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interviewLe Média (sur YouTube)· 4 octobre 2022 54 min

ASSURANCE CHÔMAGE : LE RAPPORT "CENSURÉ" EST SORTI/TRANSPORTS PUBLICS : LE CAUCHEMAR !

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:28
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, c'est Jemil, nous sommes le mardi 4 octobre 2022, il est 18h30 et vous êtes bien en direct sur Le Média. Très heureux de vous retrouver sur ce plateau comme chaque semaine pour un nouveau numéro de Toujours Debout, votre quotidienne politique et culturelle animée en direct du lundi au jeudi à 18h30 du coup. Ce rendez-vous n'est pas le seul puisque Le Média est désormais une antenne live 24-24, séjour sur 7, durant laquelle vous retrouverez chaque jour, vous retrouvez déjà chaque jour, 3 flashs infos en direct à 13, 15 et 17h. Pensez à vous abonner à notre chaîne YouTube et à activer la cloche des notifications.

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Allez, perturber le ronron médiatico-politique néolibéral toujours plus à droite sur leur propre terrain, à savoir l'audiovisuel et la télévision. Rendez-vous dès à présent sur lemédiatv.fr pour passer à l'acte et engager avec nous le bras de fer médiatique au profit d'un journalisme indépendant rangé du côté des opprimés. Ensemble, restons toujours debout, c'est parti. Au programme ce soir, plus d'une heure d'infos comme d'habitude, du décryptage et un entretien d'actu. Le tout en très bonne compagnie.

Dans la première partie de l'émission, j'aurai le plaisir de recevoir mes collègues, camarades, Lisa Lapp et Thomas Lettrich pour répondre et pour réagir à l'actualité du jour coincé entre précarité et désert. Restez avec nous pour comprendre. Avec Lisa et Thomas, on jouera aussi au qui c'est qui a dit, il y a du lourd aujourd'hui, aussi. Et puis, dans la seconde partie de l'émission, je recevrai mon invité du jour. Il s'agit de Céline Malézé, conseillère régionale PCF NUPS en Ile-de-France et présidente du groupe de la gauche communiste, écologiste et citoyenne.

Avec elle, je m'entraînerai sur les questions de transport dans la région de la plus peuplée du pays, l'Ile-de-France, dirigée par la très droitière et candidate malheureuse de la dernière présidentielle, Valérie Pécresse. Mais sans plus tarder, on commence tout de suite avec notre première rubrique, le fond de l'info. Bonsoir à tous les deux.

3:04
Cédric Dietrich

Bonsoir.

3:05
Présentateur

Comment ça va ? Salut Gemille.

3:06
Cédric Dietrich

Ça va et toi ?

3:07
Présentateur

Très bien, merci. Alors aujourd'hui, deux actus, je crois, je suis même très sûr d'ailleurs, ont retenu votre attention. On commence par la première, logique puisqu'il y en a deux, et pas des moindres puisqu'elle menace une fois encore des millions de personnes déjà précarisées et par ricochet, bien d'autres qui pourraient le devenir. Alors c'est la nouvelle réforme du chômage. Pour planter un peu le décor, les députés ont commencé à examiner le projet de loi sur l'assurance chômage hier soir avec quelques 300 amendements dans les tuyaux.

La réforme prévoit dans un premier temps de prolonger les règles strictes qui étaient déjà appliquées par la réforme précédente et qui devaient se terminer, ces règles arrivaient à échéance le 31 octobre. Et voici donc le projet de loi qui arrive pour repousser ces règles, mais aussi enclencher la possibilité par décret, c'est important de le préciser, de moduler la durée d'indemnisation en fonction de l'état du marché. En gros, si le gouvernement juge s'il y a de l'emploi ou il n'y en a pas, il pourrait venir durcir les règles ou pas. On imagine d'un sens plutôt que de l'autre. Les indemnités du chômage, alors ça sent mauvais. Lisa ?

4:06
Cédric Dietrich

Oui, moi je rebondis sur le dernier point que tu as dit parce qu'il est très intéressant et c'est un peu une nouveauté macroniste avec laquelle on a l'habitude de dealer. Et on va dire, en gros, ce qui a été annoncé, c'est qu'on va ajuster les règles d'indemnisation en fonction de la conjoncture économique, tu viens de le dire. C'est Olivier Dussault, notre cher ministre du Travail, qui dit quand les choses vont très bien, il faut que les règles soient plus incitatives. Donc derrière incitatif, comprenez réduire les droits au chômage, clairement.

Et puis de toute façon, si vous êtes ingénieur mais qu'il y a de la place en restauration, eh bien tant pis, vous irez en restauration parce que ça va vous inciter à y aller. Mais on voit vraiment qu'on entre dans une logique d'offre et de demande complètement libérale. Ça y est, c'est assumé. Les chômeurs sont des produits. La deuxième chose de cette réforme d'assurance chômage, tu l'as dit, c'est prolonger les règles plus strictes qui ont été votées en 2019 puis mises en application en 2021. Il faut savoir que depuis cette nouvelle réforme, ça a fait réduire les indemnisations chômage pour 1,3 million de demandeurs d'emploi, donc la moitié des gens en 2019.

C'est un travail qu'avait fait Bastamag et qui nous avait appris ces chiffres-là. Alors pourquoi les allocations chômage diminuent ? Alors on est passé de 4 à 6 mois sur les derniers 24 mois pour avoir le droit au chômage. Une autre info, on a quasi une suppression du droit rechargeable, c'est-à-dire on travaille, hop, on tombe au chômage. On fait un petit contrat court. Avant, nos droits, ils étaient rechargés. On avait un peu plus de temps. On cotisait, ils étaient rechargés. C'est ça. Maintenant, non. C'est terminé dans certaines conditions, mais c'est terminé. C'est quasi la fin des droits rechargeables.

Et donc on peut voir que dans cette nouvelle réforme, les contrats courts, les contrats précaires sont vraiment très touchés par ça. Donc on précarise les plus précaires. Il faut savoir aussi qu'avant, par exemple, si on avait un CDD début 2022 et un autre fin 2022, on calculait le chômage sur les jours travaillés. Maintenant, on va prendre tout 2022, par exemple, si vous avez travaillé début et fin 2022, et on va prendre en compte même les jours qui ne sont pas travaillés. Donc forcément, par ricochet, ça va réduire votre allocation chômage.

Moi, la question que je me pose dans tout ça, c'est vraiment l'égalité face à l'emploi, parce que plus on va être précaire, plus on va accepter n'importe quel emploi, et donc encore des contrats courts, et donc encore de la précarisation. Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire à peu près. Aussi, une autre thématique que je voulais aborder, c'est par rapport à toutes les idées reçues qu'il y a par rapport au chômage. Je me suis inspirée du livre de notre camarade Thomas Porcher. On apprend dans le dictionnaire d'économie, son dernier livre.

6:37
Présentateur

On le salue, d'ailleurs.

6:37
Cédric Dietrich

On le salue. Et dans son dernier livre, on apprend que sur 5 millions de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi, seuls 50% touchent une indemnisation. La moyenne du chômage, c'est à peu près 1050 euros par mois. Donc, de ce qui est de profiter du chômage, je ne suis pas très sûre, avec 1050 euros pendant l'inflation. Et puis, il y a une étude de Pôle emploi en 2018 qui avait montré que 88% des demandeurs d'emploi recherchaient activement du travail. Donc, tout ce qui est le mythe autour, oui, les chômeurs, ils nous prennent trop d'argent, etc. Bon, déjà, c'est une cotisation. Ils ont cotisé, qu'on soit bien d'accord. C'est un droit, le chômage.

Mais voilà, c'est un droit, c'est une cotisation. Et ça montre que ces clichés sont totalement faux. Je vais y venir. Pourquoi ? Déjà, parce que pourquoi l'État s'attaque aux chômeurs ? Parce qu'en fait, c'est beaucoup plus facile de s'attaquer aux chômeurs que de s'attaquer au chômage. Parce que si on s'attaquait au chômage, on devrait mettre le nez dans la politique industrielle que fait l'État libéral depuis des années. Et avec toutes les usines qui ferment, etc., on voit bien que même ceux qui veulent travailler, tous ceux qui veulent travailler sont poussés à la sortie.

