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interviewBFM TV (sur YouTube)· 20 janvier 2026 18 min

Budget, 49.3, Groenland...L'interview de Jean-Philippe Tanguy (RN) en intégralité

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy, député RN. Bonne année encore, tout à fait, ne nous privons pas.

Elle commence très fort quand même cette année, on peut le dire. Alors, il y aura sans doute un budget finalement. 49-3 aujourd'hui.

Vous-même, vous êtes député RN de la Somme, membre de la Commission des Finances, le monsieur budget et économie du RN. Je vais évidemment vous faire réagir à ce fameux budget qui atterrit donc aujourd'hui avec ce 49-3. Mais je voudrais d'abord vous interroger sur les déclarations fracassantes de Donald Trump cette nuit qui menacent la France d'imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et les champagnes français.

Est-ce qu'il faut prendre au sérieux cette question-là ? Et est-ce que notre économie, au fond, au moment même où on est en train de tenter de trouver un cadre budgétaire, n'est pas déjà fragilisée Oui, malheureusement, vous avez raison. Il faut prendre au sérieux ce que dit Donald Trump depuis le début.

C'est vrai que le commentaire de la campagne de Donald Trump, de la première campagne, de la deuxième surtout, était assez consternant parce qu'au lieu de se préparer éventuellement à l'arrivée au pouvoir de quelqu'un qui voulait utiliser les droits de douane, qui voulait faire de la réelle politique la plus durement possible. On se retrouvait, il faut bien le dire, en tout cas le gouvernement de M. Macron et le reste de l'Europe désemparé face à quelqu'un qui assument des positions très dures pour ses alliés.

Et on voit bien que se soumettre, parce que M. Macron, sur le cas du Venezuela, a été très complaisant et en tout cas n'a pas du tout défendu la tradition, comment dire, d'habitude de la France sur l L'indépendance nationale, ça ne l'apporte aucun avantage. C'est-à-dire que se soumettre comme le Danemark, qui était un des alliés les plus alignés sur les intérêts américains depuis la guerre froide, ça ne lui a pas apporté d'une protection particulière par rapport aux Etats Il faut toujours défendre strictement ses intérêts, son indépendance et son honneur en politique internationale.

C'est-à-dire faire des compromissions en pensant que s'affaiblir ou s'appauvrir va vous donner des avantages ça ne fonctionne pas donc il faut tenir il faut tenir et ça va sans doute effectivement être difficile pour une économie française qui a déjà des difficultés parce que je pense que donald trump sauf si la cour suprême intervient pour mettre fin à ses droits de douanes unilatéraux et la décision est imminente du côté des états unis il va falloir tenir parce qu'on ne va pas céder évidemment on n'a pas s'abaisser ça veut dire quoi tenir concrètement j'en disangui est-ce que ça veut dire qu'il faut qu'on soit prêts nous à à augmenter du même genre de proportions les droits de douane sur les produits que nous importons des Etats-Unis, quitte à ce que ça fasse monter l'inflation, parce qu'il faut quand même dire les choses. Tout cela fera monter l'inflation pour les consommateurs et les frais Sur les importations américaines, je ne suis pas sûr qu'il y ait de l'inflation importée par rapport aux catégories de produits qu'on importe et aussi au bénéfice des réseaux sociaux. Parce qu'en fait, le grand enjeu de la balance commerciale Etats-Unis, France, c'est beaucoup de services numériques, beaucoup de logiciels, beaucoup de brevets de valeurs intellectuelles au quotidien.

Vous ne consommez pas beaucoup américains, vous n'acherez pas beaucoup de Made in America. Vous allez peut peut-être consommer McDonald's et il y aura une licence, il y aura des royalties que McDonald's paie aux Etats-Unis par exemple. C'est beaucoup, vous voyez, d'une forme d'immatérialité.

Mais alors du coup on fait quoi ? C'est-à-dire que ce qu'on m'en parle, vous dites, il faut tenir. Non mais si, déjà je vous me De moment, est-ce qu'il y aura de l'importation importée ?

Si vous parlez de McDonald's, prenons l'exemple de McDonald's, évidemment emblématique. Mais en même temps, la réalité, c'est que McDonald's en France, ce sont des entreprises françaises avec des patrons français. Ce sont des franchises, ce sont des employés français.

