Coûts de l’énergie : les entreprises en danger ? - Bruno Le Maire - C à Vous - 02/11/2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment vous êtes sûr qu'on ne va jamais rattraper nos voisins en matière d'inflation ?
- 0:38RelanceRéponse directe
Des aides ciblées et qui dureront combien de temps ? Elles seront éternelles, ces aides-là ?
- 1:46OuverteRéponse directe
On ne comprend pas tout sur le niveau d'inflation et sur la hausse des prix de l'énergie. Le gaz est revenu à des niveaux plus raisonnables... Comment se fait-il que l'essence soit si chère avec un pétrole à 90-95 dollars le baril ?
- 3:08RelanceRéponse partielle
Il ne sera pas passé dans deux semaines, Bruno Le Maire.
- 4:10OuverteRéponse directe
Il n'y a pas de dépense plus inutile que de dépenser de l'argent public pour des pays étrangers producteurs d'énergie fossile.
- 4:47RelanceRéponse directe
Dans ce contexte d'inflation, vous affirmez que la croissance résiste dans un environnement international très dégradé. Ça veut dire qu'il n'y a pas de risque de récession ou c'est un mot qu'il est interdit de prononcer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:07Invité politiquePromesse
« Sur les carburants, on a déjà indiqué qu'à partir du 1er janvier, la seule chose que nous puissions envisager, c'est de maintenir une aide pour ceux qui sont obligés d'utiliser leur véhicule pour aller travailler. »
- 1:09Invité politiqueFait
« L'un des premiers pays producteurs d'énergie au monde, la Russie, tout d'un coup restreint sa production parce qu'il est en guerre contre l'Ukraine. »
- 1:22Invité politiqueChiffre
« Nous avons aujourd'hui des niveaux d'inflation, Patrick Cohen l'a parfaitement rappelé, qui sont les plus élevés depuis 40 ans. »
- 1:29Invité politiqueChiffre
« C'est près de 9% en Allemagne. C'est 17% en Pays-Bas. C'est 22% d'inflation dans les Pays-Bas. »
- 5:26Invité politiqueChiffre
« Nous avons aujourd'hui 0,2% de croissance au troisième trimestre, 2,5% d'acquis de croissance, comme on dit. »
- 5:42Invité politiqueChiffre
« On a créé 95 000 emplois au cours du trimestre passé. »
- 7:42InvitéChiffre
« Le secrétaire général de la Confédération des petites et moyennes entreprises estime que 150 000 entreprises sont en danger de mort à cause de cette explosion du prix de l'énergie. »
- 8:10Invité politiquePromesse
« Pour les plus petites entreprises, elles auront un bouclier tarifaire. »
- 8:24Invité politiquePromesse
« Pour toutes les très grosses entreprises qui font de l'acier, qui font de l'aluminium, on fera du cas par cas avec des aides qui pourront aller jusqu'à 100 millions d'euros pour les plus importantes d'entre elles. »
- 8:43Invité politiqueChiffre
« 26 milliards d'euros, ce n'est pas ça. C'est ça. »
- 8:59Invité politiqueChiffre
« 26 milliards d'euros dans les caisses de l'État qui viendront des prélèvements que nous ferons sur les producteurs d'énergie qui ne font que profiter de la flambée des coûts de l'électricité, des coûts du gaz ou des coûts du pétrole. »
- 10:36Invité politiqueChiffre
« Je rappelle que je suis le ministre des Finances qui s'est le plus battu pour mettre en place une taxe sur les géants du numérique. Ça me rapporte 600 millions d'euros chaque année. »
- 10:49Invité politiquePromesse
« Si ça n'est pas mis en place à la fin de l'année au niveau européen, début 2023, je proposerai au président de la République et à la première ministre une taxation nationale pour éviter l'optimisation fiscale des très grandes entreprises. »
Temps de parole
- Bruno Le Maire81 %
- Invité10 %
- Invité 24 %
≈ 3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Comment vous êtes sûr qu'on ne va jamais rattraper nos voisins en matière d'inflation ?
C'est parce que nous voulons sortir progressivement de ces aides. Sur les carburants, on a déjà indiqué qu'à partir du 1er janvier, la seule chose que nous puissions envisager, c'est de maintenir une aide pour ceux qui sont obligés d'utiliser leur véhicule pour aller travailler. Les gros travailleurs, les gros rouleurs, les gros travailleurs. Pas forcément les gros rouleurs, mais ça peut être un apprenti qui est obligé de prendre ce véhicule pour aller dans son usine ou sur son lieu de travail. Il n'a pas les moyens de payer son litre de carburant. Je pense que c'est bien de l'aider. L'ouvrier qui va travailler dans son usine à 50 km de chez lui, je pense que c'est bien de l'aider.
