Mélenchon : la colère qui coûte cher ? - C à Vous - 18/10/2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:07OuverteÉludée
Qu'un député chef de parti comme Jean-Luc Mélenchon s'oppose violemment à une perquisition à son domicile, c'est une chose.
- 1:03OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on confie le pouvoir à une personnalité aussi émotive ?
- 1:56OuverteRéponse directe
Jean-Luc Mélenchon a été entendu pendant cinq heures par la police anticorruption dans les locaux de la PJ de Nanterre.
- 9:36RelanceÉludée
Quand il se moque ouvertement de l'accent méridional d'une journaliste de France 3, qu'est-ce que ça veut dire ?
- 10:19RelanceÉludée
Quelqu'un a-t-il une question formulée en français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« Personne ne me touche. Ma personne est sacrée. Je suis parlementaire. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Ces gens de bonne compagnie et bien élevés, qui n'ont jamais été perquisitionnés, se demandent pourquoi j'étais ému, pourquoi j'ai pu parler aussi fort. »
- 5:22Invité politiqueFait
« Tout ça est ridicule. M. Macron, il est temps de rembobiner votre film. Tout ça est raté. La manœuvre est complètement ratée. »
- 8:22Invité politiqueFait
« Et tout le PIC, que j'ai été l'objet d'un abus de pouvoir, d'un abus de pouvoir caractérisé par un pouvoir politique aux abois. »
- 10:11Invité politiqueFait
« Non, non, madame, vous ne savez pas de quoi vous parlez. Mais si vous... Non, vous dites n'importe quoi. »
Temps de parole
- Invité29 %
- Invité 225 %
- Invité 318 %
- Jean-Luc Mélenchon11 %
- Présentateur6 %
- Invité 43 %
- Invité 53 %
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L'outrance à la une du Parisien ce matin, libération titrée d'hier sur l'éclat de trop de Jean-Luc Mélenchon qui s'est opposé mardi à une perquisition dans les locaux de son parti, tentant d'enfoncer la porte, gardée par un officier, bousculant ostensiblement le procureur chargé de superviser l'opération. Une colère qui lui a valu l'ouverture d'une enquête pour violences contre dépositaires de l'autorité publique. Cinq heures d'audition cet après-midi et des commentaires perplexes.
Qu'un député chef de parti comme Jean-Luc Mélenchon s'oppose violemment à une perquisition à son domicile, c'est une chose.
Personne ne me touche. Ma personne est sacrée. Je suis parlementaire.
La République, c'est moi ! Que ce même député des Bouches-du-Rhône se moque de l'accent du sud d'une journaliste. Et alors, qu'est-ce que ça veut dire ? On est une autre. Mais quel mépris ! Jean-Luc Mélenchon continue d'occuper l'espace médiatique. Quel Jean-Luc Mélenchon ? Les policiers de Nanterre verront-ils ce matin ? Le chef des Insoumis est arrivé ce matin à l'Office central de lutte contre la corruption. Tout sourire, visiblement soucieux de se montrer enjoué et détendu. Ça fait longtemps que vous m'attendez, je parie. Est-ce qu'on confie le pouvoir à une personnalité aussi émotive ? Cette façon de casser les codes de la bienséance politique rappelle Donald Trump.
Pour en parler ce soir, les éditorialistes d'Europe 1 et de France Inter, Jean-Michel Apathy et Thomas Le Grand. Bonsoir, Jean-Michel Apathy. Bienvenue sur le plateau de cet avou.
Alors, ce n'est pas la première colère de Jean-Luc Mélenchon. Ce ne sera sûrement pas la dernière. Mais celle-ci pourrait lui coûter cher pour son image personnelle de présidentiable, puisque cela reste son ambition. Et c'était le sens de votre édito ce matin, Jean-Michel Apathy, sur Europe 1. Est-ce que vous laisseriez les codes nucléaires à quelqu'un qui ne sait pas tenir ses nerfs ? Mais coûter cher aussi à sa stratégie de rassemblement à gauche. On l'a commenté ce week-end, au moment où deux personnalités du PS viennent de se rapprocher des insoumis, Emmanuel Morel et Marie-Noëlle Lindemann. D'abord, les déclarations de la journée, parce qu'elles sont intéressantes.
