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AutreC dans l'air (sur YouTube)· 4 juillet 2023 65 minMixteBudget & impôtsÉconomie & entreprises

Remaniement : le bras de fer commence... #cdanslair Archives 2022

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 1 %Attaque 2 %Défensif 0 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:03:18PrésentateurFait
    « ça n'est pas du tout ce qui est prévu »
  • 1:03:22PrésentateurFait
    « Quand est prévue la réforme des retraites »

Temps de parole

  • Présentateur45 %
  • Invité27 %
  • Invité 222 %
  • Invité 32 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Le premier message d'Emmanuel Macron au gouvernement bande de vous devrez tenir. Le président qui a conduit un conseil des ministres avec une équipe remaniée anticipe donc des temps difficiles. Le remaniement qui est intervenu plus tôt dans la journée a été expédié avec un simple communiqué. Il faut dire que le casting ne présente aucun débauchage, aucune prise de poids qui donnerait un signal d'ouverture après les élections législatives. Emmanuel Macron s'en est d'expliquer.

Il a pris acte du refus des partis de participer à un accord de gouvernement alors même que la France Insoumise a annoncé déposer une motion de censure mercredi, jour du discours de politique générale d'Elisabeth Borne. Alors que retenir de ce remaniement qui sont les entrants, les sortants ? Cette nouvelle équipe a-t-elle plus de chances de décrocher des majorités, des compromis à l'Assemblée remaniement ? Le bras de fer commence, c'est le titre de cette émission avec nous. Pour en parler ce soir, Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste politique, directeur de la rédaction de Franc-Tireur. Soazie Kemener, vous êtes rédactrice en chef au service politique de Marianne.

Elle a une de votre magazine « Grande manœuvre et petits coups tordus » et je cite votre tout dernier article en ligne « Les quatre enseignements d'un remaniement bien terne ». Nathalie Moret, vous êtes journaliste politique pour le groupe de presse régional « EBRAS ». Je cite votre article du jour, Macron 2, la semaine où tout commence. Enfin, Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce « C'est dans l'air » en direct. Est-ce que ce remaniement, Christophe Barbier, prend en compte le vote des Français ?

1:46
Invité

Oui, il prend en compte le vote des Français en ce sens que les Français ont envoyé une majorité très difficile à gouverner pour l'exécutif, une grosse quarantaine de voix à trouver pour atteindre la majorité absolue. On sait que ça va être compliqué. Donc ce gouvernement répond à deux critères. A défaut d'avoir fait une grande coalition qui rétablissait une majorité absolue, le président d'ailleurs en a fait son deuil dès qu'il a ouvert le conseil des ministres tout à l'heure, eh bien il fallait des gens qui soient politiquement modestes pour ne provoquer aucun camp, ne pas donner l'impression qu'il y avait une offensive, qu'on braquait l'opposition.

Et qu'on déclarait la guerre, est techniquement bien disposée. Et donc politiquement modestes, ça veut dire aucun grand nom, aucune prise de guerre, ne débaucher aucune grande figure de tel ou tel camp, ne pas donner l'impression qu'on a fait une radia dans les oppositions et qu'elles vont devoir se fâcher. Pour ça, de ce côté-là, c'est réussi. Je pense que la plupart des Français vont découvrir quasiment tous les noms qui vont être sur la liste du gouvernement sur leurs écrans ce soir. Et puis, il y a à côté l'aspect technique.

Quand on regarde le parcours de tous ces ministres, ministres délégués, secrétaires d'État, on voit des CV quand même où chacun est à peu près compétent dans le domaine qui lui est donné. Par exemple, le ministre de l'Outre-mer, il a été préfet dans des Outre-mer. Ça a l'air de rien, mais ça permet quand même sans doute d'aborder les dossiers avec un peu de connaissance de cause. Et beaucoup sont passés par la case parlementaire. Ils sont députés. Ils ont vu ce que c'était que la mécanique parlementaire. Comment ça se passe la négociation d'un amendement ? Comment ça se passe la discussion en commission ?

Comment ça se passe les commissions mixtes paritaires quand le Sénat vous renvoie un texte qui a été retravaillé ? La recherche du compromis, qui est la clé de la réussite éventuelle de ce quinquennat, elle peut être facilitée par un gouvernement de ce genre. Mais ce n'est pas gagné.

3:25
Présentateur

Christophe Barbier, vous nous dites en quelque sorte gouvernement sans aspérité pour éviter de braquer la droite ou la gauche. On l'a bien compris, ce avec lequel il faudra à un moment donné gouverner. Ça ne se fait pas sous contrainte, ça ? Est-ce que c'est au fond une solution par défaut de la part du gouvernement ? Parce qu'ils auraient essayé de débaucher et parce qu'ils n'auraient pas réussi à le faire. On apprend cet après-midi sur le site du Figaro que le professeur Juvin a refusé d'entrer dans ce gouvernement issu des LR.

3:54
Invité

En quelques semaines, en deux semaines, on est passé de union nationale à coalition, puis de coalition à coopération. C'était le terme employé par Emmanuel Macron il y a même une semaine. Et de coopération à, même pas soutien à son participation. De coopération, on est passé à négociation, texte par texte, amendement par amendement, éventuellement. Et on verra bien sur le tas. C'est un gouvernement qui est fait pour travailler sur le tas.

4:17
Présentateur

Sois-y, Caménaud, s'il n'y a pas de débauchage, de prise de guerre, comme c'est souvent le cas, c'est parce qu'ils n'ont pas pu le faire ? C'est parce qu'ils ont essayé de le faire et que ça n'a pas marché ? Emmanuel Macron a tenté, il a parlé effectivement, c'était François Bayrou qui avait dit, il faut aller le tendre le plus possible vers l'Union nationale. Emmanuel Macron avait laissé entendre, pourquoi pas, des LR aux communistes. On s'est demandé à un moment si certains communistes ne seraient pas tentés par une entrée au gouvernement.

Il y avait des noms de personnalités qui sont aujourd'hui encore LR, alors pas des députés, mais des présidents de région aussi, Christelle Morancet, Pays de Loire, ou bien Jean Rottner dans le Grand Est. Il y avait des noms comme ceux-là qui étaient cités, et puis on se demandait aussi si quelques députés LR n'allaient pas finalement céder à l'appel d'Emmanuel Macron. On sait qu'ils sont très importants, ces députés LR, ils sont 62, c'est le groupe pivot à l'Assemblée nationale, donc c'est ça qu'on attendait aujourd'hui. Et on voit bien qu'il ne s'est rien passé. Alors pourquoi ?

Parce que je pense qu'il y a un manque d'aspiration et d'enthousiasme politique au début de ce quinquennat, donc difficile pour les députés LR d'y aller tout de suite. Et puis il y a le facteur humain, c'est ce qu'expliquait un ministre récemment en petit comité. Il disait, imaginez ces LR. D'abord, il y a Edouard Philippe qui a trahi en 2017, on ne les a pas considérés. Maintenant Nicolas Sarkozy les a abandonnés, et aujourd'hui ces députés LR voudraient qu'ils viennent se rendre tout de suite ? Non, ils viendront peut-être, parce que finalement il y a beaucoup d'équivalences idéologiques, il n'y a pas un obstacle idéologique à franchir.

Personne ne dirait aujourd'hui qu'ils ont trahi leurs idées s'ils allaient au gouvernement, mais il y a un facteur humain, et donc il faudra du temps. Et donc on a d'un côté des LR qui vont prendre leur temps avant de voir si peut-être un jour, dans un deuxième temps du quinquennat, pourrait éventuellement participer à une coalition, et d'un côté un Emmanuel Macron qui devait faire un gouvernement. Donc qu'est-ce qu'il a fait Emmanuel Macron ? Il a effectivement choisi des experts dans certains domaines, on voit bien, ça c'est la marque du macronisme, on voit notamment à la santé, M. Broun qui a été chargé de la mission Flash sur l'hôpital. Et puis il a aussi choisi de conforter ses alliés.

François Bayron, on l'avait entendu très fort la semaine dernière, il n'était pas content. Il avait deux ministres simplement dans le premier gouvernement, il disait mais moi je suis 20% de la majorité, il m'en faut plus. Donc aujourd'hui il a quatre ministres dans le gouvernement, Marc Fénaud qui reste à l'agriculture, et puis trois secrétaires d'État. Et idem pour Édouard Philippe, qui a Agnès Firmin-Le Baudot qui entre au gouvernement, qui est ministre déléguée à la Santé, et pardon, secrétaire d'État à la Santé. Et puis aussi Charlotte Cobell qui est chargée de l'enfance et qui a travaillé à ses côtés au ministère de la Justice.

Et puis bien sûr la promotion de Christophe Béchut qui devient ministre de la Transition écologique, sauf qu'il remplace Amélie de Montchalin qui était cinquième dans l'ordre protocolaire. Et là l'écologie passe, et ça fait beaucoup gronder, les milieux écolos passent au dixième rang protocolaire. Et ça on va y revenir, Soazique et Ménard, je pense que les gens qui nous regardent ce soir ont entendu tout un tas de noms en se disant mais ils partent, ils sont remplacés, on ne les connaît pas. C'est un atout, nous dit Christophe Barbier.

Au fond c'est un atout puisque dans ce moment politique dans lequel nous sommes, il va falloir des gens qui n'ont pas de visibilité ou de parti pris politique très marqué, on va le dire comme ça. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette lecture-là ? Absolument, il y a un ou deux symboles qui résument ce que vous venez de dire. Par exemple la nomination au ministère des Relations avec le Parlement de Franck Riester. Franck Riester il est au gouvernement depuis cinq ans, mais on ne peut pas dire que ce soit quelqu'un de très très connu, bien qu'il a été ministre de la Culture.