Est-ce que vraiment on a les moyens de résister sans nous tirer à nous-mêmes une balle dans le pied ? Non mais au contraire finalement, parce que vous voyez l'affaire de McDonald's, donc on verse des royalties essentiellement aux Etats-Unis. C'était l'enjeu de la fameuse mesures de lutte contre la fraude fiscale qu'on nous a tout reproché, que Madame de Montchalin, je l'ai encore entendue hier matin chez vous, nous a reproché d'avoir voté une taxe de 16 milliards d'euros.

Ce n'était pas une taxe, c'était une mesure de justice fiscale qui obligeait les entreprises américaines, les multinationales américaines a payé leur juste impôt en France. Or elles s'organisent massivement pour ne pas payer leur juste impôt en France. L'idée c'est d'abaisser le seuil.

Ce que vous avez voté, c'était un amendement de la France insoumise avec l'idée de baisser le seuil de déclenchement de l'impôt au minimum sur les bénéfices des multinationales. Exactement, parce qu'en fait elle ne paie pas le même impôt que les entreprises françaises, grandes ou petites d'ailleurs. Donc si on applique, c'est même pas une mesure de rétorsion là, c'est juste la justice officielle.

Bon, on ne peut pas plus énerver les Etats-Unis, de toute façon ils sont déjà sur une attitude hostile. Donc appliquons des mesures de justice, d'ailleurs c'était prévu par les règles de l'OCDE, Donald Trump s'est retiré l'été dernier de ses règles de justice fiscales et il faut appliquer ces mesures parce que ce sera bénéfique en en fait, pour la France et pour l'Europe d'une manière générale. Elle doit se réarmer.

Vous voyez bien que quand Mme Verda Leyen va à Washington, fait un accord extrêmement défavorable à l'Europe, en pensant que faire plaisir aux Etats Vous parlez du Mercosur ? Non, vous savez de l'accord commercial qui est allé négocier quand M. Trump a menacé déjà de rétorsion et de droits de douane extrêmement importants.

Mme Vendelayen a été si faible sur les intérêts européens, que l'accord que nous avons négocié était moins favorable que l'accord que la Suisse a obtenu. Donc si la Suisse, que je respecte énormément mais qui est un petit pays avec une petite population, arrive à négocier un meilleur accord parce qu'il ne lâche rien par rapport à von der Leyen, c'est que la stratégie européenne envers les Etats-Unis...

Il faut sortir le fameux bazooka comme on dit, c'est-à-dire ces mesures de rétorsion. Pour vous, vous y êtes favorable et il faut le faire vite ? Oui, il faut le faire vite, oui.

L'Europe ne sait pas agir vite. Mais là, il faut le faire vite. C'est ce qu'a dit Jordan Bardella sur le cas du Groenland.

On ne peut pas laisser un de nos alliés se faire attaquer de cette façon. On ne peut pas laisser une part...

Ce n'est pas le territoire de l'Union Européenne, mais c'est un territoire associé à l'Union européenne être littéralement achetée ou littéralement envahie, même si c'est un allié, parce que ce sera une nouvelle étape dans ce nouveau désordre mondial où la loi du plus fort n'existe sans limite. Alors on va me dire « oui, c'est naïf, il y a toujours eu la loi du plus fort ». Oui évidemment, moi je fais partie de l'école et le Rassemblement National fait partie de l'école de la réelle politique.

On n'est pas iréniste, on ne croit pas que le droit résout toutes les solutions. Mais le droit encadre la loi du plus fort encadre les rapports de force et permet de réguler ce qui sinon ne l'est plus du tout. Il n'y a plus aucune limite.

Ce qu'on dit, le Venezuela, c'est normal de se débarrasser de Maduro, c'est un dictateur, c'est un salaud. Oui bien sûr, c'est un dictateur et on est mieux sans lui qu'avec. Mais vous voyez bien que dès qu'on franchit une limite, tout tombe les uns après les autres et on se comporte avec le gentil Danemark comme ils se sont comportés avec le méchant Venezuela.

