On n'arrête pas l'éco, avec la ministre et et porte-parole du gouvernement Maud Bregeon
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Est-ce que pour l'écologie, 10 milliards par an c'est suffisant pour changer d'échelle ?
- 1:51RelanceRéponse directe
10 milliards par an, Maud Brégeon, c'est suffisant pour changer d'échelle ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Troisième vague de leasing social pour les voitures électriques : qui, quand et jusqu'à combien seront-ils soutenus ?
- 3:59OuverteRéponse directe
La deuxième enveloppe concerne combien de personnes ? Et qui exactement ?
- 4:21OuverteRéponse directe
Ça dépend de la profession ? C'est plutôt des gros rouleurs ?
- 5:24OuverteRéponse directe
1 million de pompes à chaleur par an d'ici 2030 : comment ça va marcher ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21PrésentateurChiffre
« Les dépenses militaires, la rallonge, elle est de 35 milliards d'ici 2030. »
- 2:20Invité politiqueChiffre
« L'objectif, c'est de mettre sur le marché 50 000 véhicules électriques, véhicules français, je le précise. »
- 2:33Invité politiqueChiffre
« revenus inférieurs à 2 000 euros par mois »
- 2:39Invité politiqueChiffre
« avec un reste à charge d'environ 100 euros par mois. »
- 3:25Invité politiqueChiffre
« les ventes de véhicules électriques ont bondi sur le marché du neuf. Depuis le début de l'année, c'est environ un tiers. 28% exactement. »
- 5:47Invité politiqueChiffre
« une pompe à chaleur, ça coûte entre 10 000 et 15 000 euros en fonction du modèle que vous prenez. »
- 6:12Invité politiqueChiffre
« On estime aujourd'hui, avec le dispositif, que vous pourrez avoir une bonification, une aide qui varierait avec un plafond entre 12 000 et 14 000 euros. »
- 7:33Invité politiqueChiffre
« la facture d'électricité en France, elle est bien plus faible que ce que paient nos voisins européens. Elle est, par exemple, 30% inférieure en France par rapport à ce qu'elle est en Italie. »
- 8:12Invité politiqueChiffre
« la commission de régulation de l'énergie parlait d'une hausse d'environ 15% du gaz. »
- 9:07PrésentateurChiffre
« 70 millions, c'est ce que vous avez mis sur la table. »
- 9:47Invité politiqueChiffre
« On vise 5% de déficit cette année. »
- 11:41Invité politiqueFait
« On ne supprime pas un jour férié. »
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L'invité d'On n'arrête pas l'écho est la ministre de l'énergie et porte-parole du gouvernement. Bonjour et bienvenue Maude Bréjon.
Bonjour à tous.
En fin d'après-midi hier, le chef du gouvernement a donc présenté les premières mesures du plan d'électrification. L'enveloppe, a-t-il annoncé, va passer de 5,5 milliards pour le soutien à l'électrification à 10 milliards d'euros par an d'ici 2030. En parallèle, les dépenses militaires, la rallonge, elle est de 35 milliards d'ici 2030. Maude Bréjon, est-ce que pour l'écologie, ça suffit vraiment pour changer d'échelle ?
D'abord, quel est le constat ? Le constat est simple, crise après crise, les Français paient le prix de cette dépendance aux hydrocarbures. Ils le ressentent en ce moment sur le prix à la pompe. Ils l'ont vécu de plein fouet en 2022-2023 sur les prix du gaz et sur les prix de l'électricité. Et donc, s'il est absolument nécessaire d'apporter des réponses de court terme aux secteurs les plus exposés, comme les pêcheurs, les agriculteurs et les transporteurs, notre rôle, c'est aussi de préparer le pays à la crise d'après et de rendre la France intrinsèquement plus résiliente. Et ça passe par l'électrification. Ça nécessite des moyens, indéniablement.
Une part était déjà budgétée dans le projet de loi de finances et une autre partie provient de ce qu'on appelle les certificats d'économie d'énergie. C'est une obligation qu'incombe aux énergéticiens et qui permet de financer cette transition vers l'électrique.
Et qu'on retrouve sur la facture des Français.
