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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 30 septembre 2022 30 minAutoproduitFond programmatiqueCulture, médias & sportInstitutions & élections

Inauguration du Foirail à Pau.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:20Locuteur 1Chiffre
    « un voile de six centimètres, qui couvre 1 000 mètres carrés sans un poteau »
  • 7:30Locuteur 1Chiffre
    « ce projet est extrêmement maîtrisé dans son coût. On en parlait avec Julien Mogan. C'est un projet, tous les travaux compris, de 15 millions d'euros »
  • 12:00Locuteur 2Fait
    « Vous allez ici faire passer les plus grands artistes. Je voyais la programmation tout à l'heure avec la ministre, Monsieur Boujenah et Monsieur Maalouf »
  • 14:00Locuteur 2Promesse
    « Dès cette rentrée, nous avons généralisé le Pass culture auquel je tiens infiniment »
  • 16:00Locuteur 2Fait
    « La France est une puissance. Une puissance de rêve et d'imaginaire »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Madame la ministre de la Culture, Mesdames et messieurs les parlementaires, je vous invite à prendre les uns et les autres place. Monsieur le Président, je vous en prie. Il vous revient de rejoindre les membres de l'orchestre présents dans cette mise en place.

Monsieur le maire de Pau, président de l'agglomération Pau Béarn Pyrénées. Ils n'ont oublié qu'une chose, c'est le siège du président de la République. Mais sans blague, ils n'ont pas prévu de siège.

Mais ça va très bien. On passe sa vie assis. [INAUDIBLE] ça va ?

Très bien. Monsieur le Président de la République, nous sommes très heureux de vous accueillir. Tous ceux qui ont participé à ce projet, que tout à l'heure j'énumèrerai, sans allonger le propos, avec les principaux responsables des collectivités publiques, le président du conseil général, la représentante du président du conseil régional, les élus de cette ville et de cette agglomération, les conseillers municipaux, les adjoints, les maires des communes de l'agglomération et les vice- présidents de l'agglomération.

Comme vous le savez bien, il est très important pour nous que vous soyez là, et c'est très important pour deux raisons. La première, accessoire, c'est nous. La deuxième, principale, c'est vous.

Pour nous, ce projet est très important et c'est un projet qui correspond à deux des lignes directrices de la politique que les Palois ont voulu. La première de ces lignes directrices, nous l'avons nommée avec Laurence qui, à l'époque, était à mes côtés, qui ne m'écoute pas. Mais ce n'est pas grave.

Nous l'avons nommée la métamorphose, parce que la ville avait beaucoup de bâtiments qui avaient perdu leur raison d'être et même leur fonction. Et nous avons pensé que nous n'abandonnerions aucun de ces bâtiments, de cette histoire et que nous réenracinerions dans ce passé, notre avenir. Ce bâtiment, comme vous le savez, c'était pour la ville, c'était un lieu de mémoire.

C'était le marché aux bestiaux d'abord, au début du siècle, à la fin du siècle, à la fin du 19ᵉ et dans la première moitié du 20ᵉ siècle. Et c'est un marché aux bestiaux. Pour moi, c'est très émouvant, parce que mon grand-père venait acheter et vendre des bêtes au foirail.

Et puis après, ça a muté en marché aux grains, et notamment au marché aux haricots. Et là, c'est mon père qui venait vendre des haricots au marché. Mais, ce bâtiment avait aussi ou délimitait, ou était le centre d'un quartier qui avait une vocation sociale très forte.

Comme vous avez vu avec les témoignages des habitants, c'était une communauté, un village, ont dit plusieurs, populaire, affectueux, un peu avec du caractère, un caractère très marqué. Et il faut être honnête, pendant toute une époque, on a cru que 'était fini. Et nous, nous voulions que ça revive.

Et donc, cette vocation de métamorphose et de réenracinement, c'était pour nous une ligne directrice. Et alors, il m'est venu l'idée folle que, sous la voûte, sublime, un voile de six centimètres, qui couvre 1 000 mètres carrés sans un poteau. Quand j'ai proposé cette idée à Jean-Paul Brin, qui était mon ami et mon frère et mon bras droit et qui a disparu, il m'a dit : " déjà pour les halles, tu étais dingue, mais ici, franchement, tu bats tous les records. " Et on s'est mis au travail.

Je dirai tout à l'heure un mot des architectes. Et on a réussi à partir de cette idée qu'en fait, ce bâtiment était un instrument de musique. Idée proposée par Julien Mogan au concours, qu'on allait pouvoir recréer ici un lieu de rencontre.

