Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewBFM TV (sur YouTube)· 8 septembre 2024ComplaisantMixteInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprises

L'interview intégrale de Jean-Pierre Raffarin sur BFMTV

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes ancien Premier ministre et je le disais tout à l'heure, vous avez eu Michel Barnier comme ministre dans votre gouvernement. C'était il y a 20 ans. Je voudrais qu'on commence avec ses premiers pas et ses premières déclarations.

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'au fond, Michel Barnier à Matignon, c'est le retour de la politique à l'ancienne ?

  • 10:00RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'il n'y a pas malgré tout un problème ? Pardon. On est passé du Front républicain début juillet pendant les législatives à un gouvernement qui, comment dire, réussit à tenir que et seulement parce que le Rassemblement national dit qu'on jugera sur pièce, il n'y a pas de censure à priori.

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'au fond, la logique, pardon, et d'ailleurs François Bayrou le dit lui-même, n'aurait pas été de nommer l'ancien Premier ministre socialiste ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    En pleine crise politique, est-ce que ce n'est pas un drôle de timing d'aller annoncer sa candidature à l'élection présidentielle au moment où Emmanuel Macron est en grande difficulté, reçoit des responsables politiques pour essayer de trouver un gouvernement ?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    La première, sur les comparaisons historiques qui ont été faites. On a pu lire qu'au fond, Edouard Philippe, il faisait comme Georges Pompidou en 1969 avec le général de Gaulle. Le général de Gaulle qui était censé aller plus loin dans son mandat et qui finalement a démissionné en 1969 après avoir perdu un référendum. C'est ça la référence d'Edouard Philippe ? C'est d'être le Pompidou d'Emmanuel Macron ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Jean-Pierre RaffarinFait
    « Le président va présider et le gouvernement va gouverner, alors qu'on voit justement des images en 2004. »
  • 4:00Jean-Pierre RaffarinFait
    « Il y a un certain nombre de politiques qu'il ne faut pas changer. On a des bons résultats de la politique économique, par exemple, sur la politique des entreprises, sur les entreprises, les start-up, sur les hautes bilances, sur tout ce qui concerne l'innovation. »
  • 8:00Jean-Pierre RaffarinFait
    « Il a été dans plusieurs... Il a travaillé avec quatre présidents de la République. »
  • 12:00Jean-Pierre RaffarinPromesse
    « Nous serons amenés, dès les prochaines semaines, à indiquer au Premier ministre les lignes rouges et les mesures que nous jugeons importantes et dont la prise en compte est indispensable afin de respecter le vote de nos 11 millions d'électeurs. »
  • 16:00Jean-Pierre RaffarinFait
    « La multiplicité des promesses n'a jamais garanti l'étendue des résultats. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Vous regardez C'est pas tous les jours dimanche et tout de suite l'invité de la semaine. Bonsoir Jean-Pierre Raffarin. Bonsoir et bonsoir à tous.

Merci beaucoup d'être avec nous ce soir dans C'est pas tous les jours dimanche. Vous êtes ancien Premier ministre et je le disais tout à l'heure, vous avez eu Michel Barnier comme ministre dans votre gouvernement. C'était il y a 20 ans.

Je voudrais qu'on commence avec ses premiers pas et ses premières déclarations. Je cite, le président va présider et le gouvernement va gouverner, alors qu'on voit justement des images en 2004. Voilà, vous êtes tous les deux sur les marches de l'Elysée.

Le président va présider et le gouvernement va gouverner. C'est une sorte de raffarinade ça Jean-Pierre Raffarin ? C'est la constitution.

C'est qu'il est dit clairement que le gouvernement doit vous gouverner. Donc c'est la responsabilité de chacun qui doit être bien définie. Et dans cette période complexe où il faut et de la continuité, mais aussi des ruptures et des changements, il est clair que la responsabilité du Premier ministre doit être facile.

Souvent je raconte que pour moi, j'avais demandé à Jacques Chirac qu'est-ce que vous attendez du Premier ministre. Il m'avait dit, moi je m'occupe du régalien. Et le régalien c'est surtout la défense et les armées.

