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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 25 mai 2021 31 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieSantéSécurité

Conseil européen : Conférence de presse à l'issue | Emmanuel Macron

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 13:00RelanceRéponse partielle

    Les sanctions contre la Biélorussie sont-elles suffisantes face à l'inaction passée ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Avancées climatiques avant juillet ? Partage de l'effort ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Solutions temporaires pour les migrations en Méditerranée ?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Certificat numérique : risques de logiques unilatérales ? Colère policière ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:30Emmanuel MacronFait
    « Nous avons mandaté la Commission européenne et leur représentant d'un rapport qui nous sera remis au mois de juin afin de structurer cette relation de manière à pouvoir marquer notre unité face aux provocations successives. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour Mesdames, Messieurs. Nous nous retrouvons tous à nouveau à l'issue de ce Conseil européen extraordinaire des 24 et 25 mai 2021 qui a donné l'occasion, je vois que tout le monde est présent à l'écran, voilà, qui nous a donné l'occasion de nous retrouver à Bruxelles à nouveau, après plusieurs entretiens, rendez-vous et conseils par visioconférence pour aborder plusieurs sujets de l'actualité internationale d'une part, ce qui a été l'objet de la discussion d'hier soir et de cette nuit, et des grands défis auxquels l'Union européenne est confrontée, ce qui a été l'objet de la discussion d'aujourd'hui, à savoir la pandémie et le réchauffement climatique. Nous avons évoqué hier soir différentes questions d'actualité internationale, immédiates et aussi plus structurantes.

La première a été la question, évidemment, et le sujet du détournement du vol Ryanair en Biélorussie. Cet acte inacceptable, cette violation du droit international, appelait une condamnation et une réaction la plus ferme possible. Nous avons ainsi décidé de renforcer notre dispositif de sanctions individuelles et économiques, d'interdire à la compagnie aérienne biélorusse l'accès aux aéroports européens, d'inviter les compagnies aériennes européennes à ne pas survoler le territoire biélorusse, ce qui sera fait évidemment par nos compagnies aériennes, et de demander une enquête internationale indépendante.

Nous appelons également très fermement à la libération immédiate des opposants Roman Protassevitch et Sofia Sapega. Notre discussion a ensuite porté plus largement sur la question de notre relation avec la Russie. À cet égard, nous avons mandaté la Commission européenne et leur représentant d'un rapport qui nous sera remis au mois de juin afin de structurer cette relation de manière à pouvoir marquer notre unité face aux provocations successives et, au fond, de tenir avec cohérence le couple dialogue-exigence, mais de cesser de répondre simplement de manière réactive aux provocations ou aux actes d'agression.

Il est apparu à l'ensemble des États membres, et je dois dire que c'est de la conviction profonde de la France depuis plusieurs mois, que nous avons besoin de recadrer très profondément notre relation avec eux, pour ne pas être simplement réactifs mais définir une stratégie de court, moyen et long terme, compte-tenu du fait que l'espace de sécurité européen passe par une discussion exigeante avec la Russie et compte-tenu aussi de l'efficacité relative de dispositions que nous avons pu prendre durant ces dernières années. Nous sommes revenus également sur la situation au Proche-Orient et sur notre souhait que la trêve annoncée en fin de semaine dernière soit pérennisée et consolidée, notamment dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce cessez-le-feu doit permettre à l'aide humanitaire de parvenir à la population de Gaza et s'accompagner d'un apaisement des tensions dans l'ensemble des territoires palestiniens et en Israël.

La France est prête à contribuer à une relance rapide d'un véritable processus politique à travers des négociations directes entre les parties, en coordination avec l'ensemble de nos partenaires, pour avancer résolument vers un schéma qui seul permette de garantir la paix et la sécurité. Nous avons également pu, hier soir, préparer avec Charles Michel et Ursula von der Leyen le sommet qu'ils auront avec le président Biden le 15 juin prochain, après une séquence diplomatique dense entre le G7 britannique et le sommet de l'OTAN. Le renforcement, en effet, de notre relation transatlantique passe par une multitude de champs : les relations étrangères, la défense, la sécurité, le commerce, où nous avons encore des différends à régler, nous y attacherons, mais aussi le climat maintenant que Washington a rejoint l'accord de Paris, et la lutte mondiale contre la pandémie.