Il faut savoir aussi que radier les chômeurs permet qu'ils ne touchent plus d'indemnisation, permet de baisser artificiellement les chiffres du chômage. Donc regardez notre chômage IBS. Et puis, évidemment, l'actu que beaucoup de gens n'ont pas raté, je pense, ces derniers jours, il faut savoir qu'entre 25 et 42 % des chômeurs éligibles ne demandent pas cette allocation au chômage. C'est une étude de la DARES, dont la Direction des recherches du ministre du Travail. Cette étude, elle porte entre le 1er novembre 2018 et le 31 octobre 2019. Donc les partis socialistes, insoumis et communistes avaient réclamé la publication avant les élections présidentielles de ce rapport.

Il n'avait pas été publié. Et tout ça me fait penser aussi au nombre de gens qui font un non-recours aux aides sociales. C'est-à-dire qu'il y a énormément de gens qui pourraient avoir recours aux aides sociales, le RSA, etc., et qui ne le demandent pas par manque d'informations ou parce que, justement, ils prennent trop d'argent aux riches. Voilà.

8:34
Présentateur

— Très bien. Alors ça semble quand même jouer d'avance. On a vu, par exemple, dans la journée que les députés RN avaient rejoint, si je puis dire, les députés de la gauche pour essayer de faire barrage à cette proposition de loi. C'en est où ?

8:50
Invité

— Il y a eu une motion de rejet préalable qui a été déposée. Effectivement, il y a eu des voix qui se sont jointes à l'Assemblée nationale. Mais bon, ça ne suffira pas parce que, on va dire, le bloc blanc-ourgeois est unanime par rapport à la question de l'assurance chômage, non seulement les députés Renaissance, mais aussi les députés Modem, Horizon et même les députés Républica. D'ailleurs, il y a même des amendements qui ont été proposés par d'autres groupes que celui de Renaissance, que celui de la Macronie, qui vont dans le sens de durcir encore le projet de loi qui est présenté.

Je pense notamment à un amendement qui a été présenté par le Modem qui propose d'imposer un CDI quand il y a une personne qui enchaîne les CDD. C'est-à-dire qu'on sait être beaucoup plus facile. Lisa en a parlé tout à l'heure. Vous êtes ingénieur. Tiens, il y a un CDI de plombier qui s'ouvre. Vous allez y aller. Donc c'est vraiment l'ubérisation du marché du travail dans toute sa splendeur.

Et puis les Républicains, qui ont décidé de faire encore plus dur, de faire plus réaliste que le roi, ont proposé d'assimiler abandon de poste à démission, ce qui va faire en sorte que toutes les personnes qui ont abandonné leur poste ne seront plus considérées comme licenciées pour faute, mais comme démissionnaires, donc, ne percevront pas d'indemnité chômage. Donc on risque d'avoir une sorte de concours lépine de la mesure la plus dure, la plus méchante vis-à-vis des chômeurs qui ne sont pas au bout de leur peine.

10:08
Présentateur

— Alors peut-être... Il y a un point, puisque là, je viens de dire que les élus de l'extrême-droite rejoignaient ceux de la gauche. Ça a beaucoup fait amuser dans les rangs de la Macronie en disant « Regardez, les extrêmes se rejoignent, etc. ». Peut-être un mot, rapidement, sur ça. On retrouve là des députés RN défendre le droit des travailleurs. Est-ce que ce serait

10:25
Invité

pas quand même un leurre ? — Les députés RN n'ont pas été toujours au premier rang pour défendre les droits des travailleurs. Ça veut dire que quand il s'est agi d'augmenter le SMIC à 1 500 €, on va dire qu'ils étaient aux abonnés absents. Alors évidemment, leur électorat, puisque 89 députés RN ont été élus dans des terres principalement déshéritées, je pense notamment à l'Est, au Nord-Est, il faut bien qu'ils satisfassent leur électorat. On va autant contre des mesures qui sont objectivement antisociales. Il n'en reste pas moins que le seul camp qui a défendu les mesures sociales, notamment le SMIC à 1 500 €, la taxe sur les super-profits. Ça reste la nupesse.

Le RN, c'est de l'opportunisme et de la politique

11:04
Présentateur

politicienne. — Alors la maîtrise de la dépense publique, c'est une chose qu'on nous rabâche continuellement dans les médias, mais aussi dans la bouche des politiques au pouvoir. Qu'est-ce que vous en pensez de cet argument-là, qu'il faut maîtriser les dépenses ?

11:16
Cédric Dietrich

— Alors au niveau de la réforme des retraites ou de la réforme de l'assurance chômage, à chaque fois, on dit qu'il n'y a plus de sous. Il faut faire des économies. Alors allons regarder... — Il n'y a pas d'argent magique. — Voilà. Il n'y a pas d'argent. Et il faut récupérer de l'argent là où on peut, c'est-à-dire chez les pauvres, bien sûr. On va récupérer de l'argent là où on peut pour... C'était Bruno Le Maire qui l'avait dit. Faire la refonte de l'éducation, faire la refonte de l'hôpital public, puisque l'hôpital va mal. Et bien sûr, ce n'est absolument pas à cause des lois de la Macronie, bien sûr, ou des fermetures de lits, 4 000 par an.

Il faut savoir que quand je regarde par rapport au déficit public, j'ai essayé d'aller un peu checker. Et puis il y a plein d'économies sur Twitter qui l'ont fait aussi. Le projet de loi de finances pour 2023 écrit noir sur blanc que les administrations de sécurité sociale participeront à la maîtrise de l'évolution des dépenses permises notamment par la réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage, favorisant le plein emploi et la maîtrise des dépenses de santé. Donc là, il le dit noir sur blanc. Il faut faire des économies par la réforme des retraites, par la réforme de l'assurance chômage. Qu'est-ce que ça va permettre de compenser cette économie ?

Cette maîtrise de la dépense permettra, sans remettre en cause l'objectif de normalisation des comptes publics, de poursuivre la stratégie de baisse des prélèvements obligatoires engagés sous le mandat précédent afin de soutenir le pouvoir d'achat des Français et la compétitivité des entreprises. Donc les économies qu'on fait par rapport grâce au chômage et grâce aux retraites, c'est pour supprimer la redevance audiovisuelle, donc soutenir le pouvoir d'achat. Là, évidemment, on ne pouvait soutenir le pouvoir d'achat que par une baisse de l'indépendance de l'information publique.

Mais une autre information qui est très intéressante, notamment avec la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, CVAE, sur deux ans porté par le projet de loi de finances pour 2023. La CVAE, qu'est-ce que c'est ? C'est la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. C'est un impôt que payent les plus grosses entreprises aux collectivités locales. Donc en gros, on baisse le chômage et les retraites pour permettre aux entreprises de baisser leurs impôts. Leurs impôts qui sont versés... La CVAE, c'est un impôt qui est versé aux collectivités locales. Donc dans le projet de loi, il est devant moi.

On demande aux collectivités de faire une réduction de 0,5% de leurs dépenses, de une, et de deux, on leur enlève complètement un impôt qui vraiment fait du mal aux collectivités locales. Donc c'est-à-dire que là, pour les usagers en général, il y a une double peine. Moins de chômage pour vous si jamais le parcours de vie fait que vous n'avez plus de travail. Moins de retraite après alors que vous avez bossé pendant des années. Et en plus, vous aurez moins de bus, moins de crèches, etc. Parce qu'on retire encore tout ça pour soutenir les entreprises. Alors moi, je me fais l'avocat du diable. L'État, oui, pourquoi il faut soutenir les entreprises ?

Pour le plein emploi, il faut soutenir les entreprises. Alors on va aussi aller vérifier cet argument-là. Ce mythe qu'on essaye de parler beaucoup dans ce média, de est-ce qu'il faut soutenir les entreprises en baissant les impôts, en baissant leurs charges ? Oui, ça va aider à faire de l'emploi, etc. Le CICE, on se rappelle, ça a été un gros cadeau aux entreprises pour permettre d'embaucher.

