L'invité de Bourdin Direct : Aurélien Rousseau - 13/01
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:31OuverteRéponse directe
Quelle est la situation en France et en Ile-de-France, Aurélien Rousseau ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Combien de cas en Ile-de-France de variants anglais ?
- 3:54OuverteRéponse directe
Et les enfants ? Est-ce que vous pouvez nous confirmer ce matin qu'en Ile-de-France, par exemple, la positivité des enfants est en augmentation aujourd'hui ?
- 4:54RelanceRéponse directe
Alors, si j'ai bien compris, c'est une lutte de vitesse engagée, il faut dire clairement les choses, lutte de vitesse engagée contre ce variant.
- 5:57RelanceRéponse partielle
Mais on devrait peut-être même être encore plus strict aux aéroports, non ?
- 7:20OuverteRéponse directe
Est-ce que les Françaises et les habitants d'Île-de-France se sont bien comportés pendant les fêtes du Nouvel An ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57InvitéChiffre
« Sur ces 1 700 personnes, on a trouvé 13 PCR, 13 prélèvements positifs. »
- 1:07InvitéFait
« Deux d'entre eux nous faisaient penser aux variants. »
- 2:25InvitéChiffre
« Aujourd'hui, on a très précisément 11 cas confirmés. »
- 2:53InvitéChiffre
« On a ensuite une quarantaine de cas sur lesquels on a une discordance dans les prélèvements. »
- 4:05InvitéFait
« Aujourd'hui, on a eu deux énormes craintes avec le variant : la première, c'était qu'il y ait une létalité, une mortalité plus forte. »
- 4:26InvitéFait
« On a effectivement un peu plus d'enfants qui l'ont, mais qui ne développent pas de forme grave. »
- 4:40InvitéChiffre
« Quand on dit qu'on a 1% des prélèvements aujourd'hui qui reviennent positifs aux variants, on sait qu'on doit tout faire pour plaquer cette situation. »
- 8:18InvitéChiffre
« On est proche des 200 pour 100 000. »
- 11:56InvitéChiffre
« Aujourd'hui, on a 558 personnes en réanimation en Ile-de-France, c'est-à-dire 49,8% de nos capacités initiales. »
- 12:27InvitéFait
« Cette deuxième vague qui a été plus meurtrière que la première. »
- 15:47InvitéChiffre
« Aujourd'hui, on a vacciné un peu plus de 40 000 personnes en Ile-de-France. »
- 15:50InvitéChiffre
« Sur ces 40 000 personnes, il y en a 8 000 qui sont en EHPAD. »
Temps de parole
- Invité73 %
- Présentateur27 %
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Aurélien Rousseau, bonjour. Bonjour. Vous êtes directeur général de l'ARS d'Ile-de-France. L'ARS, c'est l'agence régionale de santé. Vous êtes le patron de la santé en Ile-de-France, Aurélien Rousseau. On a besoin d'informations, plus que jamais, avec la situation. Et notamment d'informations sur ce fameux variant anglais. Vous chassez, vous chassez ce variant anglais. Quelle est la situation en France et en Ile-de-France, Aurélien Rousseau ?
En effet, on est en train de mener une traque. Une traque pour essayer de le débusquer. Et donc, dès qu'on a une suspicion, on se projette. On va essayer de plaquer ce variant au sol. Je prends un exemple. La semaine dernière à Bagneux, on repère un cas. On met en place, avec le préfet, avec la mairie, une opération de dépistage massive. C'est 1 700 personnes qui sont allées se faire dépister. Sur ces 1 700 personnes, on a trouvé 13 PCR, 13 prélèvements positifs. Deux d'entre eux nous faisaient penser aux variants. Ça, c'était samedi. Le dimanche matin, des équipes mobiles sont allées chez ces personnes pour aller prélever leur famille, leur donner des conseils.
Et surtout, les inviter à respecter avant tout l'isolement. Parce que ce variant, sa principale caractéristique, c'est qu'il est plus contagieux. Donc, en effet, c'est une ligne de front nouvelle. C'est une bataille nouvelle.
Une épidémie dans l'épidémie, disait Arnaud Fontanet, ici même, à votre place lundi matin.
