis dire, pour rĂ©pondre Ă  une situation que nous pouvons d'ors et dĂ©jĂ  anticiper. Et cette situation Ă©videmment, cette caractĂ©risation se fera sous le contrĂŽle Ă©videmment, comme toujours dans notre Ă©tat de droit, du juge administratif, mais nous l'avons voulu sous le contrĂŽle du lĂ©gislateur. Je vais y revenir.

Votre commission, vous en souveraendrait peut-ĂȘtre avait exprimĂ© le souhait d'une adaptation de la rĂ©glementation pour tirer les consĂ©quences de l'attĂ©nuation de cette distinction dont je parlais en propos introductif entre le temps de paix et le temps de guerre dans le rapport que monsieur Schenvar et Saint Pasteur avaient finalisĂ© sur l'exĂ©cution de la loi de programmation militaire et qui avait Ă©tĂ© publiĂ© au mois d'aoĂ»t 2023. Donc vous voyez que nous sommes des lecteurs, nous sommes des lecteurs attentifs. Pour rĂ©pondre Ă  ce besoin, le nouveau rĂ©gime de de d'application particuliĂšre que nous vous proposons donne aux autoritĂ©s de l'État les moyens de rĂ©pondre, selon nous dans une logique de montĂ©e Ă  la crise Ă  des menaces qui sont situĂ©es en dessous du seuil d'engagement des autres rĂ©gimes.

C'est donc un seuil intermédiaire si je puis dire. Il est activable sur tout ou partie du territoire national. Cet élément-là est tout à fait essentiel.

Il l'est par un dĂ©cret en conseil des ministres euh dans des conditions de dĂ©clenchement qui ont donnĂ© lieu Ă  de nombreux travaux Ă  l'intĂ©rieur de l'administration et dans nos Ă©changes avec le Conseil d'État euh autour de cette notion de cas de menace grave et actuelle qui nous diffĂ©rencie donc des autres dispositifs qui menacent la sĂ©curitĂ© nationale et qui serait par exemple de nature Ă  justifier l'engagement des forces armĂ©es avec tout ce que ça suppose de soutien du territoire national Ă  l'engagement des forces armĂ©es Ă  l'extĂ©rieur du territoire ou Ă  constituer le territoire national en nation haute comme on dit pour faciliter la montĂ©e en puissance de troupes alliĂ©es dans leur dĂ©ploiement vers la dĂ©fense et la sĂ©curitĂ© de de l'Europe. Nous l'avons vu strictement proportionnĂ© Ă  la gravitĂ© Ă  la gravitĂ© pardon et Ă  l'actualitĂ© de la menace Ă  laquelle ferait face la nation et nous avons surtout chercher Ă  produire des effets puisque ce qu'il s'agit de faire dans cette planification juridique, c'est faire Ă  froid un travail qui nous permet d'avoir pleinement l'effet des moyens nĂ©cessaires pour gĂ©rer la crise en cas de en cas de coup dur si je puis dire. Quelques Ă©lĂ©ments qui nous semblent importants dans notre rĂ©flexion. la protection des infrastructures et des sites sensibles par l'instauration de pĂ©rimĂštres de protection par le renforcement de la sĂ©curitĂ© des des sites critiques pour la continuitĂ© de la vie de la nation par la disponibilitĂ© des rĂ©seaux de tĂ©lĂ©communication.

Premier effet recherchĂ© dans ce rĂ©gime trĂšs spĂ©cifique qui est celui de l'Ă©tat d'alerte de sĂ©curitĂ© nationale, l'allĂšgement des contraintes euh Ă  l'action des autoritĂ©s avec des dĂ©rogations strictement limitĂ©es dans un certain nombre de conditions Ă  des normes rĂ©glementaires que je vais pas Ă©numĂ©rer ici mais qui sont dans cet article 21. La facilitation de la crĂ©ation de plot logistique pour lĂ  aussi dĂ©roger Ă  diverses contraintes en matiĂšre de droits existants pour fluidifier et accĂ©lĂ©rer le dĂ©ploiement opĂ©rationnel de force. Et puis Ă©videmment, compte tenu de du caractĂšre dĂ©rogatoire de toutes ces facultĂ©s offertes, [grognement] pardon, nous avons eu Ă  cƓur de trouver des mĂ©canisme d'encadrement trĂšs spĂ©cifique puisqu'il s'agit de garantir les principes rĂ©publicains et dĂ©mocratiques qui sont le fondement mĂȘme de notre Ă©tat de droit.

Euh ces euh ces mécanismes d'encadrement nous semblent particuliÚrement exigeants. Ils sont inspirés d'autres régimes d'exception. Euh et il vise euh par exemple euh à ne pas pouvoir prolonger au-delà de 2 mois euh cet état d'alerte de sécurité nationale, sauf si une mesure législative est adoptée en ce sens.

Nous avons veillé à ce que le Parlement soit informé sans délai de toutes les mesures prises dans le cadre de ce régime d'alerte de sécurité nationale. Et donc nous avons cherché Infiné un dispositif équilibré, proportionné à la gravité et à l'actualité des menaces auxquelles notre nation serait confrontée et qui constitue finalement une sorte de clé de voûte de l'engagement de planification juridique que j'évoquais tout à l'heure. l'état d'esprit qui a présidé aux réflexions qui nous ont amené à cette rédaction de de l'article 21.

Le dernier élément dans cette partie de planification, je vais y passer plus rapidement, c'est tout ce qui concerne l'engagement des forces vives de la nation. Je sais que cette question des réserves est une question qui est chÚre à votre commission. Euh pour tout ce qui concerne le service de sécurité nationale, la réserve de sécurité nationale, euh nous avons ici euh euh dans l'article 22 en particulier euh et l'article 25 prévu toute une série de dispositions sur lesquelles je ne vais pas revenir en détail mais qui vise précisément à donner plus d'effets à notre objectif d'engagement des forces vives de la nation notamment en cas de crise.

Elles doivent ĂȘtre naturellement prises et pensĂ©es. En tout cas, c'est comme ça que nous l'avons fait en cohĂ©rence avec les autres dispositions qui sont relatives Ă  la journĂ©e de mobilisation par exemple ou au service national dont je sais que la ministre des armĂ©es vous a entretenu longuement puisque ce sont des des mesures qui relĂšvent directement de ses responsabilitĂ©s et qui lui tiennent fortement Ă  cƓur. Ces articles 22 et 25, nous les avons voulu comme des Ă©lĂ©ments de simplification.

Je je sais euh j'ai dĂ©jĂ  eu l'occasion de m'exprimer devant vous euh que et vous le savez, nous avons engagĂ© un effort de rĂ©flexion gĂ©nĂ©ral sur l'ensemble de la question des rĂ©serves, quelle que soit la qualification. Je n'ai pas cachĂ© ici mĂȘme parfois ma perplexitĂ© devant la complexitĂ© et le caractĂšre touff, voir pour ĂȘtre trĂšs honnĂȘte avec vous, parfois incomprĂ©hensible de nos divers systĂšmes de rĂ©serve. Euh nous avons cherchĂ© ici euh dans ces articles 22 et 25 Ă  rendre plus opĂ©rationnel et Ă  simplifier euh un certain nombre de ces dispositions au fur et Ă  mesure que euh nos rĂ©flexions plus gĂ©nĂ©rales sur les dispositifs de rĂ©serve continuent encore de de maturer.

Euh je n'exclus pas euh que nous puissions demander de de revenir vers vous avec des amĂ©nagements supplĂ©mentaires dans ce sens. Mais mais je crois que c'est un Ă©lĂ©ment extrĂȘmement important puisque comme nous avons eu dĂ©jĂ  eu l'occasion de le dire et de l'Ă©crire longuement ensemble et je sais que c'est un point sur lequel vous avez beaucoup insistĂ© dans cette commission dans le cadre de l'actualisation de la revue nationale stratĂ©gique, nous savons que les rĂ©serves et je dis bien les rĂ©serves, quelle que soit la la caractĂ©ristique ou la qualification juridique de la rĂ©serve, quelle ait une obligation de disponibilitĂ© ou pas euh qu'elle soit une rĂ©serve de sĂ©curitĂ© nationale ou un service de sĂ©curitĂ© nationale ou une rĂ©serve civile ou une rĂ©serve civique, bref Quel que soit le titre qu'on lui donne, nous savons que nous aurons besoin pour faire face aux crises qui sont devant nous d'une mobilisation et d'un engagement plus important de nos concitoyens dans dans les rĂ©serves. VoilĂ  les les trois grandes mesures que je voudrais rattacher Ă  cette premiĂšre partie de mon propos sur ces mesures de nature stratĂ©gique d'anticipation des crises. deuxiĂšme partie et ça sera plus rapide un certain nombre de mesures que nous avons envisagĂ© que je qualifierai davantage de mesures opĂ©rationnelles qui sont destinĂ© Ă  faire face Ă  des menaces de nature hybride dont le territoire national est dĂ©jĂ  aujourd'hui l'objet et l'objet je dirais presque quotidien.

PremiÚre premier élément, vous l'avez dit monsieur le président, c'est un sujet qui intéresse qui intéresse beaucoup en particulier votre commission la question de la lutte antidrone. L'article 14 ici et là aussi nous avons longuement longuement trempé dans l'encrier notre plume avant de rédiger cet article là non sans trembler parce que nous avons conscience des responsabilités qui sont les nÎtres de vous proposer des des dispositifs et des dispositions qui soient pleinement respectueuses de notre cadre républicain et démocratique. définer.

