Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLCP (sur YouTube)· 1 avril 2025 60 min

Marine Le Pen inéligible : le RN monte au front | Ça vous regarde - 01/04/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir et bienvenue. Très heureuse de vous retrouver dans sa vous ce soir. Émission entièrement consacrée à la condamnation de Marine Le Pen.

Ambiance survoltée dans l'hémicycle à l'Assemblée cet après-midi. L'ERN sonne la charge contre les juges. La gauche fustige les attaques contre l'état de droit.

Inéligibilité. Exécution provisoire. Faut-il changer la loi ?

C'est ce que suggère François Bairou. Ce soir, la cour d'appel de Paris accélère le calendrier judiciaire. Elle envisage un procès et une décision avant l'été 2026.

Ça vous regarde spécial Marine Le Pen condamné pourra-t-elle se présenter ? C'est parti. [Musique] Après le choc la Ripost, Marine Le Pen s'en est donc pris violemment au juges après sa lourde condamnation pour détournement de fonds public qui pourrait la priver de la prochaine présidentielle.

Dérive autoritaire, coup d'état judiciaire. Le RN rivalise de formule choc pour dénoncer une décision, je cite, politique. L'exécution immédiate de la peine d'inéligibilité est au cœur de cette contre-attaque.

Mesure d'exécution provisoire qui interroge aussi le Premier ministre François Baou. On va y revenir. C'est un séisme politique qui est commenté en France bien sûr, mais aussi à l'étranger jusqu'à Donald Trump, habitué à faire, vous le savez, des juges, ses principaux adversaires.

Bonsoir Laormiller. Bonsoir et merci d'être là. Vous êtes député ensemble pour la République euh de la ensemble pour la République de la Marne, pardonnez-moi.

Bonsoir Daniel Simonet. Bonsoir. Député Nouveau Front populaire de Paris.

Vous sier avec le groupe écologiste. Bonsoir Gaitan Duset. Bonsoir.

Bienvenue député Rassemblement national des Vauges et bonsoir Philippe Goselin. Bonsoir. Député la droite républicaine de la Manche.

Un débat 100 % politique pour commencer cette émission spéciale que l'on va ouvrir comme chaque soir par le récap de Valérie Brochard. [Musique] Bonsoir Valérie. Bonsoir Myiam.

Donc on est au lendemain de la condamnation et le RN a lancé la contreoffensive. Vous connaissez la formule he Myiam ? La meilleure défense c'est l'attaque une maxime que Marine Le Pen a fait sienne ce matin en conférence de presse ici même à l'Assemblée nationale.

Le système a sorti la bombe nucléaire et si il utilise une arme aussi puissante contre nous euh c'est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner les élections. Voilà, on ne se laissera pas faire. La présidente du groupe parlementaire Assemblement national n'avait pas de mots assez durs pour qualifier la situation morceau choisi.

Une telle honte, une telle tâche sur notre pays, une décision dont les conséquences sont irréparables, une folie, une honte absolue. Mais cette indignation, cette blessure, il faut s'en servir. Message reçu 5/5 par les députés du Rassemblement national cet après-midi dans l'hémicycle une colère utilisée comme munition notamment par Jean-Philippe Tanguy écouté voilà qu'un carteron de procureur et de juges prétend sortir du droit pour exercer l'avant d'état du système contre son seul opposant le rassemblement national et contre sa principale incarnation Marine Le Pen.

Il y a des tyranis qui enferment leurs opposants. Il y a désormais des justes tyran qui exécutent l'état de droit en place publique. Alors pour lui répondre, le garde des SAAU a préféré utiliser son flegme rappelant au passage qu'il existe en droit pour Marine Le Pen comme pour n'importe quel justiciable un recours.

Tout citoyen que toute citoyenne doit pouvoir faire valoir son droit au recours à être jugé par une cour d'appel. Et je souhaite personnellement que ce délai de jugement nouveau à la cour d'appel de Paris puisse être organisé dans un délai le plus raisonnable possible. Un souhait qui a peut-être été entendu puisqu'il y a quelques minutes, Myiam, la cour d'appel de Paris, a indiqué qu'elle examinera ce dossier pour une éventuelle décision à l'été 2026.

Mais en attendant Myiam, en attendant que la cour revienne peut-être sur ses sanctions prévues, et bien la peine d'inéligibilité à exécution provisoire s'applique dès maintenant. Et le Premier ministre s'est dit un peu plus tôt dans la journée, je le cite, troublé par l'énoncé de ce jugement à tel point qu'il ne s'est pas montré particulièrement opposé à ce que la loi soit modifiée comme le suggère Éric Sioti. On écoute François Baou.

La loi à partir de laquelle les juges ont pris leur décision a été votée par le Parlement de la République. Je pense qu'il y a des questions à se poser, je l'ai fait moi-même et c'est le Parlement qui décidera si oui ou non il convient de toucher à l'écriture de la loi à partir desquelles à partir de quelle écriture les magistrats jugent. Mais le rassemblement national n'attendra pas la niche parlementaire du groupe d'Éric Sioti pour agir.

La reposte s'organise maintenant sur tous les fronts, dans les médias, dans les micycles et dans la rue. Ce dimanche, un meeting sera organisé dans le 7e arrondissement de Paris des 15h. Le Rassemblement national veut mobiliser tous ses soutiens déjà sollicités par mail avec cette pétition pétition déclinée en tracte lui-même distribué depuis ce matin sur tout le territoire.

à défaut d'avoir gagné pour l'instant la bataille judiciaire. Marine Le Pen fera tout pour gagner celle de l'opinion. Merci beaucoup Valérie Brochard, gitan du Sais.

Première réaction ce soir, la cour d'appel accélère son calendrier. Je ne sais pas si c'est à la demande de Gérald Armanin. Normalement, séparation des pouvoirs.

Le ministre n'a pas les moyens, mais n'empêche que c'est une première. Vous pourrez avoir manifestement une un audiencement, un procès et une décision avant, je cite, l'été 2026. Quelle est votre réaction ?

Cette décision donc pourrait intervenir quelques mois avant l'élection présidentielle et donc un an avant à peu près en nous permettant d'avoir l'occasion de prouver l'innocence de Marine Le Pen et du Rassemblement national. Donc de permettre à Marine Le Pen évidemment de candidater à l'élection présidentielle. Donc c'est en soit une bonne nouvelle puisqu'elle nous donne la possibilité donc avant les échéances de l'élection maire de pouvoir défendre notre innocence et de pouvoir revenir sur une véritable injustice.

Mais cela n'effacera en rien ce qui a été fait hier et ce jour funeste du 31 mars 2025 parce que vous avez des mots alors pardonnez-moi mais d'une d'une puissance et d'une force qui quand même interroge coup d'état judiciaire Pel hein. Ils ne sont pas tous dans la bouche de Marine Le Pen mais tous dans la bouche du RN. démocratie exécutée, gouvernement des juges.

La France n'est plus une démocratie après cette décision. Mais parce que cette décision n'était pas une décision de justice, c'était une décision politique. La présidente du tribunal, lorsqu'elle a évoqué les la condamnation et les sanctions et les peines qui allaient être encour Marine Le Pen et les cases du Rassemblement national, a justifié le fait que en effet, il n'y avait pas de automaticité de l'illégibilité et donc de son exécution provisoire.

Marine Le Pen n'avait pas être rendu inéligible de façon automatique sans avant même la possibilité de faire un appel et avant même d'avoir la possibilité de défendre son innocence. Elle l'a dit, c'est dans son jugement. Donc elle a pris volontairement la décision elle-même de rendre cette inéliggibilité immédiate avec exécution provisoire.

Et c'est ce que nous avons contesté puisque ceci est une atteinte au fonctionnement démocratique. Pour vous, pour être clair, ça n'est pas à un juge de décider si une candidate condamné en première instance, donc de façon non définitive, peut se présenter à l'élection présidentielle. Parce que vous savez très bien que dans le fonctionnement judiciaire, il arrive que parfois les premières instances se trompent.

Il faut garantir le droit à la possibilité et c'est ce que permet l'appel. Lorsqu'il y a un appel, la personne qui a été condamnée dans la première instance redevient intégralement et totalement innocente. La présomption d'innocence redevient la règle et donc elle retrouve l'intégralité de ses droits.

Droit candidate à la présidence. Mais pour vous, elle est victime ou elle est coupable ? Parce que elle a été condamnée, elle a été condamnée en première instance pour des faits graves, détournement de fonds 4 millions d'euros, une peine d'éligibilité de 5 ans.

Je vous rappelle Alain Jupé les faits c'était 5 ans aussi. Donc elle est elle est victime ou elle est coupable ? Mais vous savez pertinemment que nous défendons notre innocence et qu'évidemment Marine Le Pen est victime dans cette affaire.