14:11
Présentateur

C'est traduit en dividende.

14:12
Cédric Dietrich

France Stratégie, qui est un organe sous Matignon, a rendu ses conclusions. Mesures peu ciblées et massives, le CICE a, selon nos estimations, permis de créer autour de 100 000 emplois pour un coût de 20 milliards d'euros. Voilà, c'est les conclusions.

14:28
Présentateur

C'est un bison qui est facile à faire, c'est très cher.

14:30
Cédric Dietrich

Donc ce mythe est complètement à déconstruire. Je pense que Bruno Le Maire est très calé en économie pour savoir que baisser les impôts des entreprises n'aiment pas des grosses entreprises. Je me suis sûr. Ça permet de le préciser, et pas des petites PME comme on essaie de nous faire croire. Donc tout ça est juste une belle mascarade et qu'il faudra marteler par les chiffres que c'est totalement inutile.

14:47
Présentateur

Alors sans transition, déjà, merci Lisa pour ce point très, très focus et très utile de le rappeler. Sans transition, il y a aussi une grosse news aujourd'hui. Alors je vous le donne en mille, en 2029, les jeux asiatiques divers se tiendraient en plein désert. En Arabie Saoudite, des jeux divers en plein désert. Thomas, j'imagine la face à une énième aberration écologique.

15:09
Invité

Alors j'imagine que vous avez déjà pris vos billets, non ? Ah oui, oui, nous, on a déjà pris nos colos roulés pour le voyage.

15:15
Cédric Dietrich

On a été à la Wi-Fi, donc ça va. C'est bon.

15:16
Invité

Alors c'est vrai qu'en 2029, l'Arabie Saoudite a eu l'organisation des jeux asiatiques d'hiver, donc plein de belles activités, le bobsleigh, le ski de fond, la luge, tout ça qui se pratique normalement sur la neige. Alors ça va se passer effectivement à 5 km de la mer Rouge, dans des montagnes, on s'est fait 2400 mètres, mais il n'y a pas vraiment de la neige. Surtout qu'effectivement, ça s'inscrit dans un projet complètement délirant. Je ne sais pas si de temps en temps, vous voyez passer sur Twitter, il y a des publicités sponsorisées par des fonds d'investissement saoudiens.

On va construire une ville qui s'appelle Neom, qui va être une ville en longueur de 170 km avec des parois translucides, avec des ascenseurs volants, avec des plages en marbre. Enfin, tout ça va être absolument génial. Et donc, une station de sport d'hiver. D'ailleurs, il va falloir qu'on fasse sauter la montagne pour établir un lac artificiel. Donc tout va très bien au royaume d'Arabie Saoudite. Et tout ça se fait, bien sûr, remplir les poches de consultants qui sont payés jusqu'à 900 000 euros par an. Et notamment, un consultant qui est assez connu des experts, qui s'appelle Maurice Gourdeau-Montagne.

Maurice Gourdeau-Montagne, c'était un chiracien, grand ami d'Alexandre Jury, qui a exercé les fonctions de secrétaire général du Quai d'Orsay de 2017 à 2019. Et qui, aujourd'hui, fait le lobbying pour cette merveilleuse idée écologique. Le problème qu'il y a, c'est qu'en plus, il a fallu, évidemment, il y avait des habitants qui vivaient là. Il a fallu leur demander de partir. Alors on a fait ça de manière très démocratique et très douce. On a envoyé des drones. On a condamné à 50 ans de prison ceux qui osaient se rébeller. Et donc on a chassé la tribu des Ouaitat.

Et on les a enlevés de leur terre, où ils vivaient depuis des siècles, pour organiser ces fameuses épreuves de bobsleigh et de squelettons que, je suis sûr, vous suivrez avec passion.

16:57
Présentateur

L'exemple que tu viens de donner, la parfaite transition pour la prochaine question. Parce que ce pays, c'est quand même un pays qui porte ouvertement droit, atteinte aux droits de l'homme. Et là, on le voit avec l'expulsion des tribus, mais pas que. Les travailleurs, travailleuses, etc.

17:11
Invité

— Alors c'est vrai que l'Arabie saoudite tente de se libéraliser en autorisant les femmes à conduire, en soulevant un peu le couvert. Parce que ce qu'on oublie souvent de l'Arabie saoudite, c'est que c'est pas un petit Émirat pétrolier où tout le monde est riche. C'est pas le Qatar. C'est pas les Émirats arabes unis. C'est un pays de 34 millions d'habitants où il y a une vraie classe moyenne, où il y a des gens qui ont besoin de travailler pour vivre. Et forcément, il faut leur donner des loisirs. Il faut leur permettre de s'amuser. Et c'est vrai que Mohamed Ben Salman, donc le prince héritier qui est devenu premier ministre, qui est le vrai dirigeant de l'Arabie saoudite, a libéralisé.

Mais c'est une libéralisation de façade, puisque le régime reste très dur. On se souvient que Mohamed Ben Salman a pas hésité à mettre en prison des princes qui lui faisaient ombrage. Ils ont exécuté en une journée 81 personnes condamnées à la peine capitale. Il y a aussi un événement dont on a vraiment parlé. Il y a une doctorante saoudienne à Leeds, donc en Angleterre de 34 ans, qui avait deux enfants, qui a osé faire des tweets pour critiquer le droit des femmes en Arabie saoudite, puisque ça reste encore très controversé. Et quand elle est rentrée en Arabie saoudite pour les vacances, on l'a arrêtée.

Et on l'a condamnée à 34 ans de prison, et notamment parce qu'elle est issue de la minorité chiite. Donc la minorité chiite qui représente 10 à 15% de la population de l'Arabie saoudite, notamment vers l'est de l'Arabie saoudite, et qui reste réprimée, embastillée, condamnée à mort. Et puis nous, on n'a pas de problème avec ça en France. On trouve ça formidable, puisqu'on vend même des armes à l'Arabie saoudite, pour que l'Arabie saoudite, dans le cadre de la guerre au Yémen, aille bombarder des populations civiles.

On se rappelle que la guerre au Yémen a fait au moins 400 000 morts, et qu'Emmanuel Macron, dans son dictateur week de l'été, où il a reçu, en quelques jours à l'Élysée, 3 ou 4 dictateurs, a reçu le prince d'Arabie saoudite, et on a enterré sous le tapis les violations des droits de l'homme. Et notamment, faut-il le rappeler, le meurtre particulièrement atroce de Kamal Rashogi, journaliste, qui a été sauvagement assassiné en Turquie par les services saoudiens. Donc on continue, et c'est une folie absolument délirante.

Moi, je ne sais même pas si ça va voir le jour, mais c'est vrai que ça montre toute la folie d'un royaume qui est prêt à faire absolument n'importe quoi pour attirer des visiteurs et pour attirer sur lui les bonnes grâces de la communauté internationale, puisque tout ça, cette ville, évidemment, qui va coûter des centaines de milliards d'euros, va faire travailler des consultants, va faire travailler des grandes entreprises internationales, va permettre de tisser des liens avec des gouvernements. Donc évidemment, c'est de la diplomatie qui se fait au détriment des Saoudiens, au détriment des droits de l'homme.

19:39
Présentateur

Eh bien, merci Thomas, merci Lisa, pour ce focus sur l'info qui n'est pas très réjouissant, mais on passe tout de suite à la prochaine rubrique où on va peut-être un petit peu plus rire. C'est l'heure du « Qu'est-ci qui a dit ? ». Alors vous qui regardez, qui suivez en direct l'émission chaque soir, vous commencez à connaître cette rubrique et vous savez que j'y prends pas mal de plaisir.