Hier soir a aussi été l'occasion de revenir sur deux derniers dossiers internationaux. D'une part, la situation au Mali. En effet, nous avons condamné avec la plus grande fermeté, en lien avec l'Union africaine et la CEDEAO, l'arrestation du président de la transition, de son premier ministre et de leurs collaborateurs.

Ce qui a été conduit à nouveau par les militaires putschistes est un coup d'État dans le coup d'État inacceptable qui appelle notre condamnation immédiate et aussi le fait que nous sommes prêts, dans les prochaines heures, si la situation n'était pas clarifiée, à prendre des sanctions ciblées sur les protagonistes. D'autre part, nous avons évoqué la question de notre relation avec le Royaume-Uni. En effet, nous avons collectivement réaffirmé notre volonté claire et simple de voir le texte et l'esprit des accords tout simplement appliqués, appliqués en totalité et en bonne foi.

La situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, qu'il s'agisse de nos pêcheurs, qu'il s'agisse du respect justement de notre marché commun et de la frontière avec l'Irlande, aujourd'hui font l'objet de mesures unilatérales de la part des Britanniques qui ne respectent pas les accords signés il y a quelques mois. La négociation du Brexit est derrière nous, personne ne souhaite y revenir, mais nous nous tenons prêts à défendre ses intérêts et à faire appliquer les accords comme l'Europe le fait et se doit de le faire pour l'ensemble des accords internationaux et à l'égard de tous ses partenaires internationaux. Nous n'accepterons en tout cas aucune faiblesse et, de manière très claire, nous avons réitéré hier soir notre volonté de voir les Britanniques accepter ce qu'ils ont signé en rappelant tout simplement que, si ces situations sont difficiles à gérer, c'est précisément à cause du Brexit et en aucun cas à cause de l'Union européenne.

La discussion d'aujourd'hui a d'abord porté sur la gestion de l'épidémie. La situation de l'épidémie s'améliore partout en Europe grâce aux progrès de nos campagnes de vaccination, à la maîtrise de la propagation du virus et aux efforts que font nos concitoyens. C'est pourquoi il est aussi important d'améliorer encore notre dispositif avec plusieurs décisions qui ont été actées aujourd'hui.

D'abord, améliorer notre coordination aux frontières en suivant mieux les variants, l'intensité des pays tiers, en coordonnant les réouvertures et en ayant un travail plus rapide de l'ECDC. Nous devons en effet veiller à ce que les mouvements qui vont progressivement reprendre vers des pays tiers, notamment à des fins touristiques, ne s'accompagnent pas de l'importation de nouvelles formes du virus. Et la France a défendu une position ferme aux frontières à ce titre.

Nous avons aussi renforcé les mécanismes de coordination européens pour créer un frein d'urgence vis-à-vis de certains pays tiers dont la situation sanitaire s'empire rapidement, et nous nous accorderons sur une cartographie mondiale commune pour pouvoir ensemble suivre le développement de variants partout dans le monde. C'est absolument clé au moment où nous sommes en train de rouvrir, comme je l'évoquais. Le deuxième point qui a été évoqué à ce titre de la coordination, c'est le certificat vert européen qui permettra à chacun de fournir dans tous les États membres une preuve de sa vaccination, d'un dépistage récent ou d'un rétablissement de la maladie.

Je veux saluer sur ce sujet en particulier les efforts faits par la présidence portugaise et l'aboutissement des discussions avec le Parlement qui nous a permis d'avancer très concrètement sur un sujet de vie quotidienne pour notre continent et est une clé de la réussite de cette réouverture estivale. Nous avons évidemment enfin parlé des vaccins puisque nous savons que nous ne reviendrons pas à une situation normale tant que nous n'aurons pas vacciné le maximum de notre population pour atteindre l'immunité collective et surtout que nous n'aurons pas aidé à faire vacciner le reste du monde. À ce titre, vous le savez, nous avons une politique d'achat et de précommande, y compris pour les semestres à venir, qui a été à nouveau discutée, validée, mais aussi une politique de solidarité dont je veux ici rappeler les termes.