Mais on n'aidera plus tous les Français.
Des aides ciblées et qui dureront combien de temps ? Elles seront éternelles, ces aides-là ?
Non, les aides ne seront pas éternelles puisque l'objectif, c'est de sortir de l'inflation. Et vous savez, je pense qu'en matière de politique économique, il faut avoir un seul objectif stratégique. L'inflation, comment est-ce qu'elle a commencé ? Elle a commencé il y a près de deux ans, 2021, parce que la reprise économique était plus forte que prévue. Donc en Chine, aux États-Unis, en Europe, tout le monde a fait fonctionner ses usines à 100%. Du coup, les prix du gaz, les prix du pétrole ont flambé. Là-dessus, s'ajoute la guerre en Ukraine. L'un des premiers pays producteurs d'énergie au monde, la Russie, tout d'un coup restreint sa production parce qu'il est en guerre contre l'Ukraine.
C'était comme jeter une allumette dans un baril de poudre. L'inflation a explosé à ce moment-là. Nous avons aujourd'hui des niveaux d'inflation, Patrick Cohen l'a parfaitement rappelé, qui sont les plus élevés depuis 40 ans. Vous dites 6% en France. C'est près de 9% en Allemagne. C'est 17% en Pays-Bas. C'est 22% d'inflation dans les Pays-Bas. Donc il faut que progressivement, nous sortions de ce niveau d'inflation qui est trop élevé, que nous ciblions les aides et que nous coordonnions nos politiques économiques. C'est exactement ce que nous essayons de dire.
Monsieur le maire, on ne comprend pas tout sur le niveau d'inflation et sur la hausse des prix de l'énergie. Le gaz est revenu à des niveaux plus raisonnables, même s'ils sont beaucoup plus élevés que l'an dernier. Le pétrole est à son niveau quasiment d'avant-guerre. Comment se fait-il que l'essence soit si chère avec un pétrole à 90-95 dollars le baril ?
D'abord, pourquoi est-ce que le prix du pétrole et pourquoi est-ce que le prix du gaz baisse ? Tout simplement parce que vous avez une activité économique qui est plus faible. On vous parle de récession en Allemagne. On vous parle de ralentissement en Chine. On vous parle de difficultés économiques majeures aux États-Unis. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'on emploie moins de pétrole. Donc le prix du pétrole baisse, le prix du gaz baisse. Tout ça reste extrêmement volatile. Et à la pompe, c'est que nous avons des niveaux de taxes, je le reconnais bien volontiers, qui sont élevés en France.
Parce que vous voyez bien que tout l'enjeu stratégique de long terme, ce n'est pas de baisser les taxes sur les carburants pour entretenir la dépendance des Français vis-à-vis des carburants et des énergies fossiles. C'est ce qu'on est en train de faire. C'est de se... On le fait temporairement. Oui, il y a quand même, c'est autant d'argent. Non, mais je veux répondre à Patrick Cohen. Enfin, vous voyez bien que pour beaucoup de ménages et des millions de nos compatriotes, c'est impossible. Vous circulez comme moi. Vous voyez comme moi des ouvriers, des salariés, des jeunes qui ne peuvent plus payer l'essence à la pompe. Vous voyez des aides-soignantes qui ne peuvent plus se déplacer.
Ce sera tout à temps possible dans deux semaines quand on va arrêter les ristournes. Je pense que passer ce pic de l'inflation, aider les Français, aider nos compatriotes...
Il ne sera pas passé dans deux semaines, Bruno Le Maire.
Il ne sera pas passé dans deux semaines, mais aider nos compatriotes au moment où c'est le plus dur, c'est légitime. Mais sur le long terme, arrêter avec notre dépendance aux énergies fossiles et devenir indépendant du point de vue énergétique. Vous me posez la question sur comment réduire l'inflation. Sur le long terme, la meilleure façon de réduire l'inflation, c'est de construire des énergies renouvelables, c'est de construire des réacteurs nucléaires, c'est d'être indépendant du point de vue énergétique, c'est consommer moins d'énergie avec des économies d'énergie. Ça, c'est la meilleure façon de faire disparaître l'inflation.
