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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 11 décembre 2025 27 min

Cédric Perrin : « Une alliance risque de se créer entre les États-Unis, la Russie et la Chine »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Cédric Perin, merci d'être avec nous. Vous êtes sénateur LR du territoire de Vfort. Vous présidez la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées ici au Sénat.

On va évidemment longuement revenir sur les questions de défense. Il y a l'examen du budget aujourd'hui au Sénat puis de ce débat hier à l'Assemblée sur lequel on va revenir. Mais d'abord comme tous les jours, on commence par les une de la presse régionale.

Trois titres qu'on a sélectionné. D'abord la une de l'Est républicain à Bfort. Chez vous, les agriculteurs ne désarment pas.

Après de 300 éleveurs se sont retrouvés à Besançon pour protester contre l'abattage systématique des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire bovine. La deuxième, c'est celle de la voie du nord insulte menace et mes qui quittent les réseaux sociaux alors que ce profil la campagne pour les municipales des maires qui se représentent disent leur ralbol de la violence sur les réseaux et préfèrent s'en passer. Depuis de dernière, celle du télégramme sur la voiture électrique, un nouveau virage.

Les constructeurs européens qui misent sur la citadine à prix abordable. De quelle lune avez-vous envie de nous parler ? Écoutez, toutes sont très intéressantes.

Mais compte tenu de du fait que j'habite à 10 km de Socho, je choisirai la voiture électrique et l'inquiétude des constructeurs automobil constructeurs et l'inquiétude de des salariés de l'automobile qui je le rappelle dans mon dans ma région sur une un bassin de population de 250000 300000 habitants étaient plus de 40000 chez Peugeot en 1980 85 qui se retrouve aujourd'hui à 7 8000 max grand maximum et donc il y a évidemment une grande inquiétude parce que c'est un bassin de population qui s'est construit autour de l'automobile notamment et qui aujourd'hui est en grande souffrance et avec des perspectives qui ne sont pas très réjouissantes. Malgré ces constructions de voitures électriques, vous pourrez vous pensez qu'ils peuvent pas en tirer profit qu'au contraire ça risque de nuire à l'emploi ? C'est très bien que la construction de véhicule électrique va engendrer une perte considérable de de de salariés parce qu'il y a moins de technicité, moins de moins de de de j'allais dire de de travaux d'assemblage nécessaires et et donc c'est une grande inquiétude parce que évidemment ce sont des emplois et l'automobile en France c'est près de 500000 emplois et c'est pas rien.

On va parler du budget. Les députés qui ont donc approuvé le budget de la sécurité sociale. Le Sénat le ne le réexaminera pas.

Vous nous le confirmez. il sera renvoyé directement à l'Assemblée. Est-ce que vous regrettez que les députés aient votés budget de la sécurité sociale euh fustigé par le président de votre parti Bruno Retaillot ?

Écoutez, il y a des mesures dans ce dans ce PLFSS qui sont absolument orthogonales avec ce que l'on pense, notamment sur la réforme des retraites. Je pense qu' et et il il je pense que c'est ce sont des mesures qui sont assez euh j'allais dire euh pénalisante pour les générations futures. Ça ne fait qu'augmenter le déficit de la sécurité sociale pour une génération, celle de 1964 qui doit être très heureuse et très très bien.

Et ça ne règle évidemment pas le problème de la de la réforme des retraites. Ça ne règle pas le problème du déficit de la sécurité sociale qui, je le rappelle, en sortant du Sénat était à 17 milliards, qui passe à 24 milliards à peu près à l'Assemblée nationale. Il est vrai aussi que sans vote de budget du budget de la sécurité sociale, le le risque de de dérapage budgétaire a été énorme puisqu'on aurait puiner les 30 milliards de déficit.

