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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 17 juin 2021 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSantéSolidarités & famille

Jean-Michel Blanquer : "La philosophie est l'épreuve reine à l'écrit dans la nouvelle version du Bac"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 10 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:41OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça va changer au protocole sanitaire à l'école jusqu'au 6 juillet ?

  • 1:24FerméeRéponse directe

    Donc la doctrine, c'est masque dans la classe, masque à la cantine, pas de masque à la récré, c'est ça ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    Allez-vous lancer une campagne d'incitation à la vaccination pour les collégiens et lycéens ?

  • 2:42OuverteRéponse directe

    Le protocole sanitaire de la rentrée prochaine est-il bouclé ? Sur quelles hypothèses il se fonde ?

  • 4:28OuverteRéponse directe

    Dans quelle atmosphère va se dérouler cette semaine d'examen ? Que redoutez-vous ?

  • 6:20RelanceRéponse partielle

    Les profs de philo disent que cette double notation dévalorise leur discipline. Que leur répondez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:50Invité politiqueFait
    « Oui, mais c'est la conséquence logique de la décision générale qui a été prise de ne plus porter les masques en extérieur. »
  • 1:01Invité politiqueFait
    « Et comme chacun sait, c'est lié à l'amélioration générale de la situation sanitaire. »
  • 2:08Invité politiqueFait
    « Oui, bien sûr. Et cette campagne d'ailleurs vient de commencer. »
  • 2:10Invité politiquePromesse
    « Et en vous en parlant, ça en fait partie bien sûr, c'est-à-dire qu'il est éminemment souhaitable que les plus de 12 ans se fassent vacciner. »
  • 4:32Invité politiqueFait
    « Non, je n'ai pas hésité, au contraire, j'ai tenu à la maintenir, »
  • 5:18Invité politiqueFait
    « Ceci ne doit pas nous faire oublier, premièrement, que nous sommes le pays qui a eu les établissements ouverts pendant pratiquement toute l'année scolaire. »
  • 7:03Invité politiqueFait
    « Elle est l'épreuve reine à l'écrit dans la nouvelle version du baccalauréat parce que c'est la seule vraiment commune à tous. »
  • 9:02Invité politiqueFait
    « C'est tout le contraire. Ce n'est pas deux poids, deux mesures, c'est du sur-mesure. »
  • 10:27Invité politiqueFait
    « Pourquoi est-ce qu'on a fait cela ? D'abord on l'a fait, non pas parce que j'ai inventé ça un bon matin, mais parce qu'on a consulté énormément pour voir comment moderniser. »
  • 15:21Invité politiqueFait
    « Je prends très au sérieux ce que vous venez de dire parce que c'est évidemment en bonne partie exact. »
  • 19:06Invité politiqueFait
    « le président de la république s'exprime aujourd'hui sur ce sujet. »
  • 19:47Invité politiquePromesse
    « la mesure grande section A12, CP A12, CE A12 sont en train de porter leur premier fruit. »
  • 22:01Invité politiqueFait
    « j'ai demandé ce rapport à Jean-Pierre Aubin et donc je vais suivre à 100% ce qu'il propose. »

Temps de parole

  • Invité politique68 %
  • Présentateur14 %
  • Présentateur 211 %
  • Auditeur4 %
  • Auditeur 23 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons donc ce matin dans le grand entretien du 7-9, le ministre de l'éducation nationale, question-réaction au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin. On va évoquer évidemment dans un instant le bac qui a commencé pour des centaines de milliers d'élèves. cette semaine et ce matin pour la philo. Mais d'abord un mot sur le masque. Le Premier ministre Jean Castex a donc annoncé hier que l'obligation du port du masque était levée en extérieur.

Qu'est-ce que ça va changer au protocole sanitaire à l'école jusqu'au 6 juillet, date de la fin de l'année ? Pas de masque aujourd'hui dans les cours de récréation, c'est fini ?

0:50
Invité politique

Oui, mais c'est la conséquence logique de la décision générale qui a été prise de ne plus porter les masques en extérieur. Et comme chacun sait, c'est lié à l'amélioration générale de la situation sanitaire. Et donc c'est une bonne chose puisqu'on a toujours considéré que c'était les enfants et les adolescents qui étaient prioritaires dans toutes les mesures que l'on prenait. Et donc c'est normal qu'ils soient concernés par cette mesure. Je sais très bien que beaucoup d'enfants et d'adolescents vraiment trouvaient pénible d'avoir à porter le masque pendant la cour de récréation, pendant le temps de récréation, pardon, et donc c'est évidemment une très bonne chose.