Mais en même temps c'est quelqu'un qui a été parlementaire pendant très longtemps, c'est un ancien LR, et qui va être aux commandes justement, comme vous le disiez Soazig, pour aller repêcher à la buvette un par un ses ex-amis LR pour dire bon bah sur ce texte-là ça serait bien que tu nous aides et que tu votes avec nous, etc. On est dans un moment où le pouvoir n'est plus vraiment au gouvernement, mais quand même beaucoup à l'Assemblée. Parce que l'Assemblée c'est là où ça va se décider, c'est là où vont se bâtir les compromis. Donc quand vous voyez la nomination de quelqu'un comme Franck Riester qui est député depuis 2007, vous dites oui, il a quand même un profil pour ça.

Donc ce sont des spécialistes de la vie parlementaire, comme disait tout à l'heure Christophe Barbier, si on regarde vraiment dans le détail les CV qui ont été mis à ces postes-là pour aller arracher les compromis. Soit vraiment des personnalités qui connaissent très bien le monde du Parlement, soit des personnalités qui sont spécialistes de leur spécialité, comme le ministre de la Santé, ou comme d'autres. Par exemple Caroline Cailleux, qui rentre au gouvernement aussi, qui est une femme historique, DLR, etc. C'est quelqu'un qui a été toujours très investi auprès des collectivités territoriales.

Elle a participé à de nombreuses associations d'élus et elle sera justement en charge des collectivités territoriales. Brice Saint-Hurier ?

9:00
Invité

Oui ou pas ?

9:01
Présentateur

Sur la lecture politique, encore une fois, logiquement, ce gouvernement est la réponse d'Elisabeth Borne et d'Emmanuel Macron au scrutin des dernières législatives.

9:12
Invité

Oui, mais c'est un atout, je suis d'accord, mais c'est aussi le symptôme d'une situation de contrainte absolue. Parce qu'on voit bien que s'il n'y a pas d'élargissement, justement, à d'autres membres des oppositions, c'est parce que d'emblée, le gouvernement et Emmanuel Macron ont dit « j'ai été élu sur un programme clair », parce qu'il pouvait se discuter, et que d'emblée, les oppositions ont dit « nous sommes dans l'opposition ». Aussi bien du côté des LR que du côté de la NUP ou du côté du RN, bien évidemment. Alors après, tout le monde entonne la musique de « mais au cas par cas, dans l'intérêt du pays, nous trouverons des compromis utiles aux Français ».

Mais d'emblée, moi, ce qui me frappe, c'est que vous avez une position, au moins c'est clair, qui a été affirmée de part et d'autre, et qui n'est pas du tout une position qui plaide pour, si ce n'est une grande coalition, du moins une composition un peu élargie. Donc quand vous êtes dans une situation aussi contrainte, et bien effectivement, vous êtes obligé de vous rabattre sur des gens qui connaissent très bien leur secteur. On en a cité quelques-uns. Il y a aussi Olivier Klein, qui vient de l'Agence nationale de la rénovation urbaine et qui ira au logement. On a Jean-Christophe Comte, qui est directeur général de la Croix-Rouge, qui va remplacer Abad.

Donc vous vous rabattez, mais au bon sens du terme, on va dire, c'est pour ça que c'est un atout aussi, sur des gens qui peuvent être très compétents dans leur secteur, ou qui connaissent bien le Parlement, mais c'est bien parce que vous subissez une situation politique.

10:32
Présentateur

Oui, parce qu'il y a des contraintes. D'ailleurs, le Président l'a dit au début du Conseil des ministres, il a pris acte du refus des oppositions d'aller vers une coalition, un contrat de gouvernement. Il a dû l'assumer en ce premier Conseil des ministres.

10:45
Invité

Et derrière ça, il y a une réalité, il y a deux réalités. C'est que les oppositions sont extrêmement radicalisées. Ce n'est pas du tout la même vision entre la NUP, l'LR, le RN. Donc on n'est pas en 88, où là vous pouvez trouver des compromis avec les gens du centre-gauche, du centre-droit, à l'intérieur de deux grandes familles, la gauche et la droite. Là, on est sur une tripartition beaucoup plus radicalisée et imparfaite, puisqu'elle est LR. C'est ce qui fait qu'on ne peut pas coaguler aussi facilement les forces politiques. Et puis la deuxième raison, c'est que personne n'a envie d'aller sauver le soldat Macron quand il estime que le soldat Macron est affaibli.

Moi, je crois que c'est un gouvernement en sursis. C'est-à-dire que dès le début, on est dans une situation de contrainte et que c'est un gouvernement en sursis.

11:25
Présentateur

Et vous ne pourriez pas si bien dire, parce que parmi les premiers mots d'Emmanuel Macron à cette nouvelle équipe, ça a été de leur dire « il va falloir tenir, il vous faudra tenir ». Il évoquait le contexte international et la guerre en Ukraine, mais il pensait sans doute aussi à ce bras de fer qui débute avec les oppositions. Un remaniement et un conseil des ministres dans la foulée, l'exécutif sous pression depuis les élections législatives, doit tenter de reprendre la main avec un gouvernement sans stars, sans surprises, sans débauchage. Le choix d'un retour contraint aux fondamentaux de la Macronie. Romain Basnenou, Juliette Sperrault et Dominique Lemarchand.

11:57
Invité

Pour certains d'entre eux, c'est une première. Conseil des ministres, cet après-midi à 16h avec les 42 membres du nouveau gouvernement Bormes. L'exécutif veut se montrer au travail après des semaines de flottement et un remaniement exprès ce matin. Emmanuel Macron prévient ses troupes. Le quinquennat s'annonce compliqué. Il convient de prendre acte de l'absence de volonté des partis de gouvernement de participer à un accord de gouvernement. Notre pays a besoin de réformes, de transformations. Dans les politiques publiques que vous aurez apportées durant les années qui viennent, il a besoin aussi d'esprit de responsabilité pour bâtir des compromis exigeants.

Après le remaniement de ce matin, plusieurs départs remarqués du gouvernement. Damien Abad accusé de viol, Amélie de Montchalin et Brigitte Bourguignon défaites aux législatives, remplacées par Jean-Christophe Combes, Christophe Béchut et François Braune à la santé. Ce dernier est nouveau en politique. Médecin urgentiste, proche du président, il obtient l'un des portefeuilles les plus importants du gouvernement. Depuis un mois, il pilotait la très critique émission flash sur l'hôpital. La santé est une préoccupation principale des Français, c'est une priorité pour le président de la République. Les attentes sont fortes, elles sont légitimes.

Autre promotion, Christophe Béchut, maire d'Angers et proche d'Edouard Philippe, nommé ministre de la Transition écologique.

13:40
Locuteur non identifié

C'est cette écologie d'action résolue, ambitieuse, portée par des élus de terrain que nous allons faire en sorte de décliner.

13:47
Invité

Un mauvais signal pour les écolos. Une chose est déjà certaine, jamais croiser Christophe Béchut sur la moindre lutte écologiste. Méfiance aussi de l'ONG Greenpeace. Nommé à un poste si important à un politique sans expérience sur les enjeux de transition écologique et qui n'a quasiment jamais pris position sur les questions nationales ou internationales, démontre un réel manque d'ambition. Autre changement dans le gouvernement, le retour de Marlène Schiappa en tant que secrétaire d'Etat chargé de l'économie sociale et solidaire. Clément Beaune passe au transport et Olivier Véran devient porte-parole du gouvernement. Un manque de nouveauté moqué depuis ce matin par l'opposition.

Pour Marine Le Pen, « Ceux qui ont échoué sont tous reconduits ». Manuel Bompard de la France Insoumise, lui, ironise. Il y a manifestement peu de volontaires pour grimper à bord du Titanic. Franchement, entre nous, on a plutôt le sentiment qu'on prend les mêmes et on recommence. Et c'est pas avec des petites tâches de couleurs que l'on met dans un gouvernement comme sur un tableau que l'on donne des signes d'ouverture. Je note en fait que ce gouvernement, c'est quand même beaucoup des technos. On parle de Jean-François Caranco à l'Outre-mer, de François Braune à la Santé. Des gens qui ont probablement des compétences techniques, mais qui ne sont pas des politiques.

Or, on a bien vu la difficulté qu'avaient souvent des technocrates à enfiler un costume de ministre. Seule prise d'ouverture de ce remaniement, l'ancien socialiste Olivier Klein, nommé ministre de la ville. Aucune prise de guerre, aucune surprise venue des LR, contrairement à certaines rumeurs récentes. Le parti de droite veut s'inscrire dans l'opposition. J'ai l'impression que le président était dans une forme de duplicité, parce qu'à aucun moment, d'abord, il n'a proposé de projet sur le fond, comme à l'Allemande, où nous pourrions être autour de la table et nous entendre, en fait, sur des questions de sécurité, sur la réduction de la dette, sur les questions de pouvoir d'achat.

Non, on a l'impression que c'était en fait un jeu de dupe et que, fondamentalement, sur le fond, nous n'avons pas eu de garantie. Ça, c'est la première chose. Et puis, deuxièmement, encore une fois, nous ne voulons pas être comptables, ensuite, du bilan de ce gouvernement. Ce mercredi, la première ministre Elisabeth Borne prononcera son discours de politique générale à l'Assemblée nationale et ne devrait pas se soumettre à un vote de confiance. La France Insoumise vient d'annoncer qu'elle déposera une motion de censure contre le gouvernement. Que le bras de fer commence.

16:17
Présentateur

Et, justement, par l'aide de bras de fer, on a appris aujourd'hui que la première ministre ne solliciterait pas la confiance. Qu'est-ce que cela veut dire ? Parce qu'elle ne l'aura pas.

16:28
Invité

C'est l'usage.

16:29
Présentateur

C'est l'usage.

16:29
Invité

En période de majorité relative, pourquoi demander la confiance ? Ni Michel Rocard, ni Pierre Berré-Gauvois, ni Edith Cresson, qui sont succédés dans cette période 88-93, ne l'ont demandé. Parce qu'ils savaient très bien qu'ils n'auraient pas la confiance et que ça les mettait en péril. Il n'y a pas d'obligation juridique à demander la confiance et ça aurait été joué à la roulette russe politique. À la place de ça, au contraire, il y aura une motion de censure déposée par la France Insoumise qui va obtenir quoi ? Les votes de la France Insoumise, peut-être une partie des votes de la NUPES, mais peut-être pas de tous les membres de la NUPES.

