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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 17 novembre 2021 61 minActualité / polémiqueSantéSolidarités & familleInstitutions & électionsEnvironnement & énergie

Compte rendu du Conseil des ministres du 17 novembre 2021

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 62 %Attaque 10 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 17:01OuverteRéponse directe

    Pourquoi l'accès aux salles de l'Élysée est-il si compliqué pour les personnes en situation de handicap ?

  • 19:00OuverteRéponse directe

    Le handicap fait-il peur ou suscite-t-il de l'incompréhension dans le quotidien ?

  • 23:01OuverteRéponse directe

    Le gouvernement s'oppose-t-il à la déconjugalisation de l'AAH ?

  • 26:00OuverteRéponse directe

    Où en est-on pour les masques transparents dans les écoles et les entreprises ?

  • 27:01OuverteRéponse directe

    Un reconfinement ou couvre-feu sont-ils envisagés face à la cinquième vague ?

  • 31:00RelanceRéponse directe

    Les images du Premier ministre sans masque choquent-elles ? Faut-il renforcer les gestes barrières ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:00Sophie CluzelChiffre
    « Nous avons 140 % d'augmentation des apprentis handicapés qui sont plus de 6 500 en termes de contrats d'apprentissage. »
  • 9:00Sophie CluzelFait
    « L'apprentissage d'une personne handicapée ne coûte rien à un employeur, quel que soit son âge. »
  • 10:00Sophie CluzelFait
    « Nous avons une reconnaissance de qualité de travailleur handicapé à vie maintenant. »
  • 12:00Sophie CluzelFait
    « Nous avons lancé les Ambassadeurs d'accessibilité en service civique. »
  • 14:00Sophie CluzelChiffre
    « Le Duoday de l'année dernière, plus de 10 000 duos, on l'avait maintenu en présentiel et en distanciel, 10 % des duos ont débouché sur de l'insertion professionnelle. »
  • 29:00Sophie CluzelFait
    « Nous avons amélioré la situation et ça peut être un vrai débat de société de savoir comment on peut traiter toutes les prestations et les minimas sociaux dans notre société. »
  • 36:00Chiffre
    « Il y a quatre fois plus de tests positifs parmi les non-vaccinés que parmi les complètement vaccinés. »
  • 37:00Chiffre
    « On compte neuf fois plus d'entrées en soins critiques et de décès parmi les non-vaccinés que parmi les vaccinés. »
  • 39:00Promesse
    « Nous intégrons la dose de rappel au pass sanitaire des Français de plus de 65 ans. »
  • 40:00Promesse
    « À partir du 1er décembre, la campagne de rappel sera ouverte pour les Français âgés de plus de 50 ans. »
  • 42:00Fait
    « Nous avons adopté ce matin la dissolution de L'Alvarium, un groupement qui appelait à la haine, à la violence et aux discriminations. »
  • 1:00:00Fait
    « On les met maintenant en remboursement pour les personnes vaccinées, les personnes qui ont une prescription médicale ou les personnes qui sont cas contact. »
  • 2:00Fait
    « Il y a des discussions qui se poursuivent, notamment au niveau européen, sur cette question des licences de pêche, avec toujours le même souhait de la France que l'accord qui a été signé dans le cadre du Brexit soit respecté. »
  • 2:00Fait
    « Ils ont aussi beaucoup d'angoisse sur leur avenir. Mais je veux rappeler que la France et l'Union européenne restent évidemment très mobilisées. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mesdames, Messieurs, bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui est une journée importante puisque, vous l'aurez remarqué, je ne suis pas seul sur cette estrade. Nous ne sommes pas deux avec ma collègue Sophie Cluzel mais nous sommes quatre puisqu'aujourd'hui le gouvernement participe au Duoday et que je suis particulièrement fier de pouvoir compter sur la présence à mes côtés d'Arthur et de Romain, auprès de Sophie Cluzel et de moi-même.

L'inclusion, vous le savez, est un des combats du gouvernement. Le handicap est un des sujets sur lesquels nous nous sommes le plus investis et nous avons le plus avancé depuis le début du quinquennat. Arthur et Romain partagent notre journée comme d'autres duos participeront au quotidien des membres du gouvernement et comme des milliers d'autres duos participeront en France, demain, au quotidien d'autres Français qui travaillent et qui leur feront découvrir à la fois leur métier, leur quotidien mais qui échangeront aussi avec eux et qui partageront des expériences, ce qui est une occasion aussi, évidemment, de faire tomber beaucoup de préjugés.

C'est donc un grand honneur, un grand bonheur, de leur souhaiter la bienvenue à ce compte-rendu du Conseil des ministres. Ce que je vous propose, c'est de passer la parole à ma collègue Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des personnes en situation de handicap, qui va vous faire un point à la fois sur la Semaine européenne des personnes handicapées, sur le Duoday et sur la politique que nous menons. Et, évidemment, nous entendrons un mot de la part de nos duos Arthur et Romain, qui s'exprimeront devant vous.

Je vous propose ensuite, si vous avez des questions sur la question de notre politique en matière de handicap, sur le Duoday, sur la Semaine européenne, de prendre les questions à ce moment-là, puis ensuite je reprendrai le cours habituel de notre compte- rendu du Conseil des ministres. Sophie, je te laisse la parole. Merci beaucoup, Gabriel.

Très heureuse d'être en effet avec nos duos aujourd'hui. C'est la 25ème Semaine européenne de l'emploi des personnes handicapées, et je dis bien européenne, portée par LADAPT, mais portée par l'ensemble de la France, puisque c'est l'occasion de mettre en lumière justement les employeurs, les personnes en situation de handicap et l'insertion professionnelle de toutes les personnes handicapées. Cette semaine, cette année, le thème c'est les jeunes et la ruralité, pour permettre justement cette mobilité si importante pour les jeunes en situation de handicap.

Peut-être vous dire que cela progresse. Pourquoi ? Parce que nous sommes enfin dotés d'une feuille de route globale au niveau du gouvernement depuis 2017, employeurs privés et publics, pour travailler sur deux piliers : l'employabilité des personnes handicapées et des employeurs.

Sur l'employabilité, maintenant plus besoin de faire des kilomètres pour trouver un CFA qui acceptera justement un jeune en situation de handicap, un référent handicap dans les 960 CFA de France, formé pour justement lever l'autocensure des personnes et parfois de leur famille, à aller vers l'apprentissage qui est un vrai levier. Avec une réalisation, nous avons 140 % d'augmentation des apprentis handicapés qui sont plus de 6 500 en termes de contrats d'apprentissage. Je rappelle les aides sur le contrat d'apprentissage : 8 000 euros et en plus il y a des compléments avec les deux fonds d'insertion, privé et public AGEFIPH et FIPHFP, qui fait qu'aujourd'hui l'apprentissage d'une personne handicapée ne coûte rien à un employeur, quel que soit son âge.

C'est très important. Une seule porte d'entrée à pousser, celle de Cap Emploi, puisqu'avec Elisabeth Borne nous travaillons au rapprochement Pôle emploi et Cap emploi. Là aussi, on simplifie la vie des personnes.

Une seule porte à pousser, celle des missions locales, quand on est jeune, puisque maintenant ils ont un référent handicap dans chaque mission locale qui sait gérer justement les différences et les spécificités des jeunes en situation de handicap. Et on simplifie la vie des jeunes. Je vous rappelle que nous avons une reconnaissance de qualité de travailleur handicapé à vie maintenant, en termes de simplification c'est massif, et nous travaillons à l'automatisation de cette RQTH vers 16 - 18 ans quand on a été jeune et en situation de handicap déjà avérée.

Et on a travaillé sur les employeurs. Un plan de relance massif puisqu'il y a une aide à l'emploi, je vous rappelle, et elle est prorogée jusqu'à fin décembre et on peut l'obtenir encore les six mois d'après. 4 000 euros pour tout CDD de plus de trois mois ou CDI.