D'abord, et nous l'avons défendu, permettre l'export de nos produits de santé, vaccins comme substances essentielles. L'Europe y est attachée, elle le mène depuis le début mais elle invite tous les pays à respecter cette règle. Ensuite, cela passe par le transfert de technologie que nous devons faciliter pour renforcer la production dans les pays en développement.

C'est un mécanisme indispensable, nous souhaitons à cet égard nous appuyer aussi sur l'expertise du Medicines patent pool et c'est d'ailleurs dans le cadre de ce travail de transfert de technologie que je serai en fin de semaine sur le continent africain, en particulier en Afrique du Sud, pour poursuivre justement des projets industriels euro-africains en la matière. C'est aussi dans ce cadre que nous défendons, avec l'Organisation mondiale du commerce, une troisième voie en termes de propriété intellectuelle qui permette justement de lever toutes les contraintes pour faciliter le transfert de technologie, la production aux coûts les plus bas possibles des vaccins dans les pays les plus pauvres ou à revenus intermédiaires. À ce titre il s'agit, comme je l'ai rappelé plusieurs fois, de la même démarche que celle que nous avions adoptée pour les trithérapies face au VIH.

Enfin, il nous faut aussi et à très court terme avoir une politique de solidarité directe par le don de doses parce que tout ce que je viens d'évoquer prendra du temps, même si on le décide maintenant. Pour construire des capacités de production de vaccins, il faut plusieurs mois lorsqu'on a d'ores et déjà une capacité sur des technologies maîtrisées, parfois 18 mois pour des technologies qu'on ne maîtrise pas encore. À court terme, ce sont donc les dons de doses qui sont les stratégies les plus efficaces.

Sur ce point, je me félicite de notre engagement collectif dans le cadre de l'initiative ACT-A pour utiliser le véhicule dit COVAX et livrer le maximum de doses aux pays là aussi les plus pauvres et en demande. Nous avons pris un engagement qui a été annoncé lors du sommet organisé dans le cadre de la présidence du G20 de l'Italie, cette semaine : 100 millions de doses dès cette année aux pays qui en ont le plus besoin. La France s'est engagée à livrer, dans le cadre de cette initiative, à elle seule 30 millions de doses d'ici à la fin de l'année.

Et, comme vous le savez, nous avons d'ores et déjà commencé ces livraisons. Je me réjouis à ce titre que d'autres aient pu rejoindre à cette occasion notre initiative et cette volonté d'aller de l'avant. Enfin, pour ce qui est du climat, nous avions eu en décembre dernier un sommet important dans le cadre duquel nous avions décidé de renforcer notre ambition en nous engageant à réduire d'au moins 55 % nos émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2030 et atteindre la neutralité climatique en 2050.

Ces engagements importants doivent à présent se matérialiser par différents instruments et le Conseil d'aujourd'hui a permis un échange informel avec la Commission qui nous a présenté l'architecture des propositions qui seront soumises en juillet et des mécanismes du Green Deal, qu'il s'agisse d'ailleurs des mécanismes de tarification, de financement, de réglementation. Nous avons eu pu avoir un débat sur ce sujet et conforter à la fois ces ambitions, la volonté d'avoir une approche qui soit la plus efficace possible sur le plan climatique et la nécessité de gérer la transition de la manière la plus juste et efficace. Cette discussion avait simplement pour but de donner des orientations pays par pays à la Commission dans le cadre de la finalisation de ces travaux dans les prochaines semaines.

Il y aura ensuite des échanges qui seront faits sur la base de simulations, un texte qui sera ensuite soumis en juillet. Les conclusions, si je puis dire, ne sont pas ce qui est le plus éloquent sur ce sujet. C'était davantage la discussion d'aujourd'hui avec la présidente de la commission.

Voilà, en quelques mots, les points sur lesquels je souhaitais revenir avant de répondre à vos questions. Bonjour à tous. Je précise que nous allons prendre quatre questions, la première revenant à Julien Gasparutto, de France TV.