On va déjà peut-être voir quelques défaillances parce que certains n'approuvaient pas cette provocation d'entrée. Et puis c'est tout. Donc elle a eu raison, Elisabeth Borne, ne pas de se mettre dans ce traquenard. Elle a assez de vraies difficultés à affronter pour piloter le bateau pour ne pas s'en rajouter.

17:09
Présentateur

Alors, nous continuons à essayer de décrypter ce remaniement avec cette question de Philippe dans le Vaucluse. Quand on reprend les mêmes en les laissant au poste clé, peut-on appeler cela un remaniement ? D'abord, c'est un remaniement après les législatives. Donc ça a toujours été un petit peu le cas. C'était le cas en 2017, c'était le cas en 2012. Le deuxième gouvernement qui suit après les législatives ne change pas beaucoup par rapport au premier.

17:30
Invité

Il n'y a pas de démission d'ailleurs.

17:31
Présentateur

Il n'y a pas de démission. D'ailleurs, je ne sais même pas si on doit l'appeler techniquement Elisabeth Borne II. Je n'en suis pas sûre. Un bis. Oui, voilà, c'est ça. Après, c'est plutôt un élargissement au borne de la Macronie. J'allais dire, on voit qu'il y a des gens qui viennent de territoires de progrès, de chez Horizon, de chez le Modem. C'est plus un rééquilibrage politique. Mais sur les poids lourds. Sur les poids lourds. C'est vrai qu'effectivement, on a l'impression que quand on dit on prend les mêmes et on les laisse au poste clé, dans cette question-là, je pense qu'il y a aussi une allusion à Bruno Le Maire, à Gérald de Darmanin qui sont donc renforcés.

Oui, mais qu'est-ce qu'on aurait dit si au bout de six semaines, on débarquait Bruno Le Maire ? C'est quand même assez compliqué. Encore une fois, ça a toujours été le cas quand il y a des remaniements ou des ajustements juste après les élections législatives. Ce sont des ajustements à la base. Sur les deux poids lourds, qu'est-ce qu'on peut dire sur Bruno Le Maire et Gérald de Darmanin ? Il y en a un qui récupère visiblement quelques ministres, qui reprend du poids avec un gros ministère de l'Intérieur, notamment. Je pense à Gérald de Darmanin. Oui, alors il y a deux hommes forts derrière Elisabeth Borne, effectivement.

Il y a le numéro deux du gouvernement, Bruno Le Maire, qui a maintenant une équipe politique très très forte et très agrérie autour de lui à Bercy, puisqu'il a avec lui Gabriel Attal qui s'occupe des comptes publics. Il a maintenant Jean-Noël Barraud qui s'occupe du numérique, qui vient du Modem, qui est reconnu pour ses qualités. Alors pas obligatoirement sur le numérique, mais c'est un très bon politique. Olivia Grégoire, ancienne porte-parole du gouvernement. Alors elle, elle est rattachée à Matignon, mais elle était quand même sur la photo de famille à Bercy, puisqu'elle va s'occuper désormais des PME de l'artisanat. Pardon, elle n'est pas rattachée à Matignon, je vous dis une bêtise.

Elle est bien à Bercy, parce qu'il y a plusieurs ministres qui sont rattachés à deux ministres. Il y a aussi Roland Lescure, qui est un proche d'Emmanuel Macron, qui est d'ailleurs pressenti pour la présidence de l'Assemblée nationale et qui était président de la Commission des affaires économiques dans la première partie du... Donc ça commence à faire beaucoup de monde autour de Bruno Le Maire. Et d'ailleurs, il a posté un selfie, très content de sa nouvelle équipe. Ça, c'est pour Bruno Le Maire. Et ensuite, c'est intéressant de voir ce qui se passe aussi à l'intérieur, qui est élargi à l'outre-mer, avec Jean-François Carinco.

Alors, Jean-François Carinco, ce qui est intéressant, c'est que vous savez que Gérald Darmanin est très proche de Jean-Louis Borloo. Or, c'est un ancien préfet, Jean-François Carinco, mais qui a été à plusieurs reprises directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo. Les deux hommes sont restés proches. Et on sait que Gérald Darmanin s'entend toujours très bien avec Jean-Louis Borloo. Donc, il y a un clin d'œil, là, évident, à l'ancien maire de Valenciennes. Et puis, Jean-François Carinco, c'est aussi l'homme qui était là pendant la crise des carburants en 2010. On s'en souvient, c'était à la toute fin du premier gouvernement Fillon, juste avant le remaniement.

C'est-à-dire à cette crise des carburants que Jean-Louis Borloo avait due, en grande partie, de ne pas accéder à son rêve, c'est-à-dire Matignon. Donc, c'est quelqu'un qui est très aguerri aux crises. Donc, on sait qu'il y a un gros travail en faire en Outre-mer, surtout avec les résultats des élections, que ce soit les élections législatives aux présidentielles. La Macronie a beaucoup perdu de plumes. Donc, ça va être le travail de Jean-François Carinco, mais sous l'autorité de Gérald Darmanin. Et ça, c'est nouveau. Donc, il est large. Donc, une première ministre et deux poids lourds. Exactement.

20:32
Invité

Et deux poids lourds, et pas trois poids lourds. C'est-à-dire que moi, ce qui me frappe, c'est que le pôle régalien est très bien représenté avec Darmanin, comme quoi, d'ailleurs, la crise du Stade de France n'a pas porté préjudice, au moins pour son poids politique. Il est plutôt renforcé, élargi, ce qui donne l'idée d'une priorité qui va être accordée aussi aux questions de sécurité. Deuxième priorité, c'est évidemment l'économie. Et là, on a Bruno Le Maire qui est renforcé, mais on n'a pas l'équivalent de Bruno Le Maire et Gérald Darmanin sur l'environnement.

Et c'est là où on voit bien tout de suite qu'il y a quand même des priorités qui commencent à se dégager, qui sont beaucoup plus sur l'économique et sur le régalien que, me semble-t-il, sur l'environnement. Puis, dernière remarque par rapport à votre reportage, quand Roussel dit « sont les mêmes » ou qu'on adresse cette critique, ben oui, mais il fallait y aller si on ne voulait pas les mêmes. Donc, on ne peut pas faire ce reproche objectivement au gouvernement. À partir du moment où d'autres forces politiques n'ont pas voulu les rejoindre, forcément, on tourne avec globalement à peu près les mêmes politiques.

21:27
Présentateur

Je m'arrête sur ce que vous expliquez sur l'écologie, parce que c'est vrai que là, il y a une vraie inflexion. On se souvient du Born 1. Là, pour le coup, il y avait la volonté d'expliquer que c'était un gouvernement où l'écologie était transverse sur tous les ministères. Il y avait une espèce de pôle autour d'Elisabeth Born. Là, les choses sont un tout petit peu différentes. Vous êtes d'accord avec ça ou pas ? C'est d'ailleurs Christophe Béchut, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires.

21:51
Invité

Ça recule dans l'ordre protocolaire, mais les écologistes n'ont pas fait offre de service. Julien Bayou a été reçu à l'Élysée, il a fermé la porte. Il ne voulait ni participer à une coalition gouvernementale, ni garantir que, par exemple, sur ces grands sujets de transition écologique, il y aurait un vote favorable à l'Assemblée de ce qui serait proposé. À partir de là, on peut considérer qu'Emmanuel Macron revient sur ses priorités à lui. Il ouvre le Conseil des ministres en disant « il y a la guerre ». Il y a la guerre, pendant que la petite camarilla politique se préoccupe de l'affaire Abad, de l'affaire Coquerel et d'autres sujets domestiques.

On est loin des grands tourments géopolitiques, au milieu desquels Emmanuel Macron a baigné pendant une semaine avec ses rendez-vous internationaux. Tempête géopolitique, tempête économique. Ce n'est pas étonnant si on retrouve le régalien protecteur, intérieur, défense, justice, et l'économique au premier rang du gouvernement.

22:36
Présentateur

Quand on parle des urgences, j'imagine que même Emmanuel Macron ne considère pas l'écologie comme ne faisant pas partie des urgences. On l'a vu et compris dans les agendas européens qu'il a défendu lui-même.

22:46
Invité

Mais il faut avoir les moyens de ces urgences. Et visiblement, les moyens de la transition écologique, ils vont être à Bercy. Avec ce Bercy renforcé, ou quand on va prendre des mesures sur le pouvoir d'achat, quand on va décider du budget, quand on va piloter les investissements en France et les aides aux entreprises, il y aura une coloration verte, mais ça se fera à Bercy.

23:01
Présentateur

Vous considérez que c'est l'un des enseignements majeurs de ce remaniement ou pas ? J'allais dire ce recul, mais peut-être cet ajustement, je ne sais pas le mot que vous choisirez, pour définir le fait que l'écologie est peut-être un peu rétrogradée dans les ambitions de cette nouvelle équipe.

23:19
Invité

C'est un repli défensif. Entre deux tours du président de la République avait abouti à un grand discours écologique à Marseille, l'arrivée de cette planification écologique et territoriale, et voilà qu'il n'a pas de majorité pour le faire, le faire à sa main. Donc ça va imprégner ce gouvernement, mais ce n'est plus la locomotive de ce gouvernement, la locomotive est revenue ailleurs. Néanmoins, Christophe Béchut, collectivité locale, transition écologique, planification territoriale, tout ça reste quand même avec une certaine cohérence.

C'est toujours là, et c'est toujours là aussi parce que c'est important pour les Français, c'est la deuxième ou troisième grande priorité des Français malgré tout, mais cette espèce de recul de la question environnementale, elle est dans la logique des résultats électoraux, des législatives. L'écologie, ce n'est pas la priorité du Rassemblement national, ce n'est pas la priorité des LR, et ce n'était pas l'archi-priorité non plus de la Macronie. Donc c'était en réalité beaucoup plus porté par la NUP. Donc il est assez logique qu'on ait plutôt le régalien et plutôt les questions économiques et sociales qui soient mises en avant que l'environnement.