Jean-Luc Mélenchon a été entendu pendant cinq heures par la police anticorruption dans les locaux de la PJ de Nanterre. Et élément de défense nouveau, avant son audition, sans doute pour montrer qu'il se rend bien compte, enfin, en tout cas, que son image peut être atteinte par son épisode, que son caractère peut être questionné. Jean-Luc Mélenchon tire argument de l'épisode pour dire, en quelque sorte, « Voyez, ce que j'ai démontré dans les locaux de mon parti, c'est ma singularité et ma sincérité. » Regardez cet extrait.
« Ces gens de bonne compagnie et bien élevés, qui n'ont jamais été perquisitionnés, se demandent pourquoi j'étais ému, pourquoi j'ai pu parler aussi fort. Eh bien, je recommencerai autant de fois qu'il le faudra, parce que je suis fait de ce bois-là, que voulez-vous ? Je ne suis pas de leur monde, je ne suis pas de leur société, et quand je suis en colère, ça se voit. Comme je suis ému, ça se voit, et je ne cherche pas à le cacher.
La sincérité, je ne suis pas de leur monde, je ne suis pas de ce monde. » Jean-Michel. De quel monde est-il ? Jean-Luc Mélenchon, sénateur à 34 ans, a paratchique toute sa vie. De quel monde est-il ? Où a-t-il été fabriqué, sinon dans un parti politique ? D'où vient-il, Jean-Luc Mélenchon ? Le problème d'un responsable politique, c'est dur de faire de la politique, on le sait tous, c'est de savoir affronter des situations inattendues avec sérénité, pour garder le cerveau calme, pour prendre les bonnes décisions. Mardi, il a complètement emmerdé. Il essaie de récupérer aujourd'hui en disant, je ne suis pas de votre monde. De quel monde est-il ? Thomas Le Grand.
Évidemment, il veut être anti-système, c'est la grande mode depuis quelques années, il veut être anti-système. Et là, je pense qu'il se trompe, parce que la façon dont il veut être anti-système est forcément contre-productive. Il prend exemple, à mon avis, sur Trump. Trump casse les codes de la bienséance politique. Trump ne dit pas ce qu'il faut. Il est anti-système. Il est anti-système, il ne veut pas avoir l'air d'un homme d'État, et même dans sa façon de mener sa diplomatie, il n'utilise pas les bons codes, les bons mots. Vous croyez qu'il prend un exemple ? C'est vous qui le rapprochez de Trump.
Non, non, je pense qu'il considère que comme Trump, il considère comme Trump, alors prend-il l'exemple sur lui, je ne sais pas, il s'inspire, en tout cas il fait la même chose, c'est-à-dire qu'il casse les codes. Sauf qu'il n'a pas l'air d'un homme d'État. Trump n'a pas l'air d'un homme d'État et ça plaît aux Américains, parce que le petit blanc américain n'aime pas Washington, n'aime pas l'État. Alors que l'électeur populaire français que Jean-Luc Mélenchon veut récupérer, il n'aime pas ceux qui sont à la tête de l'État, mais il aime l'État, il demande à l'État.
Et donc, c'est un petit peu comme, et vous l'avez dit ce matin, parce que je vous ai réécouté après, on ne peut pas vous écouter en direct, on est en même temps. Mais c'est un petit peu comme Marine Le Pen pendant le débat, où elle veut casser les codes à un moment où il faut qu'elle apparaisse comme une femme d'État. Et l'État en France, c'est important. Et aujourd'hui, hier, avant-hier, il n'est pas apparu comme un homme d'État. Il est peut-être apparu comme un homme sincère, peut-être apparu comme un homme révolté, indigné. Et ça peut plaire à beaucoup de monde.
Ça peut plaire à beaucoup de monde pour des élections européennes, ça peut plaire à beaucoup de monde pour un premier tour, mais pour choisir un président pour l'État, et la France, c'est l'État. Et la République, c'est moi, bon. La France, c'est l'État. Et ça, je crois que c'est très important. Alors ça, c'est le caractère et c'est la présidentiabilité, en quelque sorte. Maintenant, il y a l'autre aspect de l'argumentation de Jean-Luc Mélenchon. Cette fois, c'était après son audition, à la sortie des locaux de Nanterre, sur le mode de la dénonciation du traquenard, de la machination, de l'opération orchestrée au sommet de l'État.