Bonjour Monsieur le Président, merci de prendre cette question. Une question sur les mesures prises hier suite au détournement d'avion en Biélorussie. Cela fait déjà des mois qu'il y a des dizaines de dirigeants qui sont sanctionnés en Biélorussie sans que cela ait vraiment un effet sur une remise en cause du pouvoir en place.

Vous appelez également la libération du journaliste qui a été arrêté dimanche. Mais, si on fait un parallèle avec la Russie, cela fait aussi des semaines que l'Union européenne réclame la libération d'Alexeï Navalny, des appels qui restent pour l'instant sans réponse. Donc on a le sentiment que ces mesures, finalement, restent assez faibles et qu'elles n'auront qu'une portée limitée.

En quoi vous pensez que les mesures qui ont été décidées hier vont vraiment changer quelque chose en Biélorussie ? Merci beaucoup. Juste, pour que ce soit clair pour moi, vous auriez en tête quel autre type de mesure ?

Julien, vous nous entendez ? Vous m'avez entendu ? Je n'ai pas entendu, pardon.

Je dis juste, pour que ce soit clair pour moi, pour bien vous répondre, vous auriez en tête quel autre type de mesure ? Je vous pose la question. C'est juste un constat.

Au vu des mesures qui ont été prises par le passé, on voit que ça n'a pas eu de conséquences vraiment très concrètes. Mais qu'est-ce qui vous apparaîtrait comme des mesures, pour que je vous dise pourquoi on les prend ou on ne les prend pas, quelles sont les mesures qui vous apparaîtraient comme beaucoup plus efficaces à l'égard de la Biélorussie ? Moi, c'est moi qui vous pose la question.

Selon vous, en quoi vous pensez que les mesures que vous preniez hier sont concrètes et en quoi vous pensez qu'elles vont changer les choses en Biélorussie ? D'abord, c'est sans doute qu'il n'est pas si évident de voir des mesures qui seraient beaucoup plus efficaces, vous en conviendrez avec moi et donc, sauf à vouloir rentrer dans un conflit plus direct, les mesures de sanction restent celles qui sont à la fois le plus ciblé et le plus efficace, et le fait que vous me renvoyiez à votre question le démontre à lui seul. Deuxième chose, nous avons en effet décidé des sanctions ciblées et économiques et ça c'est une montée, c'est-à-dire pas simplement des sanctions sur quelques dirigeants qui sont de toute façon confirmées et qui seront renforcées, mais des sanctions sur des secteurs économiques qui ont vocation, et c'est ce sur quoi la commission va travailler et qui sera soumis aux conseils compétents, des sanctions qui permettent justement, sur les secteurs qui sont les plus proches du pouvoir et des milieux du pouvoir, d'avoir des conséquences économiques directes.

Après, ce que vous dites est très juste : aussi bien sur la Biélorussie que sur la Russie, aujourd'hui, nous sommes à la limite des politiques de sanctions. Donc la question sur le plan stratégique doit nous être posée. Simplement, quand je vous renvoie la question, ce n'est pas simplement parce que je fais une facétie, c'est parce que ça n'est pas évident de dire : qu'est-ce qu'on fait derrière ?

Vous-même, vous ne savez pas le dire. Parce que dans ces cas-là, on déclenche un conflit armé ? On rompt complètement les relations ?

On l'a déjà fait ! On va encore plus loin, mais vers où ? C'est ce qui démontre bien, c'est ce qu'on plaide d'ailleurs depuis deux ans, qu'avec la Russie, la politique des sanctions progressives sur des situations gelées n'est plus une politique efficace.

C'est aussi pour ça qu'on a demandé cette revue pour le mois de juin, qui, à mes yeux, doit nous conduire à regarder quelle est aujourd'hui la stratégie de la Russie dans la région, et quelle est la réponse efficace des Européens ? Je pense qu'à très court terme, il n'y avait pas de réponse plus efficace face à ce qui s'est passé d'inacceptable en Biélorussie : donc l'enquête de l'OSCE déclenchée, je pense que les mesures de restriction des vols, en particulier de survols de l'espace européen, sont extrêmement mordantes sur le système biélorusse, et puis enfin des sanctions additionnelles. Est-ce que cela sera suffisant ?