L'objectif que nous cherchons, c'est d'améliorer significativement la capacité collective à traiter une menace qui est aujourd'hui bien connu, c'est celle des drones et notamment des drones malveillants. Vous savez, nous en avons déjà beaucoup parlé dans cette commission, que la menace a muté, elle a évolué au fur et à mesure des évolutions technologiques. La lutte antidrone doit s'adapter à l'évolution de la menace qui n'est plus simplement constituée de ces drones de conception militaire dont on voit aujourd'hui l'utilisation massive sur les théùtres de guerre.

On pense Ă©videmment Ă  l'Ukraine, on pense Ă©videmment Ă  Ă  l'Iran et au Moyen-Orient euh et qui peuvent ces drones de nature vraiment militaire emporter des charges importantes, viser des infrastructures militaires. Mais on parle ici aussi et peut-ĂȘtre d'abord quand on pense au territoire national de cette menace qui vise dĂ©sormais au moyen de petit drone souvent vendu dans le commerce ou dĂ©rivĂ© de technologie civile ou dĂ©rivĂ© de technologie disponibles dans le commerce a provoquĂ© des ruptures dans la continuitĂ© des activitĂ©s essentielles Ă  la vie de la nation. Et donc c'est plutĂŽt sous cet angle du territoire national des menaces de sabotage qui nuiraient Ă  la continuitĂ© des activitĂ© essentielle de la vie de la nation que nous avons imaginĂ© ce qui Ă©tait le dispositif de lutte antidrone que nous devions.

J'ai dĂ©jĂ  crois dans cette commission mĂȘme eu l'occasion de dire que c'est une sorte de lutte anti-drone du quotidien auquel nous sommes aujourd'hui confrontĂ©s et pour lequel nous avons rĂ©flĂ©chi au besoins d'adaptation de notre dispositif de façon trĂšs opĂ©rationnelle. Ce que nous vous proposons c'est d'autoriser les opĂ©rateurs d'importance vitale Ă  neutraliser Ă©videmment Ă  Ă  dĂ©tecter d'abord mais Ă  neutraliser ensuite les drones qui menaceraient de survoler certains de leurs points d'importance vitale. Aujourd'hui, vous le savez, cette facultĂ© n'est ouverte dans notre droit qu'au seul services de l'État et aux Ă©tablissements publics qui concourent directement Ă  la dĂ©fense nationale.

Elle n'est en consĂ©quence aujourd'hui Ă  l'heure oĂč je vous parle exclusivement exercĂ© par les forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure ou par des forces militaires sur le territoire national. Or, et je crois que nous avons eu l'occasion d'en parler longuement dans le cadre de l'actualisation de la revue nationale, il nous semble aujourd'hui que ce dispositif n'est pas Ă  l'Ă©chelle de la menace telle que nous le vivons aujourd'hui et que nous avons besoin d'imaginer un dispositif, j'ai dĂ©jĂ  eu l'occasion de le dire dans d'autres enceintes, finalement de responsabilitĂ© distribuĂ© de la lutte contre la menace anti-drone tout simplement parce que imaginez que nous pourrions mettre un agent des forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure ou des forces se armĂ©e derriĂšre chaque dispositif sur l'ensemble du territoire national est tout simplement illusoire et probablement d'ailleurs pas souhaitable au regard de l'ampleur de la tĂąche qui serait alors devant nous ne serait-ce que si nous ne parlons que des infrastructures critiques. En consĂ©quence, nous avons envisagĂ© cette mesure tout Ă  fait spĂ©cifique qui vive qui viserait Ă  autoriser des agents de sĂ©curitĂ© de ces opĂ©rateurs d'importance vitale Ă  mettre en Ɠuvre un certain nombre de dispositifs de brouillage ou de neutralisation des drones.

Mais Ă©videmment et comme pour l'Ă©tat de situation de sĂ©curitĂ© nationale, nous savons que cette disposition est tout Ă  fait spĂ©cifique et et prĂ©sente des caractĂ©ristiques exorbitantes du droit commun et donc nous avons eu Ă  cƓur de chercher Ă  l'encadrer de façon Ă  la limiter euh Ă  un certain nombre de cas que je vais Ă©numĂ©rer ici devant votre commission et qui sont retracĂ©s dans l'article lui-mĂȘme. Ces limites et ses encadrements, il visent Ă  ne parler que de menaces imminentes ou en raison d'une interdiction de survol sĂ©curitĂ© publique. Cette facultĂ©, elle s'accompagnerait d'un certain nombre de garanties que nous avons prĂ©cisĂ© et que le travail avec le Conseil d'État nous a permis de de prĂ©ciser de façon beaucoup plus prĂ©cise.

PrĂ©cis prĂ©cision sur les garanties de compĂ©tences et d'honorabilitĂ© spĂ©cifique des agents concernĂ©s. clarification du pĂ©rimĂštre gĂ©ographique d'emploi de ces dispositifs tout Ă  fait spĂ©cifique autour des PIV. Euh les agents professionnels de sĂ©curitĂ© qui seraient ainsi autorisĂ©s Ă  mettre en Ɠuvre ce type de neutralisation devront ĂȘtre habilitĂ©, formĂ©s, contrĂŽlĂ©s de sorte qu'il ne s'agisse pas simplement d'un abandon d'un abandon de prĂ©rogative qui Ă©tait jusqu'ici d'Ă©volu aux seules forces de gendarmerie et de police mais que tout ça soit spĂ©cifiquement encadrĂ©.

Plusieurs Ă©lĂ©ments dans cette disposition de cet article 14 me semble mĂ©riter d'ĂȘtre mentionnĂ© ici. Le premier, je l'ai dĂ©jĂ  dit, euh c'est l'urgence. L'urgence d'adapter notre dispositif face Ă  une menace euh qui finalement a aujourd'hui une dizaine d'annĂ©es dĂ©sormais, mais qui prend un tour particuliĂšrement prĂ©occupant.

J'ai rapidement mentionnĂ© au dĂ©but de mon propos la mutation de la menace qui justifie pour nous l'insertion de cet article. Mais vous avez vu euh toute l'annĂ©e 2025 nous en a donnĂ© des tĂ©moignages euh c'est ces cas en Europe euh oĂč des perturbations graves de trafic aĂ©rien ou d'aĂ©roports ou de d'opĂ©rateurs d'importance vitale dans certains pays europĂ©ens ont Ă©tĂ© occasionnĂ©s par des survols ou des approches de ce type de petit drone. Et ces Ă©vĂ©nements laissent peu de place au doute quant aux motivations ou Ă  la possible motivation des auteurs de ces faits.

Et nous ne pouvons pas rester inactif. Nous ne pouvons pas ne pas nous mettre à la à l'échelle de la menace et dans l'urgence et le tempo de la menace. Et donc attendre qu'un drame se produise pour agir.

C'est une conviction que nous avons au SGDSN. Il est urgent que nous adaptions notre dispositif, y compris juridique avec l'ensemble des garanties et d'encadrements nécessaires euh à l'évolution de la menace. Le deuxiÚme élément que je voudrais préciser, c'est que il y a bien plus dans notre stratégie de lutte antidrone que la question du droit.

Le droit est une condition nĂ©cessaire mais non suffisante. Vous le savez, nous sommes pleinement mobilisĂ©s, y compris au plus haut niveau de l'État pour opĂ©rationnaliser ce dispositif. Ce qui signifie, et vous le savez, nous avons fait un effort particulier opĂ©rationnel en direction des industriels français qui dĂ©veloppent tous les uns ou les autres diffĂ©rents types de technologies de dĂ©tection ou de neutralisation de drones et qui devront demain ĂȘtre nĂ©cessaires pour faire face Ă  cette menace et fournir des dispositions qui seront robustes et efficaces.

Et alors que vous savez que ces technologies sont aujourd'hui foisonnantes, qu'elles se dĂ©veloppent largement, nous avons souhaitĂ© mettre en place une grande campagne d'expĂ©rimentation sur le site de Brettini sur Orge euh qui nous permet d'offrir finalement un terrain de jeu, un bac Ă  sable comme on dit en mauvais français en traduisant ça de l'anglais et qui permet Ă  un certain nombre d'industriels de venir tester en conditions rĂ©elles, en conditions pĂ©riurbaines avec l'ensemble des administrations de l'État qui participent Ă  la sĂ©curisation de de ces dispositifs lĂ  pour cette campagne d'expĂ©rimentation qui, nous l'espĂ©rons se clĂŽturera Ă  l'Ă©tĂ© et qui nous permettra d'identifier des solutions techniques innovantes auxquelles les opĂ©rateurs d'importance vitale pourrait demain venir recourir pour traiter et protĂ©ger la continuitĂ© de la vie de la nation contre ce type de message que je mets dans la partie sabotage mais une partie spĂ©cifique. La deuxiĂšme partie de mon propos sur la dimension plus opĂ©rationnelle de ce Ă  quoi nous devons faire face aujourd'hui, c'est la question de l'espionnage et du pillage technologique. et ça nous amĂšne Ă  cet article 19 qui qui porte sur la lutte contre les dĂ©bauchages.

Vous savez que cet objet spécifique fait a été délégué dans son examen. C'est une décision que vous avez prise à la commission des lois. Mais je vais vous en dire un mot ici pour la complétude de mon propos sur la façon dont nous avons approché la question de la planification juridique de la RNS dans son ensemble. et parce que j'espÚre vous démontrer ici la cohérence d'ensemble notre démarche dans ce projet de loi.