24:22
Présentateur

Vous dites économiques et sociales. Alors sur le social ?

24:25
Invité

Social parce qu'il y a quand même un certain nombre, et je trouve dans les nominations qui ont été faites, notamment sur le logement et la ville, sur les questions aussi qui vont toucher à la rénovation énergétique et à ses implications, à ses conséquences sociales. Quand on va faire des aides pour les foyers en termes de rénovation, ce champ-là, il n'est pas totalement délaissé, il n'a pas disparu. Donc oui, c'est économique et social. Et puis il y a la question du pouvoir d'achat. La question du pouvoir d'achat, ce n'est pas qu'une question économique. C'est une question avant tout de protection aussi des plus vulnérables ou de l'ensemble de la population.

Mais l'environnement, je crois, n'a pas disparu encore une fois. Mais s'il occupe une place moins éminente, c'est faute effectivement de personnalité pour l'incarner. Mais je le redis, c'est un peu dans la logique réélectorale.

25:10
Présentateur

C'est l'une des leçons du scrutin des législatives.

25:12
Invité

Pour moi, oui. On voit quand même où s'est déplacé progressivement le curseur de la vie politique française. S'est déplacé plutôt à droite et dans une droite qui n'est pas extraordinairement favorable aux questions environnementales.

25:27
Présentateur

Sois-et-Cabinard, vous voulez dire un mot ? Mais sur la question de l'écologie, ce que va devoir porter Christophe Béchut, et c'est très lourd à porter... Alors c'est qui Christophe Béchut ? Alors, Christophe Béchut, il a été maire d'Angers. Il est maire d'Angers pour l'instant. C'est un très proche d'Edouard Philippe. Il est numéro 2, d'ailleurs, du parti Horizon. C'est quelqu'un qu'on annonce au gouvernement depuis des années et des années. Il a enfin, sous Nicolas Sarkozy notamment, il a enfin été nommé aux collectivités territoriales. Ça, c'était dans le tout premier gouvernement de Borne. Alors, on ne l'a pas entendu, absolument pas, parce que ces sujets n'étaient pas mis en avant.

Et puis, il y avait le devoir de réserve. Donc, on va le découvrir, là, les Français vont le découvrir à la transition écologique. Alors, ce qui va être très intéressant, c'est de voir s'il est capable de porter, ça va être tout son travail, est-ce qu'une écologie de droite existe ? Il y a déjà des personnalités qui ont essayé. Je pense à Nathalie Koscius-Comorizet, je pense à Chantal Joannot. Ça commence à faire très longtemps maintenant. Donc, dans ce contexte de crise, dans ce contexte de problème de rapport avec les territoires et de discussion de qui va payer la transition écologique, c'est ça. Ça va être ça, le sujet. Donc, il va être beaucoup dans les rouages.

Peut-être qu'il va le faire très bien, on verra. Mais c'est vrai qu'on ne sera pas sur un portage flamboyant, politique. L'écologie, ça a été souvent du portage médiatique. Là, la question, c'est est-ce qu'on va avoir un portage dans les rouages, dans les profondeurs de l'administration ?

26:43
Invité

L'anti-Nicolas Hulot, en quelque sorte, Angers a très souvent été bien placé dans les palmarès de la qualité de vie, des villes où il fait bon vivre, depuis au moins Joachim du Belay. Et dans notre période moderne, c'est une des forts de cette ville. Donc, à lui de prouver qu'on peut avoir une écologie du pragmatisme, du local et de la vie quotidienne.

26:59
Présentateur

François Braune fait partie des entrants. François Braune. Avec en charge un énorme dossier, celui de la santé. Il avait reçu comme mission de réaliser une mission flash sur l'état de l'hôpital avant les vacances, puisqu'on sait que ça va être un sujet urgent. C'est un profil, là pour le coup, d'expert de son sujet, puisqu'il est urgentiste. C'est un urgentiste. Il arrive de mai. Il est aussi patron d'un syndicat des urgentistes. Donc, ça veut dire qu'il a aussi un profil assez politique. Il n'est pas simplement médecin. Il connaît aussi tous les rouages de la négociation.

Et comme il a été effectivement rapporteur, enfin, il a été à la tête de cette mission flash, et qu'il a, c'est un proche d'Emmanuel Macron, et il a rédigé en partie le programme santé du candidat Macron, c'est quelqu'un, j'allais dire, qui était naturellement fait pour remplacer, effectivement, Brigitte Bourguignon. Brigitte Bourguignon qui n'est pas resté très longtemps, et on l'a vu tout à l'heure très émue. Elle a été battue aux législatives. Elle a été battue pour moins de 60 voix, et c'était beaucoup investi sur les questions sociales. C'est quelqu'un qui vient du Parti socialiste. Et si la politique est dure, Brigitte Bourguignon en est l'incarnation.

28:09
Invité

C'est le sujet des Français. On a évidemment les questions de pouvoir d'achat, mais les questions de santé ont totalement envahi le champ des représentations, des inquiétudes. C'est un sujet de court terme. Il y a des urgences aux yeux des Français, évidemment, en matière de santé. Et puis, c'est un sujet de moyen et de long terme pour retrouver dans les territoires suffisamment de médecins. Enfin, tous les problèmes, on les connaît. Ils ont été posés. Ce qui est très, très frappant, c'est de voir l'intensité de la demande des Français sur ce sujet.

28:37
Présentateur

Récemment, là ? Ou depuis la crise du Covid ?

28:39
Invité

Depuis la crise du Covid, ça avait commencé avant, parce que la question des urgences avait commencé avant. Ça s'est amplifié au moment de la crise du Covid et tout ce qu'elle a révélé sur l'hôpital public, mais pas que sur l'hôpital public, sur l'accès aux soins dans les territoires, sur le manque de professionnels, sur le manque de spécialistes, sur les difficultés à avoir des rendez-vous. Et c'est quelque chose qui a pris une ampleur encore plus forte depuis ces derniers mois. Donc, s'il y a une priorité, moi, je trouve, pour le gouvernement, s'il y a vraiment un secteur sur lequel il faut qu'il mette l'accent et des moyens, en logique d'opinion en tout cas, c'est véritablement la santé.

29:10
Présentateur

C'est la santé.

29:11
Invité

Et d'ailleurs, il y a une secrétaire d'État

29:12
Présentateur

qui est chargée de l'organisation territoriale et des professions de santé. Donc, on voit bien qu'il va y avoir le ministre qui va s'occuper de l'hôpital et Agnès Firmin-Lebaudot, qui est elle aussi une proche d'Edouard Philippe, qui va avoir en charge ce dossier qui est effectivement un dossier très, très politique. On en a beaucoup parlé pendant la campagne présidentielle et Brice vient de dire toute l'importance du sujet aux yeux des Français. Est-ce que dans ce gouvernement, il y a une surprise ? Je disais tout à l'heure, un gouvernement sans surprise. Est-ce que vous en avez eu, vous, des surprises lorsque vous avez entendu ?

J'ai entendu non, parce que cette fois-ci, il n'y a pas eu d'annonce par le secrétaire général de l'Élysée. Ça a été un communiqué. Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous a surpris, Christophe Barbi ?

29:48
Invité

La surprise pour moi, c'est le renforcement des deux barons, Le Maire et Darmanin. D'accord. Renforcement visible par des rattachements de ministres, par des personnes visibles, notamment pour Le Maire.

29:58
Présentateur

Avec une lecture, pardonnez-moi, je vous ai coupé, mais juste pour faire suite à ce que vous expliquez, deux barons qui sont là pour rassurer, entourer, encadrer Elisabeth Borne ?

30:08
Invité

Oui, ça veut dire que le président de la République prend acte de la faiblesse d'Elisabeth Borne, faiblesse bien sûr à l'Assemblée, puisqu'elle n'a pas de majorité, pas une immense force dans l'opinion. Clairement, Elisabeth Borne n'est pas présidentiable. Tandis qu'on sait que Le Maire et Darmanin, par rapport à 2027, sont là aussi pour encadrer l'exécutif, comme de Cariatide. Travailler au corps les députés LR, parce que ce sont d'anciens LR, donc s'il faut aller chercher des voies, ils peuvent le faire, et puis contrer peut-être aussi un peu les ambitions d'Edouard Philippe, qui ne peut pas être le seul dauphin, le seul prétendant pour 2027. Alors pourquoi ça vous a surpris ?

Je ne pensais pas que dans ce gouvernement-là, alors qu'on était concentré sur la gouvernabilité de la situation, Emmanuel Macron leur concèderait autant de force. Il irait chercher autour de lui, chez ces deux personnages venus de la droite, un renforcement visible, encore une fois comme s'il mettait deux poutrelles pour tenir l'édifice.

30:56
Présentateur

Vous iriez jusqu'à dire que c'est un signe de faiblesse de la part du président de la République ?

31:01
Invité

C'est un signe d'inquiétude. Quand il dit au gouvernement, au ministre, vous allez devoir tenir, c'est qu'il sait que la tempête va être terrible au Parlement, les oppositions ne vont faire aucun cadeau, et le principal ennemi de ce gouvernement, c'est la réalité. Ce sont les chiffres de l'économie, ce sont les colères sociales, on a déjà vu des grèves, c'est ce qui va nous arriver d'Ukraine en fonction de la tournure des événements politiques. Il faudra beaucoup de nerfs et beaucoup de muscles politiques pour résister à cela, et je pense que c'est un témoignage de l'inquiétude du gouvernement et du président, dont tous ceux qu'il aborde depuis sa visite à Kiev témoignent.

Il est très inquiet des mois à venir pour l'Europe occidentale et pour la France en particulier.

31:35
Présentateur

Pour rebondir sur ce que disait Christophe, pour montrer cette inquiétude et pour illustrer cette inquiétude, il y a aussi comme surprise la nomination d'Olivier Véran, en tant que porte-parole du gouvernement, que personnellement moi je n'attendais pas, et là le retour de Marlène Schiappa. Qui sont Olivier Véran et Marlène Schiappa ? Ce sont deux personnalités qui ont été très identifiées durant le précédent quinquennat, contrairement à d'autres ministres, et qui seront sans doute très présents dans les médias. Évidemment Olivier Véran pour porter la parole du gouvernement, mais aussi Marlène Schiappa, qui est quelqu'un qui est très identifié par les Français.