1:24
Présentateur

Donc la doctrine, c'est masque dans la classe, masque à la cantine, pas de masque à la récré, c'est ça ?

1:29
Invité politique

C'est ça, en plein air en fait. Et en réalité, c'est cohérent avec quelque chose que nous avons toujours dit, enfin qui est dit par les autorités sanitaires, c'est-à-dire le fait que les choses ne sont pas pareilles en plein air et à couvert. Et donc c'est normal de commencer par le plein air pour ce retrait progressif des masques, je l'espère au rythme le plus rapide dans la vie quotidienne de tous et a fortiori de nos enfants.

1:50
Présentateur

Et dans la perspective de la rentrée scolaire, afin de limiter le risque d'une reprise épidémique, allez-vous lancer une campagne d'incitation à la vaccination pour la vaccination des collégiens, des lycéens, une campagne pour convaincre les parents éventuellement réticents de faire vacciner leurs enfants ? Vous allez travailler là-dessus ?

2:08
Invité politique

Oui, bien sûr. Et cette campagne d'ailleurs vient de commencer. Et en vous en parlant, ça en fait partie bien sûr, c'est-à-dire qu'il est éminemment souhaitable que les plus de 12 ans se fassent vacciner. Et donc nous incitons à cela au travers de messages, aux élèves, aux familles. Et je sais qu'il y a quand même déjà un certain engouement pour cela, même s'il faut que ce soit plus fort encore, de façon à ce qu'un maximum d'adolescents, de collégiens, de lycéens soient vaccinés pour la rentrée.

2:34
Présentateur

Et ce sera toujours conviction et pas obligation.

2:36
Invité politique

Oui, en tout cas à ce stade, c'est cette doctrine-là qui prévaut.

2:42
Présentateur

Jean-Michel Blanquer, que pouvez-vous nous dire ce matin du protocole sanitaire de la rentrée prochaine ? Est-il bouclé ? Sur quelles hypothèses il se fonde ?

2:50
Invité politique

Le protocole sanitaire sera élaboré au cours des premiers jours de juillet, quand on aura un petit peu tout le retour d'expérience de l'année actuelle. Le travail conjoint avec les autorités de santé, nous sommes notamment très liés à la Haute Autorité de Santé publique pour l'élaboration d'un tel protocole. Il y aura des éléments qui peut-être différeront un peu de l'année dernière, mais ce sera toujours la même logique, c'est-à-dire la définition de règles dont le curseur peut évoluer en cours d'année en fonction de l'amélioration ou de l'aggravation de la situation.

Évidemment, on souhaite tous qu'on n'ait même pas à s'en servir, à la limite, ou que le curseur soit le plus bas possible, mais c'est la logique. Et donc on rendra publique dans la première quinzaine de juillet cette nouvelle donne, avec beaucoup d'éléments qui ressembleront évidemment, par exemple sur les gestes barrières ou d'autres choses comme ça.

3:35
Présentateur

Et sur le masque, ça dépendra de l'état de l'épidémie, on peut imaginer une rentrée non masquée dans les classes aussi ?

3:42
Invité politique

On peut l'imaginer, évidemment même, je l'espère, de tout cœur, comme tout le monde, je pense. Bien sûr, c'est imaginable, ça ne veut pas dire que c'est certain. Et de toutes les façons, même en juillet, ce ne sera pas défini. En juillet, on dira les scénarios possibles, et puis c'est à la fin du mois d'août qu'on décidera de ça.

3:58
Présentateur

Le bac, les épreuves du bac professionnel ont démarré hier, ce matin, c'est donc au tour des élèves de Terminal Général et Technologique de plancher sur l'épreuve de philo. Après 2020 et un bac en contrôle continu pour cause de Covid, la session 2021 sera encore bien particulière, l'année scolaire ayant été rythmée, là encore, par l'épidémie, et les lycéens ayant suivi les cours en demi-jauge depuis le mois de novembre dernier. Dans quelle atmosphère Jean-Michel Blanquer va se dérouler cette semaine d'examen ? Que redoutez-vous ? Avez-vous même hésité à la maintenir ?