Et puis aussi trois sujets qui touchent directement les Français. Le cancer, le handicap et la sécurité routière. Et puis pour le reste c'est toi.

Et il avait ajouté jusqu'à 2 millions de personnes dans la rue. Au-delà de 2 millions, je m'en occupe. Jean-Pierre Raffarin, ça c'était pour Jacques Chirac.

Évidemment, dans la pratique du pouvoir d'Emmanuel Macron, c'était légèrement différent. C'est aussi ce que veut dire Michel Barnier. Il y a une volonté d'expliquer au président de la République que désormais c'est lui qui gouverne et qu'il faut que le président, qui a tendance à s'occuper de tout, en fasse moins.

Absolument, s'il va assumer la responsabilité. La situation est suffisamment difficile pour qu'il ait les coups d'effranche. De toute façon, il a une situation parlementaire très complexe.

Donc il faut en effet qu'il ait les coups d'effranche. Il faut un respect du régalien, un respect des fonctions présidentielles. Mais en même temps, il faut gouverner.

Dans son premier déplacement, c'était à l'hôpital Necker, Michel Barnier a dit qu'il ne ferait pas de miracle. Donc il a beaucoup mis en avant l'écoute, l'humilité, le respect. Il dit « moi je ne ferais pas d'esbrouffe ».

Est-ce qu'au fond, Michel Barnier à Matignon, c'est le retour de la politique à l'ancienne ? Je ne crois pas. C'est un retour à la politique sérieuse, sobre et solide.

Parce que ce n'était pas sérieux, sobre et solide avant ? Pas forcément suffisant. Dans toutes ces années-là, le milieu politique, regardez les débats à l'Assemblée nationale, ils ne sont pas sobres, ils ne sont pas sérieux, et ils ne sont pas solides, très souvent.

Donc heureusement, la présidente veille à ce que ça soit meilleur. Mais il est aujourd'hui clair que Michel Barnier, il est là pour agir, mais il va agir avec son tempérament, avec sa nature, et c'est quelqu'un qui respecte les gens, qui respecte les structures, donc il ne va pas faire en sorte qu'avec la communication, on va bousculer les choses. Il va essayer de bousculer avec les résultats.

C'est plus compliqué, c'est moins spectaculaire, mais dans la situation dans laquelle on est, il n'y a aucune chance que la communication, ça marche. Parce que le plus fort en communication, c'est Mélenchon. Et donc, ce n'est pas sur le match de la communication que Barnier va gagner.

Il va gagner sur l'action. Je le disais, il a été dans votre gouvernement quand vous étiez Premier ministre, et vous avez aussi été collègues ensemble. C'était entre 95 et 97, après la victoire de Jacques Chirac à l'élection présidentielle.

Regardez ce que vous disiez de Michel Barnier. Ce n'est pas bavard. Oui, il est programmé déjà.

Le logiciel, c'était étudiant-ministre. On savait qu'il serait ministre. Est-ce qu'on savait qu'il serait Premier ministre un jour ?

C'était possible. Il y en avait évidemment les ambitions et surtout les capacités. Mais quand il était étudiant, moi c'était à l'école supérieure de commerce de Paris, dans les années 70.

On était dans la même promotion. Vous étiez en école de commerce ensemble, oui. Voilà, et il était déjà conseiller général.

Et donc il était déjà un notable, quelqu'un de responsable. Donc parmi des étudiants un peu agités, il était une forme de sobriété, de solidité. Il y a une phrase qui a été soulignée dans son discours de passation.

Il a parlé des gens d'en bas. Et ça a été critiqué notamment par un certain nombre de membres de la France insoumise. Quand on entend gens d'en bas, on pense aussi à l'expression que vous aviez utilisée vous-même à Matignon, la France d'en bas.

Est-ce que c'était une erreur d'utiliser cette expression ? Est-ce que ça disait une forme de...

Certains ont dit de mépris. La France insoumise, ils sont aujourd'hui dans cette forme de radicalisation, d'extrémisme. La France d'en bas, c'est les gens qu'on n'écoute pas.

C'est les gens qui sont allés à un moment ou à un autre, dans des ronds-points, qui sont allés...