L'objectif est simple, j'ai sélectionné trois phrases prononcées ou twittées par un ou une personne politique ou simplement médiatique, et vous devez tous les deux tenter, et puis pas que tout le dé, puisque les gens aussi sont le tchat, dont on peut me dire les réponses dans l'oreillette, tenter de deviner de qui il s'agit. Alors, on commence suite avec la première question. Qui a dit, je cite, « C'est une réalité plus sournoise que tous les virus plus dangereuses, que toutes les épidémies plus contagieuses, que toutes les infections. Cette réalité, ce sont les forces du mal. » Ah, c'est une idée. Alors, proposition, j'en ai quand même quatre à vous donner.

Éric Zemmour sur CNews, pourquoi pas ? Christine Boudin ? Une autre, Christine Kelly ? Ou quelqu'un d'autre sur CNews ?

20:47
Cédric Dietrich

C'est Christine Kelly, non ? Il me semble que c'est Christine Kelly sur CNews. Non, non, tu confonds avec quand elle disait... Mais c'est un journaliste sur CNews. C'est sur CNews. C'est un sujet de CNews, mais je ne sais plus qui l'a lancé.

20:58
Présentateur

C'est sur CNews, effectivement. Alors, on voit la réponse en vidéo.

21:02
Invité

Bienvenue dans Enquête d'Esprit. C'est une réalité plus sournoise que tous les virus, plus dangereuse que toutes les épidémies, plus contagieuse aussi que toutes les infections, mais elle est rarement évoquée et encore moins prise au sérieux. Cette réalité, ce sont les forces du mal sous toutes leurs manifestations. Elles étendent leur pouvoir dans toutes les sphères de la société. L'actualité le montre amplement pour nous conduire au désespoir. On vit dans un monde où le péché n'existe plus. Et donc, on ne sait même plus que des cas de possession font partie, malheureusement, du quotidien. Anne Bernay ? Il y a beaucoup de raisons.

Peut-être aussi le fait que de moins en moins de gens se rebaptisent.

21:40
Présentateur

Eh bien, on a vécu 30 minutes, 30 secondes dans un monde parallèle. Alors, en fait, la réponse, c'était Emric Bourbet, qui est journaliste à France Cato et sur CNews aussi, c'est une émission tout à fait sérieuse, se tient régulièrement. Des réactions, peut-être ?

21:55
Invité

Je ne sais pas si Bolloré est en train d'essayer de s'acheter le paradis, peut-être. En tout cas, c'est vrai que c'est quand même assez étonnant pour une chaîne qui est censée être présente sur la TNT et se soumettre aux règles de l'ARCOM, alors qu'on parle de religion. Ça se fait le dimanche matin sur France 2, et c'est heureux, on parle de toutes les religions. Mais là, c'est quand même une approche assez spéciale et assez étriquée de la religion.

Et c'est vrai que ça s'inscrit dans cette folle dérive d'ouratière de CNews qu'on voit depuis la dernière présidentielle et la promo complètement ahurissante qui a été faite de Éric Zemmour, que finalement, ça va ensemble, ça va assez bien ensemble.

22:28
Présentateur

— Bien. Passons à la seconde question. D'ailleurs, bravo, vous avez diviné très rapidement. Enfin, c'était CNews, c'était assez simple, en fait, au final, pour CNews. La deuxième, peut-être un peu plus difficile, qui a dit, dans le contexte de la mise en examen d'Alexis Collère, dont on a couvert l'information hier ici même, je cite « Emmanuel Macron n'a eu de cesse d'être entouré de problématiques de conflits d'intérêts. Je pense que c'est aussi ça, le problème à mettre sur la table, le pantouflage. » Ah ! Alors, cette phrase, plein de bon sens, a été prononcée par Jean-Luc Mélenchon dans un tweet, François Bayrou, Marine Le Pen ou Thomas Porcher, notre cher collègue.

23:07
Cédric Dietrich

— Thomas pourrait dire un truc comme ça, mais franchement, c'est difficile, parce que vu qu'il n'y a pas de contexte, ça peut être n'importe quel opposant.

23:13
Présentateur

— Ah ! Bah, le contexte, c'est celui-ci. C'est le contexte de la mise en examen d'Alexis Collère.

23:16
Cédric Dietrich

— Mais du coup, c'est un opposant ou une opposante, mais...

23:18
Présentateur

— Ah ! Bah oui !

23:19
Cédric Dietrich

— Je ne sais pas à quel.

23:20
Présentateur

— Quelqu'un qui rappelle que Macron, selon elle ou lui, serait baigné de conflits d'intérêts autour de lui. Ce qui est plutôt au sein d'esprit.

23:27
Cédric Dietrich

— Oui.

23:28
Présentateur

— C'est un bon rappel. — Voilà, réponse en vidéo.

23:29
Invité

— Go. Emmanuel Macron n'a eu de cesse pendant son mandat précédent d'être entouré de problématiques de conflits d'intérêts. Je pense que c'est le problème du pantouflage aussi qu'il faut mettre sur la table. C'est-à-dire le problème de ces fonctionnaires, de ces hauts fonctionnaires, qui sont formés par la France, dont la formation est financée par l'ensemble des Français, et qui vont dans le privé, puis qui reviennent dans des cabinets ministériels et qui se retrouvent presque quasi systématiquement avec un risque de conflit d'intérêts.

24:02
Présentateur

— C'était donc Marine Le Pen sur BFM TV ce matin même. On ne peut être d'accord qu'avec elle sur ce point.

24:09
Cédric Dietrich

— Oui. Après, elle est très bien placée pour parler de conflits d'intérêts ou de pantouflage ou encore d'étournement de fonds ou ce genre de choses. Je vais peut-être laisser Thomas parler, qui bosse plus sur ces sujets que moi-même. Mais c'est un peu fort de café de sa part. Après, elle soulève quelque chose qu'il faut dire. Mais par contre, il faut surveiller devant son paillasson avant de nettoyer le paillasson des autres, peut-être.

24:32
Présentateur

— Avant de t'entendre, on me dit à l'oreillette que sur le chat, on avait dit énormément Thomas Forcher.

24:37
Cédric Dietrich

— Ah oui. Mais ça me choque pas. C'est Thomas. On aurait pu dire ça.

24:40
Invité

— Oui. Il y a quand même quelque chose d'assez extraordinaire sur l'affaire Colleur. Parce que le Rassemblement national et notamment les proches de Marine Le Pen ont joué un petit rôle dans cette affaire. Donc Alexis Colleur, vous savez, est lié à la famille de l'armateur MSC, donc grand armateur. Et il s'est trouvé qu'il y a eu une guerre en Afrique entre les armateurs, notamment MSC, qui étaient plutôt soutenus par les rénaux macronistes, donc Alexis Colleur et Bolloré. Et Bolloré avait perdu le port de Douala, qui est le grand port du Cameroun, la capitale économique du Cameroun. Et à ce moment-là, MSC était en lice.

Et il y a eu une rencontre entre Alexis Colleur, donc secrétaire général à présidence, proche de Macron, et le secrétaire général à présidence, son homologue camerounais, qui s'appelle Fernand Ngo Ngo. Eh bien, qui a organisé cette rencontre ? Eh bien, ce monsieur, c'est un ancien député européen qui s'appelle Jean-Luc Schaffausser, député européen Front National, puis Rassemblement National, et un proche de Marine Le Pen, qui a organisé donc une rencontre entre Alexis Colleur, qui est non seulement secrétaire général à présidence, mais aussi actionnaire de MSC. Et étrangement, quelques mois plus tard, MSC a obtenu la concession du port de Douala.

Donc je pense que Marine Le Pen devrait s'abstenir de certains commentaires sur certaines affaires dans lesquelles ses proches pourraient être mêlés.

25:53
Présentateur

D'ailleurs, l'extrait ne le montre pas, mais quand on lui demande si elle appelait, elle, à la démission de Colleur, elle est assez mal à l'aise. Elle dit « je laisse un peu Macron, c'est à lui de décider s'il garde près de lui ou pas ». Puis très vite, elle vient soulever ce qu'on vient d'entendre. Alors, troisième et dernière question, tout au moins devinette, qui a dit, je cite, « je l'ai vécu, le racisme, quand j'étais au collège, quand j'étais au collège, pardon, de me prendre des claques, d'entendre Batchez la coupe, parce que j'ai du mal à le dire, je me souviens de l'extrait, ça me fait beaucoup rire, quand je voulais de me faire couper les cheveux ». Alors, qui ?