4:32
Invité politique

Non, je n'ai pas hésité, au contraire, j'ai tenu à la maintenir, et vous le savez, le débat, il y a encore un mois et demi, était tout contrôle continu ou pas. Il y avait d'ailleurs beaucoup de pression de la part de beaucoup de secteurs pour que nous mettions à 100% contrôle continu. Il faut avoir ça en tête quand on entend certains débats aujourd'hui. et j'ai tenu à tout prix à maintenir l'épreuve, d'abord les épreuves du baccalauréat professionnel, merci de les avoir mentionnés tout à l'heure. Oui, on va en parler d'ailleurs, le bac pro, parce qu'ils ne sont pas contents. Ensuite, l'épreuve de philosophie et puis le grand oral.

Ça me semblait indispensable, d'abord pour que chacun travaille jusqu'au bout, ensuite pour que ce rituel si important du baccalauréat soit maintenu autant que possible. Ceci ne doit pas nous faire oublier, premièrement, que nous sommes le pays qui a eu les établissements ouverts pendant pratiquement toute l'année scolaire. C'est une exception française considérable. Mais aujourd'hui, vous savez, Boucher-Avalet n'a plus de goût.

5:29
Présentateur

Non, mais c'est ce que j'allais vous dire. On avait parlé que vous diriez cette phrase.

5:32
Invité politique

Oui, mais c'est exceptionnel. Quand je vois le débat public... Non, mais c'est très bien, vous avez raison. Non, mais je crois qu'il faut quand même qu'on mesure cette performance collective du pays. C'est un enjeu majeur, et on en parlera encore pendant des années quand on reprendra du recul sur ça. Et donc, on a préservé ça pour les lycéens, c'est le point fondamental. Quand on est en demi-jauge, ça ne veut pas dire qu'on travaille à moitié, ça veut dire qu'il y avait de l'enseignement à distance. Je sais que ça n'a pas toujours été parfait, mais ça a parfois augmenté l'autonomie des élèves.

Et aujourd'hui, surtout, c'est la première fois qu'ils passent sur leurs enseignements de spécialité. C'est la première année que ça se passe. Et le grand oral est très significatif. C'est un exercice intelligent et intéressant pour les élèves.

6:07
Présentateur

Alors, on a plusieurs questions. Vous avez soulevé plusieurs sujets. D'abord, le contrôle continu, qui va donc représenter cette année 82% de la note finale du bac. Pour l'épreuve de philo aujourd'hui, les élèves pourront garder leur note de contrôle continu si elle est supérieure à celle de l'épreuve écrite d'aujourd'hui. Les profs de philo disent que cette double notation dévalorise leur discipline et qu'ils s'attendent à corriger des copies vides ou presque. Que leur répondez-vous ?

6:29
Invité politique

Nous verrons ce soir. Je ne pense pas que ce sera le cas. Je pense que l'immense majorité des élèves ont envie de prendre au sérieux cette épreuve, ont envie éventuellement d'améliorer leur note de contrôle continu. Vous avez des élèves qui n'ont pas des bonnes notes de contrôle continu. Et même ceux qui ont des bonnes notes peuvent toujours chercher à l'améliorer. Donc, vous savez, je vous le redis, mais il y a six semaines, j'étais très seul quand je disais il faut la maintenir. La pression que j'avais, c'était uniquement 100% contrôle continu sans même faire passer l'épreuve.

Donc, je considère qu'avoir maintenu l'épreuve est surtout le signe de cette importance que j'accorde à cette épreuve de philosophie. Vous savez que c'est une discipline à laquelle j'accorde énormément d'importance. Elle est l'épreuve reine à l'écrit dans la nouvelle version du baccalauréat parce que c'est la seule vraiment commune à tous. Il était important de la maintenir et c'est ce qu'il faut se dire aujourd'hui. Je ne crois pas que tous ceux qui aiment la philosophie sont nombreux, les professeurs de philosophie et les autres, aient un quelconque intérêt à dénigrer ce qui se passe alors qu'au contraire, c'est un moment de rassemblement dans quelques...

d'ici une heure ou deux, je pense que vous donnerez les sujets publiquement, c'est un moment un peu de... je dirais presque de communion du pays autour de la philosophie. Et d'avoir maintenu l'épreuve permet aussi...