Absolument. Et ça nous demande de modifier, d'accélérer, de renforcer des choses très concrètes. Par exemple, aujourd'hui, une personne qui est cas contact d'une personne qui a le variant, on va lui téléphoner tous les jours pour vérifier qu'elle respecte l'isolement. Dès qu'on a une suspicion sur un prélèvement PCR qui revient, c'est parce que la personne nous dit qu'elle a fait un voyage ou qu'elle a été en contact avec quelqu'un qui revient de l'étranger, on va passer ce prélèvement une nouvelle fois, ce qu'on appelle une technique thermo-fisher, pour aller vérifier qu'on n'est pas le variant qui traîne.
C'est une bataille de tous les instants, parce qu'on sait qu'il faut étouffer tous les foyers liés au variant britannique.
Alors, enquête nationale et régionale sur ces variants, ce variant,
combien de cas en Ile-de-France de variants anglais ? Aujourd'hui, on a très précisément 11 cas confirmés. 11 cas confirmés en Ile-de-France ? 11 cas confirmés, sur lesquels 9 d'entre eux, on considère que l'épisode est clos, comme on dit, donc on a compris qui avait contaminé, on a limité les chaînes de contamination. Il y en a deux sur lesquels l'enquête est encore en cours. Par exemple, la personne contaminée à Bagne, on n'a toujours pas compris par qui elle avait été contaminée. Elle n'a pas voyagé en Grande-Bretagne, elle n'a pas eu de contact. C'est pour ça qu'on est allé voir autour. On a ensuite une quarantaine de cas sur lesquels on a une discordance dans les prélèvements.
Qui pourraient être, donc ? Qui pourraient être, donc des variants. Donc, ça n'est pas confirmé, mais on considère toutes ces personnes, et on les traite exactement comme si elles avaient le variant. l'isolement, l'isolement de leur sujet contact. Et puis ensuite... On jusqu'à confirmer, 40 suspicions. 40 suspicions. Et puis ensuite, on a d'autres suspicions plus faibles, mais pareil, on traite pareil. C'est des suspicions plus faibles, pour être très concret. C'est des personnes qui ont fait des tests antigéniques, mais qui nous disent qu'elles ont été en contact. Donc, cela, on va refaire les tests, pour revérifier si c'est ou non le variant.
Je rappelle, ce qui se passe en Ile-de-France se passe dans toutes les régions de France. C'est très important de vous donner un exemple, de donner l'Ile-de-France en exemple. Pourquoi ? Parce que c'est la région la plus peuplée de France, et puis parce que, finalement, les mesures prises en Ile-de-France sont à peu près les mêmes que celles qui sont prises partout ailleurs. Vous chassez donc ce variant. Je rappelle que ce variant est beaucoup plus contagieux. C'est une mutation du virus, c'est beaucoup plus contagieux. Et les enfants ? Est-ce que vous pouvez nous confirmer ce matin qu'en Ile-de-France, par exemple, la positivité des enfants est en augmentation aujourd'hui ?
Aujourd'hui, on a eu deux énormes craintes avec le variant. La première, c'était qu'il y ait une létalité, une mortalité plus forte. La deuxième, c'est que la répartition par âge des cas graves soit plus importante. On a eu cet élément qui revenait de Grande-Bretagne. Sur ces deux éléments-là, à ce stade, ça n'est pas confirmé. Mais on a effectivement un peu plus d'enfants qui l'ont, mais qui ne développent pas de forme grave. La vraie différence entre le variant et le Covid-19 qu'on connaît depuis un an, c'est sa contagiosité.
C'est pour ça que, quand on dit qu'on a 1% des prélèvements aujourd'hui qui reviennent positifs aux variants, on sait qu'on doit tout faire pour plaquer cette situation, pour que ça ne monte pas de manière exponentielle.
Alors, si j'ai bien compris, c'est une lutte de vitesse engagée, il faut dire clairement les choses, lutte de vitesse engagée contre ce variant. Pourquoi ? Parce que le virus que l'on connaît bien depuis un an maintenant, depuis plus d'un an maintenant, ce virus, on commence à maîtriser la situation. Et voilà que ce variant change la donne, Aurélien Rousseau.
Ça change la donne, on est bien d'accord ? Une fois encore, en effet, on va devoir s'adapter à un ennemi qui change de nature. Et par ailleurs, on va devoir avoir toutes les écoutilles ouvertes, parce qu'il y a le variant britannique, il peut y en avoir d'autres. Donc c'est pour ça qu'on renforce et au quotidien...
On a un peu d'autres en Ile-de-France ?