Nous sommes à 25 000 contrats signés, 65 % d'entre eux en CDI, 80 % dans les TPE et PME donc c'est un vrai levier d'incitation à l'embauche. Et nous accompagnons les PME. Nous les accompagnons comment ?

Avec Elisabeth Borne, nous avons challengé l'AGEFIPH avec un contrat nouveau, triennal, avec un objectif très simple d'ici fin 2022 : 1 500 conventions signées avec des nouvelles entreprises, pour les accompagner dans leur politique RH inclusive. Il ne faut pas que ce soit un one shot, l'embauche d'une personne handicapée. C'est une vraie dynamique d'entreprise et, toute cette semaine, je sillonne vraiment la France pour voir les employeurs et les accompagner dans cet exercice vraiment de process de management.

Et on voit qu'il y a une vraie transformation organisationnelle, sociale, et que la performance sociale commence à rimer avec la performance économique. Et nous rassurons les employeurs, nous sécurisons les parcours avec le job coaching, l'emploi accompagné que nous développons, 15 millions encore dans le Plan de relance. Qu'est-ce que le job coaching ?

C'est par exemple pour une personne handicapée, et je vous rappelle que 80 % des handicaps sont invisibles, handicap psychique, handicap mental, qui sont des troubles complexes parfois justement à intégrer et à insérer dans l'entreprise, c'est une personne experte de ces troubles qui vient, qui accompagne la personne, le collectif, pour rentrer dans l'emploi et être maintenu dans l'emploi. C'est vrai notamment pour les personnes avec autisme et même autisme sévère, qui peuvent tout à fait être insérées parce que nul n'est inemployable quand il est bien accompagné. Et demain donc le Duoday.

Je rappelle que ce Duoday est très important. Pourquoi ? Pour vraiment sensibiliser, libérer la parole, permettre aux personnes handicapées d'exprimer leur talent.

Et je voudrais dire aujourd'hui que le Duoday de l'année dernière, plus de 10 000 duos, on l'avait maintenu en présentiel et en distanciel, 10 % des duos ont débouché sur de l'insertion professionnelle. Donc, au-delà de la pédagogie de cette rencontre, c'est aussi maintenant un levier de sourcing inclusif pour les personnes handicapées et pour les employeurs qui nous disent toujours. Et je pense qu'aucun employeur n'est malveillant, il est démuni.

Et donc ce Duoday participe aussi à l'ouverture, à la rencontre et maintenant à l'embauche et je pense que c'est totalement plébiscité par les personnes elles-mêmes. Juste vous donner quelques témoignages qui sont assez réalistes, de ce Duoday. Kevin, non voyant, chez Modis, filiale d'Adecco, qui est entré en apprentissage en septembre 2020 comme responsable d'accessibilité numérique, après avoir noué un contact privilégié lors du Duoday de 2019.

Le duo en situation de handicap qui attend à l'accueil et personne ne vient la voir car personne ne pense que c'est elle le duo, parce que ça ne se voit pas. 80 % des handicaps invisibles. Lise, qui a trouvé son stage de fin d'études en 2021 grâce à son Duoday, effectué chez Cartier.

Marion, travailleur en ESAT, fait son duo en 2019 au sein du restaurant l'Érable, a entamé son parcours d'insertion progressif et elle a basculé en milieu ordinaire. Elle est sortie de son ESAT pour un contrat en milieu ordinaire. Adrien, qui a réalisé son Duoday en 2020 chez Pôle emploi.

Cette journée lui a confirmé son projet de devenir conseiller en insertion. Il a été embauché dans la foulée pour intégrer Pôle emploi. On y participe facilement, duoday.fr.

S'il y a encore des personnes qui sont en manque de duo ou des duos qui n'ont pas trouvé leur employeur, nous avons 29 000 offres de duos et nous pouvons encore faire ce matching si important pour réaliser ce duo. Je ne me fais pas plus longue pour laisser la parole peut-être à nos binômes, à nos duos, mais en tout cas c'est un événement extrêmement important et qui est utilisé vraiment maintenant par les employeurs et les personnes en situation de handicap, pour avancer dans l'insertion et dans le maintien dans l'emploi. Bonjour.

Je m'appelle Arthur Baucheron. J'ai 18 ans et j'ai une amyotrophie spinale de type 2, c'est une maladie neuromusculaire, et je suis créateur de contenus sur les réseaux sociaux, pour essayer de faire changer la mentalité des jeunes et de montrer qu'on peut être jeune en fauteuil et faire plein de choses dans sa vie, comme un jeune normal. Merci Arthur.

Romain, tu veux dire un mot ? Moi, je m'appelle Romain. J'ai 37 ans, je viens de la Haute-Savoie et je suis ambassadeur d'une ESAT qui s'appelle la ferme de Chosal.

C'est un établissement de services et d'aide par le travail, et je suis fier d'être aux côtés de Madame la Ministre. Je suis fier aussi de la bienveillance pour le handicap, pour tout le monde. Dans cet ESAT, je travaille pas très loin de [ INAUDIBLE ].

Du coup je fais à la fois Espaces verts, pour faire tout beau, tout propre dans les entreprises, chez les particuliers, chez les OPAC, deux jours de la semaine, le lundi et le mardi, et les trois autres jours de la semaine, les mercredi, jeudi et vendredi, je suis dans une équipe dans une ferme pédagogique qui accueille des publics de tout âge, dès la crèche, dès la maternelle, et de l'âge du lycée jusqu'au bac, et aussi des retraités. Il y a aussi des collègues qui sont maraîchers, qui cueillent des légumes pour faire en sorte d'avoir des paniers relais. Là où je travaille, j'ai des collègues qui sont aussi chauffeurs-livreurs, qui amènent dans des points relais, par exemple sur [ INAUDIBLE ] ou ailleurs.

Il y a horticulture et floriculture pour avoir aussi plein de fleurs et plein d'autres choses. Il y a l'atelier de conditionnement. Romain, peut-être que tu peux expliquer le Duoday aussi ?

Oui, après. Là, avec Romain, vous allez savoir tout ce que la ferme de Chosal fait. Donc je résume ce que je fais dans mon monde du travail agricole.

Cela aide aussi ceux qui ont un handicap mental, comme plein d'autres, qui travaillent dans chaque métier disponible. La ferme de Chosal est liée avec l'UNAPEI de l'Epanou dont le siège est basé sur Seynod. Du coup on est en lien avec le travail plus ceux qui sont dans le monde du travail au niveau de tout handicap.

L'ESAT de Chosal a été créé dans les années 80, à la base pour accueillir des travailleurs handicapés pour aller finir leur transition de travail jusqu'à la retraite. Quatre valeurs : j'ai solidarité, équité, intégration, respect de la différence et aussi on est engagé dans une démarche de l'écoresponsable. Je veux aussi remercier aussi l'équipe de l'ESAT où je suis, en Haute-Savoie, et de la formation professionnelle dont je suis fier d'être l'un des travailleurs qui est à Paris, aux côtés de Madame la Ministre, pour la connaître un peu mieux.

Celle-ci a été surprise de la prestation de mes collègues et moi, tous les cinq, pour assister aussi à une œuvre qu'on a faite sur le thème de la vaisselle cassée, pour créer une œuvre de l'œuf. D'où vient la poule ? C'est la question qu'on se pose.

Du coup, elle nous a offert le prix pour amener jusqu'au travail de la Haute-Savoie. C'est pour ça que je suis là ces jours-ci pour ce Duoday. C'est pour ça que moi, en tant que travailleur avec un handicap mental, je suis fier de monter jusque là pour être ambassadeur et aussi porte-parole du travail de l'ESAT, Établissement ou Service d'Aide par le Travail, à Chosal, à côté d'Annecy, en Haute-Savoie.

Bravo. Et aussi, très important de témoigner, si vous avez des questions. Il y a un dernier point.

Cela concerne le Covid. Merci beaucoup pour votre discours sur le Covid. Je vous remercie, vous particulièrement, parce que je vous ai vu à la télé.