Quand j'avais utilisé cette expression, j'avais le président de Michelin à l'époque, qui m'avait écrit pour me dire « Moi je fais partie de la France d'en bas. » Il dit « Je fais de la France d'en bas, c'est la France qui n'est pas écoutée. Moi le MEDEF ne m'écoute pas à l'époque.

C'était le patronat. Et donc ils se plaignaient de ne pas être entendus. C'est ça la France d'en bas.

C'est ceux qui ne sont pas écoutés. Ce n'est pas quelque chose de méprisant, ce n'est pas une catégorie sociale. Et donc cette expression-là...

Au fond, on voit bien que les LFI, ils sont en train de radicaliser tout. Je dirais que c'est peut-être la chance de Barnier. Car son opposition est marquée aujourd'hui par l'extrémisme.

Ils ont dévoré la social-démocratie. En fait, avec cet épisode, d'une certaine manière triste, de Cazeneuve à Matignon, finalement, l'extrémisme a dévoré le centre-gauche. Et finalement, l'opposition de gauche à Michel Barnier va être une opposition radicale.

Et je ne crois pas à la radicalité en France aujourd'hui comme message politique. Et on va parler dans un instant de ce qui s'est passé autour de Bernard Cazeneuve, aussi du Rassemblement national. Encore un mot sur le style Barnier qui dépendra bien sûr de l'espace que lui laissera Emmanuel Macron.

Est-ce que vous pensez, vous qui connaissez bien non seulement Michel Barnier, mais aussi le président de la République, qu'il est prêt à lui laisser de l'espace ? Est-ce qu'au fond, Emmanuel Macron a compris qu'une partie de son pouvoir avait disparu, devait disparaître, que c'était le message que lui avaient envoyé les Français ? Je crois qu'il l'a compris.

Vous êtes sûr ? En tout cas, on va bien voir. Parce que là, pour le moment, jusqu'à maintenant, on avait en effet souvent un exercice qui était relativement solitaire du pouvoir.

Donc on va voir s'il a changé. Mais dans ce qu'il dit à Michel Barnier, ce que dit Michel Barnier, il a de fortes libertés. Et puis, je pense que le président a compris que ça devait changer, que c'était une organisation institutionnelle différente, que la source allait être parlementaire dans bien des domaines.

Et donc, c'est un changement. Co-existence exigeante ? Je crois que, naturellement...

C'est l'expression qui est utilisée. On ne peut pas dire cohabitation, non ? Non, je pense qu'il va falloir partager les responsabilités.

Ne serait-ce que, par exemple, dans ce qui a été bien et ce qui a été mal. Il faut faire un tri. Il y a un certain nombre de politiques qu'il ne faut pas changer.

On a des bons résultats de la politique économique, par exemple, sur la politique des entreprises, sur les entreprises, les start-up, sur les hautes bilances, sur tout ce qui concerne l'innovation. Il y a des choses qu'il faut garder. Et puis, il y a des choses qu'il faut changer.

Il faut faire une rupture en matière de décentralisation. Donc, il faut de la continuité et de la rupture. Et c'est le discernement qui est une qualité de Barnier pour ça.

Un mot, vous qui connaissez les coulisses et la difficulté de composer un gouvernement. On a attendu plus de 50 jours avant d'avoir un Premier ministre. Il va falloir attendre autant pour avoir un gouvernement ?

Je ne le pense pas. Je ne le pense pas. Je pense que, d'abord, Michel Barnier sait comment ça fonctionne.

Un gouvernement, il a été dans plusieurs...

Il a travaillé avec quatre présidents de la République. Donc, il a quand même de la bouteille. Et donc, je pense qu'il ira assez vite.

Il va composer un gouvernement. Et peut-être qu'il a des solutions. Il n'est pas obligé de sortir 40 ministres d'un seul coup.

Il peut en sortir une première étape avec une première action engagée. Enfin, il a des recettes tout à fait faisables qui doivent lui permettre de résister aux difficultés de sa fonction. Et vous-même, vous pourriez rentrer au gouvernement ?

Non, non, non. Moi, c'est fini. J'ai quitté le Sénat trois ans avant la fin de mon mandat parce que je ne voulais plus faire de la politique opérationnelle après 70 ans.

