Compte rendu du Conseil des ministres du 19 mai 2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 15:00OuverteRéponse directe
Pourquoi mettre en lumière ce sujet aujourd'hui, cette grande cause du quinquennat ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous estimez, au sein du gouvernement, qu'elle n'est pas assez mise en lumière précisément ?
- 17:00OuverteRéponse directe
Cette grande cause du quinquennat, l'égalité entre les femmes et les hommes, ce sont aussi des symboles. On sait que vous êtes très attachée à l'entrée au Panthéon de l'avocate Gisèle Halimi. Quel est l'état de vos discussions avec le président de la République à ce sujet ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Une question d'abord sur la sécurité. Comment établissez-vous ce lien entre les faits qui se déroulent et une forme de recrudescence et l'action du gouvernement ?
- 21:00OuverteRéponse directe
Le ministre de l'Intérieur est actuellement à la manifestation des policiers. Est-ce bien là la place d'un ministre que de se rendre dans une manifestation ?
- 22:00OuverteRéponse directe
Sur la question du pass sanitaire, avez-vous des perspectives quant à sa mise en place au niveau européen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00porte-paroleFait
« depuis ce matin, le couvre-feu a été décalé à 21 heures. L'intégralité des commerces peut rouvrir. »
- 2:00porte-paroleChiffre
« En une semaine, le nombre de nouveaux cas détectés a encore reculé de près d'un quart. »
- 3:00porte-paroleChiffre
« le taux d'incidence national est passé en dessous de 150 et en France métropolitaine, il n'y a plus un seul département où le taux d'incidence dépasse les 300. »
- 4:00porte-paroleChiffre
« 3 000 personnes ont quitté l'hôpital au cours de cette dernière semaine, 700 personnes les services de réanimation »
- 5:00porte-paroleChiffre
« le taux d'occupation des réanimations au niveau national est désormais descendu à 80 % des capacités initiales. »
- 7:00porte-paroleChiffre
« 9 735 contrôles ont été menés pour vérifier le respect de cet isolement et de cette quarantaine, et 535 verbalisations ont été établies. »
- 8:00porte-parolePromesse
« les aides sont maintenues intégralement au mois de mai, et chacun a donc tout intérêt à ouvrir. »
- 9:00porte-paroleChiffre
« plus de deux adultes sur cinq sont vaccinés et nous avons atteint, comme prévu, les vingt millions de premières injections à la mi-mai »
- 10:00porte-paroleChiffre
« le plan d'investissement dans les compétences, lancé en 2018, et doté de 15 milliards d'euros, vise à offrir des formations et une chance à tous. »
- 11:00porte-paroleChiffre
« le nombre de demandeurs d'emploi et de personnes en insertion, qui se forment, n'a jamais été aussi élevé en France. »
- 12:00porte-paroleChiffre
« le plan a permis de doubler le nombre de formations disponibles. Il y en avait 600 000 au début du quinquennat, il y en a désormais 1,2 million. »
- 13:00porte-paroleChiffre
« 53 % des formés sont peu ou pas qualifiés. »
- 18:00Elisabeth MorenoFait
« La loi du 21 avril 2021, visant à protéger les mineurs contre les infractions de crimes sexuels, crée de nouvelles infractions sexuelles et alourdit les peines encourues. »
- 19:00Elisabeth MorenoFait
« Désormais, aucun adulte ne peut se prévaloir du consentement sexuel d'un enfant s'il a moins de 15 ans. »
- 20:00porte-paroleChiffre
« 10 000 postes de policiers et de gendarmes créés depuis le début de ce quinquennat »
- 21:00porte-paroleChiffre
« près de 2 milliards d'euros en plus dans le budget de la sécurité »
- 22:00porte-paroleChiffre
« 100 euros net de plus par mois pour toutes nos forces de sécurité. »
- 23:00porte-paroleChiffre
« 50 % du parc automobile aura été renouvelé durant ce quinquennat. »
- 26:00porte-parolePromesse
« nous avons atteint, comme prévu, les vingt millions de premières injections à la mi-mai, samedi dernier plus exactement. »
- 27:00porte-parolePromesse
« nous visons désormais le palier suivant, trente millions de personnes vaccinées à la mi-juin. »
- 31:00porte-parolePromesse
« 18 centres de prise en charge des auteurs de violences sur tout le territoire ont vu le jour en 2020 et nous allons en créer une quinzaine d'autres pour que d'ici la fin de cette année »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mesdames, Messieurs, bonjour ! C'est une journée de réouverture, et donc, même si la météo n'est pas tout à fait au rendez-vous, ici, à Paris, une belle journée pour se retrouver ici pour ce compte-rendu du Conseil des ministres, en compagnie de ma collègue ministre déléguée à l'Égalité, Elisabeth Moreno, qui m'accompagne aujourd'hui et qui interviendra dans un instant. Comme prévu, comme annoncé par le président de la République, dès le 31 mars, les mesures seront allégées dans tous les départements de France métropolitaine, aussi sur l'ensemble du territoire, et depuis ce matin, le couvre-feu a été décalé à 21 heures.
L'intégralité des commerces peut rouvrir. Les restaurants et les cafés, pour la première fois depuis l'automne, peuvent à nouveau accueillir des clients en terrasse. La culture et le sport peuvent eux aussi rouvrir.
Cette journée du 19 mai marque le plus grand pas " vers la vie d'avant " réalisé depuis plus de sept mois. C'est aussi la journée des promesses tenues, des objectifs atteints, de la responsabilité qui paye, et de la vaccination qui avance. Depuis des mois, nous avons fait un choix clair et revendiqué : faire confiance aux Français.