7:31
Présentateur

A contrario, deux questions qui vont dans le même sens sur l'appli inter. Déborah, pourquoi la meilleure note sera gardée pour le bac philo et pas pour le bac français dont l'écrit a lieu cet après-midi ? Evelyne, les premières passent aussi une épreuve écrite aujourd'hui, l'écrit de bac français et pour eux, cela compte intégralement sans prise en compte du contrôle continu. Pourquoi vous avez fait une règle pour le bac philo et pas pour les premières l'épreuve écrite de français ?

7:51
Invité politique

Oui, ce qui est quand même intéressant, c'est que quoi que vous fassiez, de toute façon, vous avez la règle de pourquoi vous n'avez pas fait l'inverse. Et ce n'est pas fini, il est 8h30. Ce qui prouve quand même que mon métier n'est pas évident parce que, si vous voulez, reportez-vous au débat d'il y a deux mois, encore une fois, sur l'ensemble de ces sujets. Sur le français, j'ai fait justement ce que vous me demandiez tout à l'heure, c'est-à-dire maintenir au maximum l'épreuve telle qu'elle était possible. Et donc, c'est en pensant aux élèves à chaque fois que je fais ces choses-là.

Si j'avais fait ce que vous dites, on aurait, de la part peut-être de certains, le même genre d'argument que ce que vous m'avez dit pour l'épreuve de philosophie. Donc, il était important de l'aménager quand même et nous l'avons aménagé puisque je rappelle qu'en voie générale, les élèves ont 14 textes, ensuite le professeur en choisit deux et l'élève en choisit un parmi les deux. C'est cet aménagement-là qui permet quand même de tenir compte qu'un élève a pu parfois avoir des points de faiblesse du fait de la façon dont l'année s'est passée.

8:40
Présentateur

Jean-Michel Blanquer, du côté des bacs pro maintenant, certains se disent pénalisés, prouvent un sentiment d'injustice parce qu'ils ont trois jours d'épreuves écrites et seront évalués sur cinq matières alors que les filières générales et technologiques n'ont qu'une seule épreuve écrite sur une seule matinée. Pourquoi ce deux poids, deux mesures ? N'est-ce pas un mauvais signal envoyé à cette filière ?

9:02
Invité politique

C'est tout le contraire. Ce n'est pas deux poids, deux mesures, c'est du sur-mesure. D'ailleurs, on vient de prendre trois exemples. La philo en voie générale, le français en première et le bac pro. Et effectivement, dans les trois cas, ce n'est pas exactement la même chose, c'est le même esprit. On recherche l'intérêt des élèves mais c'est une adaptation aux particularités de chacune des situations. Et là, en l'occurrence, c'est une logique qu'on peut comparer à celle qu'on a prise pour la philo.

C'est-à-dire que comme ils passent plusieurs épreuves mais qu'ils choisissent les deux meilleures notes, en fait, ça permet premièrement d'avoir le rituel de passage, le travail jusqu'au bout et puis quand même d'être dans une situation de bienveillance puisqu'on prend les deux meilleures notes sur celles qui seront passées. Donc c'est un régime qui au contraire est favorable. Et personne ne peut dire que je ne porte pas d'attention au baccalauréat professionnel. Je suis au contraire extrêmement attentif. Il y a aussi une réforme très importante dans ce domaine et je suis le premier à en parler beaucoup.

Donc je suis heureux aussi que vous me donniez cette occasion de dire que le bac pro, c'est important.

9:53
Présentateur

Autre objet de mécontentement qu'on vous relaie puisque c'est notre job, le grand oral, cette épreuve que vous avez créée lors de votre réforme du bac. Avec cette année en gruyère, beaucoup de professeurs pointent un manque de préparation des élèves à cause du Covid, des jurys composés trop tardivement, des critères d'évaluation et de notation trop flou. Et puis toujours la grande question qui touche ce grand oral qui est de dire est-ce que le grand oral ne favorise pas plus les enfants favorisés qui ont une facilité à parler et est-ce que ce n'est pas discriminant socialement ?

10:21
Invité politique

Alors le grand oral, il faut, comme sur chaque sujet, restituer le sens d'abord. Pourquoi est-ce qu'on a fait cela ? D'abord on l'a fait, non pas parce que j'ai inventé ça un bon matin, mais parce qu'on a consulté énormément pour voir comment moderniser. Et nous savions d'emblée qu'il y avait nécessité de revaloriser l'oral et en même temps qu'on revalorisait l'écrit. D'ailleurs les deux vont ensemble. L'expression écrite, l'expression orale, c'est fondamental. On sait que c'est plutôt un point faible du système français là maintenant ça devient concret et quand ça devient concret c'est là que pleuvent parfois certaines critiques.