Aujourd'hui, on n'a que ce variant-là, mais on est prêts. Et d'une certaine manière, ce n'est pas pour inquiéter, c'est pour essayer d'être le plus lucide et le plus transparent. On sait que d'autres vont venir. L'Ile-de-France est une plaque tournante, même si on va renforcer les contrôles, les contrôles aux aéroports. On sait que par plein de canaux, il peut arriver.
Oui, les contrôles aux aéroports. Mais on devrait peut-être même être encore plus strict aux aéroports, non ? Aurélien Rousseau, mise en quarantaine, je ne sais pas, moi. Alors, interdiction d'entrée sur le territoire français, est-ce qu'on ne peut pas aller jusque-là ? Est-ce qu'on ne doit pas aller jusque-là ?
Aujourd'hui, sur les endroits dans lesquels le variant britannique, et notamment les îles britanniques, circulent massivement, il y a des mesures... L'Irlande, par exemple. Il y a des mesures très concrètes. Pour revenir sur le territoire, il faut disposer d'un test négatif.
Ce n'est pas suffisant, un test Aurélien Rousseau. On sait très bien qu'un test peut être négatif, et que deux jours après, il devient positif.
Il y a deux choses, je pense, Jean-Jacques Bourdin, comme depuis le début, dans cette pandémie. Il y a les mesures prises par les autorités. Oui. Qui un jour sont trop sévères, le lendemain trop laxistes, et donc il faut calibrer ça. Il y a aujourd'hui un conseil de défense... Je vais en parler. Et le deuxième élément, c'est qu'au fond, on a chacun, à la fin, une responsabilité individuelle. Moi, je pense qu'effectivement, quand on revient d'un voyage à l'étranger, on doit avoir ce réflexe... De s'isoler. De s'isoler, de faire encore plus attention, de limiter encore plus ses contacts. On marche toujours sur ses deux pieds, dans cette épidémie.
Et ce qui est sûr, c'est que les fameux, et on en a peut-être assez d'entendre ce mot, les gestes barrières, la distanciation sociale, à la fin, c'est quand même ceux qui fonctionnent le mieux, le plus, et a fortiori sur une souche de Covid qui est beaucoup plus contagieuse.
Est-ce que les Françaises et les habitants d'Île-de-France se sont bien comportés pendant les fêtes du Nouvel An ? Je parle du Nouvel An parce que Noël, ça s'est plutôt bien passé.
Le Nouvel An. Moi, d'abord, premièrement, vous l'avez dit pour Noël, je suis sûr que personne n'a vécu ces fêtes comme les précédentes. Tout le monde s'est posé des questions, tout le monde a réduit le nombre de gens autour de la table, a porté le masque, peut-être pas aussi scrupuleusement que ce que les consignes sanitaires donnaient. Mais je pense que ça a été fait et ça a été bien fait. Et c'est important de le dire parce que quand même, ça fait un an qu'on se traîne tout ça. Après, on voit depuis une semaine, c'est très clair, on a pris une quarantaine de points d'incidence. On arrive à nouveau proche des 200 pour 100 000. En Ile-de-France ? En Ile-de-France.
On est proche des 200 pour 100 000. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'incidence a repris sa montée. On est au niveau à peu près de mi-novembre. Donc ça veut dire qu'il y a bien un impact des fêtes. C'est pas un impact aussi violent que ce qu'on avait pu voir après Thanksgiving aux Etats-Unis. Mais c'est un impact réel. Et c'est pour ça que, il y a cette idée, il faut que là, qu'on essaye de limiter cette propagation. Parce que ce qu'on sait, c'est que si, à un moment, le variant anglais devient une espèce de relais, ça, ça va avoir un effet démultiplicateur.
Démultiplicateur. On est proche de 200. Ça veut dire qu'on va dépasser, peut-être, si rien, si vraiment nous ne nous comportons pas comme il faut, on va dépasser les 200, ça veut dire couvre-feu. Couvre-feu, Aurélien Rousseau. Couvre-feu en Ile-de-France.
Ça veut dire, d'abord, au moins couvre-feu. Ça veut dire que, et vous le savez, aujourd'hui, la question de l'analyse, des mesures à prendre, y compris des mesures qui peuvent être différenciées d'un endroit à l'autre du territoire, parce qu'on ne vit pas de la même manière à Alès, dans le Gard, ou à Paris. Donc ça, c'est une certitude. Mais la première responsabilité, peut-être pas la première, la responsabilité, elle pèse à la fois sur les autorités pour prendre des décisions, et sur chacun de nous pour ne pas relâcher la garde.