C'est une affaire qui a été initiée il y a maintenant 10 ans par deux socialistes qui plusaient. Le président du Parlement européen, un allemand Martin Schulz à l'époque et la ministre de la justice de l'époque Christian Tobira. Je vais pas vous refaire le CV le parcours de Christian Tobira pour vous dire un peu ce qu'elle pense de Marine Le Pen et des idées qui sont portées par le Rassemblement national.

Cette affaire a duré pendant 10 ans. Pendant 10 ans, nous avons défendu notre innocence. Oui, nous avons un désaccord profond avec les institutions européennes sur le rôle des collaborateurs parlementaires et nous ne sommes pas les seuls à le dire puisque euh les troupes de la France insoumises et du modem de monsieur François Baïou font également l'objet de la même enquête de la part de François Baou a été relaxé hein contrairement à à des députés européens du modèle.

Vous avez vous avez raison de le préciser parce que ça prouve véritablement l'objectif du jugement qui a été rendu hier c'était d'empêcher Marie Le Pen d'être candidate à élection présidentielle. réaction Laur Miller, une décision politique euh pour empêcher Marine Le Pen d'être candidate. Je pense qu'il faut remettre quand même les choses dans leur contexte euh ce soir euh et après tout ce qu'on a en effet, comme vous l'avez dit, entendu pendant cette journée et la soirée d'hier.

Euh on a euh un parti politique, le RN avant le FN qui pendant des années, pendant 30 ans, nous disait qu'en fait toute la classe politique était corrompue, euh allait devant la justice, qu'il y avait des affaires qui salissaient la vie politique, mais que eux lorsqu'ils arriveraient au pouvoir seraient véritablement différents. Ma propre tête haute, c'est elle se voilà, on a euh Marine Le Pen-Même qui prenait il y a encore quelques années l'égibilité à vie pour les hommes et les femmes politique qui pourrait se livrer à des détournements de fonds, des enrichissements personnels et cetera et cetera, des emplois fictifs. Et on a donc pas le cas de l'affaire de Marine Le Pen en question.

Les emplois fictifs, pas d'enrichissement personnel. L'emploi fictif, pas d'enrichissement personnel, pas de corruption, pas d'emploi fictif non plus. dans l'affaire pour contrat fictif mais pas emploi fictif c'est dans le jugement effectivement c'est vrai qu'il y a des il y a des des personnalités par exemple léger a été le garde du corps de Marine Le Pen et et il est il est condamné également pour avoir au fond travaillé pour Marine Le Pen et pas au Parlement exactement mais donc voilà on a quand même ces éléments c'est c'estàdire un parti qui donne des leçons à la classe politique toute entière qui prône l'exemplarité et qui avant même d'arriver au pouvoir finalement On le voit à travers si on prend la peine de lire les 150 pages de ce jugement et en effet avec la présomption d'une sens qui qui vaut puisqu'elle est en appel mais qui quand même a détourné a détourné de l'argent qui est de l'argent des fonds européens pour finalement son parti et quelque chose qui est contrairement à ce que vous dites qui n'est pas un désaccord.

La règle, elle n'est pas celle que vous que vous rejetez aujourd'hui. La règle, c'est que lorsqu'on emploie des parlementaires, lorsqu'on emploie des assistants parlementaires au Parlement européen, il travaille sur des sujets européens et auprès de députés européens. C'est pas on prend un assistant parlementaire au Parlement européen et ensuite c'est celui qui vous fait la cuisine le soir, celui qui est votre garde du corps.

Ça n'est pas la règle. Donc c'est pas un désaccord que vous avez avec le Parlement européen, c'est que vous n'avez pas respecté la règle. Alors, est-ce que vous pouvez me citer une seule personne qui est condamnée dans le jugement qui a été retransmis hier pour avoir fait la cuisine pour son député ?

Oui, le problème c'est qu'en fait vous essayez déjà vous connaissez très mal des sites parce que de le dossier ce que vous parlez d'emploi fictif, ce que même la présidente du tribunal avec qui pourtant nous partageons un grand désaccord depuis hier n'a pas reconnu. Donc ce qui prouve que vous maîtrisez très mal le dossier. Et dans un second temps euh nous nous considérons que le travail des collaborateurs c'est d'assister leurs députés européens.

Il se trouve que nous sommes des députés européens, nous l'assumons d'opposition comme d'ailleurs les troupes de monsieur François Baïou et comme les troupes de Jean-Luc Mélenchon. Et donc nous revendiquons le droit non seulement d'être une vigie citoyenne au sein du Parlement européen pour dire ce qu'il se fait pas on refait pas le procès, on va renvoyer nos téléspectateurs. Ça veut dire que vous aurez la même défense en appel au fond. vous assumez de faire de la politique entre Bruxelles et Paris parce que cette question on y reviendra mais de la défense que vous avez totalement légitimement choisi est mise aussi en cause d'une certaine manière dans ce jugement.

Vous continuerez en appel de dire au fond on ne reconnaît aucune erreur. Mais permettez-moi de poser la question autrement. Est-ce que cela veut dire qu'à partir du moment où vous faites l'objet d'une enquête, il faut forcément arriver et dire "Bonjour, je suis coupable." C'est le droit de la défense.

On arrive au tribunal, on défend, on est inoc, on défend notre innocence jusqu'au bout. Alors Daniel Simonet euh on entend dénit de démocratie, on va rentrer dans le détail sur l'exécution provisoire mais sur toutes ces expressions au fond. Exécution de la démocratie, dénis de démocratie, coup d'état judiciaire.

Qu'est-ce que vous répondez ? C'est très choquant parce qu'en fait il faut quand même revenir au fait. Marine Le Pen a volé, Marine Le Pen a été jugée, Marine Le Pen a été condamné.

Et en fait, l'enquête montre que Marine Le Pen était vraiment au centre d'un système de détournement de fonds publics. Et 10 ans après les faits, les condamnés n'ont exprimé aucune prise de conscience qu'il s'agissait vraiment d'une violation des règles. Et donc, notre démocratie, qu'est-ce qu'elle prévoit ?

Et bien elle prévoit elle prévoit une loi qui dit bah voilà ceux qui piquent dans la caisse publique et bien on veut pas qu'il puisse candidater pour gérer les fonds publics. Et ça me semble extrêmement sain pour la démocratie. C'est ça paraît logique.

Et je vais vous dire une chose, un élu n'a pas à être au-dessus des lois. On doit être jugé comme tout citoyens citoyennes. Bon nombre de métiers et bien du jour au lendemain, vous ne pouvez plus les exercer si à un moment donné vous êtes condamné pour des faits qui sont incompatibles avec l'éthique de ce métier.

Donc rien ne vous met mal à l'aise dans ce jugement y compris l'application immédiate de la peine d'inéligibilité de 5 ans. Non absolument pas. Parce que d'abord un il faut respecter les décisions de justice.

C'est la question de la séparation des pouvoirs. Donc je pense qu'on doit être en tant que républicain attaché à cela. Et c'est important en démocratie de respecter cette séparation des pouvoirs, de respecter la décision des juges.

Moi, je suis profondément choquée euh partout le relais dans des sites d'extrême droite de menace à l'encontre des juges. C'est inacceptable. Inacceptable.

Et on ne vous a pas entendu condamner l'ensemble de ces menaces. Vous condamnez Marine Le fait ce matin dans sa conférence. Nous devons protéger notre démocratie.

Et je vais vous dire la corruption en politique c'est c'est un comment dire c'est c'est un un véritable problème. Et quelle hypocrisie de la part de Marine Le Pen qui avait tant de déclarations auparavant, je vais vous reprendre par exemple en 2013 elle appelé au moment de l'affaire Causac à l'inéligibilité à vie de tous ceux qui ont été condamnés pour des faits commis grâce ou à l'occasion de leur mandat. Vous le demandez toujours ?

Mais bien sûr mais parce qu'on est sur de dos totalement différem ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro une lorsqu'on souhaite être parlementaire de la République. Voilà. Et ben patatra en fait ils ont complètement les mains dans la confiture mais pendant 10 ans et ils le remettent même pas en cause.

C'est ça qui est extrêmement choquant. Non se rentrer dans le détail. Elle est présumé innocente ça il faut le reconnaître.

On le dit ce soir tant que le jugement n'est pas définitif. Il n'y voit pas de problème que pendant 10 ans ils aient eu ce système là, ils n'y voit pas problème. Ils insultent Philippe Gosel a pas pu s'exprimer encore.