Elle ne disparaîtra pas de manière structurelle, puisque nous avons fait le choix d'avoir des productions industrielles qui reviennent en France, et ça coûte plus cher de produire en France, mais tant mieux parce que ça fait des emplois, ça fait des ouvriers, ça fait des usines, et que la décarbonation de notre économie, la transition énergétique, va coûter très cher. Pour ces deux raisons, environnement et relocalisation industrielle, nous aurons à la sortie de cette crise inflationniste un niveau d'inflation structurellement plus élevé, mais beaucoup plus raisonnable que celui que nous connaissons aujourd'hui et qui est insupportable pour nos compatriotes.
Il n'y a pas de dépense plus inutile, plus bête, plus stupide que de dépenser de l'argent public pour des pays étrangers producteurs d'énergie fossile.
C'est ce que je dis, ce que cette crise inflationniste a produit.
C'est parce qu'on a fait que c'est 8 milliards.
Mais il a fallu protéger temporairement nos compatriotes contre un niveau de prix qui était insupportable. Mais effectivement, quand vous faites ce genre d'aide, vous faites un transfert massif de richesses, pas que de la France, l'Allemagne a fait le même genre de politique, l'Italie aussi, l'Espagne en a coordonné nos réponses politiques, mais vous transférez une grande partie de la richesse de l'Europe vers les pays producteurs de gaz ou de pétrole. Honnêtement, sur le long terme, c'est vraiment totalement stupide.
Donc c'est bien pour cela que nous voulons en sortir, garantir notre indépendance énergétique, accélérer sur le renouvelable, accélérer sur le nucléaire, accélérer sur la sobriété énergétique, pour sortir de cette spirale inflationniste et sortir de là plus indépendant du point de vue industriel et plus indépendant du point de vue énergétique.
Dans ce contexte d'inflation, vous affirmez que la croissance résiste dans un environnement international très dégradé. Ça veut dire qu'il n'y a pas de risque de récession ou c'est un mot qu'il est interdit de prononcer ?
Ce n'est pas un mot que je prononce à la légère, parce qu'une récession, c'est jamais apprendre à la légère, mais moi je regarde les chiffres. Nous avons aujourd'hui 0,2% de croissance au troisième trimestre, 2,5% d'acquis de croissance, comme on dit. Donc la croissance en France est positive. Elle freine. Je continue. Oui, elle ralentit, mais elle ralentit moins que dans d'autres pays européens. L'investissement des entreprises reste dynamique. On a créé 95 000 emplois au cours du trimestre passé.
L'environnement international, ce qui se passe en Chine, le protectionnisme américain, avec ce fameux Inflation Reduction Act, où les États-Unis apportent des subventions massives à leurs entreprises, le ralentissement en Allemagne et le risque de récession en Allemagne, tout ça, ça pèse évidemment sur la croissance française. Je ne vais pas vous dire le contraire.
Oui, ça ne s'arrête pas à la frontière française.
Mais bien sûr, mais la croissance française résiste. Je pense qu'elle sera positive en 2023. Nous continuons à créer des emplois et nos entreprises continuent à investir. Moi, j'estime que lorsque nous avons une économie qui résiste, des salariés qui se donnent du mal, des chefs d'entreprise qui font le mieux possible, des entrepreneurs qui continuent d'investir, il faut le saluer.
Et il faut se dire que dans cet environnement dépressif, la zone euro, où effectivement les nouvelles sont plutôt sombres, dans un environnement géopolitique qui est très dur, parce qu'il y a un affrontement bloc contre bloc du point de vue commercial entre les États-Unis et la Chine, la France s'en sort plutôt mieux que les autres. Et elle a une politique coordonnée avec le reste des pays de la zone euro qui doit lui permettre de résister à ces temps difficiles.
Un mot sur l'explosion des coûts de l'énergie qui est une source d'inquiétude pour les chefs d'entreprise avec des conséquences très concrètes. Depuis, il y a la célèbre verrerie Duralex. Ça a mis son four en veille pendant 4 mois minimum. Résultat, 250 salariés mis au chômage technique et fatalistes. Le four est mis en veille. La production, elle, est stoppée, asphyxiée par la hausse des prix de l'énergie. C'est juste du chômage partiel, pendant une période de 5 mois. Le temps que tout ça, c'est décocté, on va repartir. On a un sacré carnet de commandes. Les clients ont confiance en nous. Ils commandent la confiance en nous. Donc ça va repartir.
On va toucher quand même 95% de notre salaire. Donc en gros, pour ma part personnelle, ça va me faire 100 euros de moins sur ma paye.
L'entreprise affirme disposer de stocks suffisants pour honorer toutes ses commandes d'ici la reprise prévue en avril prochain. Le secrétaire général de la Confédération des petites et moyennes entreprises estime que 150 000 entreprises sont en danger de mort à cause de cette explosion du prix de l'énergie. 150 000 entreprises. Ça veut dire beaucoup, beaucoup de salariés en chômage partiel et des entreprises comme Duralex contraintes de fermer temporairement. Est-ce que ça vous inquiète ?