Aurélien Rousseau, Aurélien Rousseau, disons clairement les choses. Ce variant vous inquiète terriblement, inquiète tous les médecins, tous les épidémiologistes. Ce variant, on le chasse. ce variant risque de faire augmenter évidemment le nombre de taux d'incidence, de taux de positivité, de faire augmenter le taux de positivité. Donc il va falloir prendre des mesures. Et pourquoi est-ce qu'on ne les prend pas vite, ces mesures ? Pourquoi est-ce qu'on ne les prend pas rapidement, pour justement tout de suite tuer dans l'œuf, en quelque sorte, ce variant et son développement ?
Aujourd'hui, on est au début, on a des taux de présence du variant que le ministre...
Oui, près de 100. en Ile-de-France.
Le ministre rappelait hier qu'on a un peu de 100. Le taux de variant
mais incidence près de 200 et les variants en augmentation.
Les variants en augmentation, donc c'est pour ça que dans les jours qui viennent et dans quelques heures autour du président de la République, du Premier ministre et du ministre des Solidarités et de la Santé, la situation va être examinée.
Est-ce que vous demandez, vous, vous êtes le patron de l'ARS Ile-de-France, vous avez en responsabilité la santé des habitants d'Ile-de-France. Est-ce que vous demandez l'extension du couvre-feu à 18h ?
On dit beaucoup de choses en ce moment sur l'administration, donc l'administration ne réclame pas. Nous, ce que nous fournissons, c'est au quotidien l'analyse, l'analyse des risques et notre responsabilité à très court terme, c'est d'être au taquet de notre mobilisation, de notre vigilance, de notre projection. Les équipes, je le dis parce qu'on... Mais pour aider les équipes, peut-être pourrait-on prendre des mesures plus... C'est sûr qu'il va falloir prendre de nouvelles mesures. C'est sûr. Après, ces mesures, il va falloir les calibrer, les décider collectivement.
Et encore une fois, et ça n'est pas une manière de faire, d'essayer de prendre un itinéraire bis, ce qu'on sait dans cette épidémie, c'est que les mesures, il faut les prendre au bon moment. Parce que quelquefois, quand on les prend trop tôt, elles ne sont pas comprises et on se fait critiquer en disant que ça pouvait attendre. Quand on les prend trop tard, évidemment, c'est funeste comme conséquence. Donc, la mesure, elle n'est justifiée et justifiable que si elle repose sur des preuves et des éléments scientifiques éclairés par les scientifiques. C'est ce qui va se produire et qui est en train de se discuter ces jours-ci.
Combien de personnes en réanimation en Ile-de-France ?
Aujourd'hui, on a 558 personnes en réanimation en Ile-de-France, c'est-à-dire 49,8% de nos capacités initiales.
Ça monte ou ça baisse ?
C'est stable depuis plusieurs semaines. On n'arrive pas à baisser ce chiffre. Ça veut dire que si on a un rebond, on part de très haut. Et hier, en effet, on a eu 46 nouvelles entrées en réanimation. C'est beaucoup. On est toujours dans cette fin de deuxième vague. Cette deuxième vague qui a été plus meurtrière que la première. Certaines l'ont relativisé. Aujourd'hui, elle a fait plus de décès en deuxième vague qu'en première vague. Donc, on est totalement mobilisés. On continue à être mobilisés parce qu'un sujet ne chasse pas l'autre dans les EHPAD pour essayer de limiter la contamination. Je vais vous parler de la vaccination.
Aurélien Rousseau.
Fermeture des écoles ?
Fermeture des cantines des écoles ?
Aujourd'hui, je pense que ça fait un an qu'on vit cette épidémie. Le 24 janvier, ça fera un an qu'on a eu les premiers malades en Ile-de-France. La société, nos concitoyens, nous-mêmes, on a quand même encaissé. Je pense que les écoles, c'est un sujet qui doit être en particulière vigilance, mais qu'on sait aussi l'impact que ça a eu la fermeture des écoles au printemps. Donc, c'est une mesure que certains évoquent comme la mesure miracle. En fait, il n'y a pas de mesure miracle dans cette lutte contre le virus. Et il faut aussi penser à l'équilibre, à la santé et à la santé aussi. Donc, vous n'êtes pas particulièrement favorable
à la fermeture des écoles et des cantines scolaires. En revanche, vous dites qu'il faut prendre des mesures plus strictes. Vous l'avez dit.