Je vous propose le faire tranquillement. Je vous propose d'entrer dans le détail avec un petit sujet et je vous donne la parole juste après. Ce qui fait bondir, on l'a compris Marine Le Pen, c'est l'application immédiate de cette peine d'inéligibilité, ce qu'on appelle l'exécution provisoire qui risque de l'empêcher de se présenter en 2027.

Que dit précisément le jugement ? Comment motive-t-il sa décision sur ce point très précis ? Baptiste Carrier Chartier.

L'exécution provisoire prononcé à l'encontre de Marine Le Pen il y a plus de 24 heures agite les débats à droite comme à gauche. Une peine laissée à la discrétion des juges. Mais sur quel motif ?

C'est basé le tribunal. Les magistrats peuvent appliquer l'exécution provisoire si le risque de récidive est avéré. Et c'est sur ce point que le tribunal de Paris s'est appuyé à en croire les propos de la présidente.

Le risque de récidive est objectivement avéré. Avéré notamment au regard de la stratégie de défense des accusés. Ils n'ont exprimé aucune prise de conscience de leur violation de la loi et de l'importance de la probité.

Mais l'instance peut aussi s'appuyer sur un autre point. le risque de trouble à l'ordre public, motif également retenu par la Cour et qui justifie ce point par l'explication suivante. Le fait que soit candidate à l'élection présidentielle, une personne déjà condamnée en première instance.

Mais ce matin, la principale intéressée n'est pas du tout du même avis et conteste ouvertement la décision. L'ingérence de ces magistrats dans le processus électoral suprême qui est celui de l'élection présidentielle. Voilà où est le trouble à l'ordre public.

Marine Le Pen fait appel de la décision Un mince espoir pour espérer concourir à l'élection présidentielle. Philippe Goselin, votre regard sur ces deux points, le risque de récidive, le trouble à l'ordre public qui justifie l'application immédiate de cette peine d'inéligibilité. Vous voyez une ingérence vous du juge dans le processus électoral ?

Alors, d'abord, un petit propos préliminaire ou ou préalable dans cette situation et dans cette affaire en réalité, et je veux pas faire un jugement de Salomon, mais il y avait pas de bonne décision. Celle-ci nous amène aux yeux de certains un déniverse, on aurait eu aussi un déniux de certains. Donc, on voit bien que de toute façon, on a une difficulté.

Moi, je considère que le Rassemblement national fait fi des règles européennes. Ce n'est pas à un parti politique de dicter la conduite à une institution sur l'utilisation des fonds et des moyens qu'on met à disposition ici à l'Assemblée nationale. Nous devons respecter un certain nombre de règles quand nous embauchons nos collaborateurs.

Il y a des incompatibilités, il y a des missions qu'ils peuvent leur être confiées, d'autres qui ne le peuvent pas. J'y viens, j'y viens, j'y viens, j'y viens parce que ça permet aussi d'expliquer les choses. Donc je crois qu'il y a une vraie difficulté et depuis 10 ans, les choses se sont quand même vraiment ancrées.

Maintenant, c'est clair que le trouble à l'ordre public, il ne se décrète pas. Euh normalement, il y a des faisceaux d'indice. Euh, quand on a une jurisprudence sur l'ordre public, on s'appuie sur des éléments concret qui effectivement peuvent aussi euh être liés à la récidive.

Sur le plan purement juridique. Tout ça n'est pas d'une évidence folle. Je je le dis plutôt en tant que juriste.

Bon, maintenant, au-delà de ces éléments-là, il y a un élément politique. La question est de savoir si oui ou non les élus sont au-dessus de la loi. Madame Le Pen est-elle au-dessus de la loi ou pas ?

Je constate et je partage le propos de madame Simonet qui y a quelques années, il y avait pas de mots assez dur ensemble. Tous les autres et puis nous, le RN donc, ils serions vertueux. Donc il faut quand même avoir ces éléments du débat au-delà de la victimisation, au-delà de l'alerte et cetera et cetera.

Maintenant, la question est de savoir si un magistrat en capacité d'interdire à une femme politique d'envergure et qu'on soit d'accord ou pas, personne ne conteste que madame Le Pen soit une femme politique d'envergure. Est-ce que un magistrat est en capacité sans polémique, sans contestation d'interdire vous êtes enseignant en droit constitutionnel ? Et bien pour ça que je m'exprime en juriste.

A-til y a-t-il une brèche dans la séparation des pouvoirs avec cette décision là ? Pour vous c'est électeur de décider de ça une personne condamnée qui peut faire appel, qui n'est pas condamné définitivement peut-elle se présenter au nom de la séparation des pouvoirs, qui doit décider ça ? L'électeur ou le juge ?

Moi, pour moi, ce n'est pas l'électeur. L'électeur, il est pas juge. L'électeur ne peut pas euh par son vote valider ou invalider euh euh la situation pénale de quelqu'un euh, y compris s'il s'agit euh euh de quelqu'un qui a une une candidature possible en réserve de de cette exécution provisoire est justifié en droit.

Parfaitement. Elle me paraît justifiée aujourd'hui mais je crois que la question aujourd'hui se pose réellement et je je veux pas plagier le premier ministre qui lui-même a fait part de ses états d'âme mais la question se pose quand même dans un tel cas de l'exécution provisoire. Alors on y vient.

C'est c'est quand même par rapport au droits commun. par rapport au droits commun et je cherche pas euh ni à ce que vous êtes en train de nous dire, c'est qu'il faudrait arrêter euh de mettre ces applications immédiates sur les peines d'inéligibilité. Mais mais ça pose un vrai une un vrai su et donc légiféré comme le suggère François Baou et comme le veut Éric Sioti qui annonce le dépôt d'une proposition de loi pour supprimer l'exécution provisoire pour les peines d'inéligibilité.

Ça va venir en juin. Qu'est-ce que vous en pensez ? J'imagine que vous êtes favorable mais c'est vrai qu'après avoir demandé l'inéilibité à vie, est-ce que c'est pas contradictoire ?

Non, absolument pas parce que là, on parle de l'exécution provisoire euh et évidemment que toutes les voies possibles qui nous sont données et y compris les voies législatives doivent être envisagé pour permettre à Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle. Parce que vous le dites, Marine Le Pen n'est pas au-dessus de la loi, mais permettez-moi de vous dire aussi qu'elle n'est pas en dessous de la loi. Et ce qui devrait en réalité choquer chacun des parlementaire réunis aussi ici, c'est qu'en réalité la décision qui a été prise hier met fin à l'état de droit parce que c'est une violation du principe du double degré de juridiction.

C'est-à-dire qu'on dit à quelqu'un, permettez-moi s'il vous plaît, c'est une violation une violation du principe du double degré de juridiction pour une simple et bonne raison. C'est qu'on vient dire à quelqu'un oui vous avez le droit de faire appel mais vous êtes déjà condamné et empêché d'être candidate à présidence vous savez ça se passe comme ça vous qui voulez toujours la main bien dure pour pour pour les délinquants mais vous avez plein de domaines où les condamnations vous empêchent tout de suite d'avoir indépendamment de l'appel pas tous en même temps c'est un débat Daniel Simonet vous répond et vous répondez c'est un débat allez-y et vous répondez après madame Simon Ça y est, j'ai terminé. Vous avez plein de domaines.

Vous avez plein de domaines où lorsque vous êtes condamné, même si vous faites appel, l'appel n'est pas forcément suspensif et vous ne pouvez plus continuer d'exercer tel ou telle profession des médicaments pouvez pas vous pouvez pas travailler dans un laboratoire, une pharmacie. au fond que l'état de droit est foulé du pied c'est très impression parce que on retire la possibilité ça veut dire qu'on retire le droit à Marine Le Pen d'une candidate à l'élection suprême à savoir à l'élection présidentielle avant même qu'elle ait été condamnée définitivement et c'est cela qui pose un problème. Je comprends que cet argument qui viennent d'un parlementaire du RA nationale ne vous convait pas.

Mais dans ce cas-là, écoutez l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel Jean-Éric Chetol qui lui-même disait que la décision qui a été prise ne prend pas en compte la liberté des électeurs qui est un principe constitutionnel fondamental et auquel vous devriez être accroché. Dans quel pays démocratique empêchons empêchons-nous la leader de l'opposition aujourd'hui crédité à plus de 35 % dans toutes les intentions de vote de candidater à une élection et après c'est nous qui allons donner des élections à la terre entière. que vous soulevez.