Soit Pascal Praud, toujours sur CNews. Nadine Morano aussi, peut-être, pourquoi pas, à Nancy ou à Toul, dans son enfance.

26:32
Invité

Qui avait une meilleure amie chadienne.

26:34
Présentateur

Mireille Mathieu, éventuellement, je ne sais pas si, voilà, en termes de coupe, et quelqu'un d'autre éventuellement. C'est quelqu'un d'autre, il me semble, c'est un petit jeune. C'est CNews toujours. C'est un petit jeune. On regarde.

26:44
Auditeur

Je l'ai vécu quand j'étais au collège, je l'ai vécu le racisme quand j'étais au collège, de me prendre des claques, d'entendre Sartek la coupe, parce que je venais de me faire couper les cheveux.

26:54
Présentateur

C'est drôle, en plus, dans l'extrait, on voit Sartek la coupe, qui veut dire, effectivement, félicitations.

26:58
Cédric Dietrich

Je l'ai vu cet extrait, moi, je l'ai vu sur TikTok, pour dire à quel point...

27:01
Présentateur

Ça fait vraiment le buzz, d'ailleurs.

27:03
Cédric Dietrich

Pour vraiment susciter aux petits jeunes blancs, oh my god, vous vivez... C'est n'importe quoi. Parce que c'est pour justifier cette fameuse théorie du racisme anti-blanc qui n'existe évidemment pas, parce que le racisme est systémique, qu'on parle de centaines de décennies, de siècles de racisme. Et c'est... Enfin, je te laisse continuer.

27:23
Présentateur

C'est ce que, en gros, j'allais me dire, mais je suis d'accord avec toi. C'est-à-dire que là, bon, la réponse, c'est Maxime Thievaux, qui n'est pas un petit jeune, comme tu disais à l'instant, mais qui n'est pas si vieux, mais qui est avocat parisien. Et c'était hier sur BFM TV. Et comme tu l'as dit, en déclenchant un buzz énorme, qui court toujours d'ailleurs sur les réseaux sociaux, et qui est récupéré, comme tu l'as dit, mais tu l'as très très bien dit. Mais on peut quand même, peut-être... Alors, tu dis que le racisme anti-blanc n'existe pas, etc. Alors, effectivement, c'est un peu comme le grand remplacement d'une théorie de l'extrême droite.

N'empêche qu'on peut quand même donner un peu de nuance et reconnaître que peut-être il a subi de la violence dans son enfance et qu'il n'est pas raciste, mais il en profite peut-être pour servir ses croyances ?

27:58
Invité

Moi, je n'en sais rien du tout. Je pense que... Je fais toujours une citation, et là, je pense à une citation de Rémi Gaillard. Alors, ce n'était pas un grand philosophe, mais il disait que c'est en disant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. Alors, je pense que c'est particulièrement adapté à la situation. Et peut-être qu'il aurait fallu que ce jeune homme-là, au collège, suive des cours de langue arabe LV2. Ça aurait été peut-être pas mal. Donc, c'est un bon conseil.

28:19
Cédric Dietrich

Il faut dénoncer le harcèlement scolaire. Bien sûr, c'est autre chose. Mais là, on voit, bien sûr, une réutilisation de la cause pour dire des conneries, quoi.

28:28
Présentateur

Tout simplement, c'est vrai. Eh bien, voilà. Merci à tous les deux pour ce qui c'est qui a dit. J'espère que vous avez kiffé le moment. Merci à tous. Oui, merci à tous.

28:35
Cédric Dietrich

C'est toujours le moment d'intelligence collective.

28:37
Présentateur

Voilà, merci à tous les deux. Merci à vous que j'ai joué. Alors, nous sommes toujours en direct sur Le Média, évidemment. Il est 19h02 et c'est la suite de l'émission qui se déroule. Merci à vous. Alors, la question des transports en commun est d'abord une question sociale puisqu'elle touche à la mobilité, donc l'organisation physique de l'espace de vie, qu'il soit urbain ou rural, et donc au rythme quotidien de toutes et tous.

Donnée comme une solution idéale à la voiture individuelle, polluante et inadaptée, notamment en ville, les transports en commun, bus, tram, métro ou encore RER ou TER sont pourtant un véritable cauchemar pour des millions de Français et de Français au quotidien, notamment en région parisienne, où nous sommes actuellement, région la plus peuplée du pays, avec Paris en son centre, et où se concentre l'essentiel de l'économie française, ainsi que la plupart des sièges sociaux des entreprises et institutions diverses. La problématique et le défi, et même les défis de mobilité, touchent donc tout le pays, mais de manière singulière et de manière inégale selon les endroits.

Pour en parler, j'ai invité ce soir Céline Malaisé, conseillère régionale PCF NUPS en Ile-de-France, et présidente du groupe de la gauche communiste, écologiste et citoyenne. Ce dimanche, Céline Malaisé a partagé sur son compte Twitter une vidéo d'un syndicaliste CGT RATP, qui capturait avec son smartphone une scène pour le moins chaotique. Nous regardons. Ma rejoint, Céline Malaisé, bonsoir.

30:27
Invité

Bonsoir.

30:28
Présentateur

Comment ça va ?

30:28
Invité

Très bien.

30:29
Présentateur

Parfait. Merci d'avoir accepté l'invitation et d'avoir bravé peut-être les transports en commun ce soir pour venir. On en reparlera. Alors, Céline, nous venons de voir à l'instant un extrait que vous avez publié sur votre chaîne, votre compte Twitter, j'ai dit votre chaîne YouTube, peut-être que vous en avez peut-être, ah mais je ne suis pas au courant. Mon compte Twitter. Pouvez-vous peut-être nous décrire cette scène et pourquoi avoir choisi de la partager ?

30:50
Invité

Alors, cette scène, en fait, elle est assez révélatrice du quotidien des Franciliens depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, qui voient leur transport se dégrader à vue d'œil. Et notamment depuis le 1er septembre, tout le monde se disait que la période estivale était difficile dans les transports en commun, et que c'était parce que c'était l'été, parce que c'était les vacances scolaires. Il y a même un journal qui a titré à la rentrée « Le plus dur est derrière nous, tout va aller mieux ».

Et bien finalement, ce qu'on se rend compte, c'est que les choses vont de pire en pire, et notamment dans les bus, parce qu'il y a une donnée très simple, qui est qu'il n'y a pas suffisamment de chauffeurs pour faire rouler les bus. Alors, celui qui a fait la vidéo est chauffeur de bus également. Il est syndicaliste à la RATP. On travaille souvent ensemble, et donc il a transmis cette vidéo, mais ce n'est pas la première image qu'on me transmet. Voilà, on m'avait transmis une image le samedi soir de quelqu'un qui voulait se rendre aux nuits blanches depuis la banlieue nord de Paris, et le temps d'attente était démentiel.

Voilà, donc le temps d'attente démentiel, le fait que les bus soient bondés, que les métros soient de plus en plus bondés, que les RER soient très erratiques dans leur manière de venir. Comme je suis conseillère régionale, je me suis dit qu'il fallait que j'explique pourquoi on en était arrivés là.

32:08
Présentateur

Et c'est à ce moment-là que vous avez décidé de faire un fil Twitter pour expliquer tout ça. D'ailleurs, je me souviens bien que le temps d'attente, on voyait que ça dépassait l'heure, parfois, et qu'on se rend compte, alors pour les personnes qui vivent sur Paris, peut-être ne le savent-elles pas, on ne prend pas un RER comme on prend un métro, déjà en temps normal.