D'accord. Donc, je l'ai...

Et vous lui donnez des conseils, à Michel Barnier ? Il n'a pas besoin de conseils. Jean-Pierre Raffarin, si Michel Barnier a été nommé, c'est parce que le Rassemblement National ne s'y est pas opposé, considérant qu'il jugerait sur pièce après son discours de politique générale.

Écoutez ce que disait ce matin Marine Le Pen. Nous serons amenés, dès les prochaines semaines, à indiquer au Premier ministre les lignes rouges et les mesures que nous jugeons importantes et dont la prise en compte est indispensable afin de respecter le vote de nos 11 millions d'électeurs. Si au fil des semaines, les Français devaient à nouveau être oubliés ou maltraités, nous n'hésiterons pas à censurer le gouvernement.

Nous n'hésiterons pas à censurer le gouvernement. Ça commence le chantage du Rassemblement National ? Mais je pense que de toute façon, dans cette situation, il y aura toujours une forme de chantage du Front National, de LFI, des uns et des autres.

Mais c'est souvent ça la politique, les rapports de force. Donc là, Michel Barnier...

Tous les gouvernements, Jean-Pierre Raffarin, n'ont pas vu leur destin entre les mains du parti de Marine Le Pen et de Jordan-Barnier. C'est ça la spécificité de la situation. Mais toujours entre les mains du Parlement quand même.

Quand il y a des majorités, c'est plus facile. Mais même à l'intérieur des majorités, il y a quand même eu des batailles. Non plus.

Et donc, il y a quand même dans l'histoire toujours un travail parlementaire qui fait qu'un Premier ministre, son avenir dépend en grande partie de sa relation avec le Parlement. Donc le travail de Michel Barnier est particulièrement compliqué. Cela dit, il n'a pas été nommé parce que le Front National ne voulait pas faire de motion de censure.

Il a été nommé. Non, non, pas du tout. Il a été nommé.

Xavier Bertrand, Marine Le Pen avait dit qu'il le censurerait. Bernard Cazeneuve, pareil. Et à la fin, l'Élysée même a dit que le critère de la stabilité institutionnelle prévalait.

Et c'était pour cela qu'il était nommé. L'instabilité, c'est sa qualité, ce sont ses aptitudes, c'est son passé. C'est qu'il a toujours été au bout des chemins quand il était commissaire européen.

Il a fait les réformes qu'il devait faire. Quand il a été ministre de l'Agriculture, de l'Environnement, il a eu beaucoup de fonctions aux affaires étrangères. Donc il a montré que c'était quelqu'un, un, qui savait négocier, deux, qui savait dialoguer.

Et c'est quelqu'un qui a ce respect qui est nécessaire aujourd'hui. J'entends les qualités que vous listez de Michel Barnier. Est-ce qu'il n'y a pas malgré tout un problème ?

Pardon. On est passé du Front républicain début juillet pendant les législatives à un gouvernement qui, comment dire, réussit à tenir que et seulement parce que le Rassemblement national dit qu'on jugera sur pièce, il n'y a pas de censure à priori. Vous le verrez, ça.

Parce que vous présumez que la motion de censure va arriver tout de suite comme ça. Vous savez, c'est très difficile. La boule s'en déposera une.

Oui, attendez. Ce n'est pas si facile que ça d'avoir une majorité sur une motion de censure. Je vous assure, parce que la motion de censure, elle se fait aussi sur des idées.

Et si Michel Barnier porte de fortes idées pour l'opinion publique, s'il porte des réformes qui intéressent l'opinion publique, ce ne sera pas facile de censurer un gouvernement positif et constructif. Et donc, si l'attitude de Michel Barnier est comprise par le pays, construit, ce ne sera pas si simple que ça de faire des motions de censure. Et vous pensez vraiment que le Rassemblement national fera le cadeau à Michel Barnier de, par exemple, ne pas le censurer au moment du vote du budget ?

Ça dépend de ce qu'il proposera sur un certain nombre de sujets comme la sécurité ou l'immigration. De toute façon, c'est le fonds qui va gagner. Mais ça dépendra bien du vote de Marine Le Pen et des députés du Rassemblement national.

