Emmanuel Macron à travers l’écran - L’édito de Nicolas Poincaré - C à vous - 28/10/2022
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Chapitres
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« Il a battu des records d'audience le 13 avril 2020 en annonçant qu'on allait être déconfiné. »
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« Il a rassemblé 36,5 millions de téléspectateurs, 94% de parts de marché, record absolu de l'histoire de la télé française. »
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« Je l'ai rencontré certainement avec d'autres personnes. Je n'ai pas fait le compte, mais enfin, au moins de 10 ou 12 fois. »
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« Alors, ils étaient aveugles, tous ces types-là ? Mais aveugles de sur quoi ? Mais de quoi me parlez-vous ? »
- 3:41Locuteur non identifiéFait
« Mais ils sont en face d'un homme qui a été acquitté par la haute cour de justice. »
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Emmanuel Macron et la télévision, vaste programme, en tout cas c'est celui de votre édito ce soir après l'intervention du président cette semaine sur France 2. Oui, parce que ce qu'il y a de bien quand on est président en France, c'est qu'on peut venir à la télévision quand on veut et comme on veut et Emmanuel Macron ne s'en prive pas. Alors il s'est encore montré créatif cette semaine avec cette interview avec Caroline Roux sur France 2, créatif parce que c'était quelque chose d'inédit en deux épisodes. Un épisode, un mercredi et puis 15 jours après le deuxième. Comme les séries, on feuilletonne.
Et ça a donné cette interview assez classique mais avec tout de même un président difficile à couper. Il faut qu'on parle de la réforme des retraites. Mais j'y arrive, ne vous inquiétez pas, je n'éluderai rien. Je ne suis pas du tout inquiète, c'est vrai qu'on parle aussi du travail des seniors. Mais je vous remets tout dans perspective. Il y a un moment donné, il va falloir que je pose des questions. Ça se tient. Voilà, il faut que je pose des questions, dit notre amie Caroline Roux. Résultat, 5 millions puis 4 millions de téléspectateurs, c'est pas mal. Donc depuis 2017, Emmanuel Macron s'est essayé vraiment à toutes les sortes d'exercices à la télévision.
Il a inventé le président dans l'arène, vous vous souvenez, en bras de chemise, seul face aux Français, pendant la crise des Gilets jaunes, dans des salles des fêtes, pendant des heures, c'était tout à fait nouveau. On a eu aussi l'interview entre mecs. Ça, c'était avec Jean-Jacques Bourdin et Edwi Plenel. Le message ce jour-là, c'était, regardez, même pas peur, même pas peur, même c'est de l'âme, faut pas peur, même à deux contre un, j'y vais. On a eu l'interview entre Beaux-Gosses, ça c'était la déambulation à l'Elysée avec Laurent Delahousse. Vous vous souvenez, sans doute, c'était encore nouveau. On a eu aussi l'interview entre Jones à l'Elysée.
Monsieur le président, est-ce que je peux tenter une roulade dans le jardin de l'Elysée ? Allez-y. Merci beaucoup. Il va le faire un peu. Elles sont belles, tes roulades. Vous faites pas mal des roulades. Et puis il y a eu encore la com sur Instagram, où il portait déjà le col roulé, où il était déjà en mode selfie pendant le confinement. Bref, il a beaucoup innové. Il a aussi communiqué de façon plus classique. Alors, il y a eu les interviews du 14 juillet, célèbres. D'abord, il en a fait, puis il y a renoncé, ça ne le plaisait pas, puis finalement, il est revenu. Il y a eu aussi les conférences de presse classiques à l'Elysée.
Moi, c'est le mode de communication que je préfère, mais il n'en a pas fait tant que ça. Et elles n'ont pas énormément marqué les esprits. Je crois que Nicolas Sarkozy, qui faisait le show, était sans doute meilleur dans l'exercice. Mais son exercice préféré à Emmanuel Macron, ça a quand même été la locution depuis l'Elysée, tout seul, face à la caméra, sans personne pour lui poser des questions. Il en a usé plus qu'aucun autre président, et en particulier, naturellement, pendant la période du Covid. C'est vrai que c'est sans doute le moyen le plus approprié pour annoncer des nouvelles aussi graves que le confinement.
Il a battu des records d'audience le 13 avril 2020 en annonçant qu'on allait être déconfiné. Il a rassemblé 36,5 millions de téléspectateurs, 94% de parts de marché, record absolu de l'histoire de la télé française. Il est probablement imbattable. Est-ce que l'interview présidentielle, ce n'est finalement pas un exercice totalement impossible ? Moi, c'est ce que je pense un peu, parce qu'on est dans une sorte de monarchie présidentielle. On a un président qui ne débat jamais contre ses adverses à contraignement, aux autres dirigeants européens, qui débattent à l'Assemblée. Lui, il ne va pas à l'Assemblée. Donc, il n'a jamais d'autres contradicteurs que les journalistes.
Et les journalistes, ce n'est pas leur rôle de faire un bras de fer, de bousculer trop le président. Ils ne veulent pas aller trop loin. Donc, ça donne, je trouve, un exercice assez convenu, généralement, voire assez ennuyeux. Toutes, toutes, sauf une. Enfin, à mon avis, il y a une interview d'un président de la République qui est sorti de cette règle, qui a dépassé toutes les autres. Pourtant, la tension était palpable. C'était en 1994, François Mitterrand qui s'expliquait sur son amitié avec René Bousquet.
Je l'ai rencontré certainement avec d'autres personnes. Je n'ai pas fait le compte, mais enfin, au moins de 10 ou 12 fois. Alors, ils étaient aveugles, tous ces types-là ? Mais aveugles de sur quoi ? Mais de quoi me parlez-vous ? Mais ils sont en face d'un homme qui a été acquitté par la haute cour de justice. C'est pour ça que vous dites, à Péan, que vous l'avez vu avec plaisir. C'était un petit peu intéressant, mais je dois dire que partir de 1978... À ce moment-là, on découvre que c'était Bousquet. Qui était, qui dit lui, tout le monde reproche toujours ceci, cela, mais en réalité, le vrai, c'est Bousquet. Bon, ça alerte... La raf du Veldiv.
Ça alerte naturellement, surtout la raf du Veldiv.