Ce dispositif que nous avons cherchĂ© Ă  crĂ©er vise Ă  prĂ©venir les dĂ©bauchages par des puissances Ă©tragĂšres de spĂ©cialistes français notamment des chercheurs qui peuvent ĂȘtre impliquĂ©s dans des travaux tout particuliĂšrement sensibles et qui peuvent ĂȘtre susceptibles d'ĂȘtre dĂ©tournĂ©s Ă  des fins de de terrorisme ou de prolifĂ©ration de d'armes de destruction massive et de leur vecteur. [grognement] Votre commission, je le sais, vous mesdames et messieurs les dĂ©putĂ©s, ĂȘtre parfaitement informĂ© des pratiques malheureusement courantes d'espionnage dans les domaines scientifiques et technologiques. C'est un des Ă©lĂ©ments de la compĂ©tition mondiale dans lesquels nos adversaires ne nĂ©gligent et ne lĂ©signent sur aucun moyen.

Certains pays sont spĂ©cialistes de ces types d'action et en marge de l'espionnage de façon plus subtile, il existe toujours une pratique de dĂ©bauchage qui vise Ă  venir souvent contre espĂšce sonnante et trĂ©buchantes dĂ©baucher au sens propre du terme nos experts civils et militaires. Je vais pas rentrer beaucoup plus avant dans le dispositif de cet article 19 pour laisser du temps aux questions, mais vous vous en ĂȘtes familier puisque la loi de programmation militaire avait créé un dispositif tout Ă  fait spĂ©cifique d'encadrement pour certaines activitĂ©s rĂ©alisĂ©es pour le compte d'une entitĂ© Ă©trangĂšre par des militaires ou d'anciens militaires ou d'anciens ou d'agents publics rattachĂ©s au ministĂšre des armĂ©es. Nous nous sommes inspirĂ©s de ce dispositif mais en l'adaptant au monde de la de la recherche et et de la science puisque Ă©videmment ça n'est pas du tout la mĂȘme chose que de parler du monde scientifique en gĂ©nĂ©ral que de parler des questions qui relĂšvent de la de la BITD.

Je rentre pas dans le dispositif plus spĂ©cifique. Je je pense qu'il y aura des questions sur cette affaire. Euh mais la logique Ă©tait bien euh de prĂ©voir euh une disposition sur ces articles 19 et 20 euh qui nous permettrait d'ĂȘtre lĂ  aussi Ă  l'Ă©chelle de la menace.

Finalement et pour conclure, vous le voyez, sabotage, lutte antirdrone, rupture d'approvisionnement stratégique, stock stratégique, espionnage, captation technologique, euh mesures de lutte contre la le la le débauchage, euh évolution trÚs rapide des crises, y compris des crises massives de de ces territoires nationales sur le territoire national, de menaces hybrides et besoin d'agilité dans le monde et dans la montée vers la crise, engagement des forces vives de la nation au profit de la possibilité de gestion question de crise. Tous ces éléments-l vous sont familiers parce qu'ils étaient des éléments intégrantes de la revue nationale stratégique à la fois dans les constats que nous avons fait dans la troisÚme partie sur les voies et moyens. C'est ce que nous avons cherché à traduire dans des dispositions de droit avec cet objectif permanent de préparer notre nation euh à l'ensemble des crises possibles et en particulier au pire parce que nous savons et je sais que dans cette commission vous le savez mieux que personne.

C'est en Ă©tant prĂȘt euh que nous pourrons Ă©viter la les consĂ©quences de ces crises. Merci monsieur le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral. Euh je crois que les collĂšgues sont prĂȘts Ă  vous poser beaucoup de questions et je vais commencer donc par nos rapporteurs et la parole est Ă  Yannick Schenvard puis Ă  Jean-Louis Thiillon.

Merci monsieur le président, monsieur le secrétaire général. Vous avez évoqué les travaux de la RNS puis d'ailleurs les travaux de la réévaluation de la RNS auquel d'ailleurs un certain nombre de groupes ici présents ont participé. Euh dans les articles que vous avez traités, il y en a un en particulier euh qui me semble, les autres le sont également mais qui me semble trÚs important, c'est l'article 21 dont je considÚre que la création de l'état d'alerte de sécurité nationale en cas de menace grave et actuell est un pas important dans une situation que nous avions constaté.

C'estĂ d qu'Ă  un moment donnĂ©, il y a un vide entre une situation et une autre et cette situation peut le combler. Euh alors, je vais pas vous lister les trois pages de l'article et notamment les situations qui sont dans ces trois pages de l'article, mais j'ai une interrogation, elle touche la partie des dĂ©rogations normatives et premiĂšrement et ensuite les travaux euh qui sont nĂ©cessaires pour la construction, l'amĂ©nagement de locaux, d'infrastructure au moment oĂč effectivement ça apparaĂźt nĂ©cessaire mais a priori seul seulement pour de mois avec Ă©videmment une prolongation en passant devant le parlement mais voilĂ  seulement pour de mois. Qu'est-ce que vous pouvez en profondeur nous dire justement sur ces dĂ©rogations normatives pardon et ensuite sur la façon dont les choses pourraient se dĂ©rouler concernant les travaux, les infrastructures dont on a bien compris que parfois il fallait aller bien plus vite que ce que nous vivons aujourd'hui.

Merci Jean-Louis Tiriot rapporteur. Merci monsieur le président. Merci le secrétaire monsieur le secrétaire général.

C'est toujours avec le mĂȘme plaisir qu'on vous reçoit parce que c'est l'Ă©tat stratĂšge comme on l'aime qui a l'esprit de cohĂ©rence. Donc c'est l'occasion de saluer l'institution que vous vous dirigez. [grognement] Je vais vous poser quelques questions prĂ©cises concernant l'article 6.

Les stocks évidemment nécessaires. Le texte de loi exclut le projet exclut l'indemnisation. Donc ça veut dire qu'il ne peut pas y avoir d'action en responsabilité du fait des lois.

Euh c'est Ă©videmment sage, mais est-ce que vous avez une idĂ©e de la volumĂ©trie que ça pourrait euh reprĂ©senter pour Ă©ventuellement euh anticiper ? Sur l'article 21 dont avec mon excellent collĂšgue Sheneva, nous mesurons la grande utilitĂ©, elle est bornĂ©e par la notion de menace grave et actuelle. Je crains que ce ne soit trĂšs restrictif parce que construire une usine aujourd'hui qui permettra de rĂ©pondre Ă  une situation dans 2 ans, c'est pas forcĂ©ment gravĂ© actuel, mais c'est quand mĂȘme une urgence.

Donc sur quelle jurisprudence vous appuyez pour fonder ça ? Jusqu'oĂč peut-on l'Ă©tendre ? Et on est dans le grand dĂ©bat du droit international prĂ©ventif, prĂ©emptif jusqu'oĂč c'est grave et euh actuel. 3Ăš sujet sur les drones.

Euh jusqu'oĂč pensez-vous que les opĂ©rateurs privĂ©s peuvent aller ? Est-ce que c'est uniquement du brouillage ou est-ce que ça peut ĂȘtre de la destruction cinĂ©tique et dans quelles conditions avec quelle chaĂźne de commandement ? Enfin, dernier point qui est plus une votre attention que j'attire dessus dans la lutte antir drone, un des Ă©lĂ©ments majeur est de faire face au drones fili, au drones pilotĂ© par fibre optique non brouillable.

Et ceuxl on a trĂšs trĂšs peu de sites oĂč on peut les utiliser et les tester parce que beaucoup notamment de nos terrains militaires sont des sites Natura 2000. Donc qu'est-ce qu'on peut faire pour pouvoir s'entraĂźner y compris avec les drones ? Merci messieurs les rapporteurs.

Euh monsieur le secrétaire général, voilà, vous pouvez répondre déjà aux questions de nos deux rapporteurs. Merci beaucoup. Merci beaucoup messieurs les députés, messieurs les rapporteurs.

Euh sur euh l'article 21, je veux prendre vos deux questions ensemble puisqu'elles se elle se recouvre, si je si vous me le permettez, sur cet Ă©tat d'alerte de sĂ©curitĂ© nationale. Euh peut-ĂȘtre deux deux natures de rĂ©ponses. D'abord sur les dĂ©rogations que nous avons envisagĂ© puisque la question que nous nous sommes posĂ©es, c'est finalement de quoi nous avons besoin dans le monde rĂ©el.

Euh dans le monde rĂ©el euh nous avons euh euh dĂ©cidĂ© euh de cibler un certain nombre de mesures dans le domaine de l'urbanisme, de l'environnement, des transports, des tĂ©lĂ©communications, de la commande publique sur lesquels nous nous sommes dit si nous Ă©tions capables du cĂŽtĂ© de l'État de dĂ©roger euh au Ă  la norme classique normale de droit, nous pourrions accĂ©lĂ©rer les choses et ĂȘtre plus efficace dans la montĂ©e vers la crise et dans l'agilitĂ© vers la crise. Et donc c'est sont des mesures de facilitation et d'accĂ©lĂ©ration de la capacitĂ© de l'administration Ă  s'adapter au temps de crise et donc de l'agilitĂ© de l'administration. les les deux Ă©lĂ©ments et et c'est ce que je vous disais, on a cherchĂ© Ă  chaque fois Ă  trouver finalement un point d'Ă©quilibre euh entre le besoin d'accĂ©lĂ©ration, d'agilitĂ©, de dĂ©rogation que ça pouvait susciter et le respect de notre environnement dĂ©mocratique et de l'Ă©tat de droit et de ce que ça supposait d'ĂȘtre dans un rĂ©gime qui est bien infraĂ©tat d'urgence, qui est bien ce rĂ©gime intermĂ©diaire.