Je ne vous ai pas vu en chair et en os. Guillaume Daret est le plus connu d'entre nous. Cela nous a interpellés parce que nous, les handicapés dans les ESAT, cela nous a bien rattrapés sur le temps.

Je vous souhaite à tout le monde, pour tout ce qui est Covid. Donc c'est pour ça qu'avant de venir ici aux côtés de la ministre, j'ai fait le rappel des trois vaccins. Merci encore à vous.

Merci infiniment à tous les deux. C'est, je crois, de très beaux exemples d'un engagement de personnes en situation de handicap, pour rappeler cette question de l'inclusion, de l'accessibilité, du changement de regard et chacun, par vos engagements, vous avez ce rôle-là, Arthur avec des contenus sur les réseaux sociaux, TikTok et Instagram, qui permettent vraiment d'aider à changer le regard et de partager le quotidien des personnes en situation de handicap, et Romain à travers son expérience qu'il a évoquée. Si vous avez des questions sur le Duoday, sur la question de notre politique en matière de handicap, des questions pour nos duos, Arthur et Romain, je vous propose qu'on les prenne maintenant et qu'ensuite on reprenne le cours habituel du compte-rendu.

Est-ce que vous avez des questions sur ce sujet ? Je vois Agathe Lambret et [ INAUDIBLE ]. Une petite question.

Nous sommes venus récemment avec une personne en situation de handicap à l'Élysée. C'était vraiment le parcours du combattant pour pouvoir accéder aux salles. Je voulais savoir pourquoi ce n'était pas plus simple et ce que vous faisiez pour aller dans ce sens-là.

Plus largement, on a vu la ministre israélienne se faire refouler de la COP 26. Donc, plus généralement, qu'est-ce qui est fait pour faciliter l'accès aux lieux classés et aux bâtiments ? Merci.

Je pense qu'il faut regarder de là où on part, en effet. Par exemple cette salle a été équipée. Chaque fois qu'il y a une rénovation, nous équipons.

Nous mettons en accessibilité. On a un patrimoine ancien. Pour autant, il faut qu'on trouve des solutions parce que c'est de là que découle la pleine participation des personnes à mobilité réduite, que ce soit dans les transports, que ce soit dans l'accès aux établissements recevant du public.

Nous avançons, bien sûr pas assez vite, nous l'entendons tout à fait pour les empêchements permanents. Mais là où nous devons être meilleurs, et j'en discutais justement avec Arthur, c'est dans les détails, c'est-à-dire tous les petits points de rupture, par exemple un trottoir qui a été abaissé mais pas encore assez pour être autonome. C'est vraiment toute cette pratique quotidienne, de pouvoir s'appuyer sur l'expertise des personnes en situation de handicap pour améliorer tous ces petits semblants de marches qui ne nous semblent rien à nous et qui parfois sont très problématiques.

Mais Arthur pourra peut-être compléter. Vous dire aussi que nous avons lancé les Ambassadeurs d'accessibilité en service civique, et là j'ai besoin des collectivités locales puisque l'État vient à leurs côtés pour travailler sur l'accessibilité du quotidien. Les établissements recevant du public de grande taille sont accessibles.

Maintenant, il faut travailler sur le quotidien. Comment on accompagne les collectivités, les commerçants, à en faire non plus une charge mais un investissement parce que derrière c'est plus de chiffre d'affaires, pas que des personnes à mobilité réduite mais des personnes âgées, des personnes avec une poussette, des familles nombreuses. C'est cet accompagnement des collectivités locales que nous avons lancé, avec aussi une tablette et une application qui s'appelle Accès libre, pour déjà incrémenter tout ce qui est accessible, pour permettre l'autonomie de déplacement, pouvoir prévoir son trajet.

Nous devons accélérer. Il en va de la pleine participation des personnes en situation de handicap. Mais peut-être que tu veux compléter, Arthur ?

Franchement, je pense que vous avez tout dit. C'est vrai qu'aujourd'hui, moi je suis venu à l'Élysée et tout était très accessible, que ce soit de l'ascenseur pour accéder à l'étage jusqu'en bas. Et c'est vrai que je n'ai pas de soucis à ce niveau-là mais, quand on s'éloigne un peu, par exemple moi j'habite à Bordeaux personnellement, qu'on s'éloigne un peu dans les villes alentours, tout ce qui est trottoirs, ça peut être vraiment dangereux pour moi par exemple d'aller sur la route à certains moments.

Mais c'est vrai que Bordeaux, ça se rénove aussi et c'est de plus en plus accessible. Donc je vois quand même les choses avancer. Merci.

J'ai une question sur le sujet. Bonjour, Vincent Derosier, de la radio RTL. On entend depuis des années le propos " faire changer le regard des gens sur le handicap ".

Vous, dans votre quotidien, est-ce que vous avez l'impression que votre handicap fait peur, que ça suscite de l'incompréhension chez les gens, qu'on vous parle différemment, qu'on vous regarde différemment ? Est-ce que les choses avancent dans le bon sens ou est-ce que ça reste, chaque année, un moment où on va dire faire changer le regard des gens et que, dans le quotidien, au travail, dans la rue, ça reste difficile et qu'il y a encore une différence ? Je pense que ça avance de plus en plus.

C'est justement parce qu'il y a plein de personnes qui contribuent à ça, comme Martin Petit, Neli Keciri qui sont des personnes qui ont des handicaps, qui sont sur les réseaux comme moi et qui partagent leur vie, que ce soit sur TikTok ou sur Instagram. Donc ça avance par là et, forcément, il y a des regards. Souvent, quand il y a des classes qui passent dans la rue, c'est vrai qu'on est souvent pointé du doigt, des choses comme ça.

Mais je pense qu'il y a une grande désinformation par rapport à ça et je pense que ce serait bien de vouloir faire venir des intervenants dans les classes par exemple de primaire. Je me dis que ça pourrait rendre une personne handicapée moins bizarre auprès des jeunes, je pense. Tu veux dire quelque chose sur le changement de regard, Romain ?

Tout ce que vous dites sur le handicap, on peut aussi imaginer plein de choses, par exemple si ce sont des personnes vieillissantes. On peut aussi les faire améliorer, pour aller plus loin. Moi-même, je suis handicapé de naissance, par mes propres parents.

J'ai envie de vous en parler donc c'est mon choix. Ce n'est pas vraiment une maladie, mais c'est comme un cadeau du ciel. J'ai un chromosome en plus qui s'appelle la trisomie chromosome 21.

C'est pour ça que, grâce à ça, j'ai travaillé dans le monde ordinaire avant de travailler vraiment dans le milieu de l'agriculture. Donc ça fait partie de mon travail de la ferme de Chosal sur la région de la Haute-Savoie. C'est pour ça que j'ai toutes mes compétences [ INAUDIBLE ] Annabelle Bouchet, qui est maintenant sous-directrice de la Ferme de Chosal en Haute-Savoie, ainsi que Joris [ INAUDIBLE ], qui est maintenant directeur de la boîte où je travaille, eux peuvent compléter tout ce qu'ils veulent sur le monde du handicap, quels que soient les âges, comme moi par exemple, comme d'autres qui sont aussi handicapés dès leur naissance ou à différents âges.

Peut-être aussi compléter en disant qu'on a lancé la grande campagne nationale de sensibilisation depuis le 15 octobre jusqu'au 4 janvier, justement pour accélérer. Et le slogan c'est " Voyez la personne avant le handicap " C'est bien pour faire comprendre que les personnes handicapées sont au milieu de nous, que ce soit à l'école, en formation, en insertion professionnelle ou dans la vie sociale et culturelle et que 80 % des handicaps sont invisibles. Il faut aussi leur faire la place et c'est l'affaire de chacun.

Quand on est tous concernés et tous mobilisés, c'est qu'on peut changer la donne à notre échelle à chacun. Inviter l'enfant handicapé au goûter d'anniversaire, c'est redresser une famille et se dire je suis famille d'un enfant avant d'être parent d'un enfant handicapé. C'est faire attention à son collègue qui parfois a une attitude bizarre, peut-être qu'il a handicap psychique, et libérer cette parole c'est très important.