Jean-Philippe Tanguy, pendant ce temps-là, 49 .3 cet après après-midi, engagé par donc Sébastien Lecornu. Est-ce que vous vous dites quand même au fond de vous enfin ?

Non pas du tout. Pas du tout parce que je comprends et d'ailleurs la dernière fois j'étais venu juste laver de Noël, j'avais alerté à ma petite place les Français en disant la stratégie de M. Lecornu est de vous épuiser, c'est de vous fatiguer, c'est de fatiguer l'opinion publique, c'est de faire traîner les choses parce qu'en fait ils auraient pu s'arranger bien avant en commission mixte paritaire avec les socialistes s'ils avaient voulu pour que l'inacceptable devienne tolérable.

C'est-à-dire que c'est vrai que les gens, moi je comprends, quand vous avez un métier, une famille, des obligations, des difficultés financières pour boucler les fins de mois, voir les politiciens qui s'agitent à Paris, qui se chamaillent, vous dites une fatigue, on n'en peut plus. Et donc on finit par dire, bon allez, on passe à autre chose. Mais le problème, c'est qu'on va avoir la copie finale.

Mais je suis sûr qu'il y aura des hausses d'impôts. Je ne vois pas comment c'est possible que les hausses d'impôts ne concernent que les multinationales. C'est ce qui s'est passé sur la sécurité sociale.

On a dit, dormez brave gens, il n'y aura pas d'impôts sur l'épargne. Et puis on a appris d'ailleurs hier que le PER, le plan épargne-retraite, serait bel et bien taxé comme le Rassemble national avait dit. L'augmentation des taxes sur l'épargne des Français, notamment le plan d'épargne-retraite avec la hausse de la CSG notamment.

Mais vous aviez dit, Jean-Philippe Tanguy, et je vous cite, vous aviez dit « Il n'y a pas d'avancée dans cette assemblée vu le poids du RN sans qu'on les vote et sans qu'on les veuille. On On fait concrètement avancer certaines promesses que les socialistes eux-mêmes n'auraient pas pu faire respecter sans nous. Alors j'avais dit ça sur les retraites, c'est-à-dire que nous les retraites on avait un engagement.

On ne va pas se dédire, nous aussi on peut gagner des mois de vie et de retraite pour des gens qui travaillent dur, on ne va quand même pas le savoter. Il y a eu des moments où ça vous arrangeait finalement que les socialistes poussent ? Non, ce n'est pas que ça nous arrange, c'est concomitant.

On ne va pas dire le contraire de ce qu'on dit aux élections pour embêter les socialistes. Sauf que nous, on ne voulait pas que ce soit payé par du déficit ou par des impôts. On a proposé des économies, alors on est d'accord, on n'est pas d'accord sur la priorité nationale.

Mais les entreprises, pour vous, c'était OK ? Parce qu'on a effectivement parlé de cet impôt sur le bénéfice des multinationales que vous avez contribué à augmenter. C'était un amendement pourtant qui venait de la France insoumise.

Pareil pour un amendement sur les rachats d'actions. Là, pour le coup, c'était de votre côté. Ça, ça avait fait hurler les entreprises.

Un autre amendement du groupe LFI également, qui instaurait, je cite, une taxe exceptionnelle sur les super dividendes. Et là, vous vous êtes abstenu sciemment pour que ça passe. Il y a quand même un certain nombre de points voulus par LFI dont vous étiez au minimum complice.

Complices, c'est des mesures...

Ce que je dis complice, c'est quand vous avez fait genre on ne vote pas pour, mais en même temps comme on s'abstient, on s'abstient, on En fait, on avait notre propre mesure pour lutter contre certains abus des dividendes. Mais nous, on n'est pas des hypocrites, on n'est pas des faux-culs, c'est-à-dire que s'il y a une mesure...

Ce n'est pas hypocrite ça de ne pas voter mais en même temps de faire en sorte que ça passe ? Non, parce que vous avez une mesure qui dans la philosophie est proche, techniquement est différente. Donc vous dites, bon, philosophiquement, je ne vais pas vous dire que je suis contre la taxation des super dividendes des surdivins, puisque c'est dans le programme de Marine Le Pen et de tous les députés qui ont été élus.