Tout ça est ridicule. M. Macron, il est temps de rembobiner votre film. Tout ça est raté. La manœuvre est complètement ratée. Au départ, ça devait être... Le remaniement est fait. Et puis, le magnifique Jupiter apparaît à la télé. Et le lendemain, Mélenchon passe pour un escroc, parce qu'il a été perquisitionné. J'ai cassé l'encerclement. J'ai fait, par une mesure typique du XXIe siècle, un live Facebook qui a permis à tout le monde de se rendre compte. Mes amis sont rassemblés. Enfin bon, bref, la manœuvre de M. Macron est ratée. Oui, c'est un traquenard. C'est une opération de police politique.
Mais dans cette affaire, si vous voulez, le seul qui a de mauvaise foi, c'est celui qui donne les ordres. C'est pas que ceux qui les exécutent.
Alors ça, c'était ce qui a conduit à votre édito de ce matin, Thomas Legrand. Le complotisme. C'est du pur complotisme. D'abord, je remarque que c'est assez amusant. Il décrit sa stratégie pour avoir l'air plus malin. Bon, c'est quand même assez amusant. Mais c'est du complotisme. Et tous les hommes politiques, tous les hommes politiques qui sont confrontés aux affaires font ça. C'est-à-dire, ils disent... Évidemment, ça arrive à un moment clé. C'est toujours un moment clé. Avant les élections, après les élections, avant un remaniement, après un remaniement. C'est avant la Toussaint. Et là, c'est avant la Toussaint, évidemment.
Non, c'est juste après le remaniement, il fallait montrer qu'eux. Alors qu'évidemment, c'est pas du tout le cas. Ça gâche même le petit effet qu'aurait pu avoir le remaniement. Et je pense pas du tout que l'exécutif ait envie de se passer de cet opposant excellent pour eux. Donc c'est pas du tout l'exécutif qui a... Ou le Premier ministre ou le Président qui a demandé à un juge. Parce que ça ne se passe pas comme ça. Ça ne se passe plus comme ça. Pas parce que l'exécutif d'aujourd'hui est plus vertueux que ceux d'avant. Mais simplement, les temps ont changé. Il y a des contre-pouvoirs plus puissants. Il y a de la transparence. Donc là, je pense qu'il y a du complotisme et du complotisme.
Et je trouve que c'est grave parce que Jean-Luc Mélenchon a une grande vertu. En 2017, il a ramené beaucoup de jeunes, notamment, qui étaient éloignés de la politique, à l'intérêt de la chose publique, à la citoyenneté. Ils ont parlé de choses de fond, parce que pendant une campagne présidentielle, on parle aussi de fond. Et donc, il y a beaucoup de jeunes qui le croient et qui pensent que ce qu'il dit est vrai. Il y a une responsabilité. Et donc, il a une responsabilité dans la dégradation du climat politique et dans l'esprit de citoyenneté. Jean-Michel ? Juste, j'ai cassé l'encerclement. C'est le Napoléon de notre temps.
Le grand stratège qui a défait l'armée ennemie en fonçant vers le centre et en enfonçant la ligne de M. Macron. Et il y a un autre élément de stratégie qu'il a décrit, toujours à Nanterre, cet après-midi. Une forme de pied de nez aux journalistes. Vous me guettez affaibli. Mais l'opération se retourne contre ces auteurs. Et c'est à moi que vous offrez une tribune et de la publicité. On écoute cet extrait.
On a voulu m'atteindre, me ridiculiser peut-être, m'intimider, moi et mes amis. Et qu'est-ce qui se passe ? C'est le contraire. Vous êtes obligés de passer une journée entière à m'attendre. Et écoutez ce que je vous dis ce soir. Et tout le PIC, que j'ai été l'objet d'un abus de pouvoir, d'un abus de pouvoir caractérisé par un pouvoir politique aux abois. Je peux vous dire que des scènes comme celles que nous sommes en train de vivre, de vivre, signalent que la fin du quinquennat est commencée.
La fin du quinquennat est commencée. Moi j'ai un constat et une hypothèse. D'abord Jean-Luc Mélenchon ne s'aide pas d'un pouce. Là je ne recule pas, je suis toujours à l'offensive. L'hypothèse... Il ne reconnaît jamais une erreur ? Jamais. L'hypothèse, qu'on est un peu Mélenchon quand même, c'est que quand il est chez lui, tout seul, ou alors avec un bon copain, il doit quand même me dire, qu'est-ce que j'ai fait comme connerie ? Comment est-ce que je vais avec... Très bon copain alors. Sans doute. Il est assez cyclotimique. Oui, caractériste. Il a beaucoup de caractéristiques, mais la bêtise est exclue de son raisonnement. Quand même, il doit mesurer les dégâts qu'il a fait.