Pourtant c'est extrêmement important ce qui se passe, s'entraîner à bien parler. Alors c'est vrai que bien parler ça peut parfois être un élément de discrimination sociale. Relatif, pas absolu. Vous pouvez être d'une classe supérieure favorisée, être timide et inversement. Vous voyez fleurir maintenant des concours d'éloquence où je vois des jeunes se distinguer qui viennent de tous les milieux. Donc il ne faut pas non plus ancrer trop cette idée. Mais néanmoins il y a une part de vérité dans cette assertion et justement si on ne fait rien eh bien on maintiendra les inégalités sociales ou socio-culturelles.

Le but c'est que tout le système scolaire français grâce à ce signal que nous avons envoyé maintenant depuis trois ans dans le système eh bien se mobilise pour cela. D'où les pratiques théâtrales, les pratiques de chant, les pratiques de... tout ce qui permet d'avoir plus confiance en soi etc. donc c'est au contraire un moment très important. La préparation elle a pu y avoir lieu. Vous savez j'entends cet argument depuis plusieurs semaines. Or n'oublions pas que le grand oral porte sur les points forts de l'élève c'est-à-dire les deux enseignements de spécialité que l'élève a choisi en première puis en terminale.

Et donc ces deux enseignements de spécialité correspondent à ses passions et correspondent aussi à un grand nombre d'heures de cours y compris ces dernières semaines ça veut dire deux fois six heures par semaine en enseignement de spécialité qui ont été l'occasion de s'entraîner.

Moi j'ai vu beaucoup d'entraînements ou entendu parler de beaucoup d'entre eux j'invite chacun à regarder les questions que les élèves ont préparées c'est absolument passionnant aux antipodes de ce qu'on appelait le bachotage auparavant parce qu'on est là au contraire sur des choses approfondies que l'élève apprécie aime et qu'il prépare mieux à son avenir donc le grand oral c'est vraiment quelque chose qui fait le pont entre la vie du lycéen et ce que sera sa vie ultérieurement.

12:27
Présentateur

On a pu suivre les révisions du grand oral dans les journaux de France Inter sur plusieurs semaines qui travaillaient

12:35
Invité politique

C'est passionnant je trouve.

12:36
Présentateur

L'année dernière Jean-Michel Blanquer le taux de réussite au bac a atteint le niveau record de 95% d'admis beaucoup ont dit que les notes avaient été gonflées à cause du Covid beaucoup ont dénoncé un bac au rabais redoutez-vous la même critique cette année ?

12:50
Invité politique

Des critiques il y en aura toujours et beaucoup de ceux qui font des critiques le font comme si on n'était pas en train de traverser une crise sanitaire gravissime et donc sur ce sujet comme sur d'autres je reconnais évidemment des imperfections des choses qui ne sont pas idéales comment serait-il autrement ? Je ne connais aucun pays en ce moment où la situation est idéale sous cet angle néanmoins encore une fois on a préservé une année scolaire la plus normale possible et deuxièmement que les examens se tiennent quand même avec des aménagements que l'on me réclamait énormément

13:22
Présentateur

ça ne sera pas un bac au rabais ?

13:24
Invité politique

Non d'abord parce que le contrôle continu ne signifie pas rabais nécessairement je pense qu'il faut un peu de contrôle continu pour valoriser le travail continu justement le travail permanent et puis il faut du contrôle terminal pour qu'il y ait un moment de dépassement de soi puis une balise de référence donc c'est l'esprit de la réforme du baccalauréat donc normalement le pourcentage c'est 40% de contrôle continu 60% de contrôle terminal il y a deux ou trois ans j'avais des manifestations contre le contrôle continu il y a deux mois j'ai eu des manifestations pour 100% de contrôle continu j'ai tenu à maintenir du contrôle terminal c'est l'équilibre de cette année il est tout de même intéressant et je crois que les élèves notamment avec ce grand oral voient bien qu'ils sont en train de passer à quelque chose d'innovant vous savez on est un pays où on dit toujours vive le changement vive la réforme cette réforme là elle était beaucoup de gens pensaient à des choses de ce genre depuis longtemps sans que ça puisse jamais se faire et bien on est l'année où ça se fait enfin alors même qu'on a une conjoncture très compliquée et bien c'est dans ces moments là qu'on voit qui a le sens de l'innovation et du progrès et puis qui est toujours dans la complainte sur le c'était mieux avant