Le lendemain du Radio-Républicain, le surlendemain de LFI, par définition, quand vous avez des groupes comme ça, personne à lui seul ne peut renverser. Donc la question, ce n'est pas la question, c'est est-ce que je trouve une majorité pour renverser ? Et là, on verra que ce n'est pas si simple que ça, trouver une majorité.

Il faudra voter avec le FN, il faudra voter avec LFI. Vous pensez qu'il va tenir plus de deux mois ? Écoutez, je pense qu'il a les capacités à tenir.

On va avoir...

Vous savez, la politique, c'est quelque chose qui se fait avec les Français. Et donc, si les Français comprennent, si les Français adhèrent, vous verrez que ce sera plus difficile de les déstabiliser. Ce qui compte, c'est que les Français comprennent, et ça, j'espère qu'ils le comprendront, mais il faut que Michel en apporte la preuve, il est constructif.

Et qu'aujourd'hui, si on n'a pas cette logique de construction, on aura une logique de destruction, ce qu'est l'objectif de Mélenchon. Jean-Pierre Raffarin, vous évoquiez tout à l'heure Bernard Cazeneuve. Ce midi, François Bayrou, patron du MoDem chez nos confrères d'RTL, assumait de dire qu'il aurait préféré que Bernard Cazeneuve soit nommé.

L'ancien Premier ministre, qui d'ailleurs s'est exprimé sur ses réseaux sociaux, voilà ce qu'il dit, il cite Mindest France. La multiplicité des promesses n'a jamais garanti l'étendue des résultats. Mieux valent des propositions provisoirement incomplètes, mais honnêtement adaptées aux possibilités que les panneaux réclament dont on a abusé.

Visiblement, il y a un peu d'amertume côté Bernard Cazeneuve. Est-ce qu'au fond, la logique, pardon, et d'ailleurs François Bayrou le dit lui-même, n'aurait pas été de nommer l'ancien Premier ministre socialiste ? Franchement, à partir du moment où le Parti socialiste vote contre Cazeneuve, à partir du moment où sa famille politique est contre, il ne peut pas aller à Matignon.

Il est évident qu'on représente toujours une famille politique, on représente toujours une base politique. C'est un peu facile de mettre la responsabilité sur la gauche. Emmanuel Macron aurait décidé compte tenu du résultat des élections d'assumer et voter Bernard Cazeneuve.

Comment vous dites ça ? C'est un peu facile. Faire siffler dans une enceinte politique, faire siffler ses propres camarades politiques, qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Ce n'est pas quand même quelque chose de...

J'ai rarement vu ça, moi. La préférence à ce qui s'est passé aux universités de rentrée Clémentine-Otarin qui a combattu Cazeneuve ? Les socialistes.

Vous pensez vraiment Jean-Pierre Raffarin qu'Emmanuel Macron...

Les socialistes se sont fait dévorer dans cette affaire et nous le regrettons, nous se sont fait dévorer par l'extrême-gauche. Vous pensez vraiment qu'Emmanuel Macron avait envie de nommer Bernard Cazeneuve ? Mais ça, je pense que quand on est dans ces situations politiques, ce n'est pas des questions d'envie.

Si, parce que vous voyez bien ce qu'il est dit à gauche. Au fond, Emmanuel Macron n'aurait jamais nommé Bernard Cazeneuve parce qu'il aurait détricoté la référence des retraites, parce qu'il aurait augmenté ce n'est pas ce spectacle j'ai envie, j'ai pas envie qu'on me donne à l'envie d'avoir envie. Non, c'est pas ça.

La politique, c'est de faire en sorte qu'on puisse proposer un certain nombre de solutions pour un certain nombre de problèmes. Et donc, en l'occurrence, là, on a bien vu que les solutions socialistes n'étaient pas supportées par les élus socialistes et qu'ils ont voté après avoir sifflé ces représentants de cette famille politique. De ce point de vue, ils ont mis dans une impasse, ils ont accepté que la stratégie soit dominée par Mélenchon.

C'est ça le fait politique. Et donc...