Il y a c'est vrai qu'il y a une question prioritaire de constitutionnalité, on en a parlé sur LCP, c'était pour un MAOR dans le cadre de d'une exécution provisoire d'une inéliggibilité d'un mandat local maisand local local mais quand même le juge constitutionnel Richard Ferrand qui préside maintenant l'institution a écrit noir sur blanc qu'il fallait pas que cette application immédiate porte atteinte à la liberté de l'électeur. Et puis vous avez François Bairou, votre premier ministre bloc central socle commun qui dit je suis troublé qui dit il va falloir peut-être regarder vous législateur à corriger. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

Non mais alors je moi je pense qu'en effet ce sujet se discute totalement. Simplement là la loi est telle, elle existe aujourd'hui que cette exécution provisoire était tout à fait possible. La décision pouvait être prise de cette façon-là par le magistrat.

Par ailleurs, je je me mets à la place des Français quand même comme vous le disiez. Tous les jours, il y a des justiciables qui sont concernés par l'exécution provisoire d'une peine qui est prise par un tribunal en première instance. Donc vouloir faire un régime spécial pour les hommes et les femmes politiques, ça donne une image, je trouve, déplorable de la démocratie et de la façon dont on fonctionne en espèce de petite caste qui a envie de se protéger.

Non, la vérité c'est quand même que voilà Marine Le Pen, elle est aussi face à ses responsabilités. On parle pas, vous parliez de crime et cetera. Là, c'est quand même un détournement de 4 plus de 4 millions d'argent d'innocence.

Madame, je vous en supplie. Présomption d'innocence. Oui.

Oui. Non, mais vous avez présence, on peut rappeler quand même les montants de la condamnation. Le rassemblement national a été condamné de façon définitive par la Cour de cassation en juin 2024, là aussi sur du recel de d'abus de biens sociaux.

Voilà, c'est une autre affaire. Mais je veux dire présomption d'innocence sur celle-ci. Alors je voudrais qu'on vienne sur la question de savoir si vous devez corriger par la loi cette possibilité de rajouter une application immédiate à une peine d'inéligibilité.

Au fond, c'est même pas la loi sapince, c'est la possibilité d'un côté pour le juge, c'est la le code de procédure pénale, l'exécution provisoire, il faut qu'elle soit motivé, on l'a vu, risque de récidive, trouble à l'ordre public et puis il y a l'inéligibilité avec la doigt sapin qui doit maintenant être examinée de façon obligatoire par le juge. Ça veut pas dire qu'il la prononce cette peine, mais il doit l'examiner. Est-ce qu'il faut séparer les deux ?

Est-ce qu'il faut empêcher à l'avenir qu'un juge puisse mettre une peine une peine d'exécution immédiate sur une inéliggibilité ? Bah je je je pense pas. Je pense que euh là, si je comprends le raisonnement des juges, euh c'est qu'il y avait d'abord une très enfin une gravité des des faits quand même énorme, hein.

Je veux dire détournement de fond de 4,5 millions d'euros pendant 10 ans avec tout un système qui certes ne contribue pas à un enrichissement direct des personnes mais de fait qui montre bien que leur main de vie, que leur train de vie pardon a été accompagné euh d'une manière quand même qui n'aurait pas du tout été celle-ci s'ils avaient respecté le le cadre. Je tout ça choqué. Donc la la proposition loi si vous ne la voterez pas.

C'est exactement. Il y a un sondage qui est intéressant. 68 % des Français estiment que la règle d'exécution provisoire en cas de condamnation pour déternement de fonds public est juste.

Voilà. C'est-à-dire que vous avez 69 % des Français qui disent bah quelqu'un qui est condamné pour détournement de fonds public, donc qui a vraiment mais mis les mains dans la caisse quoi et puis pas qu'un peu, et bien il doit pas pouvoir se présenter au suffrage équipé au suffrage suprême. J'espère que vous aurez les mêmes propos lorsqu'il s'agira de Jean Mél vous êtes demain.

C'est vrai quand même Dominique Simonet, vous qui êtes une ancienne compagnonne de route de Jean-Luc Mélenchon, je je je soutiendrai la même décision des jus les décisions que nous contestons contre la France insoumise et le modèle, c'est la même accusation qui est faite et don nous contestons le fond d'ailleurs pas l'indignation pas encore de procès. J'ai l'intention de faire des cadeau à qui que ce soit hein et vous savez que j'ai été purgé par la France insoumise mais il me semble qu'en cas d'espèce on n'est pas du tout sur le montant de 4005 on n'est pas sur 10 ans de système on est sur deux attachés parlementaires qui travaillaient pour leur députés que je mélon dit très clairement depuis cette annonce de jugement que la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple. Alors moi, je suis en désaccord avec ça.

Je vais vous dire pourquoi. Je suis pour le droit de révoquer les élus. Mais par contre, j'estime que quand il y a des décisions de justice, c'est à la justice de les prendre.

Et la justice, elle est rendue au nom du peuple. Parce que avec ce ce ce ce ce système là, alors vous avez par exemple les Balcanies, ils pourraient très bien être réélus. Ils ont été condamnés mais il pourrait être et on trouverait ça normal.

Non, quand on est euh on a on a on a commis des infractions extrêmement lourdes et qu'on est condamné, on ne doit pas pouvoir à nouveau candidaté. Et par contre, la question du référendum révocatoire, c'est autre chose. C'est le fait après une pétition euh que des élus qui sont désaccord euh puissent se donner la possibilité et bien de révoquer leurs élus.

Ils peuvent le faire aussi parce qu'ils estiment queil y a soupçon de genou. Voilà. Mais il faut dissocier les deux.

Alors, je voudrais qu'on parle un tout petit peu du climat dans lequel intervient cette décision de justice. Donald Trump, JD Vens très régulièrement s'en prennent au juge. On a vu d'ailleurs les réactions dans le monde entier, soutenu par Georgia Méloni, par Victor Orban, le Hongrois.

Comment au fond citer aussi Poutine. Exactement. Le cri le créelin russe a réagi.

Philippe Goselin, ce climat antijuge inquiète-t-il ? C'est vrai que au fond cette dissociation entre d'un côté la démocratie et de l'autre l'état de droit est de plus en plus fréquente comme si les deux n'étaient pas compatible. Moi je pense que les deux sont compatibles.

Moi je fais partie de ceux qui défendent l'état de droit. C'est une déformation professionnelle de peut-être un constitutionnaliste et cetera. Maintenant faut aussi rappeler que pour être digne de respect, il faut être irréprochable.

Moi, j'ai quand même en tête, je ne dis pas tous les juges et je fais pas d'amalgame, mais le fameux mur des cons. On a quand même aussi un certain nombre de prises de position de certains et je dis bien de certains magistrats. C'est les syndicats hein, le syndicat de la magistrature de gauche.

Oui. Oui, mais c'est un vrai sujet. C'est un vrai sujet.

Moi, je ne suis pas certain que le syndicat de la magistrature fasse preuve d'une indépendance telle qu'on peut l'attendre dans un état de droit. Effectivement c'est un seetrouve vous pensez dans leur procès, dans leur jugement. Écoutez, je parle pas de ce jugement en particulier mais oui, écoutez, excusez-moi, il y a quand même un certain nombre de de papiers là-dessus, d'articles de fonds, de contestations et et je crois qu'on peut pas totalement passer ça sous silence.

Moi, je ne dis pas que tous les juges sont des juges pour reprendre l'expression consacrée rouge, mais il y a un sujet et donc à partir du moment où il y a un sujet, on entretient d'une certaine façon et au-delà de l'affaire Le Pen, on entretient cette défiance. Or, moi je crois euh qu'une société euh démocratique a besoin de juges qui soient au-dessus des partis, une séparation des pouvoirs, ça fait très classique comme approche, mais je reste dans cette approche effectivement qui est celle d'une démocratie occidentale telle que nous la souhaitons. Et on va terminer avec la mobilisation que vous appelez de vos vœux, donc le weekend prochain.

C'est vrai qu'on peut on peut se dire attention dans ce climat. Peut-être vos électeurs se diront bah si on ne peut pas arriver par les urnes, peut-être que il faut renverser la table, peut-être qu'il faut basculer dans la violence. Vous ne redoutez pas ça ?

Non, absolument pas. Forme de solution un peu populiste qui viendrait en dehors du cadre démocratique demander des comptes. Nos nos électeurs, vous savez, ils sont d'une ils sont d'une patience mais redoutable.

Ils sont d'une solidité qui est impressionnante parce que ça fait des années qu'ils sont déjà dans l'angle mort de toutes les décisions politiques et de toutes les décisions publiques. Ça fait des années qu'on les méprise. Parce que quand on interdit en réalité Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle, c'est des millions de Français que l'on prive de leur candidat à une prochaine élection.

Et malgré tout, ils ne cassent pas dans la rue comme l'extrême gauche. Malgré tout, ils agressent pas les policiers. Malgré tout, ils font pas comme le syndical de la magistrature qui sortait encore en 2001 qui caricatura qui caricat des forces de l'ordre avec une tête de si ça c'est la doctrine de l'extrême gauche.