14:27
Présentateur

au standard d'Inter Gérard bonjour bienvenue Gérard

14:31
Auditeur

bonjour on vous écoute bonjour mes chers dames bonjour je voulais simplement demander à monsieur le ministre qui a l'air très satisfait d'avoir maintenu le plus longtemps possible les écoles ouvertes les écoles les collèges et lycées ouverts ce que je suis loin de le reprocher j'approuve même de pouvoir l'avoir fait mais par contre je peux vous dire que l'enseignement à distance tel qu'il a été fait et je pense que c'est très difficile à mettre en place j'ai été moi-même enseignant avant d'être aujourd'hui en retraite je peux vous dire que ça a fait d'énormes dégâts sur les élèves les plus fragiles et j'aimerais bien qu'on puisse mesurer les effets que ça va avoir qui vont à mon avis être catastrophiques comment comptez-vous y remédier ?

15:15
Présentateur

merci Gérard pardon Jean-Michel Blanquer vous répond

15:19
Invité politique

oui merci monsieur je prends très au sérieux ce que vous venez de dire parce que c'est évidemment en bonne partie exact c'est en réalité très hétérogène c'est à dire vous avez de l'enseignement à distance qui se passe bien des élèves qui même bénéficient de quelque chose d'un peu particulier et de complémentaire au travers de cela puis il y avait de l'enseignement à distance qui ne s'est pas bien passé ou dont certains élèves ne profitent pas vraiment donc la seule et ce problème que vous mentionnez je tiens à dire que c'est à un niveau mondial qu'il se pose et que donc c'est potentiellement une très grande difficulté générationnelle qui a été créée et il faut y porter remède à l'échelle européenne et mondiale et j'essaye de pousser dans ce sens aussi s'agissant de la France l'objectif à la rentrée c'est d'être capable évidemment d'avoir une vision personnalisée de chaque élève pour voir ceux qui ont accumulé du retard ou ceux qui et ceux qui ont qui donc ayant accumulé du retard auront besoin d'une aide personnalisée

16:09
Présentateur

il y aura des professeurs en renfort à la rentrée pour combler le retard accumulé éventuel des élèves à cause de cette nouvelle année

16:17
Invité politique

il y aura des mesures permettant d'avoir de l'accompagnement personnalisé c'est notamment dans ce qui concerne le collège l'opération devoir fait qui va prendre encore plus d'ampleur et quelque chose de comparable au lycée que nous sommes en train d'ajuster dans le dialogue social d'ailleurs mais de façon à arriver à aider davantage les élèves qui en ont le plus besoin diagnostiquer en début d'année c'est le sens aussi des évaluations de début d'année dans certaines classes que nous avons développées depuis 4 ans en CP en CE1 qui sont des classes fatidiques mais aussi en 6ème ou en 2nde de façon à bien suivre les élèves et puis des outils pour les professeurs pour ces évaluations de début d'année toutes classes confondues de façon à les aider mais sur les effectifs

16:52
Présentateur

Jean-Michel Blanquer beaucoup de professeurs nous écrivent pour vous reprocher de supprimer des postes dans le second degré à la rentrée prochaine alors que collèges et lycées voient leurs effectifs augmentés qu'est-ce que vous leur répondez

17:00
Invité politique

alors on fait encore des ajustements en cette partie de l'année pour tenir compte de problèmes qui peuvent se produire notre objectif c'est quand même de ne pas dégrader le taux d'encadrement nous l'avons fait par des heures supplémentaires là où il y a eu éventuellement des suppressions de postes ce que j'ai toujours assumé c'est qu'on crée des postes dans le premier degré d'abord et avant tout même s'il y a moins d'élèves et qu'on en supprime dans le second parce que ce que nous voulons c'est renforcer les savoirs fondamentaux à l'école primaire et qu'ensuite les élèves dans le second degré soient justement plus stabilisés nous préparons déjà la rentrée 2022 aussi sur une base qui sera favorable au second degré donc c'est exact de dire qu'en termes de taux d'encadrement nous avons dans le second degré assumé pendant 4 ans que soit ça se dégrade légèrement soit ça se stabile dans certains endroits ça s'améliore d'ailleurs mais en tout cas l'effort apporté sur le premier degré c'est vrai mais pour des effets qu'on va commencer à voir parce que les premières générations qui ont bénéficié par exemple des CPA12 ou des CE112 rentrant en CM2 cette année et on commence à voir justement au travers d'évaluation les premiers bénéfices de ces réformes