Et l'autre fait politique, Jean-Pierre Affarin, c'est que celui qui arrive à Matignon est le représentant d'une famille qui a 47 députés, qui est arrivé cinquième aux législatives et dont la candidate à l'élection présidentielle, Valérie Pécresse, a fait 4,7%. Est-ce que là, il n'y a pas une forme d'anomalie démocratique pour ceux qui, aux élections, se sont tournés, notamment vers le nouveau Front populaire ? Absolument pas, parce que tout va dépendre de la politique qui va mener.

Arrêter de faire du casting l'essentiel de la chose. qui regarde un peu vers la gauche ? Mais vous allez voir qu'il y aura des gens de gauche dans son gouvernement.

On reprend le pari. On reprend le pari. On reprend le pari.

On reprend le pari, là ? Oui, on reprend le pari, là. Tiens.

Ok. Vous revenez si jamais vous perdez le pari ? Si je perds, je reviens.

De toute façon, je reviens. De toute façon, vous revenez. Très bien.

Le fond de l'affaire, c'est que c'est aujourd'hui, je parie que Michel Barnier va essayer de constituer un gouvernement qui rassemble l'espace politique disponible. Et vous verrez qu'il n'y aura pas de Front National dedans, à mon avis. Ça, là-dessus, pour le coup, ça a été dit.

Donc, ils ne sont pas dans la coalition. Un mot avec vous, Jean-Pierre Affarin, sur la déclaration de candidature de la semaine. Elle est signée.

Édouard Philippe. Je rappelle que vous en êtes un des soutiens. Vous appartenez au mouvement Horizon.

C'était dans les colonnes du Point mardi soir. En pleine crise politique, est-ce que ce n'est pas un drôle de timing d'aller annoncer sa candidature à l'élection présidentielle au moment où Emmanuel Macron est en grande difficulté, reçoit des responsables politiques pour essayer de trouver un gouvernement ? Décidément, ce soir, vous êtes extraordinairement sévère sur mes choix.

Ça t'appelle le sens de la contradiction. Benjamin, oui, oui. Je vois bien.

On voit que la chose est très difficile. On a une crise où l'immédiat est très difficile. Et Michel Barnier, il est au four et au moulin aujourd'hui dans une situation extrêmement complexe.

Il faut signaler son courage d'assumer les responsabilités dans ces circonstances. Mais les problèmes de la France ne vont pas se traiter en trois mois, en six mois, en un an, ou même en deux ou trois ans. Il faut aujourd'hui que quelqu'un travaille à préparer en profondeur et un projet et des équipes.

On a vu dans cette situation politique que les équipes politiques étaient très fragiles. On a vu qu'il n'y avait pas de parti présidentiel puissant. On a vu qu'il manquait dans la décentralisation des relais nécessaires.

On voit qu'il y a aujourd'hui des difficultés. J'entends, Jean-Pierre Affari. Mais est-ce que ça justifiait de le faire à ce moment-là ?

Oui, oui, oui. Parce qu'il faut...

Edgar Morin vous l'a dit. Quand l'immédiat dévore, l'esprit dérive. Et donc, on ne construit pas la politique de la France sur l'immédiat.

On construit la politique de la France sur des visions, sur des horizons, sur une profondeur de réflexion, avec du dialogue, avec de la concertation. Et donc, c'est très bien qu'il y en a un qui est au four au moulin qui fait face à l'actualité. Il y a l'autre qui prépare l'avenir.

Et donc, moi, je trouve que c'est plutôt quelque chose qui est positif. Jean-Pierre Affari, vous connaissez trop la politique pour ne pas voir que quand, notamment, la question lui est posée sur la possibilité qu'il y ait une présidentielle anticipée. Ce qui n'est pas, franchement, le scénario retenu par l'Elysée.

Et qu'à ce moment-là, Édouard Philippe répond « Je vous confirme que j'y suis prêt. » Ce n'est pas très sympa pour Emmanuel Macron. Pardon.

Non, mais ça, franchement, alors ça, vraiment, je relève ça. C'est la lucidité. Nous sommes dans une crise politique où il y a des impasses.

On a une constitution qui est faite pour une majorité d'opposition avec deux pôles. Et là, on a une organisation parlementaire avec trois pôles. Donc, on risque toujours d'avoir deux pôles l'un contre l'autre.