C'est-à-dire qu'il est lucide ? Oui, bien sûr. À des moments, il doit l'être. Mais quand il est publiquement, il est dans la stratégie, la ligne est là et je ne recule pas d'un pouce. C'est assez net sur le son qu'on entend. Plus il mesure les dégâts, plus il en prend conscience. Non, mais plus il dit qu'au contraire, il a gagné. Il faut qu'il essaie de récupérer. Il contrebalance dans l'outrance. Donc c'est un petit côté pathétique. Et puis il y a cet épisode embarrassant, sans doute, signe de sa fébrilité. Hier, à l'Assemblée nationale, dans la salle des 4 colonnes, quand il se moque ouvertement de l'accent méridional d'une journaliste de France 3, Véronique Gorel.
Quand vous disiez sur la toit, il y a quelques mois, quand vous pointiez les dégoires judiciaires de Fillon et de Le Pen, vous étiez une décadence de la République. Et alors, qu'est-ce que ça veut dire ? Non, mais... Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est quoi votre question, madame ? Je ne comprends pas ce que vous disiez. À quelle époque, vous disiez qu'il n'y avait pas de respect. Il y a six mois. Il y a six mois. Qu'est-ce que c'était, il y a six mois ? Excusez-moi, je ne me rappelle pas. Au mois de mars, sur la droite, vous expliquez... Ah, c'était la campagne électorale, c'est ça ? Oui, mais vous disiez... Non, au mois de mars...
Non, non, madame, vous ne savez pas de quoi vous parlez. Mais si vous... Non, vous dites n'importe quoi. Quelqu'un a-t-il une question formulée en français ? Oui, mais vous... Et à peu près compréhensible, parce que moi, votre niveau me dépasse.
Le reste, c'est du folklore. Ça, c'est du racisme. C'est de la gotophobie. C'est épouvantable, ce qu'il fait. Moi, je viens de signer un livre chez Laffont, Michel Laffont, avec un autre journaliste qui, en fait, connaît beaucoup mieux le sujet que moi, sur la discrimination par les accents. Dans la société française aujourd'hui, dans le journalisme, on le sait, mais aussi, par exemple, à la comédie française, ou dans beaucoup d'autres lieux, on oblige des jeunes garçons et des jeunes filles à perdre leur accent. On normalise, on les oblige à abandonner une part de leur identité.
Et quand on voit celle des quatre colonnes, à l'Assemblée nationale, un élu de la République, la République, c'est moi, et mon corps est sacré, dire à une femme, mais je ne vous comprends pas, là, avec votre accent...
Et l'ignité, la singée !
Il n'y a pas eu une question en français ? En français ? La renvoyer à quoi ? Une forme de paysannerie du 19e siècle ? C'est indigne, ce qu'il fait. C'est du racisme. S'il y a un seul point sur lequel il devrait s'excuser, s'il avait un peu de dignité, c'est là-dessus. Il devrait convenir que là-dessus, Jean-Luc Mélenchon fait, à sa manière, ce qu'a fait en d'autres temps Jean-Marie Le Pen. C'est dégueulasse, ce qu'il a fait. Et s'il s'excusait, il se grandirait.
Moi, je passe mon temps, dans beaucoup d'éditos, à casser cette idée un peu trop facile que Jean-Marie Le Pen, que le Front National et que la France Insoumise, c'est pareil, qu'on va aller vers l'Italie, que les extrêmes se rejoignent, que... voilà. Et là, mes arguments tombent tous. C'est très compliqué. Je sais au fond qu'il n'est pas raciste. Je sais au fond que... Enfin, je comprends qu'on peut y avoir des doutes. Mais là, selon moi, j'espère que c'est la preuve simplement de son énorme fébrilité sur autre chose. Sur autre chose. Parce qu'il ne se contrôle pas. Et il cherche la moindre faille. Il a une journaliste en face de lui. Il a une journaliste en face de lui.