C'est ce qui a guidé notre décision de ne pas reconfiner une troisième fois. C'est ce qui nous a poussés à ne pas réinstaurer les attestations de déplacements, et à permettre aux Français de rester dehors autant de temps qu'ils le souhaitaient, en journée, évidemment en respectant les mesures barrières. À chaque fois que nous avons fait le choix de la responsabilité, certains ont répondu que nous faisions un pari insensé.
Or, la responsabilité n'est jamais un pari. C'est au contraire le seul choix avisé, et grâce aux efforts consentis par chacun de nous, l'épidémie a considérablement reculé. En une semaine, le nombre de nouveaux cas détectés a encore reculé de près d'un quart.
Le taux d'incidence national est passé en dessous de 150 et en France métropolitaine, il n'y a plus un seul département où le taux d'incidence dépasse les 300. 3 000 personnes ont quitté l'hôpital au cours de cette dernière semaine, 700 personnes les services de réanimation et le taux d'occupation des réanimations au niveau national est désormais descendu à 80 % des capacités initiales. On compte désormais quatre régions où le taux d'occupation des réas est repassé en dessous des 50 % des capacités initiales : La Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie et la Corse.
Par ailleurs, les disparités régionales continuent à s'amenuiser. l'île de France, les Hauts-de-France et la Normandie sont toujours les trois régions où l'incidence est la plus élevée mais la situation épidémique s'y améliore, quoiqu'un peu plus lentement que sur le reste du territoire national. Mais si nous pouvons nous réjouir aujourd'hui et espérer une sortie durable de la crise sanitaire, c'est parce que nous avançons avec prudence et pragmatisme.
Aujourd'hui marque une réouverture massive, mais certainement pas inconsciente. Nous continuons donc les contrôles importants, notamment aux frontières. À l'heure actuelle, 7 414 personnes sont sous le coup d'une mesure de quarantaine ou d'isolement, parce qu'elles viennent d'un pays particulièrement à risque, figurant sur cette fameuse liste rouge que vous connaissez bien désormais.
Seize pays sont désormais concernés par ces mesures renforcées et les forces de l'ordre accomplissent leur mission depuis le 24 avril. 9 735 contrôles ont été menés pour vérifier le respect de cet isolement et de cette quarantaine, et 535 verbalisations ont été établies. Je rappelle que ces verbalisations donnent lieu à une amende de 1 000 euros, pour ces personnes qui n'ont pas respecté l'isolement ou la quarantaine obligatoire qui leur était demandée.
Sur ce point, le président de la République a rappelé ce matin, en conseil des Ministres, combien cette question des frontières est particulièrement importante, et il a indiqué que la France porterait une position particulièrement exigeante - notamment au Conseil européen qui a lieu la semaine prochaine - en matière de coordination européenne, s'agissant de la reconnaissance des vaccins, qui permettent d'attester de la protection des personnes qui se rendent sur le territoire européen, et s'agissant des critères d'entrée sur notre sol. Nous conservons les gestes barrières et des jauges, qui sont autant d'assurances pour éviter un retour du virus. Nous comprenons très bien la déception de certains, qui espéraient peut-être ouvrir plus rapidement, plus massivement, mais rouvrir trop vite, ce serait prendre le risque de devoir refermer aussitôt.
La prudence est mère de confiance et si nous pouvons aujourd'hui aborder sereinement ces réouvertures, c'est justement parce que nous avançons étape par étape. Je veux dire aussi à tous les restaurateurs ainsi qu'au monde de la culture et du sport que les aides ne s'arrêteront pas. Les aides sont maintenues intégralement au mois de mai, et chacun a donc tout intérêt à ouvrir.
Elles ne s'arrêteront pas du jour au lendemain et s'adapteront très progressivement, en fonction de l'évolution de l'épidémie et du retour de l'activité. Je sais également les craintes de certains, qui repensent à l'année dernière, qui se demandent si le temps est vraiment à l'optimisme. La réponse est claire : il faut évidemment rester vigilant, mais depuis un an la donne a changé.
L'année dernière, nous n'avions qu'un bouclier pour nous battre contre le virus : le masque et les gestes barrières. Désormais, nous avons une arme contre le virus : le vaccin. Grâce à la mobilisation de tous, nous allons de record en record.
Désormais, plus de deux adultes sur cinq sont vaccinés et nous avons atteint, comme prévu, les vingt millions de premières injections à la mi-mai, samedi dernier plus exactement. Nous n'avons jamais raté un objectif de vaccination et nous visons désormais le palier suivant, trente millions de personnes vaccinées à la mi-juin. Vacciner, c'est protéger.
Nous le faisons massivement et nous pouvons dès maintenant porter notre regard vers la prochaine échéance, le 9 juin, avec un couvre-feu décalé à 23 heures, l'ouverture des restaurants en intérieur avec une jauge, et la réouverture des salles de sport, notamment. Mesdames, Messieurs, le président de la République a également, ce matin, particulièrement insisté sur la nécessité de nous engager pleinement et entièrement pour assurer totalement l'autorité de l'État et le respect de celles et ceux qui la font vivre. Le pilonnage massif de la drogue, que nous menons, conduit à des réactions vives des voyous.
Quand on démantèle chaque jour un point de deal, quand on saisit 17 tonnes de cannabis, 2,5 tonnes de cocaïne et qu'on met en cause plus de 4 000 personnes pour trafic de stupéfiants, comme cela a été le cas depuis le mois de janvier, les réactions sont vives, mais nous ne reculerons pas. Nous ne reculerons jamais face à la criminalité, jamais face à la violence, jamais face aux insultes. Nous sommes du côté des forces de l'ordre.