Mais il n'empêche que aujourd'hui ce PFS a été voté mais à quel prix ? Trop élevé. Trop élevé parce que les mesures avait le choix vous dis budget de la sécurité sociale c'était 30 milliards de trop élevé parce qu'une grande partie des mesures aujourd'hui ont été négociées par les socialistes qui ne voi que par l'augmentation des impôts et l'augmentation du déficit qui ne les dérange pas.

Moi ça me dérange beaucoup parce que je pense que nous grvons la capacité des générations futures en tout cas à avoir un service aussi bon que celui que nous avons pu avoir par le passé. Brono qui a demandé au LR de ne pas voter ce budget. Pourtant ils sont 18 à l'avoir fait.

Est-ce qu'il a perdu en crédibilité en autorité sur le parti ? Écoutez, non, je pense pas que c'est un problème de crédibilité ou d'autorité. On est dans une situation où je les députés sont inquiets, son n'ont pas nécessairement envie de retourner devant leurs électeurs euh pour le moment et et et où en en responsabilité, certains considèrent que le vote du budget était une de la sécurité sociale était une nécessité pour éviter justement ce dérapage budgétaire.

Je ne suis pas certain qu'il l' fait par idéologie. On va parler du budget de la défense dans quelques instants, mais d'abord vous l'avez entendu dans le journal, Sébastien Lecnu juge encore possible de doter la France d'un budget d'ici le 31 décembre. Budget qui est actuellement examiné par les sénateurs.

C'est quoi ? C'est la méthode coué ou ça vous paraît possible vous aussi ? Écoutez, on verra.

Je crois qu'il y a peu de gens aujourd'hui ou voir pas du tout qui sont en capacité de dire ce que ce qui se passera réellement. On a vu que le budget de la sécurité sociale était passé à d'une très courte tête. Euh nous verrons quelles seront les les réactions des des différents partis aujourd'hui à l'Assemblée nationale.

Sur le budget de la sécurité sociale, il y avait évidemment cette espèce de de de de mantra qui était la réforme des retraites, la suspension de la réforme des retraite pour le Parti socialiste qui qui en réalité n'est pas une suspension de la réforme des retraite puisque ça ne concerne qu'une génération, qu'une corte. Je ne sais honnêtement, je ne peux pas dire aujourd'hui ce qui se passera puisque je ne suis pas dans la tête des députés et aujourd'hui il y a beaucoup de considérations autres que celle de uniquement de de l'acceptation d'un budget qui même s'il n'est pas complètement en phase avec ce qu'il pense pour être une des solutions pour avancer dans ce pays en toute responsabilité. et budget que vous continuez à examiner ici au Sénat et aujourd'hui vous allez vous pencher entre autres sur le budget de la défense euh en augmentation ce budget de la défense, il a pas pu être étudié par les députés.

Alors pour y voir clair sur les positions de chacun, Sébastien Lecnu a voulu la tenue d'un débat sur ces questions de défense. C'était hier à l'Assemblée. Marion, vous l'avez suivi et on va d'abord parler du vote que qu' voté les députés sur cette stratégie de défense nationale.

Et bien dans le détail, 411 voix pour, 88 contre. Les députés ont en fait validé le principe d'une augmentation, vous l'avez dit, du budget de la défense en 2026. Il s'agit, vous l'avez dit également, d'une démarche inédite demandée par le Premier ministre et cela, on le rappelle en marge de l'examen du budget actuellement débattu au Sénat.

Alors concrètement, ce texte prévoit d'augmenter le budget aux armées de 6,7 milliards d'euros supplémentaires pour atteindre 57,1 milliard d'euros l'année prochaine. Pour justifier cette augmentation, Sébastien Lecornu dresse un constat devant les parlementaires. Écoutez-le.

Le recours à des stratégies hybrides par des puissances adverses s'accélère et menace de fragiliser durablement l'Europe, la France en tête jusque dans ses outremères et plus généralement toutes les démocraties du monde. Ces menaces hybrides visent à nous déstabiliser en touchant nos intérêts ou nos valeurs. Ces menaces contournent parfois notre dissuasion nucléaire.