Donc ça change. Les chiffres sont là et ils sont têtus, ils s'améliorent. Mais pour autant il faut mobiliser tout le monde parce que c'est l'affaire de tout un chacun.

Bonjour, Simon Le Baron, de France Inter. Une question pour vous, Madame la Ministre, mais qui vous concerne peut- être, Arthur et Romain, je ne sais pas, au sujet de l'allocation adulte handicapé parce qu'il y a eu un débat il y a quelques semaines dont on a beaucoup parlé à l'Assemblée nationale, sur la déconjugalisation de cette aide, pour qu'elle ne dépende plus du revenu du conjoint. Est-ce que le gouvernement s'oppose toujours à cette individualisation et, si oui, pourquoi ?

Nous avons entendu les demandes des associations et nous y avons répondu tout de suite. On transforme un peu le calcul qui était certainement source d'injustice. Et dans le PLFM, dans le projet de loi et de finances nous allons, dès le 1er janvier, avoir une amélioration pour plus de 60 000 personnes en situation de handicap qui sont en couple, avec une majoration entre 110 et 180 euros par mois.

Pour ce qui est de la déconjugalisation d'un minima social, c'est ce que j'ai répondu justement [ INAUDIBLE ], pourquoi pas mais à ce moment-là regardons l'ensemble des minimas sociaux que sont par exemple le RSA ou l'allocation pour les personnes âgées parce qu'on subit ces situations également. Donc c'est une façon différente d'appréhender la fiscalisation de nos prestations. J'entends très bien les arguments de dépendance, mais je dis que la dépendance de la situation de handicap est traitée par la prestation de compensation du handicap qui est individualisée, celle-ci, qui est à la hauteur des besoins justement d'accompagnement, d'aide humaine, pour ne pas peser sur son conjoint en termes d'accompagnement.

Donc, oui, nous avons entendu. Nous avons amélioré la situation et ça peut être un vrai débat de société de savoir comment on peut traiter toutes les prestations et les minimas sociaux dans notre société et donc du coup travailler en même temps sur la solidarité nationale, et quid du coup de cette solidarité familiale. Ça veut dire que le fait d'individualiser l'allocation adulte handicapé entraînerait l'individualisation des autres aides dont vous avez parlé ?

C'est-à-dire que moi, je me bats pour que les personnes handicapées soient des citoyens à part entière et donc un minima social doit être traité de la même façon, quelle que soit la situation. Et, encore une fois, celle de handicap est vraiment traitée par la prestation de compensation qui est individualisée. Merci.

Bonjour, Elisabeth Pineau, de Reuters. J'ai une question assez concrète pour Madame la Ministre. Je vois que vous portez un masque transparent et ce masque n'est pas généralisé, on le voit.

Est-ce que vous pouvez nous dire où on en est pour ce masque à destination des personnes en situation de handicap et aussi à destination des enfants dans les écoles ? Les professeurs ne sont pas équipés. Les professeurs qui ont des enfants sourds sont équipés aujourd'hui parce qu'il y a eu encore plus de 150 000 livraisons.

Nous avons aussi équipé les crèches parce que la CAF en a commandé 500 000. Je tiens à saluer l'expertise des personnes en situation de handicap parce que ce masque a été fait par une personne sourde et tout de suite en résilience. Ce sont les associations justement d'ESAT et d'entreprises adaptées qui l'ont fabriqué pendant le confinement, pour justement éviter la désinsertion professionnelle des personnes sourdes qui ne pouvaient plus lire sur les lèvres.

Et on l'a généralisé pour les enfants. Des EHPAD qui en commandent pour les personnes âgées, pour revoir le sourire et cette interaction si importante. Et aussi dire que l'État est venu aux côtés justement parce qu'il coûtait plus cher.

Maintenant, les prix ont baissé et nous sommes venus pour payer la différence, notamment pour les salariés en situation de handicap, pour que ce ne soit pas justement une discrimination. Donc il est de plus en plus généralisé. Il peut être commandé.

Il est fabriqué de plus en plus partout. Il y a celui-là et d'autres, c'était l'un des premiers masques inclusifs. Mais c'est en effet maintenant un outil de protection et un outil de communication.

Est-ce qu'il y a d'autres questions ? Merci, Sophie. Merci à Arthur et Romain pour votre participation à ce compte-rendu qui va maintenant reprendre son cours habituel.

Je reprends mes éléments. Je laisse tout le monde se mettre en place. Vous l'imaginez, ce matin en Conseil des ministres nous sommes largement revenus sur la situation sanitaire dans notre pays.

Le président du Conseil scientifique l'a indiqué ce matin, la cinquième vague est là dans notre pays. Près de 20 000 nouveaux cas ont été recensés hier. C'est environ 60 % de plus que mardi dernier.

Le taux d'incidence est désormais supérieur à 100 sur l'ensemble du territoire et il est notamment particulièrement élevé en Corse, en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en région Pays de la Loire. Partout, l'épidémie accélère et le virus reprend du terrain. Cette vague, nous savions qu'elle pouvait arriver.

Nous le savions car les conditions climatiques sont plus favorables l'hiver à la progression du virus. Nous le savions car nous nous retrouvons davantage dans des espaces clos où le virus peut davantage circuler. Nous le savions surtout parce que la situation dans certains pays sonnait comme un avertissement.

Je pense en particulier au Royaume-Uni, à l'Allemagne, aux Pays-Bas et à l'Autriche. Cette vague arrive, c'est vrai, mais nous avons de bonnes raisons de penser qu'elle n'emportera pas tout sur son passage. Les résultats parlent d'eux-mêmes s'agissant de l'efficacité du vaccin.

Il y a quatre fois plus de tests positifs parmi les non-vaccinés que parmi les complètement vaccinés. Et on compte neuf fois plus d'entrées en soins critiques et de décès parmi les non-vaccinés que parmi les vaccinés. C'est une étude de la DREES qui a été remise la semaine dernière et qui confirme une nouvelle fois les données exceptionnelles dont nous disposons sur l'efficacité remarquable du vaccin.

Le vaccin fonctionne remarquablement, et, partout en Europe, on observe une décorrélation de plus en plus forte et de plus en plus marquée entre les contaminations d'un côté et les hospitalisations de l'autre. Nous l'avions déjà vu, vous vous en souvenez, cet été, puisque notre pays a connu des taux d'incidence très élevés, mais des hospitalisations qui sont restées contenues, même si la situation était très tendue dans nos hôpitaux pour les soignants. Aujourd'hui, en France, notre couverture vaccinale bloque la mécanique infernale du virus, et l'augmentation forte des contaminations n'est pas suivie pour l'instant du même impact dans les hospitalisations.

On sent toutefois un frémissement, une augmentation un peu supérieure à 10 % des patients hospitalisés pour Covid sur une semaine, et cela nous appelle donc à la vigilance, car depuis l'arrivée du vaccin, c'est bien la situation à l'hôpital qui devient le juge de paix de l'épidémie et des mesures que nous avons éventuellement à prendre. Aussi, dans cet état d'alerte et de vigilance, nous gardons le cap. Nous tenons aujourd'hui mieux que d'autres pays, non seulement parce que notre couverture vaccinale est plus forte, parce que le rappel progresse, mais aussi parce que nous avons mis en place très tôt le pass sanitaire et que nous n'avons pas renoncé de manière anticipée à ce dispositif, tout comme à l'application des gestes barrières.

Alors nous gardons le cap et continuons, comme le président de la République l'a dit la semaine dernière aux Français, avec les outils qui ont fait leurs preuves, qui nous ont permis de passer l'été sans fermer, et qui peuvent nous permettre de traverser l'hiver de la même manière. C'est la raison pour laquelle nous intégrons la dose de rappel au pass sanitaire des Français de plus de 65 ans. C'est la raison pour laquelle, à partir du 1er décembre, la campagne de rappel sera ouverte pour les Français âgés de plus de 50 ans.