Quand beaucoup ne se paient que des formules et des coups de menton, nous soutenons les forces de l'ordre en mots, mais aussi en actes. Nous sommes présents en augmentant les salaires des gardiens et des gradés de 100 euros nets par mois, en renforçant la formation des policiers, en payant des millions d'heures supplémentaires, en renouvelant la moitié des véhicules, et en rénovant les commissariats et brigades de gendarmerie. Nous sommes présents aussi quand nous renforçons le droit, en supprimant le rappel à la loi, en interdisant les réductions automatiques de peines pour les agresseurs de policiers, et en passant la peine de sûreté à 30 ans, pour les auteurs de crimes contre nos forces de l'ordre.
Ces derniers jours, la question de la violence des mineurs a rejailli. J'ai une pensée pour cet adolescent de 17 ans tué hier dans une rixe dans le Val-de-Marne. Les violences entre bandes sont un fléau, un fléau qui peut être mortel, et ce drame nous conforte dans notre volonté d'agir.
Depuis le début du mois, un plan national de lutte contre les bandes se déploie avec des moyens de police supplémentaires et une action mieux coordonnée, notamment avec les services de l'Éducation nationale. Mesdames, Messieurs, nous avons eu ce matin, également, l'occasion de faire un point sur quelques actions importantes du gouvernement et d'adopter un certain nombre de textes. La première présentation a un écho particulier pour chacun de nous : la lutte contre les discriminations.
L'égalité entre les femmes et les hommes fait partie de notre ADN, et je vais céder tout à l'heure la parole à Elisabeth Moreno, pour faire un point sur les réformes portées par son ministère. Parler de ces sujets, c'est aussi parler, évidemment, de l'égalité des chances, et c'est aussi l'un des moteurs de notre action pour l'emploi et l'insertion. La ministre du Travail et de l'Insertion, Elisabeth Borne, a présenté ce matin une communication sur ce sujet.
Le plan d'investissement dans les compétences, lancé en 2018, et doté de 15 milliards d'euros, vise à offrir des formations et une chance à tous. Le nombre de demandeurs d'emploi et de personnes en insertion, qui se forment, n'a jamais été aussi élevé en France. Le plan a permis de doubler le nombre de formations disponibles.
Il y en avait 600 000 au début du quinquennat, il y en a désormais 1,2 million. Surtout, ces formations ont bénéficié aux plus fragiles. 53 % des formés sont peu ou pas qualifiés.
Elles ont permis d'aiguiller des centaines de milliers de personnes vers des secteurs stratégiques de la reconstruction de notre pays, comme les métiers du numérique ou de la transition écologique. Enfin, ces formations fonctionnent. Jusqu'au début de la crise, on observait que sept personnes formées sur dix trouvaient un emploi moins de six mois après une formation préalable à l'embauche.
Nous avons également adopté ce matin plusieurs textes aux effets très concrets, et je vais les balayer très rapidement : tout d'abord, une ordonnance et un décret fusionnant les ports de Paris, du Havre et de Rouen en un établissement unique, à partir du 1er juin. Nous créons ainsi, autour de l'Axe Seine, le premier ensemble portuaire français, et nous y investissons massivement près de 1,5 milliard d'euros entre 2020 et 2027, pour peser, pour conquérir de nouveaux marchés et nous affirmer plus encore comme un port incontournable en Europe. Ensuite, nous avons examiné plusieurs ordonnances qui transfèrent les compétences, en matière routière, de l'État à la nouvelle collectivité européenne d'Alsace et à l'Eurométropole de Strasbourg.
Vous savez que cette nouvelle collectivité européenne d'Alsace est particulièrement importante, particulièrement attendue par les acteurs, les élus alsaciens, et ces ordonnances viennent parachever cette installation. Enfin, nous avons adopté une ordonnance concernant les services aux familles, c'est-à-dire les modes d'accueil et de garde des enfants, et les dispositifs de soutien à la parentalité. Concrètement, cette ordonnance reconnaît qu'établissements, assistants maternels et gardes d'enfants à domicile sont trois modalités d'un seul et même service.
Il s'agit d'améliorer la coordination entre les différents services, de renforcer l'attractivité et la sécurité du travail extraordinaire d'assistante maternelle. Il s'agit également de favoriser la garde d'enfants atteints de maladies chroniques, en autorisant les professionnels de l'accueil de jeunes enfants à administrer certains soins et certains traitements. Enfin, cette ordonnance va permettre, à titre expérimental, aux collectivités territoriales, de s'associer pour créer sur leur territoire un guichet unique de services aux familles.
Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je pouvais dire de ce conseil des Ministres. Je vais maintenant laisser la parole à ma collègue, Elisabeth Moreno, pour vous présenter les réformes prioritaires de son ministère. Vous aurez ensuite la possibilité de lui poser des questions, et puis je reviendrai devant vous pour parler des autres sujets de l'actualité.
Merci Gabriel. Bonjour à toutes et à tous. Comme vous le savez, le président de la République a fait de l'égalité entre les femmes et les hommes la grande cause du quinquennat et il s'agit, nous le savons, d'un défi qui engage toute notre société, un défi contemporain qui a été exacerbé par la crise sanitaire, et c'est un défi culturel qui nous concerne toutes et tous.