Et pour nous, la rencontre est très, très importante. On a parlé souvent, vous et moi, du plan anti-solitude que nous avons lancé dans cette ville il y a plusieurs années, avec plus de 200 associations, qui ont participé à son élaboration. Et il faut toujours relancer, parce que nous pensons que la solitude est un des éléments d'angoisse contemporains, qu'on croyait avoir disparu avec les réseaux de toutes natures, avec la ville.

Et puis, on s'aperçoit que, non seulement ça n'a pas disparu, mais que peut-être, c'est encore plus grave et blessant que ça n'a été autrefois. Et donc un lieu de rencontre. Alors je vais maintenant en quelques phrases, parler de la deuxième partie, c'est-à-dire de vous.

Pourquoi votre présence est si importante pour nous ? Pour deux raisons, dont je crois pouvoir attester au fil de conversations assez nombreuses entre nous. La première de ces raisons, c'est que vous êtes animé de passion, pour ce qui se fait sur le terrain.

Très souvent, l'État regarde ce qui se fait au centre, et vous, vous regardez ce que les autres font dans l'espace local, régional. Les gens. Des élus locaux et les gens de l'État local.

Et c'est chez vous, cette idée, j'allais dire cette obsession, d'aller rencontrer ceux qui sont en charge de réaliser et qui font des novations, qui développent une imagination, dont on n'a pas l'habitude dans les structures si lourdes de l'État central. Ça, c'est la première chose. Et donc vous avez ici, et dans toute la ville, le jour où vous viendrez, puisque vous passez toujours en coup de vent.

Et je n'ai jamais pu vous montrer les Halles, ce qui est un scandale, n'est-ce pas ? Voilà. Je n'ai jamais pu vous montrer l'École des arts, je n'ai jamais pu vous montrer le musée tel que nous l'avons réhabilité.

Et donc, quand vous reviendrez, je vous ferai visiter toutes ces réalisations. Celle-ci n'est pas si mal. Et la deuxième chose, c'est que nous sommes ici dans un lieu de culture, au sens le plus profond du mot.

Et s'il y a une chose dont, là encore, je puis attester, c'est votre engagement personnel pour ce que la culture représente pour les êtres humains. Et la culture, je vais la définir de manière un peu abrupte. C'est ce qui ne dépend pas du verbe avoir, et ce qui dépend du verbe être.

Et les biens qui dépendent du verbe être, à la différence des biens qui dépendent du verbe avoir, ils sont inaliénables. Vous ne pouvez pas les vendre et vous ne pouvez pas les perdre. Et je disais souvent les biens du verbe être.

Par exemple, une chanson. J'ai une chanson, vous avez une chanson. On échange et à la sortie de l'échange, vous avez deux chansons et j'ai deux chansons.

Et c'est cette faculté incroyable, que, dans la culture, et en ce qui dépend du verbe être et en ce qui dépend des raisons de vivre, alors nous trouvons des biens d'une sorte qui a aujourd'hui si souvent disparu, même s'il y a une économie de la culture, et je ne sous-estime pas, et tout ceci en est. Tout cela fait résonner en nous des choses extrêmement profondes auxquelles nous sommes extrêmement attachés et auquel, j'en atteste, vous êtes extrêmement attachés. Ici, il y aura de la philosophie ici, il y aura du théâtre, ici il y aura du cinéma, ici il y aura de la musique, ici il y aura de la danse, ici il y aura du cirque.

Ici, il y aura de la découverte. Ici, il y aura de la création. Et dans la société où nous vivons, dans le monde comme il est, ces biens-là, sont les plus précieux.

Voilà pourquoi j'ai été heureux de vous faire découvrir cette salle. Il faut que je remercie ceux qui ont participé à cette réalisation. Alors, il faut remercier les financeurs, l'État.

Madame la Ministre, Où est madame ? Elle est déjà venue, on lui a fait découvrir. Elle a dit des choses très sympathiques.

Pour le chèque, je vous le donnerai en sortant. Et, la région, Madame Claveau-Abadie. Le Département, l'agglomération et la ville.

Le département, Monsieur le Président Jean-Jacques Lasserre qui est là-bas. Donc, ce sont les financeurs. Ce projet est extrêmement maîtrisé dans son coût.