Et là elle revient au poste plus technique de l'économie sociale solidaire et de la vie associative. Brice Tintourier, vous êtes d'accord avec ça ?

32:17
Invité

Oui tout à fait, et alors du coup je vais faire part de l'autre facette, de l'autre surprise. Moi je trouve finalement qu'il y a une capacité à faire venir des gens qui sont des experts et qu'on ne connaît pas, que les Français ne connaissent pas. Ça avait déjà été le cas avec le début du premier quinquennat, et quand on voit, on les a cités, François Sebroune, mais on a aussi Laurence Sebroune, qu'on n'a pas encore cité, qui est une économiste, qui va arriver à l'Europe. Finalement il y a un alliage entre des vieux routiers de la politique, des poids lourds, et puis des experts, je pense que plutôt que des techniciens, c'est des experts de leur domaine.

Et on ne sait pas très bien si cet alliage va fonctionner ou pas, mais on ne pourra pas en tous les cas reprocher à ce gouvernement de ne pas avoir poussé des gens que les Français ne connaissent pas.

32:55
Présentateur

Vous pouvez trouver une forme d'équilibre dans la composition ?

32:58
Invité

Je pense qu'à la base, encore une fois, c'est quelque chose d'assez subi, c'est parce que les oppositions n'ont pas voulu rentrer, etc. Mais une fois qu'on a dit ça, oui, ils sont quand même allés chercher des gens qui, dans leur secteur, sont des gens avec des vrais CV, un peu comme au tout début, en 2017, c'est ce qu'on avait dit, regarder des gens qui ont des CV plutôt étincelants, à l'époque, en 2017, qu'on ne connaissait pas, qui n'étaient pas des politiques, mais qui étaient reconnus dans leur profession, dans leur secteur, comme étant des gens compétents.

33:24
Présentateur

Et ça, ça plaît plutôt aux Français, Brice Tinturier ?

33:25
Invité

Ça plaît assez aux Français d'avoir quelqu'un qui vient du monde de la santé à la santé, quelqu'un qui sera capable aussi, au logement, qui vient de ce monde-là, en tous les cas, de l'Agence nationale de la rénovation urbaine, etc. C'est quand même rassurant de se dire que sur des postes complexes, on met des gens qui ont une compétence a priori là-dessus.

33:45
Présentateur

C'est vrai que, je voulais vous poser la question avant d'aller au deuxième reportage, les observateurs peuvent se dire « Oh là là, il n'y a pas de débauchage, il n'y a pas de tête connue ». Ça plaît peut-être plutôt aux Français qui aiment cette idée d'un renouvellement de la vie politique ?

33:56
Invité

Je pense qu'ils vont très vite juger quand même sur les actes. C'est vraiment qu'est-ce qui va sortir maintenant de tout ça. On attendait ce gouvernement. Il y a eu une lenteur beaucoup trop forte dans la mise en place des personnes et des politiques. Et maintenant, les Français les attendent sur…

34:09
Présentateur

Eh bien, ils les attendent sur le dur et sur la question du pouvoir d'achat puisque ce sera le premier test pour la majorité. Le pouvoir d'achat sera, ce texte en tout cas, sera soumis au Parlement le 18 juillet. Les oppositions posent leurs conditions sur l'ère de cet apprendre ou à laisser. Le gouvernement commence déjà à inscrire de son côté un procès en immobilisme alors que les Français attendent ces mesures d'accompagnement naturellement face à l'inflation. Juliette Vallon, Nicolas Baudry-Dasson. Remaniement ou pas, face à l'inflation, pas une minute à perdre.

Alors que le ministre de l'Économie n'est pas officiellement confirmé dans ses fonctions ce matin, le voilà qui monte au front avec une toute nouvelle mesure en faveur du pouvoir d'achat.

34:52
Invité

Aujourd'hui, les promotions ne peuvent pas excéder 34% de remise dans la distribution. Je propose qu'on élève ce seuil à 50% pour qu'il y ait des prix cassés pour tous ceux qui en ont besoin.

35:03
Présentateur

Des promos qui viennent donc s'ajouter à la liste des aides promises par le gouvernement dans le cadre de la loi sur le pouvoir d'achat. Il y a déjà le chèque alimentaire de 100 euros pour les Français les plus défavorisés, mais aussi la suppression de la redevance télé et le plafonnement de la hausse des loyers à 3,5%. De quoi donner des gages à l'opposition de gauche selon Bruno Le Maire qui met ses députés face à leur responsabilité.

35:27
Invité

Quand je vois que la France Insoumise dit avant même qu'on ait examiné le texte qu'il refuserait le texte sur le pouvoir d'achat, vous pensez vraiment que les gens qui ont voté pour la France Insoumise attendent des Insoumis qu'ils bloquent un texte qui va revaloriser les retraites, qui va revaloriser les minima sociaux, qui va confirmer le bouclier sur l'énergie, qui va rajouter tout ce que j'ai indiqué sur l'alimentation ? C'est vraiment ça que l'on attend ?

35:50
Présentateur

Difficile de trouver des alliés. Même les Républicains posent leurs conditions. Hier, leur tout nouveau patron à l'Assemblée, Olivier Marlex, a envoyé une lettre de deux pages à la Première Ministre Elisabeth Borne pour réclamer trois mesures principales dans le texte du projet de loi. La baisse du prix du carburant à 1,50€ le litre, la baisse des charges pour augmenter les salaires et l'annulation de la hausse de la CSG pour tous les retraités.

36:15
Invité

On demande à l'État simplement d'arrêter d'assommer les Français par des taxes et d'en redistribuer une emmène. En clair, rien que la TVA, c'est aujourd'hui 35 centimes. 35 centimes, rien que de TVA, 35 à 40 centimes sur 1 euro de taxe par litre.

36:30
Présentateur

Mais vous avez entendu tout à l'heure la chronique de votre décan.

36:33
Invité

18 centimes, ça ne suffit pas.

36:35
Présentateur

La bataille autour du pouvoir d'achat s'annonce donc acharnée avec des partis d'opposition de tous les bords de l'échiquier, bien décidés à avancer leur pion à l'Assemblée tant qu'ils n'auront pas eu gain de cause.

36:46
Invité

Pour nous, c'est largement insuffisant. Donc on va amender. Après, on ne s'attend pas à ce que la Macronie bondisse de joie face à nos propositions. Ça n'a jamais été le cas. Mais on verra quels sont les rapports de force dans cette Assemblée nationale qui est extrêmement renouvelée et où pour le moment, sujet par sujet, le doute est permis sur comment ça va pouvoir se goupiller in fine pour les gens.

Nous ne désespérons pas, peut-être que Emmanuel Macron va reprendre nos propositions sur la baisse des taxes, sur la TVA à taux zéro sur 100 produits de première nécessité d'alimentation et d'hygiène, sur la réindexation des pensions de retraite sur l'inflation, comme c'est déjà a priori dans les cartons. Donc nous allons regarder de près. On ne sera pas une opposition dogmatique.

37:26
Présentateur

Des logiques politiciennes à dépasser pour le candidat malheureux d'Europe Écologie-Les Verts à la présidentielle, Yannick Jadot. Selon lui, il y a urgence à changer de logiciel pour éviter les blocages.

37:38
Invité

Ce pays a besoin de réformes majeures. Ce pays a besoin d'apaiser un peu les tensions. Ce pays a besoin, j'allais dire, vous savez, on me dit souvent, on ne dit pas ce mot, compromis. Eh bien oui, faire un accord qui permet à notre pays d'avancer sur le climat, le social, l'économie, la démocratie, c'est le cœur de la démocratie.

38:02
Présentateur

C'est à partir du 18 juillet que l'Assemblée nationale examinera le très attendu projet de loi pouvoir d'achat. La nouvelle présidente de l'Assemblée issue de la majorité présidentielle, Yael Brown-Pivet, espère le faire adopter d'ici la fin du mois de juillet pour que les mesures puissent s'appliquer dès la rentrée. Alors, maintenant qu'il y a un gouvernement, il faut une méthode. Comment cela peut-il se passer ? Une question de Gisèle en Meurthe et Moselle, comment réagiront les Français si les partis d'opposition refusent systématiquement toutes les propositions du gouvernement ? Christophe Barbier.

38:32
Invité

C'est un danger pour les partis d'opposition d'apparaître comme des bloqueurs qui empêchent des améliorations concrètes dans la vie quotidienne des Français. La santé, le pouvoir d'achat. Attention, au bout d'un moment, le blocage purement idéologique peut être un boomerang. Comment ça va se passer d'ici là ? D'abord, puisque ça va être compliqué de faire voter des lois au Parlement, on aura moins de lois au Parlement. Et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle. Arrêtons de légiférer sur tout. C'est une des raisons, à mon avis, pour lesquelles on trouve autant d'experts, autant de spécialistes. Il va falloir passer le maximum de décisions et de changements par l'administration, par l'État.

On peut faire des décrets, on peut faire des circulaires ministérielles, on peut connaître son administration et aller bouger des comportements dans tel ou tel service de son administration qui font plus de changements pour les Français qu'une xième loi qui met 4 mois à être adoptée et qui après se perd le temps qu'on prenne les décrets d'application. C'est pour ça qu'on voit beaucoup de spécialistes qui seront là pour être des chefs d'administration. Il faudra quand même aller au Parlement pour certaines lois. Par exemple, la proposition de Bruno Le Maire de passer de 34% à 50%, c'était dans la loi EGalim. Il faut une loi pour corriger la loi. Donc, à ce moment-là, il faudra négocier.

Négocier dans les commissions parlementaires, entre experts du sujet, ça se fait. Négocier comme on sait le faire quand il y a des navettes entre un Sénat de droite et une Assemblée macronienne. Les commissions mixtes paritaires, c'est du compromis. On sait le faire dans la vie parlementaire.