La lutte contre toutes les formes de violence à l'égard des femmes est un volet essentiel de la grande cause qui mobilise le gouvernement dans son entièreté. Notre prise de conscience collective à l'égard de ces violences nous a rendus totalement intransigeants face à ce fléau. Il a engagé la transformation de toute notre société, qui porte désormais un autre regard sur un mal qui a été trop longtemps caché.
Ce regard exigeant, cette vigilance permanente, nous oblige à accélérer toujours davantage nos efforts et ne céder à aucun recul ni trouver aucune excuse. Précarité, inégalité de traitement, violences ; les injustices subies par les femmes sont présentes dans toutes les sphères de notre société. Les combattre nécessite de mobiliser un large spectre de politiques publiques.
Afin que celles-ci soient cohérentes et efficaces, éradiquer ce fléau exige de s'attaquer à la racine des violences, en agissant dès l'éducation, et faire beaucoup, beaucoup de prévention. l'Éducation est le premier levier pour faire reculer ces violences, et avec Jean-Michel Blanquer, elle est au coeur de notre action. C'est pourquoi la culture de l'égalité et la lutte contre les violences font désormais partie intégrante de la formation des enseignants du Service national universel et des cités éducatives.
À la culture de l'égalité auprès des plus jeunes se conjugue la nécessité de mieux les protéger, et dans ce contexte, nous avons renforcé la protection des mineurs face aux crimes sexuels, avec notamment l'allongement à trente ans du délai de prescription, par la loi du 3 août 2018. La loi du 21 avril 2021, visant à protéger les mineurs contre les infractions de crimes sexuels, crée de nouvelles infractions sexuelles et alourdit les peines encourues. Et pour mieux protéger les enfants, désormais, aucun adulte ne peut se prévaloir du consentement sexuel d'un enfant s'il a moins de 15 ans.
Lutter contre les violences dans toutes les sphères de notre société passe aussi par une action forte dans le monde du travail, qui n'est malheureusement pas étanche au fléau du sexisme. La loi du 5 septembre 2018, pour la liberté de choisir son avenir professionnel, a renforcé la lutte et la prévention en matière de harcèlement sexuel et de violences sexistes, en introduisant de nouvelles obligations pour les employeurs, en matière d'information et de détection des situations de harcèlement sur le lieu de travail. Enfin, parce que les femmes doivent se sentir en sécurité partout dans l'espace public, la France a été le premier pays au monde à créer une nouvelle infraction d'outrage sexiste, pour agir contre le harcèlement de rue.
Depuis 2018, plus de 3 000 infractions ont été notifiées par les forces de l'ordre. Toujours dans cet objectif de protection des femmes, le dispositif d'arrêts de bus à la demande a été mis en place dans de très nombreuses villes de France. Permettez-moi maintenant de vous parler du Grenelle des violences conjugales, qui a été lancé le 3 septembre 2019, et qui a constitué à la fois le point d'orgue, mais aussi le catalyseur de la lutte contre les violences intrafamiliales dans notre pays.
C'est la première fois qu'un gouvernement se fixe une ambition aussi élevée en la matière, en synergie avec les associations, avec les experts, avec les victimes, avec les familles de victimes, avec les forces de l'ordre, avec la justice, les magistrats, les élus, mais aussi les familles des victimes, je le dis et je le répète, parce que les violences intrafamiliales prennent des vies, entre deux à trois par jour, tous les ans, dans notre pays. Le 25 novembre 2019, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le Premier ministre a présenté 46 mesures très fortes et très concrètes pour à la fois mieux prévenir les violences, mieux protéger les victimes et aussi punir les acteurs. Un an et demi après, 100 % de ces mesures ont été engagées et 31 d'entre elles sont déjà effectives.
Elles s'appuient sur un effort budgétaire sans précédent. Afin de créer les conditions d'une chaîne de prise en charge efficace et coordonnée, ces mesures suivent le parcours des victimes et elles mobilisent les ministères et les acteurs concernés à chaque étape, de la libération de la parole jusqu'à la sortie effective de ces violences et à un retour à la vie normale. La prise en compte de la parole des victimes constitue la première étape du processus de sortie des violences.
De nombreux leviers ont ainsi été activés ou renforcés. Dès cet été, la plateforme téléphonique 3919 étendra ses horaires 24h/24 et 7J/7 Elle sera accessible aux personnes en situation de handicap, aux personnes aphasiques et elle permettra à toutes les femmes sur l'ensemble de notre territoire de pouvoir être écoutées, accompagnées, aidées et soutenues. Parallèlement, le nombre de signalements sur la plateforme " Violences sexistes et sexuelles " créée en 2018 est en forte hausse et cela témoigne d'une meilleure connaissance des dispositifs d'écoute pour accompagner et orienter les victimes.
La levée du secret médical, en cas de danger immédiat pour la victime, ainsi que la prise de plainte à l'hôpital et la formation des policiers et des gendarmes s'inscrivent également dans cet objectif d'offrir aux victimes une meilleure écoute. Autant de mesures que le Grenelle a pu mettre en oeuvre. Afin de mettre à l'abri les femmes victimes de violences, le gouvernement a ouvert 1 000 places d'hébergement dédiées en 2020 et il en créera encore 1 000 autres en 2021, avec une revalorisation du coût pour permettre un meilleur accompagnement des victimes.
Le nombre de places d'hébergement dédiées sera ainsi augmenté de 60 % depuis 2017. C'est un engagement fort que je porte avec Emmanuel Wargon. Les femmes victimes de violences doivent enfin être protégées dans le temps pour pouvoir se reconstruire et plusieurs dispositifs ont été fortement renforcés depuis 2017 pour atteindre cet objectif.