Je ne sais absolument pas vous le dire aujourd'hui. Je pense que cela aura plus d'impact que ce que l'on avait pris jusque là, parce que c'est plus dur, et le caractère inacceptable de ce qui s'est passé dimanche matin le justifie. Maintenant, comme vous, je pense que nous sommes à un moment de vérité dans notre relation avec la Russie, qui doit nous conduire à repenser les termes de la tension qu'on décide d'installer.

Donc ce n'est à mes yeux qu'une étape. Question de Fanny Roux, de Contexte. Vous m'entendez ?

Oui, on vous entend. Bonjour, Fanny Roux de Contexte. J'avais deux petites questions sur le climat.

Dans quelle mesure le Conseil européen va-t-il avancer sur les questions climatiques avant les propositions législatives de la Commission mi-juillet ? Est-ce que vous comptez faire aboutir le débat d'ici là, ou est-ce que ce sera dans un temps plus long ? Et, corollaire, est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus sur la substance des discussions sur le climat, et en particulier sur ce qui a été, je crois, l'un des sujets principaux, le partage de l'effort ?

Je vous remercie. Sur le premier point : non, il n'y aura pas, si je puis dire, d'avancée au Conseil européen, puisque, précisément, nous attendons maintenant la copie de la Commission, qui sera remise en juillet. Par contre, il y aura des échanges, et un travail qui sera fait avec les ministères, coordonné par la Commission dont c'est la compétence, et éclairé par les discussions d'aujourd'hui.

Donc maintenant, ce qu'on attend, c'est qu'en quelque sorte la matrice complète soit définie par la Commission européenne sur la base de nos échanges, et que, sur cette base-là, on puisse faire les simulations pour regarder les efforts qui sont demandés, à la fois par pays, mais aussi par secteur économique, regarder leur soutenabilité, les choix industriels qu'ils imposent et les mécanismes d'accompagnement, envers en particulier les pays pour qui les efforts et les conséquences sociales de ces efforts sont les plus importants. Ensuite, la discussion, pour répondre à votre deuxième question : elle s'est structurée comment ? D'abord, le rappel de nos objectifs : moins 55 % en 2030 ; neutralité carbone, 2050.

Et pour arriver à cela, on a, on le sait, plusieurs blocs. On a les grands choix industriels qui sont d'ores et déjà posés sur les renouvelables, sur l'hydrogène, sur le offshore, sur la mobilité. On a ensuite les mécanismes d'accompagnement et d'investissement, les perspectives financières, le Just Transition Fund, les émissions de green bonds et l'ensemble des dispositifs financiers, la sustainable finance.

Et puis on a un troisième bloc que sont les éléments de prix et de régulation, avec deux catégories : le marché européen carbone et ses échanges, ETS, et le partage de l'effort par État. Là, la Commission a simplement esquissé quels seront les mécanismes pour accroître nos exigences sur ces deux piliers, qui correspondent à peu près moitié-moitié, un peu plus pour le premier bloc, aux émissions de CO2 aujourd'hui. Ce qui veut dire qu'on va entrer dans une stratégie où, d'un côté, on va augmenter le prix du carbone, on le sait bien, sur les ETS.

On aura un sujet particulier sur Transport maritime/Transport aérien. Et on aura à côté de ça des mécanismes d'accompagnement, en particulier les mécanismes d'inclusion carbone à nos frontières pour éviter la concurrence déloyale. Tout cela fait partie de ce qui sera scandé dans les prochains mois, donc présenté de manière complète par la Commission en juillet, et ensuite donnera lieu à un travail législatif qui en découlera.

Ensuite, sur la répartition de l'effort, et donc le deuxième volet, c'est une approche par secteur qui va être conduite, où on va modifier les éléments de tarification et les taux d'effort qui sont demandés secteur par secteur. C'est là où il faut regarder évidemment la contribution de chacun d'entre eux, les mécanismes d'accompagnement que cela suppose, et les investissements que cela requiert État par État. C'est typiquement comment on accroît la contribution d'un secteur comme celui de la construction à la réduction du CO2, comment on prend en compte nos efforts en matière de reforestation dans cette lutte contre le CO2.