Euh d'oĂč d'oĂč les Ă©lĂ©ments qui sont et nous l'avons pensĂ© comme tels, des Ă©lĂ©ments de limitation. D'abord, les dĂ©rogations auxquelles nous avons euh rĂ©flĂ©chi sont des dĂ©rogations de dĂ©rogations de nature rĂ©glementaire. Euh premier Ă©lĂ©ment.

Euh 2e élément, vous l'avez dit et la question a été euh longuement débattue. Euh est-ce que c'est des dérogations qu'on s'autorise pour quelques semaines, quelques mois à Vitam et Eternam et avec quel pas de temps ? le le la le comment dire le le l'équilibre infiné qui vous est proposé, qui vous est soumis à vous parlementaire, c'est ces de mois, sachant que ensuite c'est prolongeable.

Donc le le coĂ»t prĂȘt de 2 mois n'est pas un coĂ»t prĂȘt qui tombe. C'est c'est il vous appartiendra d'autoriser l'administration Ă  poursuivre ces dĂ©rogations au-delĂ  de ces de mois. Et donc ce que nous avons cherchĂ© Ă  faire euh dans ces termes menace grave et actuell, dĂ©rogation rĂ©glementaire dans des domaines limitĂ©s, c'est vraiment prĂ©cisĂ©ment Ă  trouver un Ă©quilibre entre le besoin d'agilitĂ© et d'accĂ©lĂ©ration et le besoin du respect, de la transparence des principes dĂ©mocratiques, du respect du droit euh et du respect des des principes constitutionnels d'Ă©quilibre des pouvoirs.

Vous pouvez nous dire que cet équilibreel-là est pas le bon. Euh mais nous avons pensé que c'était des mesures raisonnables encore une fois dans cette entre deux entre le droit normal, le droit du temps courant et le droit des états d'exception absolue que sont les états d'urgence, les états de guerre, de mobilisation. Donc dans cet entre deux, c'est c'est cet équilibre que nous avons cherché euh mais en étant conscient qu'on qu'on a pesé les choses au trébuchet euh et que notre main a tremblé à à chaque étape.

La la deuxĂšme peut-ĂȘtre euh partie de la de la question sur la dimension stock stratĂ©gique euh et sur disons d'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale les l'ensemble des aspects je dirais logistiques. Euh aujourd'hui, je suis pas capable de vous donner une volumĂ©trie prĂ©cise et spĂ©cifique. Tout simplement parce que par ailleurs dans le cadre de la stratĂ©gie nationale de rĂ©silience, toute cette question de l'identification des biens vitaux, des stratĂ©gies d'approvisionnement, de garantie de sĂ©curitĂ© d'approvisionnement font l'objet encore de travaux qui sont en cours en cours avec l'ensemble des ministĂšres compĂ©tents et puis avec les opĂ©rateurs d'importance vitale.

Évidemment, ces travaux sont trĂšs avancĂ©s mais dans ces travaux-lĂ , tout ne repose pas sur des stocks nĂ©cessairement. Ce qui est notre stratĂ©gie dans le cadre de la stratĂ©gie nationale de rĂ©silience, c'est une stratĂ©gie de rĂ©silience. C'est son le mot veut bien dire ce qu'il veut dire.

C'est-Ă -dire que vous pouvez avoir diffĂ©rentes modalitĂ©s pour garantir la continuitĂ© de la vie Ă©conomique de la nation. Ça peut ĂȘtre la diversification de l'approvisionnement, ça peut ĂȘtre la relocalisation de production sur le sol national. Donc les stocks stratĂ©giques qui sont traduits ici dans le droit euh sont une des modalitĂ©s juridiques et c'est la seule modalitĂ© juridique dont on a estimĂ© avoir besoin dans l'ensemble d'une stratĂ©gie nationale de rĂ©silience qui vise Ă  garantir la continuitĂ© euh de la vie Ă©conomique de la nation.

Euh on verra si on est capable euh peut-ĂȘtre pas de vous euh proposer une volumĂ©trie euh vraiment prĂ©cise, anticipĂ©e, euh dĂ©taillĂ© parce que ces travaux-lĂ  sont en cours. Mais peut-ĂȘtre quelques exemples euh dans les les travaux techniques qui qui suivront l'audition de d'aujourd'hui. 3Ăš TroisiĂšmement sur la question des drones euh et vous avez comme toujours mis le doigt sur le le cƓur des Ă©lĂ©ments du vocabulaire, nous avons bien dit neutralisation.

Euh neutralisation, ça veut bien dire euh neutralisation, c'est-à-dire ça ça veut dire brouillage, mais autre. Euh et donc nous n'avons pas voulu spécifier la nature euh de ce qui serait utilisé comme moyen technologique euh à des fins de neutralisation. Il y a plusieurs options, plusieurs possibilités.

Euh moi je ne sais pas vous dire aujourd'hui ce que sera demain ou dans 6 mois la technologie la plus efficace et la plus Ă©conome de risque euh pour traiter une menace de drone de nature dĂ©rivĂ©e des technologies civiles autour de pĂ©rimĂštres d'opĂ©rateur d'importance vitale ou de points d'importance vitale. Et donc il faut qu'on se garde la possibilitĂ© d'adaptation. Vous avez vu, je reviens pas dessus dedans puisque tout ça est expliquĂ© en dĂ©tail dans le dans le texte. euh toutes les garanties euh en terme de d'autorisation de chaĂźnes de commandement d'arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral.

Euh on on a bien conscience euh qu'on a toute une série de de choses à à prévoir. Euh qui me permet de faire le lien avec euh ce que je disais qui me permet de Merci de votre question monsieur le député de de revenir plus en détail. Euh nous partageons entiÚrement votre vision trÚs opérationnelle de ce besoin euh d'expérimentation euh technique et technologique, de besoin d'avoir des terrains d'entraßnement et d'expérimentation.

C'est ce que nous avons cherchĂ© Ă  faire et c'est d'ailleurs ce qui est en ce moment mĂȘme en train d'ĂȘtre fait Ă  Brettini. Euh c'est une convention que le SGDSN a passĂ© avec euh l'organisme qui gĂšre euh Brettini sur Orge et qui marche trĂšs trĂšs bien. qui permet dans un environnement pays rayurbain avec tout ce que ça suppose d'utilisation du spectre Ă©lectromagnĂ©tique ou d'autorisation de survol dans un dans un environnement pĂ©riurbain et donc d'adaptation de notre dispositif rĂ©glementaire sur quelles sont les dĂ©rogations dont nous avons besoin pour autoriser telle utilisation de telle partie du spectre Ă©lectromagnĂ©tique soit pour du vol soit pour du brouillage avec un dispositif qui est Ă  la fois un terrain d'aviation assez large et qui nous permet d'avoir un terrain de jeu important mais aussi un couloir aĂ©rien de plusieurs kilomĂštres de long qui permet de dĂ©tecter au plus loin et qui permet de de d'expĂ©rimenter toute une sĂ©rie de technologies.

C'est vraiment la façon dont nous avons conçu notre dispositif. Il y a un jambe, si je puis dire, juridique qui est ce dispositif lutte antidrone qui est encore une fois la facultĂ© ouverte Ă  l'État de permettre Ă  des opĂ©rateurs d'importance vitale de se doter de moyens dans des conditions spĂ©cifiques de neutralisation. C'est pas une obligation, c'est une facultĂ© qui est ouverte et en mĂȘme temps d'avoir une rĂ©flexion trĂšs opĂ©rationnelle avec des cycles courts trĂšs agile au profit de des solutions technologiques que nous pouvons expĂ©rimenter et que j'espĂšre nous serons capable dont nous serons capables d'apporter la preuve de leur fonctionnement ou de leur leur fonctionnement dans un certain nombre de conditions et de paramĂštres prĂ©cis.

Merci monsieur le secrétaire général. Nous passons à présent la parole au groupe et nous commençons par le rassemblement national avec Pascal Jumst. Oui, merci monsieur le président, monsieur le secrétaire général.

Je veux d'abord vous saluer saluer le travail des militaires et des civils mobilisĂ©s pour actualiser la loi de programmation militaire et le SGDSN y a jouĂ© un rĂŽle certainement essentiel. Les rĂ©textes ukrainiens et du Moyen-Orient confirment une dĂ©sinhibition de la violence dans un monde toujours plus conflictuel, sans retour en arriĂšre Ă  court terme. Face Ă  tĂȘte, instabilitĂ© et au retour possible de la haute intensitĂ©, le Rassemblement national rĂ©affirme son attachement Ă  la souverainetĂ© de notre dĂ©fense.

Oui, nous agirons probablement en coalition demain, mais cela ne doit jamais nous empĂȘcher de garder les mains libres. Les coopĂ©rations doivent rĂ©pondre Ă  des besoins opĂ©rationnels concrets, pas Ă  une logique idĂ©ologique. La souverainetĂ©, elle se joue aussi dans le territoire d'outre mer.

On l'oublie trop souvent, mais elle reprĂ©sente 97 % de nos espaces maritimes. Ce sont des points d'appui stratĂ©gique comme Mayotte au cƓur du canal du Mozambique et des territoires riches en ressources qui suscitent dĂ©jĂ  de nombreuses convoitises. Avec ces atouts, ces territoires sont aussi devenus des cibles Ă  Mayotte.

L'immigration illégale met sous pression les services publics et le quotidien des Maoré. En Nouvelle-Calédonie, les ingérences étrangÚres se manifestent attiré par ses ressources. La refuge la revue pardon nationale stratégique l'a rappelé.