Ainsi, en 2020, 3 254 ordonnances de protection ont été délivrées, contre 1 388 en 2017. Le déploiement des téléphones grave danger s'accélère, là aussi. Le nombre a triplé depuis 2017.
Un plan d'action pour renforcer l'utilisation des bracelets anti rapprochement, mis à disposition de toutes les juridictions de France depuis décembre 2020, sera engagé par Éric Dupond-Moretti. Parce que protéger les victimes nécessite aussi de prendre en charge les auteurs, 18 centres de prise en charge des auteurs de violences sur tout le territoire ont vu le jour en 2020 et nous allons en créer une quinzaine d'autres pour que d'ici la fin de cette année, sur l'ensemble du territoire, dans l'Hexagone et les territoires ultramarins, les auteurs de violences soient pris en charge. Mesdames et Messieurs, si la prise de conscience de toute la société, la mobilisation des associations et l'action de chaque ministère ont permis une baisse du nombre de féminicides en 2020, le féminicide de Mérignac nous oblige à faire preuve de beaucoup d'humilité et à redoubler d'efforts et rester extrêmement vigilants.
À l'issue de la mission d'inspection diligentée par les ministères de la Justice et de l'Intérieur, dont les conclusions sont attendues le 10 juin prochain, les mesures complémentaires à celles que je vous ai indiquées viendront probablement s'ajouter. La lutte contre les violences faites aux femmes est un combat de chaque instant. C'est un combat juste qui transformera positivement notre société.
Portons-le ensemble. Je vous remercie. Bonjour, Simon Le Baron de France Inter.
Pourquoi mettre en lumière ce sujet aujourd'hui, cette grande cause du quinquennat ? Est-ce que vous estimez, au sein du gouvernement, qu'elle n'est pas assez mise en lumière précisément ? Nous le mettons en lumière, comme nous l'avons mis en lumière depuis maintenant plusieurs mois au sein de ce gouvernement, parce que c'est la grande cause du quinquennat, parce qu'il y a un suivi très régulier, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, de toutes les actions que nous menons pour lutter contre ce fléau des violences conjugales, parce que, aussi, le féminicide de Mérignac a soulevé énormément d'émotion parce qu'il était absolument horrible et qu'il démontre que c'est toute la société qui doit se saisir de cette question et continuer de la porter de manière très volontariste.
Cette grande cause du quinquennat, l'égalité entre les femmes et les hommes, ce sont aussi des symboles. On sait que vous êtes très attachée à l'entrée au Panthéon de l'avocate Gisèle Halimi. Le président pourrait renoncer, en raison notamment de ses engagements anticolonialistes pendant la guerre d'Algérie qui ne plaisent pas à certaines associations, notamment de Pieds-Noirs et de harkis.
Quel est l'état de vos discussions avec le président de la République à ce sujet ? Je ne parlerais pas de renoncement du président de la République dans la mesure où il ne s'était jamais engagé sur cette question. Personnellement, dans les fonctions qui sont les miennes, je suis en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes ; je suis en charge des personnes lesbiennes, gays, bi et trans, Gisèle Halimi a porté ses batailles de manière extrêmement volontariste et je suis convaincue qu'elle a contribué à faire évoluer notre pays sur ces questions.
Elle a lutté pour la dépénalisation de l'homophobie. Elle a porté à l'époque, de manière extrêmement courageuse, le procès des " 343 salopes " et, pour toutes ces raisons, moi je soutiens sa panthéonisation. Mais le président de la République n'a jamais pris d'engagement là-dessus et je crois qu'il ne s'était jamais exprimé, et je ne lui en ai pas reparlé ces derniers jours.
Toute panthéonisation nécessite un consensus. Est-ce que la personnalité de Gisèle Halimi peut faire consensus justement ? Moi, je pense que toutes les personnes qui se battent pour l'égalité des droits humains, toutes les personnes qui se battent pour faire progresser la société sur des questions aussi fondamentales, méritent que l'on regarde la possibilité des panthéonisations.
Et je peux vous assurer que je continuerai de le penser parce que c'est important pour notre pays, surtout dans des moments où il y a tant de discordes. Je pense que, s'il y a un sujet qui doit nous lier, ce sont les droits humains. Et je pense qu'elle les a merveilleusement bien portés.
Merci. Je vous remercie. Je m'inscris vraiment dans les pas de ma collègue pour dire qu'il y a évidemment une réflexion qui se poursuit sur ce sujet-là.
Et, comme l'a dit ma collègue Elisabeth Moreno, il n'y avait pas eu d'annonce mais il y a une réflexion, un travail qui continue à être mené, évidemment. Et Gisèle Halimi, évidemment, fera l'objet d'un hommage national dès lors que ce sera possible pour accueillir le plus grand nombre. Cela avait déjà été annoncé et pour le reste, évidemment, les réflexions se poursuivent.
Il n'y a absolument aucune décision qui a été prise dans un sens ou dans l'autre. Bonjour, Alison Tassin pour TF1 et LCI. Une question d'abord sur la sécurité.
Vous établissez le lien entre les faits qui se déroulent et une forme de recrudescence et l'action du gouvernement. Comment établissez-vous ce lien entre le pilonnage du trafic et les derniers événements ? Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur est actuellement à la manifestation des policiers.
Est-ce bien là la place d'un ministre que de se rendre dans une manifestation ? Je sais qu'il a expliqué qu'il n'était pas là en soutien mais pour rencontrer des policiers. Néanmoins, on n'a jamais vu, par exemple le ministre de la Santé, se rendre dans une manifestation d'infirmiers ou de cadres soignants par exemple, ou Jean-Michel Blanquer aller à une manifestation d'enseignants.