Elles font poindre un risque que les guerres d'avant ne permettaient pas de saisir complètement. C'est-à-dire en somme d'être défait sans même avoir été envahi. Monsieur sénateur, on dans un budget d'austérité, cette enveloppe augmente.

C'est l'une des rares des rares ministères avoir un budget en augmentation. Qu'est-ce que ça envoie comme signal aux Français ? Est-ce que ces dépenses elles sont elles sont justifiables selon vous ?

Elles sont parfaitement justifiables. Elles sont en augmentation significative. Euh celle du général de Gaul disait "La sécurité ne s'hérite pas, elle se construit, elle s'organise, elle se prépare et en 1939, nous n'étions ni prêts ni unis." Je crois qu'il faut avoir conscience aujourd'hui du basculement géopolitique auquel nous sommes en train d'assister avec notamment encore ce weekend la la revue stratégique de sécurité des États-Unis. euh j'allais dire une trahison diplomatique quasiment euh et un basculement qui fait qu'on a une espèce de de d'alliance qui risque de se créer entre les États-Unis, la Russie et la Chine et en oubliant évidemment l'Europe ou en voulant sa sa destruction quasiment.

Et donc on a besoin euh de de retrouver une autonomie stratégique, une souveraineté, une indépendance. La France évidemment est mieux noti, j'allais dire que les autres pays européens parce que nous avons la dissuasion. Mais cette dissuasion ne nous empêche pas évidemment de nous réarmer pour avoir une masse suffisante, non pas pour aller faire la guerre, mais pour être suffisamment dissuasif pour éviter que la guerre ne nous ne soit imposée.

Sauf que pour que ce budget de la défense augmente, il faut que le budget soit voté. Est-ce que du coup vous appelez vos collègues, notamment des républicains, à voter ce budget ? Ah mais moi je pense que aujourd'hui il y a deux budgets qui sont en augmentation dans le budget de la nation qui est proposé aux parlementaires.

C'est le budget de la défense et la dette de la France. Je rappelle que la dette de la France va déposer très dépasser très largement le budget de la défense puisqu'on pourrait avoisiner les 70 milliards d'euros alors que vous venez de l'expliquer. Le budget de la défense s'il est voté en en l'état avec les augmentations prévues, il avoisinera les 57,1 milliards d'euros.

Euh c'est une nécessité absolue parce qu'on a besoin de de se réarmer parce que d'abord la loi de programmation militaire de 2023 envisageait déjà une marche budgétaire de 3,2 milliards et que euh la nouvelle euh annonce qui a été faite par le président de la République visant à justement augmenter ce budget pour voisiner en 2030 les 90 ou 100 milliards donne une augmentation de 3,5 milliards supplémentaires, donc une surmarge budgétaire. sont des nécessités parce que nous avons besoin euh de matériel, parce que nous avons besoin de de reormement capacitaires, parce que nous avons besoin de moderniser un certain nombre de nos matériels, les les sous-marins nucléaires euh lanceur d'engin de 3e génération, le moteur du rafale qu'on appelle le moteur T-Rex, ça va une poussée plus importante pour emporter des missiles de plus grande taille, euh le le feu dans la profondeur terrestre et cetera. Ce sont des des évidemment des des aspects capacitaires qui nécessitent des investissements, qui nécessitent de l'argent.

Et puis le Sénat a dénoncer en son temps en 2023 le fait que la loi de programmation militaire de 2023 était sous-dotée, en tout cas sous-alimentée à 400 milliards plus 13 milliards. Nous, on considérait qu' que le minimum était à 430 milliards. Nous n'avons pas été entendus.

Or aujourd'hui, on a quand même un peu la conviction que cette surmarche budgétaire est la provocation aussi de sanctuariser cette loi de programmation militaire qui était sous-financée. Donc le besoin, il est existant et l'absence de vote du budget serait absolument catastrophique pour nos armées et il serait catastrophique pour la défense et la sécurité des Français. Je pense que le chef d'étatmajor a eu l'occasion de le dire. il a besoin de ce budget.