Il faut renforcer notre posture dans ces territoires et les distances et les enjeux nous imposent d'ĂȘtre crĂ©dibles pour dissuader toute contestation. Or, l'actualisation de la LPM ne change pas les formats et repousse Ă  2035 des objectifs pourtant essentiels. Et je veux le dire clairement, ce n'est pas Ă  nos armĂ©es que nous en voulons.

Mais enfin, s'agissant de nos outre mÚres, nous ne voyons toujours pas venir le remplacement des patrouilleurs au Turiers, ni celui des frégates de surveillance, pourtant vieillissante. Alors, en quoi cette actualisation permet-elle selon vous de répondre au défis de la défense et de la sécurité des territoires d'outreem ? Je vous remercie.

Merci monsieur le secrétaire général. La parole est à vous. Merci monsieur le député.

Je je partage entiĂšrement et je pense que toutes les administrations de l'État et toutes les toutes les administrations du SGDSN partagent votre prĂ©occupation sur les outresems. J'ai dĂ©jĂ  eu l'occasion, comme vous le savez, monsieur le dĂ©putĂ©, la il y a quelques quelques jours dans cette mĂȘme commission sur la prĂ©sentation de la stratĂ©gie nationale de lutte contre les manipulations de lain formation d'insister lourdement et longuement sur ce que vous venez de rappeler, c'est-Ă -dire le fait que nos outremĂšres sont souvent des territoires dans lesquels ils sont surexposĂ©s Ă  la menace. euh et dans lesquels euh nous avons besoin de renforcer nos capacitĂ©s.

Euh je je porte Ă  votre attention, je je me permettrai de pas faire de commentaires spĂ©cifiques sur la question de la programmation militaire en tant que telle des des des moyens militaires de l'État. Vous vous avez je pense posĂ© ces questions Ă  la ministre des armĂ©es qui est beaucoup plus compĂ©tente que moi sur cette disposition lĂ . cette dimension lĂ .

Je voudrais appeler votre attention, monsieur le le dĂ©putĂ©, sur le fait que quand nous avons rĂ©flĂ©chi Ă  l'Ă©tat de situation de sĂ©curitĂ© nationale, nous avons en tĂȘte la question y compris potentiellement des outresem et j'appelle Ă  votre attention que cet Ă©tat, cet article est activable sur tout ou partie du territoire national. Autrement dit, nous sommes susceptibles, pourquoi pas d'utiliser ce dispositif lĂ  de façon Ă  adapter nos nos moyens de rĂ©agir rapidement Ă  des crises qui montent sur ces territoires spĂ©cifiques avec leur spĂ©cificitĂ© en terme d'exposition Ă  la menace, en terme d'Ă©longation, en terme de de de difficultĂ©s de projection de moyens pour prendre en compte l'ensemble de ces spĂ©cificitĂ©s d'outre. Et et si vous me le permettez, monsieur le le dĂ©putĂ©, parce que j'ai j'ai pas prĂ©sentĂ© mes mes collaborateurs qui sont ici avec moi, mais j'ai Ă  mes cĂŽtĂ© le prĂ©fet Xavier BruntiĂšre qui est le directeur de la direction protection et sĂ©curitĂ© de l'État et qui si s'il en Ă©tait besoin est un de nos garant de l'attention que nous prĂȘtrons dans la durĂ©e Ă  la question spĂ©cifique des outremĂšres et du besoin de protection de cette partie du territoire national qui est exposĂ© Ă  une menace de sĂ©curitĂ© nationale hybride tout Ă  fait spĂ©cifique.

Merci monsieur le secrétaire général. Je passe la parole à présent à Natalia Pousirev pour le groupe Ensemble pour la République. Merci monsieur le président.

Monsieur le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, dans son discours de Brienne du 13 juillet 2025, le prĂ©sident de la RĂ©publique a dressĂ© un diagnostic de l'Ă©volution des menaces pesant sur la nation dĂ©crit dans la revue nationale stratĂ©gique, ce contexte dĂ©gradĂ© justifie une accĂ©lĂ©ration des efforts de la nation avec milliards d'euros supplĂ©mentaires nĂ©cessitant une actualisation de la LPM et son examen par le Parlement. Le chef de l'État prĂ©cise que ces efforts financiers et capacitaires doivent ĂȘtre pensĂ©s Ă  l'Ă©chelle du continent et Ă  l'Ă©ventualitĂ© d'un conflit majeur en Europe. De fait, l'Union europĂ©enne dispose de rĂ©navant d'un concept stratĂ©gique avec le plan RARM Europe ou prĂ©paration Ă  l'horizon 2030 ainsi que de multiples instruments de financement et de pour faciliter les dĂ©veloppements capacitaires et achats en commun.

Mais la défense collective de l'Europe repose d'abord sur l'OTAN, organisation opérationnelle qui s'appuie sur des plans régionaux et des cibles des cibles capacitaires à atteindre. Euh queles que soient les déclarations souvent intempestives du président Trump, l'OTAN a des fondations solides et c'est une alliance à laquelle nous, groupe EPR restons attachés. Pour les alliés européens, il s'agit d'augmenter les budgets alloués à la défense, mais aussi d'assumer davantage de responsabilités opérationnelles avec une européanisation de l'alliance qui qui va cheminer et qui a déjà débuté.

Cependant, la revue nationale stratégique américaine, la NSS dénote une évolution dans la perception des menaces. Euh la Russie étant qualifiée, je cite de menaces persistantes mais gérable et concernant essentiellement le flanc est de l'OTAN. Euh quel commentaires pouvez-vous apporter à cette potentielle dissonance de l'appréciation des menaces pesant sur le continent européen ?

Quelle est l'articulation entre cette LPM actualisée, l'horizon de préparation 2030 de l'Union européenne et l'atteinte des objectifs otaniens en terme de dépenses, les 3,5 % et de cible capacitaires ? Merci. Monsieur le secrétaire général, je vous en prie.

Merci beaucoup madame la dĂ©putĂ©e. La la question que que vous me posez lĂ  raisonne fortement chez le diplomate que je reste. Euh je voudrais y rĂ©pondre par si je puis me permettre par l'autre bout euh pour vous dire et et merci de votre question qui me permet peut-ĂȘtre de faire quelques points qui me semblent important vu de la place qui est la mienne aujourd'hui au SDN. ce dont nous sommes partis, si je puis dire, c'est le monde rĂ©el, c'est-Ă -dire les scĂ©narios dans lesquels nous pensons que des menaces hybrides pourraient se matĂ©rialiser de façon massive sur le territoire national.

Et nous sommes partis de ce besoin opérationnel, de l'effet que nous cherchions à produire ici en l'occurrence par le droit. Il y a une chose dont nous sommes convaincus, c'est que si ces scénarios, si ce scénario central de ce fameux paragraphe 112 devait se réaliser, nous ne serions évidemment pas seuls. Il est évident que la géographie, l'histoire aidant, [grognement] nous soyons probablement engagés dans une crise massive qui touchera une bonne partie du du continent européen.

En revanche, nous l'avons fait de façon parfaitement neutre et d'ailleurs vous le verrez dans les textes mĂȘme des articles du projet de loi de façon parfaitement neutre au regard des institutions. Euh c'est-Ă -dire que les dispositions qui vous sont prĂ©sentĂ©es dans ce projet de loi sont des dispositions que nous estimons opĂ©rationnelles, mobilisables, quel que soit le cadre dans lequel nous serions amenĂ©s Ă  intervenir. pour rester sur ces sujets qui ont Ă©tĂ© beaucoup traitĂ©s dans le cadre d'Orion 26.

Finalement, si nous sommes sur la premiÚre partie du scénario dans une crise qui suppose un déploiement d'une partie de force armée de nos partenaires européens et ou américains, quel qu'il soit d'ailleurs, mais la géographie de la France étant ce qu'elle est euh la géographie est comme disaient certain. Euh les conséquences sur le territoire national, les besoins de mobilisation du territoire national en soutien d'une opération euh logistique au profit de nos partenaires européens ou de nos alliés transatlantiques, finalement importe peu. Ce qui est ce qui importe en revanche, c'est pas le cadre dans laquelle dans lequel c'est cette cette crise serait gérée.

Ce qui importe, c'est que nous ayons les moyens matĂ©riels, techniques, opĂ©rationnel et juridiques. juridique de finalement ĂȘtre Ă  la hauteur de nos responsabilitĂ©s de de puissance en Europe. Et donc les dispositions qui sont lĂ  finalement, elles pourraient ĂȘtre utiles dans un cadre qui est celui d'une coalition de volontaire par exemple.

On parle beaucoup de coalition de volontaires aujourd'hui. Ces dispositions pourraient ĂȘtre parfaitement utiles dans un cadre qui est celui de l'Union europĂ©enne et ces dispositions pourra ĂȘtre parfaitement utile dans un cadre qui est celui de l'OTAN. Euh et finalement, vu de ma place, vu de l'endroit oĂč nous sommes, peu importe euh ce qui importe en revanche euh c'est que quel que soit le cadre d'engagement de nos forces ou quel que soit le cadre dans lequel nous aurions Ă  gĂ©rer une crise majeure de sĂ©curitĂ© nationale, nous ayons les moyens opĂ©rationnels, techniques et juridiques et juridiques d'ĂȘtre Ă  la hauteur de la solidaritĂ© que nous devons entre partenaires proches.

Et c'est ce que c'est ce que fait les articles qui vous sont proposĂ©s et qui encore une fois nous mettent en position, nous mettront demain en position d'ĂȘtre mieux armĂ© face Ă  des crises qui toucheraient non seulement la France mais probablement une bonne partie de l'Europe quel que soit le cadre institutionnel dans lequel nous serions amenĂ©s Ă  opĂ©rer. Merci. La parole est Ă  Bastien Lachot pour la France insoumise nouveau franc populaire.

