Caroline Yadan : la guerre au Moyen-Orient « peut être un chemin vers la paix » • RFI
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:27OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous diriez que cette guerre n'est pas la nôtre ?
- 1:41RelanceRéponse directe
Donc vous nous dites qu'il faut aller au bout de cette guerre, au bout de ce conflit, jusqu'à la chute de la République islamique, et que oui, cette guerre est justifiée.
- 2:49OuverteRéponse directe
Vous pensez que de cette guerre, un nouveau Moyen-Orient peut éclore ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que les habitants d'Israël que vous avez rencontrés attendent, eux, de cette guerre ?
- 4:09RelanceRéponse directe
Est-ce que l'opération israélienne vous semble proportionnée, Caroline Gadot ?
- 4:48RelanceRéponse directe
Mais est-ce que le désarmement du Hezbollah doit passer par cette guerre et par cette offensive menée par Israël ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« La question est, qu'est-ce qu'on fait demain si l'Iran arrive à se doter de l'arme nucléaire ? »
- 0:41Invité politiqueFait
« un régime qui est le régime de la République islamique, qui est un régime de terreur, de terreur intérieure, de terreur extérieure »
- 1:54Invité politiqueFait
« C'est une guerre qui a trois objectifs, un objectif militaire, un objectif diplomatique, un objectif politique »
- 2:00Invité politiqueFait
« un objectif militaire d'abord qui est évidemment faire en sorte de réduire à néant, si possible, l'ensemble de l'arsenal militaire et balistique et nucléaire. »
- 2:12Invité politiqueFait
« C'est diplomatique, faire en sorte que cette République islamique d'Iran soit mise au banc des nations. »
- 3:11Invité politiqueFait
« les habitants d'Israël, ils vivent sous les menaces des roquettes non-stop depuis plus de 20 ans. »
- 4:23Invité politiqueFait
« des négociations directes qui sont très novatrices et qui ont été décidées le 2 mars dernier par le gouvernement libanais »
- 4:28Invité politiqueFait
« qui a aussi décidé de déclarer le Hezbollah hors la loi. »
- 4:45Invité politiqueFait
« Le désarmement du Hezbollah, il doit intervenir depuis plus de 20 ans. »
- 5:01Invité politiqueFait
« depuis plus de 20 ans, il y a la finule qui est déployée et cette finule dans le sud Liban qui menace directement Israël »
- 7:04Invité politiqueFait
« l'antisémitisme, ce n'est pas un mot virtuel, c'est une réalité. »
- 7:10Invité politiqueFait
« c'est celle qu'ont vécu par exemple avant-hier les étudiants de Nanterre, de la faculté de Nanterre. »
- 7:41Invité politiqueFait
« C'est un délit d'appel à la destruction d'un État reconnu par la République française en méconnaissance du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes »
- 7:57Invité politiqueFait
« Ce texte ne vise pas particulièrement Israël. »
- 8:20Invité politiqueFait
« Il faut détruire la Palestine ? Absolument. Absolument. »
Temps de parole
- Caroline Yadan78 %
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Dans notre studio ce matin, pour répondre aux questions d'Arnaud Pontus, Caroline Yadon, députée de la 8e circonscription des Français de l'étranger, apparentée au groupe Ensemble pour la République.
Bonjour Caroline Yadon. Bonjour Arnaud Pontus. Soyez la bienvenue sur RFI. Les députés français ont débattu hier à l'Assemblée de la situation au Moyen-Orient. La France ne se laissera pas entraîner dans une guerre qu'elle n'a pas choisie, a redit le Premier ministre Sébastien Lecornu, en tant que parlementaire française. Est-ce que vous diriez que cette guerre n'est pas la nôtre ?
Je dirais, posons-nous une question. La question est, qu'est-ce qu'on fait demain si l'Iran arrive à se doter de l'arme nucléaire ? La question est que nous avons face à nous un régime, qui est le régime de la République islamique, qui est un régime de terreur, de terreur intérieure, de terreur extérieure, un régime qui arme le terrorisme dans le monde, un régime qui est une menace pour la paix dans le monde, un régime qui menace d'anéantissement son voisin, un régime évidemment, on le sait, qui massacre son peuple. Et c'est aujourd'hui, il me semble, non pas un affrontement régional, mais un affrontement pour l'avenir des démocraties qui se jouent.