Aujourd'hui, il y a une pétition qui a été mise en ligne sur le site du Rassembl national qui allait bien au-delà des électeurs du Rassembl national. C'est déjà 300000 signatures qu'on a récolté. Le meilleur soutien qu'on peut donner à Marine Le Pen, c'est d'adhérer au Rassembl national et de participer massivement à ce rassemblement prévu dimanche 6 avril à Paris.

Miller oui, je voudrais juste compléter en disant deux choses. La première, c'est que laisser entendre que les magistrats sont en effet extrêmement politisés, qu'en effet ils ont voulu se payer Marine Le Pen. C'est évidemment totalement faux.

Il suffit de regarder non mais moi, j'appelle les les Français qui ont une petite soirée, voilà, devant eux à lire les 150 pages du jugement pour se rendre compte de tout ce qui est étayé dans ce jugement, des nombreux arguments qui sont ceux des magistrats qui ont pris cette décision. Et je pense qu'il faut quand même en effet dire que les propos qu'on entend depuis hier soir et aujourd'hui et cet appel à manifesté à tracté dans toute la France, un c'est indigne euh madame Le Pen évidemment on verra l'appel, mais elle est elle a été déclarée coupable et elle passe pour une victime. Et on demande donc au Français de soutenir de soutenir une dame qui a piqué dans la caisse pendant 10 ans et a organisé un système d'innocentligé de le rappeler un tout petit mot sur le silence d'Emmanuel Macron il ne vous surprend pas beaucoup de chefs d'état ont réagi leur Miller le chef de l'État n'a absolument rien dit contrairement au au premier ministre Donald Trump s'est même exprimé il est il est temps qu'il exprimme c'est au fond lui aussi le garant de l'indépendance de la justice, le président de la République, faut-il qu'il parle ?

Oui, je pense qu'il une expression de la part du du président de la République serait souhaitable. Après, il y a le il y a un temps qui est celui du chef de l'État et qui je pense aussi il est aussi important qu'il n'intervienne pas dans l'arène lorsqu'on est dans des moments aussi troublés que ceux qu'on peut vivre aujourd'hui. Mais vraiment le climat, je trouve les propos qui sont tenus par le RN sont très inquiétants.

Merci beaucoup. On va s'arrêter là. juste que le président de la République article 5 de la constitution veille par son arbitrage au fonctionnement régulier des pouvoirs public.

Je soumets ça à la réflexion générale ce soir. L'information de la soirée, je vous la rappelle, c'est que la cour d'appel accélère son calendrier judiciaire. Elle envisage un procès et surtout une décision avant l'été 2026, ce qui pourrait laisser une opportunité à Marine Le Pen de se défendre à nouveau en appel euh et et peut-être peut-être s'il n'y a pas d'exécution provisoire dans ce deuxème jugement d'appel et bien se présenter à l'élection présidentielle.

Nous en restons là. Merci beaucoup. Merci d'être venu débattre sur LCP.

On va continuer à analyser ce coup de tonner politique et judiciaire. Un jugement qui fait de Marine Le Peniciable comme les autres. Au contraire, un jour funeste pour la démocratie comme le dit la chef de fil du Rassemblement national.

Avant d'accueillir nos invités, comment les Français, on en parlait, regarde ce jugement. Reportage à Hin Baumont et à la Ferté sous-joire, Thbo Ennoc avec les équipes de la FP à Baumont sur le marché ce matin, les militants RN s'emploient à sauver le soldat Le Pen. Soutenir Marine Le Pen pour soutenir également la démocratie. une distribution de tracte en réplique à la décision judiciaire.

Merci à vous. Ben, je vais vous demander ça. Est-ce qu'elle aura le droit de se présenter ?

Et ben, on va se battre pour madame. Et un sentiment dominant, l'injustice. Je trouve que la perte, elle est la peine, elle est trop lourde.

Moi, je pense que c'est fait exprès pour les élections 2027. On sent que c'est quand même un peu dirigé mais de toute façon, ça changera quoi ? On votera quand même pour les idées.

Autre lieu en France, autre ambiance dans cette commune de Saint-Emarne qui a pourtant voté à 50 % pour Marine Le Pen en 2022. Les avis sont plus partagés. Ça a été rendu.

Voilà, elle a joué, elle a triché, elle s'est fait avoir. Rien, rien à dire de plus. Je trouve que c'est normal hein parce que si ça arrivait à nous par exemple, ça serait très rapide hein.

J'y crois pas tellement quoi. Ça fait un peu gros quand même. Mais si la condamnation de Marine Le Pen est jugée justifiée par la plupart des habitants, son inéibilité en revanche fait des bas.

Bah non, moi je je trouve pas ça normal. Devrait pouvoir se représenter. Trump il a fait pire, il est au gouvernement.

C'est tout à fait normal. On va pas élire des gens qui ont des casiers judiciaires gros comme ça. C'est normal qui est condamnation.

Maintenant l'histoire de l'igibilité, si demain elle gagne l'appel, elle va pas pouvoir se présenter aux élections. Donc elle aura pas été coupable et on l'aura puni. C'est un peu gênant.

Des habitants partagés mais globalement d'accord avec la justice. À l'image du reste du pays, 57 % des Français estiment la décision concernant Marine Le Pen normale. 68 % soutiennent l'exécution provisoire, la rendante inéligible.

Et bonsoir Jacques Doucelin. Bonsoir. Merci d'être là.

Bonsoir maître. Vous êtes avocate pénaliste au barreau de Paris. Bonsoir Pierre-Henritavoyau.

Merci d'être là. Philosophe président du collège de philosophie. Comment gouverner un peuple roi chez Audif Jacol ?

J'en parle, c'est pas votre dernier mais ça parlait de ces questions de légitimité entre pouvoir politique et et judiciaire notamment. Bonsoir Erwan Leœur. Bienvenue.

Vous êtes sociologue et politologue, spécialiste de l'extrême droite. Enfin, bonsoir Jean-Sébastien Serjou, ravi de vous accueillir, journaliste fondateur du site d'information Atlantico. Alors, repartons des Français qui comprennent finalement majoritairement cette décision.

Erwan Lec, est-ce que ça vous surprend ou pas ? Pas du tout. Enfin, je je parce que j'aime bien ce pays et que je pense que ce pays est un pays de raison euh cartésien qui réfléchit et que je pense que dans ce pays, les gens sont attachés à une notion qui s'appelle la justice avec un grand J ou avec un petit J.

Euh ce qui est plutôt étonnant, c'est plutôt ce qui se passe sur les plateaux de télévision et pour en parler avec des journalistes étrangers, c'est plutôt ça qui les étonne. Différentiel décide normal, un disyle pour 57 % au vu des faits reprochés, 42 % considèrent qu'il s'agit d'une décision de justice sous influence. on retrouve finalement le rapport de force politique dans le pays.

Absolument. C'est le clivage politique est retranscrit ici. Et euh l'autre élément c'est mais je laisserai les juristes en le rappeler, c'est que normalement on ne commente pas de la façon dont ça se produit depuis hier à ce point de cette façon avec des mots aussi je dirais non pas seulement dur, on parle de tyrant, on parle de de choses absolument incroyables.

On ne commande pas une décision de justice. Ça c'était le premier point. Donc premier point, oui, les Français sont égaux à eux-mêmes, c'est-à-dire ils sont raisonnables, ils se disent "Voilà, il y a une justice, on nous dit qu'elle est indépendante.

En l'occurrence, elle est indépendante puisqu'elle a appliqué le droit." Point. Jean-Sébastien Ferjou, c'est vrai que c'est étonnant au regard des des formules choc qui sont employées.

On va venir sur le détail he de la décision sur le fond, sur le risque de récidif, sur l'ordre public, sur les exécutions provisoires. On a entendu toute la journée coup d'état judiciaire, jugement digne de régime autoritaire, dictature des juges dans la bouche du Rassemblement national et les Français finalement considèrent que cette décision majoritairement he pas tous 57 % est normale et et à et à 68 % finalement qui ne sont pas choqués par l'exécution provisoire. Euh vous êtes pas surpris au fond au au regard de ces formules qui sont vraiment extrêmement puissantes et qui pourraient nous dire qu'est-ce qui se passe ? on est plus en démocratie que finalement il valide plutôt la décision de justice.