Donc ça, c'est l'attitude de la gauche ou des autres partis. de dire, oui bon le RN ils ont raison on n'est pas d'accord sur une virgule donc on vote contre. Les gens ne supportent pas ça.

Sincèrement je pense qu'ils ne le supportent pas et je pense qu'ils sont d'accord pour qu'on vote selon la philosophie et pas selon les partis. Et par contre la La condition de ces votes, Mme de Malherbe, c'était de baisser massivement les impôts sur les classes moyennes et les entreprises. Vous dites qu'on attend la copie.

Vous pensez encore qu'il est possible que les impôts sur les classes moyennes...

C'est ce qu'affirmait hier à ce micro la ministre du budget. Elle a dit que les classes moyennes seront épargnées. Elle attend de voir la copie finale.

En tout cas, sur la Sécurité sociale, elles n'ont pas été épargnées. Si tel était le cas, est-ce que vous pourriez encore ne pas voter la censure ? Ah non, mais on votera forcément la censure parce qu'il y a le deuxième aspect de tout cela c'est que les impôts n'ont pas baissé puisque la différence avec la gauche évidemment c'est que nous les quelques hausses d'impôt que l'on soutient étaient contrebalancées par des baisses d'impôts massives qui faisaient que le solde était de 20 milliards, le soldes de baisse d'impôts.

Et le deuxième aspect, c'est l'état du déficit. Alors on nous dit maintenant, vous savez, c'est toujours pareil, on présente des choses totalement délirantes et après on a l'impression qu'en reculant, c'est moins pire. Donc on dit oui, le déficit était à 5 5 ,6%, 5 ,7 % du PIB.

Ah c'est pas grave, il va descendre à 5. Mais 5 % du PIB, enfin Madame de Malheur vous vous souvenez des débats il y a 10 ans, passer les 3%, les 3 ,5 % en période de crise économique, c'était déjà scandaleux. Et maintenant on nous présente 5 % comme une mesure de bonne gestion.

Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, la dette française est en effet boule de neige. C'est quoi une boule de neige ?

Vous lancez la boule de neige ? Avec le temps, elle est grossie, elle est grossie, elle grossit. Donc la dette c'est ça aujourd'hui, on grossit de 70 milliards d'euros par an, on s'endette à des taux...

Sans rien faire, c'est ça que je voulais dire. Sans rien faire, c'est moins qu'on puisse dire malheureusement, avec des taux d'intérêt très importants qui font que la dette va étouffer les services publics de la France. On est aujourd'hui à des intérêts de la dette qui coûtent 70-75 milliards d'euros.

Mais le fait que vous censuriez ce budget ne va pas rendre les choses plus faciles. Ça veut dire qu'on accepte l'inacceptable. Nous, on n'accepte pas l'inacceptable.

Mais votre Votre censure ne va pas pour autant rendre la France plus vertueuse. Ça aura un autre effet, c'est qu'il n'y aura pas de budget. C'est ce qui fait dire à Sébastien Lecornu que vous êtes des saboteurs et des artisans du Mais ça, c'est pas possible.

Vraiment, j'ai été très choqué par le mensonge de M. Lecornu. Pourquoi ?

Les députés RN, je le regrette...

Il dit que c'est de votre faute, RN et LFI. C'est toujours de notre faute. Tout ce qui arrive en France est notre faute alors qu'on n'a jamais gouverné.

C'est comme un peu particulier. mensonge dites-vous oui c'est un mensonge pourquoi les députés RN on est 25 % on est 25 % de l'Assemblée Nationale et la petite coalition de M. Lecornu ils sont 52 % donc il faut arrêter de prendre les gens pour les imbéciles ce qu'ils ne sont pas, s 'ils s'étaient entendus, ils battaient le RN.

Si le RN a pu faire passer des choses, c'est que déjà on était plus mobilisés qu'eux, parce que par exemple les économies sur les collectivités territoriales, que tout le monde trouve scandaleux, alors qu'évidemment nous on dit, il faut baisser les dépenses des régions et des intercommunalités, on le vote et après on nous le reproche. Eux ils votent la main d'économie et ils sont capables d'assumer quoi que ce soit. Ce jour-là le groupe Assemblée Nationale à lui seul était plus présent que tous les autres groupes de l'Assemblée Nationale.