39:48
Présentateur

Compromis avec l'ANUP, compromis avec le Rassemblement National, compromis avec LR, compromis avec l'EPS, avec qui ?

39:53
Invité

Oui, compromis avec tout le monde pour au minimum avoir des abstentions et faire passer les textes par des majorités relatives et si possible, avoir des majorités absolues sur certains textes. Et puis, il y a des armes secrètes quand même dans la vie parlementaire qui peuvent être utiles. Le 49.3, ça existe encore sur une loi de finances rectificative, sur une session extraordinaire comme celle qui commence demain. Il y a droit à un 49.3. Pourquoi ne pas l'utiliser sur le sanitaire ou sur le pouvoir d'achat ? Les Français le comprendraient. Et puis, il y a une démarche qui s'appelle le vote bloqué qui est très habile et très utile.

Le gouvernement fait passer son texte en bloc en ne retenant que ses propres amendements et les amendements qu'il accepte venant d'autres groupes. Vous pouvez très bien dire aux Républicains « Allez, on vous prend vos amendements, on les met dans le texte, on fait un vote bloqué, comme il y a vos amendements, vous le votez, à nous deux, on a la majorité absolue. » Ça va vite, ça permet de faire des paquets, ça nécessite beaucoup de négociations en amont, mais ça peut être une manière d'aller vite sans passer en force. Alors, il faut beaucoup d'habileté parlementaire pour ça. C'est le travail de Franck Christel et d'Elisabeth Borne.

40:51
Présentateur

Quand on entend le tout nouveau président de groupe des LR, il n'a pas du tout l'intention de rendre ce service-là à Emmanuel Macron.

40:59
Invité

Pour l'instant. Il y a aussi la bataille du parti au LR. Le LR n'a plus de président. Il y a une présidente par intérim, il y aura un congrès, ces enjeux idéologiques dans les partis, chez les LR, mais aussi chez les écologistes et les socialistes, vont peser jusqu'à l'automne. À un moment donné, on va porter sur l'idée d'être simplement dans le blocage du Parlement. Si demain, il y a dissolution, qui est sûr de revenir avec autant de députés qu'au mois de juin ? Certainement pas. Est-ce que les RNs sont sûrs d'en avoir 90 ? Les LRs, plus de 60 ? Et la NUPES à 130 ? On a vu des failles dans la NUPES. Personne n'a intérêt à appuyer sur le bouton atomique. Surtout pas la majorité ?

Et encore moins la majorité,

41:37
Présentateur

bien sûr. Oui, c'est intérieur.

41:38
Invité

Mais il peut y avoir des sujets sur lesquels on est totalement en désaccord et on reste en désaccord. Et le pouvoir d'achat, je crois, fait partie de ces sujets sur les mesures. Il y a une croyance là qui consiste à dire on va faire des compromis et on va finir par trouver un accord. Pas forcément. Quand vous avez sur le pouvoir d'achat des oppositions qui veulent le blocage des prix ou la baisse de la TVA et un gouvernement qui dit l'inverse, qui veut des aides ciblées mais pas la baisse de la TVA. Je vois pas quel type de compromis on peut trouver. En revanche, ce qui peut se produire, c'est que les oppositions à ce moment-là s'abstiennent.

Donc elles disent je ne suis pas d'accord avec cette politique mais je ne vais pas la bloquer. Et on revient à chacun prend ses responsabilités. Je pense que c'est ça qui va se produire sur un certain nombre de sujets mais il faut se sortir, je crois, l'idée de la tête qu'on va trouver toujours des compromis. Encore une fois, non. Et il y a une paralysie qui peut être tout simplement le constat qu'on n'est pas d'accord et que la délibération ne permet pas de trouver un accord.

42:33
Présentateur

Et dans ces cas-là, on fait quoi ?

42:34
Invité

Eh bien dans ces cas-là, on s'abstient ou on renverse le gouvernement et c'est ce qui est possible. Donc je crois qu'on pourra continuer du compromis mais parce qu'à un moment donné, certaines oppositions se diront je ne suis pas d'accord, je le clame haut et fort. Maintenant, je ne vais pas m'opposer à ce que ces mesures soient prises.

42:51
Présentateur

On est d'accord que sur la question du pouvoir d'achat, c'est le texte sans doute par excellence sur lequel personne n'a forcément intérêt à ce qu'on dit. C'est de sa faute si ça n'est pas passé. C'est ça la question. Est-ce qu'on va se retrouver dans la culture de la recherche de coupables permanents ? C'est-à-dire, on prend l'opinion publique à témoin, vous n'avez pas voulu voter ce texte parce que vous n'aimiez pas cet amendement-là, vous avez refusé le texte en bloc, etc. Vous n'avez pas été responsable et ils peuvent se renvoyer comme ça à la balle pendant des jours et des jours.

Donc là, quand on regarde ce qui est en train de se passer et c'est avec les LR évidemment que le compromis ou en tout cas la discussion devrait être la plus évidente mais quand on regarde ce qui est dans la corbeille de propositions de LR et notamment l'essence à 1,50€ et qu'on a en face un Bruno Le Maire qui dit ça compte 50 milliards c'est hors de question vous ne pouvez pas défendre vous ne pouvez pas dire défendre les finances publiques et en même temps proposer cette proposition ce n'est pas raisonnable et de l'autre côté on a LR qui regarde Bruno Le Maire en disant vous avez dit que la cote d'alerte était atteinte sur les finances publiques mais vous proposez des chèques ce à quoi Bruno Le Maire répond je propose des chèques alimentation parce qu'il est hors de question que les gens ne puissent pas se nourrir correctement dans notre pays et c'est pour ça que je fais une différence sur ces sujets-là donc pour l'instant c'est un dialogue de sourds donc ce qui risque d'arriver c'est ce dont vous parliez Christophe c'est-à-dire 1.49.3 sur cette loi-là où l'opinion prise à témoin mais ça peut durer ça peut durer longtemps et en même temps il y a une urgence sociale il y a l'urgence de la rentrée et puis il y a l'urgence carburant pour les personnes qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler donc ça augure d'un été très très compliqué un bras de fer Nathalie Moret ce qui va se passer sur la loi pouvoir d'achat à partir de mi-juillet à l'Assemblée nationale ça va être très intéressant parce qu'on aura l'état d'esprit de tout le monde et peut-être en petit ce qui va se passer pendant 5 ans parce qu'effectivement c'est pas une loi clivante le pouvoir d'achat c'est donner la possibilité à des gens qui ont des problèmes pour vivre de vivre mieux ça devrait faire consensus or effectivement quand vous avez les LR qui disent on veut le plein enfin la baisse de la TVA pour un litre un euro cinquante et que Bruno Le Maire dit mais je suis désolée vous n'allez pas cramer la caisse vous ne vouliez déjà pas qu'on la crève enfin c'est des choses totalement inaudibles pour on a l'impression qu'on va passer vous dites 5 ans peut-être que les choses bougeront d'ici là mais en tout cas les mois qui viennent avec des oppositions qui vont dire ça ne va pas assez loin je leur ai bien voté mais ça ne va pas assez loin il faut la revalorisation des minima sociaux il faut un SMIC à 1500 euros la droite disant il faut aussi baisser les charges vous voyez ce que je veux dire ça sera une forme de surenchère avec une forme d'habileté politique vécue comme ça de part et d'autre mais qui peut bloquer au fond l'adoption des textes

45:36
Invité

mais c'est la crainte qu'on peut avoir parce que sur la finalité du pouvoir d'achat tout le monde est d'accord sur les modalités il n'y a pas de consensus et on peut avoir effectivement un quinquennat où on aura des surenchères des oppositions avec une position qui peut être aussi une position dure ou rigide de la part du gouvernement mais encore une fois si on en arrive là c'est je crois parce que la logique de l'élection présidentielle est l'arrière-plan de toutes ces stratégies et que ça ne changera pas et que tant

46:01
Présentateur

le modèle à l'allemande c'est pas pour nous

46:02
Invité

mais le modèle à l'allemande il n'a pas ça quand on se gargarise avec dans tous les autres pays européens on trouve comme ça des coalitions et du compromis on oublie juste de dire qu'il n'y a pas l'élection du président comme horizon donc les stratégies partisanes en France elles sont aussi dictées par des formes de surenchères quand vous êtes dans l'opposition parce que vous voulez marquer des points cranter les choses dans l'opinion et commencer à dire que vous ferez mieux plus tard

46:24
Présentateur

là c'est la présidentielle plus tard c'est oui mais là on en sort c'est un peu de temps

46:29
Invité

si vous voulez bien et c'est pour ça que c'est totalement inédit et que ça n'a que très peu à voir moi je crois avec 88 et Michel Rocard

46:35
Présentateur

et on parlait de la NUPES qui a la France Insoumise qui réclame une commission d'enquête parlementaire sur les prix et sur l'inflation pour savoir s'il y a certains interlocuteurs qui se font des marges on sent bien qu'il y a un activisme parlementaire de la France Insoumise qui connaît très bien les leviers sur lesquels elle peut jouer et qui va politiquement faire exister son travail et sa ligne vis-à-vis de ça le gouvernement

46:58
Invité

oui à la fois dans une logique de blocage d'imprécation de destruction de l'action et puis pour essayer de faire avancer ses idées c'est très encadré les commissions d'enquête parlementaire vous avez droit à quelques cartouches quand vous êtes un groupe vous ne pouvez pas en déclencher comme ça tous les matins il faut aussi que la matière s'y prête par ailleurs ça rebondit sur une proposition une intention du ministre de l'économie lui-même qui veut qu'il y ait des enquêtes de la répression des fraudes donc de l'administration pour vérifier que certains ne profitent pas de la situation économique pour spéculer et faire des démarches indues donc ça ça se retrouve oui ça sera jugé insuffisant ce que fait le gouvernement mais la commission d'enquête va aboutir à quoi ?

à condamner qui ?