On va nécessairement prendre des mesures.
On va prendre des mesures plus strictes. On doit y passer ? Est-ce que je peux vous dire qu'on doit y passer ? Non, je pense à certains qui disent mais non, c'est trop. On n'en peut plus.
On doit y passer ? La pression, elle est très forte. Mais je pense que maintenant, il y a une espèce de maturité collective. On sait que face à une situation, on doit réagir. Je ne sais pas moi dire aujourd'hui quelles sont les mesures les plus pertinentes dans une région comme l'Ile-de-France. Ce qui est sûr, c'est que le président de la République le disait, il y a à la fois de la stratégie globale à avoir et à la fois de l'adaptation semaine par semaine en fonction des connaissances qu'on a et de ce qu'on apprend.
Aurélien Rousseau, la région Ile-de-France est l'une des régions où l'on vaccine beaucoup. Le plus, je ne vais pas revenir sur la polémique sur les lenteurs de la vaccination, quoique, pourquoi d'ailleurs ça a commencé lentement, cette vaccination en Ile-de-France ? Vous, vous êtes l'administration, vous représentez, vous êtes le patron de l'administration santé en Ile-de-France. Pourquoi est-ce que ça a mis du temps à démarrer ?
La stratégie qui avait été présentée, arrêtée, elle visait, elle vise toujours à protéger d'abord les plus fragiles, ceux qui sont en EHPAD et en unité de salaire de l'emploi.
D'une raison ?
Je finis. Donc, on a mis en place et on l'a expliqué, on l'a présenté à de très nombreuses reprises tout au long du mois de décembre. Peut-être, je le dis très simplement et Olivier Véran le disait aussi, peut-être qu'on a surestimé le poids des personnes hostiles aux vaccins en se disant on doit d'abord gagner la confiance et déployer progressivement. Ce qui est sûr, c'est que la stratégie, on l'a accélérée dans le 18 janvier, c'est-à-dire la semaine prochaine, la campagne de vaccination dans tous les EHPAD de la région, elle est lancée. Mais je vous donne un exemple. Il y a 700 EHPAD dans la région Ile-de-France. Ce n'est pas d'un claquement de doigts que ça se fait.
Moi, aujourd'hui, mes équipes travaillent avec chacun des EHPAD pour savoir est-ce que vous avez un médecin ? Est-ce que vous avez des infirmiers ? Est-ce que vous avez des problèmes particuliers pour le jour J quand on devra vacciner ? Et à ces problèmes, on essaie, pas tout seul avec les collectivités, de répondre. Aujourd'hui, combien de personnes
vaccinées en Ile-de-France ?
Aujourd'hui, on a vacciné un peu plus de 40 000 personnes en Ile-de-France. Sur ces 40 000 personnes, il y en a 8 000 qui sont en EHPAD. Il y a beaucoup de professionnels de santé. On a vacciné hier plus de 10 000 personnes. Donc ce rythme, il est très soutenu et il va beaucoup s'accélérer la semaine prochaine puisqu'on ouvrira plus de 100 centres de vaccination en complément de la campagne dans les EHPAD. 100 centres de vaccination ouverts en Ile-de-France la semaine prochaine ? Oui, il a été annoncé à peu près 600 centres à l'échelle nationale. Ça sera une centaine à Ile-de-France.
On est en train, on finalise là avec les préfets et les collectivités la mise en place de ces centres et la répartition des doses parce qu'il y a un point sur lequel il faut revenir. C'est que ces centres, ils seront alimentés par des doses de vaccins. Ces doses de vaccins, on sait combien on en a et c'est vrai que cette campagne, elle va prendre du temps, elle va s'étaler sur plusieurs semaines. Le vaccin Moderna, Adunis Trécamp ? Le vaccin Moderna, comme vous le savez, d'abord, on a des volumes qui ne sont pas très importants et par ailleurs, le choix qui est fait, je pense tout à fait légitime, c'est de le projeter essentiellement dans les régions où l'épidémie est encore plus violente.
Donc pas de Moderna en Ile-de-France. Donc pas de Moderna
à court terme en Ile-de-France. À court terme, voilà.
Le centre de vaccination dans les arrondissements de Paris, c'est ce que demande la mairie de Paris ?