Il cherche la moindre faille. Et pour lui, la faille, c'est l'accent à ce moment-là. Et donc, c'est... C'est scandaleux. Et c'est très scandaleux. Et... Oui, bien, la glotophobie. Voilà. Mais la glotophobie, on ne sait pas ce que ça veut dire. Le racisme, on ne sait pas. Oui, mais c'est pareil.
C'est comme reprocher à quelqu'un de ne pas porter le bon prénom.
Oui, la même chose. Je sais que sa vie montre qu'il n'est pas raciste. Je me refuse toujours à dire que les extrêmes se rejoignent. Mais il ne nous aide pas. Il ne nous aide pas à analyser ça. C'est vraiment moche, ça. Thomas, vous parliez de Trump tout à l'heure. Il n'a pas eu besoin de Donald pour apprendre à s'énerver contre les médias. Et là, il est sans portée. En revanche, se moquer, comme il l'a fait, et vous venez de le qualifier avec notre consoeur, là, il aurait pu s'inspirer de Trump il y a quelques jours.
Vous devez voir ce gars. Oh, je ne sais pas ce que j'ai dit. Oh, je ne me souviens pas. Il va dire, je ne me souviens pas. Oh, peut-être que c'est ce que j'ai dit. Il y a 14 ans. La question, oui, allez-y. Bien sûr. Elle est choquée que je l'ai choisi. C'est comme un état de choque.
Je ne me souviens pas, monsieur le Président.
C'est bien, je sais que vous ne me souviens pas. You never do.
I'm sorry?
No, go ahead. Go ahead.
Je sais que vous n'avez pas vu ce que je n'ai pas vu. Vous ne pensez jamais, oui. Ah, dans ce cas-là, sur ce cas-là, c'est de la misogynie.
Ah, ben, brut. Oui, mais, oui.
Oui, brut, enfin, c'est la misogynie. Brut, oui, oui. Non, c'est la misogynie. Oui, c'est la misogynie. Je viens d'inventer ce mot.
Mais s'il s'en prend aux journalistes, c'est que c'est payant aussi, parfois ?
C'est celui qui est en face de lui. C'est une vieille histoire, les journalistes. Quand il sort du Parti Socialiste dans ses éléments de stratégie, et puis, en même temps, il règle beaucoup de comptes, là, c'est de la psychanalyse, évidemment, il distingue parmi tous ceux à qui il s'adresse, les journalistes comme une viande à hacher pour faire son beurre électorale. Bon, très bien. On est les porte-parole du pouvoir. Et après, il s'en fait un peu là-dedans, ça devient son fond de commerce. Mais là, quand il s'adresse à la journaliste, il ne s'adresse pas à une journaliste, il s'adresse à quelqu'un qui a un accent. Je ne vous comprends pas, vous ne parlez pas français. Vraiment, j'y reviens.
Vous connaissez très bien Véronique Goral, elle est dans le paysage depuis des années. Je ne sais pas, c'est pas, mais voilà. Mais je reviens parce que le reste, c'est du folklore, mais ça, c'est grave. On a reproché beaucoup de choses à Jean-Marie Le Pen qui était de ce registre. Et donc, là-dessus, avec Jean-Luc Mélenchon, il faut être impitoyable. Reconnaissez au moins une fois que vous avez dit quelque chose qu'il ne fallait pas dire et présentez vos excuses. C'est la seule chose qu'il a fait. Et il a ouvert un nouveau front puisqu'il y a un certain nombre d'élus qui ont réagi.
Ce soir, le maire de Toulouse, Jean-Luc Mouding, la présidente de la région Titanie, Carole Delga, Geneviève Dariussec, qui est originaire des Landes, la secrétaire d'État, et Renaud Muselier, le président de la région PACA, qui lui a dit « Monsieur Mélenchon, si vous êtes aussi méprisant, vous n'avez rien à faire à Marseille. » C'est évidemment embêtant. Pour le coup, tout peut être discuté. La politique, c'est de la glose sans fin. Mais là, ils ont raison. Mélenchon se moque des accents. Enfin, élu à Marseille. C'est insupportable. Franchement, moi, ça vraiment, le reste, je m'en fous un peu, ça fait partie du métier. Mais ça, je trouve ça moche. Moche.
Et on aime entendre votre accent, Jean-Michel. C'est très gentil. Merci beaucoup à tous les deux.
Vous restez avec nous.
Merci. Merci. Merci.
Jean-Luc Mélenchon