47:34
Présentateur

En tout cas et comment réagira la NUPES cet ensemble de plusieurs groupes lors de la loi pouvoir d'achat on voit que la France insoumise qui est le groupe le plus important de la NUPES a déjà dit qu'elle ne voterait pas la loi mais qu'est-ce que vont faire les communistes ? Qu'est-ce que vont faire les socialistes ? Qu'est-ce que vont faire les écologistes ?

Ce sera intéressant de voir s'ils arrivent eux aussi à une certaine unité face à ce texte Alors il y a les entrants et puis il y a les sortants un sortant en particulier dont nous allons parler maintenant la règle qui fait prévaloir la présomption d'innocence a donc changé au sein du gouvernement la pression était sans doute trop forte Damien Abad prise de guerre chez les républicains était débarquée du gouvernement après les accusations de viol depuis son arrivée au ministère des Solidarités la première ministre imprime donc sa marque et estime qu'il y a désormais un devoir d'exemplarité des politiques Laszlo Gelaber avec Léa Dermidjan et Ariane Morrison

48:23
Invité

Il aura tenu un mois et demi à peine entré au gouvernement Damien Abad le quitte déjà sa présence était devenue trop embarrassante confronté à des accusations de viol il quitte son ministère en portant de lourdes accusations dénonçant une manipulation politique Vous paraissez préférable face aux calomnies ignobles dont je suis la cible orchestrée dans un calendrier bien choisi jusqu'à ce matin encore que je puisse me défendre sans entraver l'action du gouvernement Comme le dit Montesquieu une injustice faite à un seul est une menace faite à tous Pour l'exécutif la situation était intenable Dès le lendemain de sa nomination plusieurs femmes accusent le tout nouveau ministre des Solidarités de viol Dernier témoignage en date celui de cette ancienne militante des jeunes UMP Selon elle Damien Abad l'aurait drogué et amené dans un hôtel en 2013 Je n'avais jamais eu un réveil aussi difficile physiquement puis j'ai eu des flashs aussi il était effectivement dans la chambre la nuit la nuit ça c'est sûr certain il était dans le lit c'est sûr Une élue vient quant à elle de porter plainte pour tentative de viol en 2010 mais depuis le début de cette polémique Damien Abad conteste fermement toutes les accusations Toutes les relations sexuelles que j'ai pu avoir dans ma vie ont toujours été mutuellement consenties ces accusations m'infligent comme à mon entourage une blessure profonde L'affaire Abad a parasité tout le début de ce nouveau quinquennat Transfuge des républicains c'était la prise de guerre des macronistes jusqu'alors maintenu à son poste et soutenu par le chef de l'état qui brandissait la présomption d'innocence Damien Abad y a droit comme tout citoyen je souhaite qu'il puisse mener à bien son travail Une règle qui s'est toujours appliquée à Gérald Darmanin maintenu au gouvernement lui aussi était accusé de viol avant que la justice ne classe les deux plaintes sans suite La vague MeToo submerge le monde politique et vient même toucher le tout nouveau président de la commission des finances Éric Coquerel mis en cause cette semaine pour certains de ses comportements avec les femmes Dimanche le député de la France Insoumise conteste ces rumeurs infondées dans une tribune et se défend sur les plateaux télé MeToo est une révolution absolument nécessaire à la fois pour débusquer les prédateurs mais aussi c'est peut-être un sujet que j'aurais abordé tout à l'heure pour faire en sorte que nous élevions tous notre conscience par rapport à des dominations masculines que nous reproduisons tout ça est absolument nécessaire mais dans le même temps même une cause juste comme MeToo peut être à un moment donné instrumentalisée pour X raisons à l'origine de la polémique Sophie Tissier une figure des gilets jaunes qui dit s'être sentie comme une proie face à l'élu lors d'une soirée en 2014

51:22
Locuteur non identifié

petit à petit il y a eu des gestes déplacés voilà des mains baladeuses prendre par la taille se rapprocher de moi se coller à moi je le sentais au bout d'un moment qui me reniflait excusez-moi du terme je lui ai quand même signifié je dis bon ça va ça suffit

51:37
Invité

Sophie Tissier a saisi le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de la France Insoumise comité créé en 2018 par cet élu Daniel Simonnet une première pour un parti politique

51:47
Locuteur non identifié

je suis très fière que la France Insoumise ait créé cette cellule contre les violences sexistes et sexuelles mais c'est une cellule qui est constituée que de femmes et qui permet à toute femme de pouvoir prendre la parole et d'être accompagnée

51:59
Invité

un dispositif unique en son genre loin de plaire à tout le monde un parti politique c'est pas SOS Amitié je veux dire il y a un droit aujourd'hui il faut renforcer l'accueil des victimes et faire appliquer le droit avec la présomption d'innocence au delà du comité Sophie Tissier vient officiellement de porter plainte contre Eric Coquerel pour harcèlement sexuel il pourrait à son tour saisir la justice pour diffamation

52:25
Présentateur

Sous-tit Kemener il est intéressant ce reportage parce qu'on voit à quel point tous les partis sont obligés de s'adapter et sont contraints d'adapter leur discours au fil de la pression de MeToo Oui alors avec des conséquences très différentes et des cas qui sont très différents dans ce qu'on a pu voir dans le reportage que vous venez de nous montrer Damien Abad c'est la victoire politique d'Elisabeth Borne c'est-à-dire qu'Elisabeth Borne ne voulait pas que Damien Abad reste au gouvernement d'ailleurs elle s'en explique dans une interview qu'elle a donnée à nos consœurs de elle je crois que c'est deux femmes qui ont fait l'interview et qui sera distribué en fin de semaine et elle dit il y a des témoignages qu'il faut prendre en compte c'est en substance ce qu'elle explique dans cette interview donc Emmanuel Macron était très hésitant à ce que Damien Abad sorte du gouvernement mais Elisabeth Borne avait dit s'il y a des nouveaux faits et il y a eu une plainte entre temps il faudra prendre des décisions donc ça c'est un cas très spécifique et d'ailleurs ça a été très bien montré dans votre reportage toutes les personnes qui ont été mises en cause des accusations de violences sexuelles n'ont pas été traitées de la même façon au sein du gouvernement mais ce qu'il faut voir c'est que Gérald Darmanin il est à la fin de son parcours c'est-à-dire que là il y a une ordonnance de non-lieu qui a été renvoyée une ordonnance de non-lieu pour la dernière affaire par le parquet donc il attend la décision mais logiquement l'affaire devrait être close en ce qui le concerne en tout cas Oui mais il est resté pendant toute l'instruction Oui il est resté pendant toute l'instruction C'est ce que suggère regardez cette question pourquoi cette différence Gérald Darmanin ?

Oui alors là on est vraiment sur du cas par cas il n'y a pas de doctrine et après sur les partis politiques il arrive à la France Insoumise quelque chose de tout à fait particulier c'est-à-dire que c'est la révolution qui dévore ses propres enfants c'est-à-dire que là on est vraiment sur un parti qui avait décidé de mettre en place ce comité de violences contre les violences sexistes et sexuelles mais là la difficulté c'est que la personne qui est mise en cause Eric Coquerel est un proche de Daniel Simonnet qui vient de lancer qui a lancé ce comité donc on voit bien que ça ne peut pas être des affaires internes on ne sait pas s'il y a une affaire s'il n'y a pas d'affaires il y a une plainte qui a été déposée Non mais ils avaient dit on privilégiera toujours la parole des victimes Voilà et là ils se retrouvent dans une situation où quand c'est quelqu'un qui vient d'être élu à la tête de la commission des finances c'est plus compliqué et du coup ça donne l'impression d'un deux poids deux mesures à l'intérieur du parti C'est très complexe

54:47
Invité

il fut un temps où il y avait une règle qui était assez simple c'était la mise en examen avant la mise en examen on considérait qu'il n'y avait soit rien des rumeurs soit un début d'enquête mais sans matière à partir de la mise en examen qui correspond à des indices graves et concordants on considérait qu'on ne pouvait pas être ministre ou pas avoir de responsabilité imminente d'abord parce que par rapport aux accusations le fait d'être dans l'univers du gouvernement pas loin du garde des Sceaux c'était compliqué et puis il fallait surtout pouvoir se défendre et laisser le gouvernement gouverner donc c'était une règle simple ça avait permis par exemple à Bernard Tapie de sortir quand il y avait une plainte contre lui et puis de revenir après et puis cette règle a volé en éclats elle a volé en éclats parce que les cas se sont retrouvés de plus en plus complexes où on avait l'impression qu'avant même la mise en examen il y avait assez d'éléments concordants pour que ça soit politiquement intenable puis ça s'est matiné de comportements personnels où on voyait des gens résister mieux que d'autres Gérald Darmanin malgré des accusations très graves a tenu le choc il s'est toujours expliqué la justice plusieurs fois a prononcé des décisions en sa faveur et puis dans une affaire qui n'avait rien à voir mais qui était du même fonctionnement accusation et puis explosion en vol politique François de Rugy qui pour des homards qu'il n'a pas mangé du vin qu'il n'a pas bu et des travaux qui étaient exemplaires a craqué et s'est retrouvé lâché politiquement et a quitté un poste éminent du gouvernement sans qu'il n'y ait rien de judiciaire derrière donc on a l'impression d'une espèce de confusion un peu de loi de la jungle où c'est un peu le plus malin le plus fort celui qui a plus de chance qui va s'en sortir sans que l'exécutif arrive à imposer une règle Emmanuel Macron avait rappelé son attachement à la présomption d'innocence on voit bien que ça ne tient pas face à une pression de la société des médias et puis à une polémique politique avec les LR et donc on est face à une complexité de situation qui fait qu'on peut aller d'un extrême à l'autre c'est-à-dire l'impunité que personne ne souhaite aujourd'hui et dont on voit bien qu'on n'ira plus jamais dans cette idée que les victimes ne sont pas écoutées et puis jusqu'à un autre système qui serait tout aussi terrible c'est que l'accusation vaudrait condamnation ça serait évidemment l'extrême inverse ça ne va pas être simple de piloter au cas par cas et quand Elisabeth Borne parle d'exemplarité qu'est-ce que ça veut dire ?