Beaucoup des semaines à venir est entre nos mains. Les Français répondent d'ores et déjà présents. Dans la journée d'hier, près de 200 000 doses de rappel ont été injectées.

C'est un record. Près de 4,7 millions de Français ont désormais reçu une dose de rappel. C'est presque un million de plus que la semaine dernière.

La campagne de rappel est passée à la vitesse supérieure, avec 620 000 rendez-vous dans la semaine qui a suivi l'annonce de l'allocution du président de la République. Nous avons même observé un impact de l'intervention et de l'allocution du président de la République sur les premières doses, puisque les prises de rendez-vous pour une première injection ont augmenté de 20 %, ce qui est significatif et qui est un élément extrêmement important, puisque nous savons qu'il reste plusieurs millions de Français qui ne sont pas encore protégés du tout, n'ayant même pas reçu une première dose. Donc constater une augmentation des prises de rendez-vous pour une première injection de l'ordre de 20 % est un signe très important et significatif.

En étant une fois de plus mobilisés et responsables, nous renforcerons la muraille immunitaire que nous avons bâtie avec le vaccin. En étant une fois de plus mobilisés et responsables, nous protégerons notre santé, celle de nos proches et notre hôpital. Nous avons notre destin en main.

Cela passe par le vaccin. Cela passe par le respect attentif des gestes barrières, le port du masque, la distanciation sociale, l'aération régulière des bâtiments, même si, avec l'hiver qui arrive, c'est plus compliqué. Mais dans une salle de réunion ou dans un domicile, un coup d'aération en ouvrant les fenêtres, tous les scientifiques le disent, cela a évidemment un impact sur la réduction des transmissions.

Cela passe enfin par des contrôles renforcés. Le ministre de l'Intérieur a ainsi, vous le savez, demandé une intensification des contrôles du pass sanitaire, et nous avons décidé de rendre plus strictes les conditions de franchissement de nos frontières avec la Belgique et l'Allemagne pour les non vaccinés. Je veux dire aux Français que je sais combien cette situation entraîne de la lassitude.

Je sais combien certains peuvent avoir le sentiment que nous n'en sortirons jamais. Mais je crois au contraire que nous traversons chaque vague mieux que la précédente, parce que nous apprenons à chaque fois sur la manière de gérer cette épidémie, parce que nous disposons à chaque fois de nouveaux outils qui nous permettent d'endiguer cette épidémie, et notamment son impact sur l'hôpital. Il y a un an pile, nous étions confinés.

Le nombre de nouveaux cas se comptait en dizaines de milliers, et nous atteignions le nombre record de malades hospitalisés du fait du Covid. Nous sommes aujourd'hui à des années lumière de cette situation. Nous le devons au vaccin, nous le devons au pass sanitaire, qui a été mis en place très tôt dans notre pays, et nous le devons évidemment aux efforts et à la responsabilité de chacun.

Nous avons donc toutes les cartes en main face à cette cinquième vague. Mesdames et Messieurs, nous combattons le virus, mais il y a d'autres combats que le Gouvernement mène avec constance, et dont vous m'entendez parler régulièrement durant les comptes-rendus du Conseil des ministres. Je pense notamment au combat contre la haine.

Aussi, après la dissolution d'un certain nombre d'associations et de groupements, certains néonazis, je pense au Bastion social, à Blood and Honor Hexagone et à Génération identitaire il y a quelques mois, nous avons adopté ce matin la dissolution de L'Alvarium, un groupement qui appelait à la haine, à la violence et aux discriminations. Notre main ne tremble pas face au racisme et à la violence, et nous le montrons une fois de plus avec cette décision prise en Conseil des ministres ce matin. Mesdames et Messieurs, ce Conseil a également été l'occasion d'adopter plusieurs textes sur lesquels je reviens rapidement.

Nous avons tout d'abord adopté un projet de loi qui a été présenté par le ministre des Affaires étrangères, qui approuve une convention de coopération judiciaire entre la France et les Nations Unies. Cette convention prévoit des mécanismes qui faciliteront les enquêtes et les sanctions au sujet des plus graves violations du droit international commises en Syrie ces dernières années. Nous mettrons ainsi tous nos moyens dans la lutte contre l'impunité dans ce pays.

Venait ensuite un projet de loi présenté par le ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, qui ratifie une ordonnance relative aux conditions de recrutement des personnels chargés d'encadrer le service national universel. Vous savez bien sûr à quel point ce projet me tient à cœur, puisque j'étais en charge du lancement du Service national universel dans mes précédentes fonctions. Il représente une très grande avancée pour la cohésion sociale, pour la mixité dans notre pays et pour l'engagement de notre jeunesse.

Quinze mille jeunes ont participé aux séjours de cohésion en 2020. Nous irons beaucoup plus loin en 2022 avec des inscriptions qui ont ouvert, et qui, je crois, le restent jusqu'au 17 décembre. J'invite évidemment les jeunes à se connecter à snu.gouv.fr.

La réussite de ce programme du Service national universel, vous le savez, nécessite un encadrement exemplaire. L'ordonnance que nous avons adoptée précise donc les conditions d'honorabilité auxquelles doivent satisfaire les personnes embauchées, et qui garantissent un recrutement divers et de qualité. La ministre de la Transition écologique a ensuite présenté un projet de loi de transposition d'une directive européenne relative aux dépôts de déchets par les navires dans les ports.

Ce texte incitera aux dépôts de déchets afin de prévenir les rejets sauvages en mer par les navires, tout en étendant les obligations et en renforçant les sanctions en la matière. Barbara Pompili a également présenté une ordonnance transposant une directive relative à l'achat public de véhicules propres. Des objectifs environnementaux sont notamment fixés pour les futurs renouvellements des flottes publiques, qui viennent renforcer les dispositions nationales que nous avions déjà prises en 2017.

Un dernier projet de loi a été présenté par la ministre de la Mer. Ce texte ratifie une ordonnance levant les obstacles à la navigation des navires autonomes et des drones maritimes tout en maintenant un niveau élevé de sécurité et de préservation de l'environnement. Enfin, nous avons eu l'occasion d'entendre une communication du ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports sur la lutte contre le harcèlement scolaire, qui fait l'objet d'une journée nationale demain, et qui mobilise pleinement le Gouvernement.

Le harcèlement est un fléau terrible qui repose sur des effets de groupe, et qui se déploie malheureusement dans la cour de récréation comme sur les réseaux sociaux. Le plan " Non au harcèlement ! ", que nous avons adopté très tôt, vise à endiguer ce fléau en renforçant l'évaluation des climats scolaires, y compris auprès des élèves, et le déploiement d'un plan de formation d'au moins cinq adultes par établissement, ainsi que de plus de 20 000 élèves ambassadeurs contre le harcèlement.

Nous travaillons aussi pour améliorer notre prévention et notre prise en charge des victimes en matière de harcèlement. Nous déployons le programme pHARe, j'en parlais il y a un instant, qui vise à ce que, dans chaque établissement, nous ayons des élèves et des enseignants ambassadeurs contre le harcèlement, formés pour cela. Nous avons vu, dans les territoires où ce programme a été expérimenté, que cela avait un impact réel sur le climat scolaire et sur la réduction des phénomènes de harcèlement à l'école.

Le président de la République est évidemment intervenu sur ce sujet. Il a rappelé l'importance de cette lutte contre le harcèlement. Il en a rappelé les trois grands axes, et nos trois grandes priorités.

D'abord, la formation de la communauté éducative, j'en parlais à l'instant, pour repérer les signes faibles de harcèlement et pour recueillir la parole des élèves concernés. Ensuite, la contribution au développement des points d'accueil physiques où on écoute, à l'école et en dehors de l'école. il y a des dispositifs téléphoniques.

Il y a des dispositifs, et on va en lancer de nouveaux, d'applications smartphone. Le président a rappelé l'importance aussi des points physiques d'écoute, pour recueillir physiquement la parole des élèves concernés. Et enfin continuer notre travail et notre engagement avec les réseaux sociaux pour lutter contre ce fléau et ce phénomène en ligne.