Il y a peut-être un moment où ça va être difficile. C'est intéressant ce que vous dites. C'est-à-dire que vous, vous pensez que le scénario d'une démission du président de la République est quelque chose d'envisageable.

Je ne le pense pas. Mais je ne peux pas dire qu'aujourd'hui, compte tenu de la situation internationale, compte tenu du désordre, quand je vois qu'on organise des manifestations le jour de la nomination quasiment du Premier ministre, avant même qu'il ait fait son discours de politique générale, je me dis qu'il y a une crispation qui est une crispation de grande nervosité dans le pays. Quand j'ajoute à tout ça les déséquilibres internationaux et les menaces réelles, je me dis que tout peut être possible et que c'est bien qu'il y ait des gens qui travaillent sur l'avenir de la France, sur une politique de l'éducation.

Une politique de l'éducation, ce n'est pas une rentrée, c'est d'y rentrer. C'est ça qu'il faut construire aujourd'hui. Deux questions rapides encore.

La première, sur les comparaisons historiques qui ont été faites. On a pu lire qu'au fond, Edouard Philippe, il faisait comme Georges Pompidou en 1969 avec le général de Gaulle. Le général de Gaulle qui était censé aller plus loin dans son mandat et qui finalement a démissionné en 1969 après avoir perdu un référendum.

C'est ça la référence d'Edouard Philippe ? C'est d'être le Pompidou d'Emmanuel Macron ? Rappelons que les deux hommes ne se parlaient plus quasiment jusqu'à la mort du général de Gaulle.

C'était plus compliqué que ça. Mais non, Benjamin, soyez raisonnable. Et pensez quand même tout ça avec une grande sagesse et pas avec les émotions, tout ça.

Vous ne se passez très bien entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe. C'est les meilleurs amis du monde. Mais en politique, ça ne se passe jamais quand on est des rivaux.

En politique, il y a toujours des tensions. La politique, ce n'est pas du bise aux nours. Donc, il y a naturellement qu'il y a des opportunités, naturellement qu'il y a des ambitions, naturellement qu'il y a tout ça.

Ce qui compte, c'est de reprofessionnaliser la vie politique. On a déprofessionnalisé la vie politique. On n'a plus de cumul de mandats.

On n'a plus une classe politique. Regardez, on a des difficultés pour la ressource humaine. Ce qu'il faut, c'est que quelqu'un travaille, travaille au projet pour la France.

Et que cette personne-là, elle ne peut pas être au four et au moulin tous les jours. Il faut qu'elle puisse réfléchir, qu'elle y va à l'étranger, qu'elle parle avec les partenaires sociaux, qu'elle aille sur le terrain de la France, qu'elle écoute les Français. Donc, je pense vraiment que c'est très important qu'il y ait une réflexion présidentielle et si possible, naturellement, c'est pour trois ans.

Pour le reste, il est évident...

Mais ça peut être plus tôt. Mais personne...

Moi, je suis pour les instituts. Je suis républicain. Qu'est-ce que ça veut dire être républicain, Benjamin ?

Ça veut dire qu'il faut, pour être républicain, respecter l'état de droit. L'état de droit, c'est quoi ? C'est que le président, il est élu jusqu'en 2027.

Je respecte l'état de droit. Il n'y a que ceux qui ne seraient pas républicains qui pourraient revenir sur cette question. Mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas se préparer et je pense qu'Édouard a été concentré sur les médias, de leur dire oui, les médias, c'est important, mais les horizons aussi.

Toute dernière question, ça ferait donc un bon président de la République. Pourquoi il serait meilleur que, par exemple, Gabriel Attal, qui visiblement lui aussi a des ambitions présidentielles ? Mais nous verrons.

Nous verrons. Ils vont se construire, les personnes. Je ne dis pas que sur la ligne d'arrivée, le meilleur, ce sera X ou Y.

Je dis que c'est bien de se construire. Moi, je suis un constructif. Et quand je vois des constructeurs, des gens qui travaillent au projet, je me dis que c'est mieux que l'improvisation ou la déprofessionnalisation. d'avoir été l'invité de C'est pas tous les jours dimanche.