On en parlait avec Julien Mogan. C'est un projet, tous les travaux compris, de 15 millions d'euros. Si vous en trouvez d'aussi beaux et d'aussi maîtrisés, dans le coût, vous venez me voir et on comparera.

Je suis très fier aussi de cette utilisation de l'argent public. Donc, l'administration de la ville et de l'agglomération, avec Christophe Colombel, le TGS, avec Ouahid Dorbane, avec Christian Lesport et avec le chef de projet Patrick Brossard, que je vous propose d'applaudir, parce qu'il a été là tous les jours. Où est-il ?

Est-ce que Patrick peut lever la main ? Donc les deux architectes, Julien Mogan et Séverine Tardieu, Séverine Tardieu est debout, ils sont là. Nous avions deux équipes d'acousticiens.

La première fois que nous sommes venus, pour réfléchir à l'acoustique, c'était le grand acousticien européen Eckhard Kahle, qui était avec nous. Et donc il y a deux équipes d'acousticiens, de la maîtrise d'œuvre, de la maîtrise d'ouvrage, Pierre Romagnan et Federico Cruz-Barney. Je veux dire notre admiration et notre affection à toutes les entreprises, à tous les ouvriers.

Je les ai rencontrés à peu près chaque semaine depuis que le travail a commencé. À tous les ouvriers, qui ont réussi dans un temps qui était aussi serré, puisque c'est deux ans seulement les travaux. Je veux remercier la direction culture Jean Lacoste, adjoint à la culture, et Rose-Anne Bisiaux.

Et je veux dire un mot des cinq coopérateurs. Le Méliès Philippe Coquillaud-Coudreau, qui est là. Alors, comme je vous l'ai dit, ces jours-ci, le Méliès est une institution dans la ville.

C'est probablement le ciné-club dans les villes de France qui a proportionnellement à la population le plus d'abonnés. Et c'est une réussite remarquable, de rencontres avec la ville, avec les jeunes, avec les élèves, avec la cité. Donc, le Méliès a maintenant son lieu.

Je crois que ce n'était pas de trop, par rapport au précédent. Ensuite, Espaces Pluriels, Carole Rambaud est là. Espaces Pluriels très dense, très important, théâtre contemporain et cirque de performances.

Le théâtre, est-ce qu'Éric Vigner est là ? Il est là. Alors vous savez que nous avons, je vous en ai parlé souvent, des ambitions pour le théâtre, en tant que centre de recherche et de transmission dans cette ville.

À la fois le théâtre en occitan, gascon, béarnais, vous employez les mots que vous voulez, avec Hart Brut. Et puis le théâtre, avec Éric Vigner, qui est là et qui a réalisé cet été une opération superbe, qui s'appelle Molière 3.0, avec enfin une bonne affiche. [ COUPURE VIDEO ] Madame la Ministre, mesdames et messieurs les parlementaires.

Merci Monsieur le Maire. Monsieur le ministre, cher François. Monsieur le Président au conseil départemental, Madame la Représentante du président du Conseil régional, Madame la Préfète de région, mesdames et messieurs, comme on dit, en vos grades et qualités.

Je suis très heureux, je peux le dire avec beaucoup de spontanéité et de sincérité, d'être avec vous ce matin. Très heureux d'être là, parce que c'est un moment heureux. Celui où l'on découvre le fruit d'un travail de plusieurs années, de projets qui pouvaient paraître insensés.

Très heureux, parce que parler de culture et de tout ce que cela emporte dans une actualité si chargée, est une occasion rare et un moment qui prend tout son sens. J'essaierai d'y revenir. Très heureux, parce que je crois que l'une des fonctions du président de la République est de pouvoir, quelquefois, par sa présence et ses mots, dire la reconnaissance du pays pour ce que font des femmes et des hommes, sur notre sol, pour changer la vie.

Et donc en étant là aujourd'hui, je veux vous dire l'importance de ce que vous avez fait, de ce qu'aujourd'hui, nous faisons advenir en inaugurant, et sur tout ce que vous allez y faire. Alors je m'inscris dans les pas de monsieur le Maire, pour féliciter tous les tous les acteurs. Et en effet, vous en avez ici rappelé l'importance, mais trois salles de cinéma, cette salle de 600 places, et au fond, ce lieu ainsi transformé, pour en faire un espace culturel avec l'orchestre, le cinéma, le Méliès, la scène Espaces pluriels, le jazz, le théâtre, et donc tous ainsi ici rassemblés.