Il y aura des centres de vaccination dans tous les départements. Quand je dis qu'on en aura plus de 100 en Ile-de-France, on est en train de travailler, cette liste, elle est en train de se stabiliser mais derrière une adresse, c'est pareil, les centres de vaccination, c'est des soignants, c'est du matériel, c'est un standard téléphonique pour pouvoir répondre. Donc avant de se lancer, on veut vérifier qu'on est totalement aligné sur tout cela.
Les plus de 75 ans pourront être vaccinés à partir du 18 la semaine prochaine. Comment fait-on ? On s'inscrit ? On prend rendez-vous ? On prend rendez-vous sur Doctolib par exemple ?
Il y aura deux moyens. Le premier, c'est qu'il y aura, évidemment, qui est le principal qui sera effectivement ces plateformes pour s'enregistrer comme le pratiquent des dizaines de millions de Français, y compris des Français âgés aujourd'hui. Et il y aura des numéros de téléphone. A la fois, chaque centre aura un numéro de téléphone où on pourra prendre rendez-vous. Et par ailleurs, on aura un numéro national qui renverra sur ces centres pour qu'on prenne rendez-vous une fois qu'on aura renseigné son code postal.
Les pharmaciens pourront bientôt vacciner en Ile-de-France ?
Avec le vaccin Pfizer, c'est une très grosse difficulté, vous le savez, on le conserve à moins de 80 degrés. Ensuite, on a 5 jours une fois qu'il est décongelé. On a regardé ça 50 fois, ça rend le passage par les pharmaciens très compliqué. Ça serait une solution. Les pharmaciens, ils ont fait depuis le début de cette épidémie un boulot extraordinaire. Et la grippe ? En un jour de grippe, de vaccination contre la grippe, on a fait 1,5 million de vaccination. C'est pour ça qu'on attend des vaccins qui auront des contraintes techniques moins lourdes pour pouvoir aussi passer par les pharmaciens, par les médecins de ville.
Aurélien Rousseau, puisque je vous parle de la grippe, les autres maladies et la virus ? La grippe, la gastro, la bronchiolite ? Quelle est la situation en Ile-de-France ? Il n'y en a pas ou très peu ?
Toujours ? Il y en a très peu, il y en a toujours très peu. C'est une bonne nouvelle parce que par ailleurs, c'est des capacités qui ne sont pas utilisées. En temps normal, la grippe, les complications de pneumologie sur les personnes âgées, c'est très important. Ça veut dire que les gestes barrières, quand on sera revenu à la normale, il faudra qu'on apprenne à les garder. Donc ça, c'est quelque chose de très positif. On avait connu l'an dernier une épidémie de bronchiolite lourde, une épidémie de grippe lourde. Donc en effet, aujourd'hui, on n'a pas nos capacités d'hospitalisation qui sont saturées par ce type de pathologie.
Aurélien Rousseau, pour terminer, je vous pose cette question que j'ai posée sur Twitter et qui suscite un large débat. Quand on est anti-vaccin, peut-on se plaindre de la lenteur de la vaccination ?
D'abord, j'ai trouvé cette question intéressante. Moi, je pense qu'il y a deux catégories. Il y a des gens anti-vaccin, anti-vax, j'allais dire militants. Et puis, il y a une bonne partie de Français qu'on peut côtoyer qui ont des questions, des questions légitimes. Mais depuis le début de cette épidémie, entre les interrogations, les doutes et la suspicion, quelquefois, les frontières s'effacent. Notre responsabilité, c'est de parler, c'est de convaincre les gens qui ont ces interrogations tout à fait légitimes. Aujourd'hui, dans un EHPAD, je prends un exemple, un des premiers EHPAD qu'on a vacciné la semaine dernière à Bagnolet, on avait 67% de personnes qui se sont fait vacciner.
Dans la même semaine à Villejuive, dans un autre EHPAD, on était à 17. Ça veut dire que, en fait, les gens ont besoin d'être informés de façon transparente. Ce qui est sûr aujourd'hui, ça ne fait aucun doute, on a des millions de vaccinations dans le monde, c'est que ce vaccin
a eu un effet indésirable
qui a été totalement maîtrisé sur une personne qui avait des allergies, qui a tout de suite été prise en charge et sur lesquelles il n'y a aucune conséquence de quelque gravité que ce soit.
Merci Aurélien Rousseau d'être venu nous voir ce matin. Il est 8h54 RMC et BFM TV. Sous-titrage Société Radio-Canada