Et puis, par ailleurs, sur la question du pass sanitaire, avez-vous des perspectives quant à sa mise en place au niveau européen ? On sait que le 19 juin, ça fera partie des conditions pour les touristes étrangers pour rentrer en France mais, à l'inverse, est-ce que vous savez quand les Français, eux, pourront se servir de ce pass sanitaire pour aller à l'étranger ? Merci.
Sur la première question, le ministre de l'Intérieur a déjà eu l'occasion de s'exprimer à plusieurs reprises sur ce sujet. Nous avons une action extrêmement volontariste s'agissant de la lutte contre le trafic de drogue. D'abord parce que ça a évidemment un impact sur la santé de nos concitoyens, la drogue, mais aussi parce qu'on sait que le trafic de drogue finance tous les réseaux de criminalité, jusqu'au terrorisme d'ailleurs, dans certains cas.
Et donc cette action et cette lutte absolue contre les drogues, je ne reviens pas sur les chiffres que j'ai évoqués tout à l'heure, 17 tonnes de cannabis saisies depuis le début de l'année, 4 000 personnes interpellées, un point de deal démantelé chaque jour. C'est une offensive extrêmement forte parce qu'on a renforcé les moyens, parce qu'on a créé un office dédié à cette question-là, l'Ofast. Et Gérald Darmanin a déjà eu l'occasion de dire que, oui, quand nous avons cette action extrêmement volontariste, on bouscule des écosystèmes dans un certain nombre de territoires.
Et, en la matière, action volontariste et tranquillité publique font rarement bon ménage. Et c'est vrai que peut-être que certains ont laissé s'installer auparavant une forme de paix sociale dans un certain nombre de territoires où il y avait un certain nombre de règles qui s'étaient substituées ou rajoutées aux règles de la République et un fonctionnement et une économie qui s'étaient installés et qui alimentaient un certain nombre de personnes. Et, quand on va les perturber, ça a forcément un impact derrière sur la délinquance.
Et on a vu un certain nombre de territoires où, après qu'il y ait eu des saisies importantes, des interpellations importantes, il y a eu des troubles et des débordements. Le ministre de l'Intérieur a déjà eu l'occasion de s'exprimer sur ce point et je vous renvoie à ses déclarations. Sur le ministre de l'Intérieur, justement, vous m'interrogez sur sa présence au rassemblement.
D'abord, pour répondre à votre première question : " Est-ce que c'est la place d'un ministre de se rendre dans une manifestation ? " Un ministre peut se rendre à un rassemblement. Je vous donne un exemple.
J'étais moi-même hier dans un rassemblement devant l'Assemblée nationale, en soutien aux Arméniens qui sont aujourd'hui prisonniers de guerre, suite aux conflits que nous avons connus avec le Haut-Karabakh. Là, il s'agit effectivement d'un rassemblement à l'initiative des policiers, de syndicats de policiers, et Gérald Darmanin est le premier des policiers en France aujourd'hui. Moi, j'ai entendu beaucoup de responsables syndicaux des policiers dire qu'il ne s'agissait pas pour eux, ou qu'il s'agissait moins, d'une manifestation avec des revendications syndicales qu'une marche citoyenne, le terme a été employé, je pense notamment à Madame Kebbab de Force ouvrière, a été employé comme ça pour affirmer un soutien des Français aux forces de l'ordre qui font face à des agressions dans leur quotidien, les agressions ont doublé en quinze ans s'agissant des forces de l'ordre, qui font face à des refus d'obtempérer qui se multiplient, il y en a un toutes les 30 minutes dans notre pays, et qui travaillent donc dans des conditions extraordinairement difficiles.
Et donc, pour vous répondre, oui le ministre de l'Intérieur a tout à fait vocation dans un rassemblement qui vise à affirmer le soutien à nos forces de l'ordre, la nécessité d'en faire davantage pour les protéger, a tout à fait vocation à s'y rendre pour échanger avec les forces de l'ordre. Et précisément parce qu'au-delà des mots, au-delà des symboles, au-delà de la présence dans un rassemblement, nous agissons. 10 000 postes de policiers et de gendarmes créés depuis le début de ce quinquennat, près de 2 milliards d'euros en plus dans le budget de la sécurité, 100 euros net de plus par mois pour toutes nos forces de sécurité.
Le renouvellement du parc automobile de nos policiers. 50 % du parc automobile aura été renouvelé durant ce quinquennat. Ça peut paraître, pour certains, anecdotique mais, quand vous êtes un policier, que vous devez courser un voyou, que vous rentrez dans la voiture et qu'elle ne démarre pas ou, si vous faites l'objet d'attaques de la part de voyous et que votre voiture ne démarre pas, c'est du très concret.
Et donc on agit de manière très volontariste sur cette question des moyens pour leur permettre d'agir efficacement et les moyens de se protéger. Et il y a un deuxième enjeu, sur lequel est d'ailleurs revenu aussi ce matin le président de la République, qui est celui de l'efficacité, de la rapidité et de la fermeté de la réponse pénale où, là aussi, il y a évidemment un enjeu, nous le savons, dans notre pays. D'abord, s'agissant des mesures pénales pour ceux qui s'en prennent à nos forces de l'ordre, j'ai eu l'occasion d'y revenir dans mon intervention liminaire.