Et je le dis devant les jeunes d'El Camino, qui font partie de celles et ceux qui auront à faire vivre ce lieu. Parce qu'au fond on voudrait toujours, et ça rejoint des discussions que j'avais peut-être avec certains d'entre vous avant d'entrer ici, on voudrait toujours nous assigner un camp. On connaît ça.

Il faudrait choisir. Et moi, j'ai choisi de ne pas choisir sur certains sujets. Pas par indécision, mais parce que je pense que le choix est idiot.

C'est ce fameux " en même temps ", que j'ai assumé moi-même d'adopter, avec une forme d'ironie, si je puis dire, d'autodérision. Mais c'est ça qui nous rassemble aujourd'hui. Il faudrait choisir entre les grandes salles, en effet, qui seraient réservées à la capitale, et puis ce qu'on fait sur notre sol.

C'est faux cette opposition. Vous allez ici faire passer les plus grands artistes. Je voyais la programmation tout à l'heure avec la ministre, Monsieur Boujenah et Monsieur Maalouf.

Les meilleurs vont venir, et vous avez un chef, qui est une de nos gloires et qui a rayonné de l'autre côté de l'océan. [ INAUDIBLE ] On a dit il faudrait choisir entre le local et l'international. Monsieur me disait tout à l'heure : " Défendez la culture locale, et pas cosmopolite. " Mais, j'ai le droit de défendre les deux.

Je ne sais pas ce que c'est que la culture cosmopolite. Je n'adore pas ce terme d'ailleurs. La culture n'est pas assignée à résidence.

Il y a ce qui nous bouleverse et il y a d'ailleurs ce qu'on pourrait appeler de la culture locale, qui vient du fin fond de la Mauritanie ou du Liban et qui peut me bouleverser, même si je n'en comprends pas forcément un mot. Vous l'avez parfaitement rappelé, la culture, c'est un accès à l'universel. Et c'est ce qui, précisément, en nous, refuse l'assignation à résidence.

Ah, tu habites là, ou tu appartiens à cette classe sociale là, ou tu n'as pas le droit d'accéder à ceci ou cela. Et on voudrait opposer, vaste débat, la transmission à la création. Il y a beaucoup de théories.

Ne faudrait-il pas transmettre pour donner confiance ? Non. C'est un lieu où vous allez créer, permettre de créer, et transmettre des films magnifiques, comme celui qu'on a entraperçu dans notre cheminement, puisqu'on nous a permis de refréquenter l'espace d'un instant, Gabin, Fresnay, Von Stroheim et quelques autres, pour venir jusqu'à vous.

Il n'y a pas de création qui prenne sens, si elle ne s'inscrit pas dans une histoire de transmission. Et c'est pourquoi pour moi, ce lieu symbolise ces passages. Vous avez décidé non pas d'inventer quelque chose qui s'inscrivait dans un lieu neuf, ayant éradiqué toute chose, mais de réinventer.

Un marché. Un lieu de commerce, de vie, au sein de votre ville, pour en faire un lieu à nouveau de transmission, de culture. Vous l'avez réinventé.

Je veux vraiment féliciter avec vous toutes et tous les architectes, qui ont fait ce travail remarquable, parce que vous avez projeté un imaginaire dans un lieu qui avait une histoire et un passé. Mais vous ne l'avez pas effacé et c'est tout le défi de notre pays. Vous savez, on passe notre temps à savoir quelle est notre identité.

Je le dis dans des terres, où cette question peut parfois prendre un certain tour. Mais notre identité, elle aussi, n'est pas une assignation à résidence. Elle ne s'inscrit pas dans une identité, qu'elle soit béarnaise ou basque.

Nous sommes un grand récit, qui s'inscrit dans des paysages, des mythes profonds et des gens qui ont été, à travers les époques, capables de le réinventer, de les raconter en langue française et dans nos langues. Et de le réinventer chaque jour sur des formes contemporaines. C'est ça la France.

C'est un récit qui continue, et c'est une capacité à réinventer le monde et à parler au monde à chaque instant. Et pour moi, ce lieu est très important. Et c'est pourquoi, dans ce moment où la guerre revient, où les esprits sont bousculés, où le trouble est là, je voulais être parmi vous, pour vous dire que ce que vous avez fait est essentiel, et ce que vous allez y faire est essentiel.

Beaucoup de maires, d'élus ici présents, de proviseurs, d'enseignants qui sont aussi dans cette salle. Je le disais tout à l'heure, c'est vous qui allez faire vivre, avec les artistes, ce lieu. Et je crois à ce mariage de l'éducation et de la culture.

