Florian Philippot, invité de PPDA (18.03.15)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Réaction sur l'attentat terroriste à Tunis et lien avec la Libye ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Croyez-vous à une alliance Sarkozy-Mélenchon via Patrick Buisson ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Que pensez-vous des accusations d'immunité parlementaire contre le FN ?
- 6:00OuverteRéponse partielle
Sur les retraites, vous êtes pour l'allongement ?
- 8:00OuverteRéponse directe
La laïcité à Châlons-sur-Saône : étendre les menus de substitution ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Objectif : maillage territorial pour la présidentielle 2017 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Florian PhilippotFait
« la Tunisie est victime d'une déstabilisation régionale majeure d'un chaos régional, notamment du fait de l'intervention en 2011 en Libye, qui a créé un drame absolu, qui a mis au pouvoir les djihadistes. »
- 3:00Florian PhilippotFait
« Nous avions dit nous-mêmes, Marine Le Pen, moi-même, d'autres, pendant la campagne de 2012, qu'il y avait une curieuse alliance entre Nicolas Sarkozy et Jean-Luc Mélenchon. »
- 7:00Florian PhilippotFait
« On a quand même vu des sites, à part où on a des candidats FN, qui comparent Christine Taubira à un singe. »
- 11:00Florian PhilippotFait
« Sarkozy nous court toujours après, quelques jours avant les élections. »
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Radio Classique, l'invité du soir de Patrick Poivre d'Arvore. Cet invité est Florian Philippot, bonsoir. Bonsoir.
Vice-président du Front National. Je veux d'abord vous demander votre réaction sur l'actualité du jour, à savoir ce terrible attentat terroriste à Tunis. C'est évidemment une nouvelle tragédie.
On est en solidarité, je crois, tous ce soir avec le peuple tunisien, également avec les pays dont des ressortissants ont été touchés, des touristes, plusieurs pays européens, et puis avec nos compatriotes qui ont été blessés, puisqu'il y en a malheureusement. Voilà, c'est une nouvelle tragédie, un nouveau drame de l'islamisme radical, dans un pays en plus qui vient d'élire une majorité qui combat l'islamisme. Donc on était tous heureux de cette majorité et on voit le pays déstabilisé.
Et dans votre communiqué, vous avez laissé entendre que c'est parce que justement, il y a eu la Libye et notamment l'intervention française et anglaise là-bas. Il est évident que la Tunisie est victime d'une déstabilisation régionale, majeure d'un chaos régional, notamment du fait de l'intervention en 2011 en Libye, qui a créé un drame absolu, qui a mis au pouvoir les djihadistes. Et on le paye très cher, alors la Tunisie en premier lieu, parce qu'elle est à côté, mais on le paye tous très cher.
Et je crois qu'il faudra bien qu'un jour que les responsables français, notamment qui se sont impliqués dans cette aventure libyenne que le Front avait dénoncée avec force seul à l'époque, je le rappelle, en 2011, et bien rendre des comptes. C'est-à-dire donc Nicolas Sarkozy et les gens qui sont partis en guerre en Libye ? Ils étaient tous pour Sarkozy, évidemment on était le premier responsable, mais le parti socialiste soutenait cela.
Puis je crois que ce drame, cet attentat, nous incite davantage encore à nous protéger et à riposter. Et je pense qu'il est maintenant urgent que la France retrouve des frontières nationales, qu'on suspende Schengen le plus rapidement possible. On voit bien que le danger devient absolument insurmontable si on ne réagit pas rapidement.
Encore un mot pour rebondir sur la chronique d'Astrid Devilaine. Vous y croyez, vous, à un Patrick Buisson qui peut conseiller Jean-Luc Mélenchon ? Totalement et d'autant plus qu'on pourra d'ailleurs retrouver les archives.
Nous avions dit nous-mêmes, Marine Le Pen, moi-même, d'autres, pendant la campagne de 2012, qu'il y avait une curieuse alliance entre Nicolas Sarkozy et Jean-Luc Mélenchon, qu'aucun des deux n'attaquait l'autre. Et qu'une certaine presse réputée favorable à Nicolas Sarkozy était également très favorable à Jean-Luc Mélenchon. Ce qui nous avait étonnés à l'époque, on l'avait noté publiquement.