C'est la raison pour laquelle je pense qu'il est impératif que nous arrivions à trouver une solution pour que ce budget soit voté et que l'augmentation prévue pour le budget des armées de 6,7 milliards soit mise en œuvre. Mais je voudrais rappeler quand même que sur sur 1000 € d'impôts qu'on paye, il y a à peu près 560 € qui sont consacrés à la couverture sociale, retraite, couverture maladie et cetera, santé. euh 30 € 31 € très exactement en 2023 consacré à la défense, 25 à la sécurité intérieure, 5 à la justice, 88 à l'éducation.

Ça veut dire qu'aujourd'hui la part du budget consacré à la défense est euh extrêmement euh faible. Et ça veut dire que le régalien justice, sécurité, défense, ça représente 60 € sur 1000 € d'impôt. Donc je crois qu'il faut aussi relativiser les choses.

Certes, ça représente une augmentation importante eu égard au au aux autres budgets, mais ça n'est pas non plus une augmentation euh comment j'allais dire ? trop conséquente. Et l'argent n'est pas la seule réponse, Marion, c'est ce qu'a dit hier le premier ministre.

Oui, le premier ministre a déclé plusieurs chantiers prioritaires. A commencé par la reconstitution des stocks de munitions pour les missiles, les obus et les petits calibres. Objectif continuer à relocaliser les lignes de production pour produire plus vite en plus grande quantité. coûte cette commande 1 demi milliard d'euros et à cela s'ajoute la production massive de drones des technologies qui peuvent devenir obsolète en quelques mois.

Écoutez le premier ministre. L'enjeu est donc double. D'abord d'être en capacité de produire des drones qui sont à jour technologiquement et d'autre part de les produire en masse pour saturer le ciel et permettre la pénétration d'une ligne ennemie par certains drones ou des missiles plus complexes.

En 2026, les crédits de la mission défense prévoiront le lancement d'une filière industrielle de production de drones pour 150 millions d'euros. Je veux remercier les industriels français qui ont pris le risque de relever ce défi en lien notamment avec nos amis ukrainiens. Monsieur sénateur, est-ce que la France elle est en retard sur cette production de drones ?

Mais bien sûr, considérablement et je crois que il y a pas de meilleur endroit que le Sénat pour parler de ce sujet puisque ça fait depuis 2017 un premier rapport, ensuite en 2021 un nouveau rapport et nous ferons en 2026 un autre rapport sur l'état de la menace en matière de drone, en matière de lutte antidrone, en matière d'intelligence artificielle. Euh et je voudrais dire que moi je partage les propos de Sébastien Legornu parce que nous avons un retard considérable aujourd'hui sur la fabrication de munition. Quand on sait que en 2023, on fabriquait 20000 au but 155 par an quand les Ukrainiens ou les Russes en utilisaient presque 30000 par jour.

Aujourd'hui, on est monté à peu près à 90000 au but 155 par de production par an. Donc au fait, on a progressé mais sur beaucoup de sujets, ça fait bientôt 3 ans qu'on nous rabat les oreilles en permanence avec l'économie de guerre d'Emmanuel Macron. Or, qu'est-ce qu'on a fait pour mettre en place l'économie de guerre ?

Rien. Et on le voit bien aujourd'hui puisque les mesures sont prises maintenant. Ça fait 3 ans que 4 ans bientôt que la guerre en Ukraine a débuté.

Euh et pourtant euh aucune mesure n'a vraiment été prise pour augmenter la production, pour aller plus vite, pour le pour que le process soit amélioré. Les industriels pour certains d'entre eux, ont fait des efforts à titre personnel. KNDS ça fait un effort de 300 millions d'euros pour mettre en place une usine de production d'UB 155 pour améliorer la production.