18:01
Présentateur

au standard c'est Yves qui nous attend bienvenue Yves bonjour bonjour bonjour à tous

18:07
Invité politique

bonjour monsieur

18:07
Auditeur

bonjour j'avais une question concernant il me semble avoir entendu ce matin sur les antennes de Radio France que la lecture allait devenir grande cause nationale alors je ne sais pas si c'est encore confirmé mais je me pose tout simplement une question sur le fait que par rapport aux années 70 nos élèves les élèves français ont moins d'heures de français justement à peu près 630 heures de français en moins par rapport à un élève des années 70 et j'ai peur que nous n'arrivions pas à remonter dans les classements internationaux et dans les études nationales et internationales si on enlève au fil des décennies un petit peu d'heures de français c'est un petit peu comme les médecins de Molière vous savez le malade se porte mal on va lui faire une saignée ah il se porte encore plus mal continuons la saignée et c'est un peu ce qui est arrivé avec les heures de français au fil des décennies

18:59
Présentateur

merci Yves confirmation déjà de la lecture grande cause nationale dès cet été jusqu'à l'été prochain Jean-Michel Blanquer

19:06
Invité politique

oui le président de la république s'exprime aujourd'hui sur ce sujet vous savez il sera à Villers-Cotterêts d'ailleurs c'est dans le contexte où l'on fête les 400 ans de La Fontaine et il va dire que la lecture est grande cause nationale alors la lecture grande cause nationale ça signifie un pays qui lit davantage des enfants qui sont mieux formés à la lecture et consolidés tous dans leur pratique de lecture et dans leur plaisir de lecture c'est évidemment tout le sens de la politique menée depuis 4 ans avec le fameux lire écrire compter respecter autrui qui est au coeur des priorités de ce ministère en ciblant tout particulièrement les milieux défavorisés et de nouveau je veux redire que la mesure grande section A12 CP A12 CE A12 sont en train de porter leur premier fruit donc on va en voir le bénéfice or c'est la clé de tout par rapport à ce que dit l'auditeur je pense que c'est très important d'entendre cela parce qu'il y a évidemment quelque chose à faire aujourd'hui un collégien il a une trentaine d'heures par semaine et c'est vrai qu'au fil des années mais là on parle de plusieurs décennies les heures de français se sont un peu réduites parce que d'autres choses se sont accentuées donc moi c'est quelque chose que je regarde de très près je suis assez ouvert à ce qu'on fasse une reconquête du français d'ailleurs dès la rentrée prochaine il y a des premières expérimentations par exemple pour des heures de français latin dès la sixième en collège mais je pense que l'avenir est à une reconquête effectivement des heures de français au collège

20:31
Présentateur

Jean-Michel Blanquer la laïcité on tenait à en parler ce matin Jean-Pierre Aubin après trois mois de travail et de consultation avec des enseignants de tout niveau des chefs d'établissement des directeurs d'école souligne dans son rapport d'étape qu'il vous a rendu sur la laïcité à l'école je cite la blessure encore ouverte que constitue toujours pour les enseignants l'assassinat de leur collègue Samuel Paty et leur peur aujourd'hui face à certains de leurs élèves ou de leurs parents il note aussi la souffrance intime qui naît de leur honte d'avoir peur et d'avoir parfois renoncé à réagir à certains propos ou à enseigner une partie de leur programme ces mots sont très forts la souffrance semble forte comment avez-vous reçu ce rapport et votre décision d'organiser un plan de formation de laïcité sur quatre ans pour tous les enseignants ça va être quoi ça va être combien d'heures ça va être quoi précisément

21:16
Invité politique

alors d'abord j'entends cela et j'entends malheureusement très bien les phrases que vous venez de prononcer je suis tellement conscient qu'elles correspondent à une réalité heureusement pas la réalité de tous tous les jours mais une réalité qui existe que je vais suivre totalement ce rapport romain et bien sûr nous ne sommes pas restés inactifs sur ce sujet vous le savez bien depuis quatre ans beaucoup a été fait le conseil des sages de la laïcité qui permet d'avoir désormais un corpus clair de références sur le sujet des formations qui ont commencé