Il se faisait la courte échelle l'un l'autre. Vous croyez que c'était un de vos amis d'origine, puisqu'il était de la guerre à Minute, plutôt proche de l'extrême droite ? Je ne suis pas du tout proche de Minute.
Et M. Buisson, je ne le connais pas du tout, pour le coup. Moi, je ne l'ai jamais...
Si je l'ai rencontré une fois pour une émission de télévision, c'est tout. Mais sinon, je ne le connais pas du tout. Et non, je ne me sens pas proche de lui.
Même si sur certaines idées, on peut se retrouver. Mais sur beaucoup d'autres, non. Voilà, cette histoire, je pense, finira discréditer Jean-Luc Mélenchon.
Parce que je ne crois pas beaucoup à cette dénégation. Alors, encore Astrid de Villene. Puisqu'elle nous a parlé d'immunité parlementaire.
Là, on parlait de Patrick Balkany. Il est beaucoup question d'immunité aujourd'hui. Parce que ce matin, Jean-Christophe Cambadélis a déclaré que le FN bénéficie d'immunité.
En faisant référence à une soixantaine de départements où des candidats FN auraient, selon lui, tenu des propos homophobes, islamophobes, racistes, antisémites. Oui, enfin, selon lui, ce qui est une nouvelle fois un mensonge, quasiment une diffamation. Et si vous voulez recevoir des leçons de morale de la part de M.
Cambadélis, qui est un repris de justice, M. Cambadélis ferait mieux de se faire tout petit. Moi, je pense que dans son cas, on aurait même dû avoir la décence d'arrêter la politique quand on a été condamné pour ce qu'il a été condamné.
Et je n'ai aucune leçon, et nos électeurs non plus, les patriotes non plus, à recevoir de la part de M. Cambadélis. On a quand même vu des sites, à part où on a des candidats FN, qui comparent Christine Taubira à un singe.
Non, mais qu'il y ait eu quelques dérapages d'avant la campagne. D'ailleurs, en ce moment, on va rechercher des Facebooks de 2010, 2011, 2012. Bien sûr, nous l'avons dit, nous avons pris nos responsabilités.
Mais moi, je peux aussi vous faire la liste des candidats. C'est facile, ça. UMP et PS qui ont été condamnés, qui ont dérapé.
On peut en citer plusieurs candidats UMP qui ont été condamnés pour avoir détourné l'argent d'associations de personnes handicapées. On peut rappeler cette phrase de M. Guérini en 2011, qui disait qu'il y avait 57 hauts responsables socialistes qui étaient toujours en poste et qui avaient d'importantes responsabilités au Parti socialiste, alors qu'ils étaient mis en examen ou condamnés.
Donc, je veux dire, avant de condamner, avant d'attaquer les autres, je pense que le Parti socialiste ferait mieux de balayer devant sa porte. Parce qu'en matière de justice, de condamnation et de morale et de probité, il a beaucoup de comptes à rendre et beaucoup de ménage encore à faire. Donc, on n'a pas de leçons à recevoir de ces gens-là.
Et puis, j'ai bien compris la petite technique. On passe son temps, pendant cette campagne, à parler de ces histoires-là, à parler d'une dizaine de cas sur 7650 candidats, pour ne pas parler du fond. Parce que c'est ça le but du Parti socialiste.
C'est qu'on ne parle pas du fond, des départements, des propositions et du bilan catastrophique du Parti socialiste comme de l'UMP, d'ailleurs. Et le fond, si vous me parlez, dans les commentaires que nous recevons, ils n'attendent pas tant des critiques, comme vous en faites régulièrement, aussi bien de Manuel Valls que de Nicolas Sarkozy, mais ils veulent qu'on leur parle retraite, pouvoir d'achat, logement, des choses concrètes. Et les gens trouvent que c'est absent de la campagne.
C'est absent parce qu'on va très peu sur ces sujets-là. Moi, je suis très rarement interrogé sur ces sujets-là. Et là, si j'ai l'occasion d'en parler, je m'en réjouis.