Mais la réalité c'est qu'en fait l'économie de guerre n'a jamais existé dans ce pays. Ça fait des années que nous le dénonçons à la commission que j'en parle et je suis très heureux qu'aujourd'hui enfin on prenne la décision d'améliorer la situation. Mais on a mis 16 milliards d'euros sur l'acquisition de munitions en 2023.

Où sont-ils ? Je ne sais pas. On a mis 5 milliards d'euros sur les drones.

Où sont-ils ? Je ne sais pas non plus. Donc aujourd'hui effectivement on prend des décisions pour acquérir du matériel, pour acquérir des munitions, pour acquérir des des drones.

Mais on a évidemment un retard très important en la matière, mais un retard qui s'explique aussi par le fait que nous ne sommes pas en guerre. Et comme nous ne sommes pas en guerre, nous n'avons pas une consommation aussi importante de drones par exemple que l'ont les Ukrainiens qui ont utilisé 1,3 million de drones en 2024 et qui forcément sont contraints par une innovation permanente et par une production permanente. Donc ils vont innover, ils vont produire et c'est c'est la la la théorie du du bouclier et du glève. le bouclier essaie d'être toujours plus fort pour se défendre contre un glève qui progresse.

Donc oui, il y a des efforts de fait mais je veux rappeler ici solennellement que le Sénat dénonce depuis des années le fait que l'économie de guerre n'existe pas en France malgré ce que peut dire le président de la République. Et vous parlez de ces décisions pardon Non, juste pardon Marie parce que Sébastien Lecornu, il a également lancé une alerte hier. Oui, tout à fait.

Euh cette alerte un instant sur la dépendance, [rires] c'est sur la dépendance de de l'Union européenne vis-à-vis des États-Unis. On va juste l'écouter le premier ministre et puis monsieur Perin, vous allez répondre. Ce n'est pas ainsi que le construit l'autonomie stratégique nécessaire en la matière.

C'est pourquoi la France se bat pour obtenir le respect d'une règle simple et de bon sens. L'argent européen et donc du contribuable français doit servir les intérêts européens et donc les industries européenne. C'est ce qu'on appelle la préférence européenne.

Et monsieur Perin, du coup, qu'est-ce que vous vous répondez à ça ? Est-ce qu'on est trop dépendant aujourd'hui des États-Unis ? Mais bien sûr qu'on est trop dépendant des États-Unis, pas forcément pas forcément la France parce que nous savons c'est la dépendance stratégique.

Nous avons une industrie de la défense particulièrement développée, nous avons la dissuasion nucléaire mais l'ensemble des pays européens évidemment aujourd'hui dépendent considérablement de matériel américain à plus de 70 %. Et donc c'est une c'est un véritable problème. C'est un véritable problème parce que ces pays européens attendent des États-Unis une une garantie de sécurité.

Or, on voit bien aujourd'hui avec la revue stratégique de sécurité des États-Unis que cette garantie de sécurité n'est absolument plus garantie puisque il y a eu un basculement idéologique, un basculement diplomatique des États-Unis qui considère aujourd'hui que son intérêt est de s'assurer que en à l'intérieur de son pays euh les choses progressent plutôt que d'être le gendarme du monde. Donc ces pays qui sont mis dans la main des États-Unis aujourd'hui sont extrêmement dépendants des États-Unis et nous ne pourrons, je pense, arriver à à une indépendance ou en tout cas une recherche de plus d'indépendance en en Europe que si les pays européens sont capables d'assurer eux-mêmes le le des garanties de sécurité à l'ensemble des des des pays européens. Parce que il est bien évident que quand vous êtes dépendant des États-Unis, si vous devez choisir entre l'achat de matériel en France ou aux États-Unis, vous faites plutôt le choix des États-Unis parce que vous pensez qu'ils vont vous assurer leur assurer votre sécurité.