On avait déjà pris un certain nombre de mesures. On en a annoncé de nouvelles à la suite d'une réunion avec les syndicats de policiers mais d'une manière générale, pour un fonctionnement plus rapide de notre justice. Moi je veux rendre hommage au travail des magistrats, au travail des procureurs, au travail des greffiers qui, au quotidien, agissent pour ce service public de la justice.
Et ils ont besoin de moyens supplémentaires pour agir. Et c'est pour ça qu'il y a une augmentation historique du budget du ministère de la Justice, + 8 %, qu'on franchit le cap des 9 000 magistrats, qu'on recrutera 2 000 nouveaux professionnels d'ici à cet été. Tout ça, c'est aussi du très concret.
C'est pour ça aussi, puisqu'on parlait tout à l'heure de la question des bandes, c'est pour ça qu'on a agi en réformant le Code de justice des mineurs parce que ce n'est pas normal que, quand un délinquant mineur commet un délit, il mette 12, 18, voire 24 mois avant d'être jugé. Et donc on s'est donné un objectif et on s'est donné les moyens d'y parvenir : six mois maximum pour une comparution après la commission des faits. Ça c'est du très concret aussi et je crois profondément, pour échanger régulièrement avec un certain nombre d'entre eux, je crois profondément que c'est cela qu'attendent nos forces de l'ordre aujourd'hui dans notre pays.
On est au rendez-vous, et on continuera à l'être. Il y avait une troisième question, sur le pass sanitaire. Pour ce qui est du niveau européen.
Aujourd'hui, nous sommes dans la phase de ce que l'on appelle le trilogue, des discussions entre la Commission et le Parlement, notamment sur la mise en place du pass sanitaire, qui sera, je crois, définitivement approuvé à la fin du mois de mai pour ce qui est du dispositif et du cadre européen. Mais la France va, entre guillemets, importer la solution technique européenne en amont de cet accord, et en amont de cette validation au niveau européen. Ce sera le cas dès les premiers jours du mois de juin, et Cédric O pourrait vous en parler mieux que moi s'agissant du volet technique.
Ensuite, je vous renvoie à la prochaine échéance, qui est celle du 9 juin, date à laquelle il y aura un certain nombre d'assouplissements sur les déplacements internationaux, un assouplissement sur les motifs impérieux. Il y a aujourd'hui une réunion qui se tient, au niveau européen, du Core / Paire, qui doit adopter une recommandation européenne sur cette question-là, qui devrait établir trois listes de pays. Une liste verte, c'est-à-dire des pays où la circulation du virus, la circulation sanitaire, ne justifie pas de restrictions particulières pour des déplacements avec, ou depuis l'Union européenne.
Les critères, ce sont notamment le taux d'incidence, le taux de dépistage et le taux de positivité des tests, il me semble. Ensuite une liste de pays on va dire orange, où la situation est entre deux, et où il y aura des motifs impérieux qui pourront s'appliquer, et des demandes qui seront vérifiées via le pass sanitaire. Et puis une liste rouge, qui correspond à celle que nous avons aujourd'hui en France, en tout cas à cette logique de pays avec lesquels nous souhaitons une vigilance et un cadre particulièrement renforcés pour protéger notamment de l'arrivée de nouveaux variants.
C'est aujourd'hui qu'a lieu cette réunion. C'est aujourd'hui que doit être adoptée cette recommandation, et évidemment, c'est une recommandation que nous aurons vocation à appliquer en France. Bonjour, Ania Nussbaum de Bloomberg News.
Pour rebondir sur cette question-là, le président de la République avait dit sur CBS, dans une interview, que les citoyens américains vaccinés pourraient venir en France, sur le territoire français, à partir du 9 juin. Est-ce que ce calendrier-là, par exemple, est toujours tenable ? Nous avons toujours cet objectif, évidemment.
Il y a un travail extrêmement nourri entre la France et les États-Unis, mais en réalité aussi entre l'Europe et les États-Unis. Il y a des enjeux, notamment techniques, notamment sur la certification dématérialisée de la vaccination. Vous savez qu'aujourd'hui, aux États-Unis, elle n'est pas produite de la même manière que chez nous.
Donc il y a ce travail-là qui est en cours, ce qui montre qu'on fait tout pour avancer, et évidemment arriver à cette échéance. Et une question sur les relations internationales. La France, hier, a fait circuler une proposition de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies sur Gaza, qui appelle à la cessation des hostilités.
Est-ce que vous êtes confiant sur l'aboutissement de cette proposition ? Et surtout, comment est-ce que les partenaires de la France, notamment les États-Unis, ont reçu cette proposition de résolution ? Effectivement, nous avons transmis hier une proposition de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies.
Je veux rappeler que la France, le président de la République, suivent de très près, et conduisent une offensive diplomatique sur cette question-là depuis maintenant plusieurs jours. Parce que la situation est inquiétante, parce qu'on a assisté à une escalade grave dans ce conflit, parce que vous avez aujourd'hui des citoyens israéliens, et des Français d'ailleurs aussi qui résident en Israël, qui sont sous la menace de roquettes qui sont tirées sur eux, et parce qu'évidemment, personne ne souhaite que l'escalade se poursuive, avec les conséquences qu'elle pourrait entraîner sur les civils notamment. Donc nous demandons un cessez-le-feu, nous souhaitons un cessez-le-feu.
C'est le sens de la résolution qui a été transmise au Conseil de sécurité des Nations unies. Vous me demandez comment cette proposition de résolution a été reçue, notamment par nos partenaires américains. Difficile pour moi de répondre à leur place, et je suis sûr qu'ils auront l'occasion de s'exprimer.