Vous savez que ça a été notamment abordé au moment du Forum de Paris qui s'est tenu la semaine dernière. C'est un enjeu qui mobilise la communauté mondiale, et sur lequel nous avançons notamment avec les États-Unis, pour travailler avec les plateformes, avec les réseaux sociaux. Il y a des enjeux très techniques d'harmonisation de l'âge à partir duquel on peut s'inscrire sur un réseau social, des enjeux de signalement, des enjeux de bannissement.

Tout ce travail doit continuer à être mené. Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je pouvais vous dire du Conseil des ministres qui s'est tenu ce matin, et je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions. Bonjour, Monsieur le Ministre, Sami Sfaxi pour Canal+ et CNews.

Alors que, vous l'avez dit, c'est vrai, l'épidémie repart de façon importante, on constate un relâchement des gestes barrières : vous, moi, un peu tout le monde. Mais on a vu ces images, hier soir, du Premier ministre au ministère de l'Intérieur, place Beauvau, sans masque, serrant les mains de tous les invités. C'est vrai que ces images ont choqué, en tout cas une partie de l'opinion.

Est-ce que vous comprenez que ces Français aient du mal à appliquer les gestes barrières si, même au plus haut niveau de l'État, ces gestes-là ne sont pas appliqués ? Merci beaucoup. D'abord, je comprends et j'entends totalement, et je crois que nous la partageons tous, la lassitude devant cette situation et les gestes barrières du port du masque et de la distanciation nécessaire, toutes ces mesures qui ont fait irruption dans notre quotidien depuis plus d'un an et demi maintenant et dont on n'a qu'une hâte, c'est de s'en débarrasser.

La deuxième chose que je veux dire, c'est que l'ensemble des membres du Gouvernement respectent les protocoles sanitaires qui sont édictés. Vous pouvez, quand vous êtes amené à prendre la parole en public dans une réunion, devoir retirer votre masque. Je le retire ici même quand je prends la parole, je le remets quand je n'ai plus la parole.

S'agissant ensuite du serrage de mains, vous pouvez, dans une manifestation publique, ça peut être le cas, et j'en ai fait l'expérience, quand vous êtes en déplacement et que vous rencontrez des Français qui vous tendent la main, avoir aussi envie de serrer la main. Il faut évidemment faire très attention, être très vigilant. On le fait tous.

Il peut y avoir de temps en temps un moment d'inattention, un écart. On fait tous très attention aussi parce qu'on rencontre beaucoup de monde. Je peux vous dire qu'en matière de gel hydroalcoolique, de lavage de mains, etc, quand on est amenés à serrer des mains, on fait très attention.

Mais il y a une vigilance et un respect évident des protocoles. Quand vous êtes à l'extérieur, par exemple, vous pouvez ne pas porter le masque, sauf dans certains endroits où il a été réintroduit, mais il y a cette vigilance. Je ne vous dis pas qu'il ne peut pas y avoir un moment d'inattention.

On est tous humains. Là, il n'y avait pas de prise de parole ! En fait, ma question est plus générale.

Est-ce que ce n'est pas le moment le moment de remettre une couche sur ces gestes barrières, avec une vigilance accrue ? Bien sûr que si, vous avez raison de le dire. On fait très attention.

Je crois que j'ai repassé les messages, et on a chacun à cœur de respecter les protocoles et les gestes barrières, évidemment. Bonjour, Marie Chantrait, pour TF1-LCI. Plusieurs questions liées à la situation sanitaire.

Vous avez parlé de cette cinquième vague présente. Olivier Véran, le ministre de la Santé, a considéré qu'un reconfinement était disproportionné. Est-ce que des mesures alternatives type couvre-feu pourraient être à envisager ?

Deuxième question, sur les contrôles renforcés des pass sanitaires : est-ce que vous avez des chiffres à nous donner depuis l'allocution du chef de l'État la semaine dernière ? Enfin, sur le télétravail, est-ce qu'il ne faudrait pas y recourir plus aujourd'hui ? Elisabeth Borne s'est exprimée il y a quelques jours sur le sujet.

En Allemagne, c'est visiblement sur la table. Est-ce que ça peut être une solution pour lutter contre cette épidémie ? Merci beaucoup.

D'abord, je redis quelle est la situation. Nous sommes entrés dans une cinquième vague de l'épidémie, avec un nombre de contaminations et une incidence qui progresse très rapidement, de l'ordre de 40 à 50 % par semaine depuis maintenant deux semaines. Il y a donc une situation d'alerte dans notre pays.

On part de plus bas que la plupart de nos voisins, où le taux d'incidence peut être de 4 à 9 fois supérieur au nôtre entre les Pays-Bas et l'Autriche, grâce aux efforts des Français et à la mise en œuvre très précoce de mesures dans notre pays. Je pense au pass sanitaire. Il faut se souvenir que quand le président de la République met en place le pass sanitaire, l'annonce le 12 juillet, on est un des premiers pays au monde à le faire.

Ça nous a d'ailleurs été reproché parfois par l'opposition. On constate aujourd'hui que la plupart des pays nous ont suivis dans cette mesure, mais que le fait de l'avoir adoptée très tôt et le fait pour les Français d'avoir fait beaucoup d'efforts nous ont permis de faire régresser le virus. Et ça nous permet aujourd'hui de partir d'une situation plus basse que les autres.

Maintenant, ça ne veut pas dire qu'on peut laisser la situation prospérer et filer dans notre pays. Ça veut dire qu'il faut faire très attention. Vous me demandez si d'autres mesures peuvent être prises ?

Moi, je le répète toujours, je n'exclus rien par principe. Maintenant, ce que je vous dis, c'est qu'aujourd'hui, à l'heure à laquelle je vous parle, il n'est pas prévu de prendre des mesures supplémentaires. Est-ce que ça veut dire qu'il n'y en aura pas demain ?

Non. Encore une fois, j'aimerais pouvoir répondre très clairement à cette question, mais on a vu en France, et les pays du monde entier l'ont vu depuis 18 mois, que cette épidémie pouvait continuer à nous surprendre, à progresser et à reprendre. Si vous aviez interrogé le porte-parole du Gouvernement aux Pays-Bas ou en Autriche il y a un mois, il vous aurait probablement fait la même réponse que celle que je suis en train de vous faire.

Ce que je peux vous dire simplement, c'est que les outils dont nous disposons, le pass sanitaire qui a été mis en place très tôt, la vaccination, on a une couverture vaccinale remarquable qui continue à progresser puisque les rendez-vous pour avoir une première injection ont augmenté de 20 %, ce qui est un très bon signe, et l'avance que nous avons aussi sur un certain nombre de nos voisins sur le rappel de vaccination, parce que certes, on aimerait que ça aille encore plus loin et plus fort, mais on en est à 4,7 millions de personnes qui ont reçu un rappel de vaccination, et nous avons aussi une avance à ce titre-là, tout cela nous permet d'être confiants. Mais ça veut dire qu'il faut poursuivre nos efforts. Il faut que les Français qui sont les plus fragiles, je pense aux plus de 65 ans, puis à partir de début décembre aux plus de 50 ans, et à tous les Français qui ont une pathologie qui les expose vis à vis des formes graves de la maladie, qui ont des maladies cardiovasculaires, des maladies respiratoires, qui souffrent d'obésité et de cancer, aient recours au rappel de vaccination.

Tout cela peut nous permettre de traverser l'hiver sans avoir à prendre des mesures supplémentaires. Vous me demandez si je peux exclure totalement qu'on ait à prendre d'autres mesures, malheureusement, la réponse est non. Mais c'est la même réponse que je fais depuis le début de cette épidémie.

Sur les contrôles du pass, le président de la République, quand il s'est exprimé dans son allocution la semaine dernière, a dit qu'il avait demandé au Gouvernement de les renforcer. En septembre, il y avait 50 000 personnes qui étaient contrôlées chaque semaine dans 8 000 établissements. Au moment où le président de la République a pris la parole, la situation que l'on connaissait à ce moment-là, c'était qu'il y avait 25 000 personnes contrôlées dans 4 000 établissements.