32:23
Invité

En temps normal. Alors après, même les Parisiens, aujourd'hui, quand ils veulent prendre le bus, se rendent compte que les temps d'attente sont démentiels. Il y a des photographies que j'ai partagées, qui sont des photographies prises à des arrêts de bus tout près d'ici à Montreuil, où le maire a lancé une pétition qui s'appelle « Mon bus, ma bataille », parce qu'il y a des bus, en fait, qui sont invisibles. Voilà, on est au-delà des 98 minutes. Donc c'est marqué « plus 98 minutes ».

Et donc l'objectif, c'est d'expliquer aux UGSG que les responsables ne sont pas les chauffeurs de bus eux-mêmes, qui sont eux-mêmes, finalement, dans une situation qu'ils subissent, qu'ils vivent très mal, par ailleurs, parce que leurs conditions de travail sont aussi en train de se dégrader, et donc d'essayer de mettre un peu de sens dans la situation des transports en Ile-de-France. Voilà. Moi, je suis élue d'opposition. Je m'oppose à Valérie Pécresse, constamment. Mais à un moment aussi, je suis là pour expliquer pourquoi on en est là, à la limite d'un effondrement des transports en commun en Ile-de-France. Voilà, je crois que le mot est fort, mais le mot est juste.

Et que si on ne fait rien maintenant, ce sera difficilement rattrapable.

33:30
Présentateur

Alors vous parlez d'effondrement, on pourrait faire le lien. Ici, nous traitons de ces questions-là, de services publics. On pourrait faire le lien avec l'école, avec les services de la santé. J'imagine que ça parle à beaucoup de personnes. Alors je rappelle, comme vous l'avez fait à l'instant, que vous êtes élue PCF dans l'opposition, puisque la région est restée aux mains des LR et de Valérie Pécresse aux dernières élections. J'imagine que vous pensez, et nous le pensons aussi. Alors selon vous, quel est l'état général quand même de la situation ? Puisqu'elle ne peut pas être toute noire ou toute blanche.

Est-ce qu'il y a des choses que vous observez, qui évoluent dans une bonne direction ou dans une mauvaise ? Qu'est-ce que vous observez quand même, au-delà du chaos que vous avez pu faire éteindre votre tweet ?

34:06
Invité

En fait, ce qu'on est en train de vivre est le bilan de Valérie Pécresse, de la politique qu'elle a mis en œuvre depuis 2016. Et franchement, il n'y a pas de mieux. Alors il y a eu le Covid. Le Covid a accéléré un projet politique qu'elle voulait dérouler, déroulé sur deux mandats. Et donc le terme, c'est dans ce deuxième mandat qu'elle veut le mettre en place. Et notamment, elle s'est saisie d'un élément qui était un élément finalement ponctuel au départ, qui était la baisse de l'offre liée au Covid. Le Covid a été voté.

Alors la baisse de l'offre liée au Covid a été mise en place parce que, bien évidemment, il y avait confinement, il y avait moins de personnes qui utilisaient les métros, etc. Sauf que quand les usagers sont revenus dans les transports en commun, en octobre de l'année dernière, en octobre 2021, le 11 octobre pour être précise, au Conseil d'administration d'Île-de-France Mobilité, présidé par Valérie Pécresse, qui est l'autorité organisatrice des transports, donc qui donne les ordres aux opérateurs de transport, à la RATP, à la SNCF, à Keolis, à Transdev, etc. a été votée une baisse de l'offre sur 150 lignes de bus, sur des lignes de métro, sur des lignes de RER, sur des lignes de Transilien.

35:20
Présentateur

D'abord pour s'adapter à la situation particulière ?

35:21
Invité

Non, parce que la situation particulière était derrière nous. C'est-à-dire en fait que ça a été...

35:25
Présentateur

Donc pour enteriner finalement ?

35:27
Invité

Pour enteriner et pour profiter d'un effet d'aubaine, voilà, d'un effet d'aubaine du Covid, pour dire la fréquence n'est pas revenue à 100%, donc il n'y a pas besoin d'une offre à 100%. Et en réalité, c'était pour faire des économies, mais des économies de bout de chandelle. Parce que sur une année pleine, d'octobre à octobre, puisqu'on va bientôt fêter les 1 an, c'est environ 60 millions d'euros. Ça peut apparaître énorme comme somme, sauf que le budget d'Ile-de-France Mobilité, c'est 10 milliards. Donc c'est une goutte d'eau.

C'est une goutte d'eau qui servait à financer d'ailleurs un pass à 4 euros quand on veut se déplacer, qui était une promesse de Pécresse pour se faire réélire, et qu'on était dans une campagne présidentielle qu'elle était en train d'essayer de mettre en route. Et donc ça, c'est voter. On est très peu nombreux à dire que la baisse de l'offre va être catastrophique. Parce que si on baisse l'offre, on ne remet pas l'ensemble des usagers dans les transports en commun. Et c'est quand même l'objectif après la période Covid, ou même si on était dans une vague Covid, il faut remettre des usagers dans les transports en commun.

Seuls les administrateurs du Parti communiste et de la France Insoumise ont voté contre. On a essayé d'alerter. Et pendant des mois, Valérie Pécresse nous a expliqué que nous mentions. Alors on a des vidéos à l'appui, on a des écrits à l'appui, où on nous disait mais non, pas du tout, l'offre est revenue à la normale, qu'est-ce que vous racontez ? C'est mon opposition qui raconte n'importe quoi. Sauf que les choses étant, la RATP a de moins en moins recruté par exemple. La SNCF aussi s'est servi de cet effet d'aubaine pour accélérer en fait leur entreprise de privatisation.

36:58
Présentateur

– Alors là, ce qui est finalement une mauvaise nouvelle, mais c'est une bonne, puisque si c'est artificiel, c'est qu'on peut peut-être éventuellement travailler à remettre avec le propos de nos lois futures effectivement, mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi, comme une information qui avait été partagée cet été, c'est 1 800 conducteurs et conductrices de bus qui manquent à la RATP, manquent toujours à la rentrée. Ça n'a pas bougé sur ce point-là, on le voit à l'écran. On comprend mieux du coup les retards, tout ce que vous avancez à l'instant, ce qu'on a pu vérifier de notre côté, effectivement les suppressions de bus, mais il y a quand même un vrai problème de recrutement au fond.

Est-ce qu'avant même tout ça, ce problème de recrutement était là ? Comment vous le voyez de vous ?

37:32
Invité

– Le problème de recrutement, il a deux raisons essentielles. La première raison, c'est que les salaires sont bloqués, comme tout le monde. Travailler dans les transports, être agent des transports en Ile-de-France avec le coût de la vie, c'est extrêmement compliqué. C'est un métier qui était très attractif avant, c'était un métier qui était valorisant, que malgré les conditions de travail avec des prises de postes qui étaient hachées, qui pouvaient déborder sur la vie familiale, etc., c'était un métier qui était demandé. Celui qui a fait la vidéo, il a attendu deux ans avant d'être recruté par la RATP.

Aujourd'hui, on lui demande et on lui donne 300 euros pour qu'un de ses potes vienne devenir chauffeur, chose qu'il ne veut pas faire, parce qu'il ne veut surtout pas en fait qu'il se retrouve dans ses conditions de travail. Donc il y a le pouvoir d'achat, il y a le salaire qui est figé. Donc il faut augmenter les salaires, c'est la seule manière finalement de rendre le métier attractif. Et l'autre raison, c'est la dégradation des conditions de travail. Et cette dégradation des conditions de travail, elle s'accélère. Elle s'accélère parce que l'objectif est d'ouvrir à la concurrence et de privatiser l'ensemble du réseau de transport. Je donne un exemple.

Au 1er août, c'est passé quasiment un aperçu, mais les chauffeurs de bus de la RATP travaillent 59 minutes en plus par jour pour le même salaire. Qui ferait ça ? Personne, c'est intolérable. Et donc ils font des grèves perlées. Pendant 59 minutes, chaque jour, ils décident de ne plus bosser. Et puis l'autre raison, en fait j'ai dit deux mais il y en a trois. La troisième raison, c'est que l'ouverture de l'ensemble du réseau de bus RATP à la concurrence, donc à la privatisation, c'est 1er janvier 2025. Donc les chauffeurs de bus, au 1er janvier 2025, ne savent pas pour qui ils bosseront.