Et c'est ce deuxième cadre qui sera aussi posé pour juillet. Donc la Commission a présenté l'ensemble de ce cadre, à ce stade sans chiffre déclinant, si je puis dire, ces instruments, et avec juste la démarche d'ensemble. Chacun a exprimé sa vision.

Les prochaines étapes, c'est que, dans les prochaines semaines, la Commission va commencer à entrer dans les détails et présenter des schémas plus précis qui permettront d'avoir ces fameuses simulations par secteur et par pays. Une question de Marco Bresolin, La Stampa. Bonjour, Monsieur le Président.

Marco Bresolin, du journal italien La Stampa. J'ai une question sur un sujet qui n'était pas à l'ordre du jour du Conseil, mais qui a été abordé lors du dîner hier soir, parce qu'il y a des leaders qui ont soulevé la question de la gestion des migrations en Europe. On sait que vous en avez parlé aussi ce matin pendant votre petit-déjeuner avec le premier ministre italien Mario Draghi.

Donc je veux savoir comment vous avez décidé d'agir pour chercher une sorte de solution à ce problème, pas seulement sur le volet extérieur, on sait que vous voulez travailler avec l'Italie en Afrique, mais il y a aussi le volet interne, les discussions pour la réforme du droit d'asile et pour le pacte migration. Ils ne vont pas assez vite, donc je veux savoir si, avec le premier ministre italien, vous avez aussi discuté de l'option d'une solution temporaire en attendant la réforme du plan, peut-être en suivant le chemin que vous avez pris il y a un an et demi ou deux ans avec l'accord de Malte pour une répartition des migrants qui arrivent sur les côtes italiennes et quelques autres pays de la Méditerranée, avec les États membres qui, de façon volontaire, veulent accepter une redistribution des migrants. Est-ce qu'il y a cette option d'une nouvelle solution temporaire ?

Merci. Le président du Conseil italien a évoqué hier soir la situation migratoire, qui se dégrade à nouveau en route de Méditerranée centrale. Le président du Conseil des ministres espagnol a évoqué aussi la situation à sa frontière avec le Maroc.

Et nous avons eu une discussion très préliminaire sur les sujets migratoires, sur lesquels nous reviendrons lors du conseil du mois de juin. Je pense que nous nous mentirions à nous-mêmes en pensant qu'au mois de juin, nous allons résoudre le paquet migratoire dans sa totalité. Les désaccords sont encore trop profonds, et le sujet doit encore être préparé.

Il n'y a pas eu, dans les discussions d'hier soir, ni dans la bilatérale que nous avons eue avec Mario Draghi ce matin, de discussions sur des accords de répartition intergouvernementaux. Par contre, nous avons acté premièrement d'avoir une discussion en juin cherchant à trouver des conclusions pratiques sur le volet externe. Ça, je pense que c'est le plus important, et c'est ce sur quoi il est réaliste de penser que l'on peut obtenir une solution, c'est-à-dire les relations avec les pays d'origine de transit des migrations et une meilleure protection de nos frontières communes.

Je pense que c'est très important, en juin, d'avoir des mécanismes qui soient robustes et vraiment communautaires, pour justement ne pas retomber dans la situation qu'on a connue il y a deux ans, qui sinon d'abord mettrait beaucoup de pression sur les pays de première arrivée, ensuite créerait beaucoup d'aléas dans la répartition des choses, et ferait que cela devienne une question intergouvernementale alors que ça devrait être une question communautaire où chacun prend sa part de solidarité. Le deuxième élément que nous avons aussi défini ensemble, c'est d'avoir une politique extrêmement coordonnée et totalement partenariale sur le dossier libyen. Nous avons eu une longue discussion sur ce volet avec Mario Draghi.