D'ailleurs, j'ai pu avoir beaucoup de remontées, de Français, mais aussi de journalistes dans des interventions ou des interviews, qui me disaient qu'ils avaient senti qu'il y avait moins de contrôles du pass sanitaire dans un certain nombre d'établissements. Le président de la République, au regard de cette situation, c'est-à-dire les contrôles qui étaient deux fois moins importants que ce qu'ils étaient en septembre, a demandé qu'on remobilise. Donc Gérald Darmanin a publié un certain nombre de textes et a réuni les préfets pour remobiliser sur les contrôles.

Vous me demandez un bilan aujourd'hui, je n'en ai pas à vous communiquer. Il y a une semaine, ce message a été passé. J'espère que la semaine prochaine, en revenant devant vous, j'aurai à ce moment-là des chiffres à vous donner sur la remontée des contrôles dans notre pays. [INAUDIBLE].

Ça correspond à la réponse que j'évoquais sur des mesures éventuelles supplémentaires. Je n'ai pas d'annonce à vous faire aujourd'hui sur ce sujet-là. Il y a eu des expressions de mes collègues, que ce soit Elisabeth Borne ou Olivier Véran encore récemment, qui ont rappelé que c'était une mesure qui avait fait ses preuves quand elle a été mise en place.

Je n'ai pas d'annonce supplémentaire à vous faire aujourd'hui sur ce point. Bonjour, Agathe Lambret pour BFM TV. Une question sur la gratuité des tests.

Plusieurs spécialistes disent que la fin de la gratuité pour les non vaccinés revient à retarder la détection. Ils demandent donc de les rendre à nouveau gratuits. Je sais que vous vous étiez déjà exprimé sur ce sujet, mais comme on sait que la situation peut évoluer d'un jour à l'autre, quelle est la position de l'exécutif ?

Il y a eu 18 mois de gratuité totale de l'ensemble des tests dans notre pays. Elle était notamment justifiée par le fait que c'était un des seuls outils dont on disposait face à cette épidémie. On dispose aujourd'hui d'un autre outil qui est le vaccin, qui a été développé et massifié.

Vous avez aujourd'hui une très grande majorité des Français qui a fait le choix de se faire vacciner. On a fait le choix, vous vous en souvenez, juste après l'été, de dérembourser les tests. On les met maintenant en remboursement pour les personnes vaccinées, les personnes qui ont une prescription médicale ou les personnes qui sont cas contact.

Ça fait beaucoup de situations, et ça fait encore beaucoup de tests. L'idée, encore une fois, c'est de dire que quand vous faites des tests pour pouvoir vous rendre au cinéma ou au théâtre, etc, pouvoir bénéficier du pass sanitaire, ce n'est pas à la solidarité nationale de les prendre en charge. C'est pour cela que des dérogations ont été permises pour prescription médicale ou pour cas contact.

Il n'est pas prévu aujourd'hui de revenir sur cette décision. Je rappelle par ailleurs que chez un certain nombre de nos voisins, c'est le régime qui, pour certains d'entre eux, s'applique depuis le début de l'épidémie. Un certain nombre de pays n'ont pas eu cette phase importante de gratuité des tests pour l'ensemble de la population comme celle que nous avons eu pendant 18 mois.

Bonjour, Guillaume Daret, de France Télévision. Pourquoi ne pas généraliser la troisième dose à l'ensemble de la population qui peut être vaccinée ? Est-ce que ça ne permettrait pas de mieux passer cette nouvelle vague, et peut-être de lutter contre une sixième éventuelle ?

Parce que nous ne disposons pas encore de recommandations scientifiques qui nous amènent à le faire. Aujourd'hui, la dose de rappel est recommandée pour les plus exposés vis à vis des formes graves du virus et pour ceux dont les études scientifiques nous disent qu'il y a, à compter d'autour de 6 mois, une diminution de l'immunité conférée par le vaccin. Ce sont donc les personnes âgées, aujourd'hui les plus de 65 ans, et demain, début décembre, les plus de 50 ans et les personnes qui ont une comorbidité, comme on dit, c'est-à-dire une pathologie qui les expose vis à vis de formes graves du virus, encore une fois maladies respiratoires, maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, cancer, etc.

Ce sont les personnes les plus exposées vis à vis des formes graves et dont la littérature scientifique nous dit que l'immunité conférée par le vaccin peut baisser autour de six mois après le schéma vaccinal complet. On n'a pas encore aujourd'hui de recommandations scientifiques qui nous disent qu'on constate cette diminution de l'immunité conférée par le vaccin pour le reste de la population. Évidemment que nous continuerons à suivre attentivement ce que nous disent les scientifiques, et à prendre des décisions conformément à ce qu'ils nous recommandent de faire pour protéger les Français.

Mais aujourd'hui, il n'y a pas de décision rendue en ce sens. Laurence Benhamou. Bonjour, toujours sur la crise sanitaire.

Le professeur Delfraissy a expliqué ce matin que les traitements monoclonaux étaient sous-utilisés. Il a aussi évoqué les nouveaux médicaments par voie orale qui sont en train d'être homologués. Est-ce que la France a commandé ces traitements, puisque j'imagine que, comme, pour le vaccin, il faut s'assurer d'avoir ces doses ?

Est-ce qu'il y a à suivre une stratégie, sachant peut-être qu'on pourrait imaginer que trop en parler puisse décourager des gens de se faire vacciner ? Quelle est l'idée, et pourquoi est-ce que l'adoption ou l'arrivée de ces traitements n'est pas plus rapide ? Merci.

D'abord, je veux rappeler que la France a été l'un des premiers pays au monde à mettre à disposition des milliers de traitements par anticorps monoclonaux, ces anticorps monoclonaux qui permettent de réduire le risque de formes graves pour des personnes fragiles quand on détecte leur contamination. Ce qu'a dit, je crois, Jean-François Delfraissy ce matin, c'est que ces traitements par anticorps monoclonaux qui ont été mis à disposition avaient été sous-utilisés. Encore une fois, la France était un des premiers pays au monde à le faire de manière aussi massive au début de l'année.

Pourquoi est-ce qu'ils ont été sous-utilisés ? D'abord parce qu'ils se faisaient par voie injectable, ce qui est plus intrusif et moins facile que pour d'autres modes d'utilisation. Et ensuite, parce qu'un certain nombre de prescripteurs qui étaient amenés à les prescrire ont fait remonter leur souhait d'attendre un peu pour bénéficier de davantage de recul sur l'efficacité de ces traitements.

Maintenant, vous l'avez dit dans votre question, il y a une deuxième génération de traitements qui arrive, ce sont les traitements antiviraux, notamment les traitements par voie orale. Sur ce point-là aussi, la France est un des premiers pays au monde à avoir commandé massivement, et sera probablement un des premiers pays à pouvoir mettre à disposition ces traitements antiviraux innovants. Nous en avons commandé déjà 50 000.

Et dans les prochains jours ou les prochaines semaines, je ne peux pas vous dire précisément quand l'autorisation va être remise, mais une autorisation d'utilisation va être rendue en France, ils pourront être mis à disposition des prescripteurs pour être prescrits aux Français. On est en pole position sur ces traitements antiviraux, je pense notamment au Molnupiravir, ce traitement que j'évoquais et qui pourra être mis à disposition, parce que nous disposons aussi en France d'un système d'accès précoce aux traitements innovants qui nous permet, après des phases d'essais cliniques, après des tests, de les mettre à disposition des patients. Bonjour, Julie Marie-Leconte, FranceInfo.

Vous évoquiez la question du contrôle des contrôles du pass sanitaire enclenché par le ministère de l'Intérieur. Il y a la question d'un autre contrôle, plus simple, qui est celle du contrôle du port du masque, puisqu'on évoquait le télétravail. L'étape avant de se rendre au travail, c'est souvent les transports en commun.