Alors c'est ses critères à elle c'est exemplaire à ses yeux et demain il y aura un autre Premier ministre il aura d'autres critères il fut un temps où l'exemplarité pour Yvonne de Gaulle c'était de ne pas être divorcée elle ne voulait pas que son mari général prenne un ministre qui était divorcé aujourd'hui ça nous fait sourire bien entendu demain il y aura peut-être d'autres critères d'exemplarité non seulement en termes de mœurs mais par exemple quelqu'un qui aura eu un redressement fiscal est-ce qu'on considérera quelqu'un qui ne peut plus jamais être ministre quelqu'un qui aura été condamné pour des faits de droit commun on a des députés qui ont eu un passé un peu compliqué ils ont payé leur dette à la société ils sont députés quelqu'un qui aura été attrapé avec de la drogue à 25 ans est-ce qu'à 50 ans quelle va être la définition de l'exemplarité

57:24
Présentateur

du gouvernement après gouvernement En tout cas Brice Tinturier rapidement on voit bien que le seuil de tolérance de la société sur ces sujets-là baisse de jour en jour

57:32
Invité

Oui il a baissé mais ce que je ne sais pas très bien honnêtement c'est si la confusion qu'il y a entre différentes affaires qui parlent de choses très différentes dans un cas on parle de soupçons de viol avec quelqu'un qui aurait été drogué dans l'autre cas selon la personne qui requiert de drague lourde ou de main balade c'est quand même très différent donc je ne sais pas aujourd'hui si les français estiment qu'on va trop loin dans certains cas et si on commence à rentrer dans l'ère du soupçon qui parfois est fondé mais parfois est terrifiant parce qu'il n'est pas fondé et je me disais en voyant ces affaires qu'il fallait qu'on ait une enquête qui discrimine un petit peu plus finement ces différentes situations pour savoir comment les français se positionnent les unes par rapport aux autres

58:14
Présentateur

vous allez la faire

58:14
Invité

il me faut toujours quelqu'un qui est prêt

58:16
Présentateur

alors le message est passé

58:18
Invité

en tout cas

58:19
Présentateur

ce serait nécessaire

58:20
Invité

je pense que ce serait nécessaire et intéressant sans basculer non plus dans le tribunal de l'opinion publique mesuré par les enquêtes par sondage qui l'autre écueille

58:27
Présentateur

mais on voit bien que collectivement on a du mal à mettre ces lignes là et nous revenons maintenant à vos questions Macron ne persévère-t-il pas dans l'ignorance du résultat des urnes ? Louis Stinturier

58:43
Invité

d'une certaine façon il se réclame de sa légitimité de l'élection présidentielle en disant j'ai été élu sur un programme clair donc finalement je reste sur mes positions à vous de me proposer des compromis ce qui est à la fois pas illégitime mais ce qui est une posture quand même assez rigide quand on a une position qui est une position de majorité uniquement relative et les oppositions je trouve sont exactement dans la même position en disant mais finalement prenez nos propositions à nous ou alors c'est parce que vous refusez le compromis et c'est ce que Sozzi Kemener disait tout à l'heure moi ce que je redoute c'est qu'on ait un jeu comme ça où on va prendre les français à témoin et on va jouer au mystic gris de qui ne joue pas le jeu de l'intérêt général qui est le plus rigide et pour l'instant je crois que la situation n'est pas décomptée

59:31
Présentateur

le bras de fer peut commencer

59:32
Invité

le bras de fer commence la scène posée le gouvernement est mise en place on va rentrer dans le vif de ces sujets et progressivement les français se feront une idée

59:40
Présentateur

on prend les mêmes et on recommence est-ce que ça valait le coup de nous faire attendre autant

59:45
Invité

Stop Barbier à partir du moment où il y a eu tout ce cycle d'approches de négociations pour des coalitions pour des accords le temps que la pression retombe c'était pas un temps illégitime et inutile le temps qui a été perdu il a été perdu avant entre le deuxième tour de la présidentielle et les législatives là le gouvernement qui devait agir agir agir selon le mot même d'Emmanuel Macron n'a rien fait par peur pour pas fâcher les français pour essayer d'enjamber l'élection ça s'est retourné contre ce gouvernement après c'est 15 jours pris de débats démocratiques qui ont permis aussi de féroces batailles pour l'attribution des postes à l'Assemblée c'est pas un temps qui politiquement était inutile il a correspondu à un temps d'absence du président du territoire français ça a troublé les esprits aussi

1:00:22
Présentateur

est-ce que vous pensez que ce genre de situation va nous conduire collectivement à aller plus vers les débats de fond ou débats de posture politique politicienne de prise à témoin

1:00:32
Invité

de l'opinion les débats de fond l'essentiel ça va nous tomber dessus à la rentrée avec les chiffres de croissance qu'on a avec les perspectives économiques il va bien falloir à un moment donné se poser les problèmes réels de ce pays une réticence à l'effort et au travail un vrai problème de redistribution des richesses un problème de dette qui fait que et c'est le mot le plus important des derniers jours la cote d'alerte a été atteinte à diminuer les finances il n'y a plus de quoi qu'il en coûte possible qu'il y ait une nouvelle vague de Covid ou d'autres crises il n'y a plus d'argent et donc tout ça ça va être rappelé à nous à l'automne il y a la question des débats de fond mais je crois surtout de la clarté des positions moi je pense que le plus préjudiciable c'est si on est dans un système où la responsabilité et la clarté des uns et des autres n'apparaît pas et si on aboutit à une forme de confusion on ne sait plus qui est responsable de quoi alors là ce qui aurait pu être une expérience bénéfique tournera à une expérience épouvantable en termes d'image de la politique

1:01:23
Présentateur

sans accord avec des partis politiques d'opposition ce nouveau gouvernement est-il viable ?

c'est de la grande question c'est la grande question est-ce que ce gouvernement passera l'année ou pas est-ce qu'elle va durer un an ou pas c'est déjà ce qu'on attend on est dans une situation inédite on ne sait pas gouverner avec une majorité relative où il manque une quarantaine de sièges donc ils vont apprendre en marchant c'est aussi pour ça qu'il y a ce gouvernement avec beaucoup de profils très experts et avec encore une fois des profils et des poids lourds politiques des grands connaisseurs de l'Assemblée nationale qui pourront négocier au cas par cas les voix mais en fait si ce gouvernement tient c'est par la peur qu'auront les députés d'opposition de ne pas être réélus en cas de dissolution donc il va tenir par ça c'est par défaut une question de Jean-Pierre dans le bar le projet de loi sur le pouvoir d'achat pourrait-il passer si le parti LR s'abstenait ça faisait qu'une manière oui c'est possible il va falloir qu'on refasse les calculs très précis on va refaire les calculs tous les jours mais normalement

1:02:23
Invité

Nupes plus Seren ça fait 220 et des poussières la majorité ça fait 245 si les LR s'abstiennent ça passe

1:02:29
Présentateur

ça passe pour rendre du pouvoir d'achat aux français ne faut-il pas une justice fiscale

1:02:33
Invité

oui c'est un des aspects de cette redistribution des richesses c'est un point de fiscalité alors il ne s'agit pas d'augmenter les impôts parce qu'on est déjà dans une couverture fiscale assez élevée en France mais peut-être de réfléchir à sa progressivité et puis d'être un peu malin pour inciter ceux qui ont les revenus les plus élevés à les remettre dans l'économie parce que c'est pas forcément en donnant de l'argent à ceux qui en gagnent peu qu'on fait de la redistribution mais c'est en leur donnant de l'emploi et donc ce fameux ruissellement qui est un des grands échecs du premier quinquennat on peut peut-être y arriver en mobilisant de l'épargne et du patrimoine les plus aisés pour aider l'économie à repartir

1:03:07
Présentateur

En tout cas on se souvient de cette phrase d'Emmanuel Macron qui avait évoqué les profiteurs de guerre et certains y avaient vu une allusion à ce qui se passe notamment en Grande-Bretagne où les grands groupes pétroliers ont été taxés à hauteur de 25% alors pour l'instant ça n'est pas du tout ce qui est prévu Bruno Le Maire l'a exclu Quand est prévue la réforme des retraites une question de Michel en Haute-Garonne alors c'est vrai que ça n'a pas été évoqué est-ce que c'est encore prévu ?

Pour l'instant elle a disparu les discours on voit bien c'est le gros souci déjà il y a un problème à Bercy on entend il faut faire la réforme des retraites pas pour payer les retraites mais pour préserver notre modèle social ce que disait Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle déjà est-ce que sur ce point-là ils vont trouver un accord avec d'autres parties ?

Pas sûr du tout là on est en train de nous dire on va peut-être travailler sur l'assurance chômage sur des sujets périphériques l'idée ce serait évidemment de travailler plus c'est toujours ce qu'ils veulent obtenir la philosophie est toujours là mais les moyens parce qu'après le pouvoir d'achat et après le texte santé on ne sait pas ce qu'il y a à la rentrée c'est le grand vide enfin aussi il y a la finance la loi de finance le budget le budget naturellement qui va être un gros sujet le discours de politique générale sera-t-il un test

1:04:15
Invité

pour le gouvernement borne de ? ça sera un test pour Elisabeth Borne un test personnel d'autorité de souplesse elle s'adressera à la fois à une assemblée qui lui sera hostile mais aussi à l'opinion il faut qu'elle mette l'opinion de son côté et qu'on la considère courageuse laborieuse au bon sens du terme

1:04:30
Présentateur

regardez cette question de Charles dans les bouches du Rhône pour conclure les voix des électeurs mécontents ne semblent pas être entendues se manifestent dans la rue pour cela

1:04:38
Invité

c'est peut-être le débouché si justement on ne trouve pas de compromis ici le sentiment qui prévaut c'est que malgré ces majorités relatives on n'y arrive pas

1:04:48
Présentateur

merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h35 je vous rappelle que vous pourrez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez en replay et en podcast belle soirée sur France 5

Remaniement : le bras de fer commence... #cdanslair Archives 2022 · Pourquijevote