Si c'est plus le cas, il faut que les Européens puissent assurer cette sécurité et donc il faut qu'il y ait une Union. Aujourd'hui, je pense que Poutine est parfaitement conscient du fait que 440 millions euh d'Européens sont beaucoup plus forts que 140 millions de Russes, que matériellement euh humainement parlant euh nous avons une force bien supérieure à lui, mais que cette force ne sera supérieure que si elle est unie. Et donc la le défi en tout cas des pays européens, c'est d'arriver à créer cette union derrière enfin de de l'ensemble des pays européens.

Mais quand on voit les propos d'IG métal hier en Allemagne qui refusent de travailler avec d'assaut pour des raisons obscures, il y a quand même un certain nombre de de questions à se poser sur la capacité qu'on a à travailler ensemble. Et pour renforcer l'armée notamment face à la menace russe, Emmanuel Macron a annoncé un service national volontaire. Alors qu'en pensent les élus qui pourraient accueillir les jeunes de ce services national ?

On va aller à Manosque. Bonjour Camille Galtier, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire d'hivers droite de Manos.

Est-ce que vous vous portez candidat justement pour accueillir les jeunes de ce service national volontaire ? Bonjour. Bonjour monsieur le sénateur.

Bonjour. Oui, on se porte candidat parce que si la représentation nationale décide de développer ce service volontaire, il va bien falloir avoir des territoires qui qui accueillent ces jeunes. Euh est-ce que ce sera à l'année ?

Est-ce que ce sera durant la saisonnalité et les vacances estivales ? Ça sera évidemment au Parlement de le décider, mais il faudra des territoires qui accueillent avec des infrastructures et avec des logements disponibles pour pour accueillir ces jeunes. Monsieur Perin, c'est une bonne idée service national et d'abord c'est une bonne idée parce que Manusk est une belle ville et qu'ils ont un bon maire.

Donc moi, je suis très heureux que ce jeune maire soit parfaitement en enclin à à les accueillir. La vérité aujourd'hui, c'est que on sait pas comment tout ça sera financé. C'est-à-dire que tout ce qui participe à à l'amélioration de l'esprit de défense, à la résilience nationale, au sentiment patriotique sont des bonnes choses.

En tout cas, moi j'y suis extrêmement favorable et je pense que nous avons besoin aujourd'hui de d'améliorer évidemment la capacité de de d'augmenter notre réserve et que tous ces jeunes qui pourraient s'engager à terme à hauteur de 50000 par an participeront pour un certain nombre d'entre eux à la réserve opérationnelle après et donc viendront renforcer les rangs de de nos réservistes sur le territoire national en apportant des compétences et des savoir-faires qui seront importants pour pour la défense et pour et en venant chercher aussi des compétences dans la défense qui sont très très facilement vendables si je puis dire sur le marché de l'emploi ensuite. Et donc ça c'est une bonne chose et j'y suis très favorable. La difficulté c'est qu'une fois de plus Emmanuel Macron annonce des choses mais il sait pas comment il les finance.

C'est-à-dire que le service national volontaire tel qu'il est mis en place aujourd'hui pour écouter, on pense aujourd'hui entre environ 2,4 milliards. Alors, il y a une partie 1,4 milliards qui serait de l'infrastructure parce qu'évidemment, il faut reconstruire les infrastructures que nous avons perdu pour accueillir, comme le disait monsieur le maire à l'instant, euh les les jeunes qui pourraient être engagés dans ce dans ce service. Mais c'est un coût ce coût aujourd'hui, qui va le supporter ?