Une transition qui est bonne pour le pouvoir d'achat des Français. Non, ce qui pèse sur la facture des Français, c'est la hausse des prix du pétrole qu'on importe du Moyen-Orient, c'est la dépendance au gaz algérien, c'est la dépendance au GNL américain, c'est le fait qu'aujourd'hui, on est dépendant des décisions des autres, on est dépendant de nos importations et de ceux qui fixent le prix de nos factures d'énergie et du prix qu'on paie à la pompe. C'est ça qui pèse sur le pouvoir d'achat des Français.
Et 10 milliards par an, Maud Bréjean, c'est suffisant pour changer d'échelle ?
C'est un plan qui est absolument massif. D'abord parce qu'il concerne une large part de la population. On relance le leasing social.
Alors parlons-en, les véhicules. Très bien, allons-y. Il y a d'abord le transport. Troisième vague de leasing social pour les acheteurs de voitures électriques. Qui, quand et jusqu'à combien seront-ils soutenus ?
D'abord, ce n'est pas la première édition de leasing social. On a vu que ça avait largement marché par le passé. L'objectif, c'est de mettre sur le marché 50 000 véhicules électriques, véhicules français, je le précise, pour des populations populaires, revenus inférieurs à 2 000 euros par mois, ce qui vous permet d'avoir un véhicule électrique avec un reste à charge d'environ 100 euros par mois. Quand vous voyez ce qu'est aujourd'hui le prix du plein, ce que vous coûte le remboursement d'une voiture thermique, ce que vous coûte son entretien, ce que vous coûte son assurance, vous êtes largement bénéficiaire. Et ça, ça ouvre en juin ? Cette troisième vague de leasing social ?
Et ça, ça ouvre en juin. Et vous avez ensuite une deuxième mesure qui la touche les catégories un peu supérieures, entre 2 000 et 3 000 euros par mois, et qui est une forme de bonus plus important que ce qu'il était avant pour acquérir une voiture électrique. En fait, notre constat, il est assez simple. Moi, je crois que beaucoup de Français ont envie d'aller vers l'électrique et on voit que depuis le début de l'année, notamment eu égard à ce qui se passe au Moyen-Orient, les ventes de véhicules électriques ont bondi sur le marché du neuf. Depuis le début de l'année, c'est environ un tiers. 28% exactement.
Et donc, ça montre bien l'appétence que les Français ont pour cette transition dans la mobilité. Pour autant, le coût d'investissement, il est important. C'est vrai pour les véhicules électriques, parce que ça coûte cher. On en parlera après, c'est vrai pour les pompes à chaleur, parce qu'aujourd'hui, acheter une pompe à chaleur, c'est plus cher que d'acheter une chaudière au gaz. Et donc, nous, ce qu'on met en place, c'est des dispositifs qui permettent d'amortir ce coût d'investissement.
Et alors, on a parlé du leasing social pour 50 000 personnes, moins de 2 000 euros par mois. La deuxième enveloppe que vous décrivez, elle concerne combien de personnes ? Et qui exactement ? Des classes moyennes plutôt ?
Entre 2 000 et 3 000 euros net par mois. Une aide qui peut aller jusqu'à 9 000 euros pour le premier décile qui est ciblé, donc ce qu'on appelle le décile 6 environ, 2 000, un peu plus de 1 000 euros. Là, on est classe moyenne, oui. Voilà, par mois.
Et ça dépend de la profession ? C'est plutôt des gros rouleurs ?
Non, ça ne dépend pas de la profession. Ça ne dépend pas de la profession. On cible effectivement les gros rouleurs et on estime, mais tout ça, c'est vraiment des estimations, on estime pouvoir viser, dans les premiers mois, là encore 50 000 véhicules supplémentaires. Bon, ensuite, c'est une aide guichée. Ça dépend de la façon dont les Français vont se tourner vers cette possibilité-là.
Et on sait que le guichet ferme quand il y a trop de monde qui demande.