Et il me semble aujourd'hui que ce régime-là est affaibli comme jamais, et que le monde doit aussi en tirer parti, parce que si demain le régime des Mollahs est affaibli ou même chute, et bien ce sera évidemment salvateur.
Donc vous nous dites qu'il faut aller au bout de cette guerre, au bout de ce conflit, jusqu'à la chute de la République islamique, et que oui, cette guerre est justifiée.
En tout cas, c'est un combat contre le djihadisme dans toutes ses formes. C'est une guerre qui a trois objectifs, un objectif militaire, un objectif diplomatique, un objectif politique, un objectif militaire d'abord qui est évidemment faire en sorte de réduire à néant, si possible, l'ensemble de l'arsenal militaire et balistique et nucléaire. C'est diplomatique, faire en sorte que cette République islamique d'Iran soit mise au banc des nations. Et enfin, politique, oui, en espérant l'affaiblissement ou en tout cas la chute du régime des Mollahs.
La chute du régime des Mollahs, c'est l'objectif poursuivi par Israël, l'objectif poursuivi par les Etats-Unis. Il est encore flou alors qu'il est, Caroline Adam.
Oui, bien sûr, on ne sait pas où ça peut aller, mais moi je fais partie de ces personnes optimistes qui pensent que ça peut aussi favoriser les accords d'Abraham demain, peut-être que d'autres pays.
Vous pensez que de cette guerre, un nouveau Moyen-Orient peut éclore ?
Oui, je pense que peut-être que ça peut être un chemin vers la paix.
Vous êtes députée des Français de l'étranger, notamment des Français d'Israël. Vous étiez en Israël il y a quelques jours, vous y êtes resté trois semaines, vous y étiez même au moment du déclenchement des frappes. Qu'est-ce que les habitants d'Israël que vous avez rencontrés attendent, eux, de cette guerre ?
Je vais vous dire, les habitants d'Israël, ils vivent sous les menaces des roquettes non-stop depuis plus de 20 ans. Et donc les habitants d'Israël, ils en ont assez et ils veulent avoir tout simplement une vie normale qui ne soit pas dans les abris constamment. Donc moi j'ai rencontré et j'ai été en contact avec les Français de passage qui voulaient repartir. Qui voulaient repartir, dont vous avez participé au rapatriement. Voilà, des milliers de Français qui voulaient repartir d'Israël. Mais ce que j'ai vécu en temps de guerre, c'est évidemment des alertes constantes, des pré-alertes. Alors tout est fait en Israël pour protéger les habitants.
Donc il y a énormément d'abris partout et heureusement parce que si ces abris n'existaient pas, il y aurait...
C'est ce que nous racontent quotidiennement nos correspondants. Cette guerre, elle a un autre volet, volet libanais. Israël mène des bombardements massifs à déployer des troupes dans le sud. Est-ce que l'opération israélienne vous semble proportionnée, Caroline Gadot ?
Alors, il y a plusieurs choses. D'abord, il y a un accord, en tout cas des négociations directes qui sont très novatrices et qui ont été décidées le 2 mars dernier par le gouvernement libanais qui a aussi décidé de déclarer le Hezbollah hors la loi. Et je pense que c'est une véritable avancée aussi dans les négociations avec Israël parce qu'aujourd'hui, on voit qu'il y a un objectif commun avec le gouvernement libanais, c'est le désarmement du Hezbollah. Le désarmement du Hezbollah, il doit intervenir depuis plus de 20 ans.
Mais est-ce que le désarmement du Hezbollah doit passer par cette guerre et par cette offensive menée par Israël ? On est à plus d'un million de personnes déplacées au Liban et on a compté jusque-là plus de 1000 morts.
Vous savez, depuis plus de 20 ans, il y a la finule qui est déployée et cette finule dans le sud Liban qui menace directement Israël puisque Israël a à subir, le nord d'Israël ne vit pas normalement, donc a à subir depuis des décennies ces roquettes qui sont tirées non-stop par le Hezbollah.
Mais est-ce que vous nous dites Israël a le droit de se défendre, même en envahissant un autre pays ?