Est-ce que c'est sur le budget des armées ce qui n'est pas acceptable évidemment parce que nous nous battons pour gagner un peu de un peu de de budget pour pouvoir faire des acquisitions capacitaire et non pas pour dépenser de l'argent pour accueillir des jeunes et donc il faut voir comment tout sera sera financé. Mais une fois de plus, Emmanuel Macron fait des annonces et ensuite le parlement c'est débrouillez-vous pour le financer. Jeis juste rappeler une nouvelle chose parce que nous sommes ici sur public Sénat que c'est le parlement qui vote le budget et pas Emmanuel Macron et que le parlement il va le voter en tout cas le Sénat il va le voter ce matin le budget et que dans le budget que nous allons voter dans l'augmentation des 6,7 milliards d'euros, il n'est pas du tout inclus le service militaire volontaire auquel je voudrais rappeler aucun parlementaire n'a été associé puisque cette annonce est tombée du ciel par le président de la République dans son annonce qu'il a faite à Vars la semaine dernière.

Euh nous n'avons pas été associés alors que nous allons devoir trouver les financements, ce qui est quand même un peu cavalier mais habituel. Le financement, c'est aussi quelque chose qui vous inquiète, monsieur le maire. Est-ce que vous votre ville, elle serait prête en terme d'infrastructure ?

On pourrait être prêt en terme d'infrastructure avec évidemment des aménagements, le sénateur l'a rappelé, mais vous savez chez nous, on a déjà la préparation de militaire marine et quand je vois euh les bienfaits que cela apporte aux jeunes qui qui sont engagés dans cette préparation militaire marine, on peut se dire que la cohésion nationale est bénéfique à tout un pan de la jeunesse qui aujourd'hui, on peut se le dire, est parfois un peu égaré. Euh quand on voit le sujet sur la question euh des réseaux sociaux et de l'interdiction, ben dans cette préparation de militaire marine euh les jeunes déposent leur portable au début du weekend et le retrouvent à la fin du weekend et ils s'en portent pas plus mal. Donc il y a il y a un certain nombre de bienfaits au-delà même de la question euh de la capacité de l'armée française et de pouvoir garnir ses rangs au moment voulu.

C'est aussi une question de cohésion nationale et de dire dans quelle direction nous allons. Merci monsieur le maire. Merci beaucoup d'avoir été avec nous.

Merci on continue à parler du budget de la défense. On disait Cédric Perin, il augmente dans un contexte de guerre en Ukraine de menaces russe. Une paix peut-all être conclue entre Russe et Ukrainien ?

C'est ce qu'on va voir avec vous Jefferson des sports. Merci Jefferson d'être là. Journaliste à Sud-Ouest, spécialiste des questions de défense et vous vouliez interroger Cédric Perin là-dessus.

Oui, bonjour Arian. Bonjour Cédric Perin. Une question sur la guerre en Ukraine parce que aujourd'hui la coalition des volontaires coprésidé par Londres et Paris se réunit à nouveau.

Cédric Perin, est-ce que vous estimez qu'elle peut encore peser dans la négociation de cours entre les États-Unis et les Ukrainiens et éviter de faire en sorte que ce plan de paix qui est en cours de discussion ne soit trop favorable à la Russie et ne se traduise par une capsulation diplomatique de l'Ukraine ? Ouais. Écoutez, on peut pas nier aujourd'hui que la situation soit difficile en Ukraine.

Elle est difficile pas uniquement parce que les Russes sont beaucoup plus nombreux ou parce qu'ils sont mieux équipés et et mais elle est difficile parce que sur le fond front diplomatique nous essuyons un un affront ou une trahison ou un retournement des alliances qui est particulièrement inquiétant puisque la paix que voudrait négocier Donald Trump ou imposer en tout cas Washington à à Zelenski sans évidemment la participation des Européens et et est dangereuse pour la sécurité européenne puisqu'elle donnerait aux Russes la possibilité de se réarmer. On voit qu'ils le font d'ors et déjà puisqueils ils fabriquent beaucoup plus d'armes qu'il n'en utilise quotidiennement en Ukraine. Ça évidemment explique ça a sans doute un certain nombre d'explications.