Les Français s'interrogent souvent sur le fait que, finalement, il n'y ait pas de contrôles, donc pas de pass sanitaire imposé, ça, c'est une décision, mais pas de contrôles du port du masque. Est-ce que le Gouvernement a pris attache avec les sociétés de transport en commun et les compagnies aériennes pour leur rappeler quelles se doivent de faire respecter cette obligation ? Bien sûr, quand on parle de remobilisation autour des contrôles, on parle évidemment des contrôles du pass sanitaire.

On parle aussi de l'ensemble des contrôles dans les lieux où le port du masque est obligatoire, et notamment s'agissant des transports. Sur ce point, mon collègue Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports, est en lien avec les sociétés organisatrices de transport pour les mobiliser sur ce sujet. Elizabeth Pineau, Simon Le Baron ?

Elizabeth Pineau, allez-y ! Á moi l'honneur ? Merci.

J'ai une question sur le Nord Stream 2, le gazoduc qui relie la Russie à l'Allemagne. Hier, une agence allemande fédérale a dit qu'elle suspendait la procédure de certification pour l'utilisation de ce gazoduc. Du point de vue de la France, est-ce que cette décision est motivée par des motifs diplomatiques, politiques ?

Et est-ce que la France estime que c'est utile pour faire pression sur la Russie dans le contexte de crise en Biélorussie et de tensions en Ukraine ? Merci. Nous avons pris connaissance de cette décision, qui n'appelle pas de commentaires de la France, s'agissant d'une décision suite à une recommandation d'une agence fédérale allemande.

Il n'y a donc pas de commentaire à faire pour ma part sur la position de la France au sujet de cette décision. J'ai une autre question, retour en France : selon une récente étude de l'Institut des politiques publiques, les mesures prises pendant le quinquennat ont augmenté le pouvoir d'achat de 1,6 %. Il y a une grosse disparité entre les personnes les plus riches et les plus défavorisées, dont le pouvoir d'achat aurait baissé de 5 %.

Quelle est votre réponse à cette étude, à l'heure du bilan de ce quinquennat ? Je n'ai pas pris connaissance de cette étude en particulier. Je vais le faire, évidemment.

En revanche, j'ai pris connaissance de l'étude très nourrie et poussée qui a été réalisée par l'Insee, vous vous en souvenez, publiée la semaine dernière ou la précédente, et qui montre qu'en France, pendant la crise sanitaire, la pauvreté telle qu'elle est calculée par l'Insee chaque année n'a pas progressé, précisément parce qu'on a pris des mesures de soutien, y compris en faveur des personnes les plus précaires, les plus fragiles dans notre pays. Il faut se souvenir des aides exceptionnelles qui ont été accordées aux personnes qui sont bénéficiaires des minima sociaux, à la revalorisation de l'allocation de rentrée scolaire qui a été décidée aussi, et évidemment aux mesures que nous avons prises plus globalement pour soutenir le pouvoir d'achat des Français. Ce qu'a dit l'Insee, c'est que, par ces mesures, la pauvreté n'a pas augmenté dans notre pays pendant cette crise.

C'est important de le dire, la solidarité et notre politique sociale ont été au rendez-vous. Maintenant, je vais prendre connaissance de l'étude que vous évoquez. Elle court sur tout le quinquennat.

Nous y apporterons une réponse. Je veux rappeler encore une fois qu'on a des objectifs très forts et une politique résolue depuis le début du quinquennat, sur cette question du pouvoir d'achat et du niveau de vie pour ceux qui travaillent et qui ont du mal à joindre les deux bouts, avec toutes les mesures que nous avons prises pour revaloriser la prime d'activité, supprimer les cotisations sociales, défiscaliser les heures supplémentaires et supprimer la taxe d'habitation, toutes ces mesures on va dire pour la classe moyenne, et aussi des mesures en faveur des plus précaires avec la revalorisation des minima sociaux. On parlait tout à l'heure de l'allocation adulte handicapé, on peut parler du minimum vieillesse, revalorisé auss de 100 euros.

Mais encore une fois, je prendrai connaissance de cette étude. Rebonjour ! Une question sur la présence de Lula à l'Elysée, l'ancien président brésilien, qui déjeune en ce moment avec Emmanuel Macron.

Il sera probablement candidat à l'élection présidentielle au Brésil l'année prochaine. C'est presque un soutien officiel, en tout cas un message, on peut l'imaginer, envoyé à l'actuel Président Jair Bolsonaro ? Vous connaissez l'importance des relations entre la France et le Brésil ?

Historiques ! Lula est en visite en tournée européenne, et il a été le président de ce pays. Le président de la République le reçoit pour aborder des sujets absolument fondamentaux aujourd'hui, évidemment la crise sanitaire, son impact social et son impact sanitaire, et puis les enjeux environnementaux : la question climatique et celle de la lutte contre la déforestation qui ont été au cœur des échanges que nous avons eus durant la COP 26.

Après, il y a une situation politique nationale, mais qui n'a pas de lien avec la visite de Lula et la rencontre qu'il a avec le président de la République. Donc Emmanuel Macron ne fait pas de choix pour l'instant ? Évidemment, il n'y a pas d'ingérence dans le débat politique national, au Brésil comme dans tout autre pays dans le monde.

Je me fais le porte-voix de mon collègue Paul Larrouturou, pour l'instant Paul sur LCI. Une question sur ce pronom, iel, l'écriture inclusive. Est-ce que vous pensez, comme Jean-Michel Blanquer, que l'écriture inclusive n'est pas l'avenir de la langue française et ne devrait pas entrer dans le dictionnaire ?

Est-ce qu'il en a été question ce matin en Conseil des ministres ? Merci beaucoup. Je crois qu'on a une position assez claire depuis le début de ce quinquennat s'agissant du Gouvernement.

Il a notamment été décidé très tôt, c'était une circulaire qui avait été prise à l'époque par le Premier ministre, de ne pas utiliser l'écriture inclusive dans l'ensemble des documents officiels et des documents administratifs. Vous connaissez la position du gouvernement ! Après, vous imaginez qu'au regard des enjeux géopolitiques, sanitaires, économiques, environnementaux et internationaux dont on parle depuis tout à l'heure, ce n'est pas un sujet qui a été évoqué ce matin en Conseil des ministres et qui a vocation, je crois, à être plus largement évoqué ici.

Mais évidemment, chaque membre du Gouvernement peut s'exprimer et donner son avis sur ces questions. Juste une question sur la pêche, comme Sylvie n'est pas là. Où en est-on de l'ultimatum avec nos amis britanniques ?

Il y a des discussions qui se poursuivent, notamment au niveau européen, sur cette question des licences de pêche, avec toujours le même souhait de la France que l'accord qui a été signé dans le cadre du Brexit soit respecté. Je n'ai pas de nouvelles informations à donner. Mes collègues se sont exprimés encore récemment dans les médias.

Ils ont rappelé la situation que nous connaissons, le nombre de licences qui nous manquent aujourd'hui, et qui manquent à nos pêcheurs. Je veux encore une fois saluer leur grande patience et leur grande résilience dans cette situation, puisqu'ils ont fait beaucoup d'efforts et ont transmis beaucoup d'informations qui leur étaient demandées. Ils ont aussi beaucoup d'angoisse sur leur avenir.

Mais je veux rappeler que la France et l'Union européenne restent évidemment très mobilisées. Il y a des réunions de haut niveau qui se tiennent sous l'égide de la Commission européenne sur ce sujet, en lien avec les Britanniques. Je n'ai pas de nouvelles informations à vous donner.

On a toujours été très clairs sur le fait qu'il était possible de prendre des mesures si l'accord n'était pas respecté, mais je n'ai pas de nouveau calendrier à vous donner sur ce sujet. Il n'y a pas d'autres questions ! Je vous remercie, et je vous dis à la semaine prochaine.

Compte rendu du Conseil des ministres du 17 novembre 2021 · Pourquijevote