JAUNES ET VERTS : MÊME COLÈRE, MÊME ADVERSAIRE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« « Ce n'était pas une manifestation, c'était une émeute » »
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« « ceux qui excusent, qui encouragent », de se rendre « complices » »
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« « Des centaines de personnes décédées cette année dans la rue, des mutilés, éborgnés » »
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« « des jeunes de banlieues qui ont peur de mourir comme Adama Traoré » »
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« « des suicides en constante augmentation au sein de la police nationale » »
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« « des patients qui meurent en salle d'attente aux urgences » »
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« « Nous, familles des victimes tuées, violées, mutilées, blessées par la police » »
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« « Nous, migrants, chassés, torturés, traumatisés, persécutés par l’Etat » »
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« « Voici « la foule haineuse » comme vous le dites, qui désormais risque sa vie pour un peu plus de dignité » »
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« Ce n'était pas une manifestation, c'était une émeute », voilà comment Emmanuel Macron a qualifié l'Acte 18 des gilets jaunes, après avoir interrompu son séjour au ski, visiblement endeuillé par la perte du Fouquet's et la dégradation des magasins de luxe qui arborent la plus belle avenue du monde. a ordonné le chef de l'Etat en réunion de crise hier au ministère de l'Intérieur, visiblement peu soucieux de la liberté d'expression qui règne encore notre pays. Le président a accusé , je le cite « ceux qui excusent, qui encouragent », de se rendre « complices ».
Complice des violences qui ont éclaté entre les manifestants, blacks blocs, et forces de l'ordre. Mais vous Emmanuel Macron de quoi est-il complice ? Des centaines de personnes décédées cette année dans la rue, des mutilés, éborgnés, pour avoir manifesté, des jeunes de banlieues qui ont peur de mourir comme Adama Traoré à cause d'un contrôle d'identité, des suicides en constante augmentation au sein de la police nationale, des patients qui meurent en salle d'attente aux urgences, du dérèglement climatique qui devient lui aussi est une urgence.
Avez-vous regardé, écouté ces milliers de personnes venues manifester à Paris ce samedi 16 mars, au lieu de vous prosterner devant quelques devantures qui demain seront déjà réparées ? Samedi 16 mars, Monsieur Macron, tandis que vous descendiez les pistes de ski, les français ont marché jusqu'à la capitale. Acte 18 des gilets jaunes, marches des solidarités, marche du siècle pour le climat, voici ceux que vous nommez « complices », qui sont en réalité des citoyens en lutte, solidaires les uns des autres, venus vous dire Stop, à vous qui ne daignez même pas les écouter.
Nous étions à leurs côtés, dès 10 heures sur les Champs-Élysées, le peuple s'était réuni pour la 18ème fois sous l'Arc de Triomphe, déterminé à ce que vous l'entendiez. J’espère que cet acte va enfin faire bouger les choses, et si ça ne fait pas bouger les choses malheureusement je pense que ça va tourner au vinaigre On y a croisé Jérôme Rodrigues, gilet jaune pacifique qui a perdu un œil dans la lutte pour la justice. Et il a un message pour vous.
C’est magnifique là, non ? On est combien, on est pas 10 000 là ? On est combien là ?
C’est énorme ce qu’il se passe aujourd’hui non ? Regarde moi ça Macron, regarde moi ça, c’est ça qui va te faire descendre de ton piédestal, mon garçon, c’est ça. On a filé place de la Madeleine, à la Marche des Solidarités contre les violences d'Etat et violences policières.
Des gilets jaunes y sont venus directement des Champs. C’est géant, on est tous venus des champs là, on était des groupes de 2, 3, 4 pas plus, et d’un seul coup ça a grandit ça a grandit. On va pas à Opéra, on ira après, d’abord à La Madeleine parce que c’est la marche contre la répression policière et c’est important, c’est primordial parce qu’ils sont partout les flics, ils nassent tout, tout, tout.
On a fait un cortège t’as vu ça, c’est géant, c’est géant ! Si la plupart des gilets jaunes que tu vois viennent ici c’est pas seulement parce qu’on vient de se faire gazer sauvagement sur les champs aussi, c’est parce que tu en as qui ont conscience de ce qu’il se passe, qui commencent à prendre conscience de ce que c’est que les violences policières et t’en as qui les subissent au quotidien, sans aucune raison en plus depuis 15 ans. [On lâche rien !] On y a croisé aussi Gaël Quirante, qui appelle tous les citoyens à lutter ensemble face à votre mépris.
Il est quand même grand temps de ne pas juste constater les désastres de la politique que mène ce gouvernement mais aussi d’être capables d’y répondre, s’organiser, de se coordonner. Ça avait été le cas un peu en 2018, avec cette réunion qui combinait à la fois des militants politiques, des militants syndicaux, et qui avait abouti à une manifestation énorme en mai dans les rues de Paris. Il faut maintenant que tout ça se combine avec les questions qui sont les questions de l’heure et en lien avec le mouvement des gilets jaunes, qui montre une détermination, une force, un courage qui est énorme et qui force le respect.
