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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 24 octobre 2025 8 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sport

Un nouveau bâtiment plus vaste pour la fondation Cartier, "une obligation" face à la fréquentation

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  • 2:21InvitéFait
    « Il fallait au moins ça, quelque chose d'aussi grand que ça ? »
  • 4:45InvitéPromesse
    « Là, je ne suis pas du tout d'accord avec vous »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Présentateur29 %

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0:00
Présentateur

6h20, le premier invité de cette matinale.

0:02
Invité

France Inter, Marion Lourd, le 6-9.

0:10
Présentateur

Et le premier invité de France Inter et directeur général de la Fondation Quartier pour l'art contemporain qui ouvre un nouvel espace à Paris. Bonjour Chris Dercon.

0:18
Invité

Bonjour.

0:19
Présentateur

La Fondation Quartier, c'est donc ce musée dédié à l'art contemporain qui a toujours ouvert son espace à l'art différent, l'art des marges, les indiens Yanomani, le rock, le graphe, Jean-Paul Gauthier, Agnès Varda, le dessinateur Meubius, j'en passe récemment l'artiste Ron Mueck et ses sculptures monumentales dédiées au corps humain. C'est un musée qui se trouvait à Paris, dans le quartier de Montparnasse depuis plus de 30 ans et qui déménage donc près du Louvre. Pourquoi ce choix ?

0:45
Invité

C'est le troisième chapitre de l'histoire qui commence il y a maintenant déjà 41 ans. Le président et le fondateur de la Fondation Quartier pour l'art contemporain, Alain Dominique Perrin, il avait décidé qu'à un certain moment il fallait quand même élargir parce qu'il y avait des expositions comme Les Arbres ou bien Olga de Amaral qui ont connu un tel succès, 200 000, 300 000, 400 000 spectateurs que les espaces étaient devenus trop petits et évidemment on a rassemblé depuis 41 ans une collection vaste et très très riche. On a l'obligation de montrer cette collection au public, à un public clair-rache. D'ailleurs, nous ne sommes pas un musée parce qu'un musée c'est un statut spécifique.

On aimerait bien être un musée, mais il faut faire attention d'utiliser le nom, la dénomination musée comme ça. Nous sommes très contents d'être une fondation pour l'art contemporain, d'être une institution, un espace d'art qui montre en fait des objets et des artistes entre les disciplines. Vous avez donné déjà quelques exemples et c'est ça qui fait l'unicité, l'unique, l'identité aussi de la fondation quartier pour l'art contemporain.

2:02
Présentateur

Alors il faut décrire ce nouvel espace, donc comme l'ancien il est signé par l'architecte Jean Nouvel, là c'est un bâtiment haussmannien, donc proche du Louvre, et il y a un grand travail sur la transparence et puis des espaces avec des plateformes mobiles pour s'adapter à tous les types d'expositions. 8500 mètres carrés, effectivement c'est grand. Il fallait au moins ça, quelque chose d'aussi grand que ça ?

2:23
Invité

Absolument, parce que nous avons quand même, comme je l'avais dit, une collection qui est vaste, mais aussi une collection qui est assez différenciée. Il n'y a pas uniquement des dessins ou de la photographie, il y a aussi des objets qui ont un certain volume. Je pense à des objets, des designs, des architectes, pas des maquettes, mais vraiment des constructions. Et donc là, il fallait aller ailleurs. Et ce qui est très intéressant, c'est que Jean Nouvel, c'est quelqu'un qui s'intéresse pour l'histoire et le contexte d'un bâtiment. Et il se trouve que juste en face du Louvre, il y avait, au milieu du 19e siècle, il y avait le plus grand hôtel de l'Europe.

A l'intérieur, il y avait un concept store, un salon de la modernité qui avait tellement de succès. Cet salon de la modernité est devenu les grands magasins du Louvre. Et ce qui est absolument typique, c'est que la mobilité de la ville moderne qu'on peut constater dans les tableaux impressionnistes comme Caillebotte se retrouve aussi à l'intérieur. Il y avait des ascenseurs, il y avait aussi même un petit trambouet. Et donc Jean Nouvel a joué, ou bien a interprété cette question de mobilité du 19e avec l'histoire de l'architecture dynamique. Il faut penser à Jean Prouvé, à la maison du peuple, à Clichy. Et donc il a continué en tradition.