Est-ce que vous vous rendez compte que des géants qui disent « oui, c'est très grave le budget », ils ne sont même pas là pour siéger, pour honorer leur mandat. Les députés de gouvernement ne sont pas là et après ils disent que le budget c'est très grave. Ils ont été incapables, Madame de Malherbe, aussi bien à l'automne, en hiver, qu'aujourd'hui d'être suffisamment nombreux pour gagner le moindre vote.

Le moindre vote, il n'y a pas un seul vote, on en revient à votre phrase, qui n'était pas arbitré par l'ERN entre la gauche et les macronistes LR parce que c'est nous qui sommes présents et qui siégeons de manière plus nombreuse. Mais à la fin ça veut donc bien dire que vous avez une part de responsabilité, vous ne pouvez pas vous en défausser. Ah mais nous on a une responsabilité mais on assume nos votes.

Vous m'avez jamais reçu ou d'autres responsables du Rassemblement National en disant ah oui on a voté ça, on n'est pas d'accord, on n'assume pas. On assume tout. Moi, j'assume des économies sur les régions, sur les intercommunalités.

Par contre, je n'assume pas que Mme Montchalin vienne mentir à votre entête en disant qu'on a voté contre les petites communes. Parce que vous voyez cette attitude qui consiste à utiliser le malheur et les difficultés des petites communes pour protéger les barons, les métropoles, les grandes régions qui n'ont aucune difficulté qu'ils peuvent faire des économies. C'est insupportable parce que c'est toujours ce qu'ils font.

Là, ils vont faire passer le budget en disant on augmente la prime d'activité pour les personnes qui ont des salaires modestes. Ça vous est court quand même, non ? Oui, mais oui.

Mais qui peut être contre ? Oui, mais qui peut être contre sauf que bien sûr le repas en euros pour les étudiants, moi j'ai été étudiant où il y a des jours effectivement je ne mange pas sa faim. C'est vrai quand on a des difficultés.

Qui est contre ? Ok mais donc on doit accepter le fait qu'ils ne fassent pas d'économie et que le déficit soit complètement hors contrôle. C'est une manière de moralement vous faire un chantage ?

Bien sûr. Madame de Montchalin nous avait fait exactement le même coup à l'automne pour sa loi de fin de gestion. La loi de fin de gestion, je suis désolé c'est un terme technique, c'est la loi qui acte la fin de l'année budgétaire.

Donc il nous dit oui il y a 25 milliards de hausses d impôts. Vous devez accepter parce que sinon on ne peut pas payer l'allocation adulte handicapé. C'est ce qu'elle nous a dit, mot pour mot, tout le monde peut vérifier si c'était public.

Vous vous rendez compte du niveau de cynisme et dire oui, oui, vous devez accepter que le déficit soit dans le décor, qu'on augmente les impôts parce que sinon on ne peut pas payer l'allocation adultes handicapés. Mais qu'est-ce que c'est que ce comportement ? Le budget, le budget de la défense, vous le disiez à l'instant lorsqu'on parlait de Donald Trump et de la question du Groenland, vous disiez « il faut que la France se réarme, il faut que l'Europe aussi se réarme vous le savez et ils le disent si ce budget n'aboutit pas le budget de la défense qui en est l'un des sous-chapitres n'aboutira pas non plus Est-ce que de ce point de vue là vous n'avez pas une responsabilité en décidant de censurer ce gouvernement sur le budget ?

Non, parce qu'on ne peut pas céder à un chantage. C'est tout, c'est simple. Ça veut dire qu'il faudrait tout accepter, y compris les choses inacceptables qui abîment la France, parce qu'il y a une hausse du budget militaire.

On a toujours soutenu les hausses du budget militaire, mais c'est au gouvernement d'être responsable en ne présentant pas des mesures de déséquilibre. Des mesures de déséquilibre, Madame de Malerbe, qui correspondent à ses engagements, ils ont été élus sur le redressement des finances publiques et après ils nous reprochent à nous de vouloir tenir les finances publiques. Pour vous, les 5%, c'est-à-dire lorsque Amélie de Manchalin affirme ici même hier que ce budget respectera effectivement 5 % de déficit, ça n'est pas suffisant.