Elle est contraire au droit international qui consiste évidemment à interdire que des des des conquêtes territoriales se fassent par la force. C'est une évidence. Aujourd'hui, les États-Unis, c'est la recherche de la fin du multilatéralisme pour aller dans le transactionnel permanent. et donc euh dans le règne du de la force euh au détriment du droit.

Donc tout le contraire de ce que les sociétés ont ont, j'allais dire développé ont développé après la 2è 2è guerre mondiale. et puis c'est également déconnecté des intérêts fondamentaux de de l'Ukraine et et des Européens puisque ça mettrait évidemment une pression militaire très importante sur les pays d'Europe centrale avec les conséquences que ça pourrait avoir puisqueaujourd'hui quand le chef d'état-major parle ou en tout cas relate ce qui est écrit dans la revue nationale stratégique page 112 je crois euh qui consiste à dire que nous pourrions, c'est une hypothèse être soumis à à un test majeur à l'est de l'Europe dans les 3 à 5 ans, c'est parce que en fait le réarmement de la Russie pourrait lui permettre, je dis bien pourrait lui permettre euh de se de se j'allais dire de s'occuper des pays baltes de la de de la Geéorgie, de la Moldavie ou d'autres pays avec lesquels nous avons, je le rappelle et les papiers c'est pas un simple papier, un accord puisqu'elles sont membres pour certains de l'OTAN, pour d'autres de l'Union européenne, donc un accord de solidarité. Donc cet accord, il faut qu'il soit négocié et que les Européens y participent et que les Ukrainiens l'acceptent. et Jefferson une dernière question pour vous.

Oui, je fais je rebondis sur ce que vous disiez parce que devant votre c'est devant votre commission de défense et les affaires étrangères du Sén, le chef d'étatmajor des armées, le général Mandon, a évoqué ce possible choc avec la Russie dans les 3 ou 4 ans pour l'Europe. Est-ce que cet argument Cédric Perin devrait alimenter la le débat budgétaire qui est en cours à l'Assemblée ? En tout cas aider au vote de ce budget et permettre la hausse des crédits consacrés aux armées de 6,7 milliards d'euros parce que si le budget n'est pas voté, ça handicape le budget 26 mais ça aurait aussi des répercussions sur le budget 27 et on voit que l'échelle temporelle fixée par le chef d'étatmajor des armées est très courte.

Bien sûr parce que les propos du chef d'état major des armées ne sont pas les propos du chef d'état majeur, ils sont les propos qui sont dans la revue nationale stratégique qu'il reprend. qu'avait avant lui repris Thiry Burcard dans un dans une conférence de presse du 12, je rappelle, du 13 13 juillet dernier euh où il alerte sur la situation et donc l'augmentation du budget, elle est évidemment liée à ça parce que nous avons besoin d'être suffisamment dissuasif pour éviter la guerre, d'être suffisamment fort pour que nos potentiels compétiteurs considèrent que nous que que ce qu'il y aurait trop de risque à nous attaquer ou à nous concurrencer sur différents champs. Le Premier ministre a parlé hier et ça a été montré tout à l'heure de de la de du champ hybride.

Il est bien évident que cette guerre hybride, elle a déjà commencé. C'est-à-dire que les attaques cyber, les attaques numériques, les attaques informationnelles, elles sont permanentes et quotidiennes. Et je voudrais rappeler quand même que c'est une théorie développée par l'ancien chef d'état-major des armées, Thierry Burcard depuis plusieurs années maintenant qui consistait à dire que il nous fallait nous battre sérieusement sur ce champ-là informationnel cyber numérique pour éviter que nous ne puiss que nous ne soyons entraînés dans un champ de guerre de haute intensité.

Donc oui, évidemment, ces propos participent à la nécessité d'augmenter le budget pour être plus performant et pour être surtout plus dissuasif. Merci Jefferson, merci beaucoup d'avoir été avec nous Jefferson des sports et merci Cédric Perin et l'examen du budget de la défense est donc aujourd'hui au Sénat. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. [musique]