Merci beaucoup monsieur le président, monsieur le secrétaire général. L'article 21 du projet de loi de programmation militaire entend créer un nouveau régime d'exception, l'état d'alerte de sécurité nationale. Sa portée paraßt considérable tant par les conditions de son déclenchement que par les pouvoirs qu'il conférerait à l'exécutif.

S'agissant des critÚres d'activation, outre l'hypothÚse d'une entrée en guerre de la France ou du déclenchement des accords de défense avec l'Union européenne et l'OTAN, le texte prévoit également son déclenchement en cas de menace grave sur la sécurité nationale ou sur la continuité des activités essentielles à la vie de la nation. Une telle formulation couvre un large champ des possibles de situations allant du terrorisme aux cyberattaques, voire à des menaces hybrides difficilement caractérisables et quantifiable. Quant aux effets de ce régime, ils sont particuliÚrement puissants.

Ils permettraient de restreindre les libertĂ©s publiques et d'Ă©largir les possibilitĂ©s d'enquĂȘte administrative. Il pourrait aussi faciliter des rĂ©quisitions, voire des contournements des procĂ©dures dĂ©mocratiques classiques au nom de l'urgence. Dans un contexte marquĂ© par la montĂ©e des menaces d'hybrides, le risque est celui d'une activation. large et durable de cet Ă©tat d'alerte Ă  l'image de ce que nous avons connu avec l'Ă©tat d'urgence aprĂšs les attentats de 2015 et les dispositions ont Ă©tĂ© depuis intĂ©grĂ© dans le droit commun par Emmanuel Macron.

DÚs lors, il est essentiel de se demander comment éviter que ce régime conçu comme exceptionnel ne devienne progressivement un outil ordinaire de gestion des crises contemporaines. Est-ce que par exemple il serait possible de l'activer en cas de cyberattaque de grande ampleur ? Je souhaiterais donc vous entendre sur deux points.

Quelle doctrine envisagez-vous pour encadrer strictement le déclenchement de cet état d'alerte et éviter toute interprétation extensive de ces critÚres et quelle garantie concrÚte jugez-vous nécessaire pour prévenir sa banalisation dans la durée ? Merci monsieur le secrétaire général. Merci beaucoup monsieur le député.

Je je vous posais diffĂ©remment la mĂȘme question sur la sur l'Ă©quilibre sur quel est quel est le bon Ă©quilibre finalement euh entre, je le redis hein, cette situation qui est intermĂ©diaire entre le temps de paix courant classique et puis l'activation de dispositifs d'exception proprement dit comme vous l'avez rappelĂ© monsieur le dĂ©putĂ© ce que sont l'Ă©tat d'urgence, l'Ă©tat de guerre mĂȘme ou la mobilisation, les articles sur La mobilisation nationale figure toujours dans le code de la dĂ©fense. Et donc ce que nous avons cherchĂ© Ă  faire, c'est d'imaginer au plus prĂšs de façon la plus proportionnĂ©e aux menaces hybrides auxquelles on serait confrontĂ©. Et les menaces hybrides, vous les connaissez, monsieur le dĂ©putĂ©, c'est celle que vous avez mentionnĂ©.

C'est tout ce qui concerne ces ces attaques qui sont susceptibles de venir impacter directement la continuité de la vie de la nation. Les garanties. Finalement, c'est ça la question que vous posez, que nous avons euh sur lesquelles nous avons réfléchi et qui vous sont soumises.

Euh elles sont de plusieurs nature. D'abord, la définition euh dans la beauté de du droit, c'est que c'est du français euh et euh la définition des conditions du déclenchement, euh menace grave et actuelle. Et donc il faudra démontrer, c'était l'une des critiques qui était faites tout à l'heure finalement, euh menace grave et actuelle, ça veut dire qu'il faut qu'on démontre sous le contrÎle du juge administratif que la menace est grave et actuelle.

Autrement dit, euh il y a un niveau de sĂ©vĂ©ritĂ© de la menace et un niveau euh de euh d'actualitĂ© de la menace qui nous empĂȘche d'utiliser ce dispositif de façon courante dans la vie ordinaire en dehors de prĂ©cisĂ©ment toute menace grave et actuelle. Euh les trois scĂ©narios dans lesquels euh tout ce tout cet ensemble est Ă©voquĂ©, c'est ceux qui sont euh listĂ©s dans les conditions de dĂ©clenchement qui ont fait l'objet de de discussion approfondie avec l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du Conseil d'État. Je je les reprends pas.

Ils sont listés hein, ces ces trois ces trois scénarios. Euh sur euh la menace grave et actuelle sur la sécurité nationale et la continuité de la vie de la nation, sur la question du soutien à des alliés dans une opération de coalition ou de la montée en puissance de nos forces vers la guerre. Tout ça, vous le savez, les garanties elles me semblent doubles.

D'abord, comme on est un Ă©tat de droit, c'est un dĂ©cret euh et il sera contestable devant le juge administratif Ă  tout moment. DeuxiĂšme garantie, je l'ai dit, je le redis et nous nous sommes posĂ©s cette question. Les dĂ©rogations qui seraient confiĂ©es Ă  la puissance administrative, Ă  l'État ne sont que de nature rĂ©glementaire.

D'ailleurs, nous avons eu un débat euh, monsieur le député, euh pour savoir s'il était nécessaire euh de prévoir dans le droit un dispositif qui permet au pouvoir réglementaire de déroger au pouvoir réglementaire. Nous avons dit oui parce que nous avons considéré qu'il était préférable en terme de transparence démocratique de faire ça à froid, à plat, de façon propre, avec une certaine solennité, avec un une certaine forme, un décret en conseil des ministres susceptible de recours pour excÚs de pouvoir devant le le juge administratif à tout moment. euh de ne pas prévoir d'autres dérogations que rÚglementaires.

Et donc on s'est autolimitĂ©, si je puis dire, 2e garantie, 3e garantie et Ă  mon sens la plus importante, c'est vous. euh c'est que euh ce rĂ©gime euh et ça a Ă©tĂ© critiquĂ© tout Ă  l'heure, il n'est que de 2 mois euh et donc il vous est soumis euh et donc il reviendra Ă  la reprĂ©sentation nationale de dĂ©cider de sa prolongation, ce qui me semble ĂȘtre l'une des garanties trĂšs fortes euh que il n'y aura pas de dĂ©rive antirĂ©publicaine de ce de ce rĂ©gime spĂ©cifique. En tout cas, c'est c'est cet Ă©quilibre lĂ  qui, je crois reflĂšte vos prĂ©occupations, monsieur le dĂ©putĂ©, que nous avons cherchĂ© Ă  inscrire dans la loi entre le besoin opĂ©rationnel d'adapter notre droit aux menaces qui nous sont imposĂ©es.

C'est pas nous qui choisissons nos menaces. Les menaces, elles nous sont imposées par nos adversaires. Nos adversaires décident des menaces qui sont susceptibles de porter atteinte à la continuité de la vie de la nation.

Et ça, on le subit. Mais en revanche, ce qu'on ne doit pas subir, c'est la façon dont on s'y adapte. Mais entre cette ce caractÚre opérationnel et l'ensemble des garanties de nature substantielle, de nature juridictionnelle et de nature parlementaire.

Et nous avons cherchĂ© Ă  trouver le bon Ă©quilibre. Euh je c'est une c'est une matiĂšre Ă©minemment politique et ce n'est pas le fonctionnaire que je suis qui va se mettre Ă  votre place ni Ă  celle du gouvernement. Je constate que cet Ă©quilibre lĂ  que nous avons cherchĂ© qui a Ă©tĂ© au cƓur de nos travaux a Ă©tĂ© jugĂ© par le gouvernement comme Ă©tant suffisant pour vous ĂȘtre prĂ©sentĂ©.

Et maintenant, je dirais que c'est à vous de définir euh ce que ce qu'est le bon équilibre, mais nous estimons que nous avons fait la part des choses, je dirais, entre le besoin de garantie et le besoin d'opérationnalisation. Merci monsieur le secrétaire général. La parole est à Isabelle Santiago pour le groupe socialiste et apparenté.

Merci monsieur le président, monsieur le secrétaire général, merci de vos propos. Petit quelques points que je vais aborder. Un tout d'abord sur les normes.

Je vais m'y intéresser. Je vous ai écouté avec attention. C'est des sujets que j'ai souvent porté sur la LPM dans les débats de 2023 mais là on vient juste d'avoir les documents.

Donc quand vous nous prĂ©cisiez article 21 22 23 et cetera, j'ai l'humilitĂ© de vous dire que je les ai pas lu. Et donc du coup comme j'ai cette franchise, j'ai beaucoup Ă©coutĂ©. Je vais lire avec attention mais voilĂ  de maniĂšre un peu concrĂšte on est quand mĂȘme dans un timing, on l'a dit, on a Ă©tĂ© plusieurs groupes Ă  le dire trĂšs compliquĂ© pour nous permettre d'avoir un dĂ©bat sur des sujets oĂč en plus parfois j'ai moi-mĂȘme portĂ© des sujets autour des normes.

Donc sujet qui va m'intĂ©resser mais dont je prendrai connaissance. Je vous fais dĂ©jĂ  confiance de toute maniĂšre pour ce qui a pu ĂȘtre fait avec les services. Mais cette LPM donc du coup qui Ă©tait une une actualisation en fait nous avions dĂ©jĂ  le dĂ©bat en 2023 autour de ce que nous sommes en train de faire y compris sur le plan budgĂ©taire.