Et le Louvre des Antiquaires nous a donné la possibilité de creuser parce que le Louvre des Antiquaires a complètement ruiné l'espace de l'intérieur. L'extérieur c'est un monument, c'est de l'héritage architectonique formidable, mais à l'intérieur, heureusement, on pouvait faire ce qu'on voulait. Et donc Jean Nouvel a construit un espace dynamique qui joue avec cette idée de mobilité du 19e et aussi avec l'histoire de l'architecture dynamique, une architecture qui bouge, qui est stressée, mais qu'on connaît depuis les années 20, 30, 40. Et le centre Pompidou, c'est un autre exemple de cette architecture dynamique.

4:27
Présentateur

Mais il y a une question quand même sur le choix de ce quartier, parce que quelle place elle peut avoir, la fondation quartier, dans cet arrondissement qui est plutôt dédié à la culture historique, patrimoniale, avec principalement le Louvre, la comédie française, et puis un quartier où l'offre culturelle est déjà énorme, alors qu'à Montparnasse, il y avait peut-être un peu moins de ça.

4:45
Invité

Là, je ne suis pas du tout d'accord avec vous, parce qu'il y a beaucoup d'expositions aussi de l'art contemporain et des disciplines contemporaines qui se trouvent autour de la rue de Rivoli.

4:57
Présentateur

Donc vous ne rentrez pas dans le rang, si j'ose dire ?

4:58
Invité

Pas du tout, parce qu'il y a la bourse de commerce, il y a aussi le jeu de pommes, il y a aussi le musée des arts décoratifs, il y a même des expositions expérimentales au sein du Louvre, parce que Laurence Descartes n'arrête pas de dire, écoutez, si on veut être le Louvre, ça veut dire que l'art moderne et l'art contemporain déservent aussi une place. Et on ne peut pas accuser la comédie française qu'elle joue seulement un rôle historique, n'est-ce pas ?

5:27
Présentateur

Et vous n'allez pas... L'objectif, c'est de tripler le nombre d'entrées, puisque vous allez être effectivement plus grand, avoir peut-être plus de passages aussi de touristes, mais au fond, est-ce qu'on ne délaisse pas un quartier qui manque peut-être un peu d'offres culturelles pour aller dans un endroit où il y en a déjà beaucoup ?

5:47
Invité

On a beaucoup, beaucoup aimé de pouvoir travailler Boulevard Aspail, dans un bâtiment au-delà d'iconique, parce que c'est un bâtiment vraiment formidable, expérimental, à côté de la Fondation Giacometti, à côté des ateliers des artistes comme Severini, avec un jardin formidable, mais on a aussi une obligation vis-à-vis le public qui veut voir en masse, oui, en masse, les expositions de Boulevard Aspail. Qui avait pensé que pour une exposition d'un architecte, artiste textile colombien, Olga Di Amaral, avec un architecte libanais, Eslina Gauthemé, qu'il y avait des gens qui ont réclamé des places, on ne pouvait pas les donner.

Mais on a aussi besoin de l'espace pour raconter l'histoire de la Fondation Cartier pour l'art contemporain, parce que la collection est complètement basée sur l'histoire des expositions.

6:40
Présentateur

Un petit mot simplement sur l'actualité récente, parce qu'il y a eu ce cas au musée du Louvre, où il y a des bijoux qui ont été volés, où la directrice du musée, Laurence Descartes, a reconnu qu'il y avait eu des failles de sécurité. La Fondation Cartier, la nouvelle, elle est bien protégée ?

6:52
Invité

Elle est très bien protégée.

6:54
Présentateur

Vous en êtes certain ?

6:55
Invité

Je suis certain. D'ailleurs, il faut, je pense, faire attention, si on parle du vol de Louvre, ce n'est pas du tout une fatalité, je l'avoue, mais ça peut arriver tous à nous. Ça m'est arrivé aussi quand j'étais directeur à Rotterdam. Et il faut maintenant bien entourer la présidence et son équipe, avec le personnel et avec la politique, parce qu'elle a toujours réclamé qu'il fallait investir, investir, investir. Et s'il y a quelqu'un qui peut surmonter cet incident, c'est Laurence Descartes.

7:27
Présentateur

Chris Dercon, directeur général de la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain. Nouvel espace, je le disais, rue de Rivoli à Paris. L'Ours est pour demain. Exposition inaugurale qui met à l'honneur, vous le disiez, toute la collection de la Fondation, près de 600 œuvres, plus de 100 artistes. Ça s'appelle Exposition Générale. C'est vraiment à voir que vous soyez. Parisien, deux passages pour les vacances. Courrez-y. C'est à partir de demain, c'est jusqu'au 23 août 2026. Merci Chris Dercon d'être venu sur Unter. Merci beaucoup.

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