Duralex, c'est un cas particulier. Moi, je ne vais pas être inquiet. J'ai apporté des réponses PME aux entreprises. Je pense que nous en apportons. Les salariés que vous avez interrogés disent les choses très bien. Duralex, c'est un cas très particulier, très consommateur d'énergie. Nous allons payer le chômage partiel. Pour les plus petites entreprises, elles auront un bouclier tarifaire. Pour les TPE et les PME, elles seront protégées avec un allègement de la facture qui sera très significatif.
Et pour toutes les très grosses entreprises qui font de l'acier, qui font de l'aluminium, on fera du cas par cas avec des aides qui pourront aller jusqu'à 100 millions d'euros pour les plus importantes d'entre elles. Comment est-ce qu'on paye toutes ces aides aux entreprises ? Et là, je rebondis sur ce qu'a dit Patrick Cohen.
En taxant les super profits ?
En taxant les super profits. Si, si vous voulez, absolument. Non. Si, si, un petit peu. Mais non, Patrick Cohen. Non, non, je ne peux pas vous laisser dire ça. 26 milliards d'euros, ce n'est pas ça. C'est ça. Non. Nous sommes le pays européen qui, en matière de prélèvement des super profits, appelez ça comme vous voulez, une taxe de super profits, un prélèvement sur la rente, un prélèvement sur la marginelle, il y a plein de noms pour dire la même chose. 26 milliards d'euros dans les caisses de l'État qui viendront des prélèvements que nous ferons sur les producteurs d'énergie qui ne font que profiter de la flambée des coûts de l'électricité, des coûts du gaz ou des coûts du pétrole.
Oui, ça, c'était un mécanisme qui était prévu, qui existait déjà. Mais 26 milliards d'euros, ce n'est pas rien, on me dit que taux de taxes pas comptables. Mais c'est normal, on ne va pas aller taxer une entreprise qui produit à l'étranger et qui est déjà taxée à l'étranger. La production de taux de taxes se fait à l'étranger. Et sur son activité française, la raffinerie, là, pour le coup, on taxe massivement. Ça nous permet, là aussi, de financer ces aides aux entreprises. Mais je ne veux pas laisser dire que nous ne serions pas attachés à la justice fiscale et que nous n'aurions pas mis sur pied une juste taxation de tous ceux qui profitent de la crise.
C'est-à-dire ceux qui n'ont pas investi, pas innové, pas pris de risque, ils profitent juste de la flambée des prix d'électricité, la flambée des prix du gaz, la flambée des prix du pétrole. Ils sont massivement taxés. C'est ce qui me permet de financer, sans aggraver les déficits publics, le bouclier tarifaire sur les ménages et la protection des entreprises dont on vient de parler.
Total n'est pas massivement taxé aujourd'hui sur ces résultats. Mais, c'est correct. Qui augmente de trimestre en trimestre.
Total, produit à l'étranger et est taxé massivement à l'étranger. Et c'est normal. Total fait de la raffinerie. C'est une de ses autres activités réelles en France. Elle est taxée sur ses activités de raffinerie. Et je vous dis, la justice fiscale, j'y suis profondément attaché. Mais l'argent, il ne faut pas aller le chercher dans la poche des Français. L'argent, il faut aller le chercher là où il se trouve. Chez les énergéticiens, on le fait. Toutes les rentes, on les taxe. Il faut prélever l'argent sur les géants du numérique. Je rappelle que je suis le ministre des Finances qui s'est le plus battu pour mettre en place une taxe sur les géants du numérique.
Ça me rapporte 600 millions d'euros chaque année. Il faut mettre en place un impôt chez les sociétés minimal pour qu'il n'y ait plus d'optimisation fiscale des plus grands groupes. Si ça n'est pas mis en place à la fin de l'année au niveau européen, début 2023, je proposerai au président de la République et à la première ministre une taxation nationale pour éviter l'optimisation fiscale des très grandes entreprises et qu'elles ne puissent pas aller placer leurs profits dans des paradis fiscaux pour qu'il y ait de la justice fiscale. Mais vous voyez, il y a d'autres moyens de défendre la justice fiscale que de taxer les Français.
C'est ce qu'on fait sur les énergéticiens, sur les gens du numérique et sur les plus grandes entreprises avec la taxation minimale à l'impôt chez société.
Bruno Le Maire