Nous étions plusieurs groupes déjà à dire que de toute façon il fallait euh aller plus loin au niveau des marches et que le budget global euh serait euh évidemment celui que l'on voit aujourd'hui. Donc pour nous, c'est plutÎt une actualisation euh des débats que nous avions et puis en temps de crise, c'est de l'agilité qui était nécessaire. On la voit une accélération d'un monde en profonde mutation sur nos derniers débats depuis 2023 et la LPM.

On le voit que le calendrier est un facteur de temps précieux. Si on regarde ce qui se passe actuellement par exemple dans les D3 d'Ormous, on voit évidemment que une fois de plus la prospérité économique mondiale est un environnement sécuritaire mondial stable passe en grande partie par les flux maritimes et leur sécurisation. On voit aussi les répercussions euh ici sur nos territoires.

Donc j'en profite Ă©videmment pour saluer nos marins mais pour vous dire que ça a aussi des incidences sur ce que vous avez pu Ă©voquer sur la revue stratĂ©gique auquelle nous avions participĂ© et donc avoir votre avis sur ces sujets. Merci monsieur le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral. Je je ne peux qu'ĂȘtre d'accord avec vous madame la dĂ©putĂ©e.

La question que nous nous sommes posĂ© finalement, c'est est-ce que nous restons sur un champ extrĂȘmement spĂ©cifique de l'actualisation de la loi de programmation militaire finalement cantonnĂ© au domaine militaire oĂč est-ce que nous en faisons une forme de loi de transposition de mise en Ɠuvre de la revue nationale stratĂ©gique dans toutes ces dimensions ? Et vous le voyez, c'est la deuxiĂšme solution qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e. Moi, je m'en fĂ©licite.

Je je partage votre sentiment d'urgence sur le fait que l'adaptation aux crise est un Ă©lĂ©ment nĂ©cessaire et que ce qu'on voit aujourd'hui se dĂ©rouler au Moyen-Orient me semble ĂȘtre un argument supplĂ©mentaire. J'ai conscience des dĂ©lais trĂšs contraints qui sont les vĂŽtres et et je on fera tout ce qu'il faut pour vous soutenir et vous aider. Mais mais on est Ă  votre disposition.

Merci. La parole est à Damien Girard. Merci pour le groupe écologiste et social.

Excusez-moi, chers collÚgues. Merci monsieur le président, monsieur le secrétaire général. Chers collÚgues, le projet d'actualisation de la loi de programmation militaire vise à préparer notre pays à un horizon de menaces diversifiées offensives rustes à l'est de l'Europe.

Durcissement des opĂ©rations de renseignement, brutalisation des relations internationales, protection de notre souverainetĂ© Ă©conomique. Le texte prĂ©voit ainsi la crĂ©ation d'un rĂ©gime d'Ă©tat d'alerte de sĂ©curitĂ© nationale. qui permettrait au gouvernement d'accĂ©lĂ©rer la mise en Ɠuvre de dĂ©cisions stratĂ©gique et de lever temporairement un certain nombre de blocages rĂ©glementairies et administratifs, y compris en temps de paix.

Il est effectivement nĂ©cessaire de permettre Ă  l'État de s'adapter aux menaces hybrides dans un contexte de plus en plus incertain, mais nous ne devons pas se faisant renoncer aux valeurs de la RĂ©publique qui fondent prĂ©cisĂ©ment notre sĂ©curitĂ©. Dans ce cadre, le texte instaure un dispositif intermĂ©diaire permettant de dĂ©roger Ă  de nombreuses rĂšgles qu'il s'agisse du droit de l'environnement, de l'urbanisme, de droit du travail ou encore de la commande publique. Ce rĂ©gime prĂ©sente un avantage.

Il ne porte pas directement atteinte aux libertĂ©s individuelles et permet une mobilisation rapide de l'Ă©conomie. Mais ces effets sont potentiellement trĂšs larges. Les dĂ©rogations envisagĂ©es pourraient conduire Ă  un un affaiblissement des exigences environnemental dans un contexte oĂč celles-ci sont dĂ©jĂ  sous tension.

DÚs lors, une question se pose. Pouvez-vous nous démontrer que les gains de rapidité attendus ne le ne se feront pas au prix de coût environnemental potentiellement irréversible ? Par ailleurs, la possibilité pour le gouvernement de créer un régime d'exception sans validation ni contrÎle réel du Parlement pendant une durée pouvant aller jusqu'à 2 mois constitue un risque démocratique.

Elle pourrait s'apparenter Ă  un fait du prince comparable au rĂ©gime actuel d'autorisation des opĂ©rations extĂ©rieures oĂč le parlement intervient encore trop peu et trop tard dans le contrĂŽle de l'exĂ©cutif. Le rĂŽle du lĂ©gislateur est prĂ©cisĂ©ment de trouver un Ă©quilibre entre efficacitĂ© administrative et contrĂŽle dĂ©mocratique. Malheureusement, le temps qui nous est donnĂ©, les conditions qui nous sont faites pour en dĂ©battre sont problĂ©matiques.

Ça a Ă©tĂ© dit par beaucoup d'entre nous, mais j'insiste lĂ -dessus. Ainsi, considĂ©rez-vous que la rĂ©duction du dĂ©lai de 2 mois avant une autorisation parlementaire Ă  un mois voire 2 semaines constituerait rĂ©ellement un risque pour notre sĂ©curitĂ© nationale ? Je vous remercie.

Merci monsieur le secrétaire général. Monsieur le député. Merci beaucoup.

Je je ne peux que redire ce que j'ai dit dans mon propos introductif. Donc je suis trop bavard, j'ai conscience qu'il a été trop long. Mais que ce qui nous a animé, c'est exactement ce que vous dites de ce souci de préservation des équilibres républicains de nos institutions.

Euh certains, pas vous monsieur le député, mais d'autres nous ont dit ou nous dirons que de mois c'est pas assez. Euh et donc encore une fois, je ne peux pas répondre autrement que c'est l'équilibre que nous avons estimer le moins mauvais possible, si je puis dire, entre la nature des dérogations réglementaires dont nous estimions avoir besoin d'un point de vue rÚgl d'un point de vue opérationnel sur certain nombre de sujets, pas simplement d'environnement d'ailleurs, mais d'urbanisme, de code des marchés publics qui permettent d'accélérer dans un délai court de 2 mois. Euh et ce délais de 2 mois qui vous rend par pour le coup, je me permets de d'avoir euh si je peux me permettre cette audace de fonctionnaire euh une une légÚre divergence.

Je pense que rendre la parole au Parlement pour autoriser l'administration Ă  continuer encore une fois Ă  Ă  avoir des dĂ©rogations rĂ©glementaires au pouvoir rĂ©glementaire soumis au parlement. Euh il me semble que ce sont quand mĂȘme des garanties dĂ©mocratiques assez fortes et de sĂ©curitĂ© que nos concitoyens euh veulent aussi. Donc l'Ă©quilibre est Ă  trouver mais je suis assez d'accord avec la prĂ©sentation que vous faites.

Monsieur le secrétaire général. La parole est à Jeun ViÚv Darios sec pour le groupe les démocrates. Merci monsieur le président, monsieur le secrétaire général.

Bon je suis un peu comme mes collÚgues, j'ai pas pu tout lire. euh dans un lapse de temps aussi court parce que nous l'avons pas eu nous n'avons pas eu nous n'avons pas eu de favoritisme dans ce domaine. En tout cas, moi je vous remercie de cette présentation et et je comprends bien la la l'équilibre qu'il faut trouver en en créant un cadre juridique adapté et on va dire pas allégé mais adapté à une situation de crise et en restant dans bien sûr on est dans un pays démocratique en restant dans l'éthique aussi que nous dont nous sommes euh responsables. [grognement][raclement de gorge] Donc je vous remercie de nous avoir détaillé tout cela.

Moi, je vais juste faire un commentaire sur les stocks stratĂ©gique ou un commentaire ou du moins poser des questions parce que je trouve ça trĂšs intĂ©ressant. Euh vous parlez en dehors du code de l'Ă©nergie, en dehors du code de la santĂ© publique, donc la constitution de ces stocks stratĂ©giques avec des opĂ©rateurs d'importance vitale qui ne sont pas dĂ©terminĂ©s dans ce texte mais qui mĂ©riterontje ça mĂ©ritera quand mĂȘme que l'on ait euh sans avoir euh quelque chose de de fermĂ© parce qu'il faut toujours pouvoir s'adapter mais que ça reste quand mĂȘme qu'on ait des grandes orientations sur les domaines. Mais je je suis un peu je suis un peu Ă©tonnĂ©e de ce que je lis lĂ .

Les stocks stratĂ©giques, ils ne peuvent pas excĂ©der 6 mois. Tout est fixĂ© par une autoritĂ© administrative qui va mĂȘme jusqu'Ă  donner l'obligation de rĂ©approvisionner. Enfin bon, on a l'impression que on a créé quelque chose mais qui est trĂšs contraint avec une un contrĂŽle administratif.

VoilĂ , donc important euh sur ces stocks stratĂ©giques et qu'en plus l'État ne finance pas si je comprends bien le le texte. Euh voilĂ , donc j'aurais besoin de quelques euh clarifications sur sur ce sujet des stocks. Merci monsieur le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral.

La parole est Ă  vous. Peut-ĂȘtre juste euh deux remarques. Deux remarques.