Ne savent pas quelle sera l'entreprise finalement qui va les employer et quelles seront leurs conditions de travail et leurs conditions salariales. Et donc bien évidemment, ce n'est pas du tout attractif.

39:15
Présentateur

On le comprend mieux. Alors vous me disiez, vous me confiez tout à l'heure, que vous, en plus d'être élue, vous êtes aussi mère de famille, donc une usagère aussi finalement. Et il est intéressant de voir votre expérience singulière aussi de ce que vous dénoncez aujourd'hui. Avec tout ce que ça implique d'être mère de famille ou alors que ce soit vous personnellement ou les personnes que vous connaissez de mouvements et d'organisations, comment vous vous déplacez au quotidien ? Et aussi, quelles problématiques vous rencontrez ? Est-ce que ça sert, votre engagement politique, pour mieux dénoncer ces problématiques ?

39:45
Invité

Alors moi, je me déplace... J'ai été une grande usagère des transports en commun. Et puis depuis... Alors avant Covid, depuis deux ans, j'ai décidé de passer au vélo. Voilà. Non mais je prends les transports...

39:56
Présentateur

Comme beaucoup pendant Covid.

39:57
Invité

Alors moi, c'était avant Covid. La décision a été prise avant Covid. Parce que c'est régulier, parce qu'on sait quand est-ce qu'on part et quand est-ce qu'on arrive, et parce que j'ai la chance de pouvoir faire des petites distances. Voilà. Ce qui n'est pas possible pour une grande partie des franciliens qui, eux, doivent se déplacer de la Grande Couronne, Petite Couronne ou Petite Couronne Paris. Et donc ça, ce n'est pas possible. Et d'ailleurs, je pense que le fait qu'il y ait de plus en plus de vélos aussi, c'est que c'est une alternative individuelle, mais ce qui n'est pas la bonne solution politique. pour fuir la dégradation des transports en commun.

40:32
Présentateur

Je peux en mettre le vélo. Ce n'est pas forcément en clituse aussi. Il y a des bouchons. Il y a des problèmes. On voit que même les infrastructures ne sont plus suffisantes.

40:40
Invité

Ils ne sont plus adaptées aujourd'hui. Oui, oui.

40:42
Présentateur

Voilà. Donc je vous ai coupé. Excusez-moi. Vous pouvez continuer ?

40:46
Invité

Non, non. Donc sur le quotidien des transports en commun, ce que l'on sait, c'est par exemple les usagers du RERB. Et c'est ce qui me remonte très fréquemment. Je viens de signer par exemple un appel avec plein d'autres élus, mais à l'initiative de la maire de Mitrimori, qui est au bout du RERB, et qui demande des assises du RERB. Parce que l'ensemble des concitoyens de Mitrimori qui veulent prendre le RERB, ça n'est pas tenable en fait sur la journée. Soit ils arrivent en retard au travail de manière quotidienne, soit ils arrivent en retard le soir pour aller chercher les enfants.

Et puis, le choix politique qui est fait aujourd'hui, ce n'est pas finalement de mettre le paquet sur la rénovation du RERB, mais c'est de construire le Charles de Gaulle Express qui est un train pour les riches. Voilà. Donc c'est des choix politiques, en fait, qui sont à l'origine de la dégradation des conditions de vie de millions de personnes. Voilà. On parle beaucoup des transports en Ile-de-France. Alors moi, j'en parle beaucoup. Mais parce que c'était un réseau qui est puissamment structuré. C'est un des meilleurs réseaux au monde. Et c'est un réseau qu'on voit s'effondrer. Et ça, c'est inacceptable. Voilà. Il faut lancer l'alerte. Il faut dire qu'il est possible de faire autrement.

Voilà. Qu'il est possible de se dire que maintenant, on va investir dans les transports en commun, arrêter cette folie de privatisation. Et il est encore temps, en fait, de faire marche arrière.

42:02
Présentateur

Il est toujours temps.

42:03
Invité

Il est toujours temps. C'est plus compliqué quand les choses sont vraiment lancées. Et là, comme les usagers se rendent compte qu'avant d'avoir la privatisation, ils ont déjà tous les ennuis de la privatisation, en réalité, c'est le moment aussi où il faut que leur voix compte.

42:18
Présentateur

Alors privatisation, c'est intéressant peut-être d'en parler, puisque ça a quand même bonne réputation, malgré tout. On voit que la privatisation, par exemple, de l'énergie, c'est un autre sujet, qui était vendue pour venir baisser le coût du kilowattheure, bref, nous donner plus de pouvoir d'achat, c'est vendu comme ça aussi pour résoudre. J'entends, moi, en prenant le transport en commun, des gens qui peuvent parfois dire vivement qu'il soit privatisé. Je l'ai entendu réellement. Qu'est-ce que vous répondez aux personnes aujourd'hui qui le pensent ?

42:47
Invité

— Pour les gens qui disent vivement que ce soit privatisé, c'est parce que la situation chaotique qui est créée aussi pour faire émerger la privatisation comme seule solution, c'est dire que le chien a la rage et puis pour, finalement, mieux le noyer, quoi. Voilà. La privatisation des transports, elle n'a pas bonne presse, parce que beaucoup, beaucoup de Français regardent Outre-Manche et savent que la privatisation des transports anglais a été une catastrophe en termes d'entretien du réseau ferré, en termes de conditions de travail et puis en termes aussi de coûts des abonnements de transports.

Donc je crois qu'elle a beaucoup moins bonne presse que d'autres privatisations, parce qu'il y a des pays qui l'ont testé et qui reviennent en arrière. Voilà. Et en Angleterre, ils reviennent en arrière. Par exemple, dans d'autres pays, ils décident de même pas la faire. Voilà. Alors qu'on nous dise que c'est l'Europe qui nous impose. En Ile-de-France, il y a une solution très simple. On n'est pas du tout obligé, même sans changer la loi, il faudrait changer la loi pour ne pas rendre la privatisation obligatoire, mais même sans changer la loi, on peut passer par des régies publiques.

Donc c'est-à-dire qu'on peut garder les choses sous monopole public, même dans le cadre actuel, législatif actuel.

43:58
Présentateur

Alors vous le disiez, je le disais, vous êtes élu PCN de l'opposition, mais aussi active, je crois, dans la NUPES, qui a voulu d'ailleurs cette NUPES mobiliser aux dernières élections avec un programme partagé, notamment sur ces questions de transport. Que reste-t-il de ce programme-là dans la NUPES ? Qu'est-ce qui vous anime entre tous ces partis ? Vos propositions phares, finalement ?

44:18
Invité

Alors on avait des propositions en termes de tarification pour les usagers.

44:22
Présentateur

Vous aviez, vous avez toujours ?

44:23
Invité

Alors on avait, on a toujours, là par exemple, en termes de NUPES-Ile-de-France, on se dit qu'il faudrait une initiative, peut-être NUPES-Ile-de-France, pour essayer de cristalliser en fait l'opposition à ce qui est en train de se passer. Donc non, non, on a toujours des échanges. Demain, il y a une réunion de l'ensemble départementaire convoqué par Valérie Pécresse. Les parlementaires de la NUPES vont prendre haut et fort la parole pour mettre Valérie Pécresse devant ces contradictions et dire que nous, nous avons d'autres propositions pour financer les transports en commun, augmenter le versement de mobilité payé par les entreprises, par exemple.

Donc on a toujours des propositions communes, oui.

45:04
Présentateur

Donnez-moi par exemple quelques exemples. Cet exemple-là est intéressant. Peut-être l'exemple qui parlerait plus... Par exemple, la question des voyageurs handicapés sur le réseau, qui est quand même très compliqué, prendre le métro, prendre le bus, quand une personne en situation de handicap, c'est plus un cauchemar que pour la plupart des personnes. Est-ce que c'est une question qui est aussi prise à bras-le-corps par la NUPES ?