Non, ça ne me surprend pas vraiment. Je pense que le Assemblée nationale est dans une difficulté stratégique parce qu'il a pas suffisamment anticipé, je pense, la décision qu'il allait recevoir et pas forcément suffisamment préparé. L'opinion, en tout cas, l'opinion qu'il cherche à convaincre lui de sa vision à lui parce que oui, c'est normal parce que les Français considèrent finalement d'une certaine manière, c'est le stade ultime de la banalisation, la normalisation du Rassemblement national.

C'est tous pourris, pourris comme les autres. Maintenant, mais je pense que cette décision, elle pose problème pas sur la condamnation elle-même, pas sur les poursuites elle-même, mais l'inéligibilité provisoire parce qu'il faut bien comprendre ce que c'est. Et d'ailleurs le Conseil constitutionnel l'a expliqué vendredi dernier, mais pour le coup, sur les plateaux de télévision, les gens qui pensent qu'il faut juste défendre l'état de droit et que il y aurait une espèce de droit qui serait une matière purement technique qui s'appliquerait comme ça sans que les magistrats n'apprécient un contexte, c'est d'ailleurs ne pas respecter la fonction de juge.

Mais qu'est-ce qu'il a dit le conseil constitutionnel ? Il a dit une peine d'inéligibilité provisoire, elle associ particulier que quand vous êtes condamné à une amende ou condamné à de la prison, ça ne concerne que la personne condamné. Quand vous êtes condamné à une inéligibilité provisoire, ça concerne non seulement la personne condamnée, effectivement, c'est un coup d'arrêt à son destin politique, mais bon, ils avaient qu'à pas commettre l'effet euh délictueux, mais ça concerne aussi toute la collectivité et le Conseil constitutionnel a vraiment parlé de la proportionnalité avec la liberté de l'électeur et je pense je précise qu'il s'agissait d'un mandat local et non pas national et que d'ailleurs on peut voir dans ce jugement que le la magistrate a pu l'appliquer pour les il apprécié le mais regardez justement les motivations de la magistrate sur le risque de récidif comme sur le trouble à l'ordre public.

Moi, je trouve choquant sur le trouble à l'ordre public. Il faut bien comprendre ce quelle est quelle est la motivation de la décision. Et là encore, on peut pas juste dire se draper dans la vertu démocratique parce que précisément c'est un véritable enjeu de démocratie.

Le trouble à l'ordre public le trouble à l'ordre public est retenu affiché à l'écran est retenu par le tribunal par la présidente de la du tribunal correctionnel de Paris. C'est l'idée même d'une élection de Marine Le Pen, d'une Marine Le Pen qui aurait été condamnée en première instance. Mais vous voyez bien qu'elle est pas élue par l'opération du Saint-Esprit.

C'est donc en réalité le tribunal ce qu'il considère comme un trouble à l'ordre public, c'est le fait que des électeurs puissent bien qu'elle ait été condamnée voter pour elle. Et c'est là où moi ça me pose problème parce que je me fiche perdument du destin de Madame Le Pen. Mais c'est comme sur la liberté d'expression, vous savez quand on défend un principe, c'est pas défendre le contenu du propos qui crée polémique, c'est défendre le principe.

Sur le principe, je considère qu'il appartient aux électeurs de décider qui est à le yeux digne ou non de se présenter à une élection, que nous n'avons pas besoin de directeur de conscience, que nous n'avons pas besoin de tuteur en quelque sorte parce que c'est une logique de démocratie sensitaire et moi je préfère la démocratie libérale. Très bien. C'est très clair. au peuple de répondre à la question de savoir qui a le droit de se présender à une élection présidentielle, même condamné de façon non définitive.

Alors, je me tourne puisqu'on est au cœur du sujet, on rentre dans le détail sur ce jugement. Maître, qu'est-ce que vous en pensez sur les points ? Vraiment le le cœur du débat, c'est l'exécution immédiate de l'inéligibilité.

Elle est prononcée parce que le juge considère donc qu'il y a un trouble à l'ordre public et qu'il y a un risque de récidif. Vous avez lu ce jugement, on va voir en même temps s'afficher les mots du jugement de la magistrate. Qu'est-ce que vous en pensez ?

Plusieurs choses évidemment puisque on interroge et vous avez raison et d'ailleurs on voit que la question qui nous occupe n'est pas tant la peine principale de Marine Le Pen mais la question de l'égibilité et évidemment de son exécution provisoire. La prochaine chose que la première chose que j'ai envie de vous dire, c'est que je trouve ça toujours très dangereux de jeter des fatois sur des juges qui ont pris des décisions. Je me permet quand même de préciser que la juge qui a pris cette décision est aujourd'hui sous protection policière parce qu'elle a été victime de menaces de mort.

Je trouve toujours qu'il est très compliqué de faire peser sur des magistrats inpersonnames ou sur une institution l'ensemble de l'eau propre d'un système judiciaire. Pourquoi je dis ça ? Aujourd'hui, on est en train de remettre en cause l'exécution provisoire d'une éligibilité à l'ône d'une décision.

Mais on aurait dû se poser cette question dans un cadre autre. Je ne suis évidemment en tant que juriste et avocate très péné que l'on remette en question la question du droit et son application qu' calone d'un cas pratique et jamais dans ce que ça aurait pu avoir comme débat. Et je remarque depuis 2016, à l'époque où on a mis en place cette exécutionoire, ni un certain nombre de responsables politiques et surtout pas le camp de madame Le Pen qui est plutôt promptte en général à demander à ce que la justice soit très rapide, très très sévère et à la limite qu'on ne puisse pas revenir dessus.

Je rappelle également et c'est pour ça que je trouve ça toujours dommage que l'on étudie la question judicielle n'empêche qu'à la faveur de ce cas particulier il va peut-être y avoir un texte de loi puisque le premier ministre suggère au législateur de corriger la loi alors que vous avez pourtant et je me permets quand même de le dire et c'est pour ça que je trouve toujours ça très dommageable et c'est ce qui fait à mon avis que les français sont un peu entre le cul entre deux chaises pardonnez-moi l'expression c'est que il y a une ambivalence aujourd'hui dans ce qui est dit par les membres du Rassemblement national moi personnellement en tant qu'avocat je peux avoir un sujet sur l'exécution provisoire et considérer que cela peut empêcher pendant x temps parce que les juridictions mettent du temps à aller devant une cour d'appel, cela peut empêcher un degré de juridiction effectif et rapide. Ce qui est d'ailleurs la problématique de Marine Le Pen et vous voyez bien que la cour d'appel y a répondu à mon sens aujourd'hui en disant "Nous ferons un procès rapide en mai en à l'étorique qu'une cour d'appel dise publiquement bah voilà je vais faire un jugement et une décision un trouble dans le pays." Ce n'est pas ce n'est pas extrêmement c'est Darmanin qui a passé un coup de fil.

Comment ça se passe ? Alors, ce n'est pas extrêmement impossible. Le la, on va dire l'administration judiciaire a a le droit de prendre les décisions pour qu'effectivement un trouble démocratique ou un trouble de l'ordre public puisse être euh entre guillemets rentré en ligne de compte dans l'administration judiciaire.

Donc, j'entends aujourd'hui ceux qui disent c'est un privilège, c'est et cetera. Je crois au contraire que ça ne devrait pas être un prilège qu'à l'inverse, on devrait demander à ce que tous les justiciaires bénéficient de temps rapide de jugement et qu'effectivement la question de l'exécution provisoire n'existerait pas si on avait un appel rapide. Et en réalité aujourd'hui la question qui se pose n'est pas tant la question de est-ce qu'on doit mettre une fatie sur ces juges ?

Et encore une fois je je vous le dis, c'est très dangereux ce qu'on est en train de faire. La question c'était pas la première instance c'est ce qui s'est passé. On peut avoir une décision critique, on peut la critiquer.

Par ailleurs, elle est critiquable sans doute. La question c'est pas est-ce qu'on doit mettre une fat fois sur ces jeux, mais est-ce qu'il existe pour Marine Le Pen degré de juridiction ? Je rappelle que le contrôle d'un magistrat qui aura accès au dossier et qui va pouvoir opérer ce qu'on appelle un second degré de juridiction.

Mais le débat donc vous avez des réserves comme avocate sur la motivation de l'exécution provisoire dans page de jugement mais l'exécution provisoire oui c'est une décision qui est forte et inédite et donc forcément elle est soumise à débat et discussion mais dans un cadre encore une fois judiciaire il y a le parlement qui doit avoir une discussion sur l'exécution provisoire et elle doit se faire de tout temps et pas seulement quand madame Le Pen est poursuie parce que je rappelle que c'est elle-même qui proposait au parlement l'inibilité à vie c'est c'est quand même un peu ambivalent Et c'est à mon pour ça que les Français sont un peu gênés aux entournures sur cette donc normalement on devrait pas avoir ce débat finalement. Donc il y a des contradictions internes au sein du RN. Euh Pierre-Henri Tavoyau le philosophe il doit se régaler là parce que vous avez vous avez au fond le tout c'est un peu c'est pas très nouveau d'ailleurs hein les juges enfin le droit contre le peuple ou cette idée que finalement l'état de droit serait contraire à la démocratie une partie du peuple.