La la premiĂšre, c'est que et madame la ministre, vous vous le savez, une partie de ces sujets-lĂ  sont en fait classifiĂ©s. Euh et donc les opĂ©rateurs d'importance vitale, les biens stratĂ©giques, les biens vitaux qui sont nĂ©cessaires Ă  la continuitĂ© de l'activitĂ©, mĂȘme la liste euh des opĂ©rateurs d'importance vitale est est classifiĂ© en elle-mĂȘme. Et donc je ne peux que vous appeler Ă  Ă  Ă  la prudence dans la façon dont vous aborderez ce sujet parce que sauf dans un environnement classifiĂ© oĂč on pourra potentiellement avoir des discussions, on sera nous contraint du cĂŽtĂ© de l'État par le besoin de ce qu'on voit hein, c'est-Ă -dire de ne pas donner Ă  nos adversaires trop d'indications sur ce que sont les biens qu'il faudrait stocker et donc ne pas trop contraindre le champ dans lequel nous nous envisageons de garantir la continuitĂ© de la vie de l'État de la nation et oĂč par ailleurs l'Ă©volution des technologies de notre environnement fait que on sait qu'on va pas repasser tous les jours devant le parlement.

Donc c'est des dispositions lĂ©gislatives lourdes que nous vous proposons et donc il faut garder je pense un peu de de souplesse. On a essayĂ© lĂ  aussi de de trouver les meilleures garanties qu'on pouvait euh et ce qui vous apparaĂźt comme des contraintes administratives. Nous les avons pensĂ©s comme des Ă©lĂ©ments de garantie au profit des opĂ©rateurs d'importance vitale pour ne pas leur faire subir des charges indu dans un environnement oĂč comme vous l'avez dit on a dĂ©cidĂ© de pas proposer de rĂ©gime d'indemnisation systĂ©matique et complet.

Donc c'est cet équilibre là aussi que nous avons cherché à trouver. Merci monsieur le secrétaire général. Mes chers collÚgues, il nous reste deux questions individuelles et nous allons commencer par Franck Gilletti.

Merci monsieur le président, monsieur le secrétaire général. Depuis la rédaction de la RNS, les faits se sont imposés avec une brutalité que nul ne peut désormais ignorer. La guerre de haute intensité s'est installée durablement en Europe.

Mais au-delà, la situation au Moyen-Orient avec ses risques d'embrasement régional, ses logiques d'escalade et ses conséquences directes sur notre propre sécurité, terrorisme, flux migratoire, tension énergétique doit nous alerter avec la plus grande gravité. Nous ne sommes plus dans l'anticipation mais dans l'épreuve du réel. La LPM a été présentée comme un effort historique, mais chacun ici sait qu'elle est en réalité à peine suffisante pour réparer des années de sous-investissement.

Nos armĂ©es font preuve d'un engagement et d'un professionnalisme exemplaire, mais elle reste contrainte sous tension avec des capacitĂ©s comptĂ©es, des stocks plus que limitĂ©s et une BTD qui peine encore Ă  changer d'Ă©chelle. DĂšs lors, ma question est simple. La RNS dont vous avez Ă©tĂ© l'un des principaux architectes doit-elle aujourd'hui ĂȘtre dĂ©passĂ©e non pas dans ses constats, mais dans le niveau d'ambition qu'elle fixe Ă  notre pays ?

Car enfin, pouvons-nous encore nous contenter d'une logique d'adaptation progressive quand le monde lui bascule dans une logique d'affrontement accélérée ? Ne devons-nous pas, au contraire assumer un véritablement un véritable changement de braquet ? Je vous remercie.

Merci. La parole est à Catherine Rabert. Merci monsieur le président, monsieur le secrétaire général.

Donc moi, je souhaite vous interroger sur un sujet crucial, la continuitĂ© effective de l'État en situation de crise majeure. Vous l'avez dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© tout Ă  l'heure. [grognement] Les conflits contemporains, qu'il soi hybrides, cyber ou de haute intensitĂ©, visent directement la dĂ©sorganisation des fonctions vitales de la nation au-delĂ  du seul chambre militaire.

Dans ce contexte, la solidité de nos dispositifs interministériels, leur capacité à fonctionner en mode dégradé et à assurer la permanence de la décision publique deviennent un enjeu central. Par conséquent, à ce stade, la France dispose de tel de moyens pleinement opérationnels permettant d'assurer la continuité des fonctions exécutives et de commandement en cas d'attaque affectant à la fois les réseaux numériques et les chaises de et les chaßnes pardon de décision. Et si des lacunes subsistent, seront-elles traitées dans cette LPM avec des objectifs contraignants et vérifiables ?

Je vous remercie. Merci monsieur le secrétaire général. La parole est à vous.

Merci beaucoup monsieur le prĂ©sident. Monsieur le dĂ©putĂ©, je fais partie de ceux qui pensent que une fois qu'on s'est donnĂ© des stratĂ©gies, le plus important c'est de les mettre en Ɠuvre. Euh l'annĂ©e 2025 nous a vu successivement Ă©laborer avec vous euh une revue nationale stratĂ©gique, une stratĂ©gie nationale de lutte contre les manipulations de l'information, une stratĂ©gie nationale de cybersĂ©curitĂ©, une stratĂ©gie nationale spatiale, une stratĂ©gie nationale de rĂ©silience, un guide tous responsables, un plan d'action sur l'Ă©valuation des questions de sĂ©curitĂ© nationale liĂ©e Ă  l'intelligence artificielle.

Je pense que j'ai à peu prÚs fait le tour et donc maintenant je pense que l'enjeu qui est devant nous, le vrai changement de braquet, c'est de faire ce qu'on a dit. Le vrai changement de braquet, c'est de prendre au sérieux ce que nous avons écrit dans ces revues. Et si vous relisez la revue nationale stratégique, je pense qu'elle est extraordinairement lucide dans ces constats et extraordinairement ambitieuse dans ces dispositions.

Et la troisĂšme partie, cette fameuse 3Ăš partie sur les voies et moyens, si nous faisons tout ce que nous avons dit que nous devions faire pour ĂȘtre prĂȘt au scĂ©nario central dans les quelques mois ou annĂ©es qui viennent, je pense que c'est ça le vrai changement de braquet. Et donc plutĂŽt que de se refaire des exercices stratĂ©giques tous les ans, je pense que en tout cas c'est les orientations que j'ai donnĂ© aux Ă©quipes du HGDSN maintenant que les stratĂ©gies sont claires, que notre ligne directrice nous a Ă©tĂ© fixĂ©e et Ă  laquelle vous avez puissamment contribuĂ©, notre responsabilitĂ© Ă  nous du cĂŽtĂ© de de l'État et des administrations, c'est d'ĂȘtre entĂȘtĂ© dans la mise en Ɠuvre opĂ©rationnelle et d'aller au bout de ce que nous avons dit. Et je pense que c'est lĂ  que se situe le vrai changement de braquet sur la question des continuitĂ© d'activitĂ©.

Je vais pas je vais pas parce qu'on on n pas le temps mais revenir en dĂ©tail sur tout ce qui existe aujourd'hui. Euh et donc ce qu'on vous prĂ©sente dans cette actualisation de la loi de programmation militaire, c'est les seules dispositions de nature lĂ©gislative dont nous avons estimĂ© que le droit existant ne suffisait pas. Euh autrement dit euh pour les opĂ©rateurs d'importance vitale, pour les administrations de l'État, vous avez toute une sĂ©rie d'obligations aujourd'hui qu'on appelle les par exemple les plans de continuitĂ© d'activitĂ© euh par lesquels euh chaque administration de l'État, nous y compris devons dĂ©montrer euh que nous sommes capables de continuer en environnement trĂšs dĂ©gradĂ© Ă  offrir un certain niveau de services qui sont dans dĂ©finis dans le cadre de nos responsabilitĂ©s.

Tout ça ensuite est Ă©videmment classifiĂ© parce qu'on va pas expliquer Ă  nos adversaires comment on va garantir la continuitĂ© des fonctions essentielles de l'État. [grognement] Mais le SGDSN a a cette tĂąche qui lui est confiĂ©e par le code de de la dĂ©fense que de veiller Ă  ce que la les plans de continuitĂ© d'activitĂ© notamment du cĂŽtĂ© de l'État et Ă  ce que la planification de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© nationale soit Ă  la Ă  la hauteur de la menace. On est toujours perfectible.

Madame la dĂ©putĂ©, nous avons clairement conscience dans les Ă©quipes du SGDSN qu'on a encore beaucoup Ă  faire, [grognement] mais en tout cas, c'est toute une sĂ©rie d'obligations qui sont d'ors et dĂ©jĂ  prĂ©sentes. Et pour le reste, la rĂ©silience comme on dit des notamment des opĂ©rateurs d'importance vitale, c'est prĂ©cisĂ©ment Ă  cela que vise un certain nombre de de disposition lĂ©gislative du texte qui vous est soumis et notamment dans ces articles 6, 14 ou 21 qui pour les OIV visent Ă  complĂ©ter un certain nombre d'obligations et aller plus loin que le droit existant. On l'a fait en on a dĂ©jĂ  beaucoup ne faisons pas croire dans ces quelques articles de l'ALPM que le droit existant n'est pas dĂ©jĂ  fort et et et garant de la continuitĂ© de de la vie de la nation et en particulier de la continuitĂ© de l'État.

Merci beaucoup monsieur le secrétaire général pour ces réponses nourries, cette présentation nourrie et effectivement maintenant reste à l'ensemble des acteurs à s'approprier tout ça aussi. Et ça nous le nous en nous veillerons à ça nous aussi parlementaires sur le terrain dans nos départements que la RNS soit approprié par tous par tous les acteurs. Merci mes chers collÚgues.

Euh à demain pour la continuation de nos travaux. Bonne soirée.