Dès cette rentrée, nous avons généralisé le Pass culture auquel je tiens infiniment. Idée folle que nous avions lancée il y a cinq ans, en regardant nos voisins italiens, et qui va permettre encore davantage à nos enseignants de faire qu'il y aura moins de barrières, en quelque sorte, pour les enfants et les familles, quand on leur dit : " Allons tous au théâtre, faisons telle sortie culturelle ". Mais, le rôle que jouent nos enseignants, avec le rôle que jouent les associations culturelles, les orchestres, les compagnies de théâtre, de cirque, de danse, celles et ceux qui font la culture partout sur notre territoire est essentiel, parce que c'est la promesse de la République.

Ni plus ni moins. C'est celle qui consiste à dire, peu m'importe ton prénom, ton nom, où tu es né. Ceci t'est offert.

C'est-à-dire la possibilité de partager le rêve d'un autre, toi aussi d'inventer, de jouer, d'un instrument, qui va te permettre de faire, peut être dans quelques années, à ton tour, quelques notes de Dvorak. De découvrir une pièce de théâtre. De danser.

Peut-être demain d'écrire. Et vous savez, c'est sûr. Moi, je viens des Pyrénées juste à côté, pour une partie de moi.

Et ma grand-mère, qui était de Bagnères-de-Bigorre, ou dans un petit village, pas si loin, est la seule qui ait jamais fait des études dans sa famille. Puis elle est partie. C'est comme ça que je suis né pour ma part en Picardie.

Mais je suis toujours revenu dans ces Pyrénées. Et c'est une salle de théâtre et un professeur de philosophie qui ont changé sa vie. Parce que des portes se sont ouvertes et des gens ont regardé cette petite fille, dont aucun des deux parents ne savait lire, et qui, au pied de nos montagnes, pensaient que sa vocation était d'y rester.

Ils lui ont fait découvrir quelques pages de Flaubert, du Paul Valéry, les premières pièces de Molière. Et tout s'est ouvert. Elle a appris.

Elle est devenue elle-même enseignante. Elle a passé sa vie à faire cela avec d'autres jeunes filles et d'autres jeunes garçons. Ce combat est le plus important.

Le plus important. C'est celui des âmes et des esprits. Et au moment où la guerre revient, elle se nourrit toujours du rétrécissement des âmes.

Elle se nourrit toujours d'une forme d'aspiration au néant, à la négativité. La culture, elle, c'est ce qui rend possible. Et donc ce que vous faites est essentiel, parce que vous permettrez à d'autres petites filles, d'autres petits garçons de votre ville ou d'ailleurs, d'où qu'ils viennent, juste de choisir leur vie.

Pas de la choisir pour eux, parce qu'il n'y a pas un modèle, de ne rien leur dicter, de la choisir. Et c'est ce que nous leur devons. Et leur permettre d'être libres.

Parce que c'est ça notre promesse à tous. D'être émus, d'inventer à leur tour et d'être au fond ce que Malraux, quand il ouvrait ces maisons de la culture, disait de manière formidable : " La France est une puissance. " Une puissance de rêve et d'imaginaire, ne l'oubliez jamais.

Cette puissance-là, elle est invincible, parce qu'elle a 68 millions d'âmes qui cherchent le beau, le grand, l'ouverture à l'autre, la réinvention chaque jour. 68 millions d'âmes qui sont fières de leur passé, qui portent leur présent, et qui aspirent à des rêves absolument fous, comme celui que vous avez conduit ici. Juste pour essayer d'être un peu plus libres, un peu plus égaux et un peu plus fraternels.

Pour celles et ceux qui cherchent ce qu'est la France, je crois que c'est beaucoup cela. Alors merci. Merci de m'offrir ce moment, et merci à toutes et tous, pour les mois et les années qui viennent, de le faire vivre et de le rendre encore plus grand que ces murs, par ce que vous y créerez ce que vous y transmettrez, ce que vous y ferez vivre.

Vive la République et vive la France ! La musique va prendre la place. Je voudrais simplement, parce que je manquerais à un devoir si je ne le faisais pas, souligner pour chacun d'entre nous, l'acoustique incroyable de cette salle.

C'est à dire le chuchotement, qui permet de porter les rêves ... [ INAUDIBLE ]

Inauguration du Foirail à Pau. — Emmanuel Macron · Pourquijevote