Il y a eu quelques débats, c'est vrai, de fond, et je m'en réjouis aussi. Par exemple, sur les retraites, vous, vous êtes pour l'allongement de...
Attendez, si on parle des départementales qui sont dans quelques jours, ce n'est pas dans les compétences du département. En revanche, en ce qui concerne les retraités, les personnes âgées, il y a des choses dans la politique de solidarité du département, notamment l'APA, qu'on souhaite revaloriser, ainsi qu'aider les familles face à la dépendance. Ça, ça relève de la politique de solidarité du département.
Je note quand même que le seul vote utile pour sauver le département, de manière claire et nette, c'est le vote Front National-Rassemblement Bleu Marine. C'est le seul qui dit qu'il faut sauver, il faut préserver cette collectivité de proximité qu'est le département. En revanche, nous ne sommes pas favorables aux grosses régions.
On pense même que les régions ne devraient pas avoir d'élus propres. Il suffirait de réunir...
Oui, sauf qu'elles existent. Elles sont 13 maintenant, elles étaient 26. Pas éternellement.
C'est-à-dire que si vous arrivez au pouvoir, vous remettez en cause complètement. Mais bien sûr, non seulement on remettra ça en cause, parce que ça fait sortir des millions de Français des écrans radars. Je suis désolé, moi, la grande région que je connais bien, Alca, vous voyez comme c'est l'est d'ailleurs, Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne, aura pour capitale Strasbourg.
Imaginez les habitants de Champagne-Ardenne qui vivent à plusieurs centaines de kilomètres de Strasbourg. Ils seront totalement en dehors des écrans radars des politiques publiques. Politiques pour les personnes âgées, pour les personnes handicapées, pour la petite enfance, etc.
Donc, non seulement on remettra ça en cause, mais en plus, on pense que les régions ne doivent pas avoir d'élus propres, ni de structures par administratives, etc., qui coûtent très cher, comme les conseils économiques et sociaux régionaux, par exemple. Ça doit être de simples organes de coordination des politiques départementales.
Ça sera beaucoup plus simple pour tout le monde à comprendre et beaucoup moins coûteux pour les finances publiques et donc pour le pouvoir d'achat des Français. Ça, c'est concret. Mais c'est vrai que Manuel Valls, dans son hystérie, sa croisade hystérique, veut parler de tout, sauf du fond.
Parce que ça le dérange qu'on parle du fond. Il ne parle pas du fond, mais il parle du front, en tout cas. Il parle du front plus que du fond.
C'est une évidence d'une façon d'ailleurs totalement irresponsable, qui n'est pas sans conséquence, d'ailleurs, concrète. Parce que quand on stigmatise, quand on revendique de vouloir stigmatiser un parti politique, comme il l'a fait, et donc des électeurs derrière, ça n'est pas sans conséquence. Nous avons hier une militante de 83 ans qui s'est faite violemment agresser dans la rue.
Pendant qu'elle collait les affiches, M. Valls a créé une ambiance. Ils ont des autres exemples de militants aussi qui s'en prennent à d'autres.
Oui, mais c'est quand même une première, et c'est inédit qu'un Premier ministre crée une ambiance de chasse aux sorcières. Donc je lui demande de s'arrêter, de reprendre ses esprits, de revenir à la responsabilité. Et je dis à M.
Valls, reprenez vos esprits, soyez dignes de votre fonction. On attend de vous que vous vous occupiez des affaires des Français et que vous arrêtiez de stigmatiser, comme vous le dites, un parti politique qui est protégé par l'article 4 de la Constitution française et des électeurs qui méritent autant que vous le respect, parce que ce sont des électeurs français qui sont patriotes, qui aiment leur pays. C'est peut-être ça qui le dérange.
C'est qu'effectivement, ils aiment leur pays. Et au fond de vous-même, Florian Philippot, vous vous dites quand même, à force de dire le front, le front, le front, que ce soit à gauche comme à droite, c'est peut-être pas si mal pour vous, d'une certaine façon. La stigmatisation, parfois, vous avez joué sur la victimisation, donc ça peut parfois...