Oui, mais c'est une minorité. C'est tout à fait une minorité mais c'est les arguments qui sont en débat et ça viient dans un contexte très particulier où on entend s'il y avait une élection aujourd'hui, le droit et la justice seraient renforcé. Tout à fait.

Mais comment vous regardez ça ? C'est ces arguments-l qui est souverainement légitime à décider de qui peut se présenter à l'élection présidentielle dans le cas d'une condamnation qui n'est pas définitive ? Non, c'est c'est il faut si on repart du maximum de hauteur, c'est les démocraties sont un équilibre libéral, sont un équilibre subtil entre le peuple, l'État et le droit.

Et ce qui caractérise nos régimes, c'est que il faut il en faut pas trop si on veut faire un bon dosage. Il faut pas trop de peuple comme on dit mais plutôt leur représentant. Il faut pas trop de d'état, pas trop de pouvoir parce que chaque pouvoir doit avoir un contrepouvoir et il faut pas trop non plus de droit parce que le droit est un formidable contreprouvoir ou un formidable frein mais qui n'a lui-même très rarement de frein.

C'est-à-dire que arrêter le droit, c'est c'est délicat. Et on est dans une situation où cet équilibre aujourd'hui est devenu un peu incertain. pas effectivement qui est le peuple définition du peuple est vrai problématique.

L'État est normalement c'est l'instance qui agit. On a un état qui est assez impuissant et on a un droit qui effectivement est énorme enfin devient obèse, devient complexe, devient protéforme. Euh c'est pas le gouvernement des juges, il faut être très, je trouve cette formule est maladroite parce que en fait bien souvent ce sont les politiques eux-mêmes qui se dégagent de leur responsabilité et et disent "Non, non, on va pas le faire, c'est pas à nous. regarder, aller voir les juges.

D'ailleurs, le conseil constitutionnel avait retenu le législateur dans la loi Sapin 2 qui d'ailleurs en l'espèce ne s'applique pas mais bref, avait retenu le législateur qui voulait que ce soit absolument automatique et le conseil constitutionnel à l'époque avait rappelé queil y avait un principe qui s'appelle l'individualisation des peines et donc avait permis qu'il soit possible d'idéologie. Voilà, pour être le plus clair possible, c'est assez technique. La loi Sapin oblige le juge d'examiner l'inéligibilité mais pas de la prononcer systémati automatiquement, loin de là.

Alors, c'est peut-être là que que la il y a une sorte de mission euh juridique et c'est ce qu'on peut peut-être reprocher à cette à cette ce jugement. Euh encore une fois, on peut discuter des jugements. Euh c'est quand on est en responsabilité politique, non ?

Euh effectivement quand on est quand on est voilà ministre de l'intérieur, Marine Le Pen dit qu'il est contraire à la séparation des pouvoirs. Non mais on on a on a le droit de critiquer. C'est précisément pour ça qu'il y a il y a 153 pages parce qu'on va les regarder, on va les examiner, on l'expose à la critique.

Donc on a bien le droit de critiquer des décisions de justice et de regarder effectivement si les termes sont adéquates et cetera. Moi ce qui me gêne dans cette décision, c'est juste la fin. C'est au fond le fait de se dire peut-être la présidente du tribunal aurait aurait dû se dire cette décision va avoir des portées et il y a une sorte est-ce que c'est à moi de décider en dernière instance de cette affaire ?

Est-ce que Alors elle décide pas en dernière instance, il y en aura d'autres mais est-ce que c'est à moi de ne dois-je pas me retenir ? Il y a pas il y a-t-il pas une forme de prudence ? y compris d'ailleurs pour pour parce que le contexte et les effets politiques sont tout à fait donc il y a pas ce côté automatique ou mécanique je pense doit être vraiment justifié ou si on y va vraiment le dire et avoir des raisons de béton.

Or, ce que je constate aujourd'hui dans le débat, c'est que des min juristes, je n'en suis pas euh y compris ceux qui ne sont pas des des partisans de de Marine Le Pen disent "Oui, c'est quand même très très discutable." Enfin, ça se discute. C'est c'est c'est quelque chose voilà et tout ne serait-ce que ce débat là pour une décision de cette ampleur, vous avez euh dans les déjeuné politique off comme on dit beaucoup de de politiques et quels que soient les partis qui considèrent que la décision est discutable avec beaucoup de l'acheté parce que encore une fois c'est le législateur qui a voté cette loi-là.

Moi je rejoins ce que disait Pieren Tavol. J'ai regardé la loi sapin le RN s'est abstenu donc a laissé de députés à l'époque effectivement ne l'a pas voté. Mais moi je suis d'accord avec ce que vous dites évidemment qu'il ne faut pas mettre en cause et menacer des magistrats en tant que personne.

C'est absolument insupportable dans une démocratie et un état de droit. Mais je pense qu'on ne peut pas passer comme ça sur l'expression gouvernement des juges. Moi, elle ne me plaît pas beaucoup parce que je pense que la question, elle est plus subtile que ça.

C'est la sociologie des juges qui est en cause parce qu'on peut le tourner dans tous les sens qu'on veut, mais vous voyez bien quand Donald Trump change la composition de la Cour suprême aux États-Unis, ça change la jurisprudence sur l'avortement. Donc si vous avez 5 ans de François Hollande, 8 ans d'Emmanuel Macron qui ne font que des nominations finalement qui vont toujours dans le même sens idéologique que ce soit au Conseil d'État, au Conseil constitutionnel, au conseil supérieur de la magistrature à tous les niveaux de la chaîne finalement ça produit des effets sociologiques. Vous voyez ce que je veux dire ?

C'est pas l'institution qui est en cause. C'est là où je rejoins ce que disait Pierre-Henrial, c'est que c'est un équilibre subtil entre la politique et le droit. Alors le sociologue va vous répondre le la composition sociologique.

Et vous dites quoi ? Ils sont politisés les juges. C'est-à-dire que depuis les débuts depuis les débuts de la 5e République, il n'y a jamais eu de période aussi longue sans alternance pour rééquilibrer les nominations.

Je vous rappelle que sur Atlantico, nous avons publié le mur des cons. Vous vous souvenez du fameux mur des cons qui figurait sur dans les locaux du syndicat de la magistrature. Pour l'avoir publié, je peux vous dire que depuis à chaque fois que nous sommes face à un magistrat qui est du syndicat de la magistrature, il y a eu un acharnement judiciaire.

Donc oui, la politisation de la justice, elle existe. Je vous dis pas qu'elle est systématique, une écrasante majorité de mag parce que tous les juges ne sont pas nommés hein, il y a une carrière, sont des fonctionnaires, ça ne dépend pas du pouvoir politique, vous voyez bien que ce qui compte c'est comme si je deviens demain président de LCP, ça aura probablement un impact sur leur réponse, vous êtes un journal engagé, vous faites de la politique et vous dites en gros tout le monde fait de la politique et vous allez chercher la sociologie pour distinguer ce que vous êtes en train de dire. Est-ce que vous pouvez nous parler de de la personne qui vient d'être nommée secrétaire général du Conseil constitutionnel ?

Mais parlons de cas concret, monsieur, parce que vous êtes sociologue. La réalité c'est intéressant. Nommé secrétaire général du conseil construire une si vous voulez bien vraiment mais répondez-moi parce que vous avez un avis.

J'ai pas à répondre à vos question vraiment depuis le début de cette émission, vous avez vous n'avez pas arrêté en gros de dire d'accord, on peut pas dire ça, vous faites des prééritions, on peut pas dire ça mais quand même. On peut pas dire ça mais quand même de sur tous les plateaux de télévision depuis hier, j'observe ça. Je vous dis juste de Belgique, de Suisse, d'Allemagne et de de l'ensemble des on est encore la risée du monde.

Enfin, vous vous rendez quand même compte, vous êtes en train de dire qu'en gros la juge aurait dû faire de la politique. C'est c'est un minimum de neté sociologique. Là encore, vous amènerait à constater qu'à l'étranger aussi en parler.

Mais mais moi j'ai eu beaucoup de gens qui on appelé depuis l'étranger. Ce qui les choque c'est qu'une candidate à la présidentielle é empêchée comme en Roumanie. Je leur explique que ça n'est pas comme ça que ça se passe mais vous racontez n'importe quoi sur la perception à l'étranger parce que c'est là aussi plus subtile agressivité vous sortira pas de de ce que vous faites.