Mais pour gagner il faut plus, et plus ça veut dire faire converger toutes ces luttes là, au travers aussi de la grève On a retrouvé Chloé, de Pinel en lutte, venue d'Amiens, vous dire une fois de plus qu'elle n'en pouvait plus. Je pense qu’on est beaucoup sur le front mais parce qu’il y aussi un contexte global qui fait qu’on tire énormément sur la corde. C’est très compliqué d’exercer nos métiers en essayant de conserver un minimum d’éthique.
Beaucoup d’infirmiers sont concernés par ce qu’il se passe, pour eux professionnellement. Je pense que c’est une voix qu’on a du mal à entendre aussi, on se reconnait dans la lutte contre une certaine forme de mépris de classe aussi. En tête de cortège, Youcef Brakni, du comité Adama évidemment présent à la marche contre les violences d'Etat s'exprime.
Là on va démarrer incessamment sous peu. En plus c’est particulier parce qu’il y a eu cet attentat horrible islamophobe en Nouvelle-Zélande. C’est encore avec plus de détermination qu’on va manifester aujourd’hui contre le racisme, aujourd’hui la France inspire les terroristes racistes dans le monde donc c’est important de le faire aujourd’hui à Paris qui est malheureusement devenue la capitale de l’islamophobie mondiale.
On va marcher aussi pour toutes les familles victimes, toutes les victimes de la police et de la gendarmerie et donc on sera déterminés. La riposte populaire a mis quelques temps à démarrer, un cordon de CRS les empêchant d'avancer, jusqu'à ce que Lamine Dieng prenne la parole. Nous, familles des victimes tuées, violées, mutilées, blessées par la police.
Nous, migrants, chassés, torturés, traumatisés, persécutés par l’Etat, et le système des frontières. Nous, habitants des quartiers populaires, harcelés et humiliés au quotidien par les forces de police, ciblés par le racisme d’Etat, soutenus par des collectifs, des associations, des syndicats et des partis politiques, nous marcherons ensemble, aujourd’hui contre le racisme d’Etat et les violences policières. Face à ce discours puissant, les CRS ont reculé, un à un, jusqu'à disparaître, dans la honte peut-être.
Le cortège a pu démarrer direction Opéra, où les militants pour le climat et des gilets jaunes les attendaient. C’est le point de jonction de la grande Marche du Siècle, qui a lieu ici, mais en même temps c’était aussi de montrer qu’on était dans une mobilisation large aujourd’hui avec les gilets jaunes d’une part, l’Acte 18, avec la marche des solidarités contre les répressions policières et contre les victimes des répressions policières. En ce moment même, on a la marche des solidarités qui est en train de traverser la place de l’Opéra pour prendre l’avant du cortège de la Marche du Siècle et marcher tous ensemble vers la place de la République où on arrivera vers 17h.
Stop aux violences, stop à la destruction de la nature. Peu importe notre cause on est ensemble aujourd’hui pour un même combat. [Plus chauds !
Plus chauds ! Plus chauds que le climat, on est plus chauds !] Sur la place de la République, comme tous les samedis, le Conseil national de la résistance des gilets jaunes est encore là.
Dans l’histoire, dans notre histoire commune, le conseil de la résistance ça a été un moment où un certain nombre de citoyens ont pu réunir l’ensemble des tendances politiques partis confondus pour se battre contre un ennemi commun qui était à l’époque le nazisme. C’est un message qui est envoyé pour dire écoutez, qu’on soit d’un côté ou de l’autre on doit tous être en résistance contre cette misère sociale. [et un, et deux, et trois degrés, C’est une crime contre l’humanité !] Pendant ce temps continue la bataille sur les Champs Elysées.
Faisant face à une répression dont ils ont désormais l'habitude, remplaçant votre absence de prise de décision politique. [Paris ! Debout !
Soulève-toi !] François Boulo, le gilet jaune devenu médiatique, fait le bilan de cette journée du 16 mars. Je crois qu’il est très très satisfaisant puisque nous avons été des centaines de milliers à se mobiliser sur l’ensemble du territoire français, et en particulier à Paris.
Il était grand temps d’opérer la convergence effectivement, parce que depuis 4 mois de mobilisation, malgré le fait que le mouvement des gilets jaunes est soutenu par une très large majorité des français, le gouvernement n’a apporté aucune réponse si ce n’est la répression policière. Voici Emmanuel Macron, ceux que vous n'avez sans doute pas vu du haut de votre télésiège, voici ceux que vous n'écoutez pas, ceux qui ne sont jamais allés au ski, ni au Fouquet's, qui veulent simplement que vous les écoutiez Monsieur Macron, que vous les entendiez. Voici « la foule haineuse » comme vous le dites, qui désormais risque sa vie pour un peu plus de dignité.
Qu'allez vous faire messieurs Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Christophe Castaner : interdire au peuple de manifester ? Ficher ceux qui osent vous contredire, continuer à frapper, à mutiler, à éborgner vos concitoyens ? Vous avez raison Monsieur Macron, ce n'était pas une manifestation, c'était un soulèvement.