Non, je m'en passerais bien, parce que j'aimerais qu'on soit dans une république apaisée où on a un débat normal, où on puisse débattre d'Europe, de politique économique, de politique d'immigration, de lutte contre l'islamisme qui n'est pas menée, tranquillement, sereinement, même si les opinions sont très divergentes et très tranchées. C'est la démocratie. Et voilà, plutôt que d'avoir une espèce de fuite en avant hystérique à la tête de l'État, qui me fatigue profondément, et qui, encore une fois, crée un climat d'agressivité qui n'est pas tolérable et qui n'est pas responsable.
Alors, sur un sujet très concret, abordé, par exemple, il y a quelques jours par Nicolas Sarkozy, la décision du maire de Châlons-sur-Saône de supprimer le menu de substitution au port dans les cantines au nom de la laïcité. Vous êtes pauvre et vous souhaiteriez que ça soit étendu sur l'ensemble du territoire ? Je dis que les maires sont libres et que, si vous voulez, une cantine scolaire ne doit pas s'intéresser à la religion.
Elle doit s'intéresser à deux choses. L'accès social à la cantine pour les enfants et les familles et, deux, l'équilibre alimentaire. Pour qu'au moins, les enfants aient un repas convenable au moins dans la journée.
Imaginez ces enfants à qui on a appris à ne jamais manger du porc qui sont obligés d'en manger. Ça ne peut pas être la considération d'une cantine scolaire. Là, il n'y a plus de limites.
Il n'y a plus aucune limite. On va devoir adapter les cours, les cours d'histoire, etc. C'est le repas de substitution.
Puis, ce sera les horaires de substitution dans les piscines. Puis, ce sera les jours fériés de substitution, comme ils l'ont fait d'ailleurs à Outre-mer, puisque ça a été voté dans le cadre de la loi Macron. On a remplacé des jours fériés traditionnels par des jours fériés religieux, musulmans, etc.
Et puis, un jour, ce sera la loi de substitution dans certains quartiers. Ce ne sera plus la loi de République, ce sera une autre loi. Donc, on voit bien que c'est une dérive communautariste sans fin.
La cantine scolaire doit s'intéresser à la laïcité et doit s'intéresser à l'équilibre alimentaire. Mais M. Sarkozy n'a aucune leçon à donner là-dessus.
Là, il est normal. Il ne donne pas de leçon, il se rapproche de votre position. Oui, mais comme toujours.
Il nous court toujours après. Sarkozy nous court toujours après, quelques jours avant les élections. C'est classique.
Souvenez-vous, aux Européennes en 2014. Trois jours avant le scrutin, il sort une tribune dans laquelle il défend la souveraineté nationale et les frontières contre Schengen. Alors que quand il était au pouvoir, il a fait tout l'inverse.
Il a anéanti la souveraineté nationale et il a continué Schengen. C'est la même chose en matière de laïcité. M.
Sarkozy, je le rappelle, est un communautariste. Il est favorable à la discrimination positive, il l'a dit. Et c'est lui qui avait fait cette annonce incroyable et anti-républicaine de dire « Je nomme un préfet parce qu'il est musulman ».
Ça, c'est communautariste et ça prouve que Sarkozy est dans l'enfumage électoraliste mais dans l'insincérité encore une fois. Florian Philippou, il nous reste une poignée de secondes. Pendant très longtemps, on a dit le Front National, les élections locales, ils n'y arrivent pas.
C'est très difficile. Ce n'est pas pour eux. Là, visiblement, Marine Le Pen nous dit que sans maillage territorial important, il n'y a pas de succès à la présidentielle.
Pour vous, ça reste l'objectif quand même, numéro un. Il faut faire décoller la fusée départementale pour mettre en orbite à l'ISN Marine Le Pen. Effectivement, on a cet objectif-là et en même temps d'améliorer la vie au quotidien dans les départements et de sauver le département.
Et puis, si on peut mettre une petite fessée électorale puisque celle-ci est encore autorisée par l'Europe à M. Valls et à M. Hollande, il ne faut pas s'en priver.
Vous êtes député européen, vous pouvez légiférer sur ce sujet. Merci Florian Philippou. Il est 19h27 sur Radio Classique dans un instant, 24h du Monde, d'actualité internationale.
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Florian Philippot