Il y a combien en enveloppe pour les deux ? Ça, j'ai envie de vous dire, si à la fin, notre problème, c'est qu'on a trop de gens qui se tournent vers les dispositifs qu'on a mis en place et qui veulent massivement se tourner vers l'électrique et qu'on a des problèmes sur la production derrière ou le financement, ce sera presque un problème de riches. Nous, notre volonté, c'est de faire cette transition qui est une transition énergétique, qui est aussi une transition culturelle. Passer du thermique à l'électrique, c'est aussi une transition culturelle.
Maude Bréjon, autre grand volet de ce plan, c'est le logement, avec l'objectif d'installer 1 million de pompes à chaleur par an d'ici 2030. Ça va marcher comment ? Vous allez flécher MaPrimeRénov' différemment ?
On va continuer d'abord avec les dispositifs MaPrimeRénov' existants. Et puis, on va, là encore, financer via ces certificats d'économie d'énergie, l'acquisition de pompes à chaleur avec des bonus plus importants que ce qu'on faisait avant. On part, je le dis là encore une fois, d'un constat simple, une pompe à chaleur, ça coûte entre 10 000 et 15 000 euros en fonction du modèle que vous prenez, en fonction de la puissance dont vous avez besoin. C'est un investissement qui est important pour un ménage issu de la classe moyenne. Et on pourrait avoir jusqu'à combien, alors ? Et c'est bien supérieur à la chaudière à gaz.
On estime aujourd'hui, avec le dispositif, que vous pourrez avoir une bonification, une aide qui varierait avec un plafond entre 12 000 et 14 000 euros. Et puis surtout, on s'engage sur une chose. Et une aide jusqu'à combien ? On travaille, pardonnez-moi, on travaille à un dispositif avec les énergéticiens qui permettra de garantir que la mensualisation de votre pompe à chaleur et le prix de l'électricité qui va avec pour vous chauffer soient toujours inférieurs au prix de votre facture de gaz. De par les aides, de par une forme de mensualisation, au fond, c'est une forme de leasing social pour les pompes à chaleur. Et ça, ça va se mettre en place ? Vous y travaillez, vous l'annoncez ?
Ça va se mettre en place. On a des échanges très positifs avec les énergéticiens qui peuvent avancer là-dessus. Et donc, voilà, c'est plein de...
Là, c'est plutôt un partenariat public-privé, alors ?
C'est plein de petites briques qui viennent s'additionner, qui à la fin représentent des volumes d'investissement qui sont conséquents, mais qui sont, selon moi, les seules vraies réponses à la crise qu'on est en train de traverser.
En disant les tarifs de l'électricité, ils ont augmenté de 20% en euros constants, c'est-à-dire 45% en euros courants, en tenant compte de l'inflation. Donc, qu'est-ce que vous dites aux Français qui, franchement, n'ont pas, à ceux qui, parmi les Français, n'ont pas envie de cette bascule vers l'électrique, qui se méfient, qui disent la facture d'électricité aussi, elle a explosé ?
Alors, d'abord, la facture d'électricité en France, elle est bien plus faible que ce que paient nos voisins européens. Elle est, par exemple, 30% inférieure en France par rapport à ce qu'elle est en Italie. Et elle est stable. Et ça, c'est extrêmement important. Et pourquoi elle est stable ? Elle est stable parce qu'on a le nucléaire. Le nucléaire, aujourd'hui, protège les factures d'électricité des Français. Là où le prix du gaz dépend des décisions de M. Trump, des décisions de M. Teboune en Algérie, hier, des décisions de M. Poutine, on s'en rappelle. Le gaz a augmenté depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Et les Français vont malheureusement en payer une partie sur leurs factures.
La commission de régulation de l'énergie parlait d'une hausse d'environ 15% du gaz. Ce n'est pas le cas sur les factures d'électricité.
Alors, la critique de ce plan, évidemment, c'est sans doute que c'est du moyen terme et du long terme. Mais pour l'instant, pour aujourd'hui, le court terme, le litre de gazole, il est à 2,33 euros à Quimperlé. Le sans-plomb 95, il est juste en dessous de 2 euros à Alès. Et à Vichy, il y a des ruptures de carburant. Maude Bréjon, est-ce que vous voyez la situation s'améliorer dès ce week-end ?