Notre souhait, c'est d'avancer main dans la main pour justement améliorer tout ce que nous pouvons faire pour la stabilité politique, militaire et économique, mais aussi la maîtrise des routes migratoires en Libye, prévenir les arrivées, reprendre les politiques de formation des garde-côtes et la prévention, justement, des migrations qui conduisent à des conditions de détention inhumaines en Libye, et surtout à des risques considérables qui sont pris par les migrants sous la pression des trafiquants en Méditerranée. Voilà les deux conclusions concrètes de court terme sur lesquelles nous sommes tombés d'accord hier soir et ce matin, avec ce rendez-vous de juin dans le cadre du Conseil. Question de Bastien Auger, de TF1-LCI.

Bonjour, Monsieur le Président. J'ai deux petites questions. D'abord sur le certificat numérique : l'accord qui a été trouvé jeudi laisse la possibilité aux États, en cas de...

Vous avez été coupé ! Est-ce qu'il est possible de retrouver Bastien, ou on passe à...

Il semble que vous avez été coupé dans votre élan. Pardon, vous êtes revenu ? Vous avez été coupé après " le certificat..., là, on vous entend à nouveau.

J'ai compris que, sur le certificat, votre question, c'était...

C'était : est-ce que on ne risque pas très rapidement de retourner à des logiques unilatérales à partir du moment où on laisse la possibilité aux États de remettre des quarantaines selon le contexte sanitaire. Et ma question de politique nationale portait sur la colère des policiers. Est-ce que vous comprenez cette colère ?

Est-ce qu'il faut y répondre ? Est-ce que, en tant que garant des institutions, vous y voyez une remise en cause de la justice ? Et est-ce que vous approuvez l'attitude de votre ministre de l'Intérieur, qui va devant la Justice pour répondre à une polémique politique ?

Merci beaucoup. Sur le premier sujet : le certificat, comme je le disais, a pour but de coordonner les réouvertures, en garantissant justement de préserver dans les différents États membres la maîtrise de l'épidémie, en ayant donc une information que chacun donnerait, qui permettrait de savoir soit si vous avez été vacciné avec des vaccins reconnus, soit que vous avez fait l'objet d'un test PCR récent et donc négatif, soit que vous avez fait la maladie et que vous en avez donc les anticorps. Ça, c'est la base.

Notre souhait, c'est maintenant d'accélérer la mise en oeuvre pour le rendre totalement opérationnel et permettre une réouverture organisée aussi avec les États non européens qui veulent pouvoir reprendre le tourisme, ce qui est important pour certaines régions comme pour certains secteurs. Dans ce cadre-là, il nous faut en effet, c'est ce que j'ai pris soin de rappeler, harmoniser aussi nos règles de circulation avec les États tiers, en particulier lorsqu'ils sont encore classés " rouge " ou " écarlate ", ça dépend des codes de couleurs qui sont donnés par les uns et les autres. Donc vous avez raison, le certificat à lui seul ne garantit pas la parfaite coordination.

Le certificat permet d'avoir des règles claires communes, mais il faut à côté de ça que nous puissions harmoniser nos règles de circulation et de réouverture. C'est un sujet qui est différent de celui du certificat vert européen, de réouverture avec certains États quand il y a une incidence très forte ou la présence très forte de certains variants. C'est pour ça que la France a appelé à ce qu'il y ait une coordination plus étroite et rapide de l'ECDC, et à ce que, en particulier dans les pays où il y a une très forte incidence ou une très forte présence de variants, on réharmonise nos politiques.

Ce sont deux choses différentes, mais elles sont très complémentaires. Si on veut vraiment à la fois une bonne protection et une bonne coordination, il faut faire les deux. Le certificat ne suffira pas.

Pour ce qui est du deuxième point, je n'ai pas l'habitude ici de commenter la vie politique française. J'entends toutes les colères. Je dis simplement que nous ne tolérerons aucune facilité, nous ne tolérerons aucune violence à l'égard de celles et ceux qui se sont engagés pour garder la paix dans notre pays, c'est-à-dire l'État de droit, l'État républicain, et que le seul chemin auquel je suis attaché, c'est précisément celui du bon fonctionnement des institutions républicaines, chacune pour elle-même, et entre elles.

C'est cela que nous devons préserver, et c'est ce que je m'attacherai à préserver. Je vous remercie, la conférence de presse s'achève ici. Merci à tous, et bonne journée.

Bon courage à toutes et à tous.