45:24
Invité

Alors c'est une question qui est prise à bras-le-corps depuis très longtemps par plein d'élus locaux, qui, pour les bus, c'est quelque chose qui est facilement adaptable. Par contre, pour les plus vieux réseaux, qui est le réseau de métro, là, c'est aussi plus compliqué parce que ça nécessite énormément de travaux. Alors vous avez des gens qui réfléchissent sur la manière de contourner les difficultés des escaliers, etc. La NUPES n'a pas forcément réfléchi en détail sur tout. Voilà. Mais tous les élus ou les usagers des transports en commun qui composent la NUPES ou qui se retrouvent dans ces idées, de toute façon, ont réfléchi sur ce genre de problématiques.

J'ai rencontré, moi, il y a quelques années, un syndicaliste qui avait imaginé quelque chose qui permettait le franchissement des escaliers dans les stations de métro qui sont difficilement adaptables. Voilà. Donc tout ça, il faut le mettre en commun. Voilà. Après, sur la tarification, on est pour aller vers la gratuité des transports parce qu'on pense que c'est du bien commun. Pas tout de suite parce qu'il faut y aller aussi par étapes et continuer à pouvoir investir et à faire en sorte que tout le monde puisse y avoir accès. Donc non, non, c'est un champ de réflexion massif, les transports.

46:41
Présentateur

Et qui s'inscrit aussi dans toute une politique à monnaie. Puisque là, la question sur celle-ci, est-ce qu'on peut imaginer aborder ce défi plus qu'important vu qu'il n'a pas à segmenter du reste de la société sans parler du reste, c'est-à-dire par exemple du modèle économique qui domine, puisque nous sommes encore et même de plus en plus dans une lecture de rentabilité, là où il faudrait voir ça comme un service public. Est-ce que ce type de réflexion anime vos débats avec vos collègues ?

47:08
Invité

Évidemment, puisque la question de la privatisation, finalement, est une question de choix politique et de choix de société. Si on va vers une privatisation, on considère que le transport en commun doit être rentable. Moi, je considère que le transport en commun n'a pas comme vocation à être rentable. Et d'ailleurs, ils ne le sont jamais dans l'histoire. Voilà. À chaque fois qu'ils ont été privatisés, ils ont été repris par la puissance publique parce que les sociétés privées faisaient faillite.

47:34
Présentateur

On pense à la SNCF qui a été créée suite au rachat de compagnies différentes.

47:39
Invité

Oui. Et puis même les compagnies des premières lignes de métro à Paris, en fait, sont des compagnies qui ont été rachetées, voilà, rachetées par la puissance publique à un moment. Donc bien évidemment qu'on a cette question de débat sur qu'est-ce qu'un monopole public, comment on peut le mettre en oeuvre. Je vous disais tout à l'heure, le monopole public peut être conservé. C'est quand même... C'est quelque chose qui a été mis en place après-guerre, ce monopole public sur les transports en commun en Ile-de-France. Donc c'est aussi un des acquis de la résistance, voilà, un de ces acquis du CNR que les libéraux veulent détruire. Donc on a ces débats et on n'a pas de désaccord notable, voilà.

Certains avaient tendance à considérer que peut-être privatiser, ouvrir à la concurrence certaines lignes un peu moins rentables étaient le chemin. Je crois que depuis que Valérie Pécresse est en train de la mettre en oeuvre, l'ouverture et la concurrence, ces voix-là se sont tues.

48:37
Présentateur

Alors justement, vous dites CNR à l'instant, c'est très intéressant puisque le CNR, c'est ce que propose Emmanuel Macron. Je ne parle pas du même. Ce n'est pas du même, mais j'imagine bien la pire voie qu'il essaye de faire, puisque c'est une question quand même d'ordre national. Mais n'empêche qu'il y a une proposition dans la sienne de faire intervenir... Vous parliez tout à l'heure d'une pétition qui est en cours ici à Montreuil.

On peut la voir à l'écran, cette pétition lancée par un collectif d'habitants du secteur de Boissière, non destiné par le métro, et qui a été lancée du coup par ce collectif pour dénoncer une offre de service public d'élabré, comme on le décrit à l'instant, mais aussi exiger une action politique. Là, le président propose l'action démocratique à travers une plateforme pour que les gens puissent s'exprimer. Je vois que vous avez les yeux au ciel. Mais essayer d'interagir autrement que par des pétitions dans l'action politique. Vous n'y croyez pas ?

49:26
Invité

Ah si. Et d'ailleurs, c'est ce qu'il faut. Sauf qu'Emmanuel Macron a fait des cahiers de citoyens après le mouvement des gilets jaunes et... Cahiers de doléances. Cahiers de doléances, voilà. Et on n'a jamais vu la suite. Enfin, tout ça n'est qu'une démocratie de façade, en réalité. Enfin, une participation dite démocratique de façade. Il n'en a que faire des corps intermédiaires, puisqu'il les a tous décapités au fur et à mesure, dès que c'était possible. Moi, je crois au fait que les citoyens doivent s'emparer de la chose publique, voilà. Sur les questions de politique nationale, c'est différent peut-être que sur les questions de politique locale.

Mais sur les questions de politique locale, là, par exemple, sur la question des transports, alors il y a le droit de pétition qu'il faut exercer à plein régime pour montrer que les franciliens sont contre ce qui est en train de se passer et veulent d'autres choses. Et puis après, il y a des associations d'usagers aussi. Voilà, il faut aussi que ces associations d'usagers se sentent investies de cette parole des usagers, la porte où est fort. Et puis moi, comme audite d'opposition, moi, mon rôle, me semble-t-il, dans ce mandat d'opposition, c'est d'être la porte-parole aussi de ces usagers que Valérie Pécresse ne veut pas entendre.

50:34
Présentateur

Alors c'est intéressant, pardon, mais que Valérie Pécresse ne veut pas entendre. Donc comment on peut expliquer aux Françaises, aux Français qui nous regardent, que voilà, on vous incite à voter pour vos intérêts. Donc par exemple, vous dites que vous traduisez leur voix et leur colère. Je la porte, je ne la traduis pas. Voilà, vous la portez, effectivement, de s'engager dans l'associatif, dans des collectifs comme celui-ci de Montreuil, mais aussi, par exemple, on peut faire des manifestations, je ne sais quoi, bref, s'engager politiquement, mais il n'y a pas de réponse en face. Vous dites en même temps que les personnes qui décident n'écoutent pas la voix des Français.

Est-ce que c'est pas déprimant ?

51:08
Invité

Ben non, c'est pas déprimant. Autrement, oui, peut-être, mais moi, je ne pense pas. Je pense qu'il y a des périodes où il est plus difficile de s'engager que d'autres, dans des périodes de reflux, mais que, je vais dire un truc assez bizarre, mais le peuple français a toujours des ressorts, voilà, dans la manière dont il aborde les difficultés. Nous sommes face à des crises qui sont des crises multiples, qui peuvent assommer une partie, tétaniser aussi une partie de la population, mais il y a des mobilisations qui peuvent surgir, d'où on ne les attendra pas, voilà. Et moi, je crois, en fait, finalement, qu'à un moment, ça peut s'insurger quelque part, voilà.

De toute façon, si je n'y croyais pas, je pense que je n'aurais pas d'engagement politique, voilà. Puis ça fait un petit bout de temps, donc...

51:56
Présentateur

Bien, merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation ce soir et de répondre à mes questions. Je rappelle que vous êtes conseillère régionale PCF NUPS en Ile-de-France. Je vous souhaite une bonne soirée. Merci, bonne soirée. Merci beaucoup, bonne soirée. Et c'est la fin de Toujours Debout. Merci de l'avoir suivi, nombreux et nombreux, comme chaque soir. C'est vous qui... Et là, pardon, le prompteur bug un petit peu, ou c'est moi, mais non, c'est ça le direct aussi. C'est vous, là, oui, vous qui nous suivez, qui êtes le carburant du moteur que nous sommes. Oui, vous êtes les meilleurs ambassadeurs et ambassadrices de la chaîne.

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