En tout cas, ce que je peux vous dire moi, en tant que porte-parole du gouvernement français, c'est qu'il y a des discussions très nourries en ce moment, avec les Américains notamment, sur ce sujet. Bonjour, Jacques Serais, RTL. En ce jour de nouvelle étape de déconfinement, est-ce que vous écartez totalement l'idée de revenir sur ce calendrier ?
Les Français peuvent-ils se baser dessus pour les prochaines semaines, les prochains mois ? N'y a-t-il aucun risque de retour en arrière, même en cas de reprise de l'épidémie ? Alors je vous renvoie vraiment à la méthodologie qui est la nôtre.
Je le disais tout à l'heure, on a fait le choix d'avancer de manière prudente, pragmatique, étape par étape, de manière sécurisée. Le dispositif qui a été annoncé, c'est un allègement des restrictions progressif, étape par étape ; trois grandes étapes, la première est aujourd'hui, qui concernent tout le territoire national. Et à côté de ces mesures nationales, il y a un dispositif de frein d'urgence dans le cas où serait constatée dans un département une reprise très forte de l'épidémie, je ne vous rappelle pas les critères qui ont été fixés, mais une reprise importante de l'épidémie.
Et dans ces cas-là, évidemment que le franchissement d'une étape supplémentaire serait retardé. C'est pour ça que je redis qu'il faut avancer évidemment avec confiance, avec satisfaction aussi parce que ça avance, mais avec prudence et vigilance parce que nous ne sommes pas sortis de l'épidémie. Et donc cette vigilance doit demeurer.
Question d'un tout autre ordre, d'ordre footballistique : Didier Deschamps a annoncé sa liste pour l'Euro. Karim Benzema est de nouveau sélectionné en équipe de France. On sait le président passionné de football.
En avez-vous parlé avant ou après le Conseil des ministres ? Est-ce que le chef de l'État se réjouit du retour de Karim Benzema ? Je n'ai pas d'information à vous donner sur ce sujet-là.
Le chef de l'État n'émet pas de regard, de recommandation ou de jugement sur la sélection de Didier Deschamps, tout comme Didier Deschamps n'émet pas de jugement sur les remaniements ministériels, par exemple. Évidemment, nous faisons confiance à notre sélectionneur pour faire ses choix, et donc il n'en a pas été question ni pendant, ni avant, ni après le conseil des ministres. Bonjour, [INAUDIBLE] de BFMTV, je voulais vous interroger, et savoir si vous en avez parlé au Conseil des ministres, sur la très forte présence des politiques de tous bords dans cette manifestation.
Il y a quasiment toute la droite. Le Rassemblement National est également représenté. Il y a une grande partie de la gauche, hormis les Insoumis et Europe Écologie-Les Verts.
Qu'est-ce que ça vous inspire, cette très forte présence des politiques ? Est-ce qu'aujourd'hui, la question policière est unanimement reprise par toutes les forces, et est-elle inévitable ? Et puis, j'avais une autre question, de l'observation.
Cette manifestation a nécessité beaucoup d'installation devant l'Assemblée nationale, il y a une tribune qui a été dressée. Les policiers sont statiques devant l'Assemblée nationale, ce qui n'est pas autorisé pour la plupart des autres manifestations en général. Est-ce que vous ne craignez pas que, parfois, certains Français se disent qu'il y a deux poids, deux mesures dans la possibilité et l'autorisation de manifester ?
Je vous remercie. Alors sur le premier point, effectivement, j'ai noté qu'il y avait une très forte diversité politique présente dans cette manifestation, ce qui pour moi, d'ailleurs, rejoint ce que je disais tout à l'heure sur le caractère je crois dépolitisé de cette démarche, cette démarche très citoyenne si elle rassemble une telle pluralité politique. Moi, évidemment, je ne peux que me réjouir qu'une large partie des formations politiques défendent nos policiers, soutiennent nos policiers, et soutiennent toute action qui permet de renforcer leur protection et leurs moyens.
Vous avez indiqué qu'il y a eu une formation politique qui a annoncé qu'elle refusait de participer. C'est moins le refus de participer que le fait que cela renvoie par ailleurs à un certain nombre de déclarations à l'encontre de nos forces de l'ordre, qui me frappe. Quand on assimile nos policiers à des barbares, comme cela a pu être fait, quand on cherche en permanence à les attaquer, à les accuser, il y a une certaine logique derrière à refuser de participer à cette manifestation.
Nous, nous assumons d'être du côté des forces de l'ordre, et pas de la force du désordre comme certains autres. C'est à eux aussi d'assumer leurs choix et leur prise de parole. Sur le dernier point, je vous avoue que je n'ai pas d'information sur les conditions d'organisation de ce rassemblement, mais je vous disais tout à l'heure que j'étais moi-même à un rassemblement au même endroit devant l'Assemblée nationale hier, et que les personnes étaient statiques et qu'il y avait une tribune.
Donc ça a déjà été le cas, et vraiment, je n'ai pas été associé à l'organisation concrète du rassemblement et je ne sais pas dans quelles conditions il se déroule, donc je peux difficilement vous répondre très précisément et avec beaucoup d'assurance. J'ai une question sur Air France-KLM. La justice européenne a en gros remis en question des aides attribuées par les Pays-Bas à Air France-KLM, en remettant en question la justification de ces aides.
Bref, est ce que l'Union européenne est trop procédurière sur les aides d'État, selon vous ? Je n'ai pas d'information sur ce dossier. Je suis vraiment désolé, mais voilà, je suis transparent !
S'il n'y a pas d'autres questions, je vous remercie, et je vous dis à la semaine prochaine.
Gabriel Attal