Alors non, parce que c'est pas justement, les termes sont importants, on n'est pas sur une invasion d'un autre pays parce qu'on a envie d'envahir un autre pays. On est face à une guerre qui est une guerre qui vient, qui a pour objectif de désarmer un groupe terroriste qui est le proxy de l'Iran, de désarmer un groupe terroriste qui agresse constamment un autre pays qui est Israël.
Mais de fait, en faisant ça, on porte atteinte, Israël porte atteinte à l'intégrité territoriale du Liban.
Mais à partir du moment où vous avez aussi un accord qui est signé avec le gouvernement libanais et qui veut aussi désarmer le Hezbollah et qui veut aussi se débarrasser de cette menace qui est une menace directement liée à l'Iran, je pense au contraire qu'Israël, alors évidemment que c'est très compliqué et c'est absolument terrible pour la population civile. Pour ce million de déplacés. Bien sûr, c'est terrible, mais il n'en reste pas moins que si demain le Hezbollah, on arrive à le désarmer, alors pareil, ce sera une avancée pour la paix dans la région et pour la paix au Liban, pour la paix en Israël et pour la paix dans le monde.
Caroline Yadant, je voudrais qu'on parle de votre proposition de loi qui vise à lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme. L'Assemblée nationale va examiner votre texte les 16 et 17 avril prochains. Si la loi est votée, est-ce qu'il sera encore possible de critiquer le gouvernement israélien ?
Bien entendu. Alors, il faut arrêter de croire tout ce qu'on entend des détracteurs de cette loi qui ont en fait un objectif, qui est l'objectif de museler tout combat contre l'antisémitisme. Vous savez, l'antisémitisme, ce n'est pas un mot virtuel, c'est une réalité. Et cette réalité, c'est celle qu'ont vécu par exemple avant-hier les étudiants de Nanterre, de la faculté de Nanterre. Vous aviez l'Union des étudiants juifs de France et l'association Golem, qui sont des syndicats de gauche juifs, qui ont été pris à partie au nom de salsionistes, au nom de génocidaires.
Alors, votre texte, pour expliquer, élargit le délit d'apologie du terrorisme et crée un délit de négation d'un État. C'est bien ça ?
Non. Pardon de vous interromper et de vous contredire. C'est un délit d'appel à la destruction d'un État reconnu par la République française en méconnaissance du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, conformément à la charte des Nations Unies. C'est-à-dire que ce texte a une portée universelle. C'est-à-dire que ce texte ne vise pas particulièrement Israël. Alors évidemment, aujourd'hui, un seul pays au monde voit sa critique prendre la forme d'un appel à la destruction, c'est Israël. Et on peut se demander pourquoi.
L'hypothèse décolle. La France a reconnu l'État de Palestine. Imaginons que quelqu'un dise qu'il faut détruire la Palestine. La Palestine n'existe pas. Est-ce que cette personne tombe sous le coup de votre loi ?
Il faut détruire la Palestine ? Absolument. Absolument. Donc c'est la raison pour laquelle je dis que ce texte a une portée universelle. Il parle aussi d'apologie du terrorisme. Il renforce le champ d'application d'apologie du terrorisme. Est-ce que c'est applicable, Caroline Yadant ?
Est-ce que tout ça serait applicable vraiment dans les faits ?
Eh bien, écoutez, oui, bien sûr. C'est-à-dire que, notamment l'article 1 et le dernier article, c'est-à-dire sur l'apologie du terrorisme, sur le renforcement du champ d'application de la loi Guesso, je reprends des jurisprudences existantes. Donc il n'y a rien de nouveau sous le soleil, si je puis dire. Sauf que, lorsque l'on fait l'apologie du terrorisme, on rend normalisable la violence. Et c'est cette violence-là, c'est ce continuum-là qui est extrêmement dangereux. Et de la même manière, l'appel à la destruction d'un pays, c'est l'appel à l'anéantissement aussi d'un peuple. Et c'est ça que l'on vise.
16-17 avril pour l'examen. Vous espérez une adoption large ?
J'espère une adoption large, absolument. Parce que ce combat contre la haine des Juifs, c'est un combat contre une partie de la haine de l'humanité. Et donc oui, j'espère une adoption large.
Merci Caroline Haddon d'être venue sur RFI ce matin.
Merci à vous.
Caroline Yadan