Et ce n'est pas du tout suffisant parce que la dette continue d'augmenter. Ça veut dire que l'année dernière, vous recevrez celui qui sera ministre des Comptes Publics ou elle, si c'est madame de Montchalin encore, qui viendra pleurnicher sur le fait que les intérêts augmentent. Ils augmenteront là !

C'est mathématique, c'est imparable. Aujourd'hui ce budget fait que l'année prochaine on votera plus d'intérêts de la dette qu'aujourd'hui. Autre point, la question des impôts des plus riches.

Éric Lombard, l'ancien ministre de l'économie, affirme que des milliers de contribuables très fortunés ne payent pas ou presque pas d'impôts sur le revenu. La ministre du Budget dit c'est Il est faux, il paye tout de même une partie et ceux qui effectivement étaient cachés dans une holding ou mélangés à des biens soi-disant professionnels pour échapper à l'impôt sur le revenu, nous les avons traqués et des Désormais ça ne sera plus le cas. Qui dit vrai ?

Ah bah c'est, comment dire, c'est M. Lombard qui dit la vérité et M. Coquerel, le président de la commission des finances, il n'est pas de mon bord politique mais je suis obligé de reconnaître que moi s'il dit la vérité, il dit la vérité, il dit la Ce n'est pas qu'il ne paie rien, c'est qu'il ne paie pas, il paie une somme dérisoire par rapport à ce qu'il devrait payer.

Et on en revient à votre question sur la justice fiscale. Nous, on n'a pas voté des mesures, à part les rachats d'actions, d'augmentation des impôts. C'était des mesures qui améliorent la fiscalité pour qu'elle soit plus justes, plus durables et qu'elles soient acceptées.

Parce qu'aujourd'hui, qu'est-ce qui paie l'essentiel des impôts ? Ce n'est pas effectivement les milliardaires les plus aisés des Français, c'est les classes moyennes supérieures. C'est ceux qui, aujourd'hui, qui paient vraiment beaucoup d'impôts par rapport à ses revenus.

Proportionnellement, vous voulez dire Personnellement, c'est les classes moyennes. Vous êtes médecin, vous êtes notaire, vous êtes avocat. Alors oui, vous gagnez bien votre vie.

Vous n'êtes pas à plaindre par rapport évidemment à des gens qui ont le SMIC ou des revenus peau modeste. Mais vous payez vraiment beaucoup d'impôts et c'est un problème parce qu'effectivement les plus favorisés en paient moins et il faut rétablir cette justice fiscale. Jean-Philippe Tanguy, Marine Le Pen sera à la barre aujourd'hui.

On a l'impression que sa nouvelle défense c'est en quelque sorte faute avouée à moitié pardonner non je crois pas je crois que voilà moi je suis pas au procès donc je reste beaucoup d'humilité là dessus que marine le pen et les autres convenus d'ailleurs ont les moyens de se défendre et on l'impression de pouvoir donner leurs arguments et d'être entendus. Il faudra que le procès se passe de manière équitable. Vous pensez que ce sera le cas ?

Pour le moment, c'est le cas. Ça a l'air d'être le cas. Je n'y suis pas, mais les retours que j'ai, c'est que c'est le cas, c'est qu'on peut s'exprimer, on peut défendre des arguments, on doit se justifier évidemment, sur un certain nombre de choses.

Mais c'est vraiment un nouveau procès avec des nouveaux magistrats, aussi bien juge du siège que procureur. Et visiblement, en tout cas, les débats sont de bonne tenue. Vous êtes donc plus confiant peut-être sur l'issue Oui, oui, je ne suis plus confiant.

Mais j'ai toujours été confiant, vous le savez, parce que j'interviens régulièrement chez vous et je vous en remercie. Moi, je pense du fond de moi-même, j'ai l'intime conviction de Marielle Le Pen est innocente. Donc j'ai toujours été confiant sur le fait qu'elle arrive à prouver son innocence.

Merci Jean-Philippe Tanguy d'avoir répondu à mes questions, député RN de la Somme membre de la commission des finances vous évoquiez à l'instant Eric Coquerel LFI mais en disant qu'il avait en l'occurrence raison. Il est Il est 8h47 et vous êtes bien sur AMC BFM TV.