Écoutez, d'abord, on l'espère, je n'ai pas de boule de cristal. Les dernières semaines nous ont appris à être extrêmement prudents dans les expressions qu'on pouvait avoir sur l'évolution du prix à la pompe et des prix de l'énergie. On a pris une décision dans les premiers jours du conflit. C'était d'aider les secteurs économiques les plus exposés. Je parlais des agriculteurs, des transporteurs, des pêcheurs. Vous savez, le gazole pêche, quand il atteint un certain niveau, il n'est même plus soutenable pour les pêcheurs d'aller en mer.
70 millions, c'est ce que vous avez mis sur la table.
Et donc, ça a derrière des impacts sur les salaires qui ne sont pas versés, par exemple, des impacts sociaux qui sont extrêmement importants. Donc, on a fait le choix de ces aides d'urgence. On fait le choix aujourd'hui de préparer le pays aux crises à venir. Parce que faire de la politique, c'est aussi préparer l'avenir. Mais ça, c'est le moyen terme. Et ensuite, je termine. Si la crise dure, on sera aux côtés des Français les plus exposés, les plus en difficulté. Mais des aides généralistes, universelles, qui toucheraient l'ensemble des Français, n'auraient aucun sens.
Et puis, par ailleurs, ce n'est pas très populaire, mais je crois qu'il faut avoir un discours de vérité sur ce qu'est l'état des finances publiques aujourd'hui. On vise 5% de déficit cette année. Ce n'est pas mirobolant. Nous n'avons plus les moyens du quoi qu'il en coûte. Par ailleurs, nous ne sommes pas dans la situation que nous avons connue en 2022-2023. Mais il ne serait ni soutenable ni souhaitable de déverser des milliards d'euros sur la table. De façon extrêmement ponctuelle, avec des solutions, au fond, qui seraient des solutions extrêmement court-termistes. Parce que ça dégraderait très directement et très brutalement les finances publiques.
Et ce que le consommateur ne paie pas, le contribuable le paiera plus tard. C'est des investissements qu'on fera en moins sur l'école, sur la sécurité, sur la santé. Il n'y a pas les moyens. Et tout ça n'est pas sans conséquence. Donc peut-être de la grande, peut-être de la souffrance. Je suis vraiment, j'aimerais pouvoir le dire autrement, mais quand vous avez 5% de déficit, vous devez, et même de façon générale, vous devez faire attention aux finances publiques.
Allez, une dernière question, Maud Bréjean, avec votre casquette de porte-parole du gouvernement sur l'autorisation de travailler le 1er mai. Pour certains salariés, on y va. Bon, c'est le début de la banalisation du travail, ce jour particulier. C'est ça que vous voulez au gouvernement ?
Non, d'abord, c'est issu des remontées qu'on a pu avoir, et que le groupe Renaissance, que Gabriel Attal, a eu de bon nombre d'artisans et de commerçants. Vous auriez peut-être pu préciser dans votre question que ça ne concerne pas l'ensemble des salariés. Il y a des secteurs qui sont visés.
C'est ça l'idée. Est-ce que ce n'est pas une banalisation ? On commence par certaines professions, et ça va, comme le travail du dimanche, se banaliser à d'autres.
Et il y a, pardonnez-moi, une grande hypocrisie sur cette question. Il y a en fait déjà des salariés qui travaillent le 1er mai. Et donc, dans tout un tas de secteurs, c'est une réalité qu'on essayait de cacher, avec des situations qui étaient en pleine zone grise, et donc qu'il était, je crois, nécessaire de résoudre, et une base qui se fait, évidemment, sur la base du volontariat. On ne supprime pas un jour férié. On permet aux salariés, dans certains secteurs, pardonnez-moi, et aux salariés volontaires, de travailler en étant payés double.
Si le volontariat est une chose possible quand on est tout seul face à son patron. Pardon ? Si le volontariat, c'est possible. Si on peut dire non à son patron quand on est tout seul, quand on est le seul salarié, il faut croire au volontariat.
Je pense que les personnes dont vous parlez travaillaient déjà avant que cette loi ne soit votée à l'Assemblée nationale. Maude Bréjean, ministre de l'énergie et porte-parole du gouvernement,
merci d'avoir accepté notre invitation.
Maud Bregeon