21:44
Présentateur

et là qu'est-ce que concrètement qu'est-ce que ça va être pour les enseignants la formation à la laïcité c'est en quelque sorte

21:48
Invité politique

une nouvelle étape qui permet d'amplifier la laïcité puisque on a entendu beaucoup ces derniers mois et notamment au moment de l'assassinat de Samuel Paty que des enseignants disaient qu'ils estimaient quand même que la formation n'était encore pas au point et c'est pour ça que j'ai demandé ce rapport à Jean-Pierre Aubin et donc je vais suivre à 100% ce qu'il propose ce qui signifie une formation systématique initiale de tous les enseignants ce que nous avions déjà a commencé à prévoir mais elle sera encore plus ample que prévu et puis la formation continue de tous aussi c'est-à-dire presque une sorte de plan de rattrapage en matière de laïcité aussi bien dans le premier degré que dans le second degré cela signifie que vous aurez 1000 formateurs en France 1000 formateurs de professeurs en France donc répartis dans tous les départements de France qui au cours des prochains mois et des prochaines années vont veiller à ce que ces plans de formation sur la laïcité soient pleinement établis cela est complémentaire d'autres mesures que nous prenons en la matière notamment ces équipes valeurs de la république qui interviennent sur le terrain chaque fois qu'un professeur un chef d'établissement en fait la demande pour son établissement

22:45
Présentateur

alors Jean-Michel Blanquer il faut que vous sachiez qu'il y a beaucoup beaucoup beaucoup de réactions et de questions sur le masque les parents d'élèves les directeurs d'école disent ne rien comprendre ce matin Sylvie en tant qu'enseignant nous apprenons les directives par les médias en tant que parent d'élève le non-port du masque n'a pas été communiqué une autre Sylvie enseignante en collège est-ce que les élèves de collège et lycée vont pouvoir enlever le masque aujourd'hui mon directeur me dit qu'ils n'ont pas reçu de circulaire que fait-on alors refixer la ligne une bonne fois pour toutes comme ça la règle au moins sera connue et la circulaire a été envoyée ou pas parce que c'est pas les médias qui doivent annoncer ça

23:23
Invité politique

ce qui était annoncé hier par le premier ministre c'est une mesure d'ordre général qui concerne chacun l'a compris le port du masque à l'extérieur c'est-à-dire le non-port du masque à l'extérieur donc on fait une application logique à la cour de récréation comme je vous le disais en commençant bien sûr nous l'officiel dans les textes vous savez il y a souvent eu ce reproche pendant la crise sanitaire de dire on apprend les choses par les médias mais c'est parce que parfois vous avez des décisions générales d'application en milieu scolaire là c'est par exemple le cas ou aussi tout simplement parce qu'il y a la volonté et ça a été le cas de la part du premier ministre d'être le plus réactif possible par rapport à la situation sanitaire là le constat est tellement positif sur la situation sanitaire qu'elle permet cette mesure générale et donc c'est quand même ne le perdons pas de vue une très bonne nouvelle pour nos élèves donc je conçois que ça apparaisse comme assez soudain pour certains et j'en suis désolé mais néanmoins nous officialisons aujourd'hui cela et je le fais par ma voix il y aura tous les écrits nécessaires ensuite mais c'est une parole très officielle du premier ministre dès hier et prenons-le quand même d'abord comme une très bonne nouvelle et sur ce qu'elle est en elle-même et sur ce qu'elle signifie de l'amélioration de la situation et bien merci

24:27
Présentateur

monsieur le ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer de nouvelles fables de la fontaine son livre pour les vacances distribué absolument

24:38
Invité politique

c'est d'ailleurs très en osmose avec le plan lecture je n'ai pas le temps de vous dire tout ce que signifie la lecture grande cause nationale mais comme chaque année depuis 4 ans nous distribuons à tous les CM2 de France les fables de la fontaine c'est les 400 ans de la fontaine chaque année un illustrateur différent et là c'est Rebecca d'Autremer qui a fait des dessins magnifiques merci

24:53
Présentateur

France Inter et là c'est la première

24:58
Locuteur

c'est la première