Le cœur je vous donne la parole et puis je voudrais qu'on parle justement des réactions à l'étrange du bien. Savez un de sociologie fait pas de vous l'expression du bien débat pluraliste chacun chacun apporte où exactement vous êtes en mission vous avez un quelque chose à Allez allez allez allez poursuivez s'il vous plaît monsieur le cœur. Donc première chose sur les juges, je me permets de dire puisque je connais un petit peu le rassemblement national depuis une trentaine d'années que je travaillais sur le sujet, je ne crois pas à la fable selon laquelle ça leur est tombé sur le dos comme ça et que il ne s'attendait pas du tout à ce qu'elle soit condamnée.

Tout le monde savait que Marine Le Pen serait condamné. C'est une évidence. Il suffisait de regarder comment les eurodéputés du modem avaient été condamnés il y a un an.

Vous l'avez peut-être écrit dans votre journal, peut-être pas. H députés du modè avaient été condamnés. Donc tout le monde sait.

Tout le monde sait que cette condamnation allait arriver. Marine Le Pen comme tout le monde. Donc première chose, pourquoi est-ce que tout le monde joue l'étonner sur le fait qu'elle soit condamnée ?

Ensuite on nous dit non mais c'est l'exécution l'exécution sur l'exécution provisoire mais ne parle pas n'importe quoi ça n'a pas d'exécution provisoire qui est au cœur de la contreattaque de Marine Le Pen. En fait ce que je suis en train de vous dire et si vous voulez bien me laisser parler une fois de temps en temps, c'est que en réalité la campagne qui est en cours au sein du Rassemblement national et dans un certain nombre de médias s'est préparé il y a déjà un certain nombre de mois. Il y a pas du tout de surprise de ce côté-là.

Marine Le Pen avait dit qu'elle ferait quelque chose de politique puisqu'elle a entièrement sur ce procès pour les gens qui l'ont suivi, vous pensez que sa défense qui qui était la défense évidment fond de ne reconnaître aucune forme d'erreur était calculé à l'avance bien sûr elle était prévue depuis très longtemps. Elle était prévue dans les deux cas que le premier cas, elle était condamnée. Point et elle pouvait aller en appel.

Elle était condamnée et elle ne pouvait pas se présenté à l'élection. Avec cette grille là, vous pensez qu'elle changera pas de défense en appel ? Et bien comment elle va faire pour changer de défense en appel ?

Premier premier sujet. 2è sujet, on assiste depuis quelques heures à la montée d'une trumpisation de la politique française sur les plateaux et à euh notamment porté par un certain nombre de journalistes et d'éditorialistes. On y vient parce que j'aimerais quand même vous faire écouter le président américain.

On va on va en parlerme de cette mais c'est quand même particulier de voir que le chef de l'État n'a pas réagi. Mais vous allez pouvoir vous allez pouvoir réagir. Donal Trump.

Bureau de la Maison Blanche a commenté cette décision de justice. C'est une grosse affaire. C'est une très grosse affaire.

J'en connais quelque chose et beaucoup de gens pensaient qu'elle n'allait pas être condamnée pour quoi que ce soit. Je ne sais pas s'il s'agit d'une condamnation, mais elle a été interdite de se présenter pendant 5 ans et elle est la principale candidate. Cela ressemble à notre pays.

Cela ressemble beaucoup à notre pays. Alors, j'aimerais vous entendre là-dessus sur cette idée au fond que de Trump à Marine Le Pen, il y a un vent antijuge qui qui souffle partout et qui et qui finit par au fond. Si on essaie d'être si on essaie d'être honnête et de ne pas être dans des réductions simplistes de la vie, il y a un trouble qui s'est installé et ça n'est pas être militant que de le dire. probablement que un certain nombre de gens qui se prétendent neutre, précisément parce qu'ils se prétendent neutres, sont en réalité dans le militantisme.

Quand on regarde, il y a un trouble qui s'est installé dans toutes les démocraties occidentales. Vous avez des pans entiers des électorats, c'est le cas aux États-Unis, c'est le cas en France, c'est le cas au Royaume-Uni, c'est le cas ailleurs, qui considèrent que une partie de l'État a été détournée par des minorités idéologiques. Voyez bien qu'il y a des gens qui le disent sur l'audiovisuel public, il y a des gens qui le disent sur la justice, il y a des gens qui le disent sur l'université.

C'est une réalité sociologique que nous devons prendre en compte. aussi mais peut-être à une moindre échelle que aux États-Unis. Oui, mais la question n'est pas c'est pas de comparer très c'est-à-dire que réduire réduire le trouble qui s'est installé dans nos démocraties à la Trumpisation, bien sûr que monsieur Trump est excessif.

Évidemment que personne ne va justifier la prise d'assaut du capital, mais essayer parce que ça c'est vraiment militant comme le fait monsieur de mettre dans le même paquet justement ceux qui vont vouloir prendre d'assaut le capital et ceux qui disent uniquement attention comme le soulignait monsieur Tavoya il y a un trouble démocratique qui s'est installé ça c'est autre chose et on ne peut pas disqualifier par principe enant des la question c'est au fond maintenant on voit bien que la cour d'appel essaie de calmer les esprits en donnant une date pour qu'elle puisse se défendre en appel avant l'élection présidentielle Il n'empêche qu'il y a vraiment de mobilisation de soutien avec détracte avec une manifestation ce weekend. Il une campagne qui est prête et qui est prête apparemment depuis un moment et en effet il y aura un meeting, il y aura une manifestation vous pouvez toujours je voudrais vous faire réagir. Benjamin Morel le constitutionnaliste dit dans le Figaro aujourd'hui l'inéligibilité de Marine Le Pen ouvre la voix à un candidat qui voudrait tout faire péter.

Qu'est-ce que vous en pensez ? Non, je pense que là encore il faut essayer de de un peu de garder raison. Je pense que encore une fois le débat est possible.

Alors là si on clive je pas je suis pas votre position. En effet si effectivement toute contestation de de cette décision entraîne un procès en trumpisation, on va pas aller discuter très longtemps. Je pense qu'il y a de bonnes raisons effectivement de se dire qu'on a une situation aujourd'hui sur le plan du droit, pas simplement des juges mais du droit en général dans notre démocratie.

Moi ce que j'appelle la nomocratie, c'est on on bascule de régime d'un régime de démocratie, un régime de nomocratie, c'est de de de pouvoir des normes et encore une fois, c'est pas simplement les juges, c'est pas simplement les décisions de justice, c'est c'est la bureaucratie, c'est le fait qu'on les politiques se retirent et ouvrent des autorités administratives indépendantes en leur disant "Nous, on n'est pas légitime pour faire faites le boulot et personne n'est responsable de ça." Donc on a un champ très bas. C'est ça le contexte global.

Et dans ce contexte global effectivement cette décision d'illigibilité rentre comme un élément particulièrement présent. Je vais vous donner le mot de la fin maître. Est-ce que au fond c'est ce face- à faceace entre un état de droit normé qui prend de la place défié par les les citoyens qui réclament plus de participation et de et de et de de rôles dans les élections ?

Vous le sentez vous dans les prêtoirs ? On le sent oui et non parce que si vous voulez, je je me permets quand même de vous dire que je suis d'accord avec le fait que la critique d'une décision de judiciaire n'amène pas au Trumpis. Ce qui amène au Trumpis, c'est quand la critique de la justice ne se porte que quand c'est un certain nombre de personnes et notamment des puissants qui sont mises en cause.

Je m'explique, aujourd'hui, on critique la décision parce qu'elle empêche Marine Le Pen de se présenter à une élection. Je disais hier soir sur un autre plateau à quel moment il y a un droit plus fort à être élu qu'un droit à élire par exemple. On a plein de décisions nous dans les prêtoirs où on interdit aux citoyens le droit de vote.

C'est un droit pour moi qui est un droit aussi essentiel que le droit d'être élu pour Marine Le Pen. Mais à ce moment-là, à aucun moment on critique la décision judiciaire qui vient faire ça. Le danger, il n'est pas dans la critique de la décision judiciaire.

C'est c'est le sens d'une démocratie. Elle est dans la critique de certaines décisions judiciaires qui ne comprennent que une partie de la population. Et je m'arrête.

En tout cas, on est à l'Assemblée nationale. On va voir comment les députés se saisissent au niveau plus voilà de l'intérêt général de ces questions là. Je vous remercie.

Vous entendez la musique, c'est fini. J'espère que vous avez pu voilà vous forger votre opinion après cette condamnation de Marine Le Pen en première instance. Très belle soirée.

À demain. [Musique]