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Conférence de presseyoutube.com· 7 décembre 2022 27 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieEurope & internationalTransports

Discours de Bruno Le Maire au #ParisAutomotiveSummit

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 21:58OuverteRéponse directe

    Est-ce soit convaincre les Allemands d'un accord européen, soit décider seuls d'un bonus différentiel ? Avez-vous un calendrier ?

  • 24:52OuverteRéponse directe

    Le leasing électrique à 100 euros est-il économiquement viable ? Serez-vous capables de relever ce défi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:45Invité politiqueChiffre
    « qui aura 2,6 milliards d'euros »
  • 6:46Invité politiqueChiffre
    « une de 10 milliards d'euros »
  • 7:04Invité politiqueChiffre
    « 8 milliards d'euros au total »

Temps de parole

  • Bruno Le Maire96 %
  • Invité4 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Bruno Le Maire

Bien, bonjour à tous, très heureux de revenir au salon de l'automobile. J'y étais hier pour accompagner le président de la République. Je voudrais remercier mon ami Luc Châtel de son accueil, de la manière dont il soutient la filière automobile. Vous remerciez toutes et tous d'être présents aujourd'hui et vous faire part d'un certain nombre de convictions sur l'avenir de l'industrie automobile en France qui est un avenir prometteur. J'en suis totalement convaincu. Je voudrais rappeler d'abord, même dans ces périodes de pénurie de carburant dans les stations-service, que l'automobile reste un objet décisif de la vie quotidienne de nos compatriotes.

C'est un objet de mobilité essentielle, un instrument de liberté essentielle j'ai été élu pendant 15 ans d'un territoire rural. Je sais à quel point l'automobile est une nécessité pour des millions de nos compatriotes. C'est aussi un plaisir. Pour moi, ça a toujours été un plaisir de conduire, mais c'est aussi une nécessité pour des millions de nos compatriotes, tout simplement parce que l'automobile est un facteur de liberté, liberté de déplacement, liberté de circulation, liberté de se rendre d'un endroit à un autre pour son travail ou pour ses déplacements personnels ou ses vacances.

Aujourd'hui, l'industrie automobile, elle est confrontée à un défi que vous connaissez tous, dont vous avez déjà dû longuement parler, c'est la bascule de l'industrie thermique à l'industrie électrique. Aucune industrie au monde n'est confrontée à une révolution technologique aussi importante. Aucune industrie n'est aussi capitalistique que l'industrie automobile et jamais les choix d'investissement n'ont été aussi décisifs pour l'avenir de notre industrie.

Donc il ne faut pas se tromper, il faut faire les bons choix, les faire ensemble, tous les acteurs de l'industrie, des grands constructeurs jusqu'aux sous-traitants en passant par les plus petites TPE, et les faire vite, rapidement et clairement. C'est l'objectif qui a été rappelé hier par le président de la République. Alors on peut regretter, bien entendu, que l'Union européenne n'ait pas laissé la liberté technologique aux constructeurs sur la manière de réduire les émissions de CO2. Très bien, on ne va pas pleurer sur le l'air renversé pendant des heures. Chacun sait la position qui était celle de la France. La position de la France ne l'a pas emportée.

Il y a désormais un choix qui a été fait qui est la bascule vers le tout électrique avec une clause de rendez-vous en 2026. Et bien moi, je propose, plutôt que de tergiverser pendant des heures et des heures, de nous donner les moyens de réussir sur cette stratégie commune qui a été adoptée. Il n'est pas temps, je le redis, de pleurer sur les l'air renversés. Il est temps d'accélérer dans la direction que nous avons tous choisie, la bascule vers le monde de la voiture électrique avec des technologies nouvelles, des options nouvelles et des innovations nécessaires, aussi bien sur les batteries que sur les piles à combustible ou sur l'hydrogène.

Pour réussir, il faut que chacun des acteurs soit bien à sa place et que chaque acteur joue son jeu. Et c'est le message que je voulais vous passer ce matin. Nous, nous sommes totalement déterminés à réussir dans cette stratégie vers le véhicule électrique et à faire en sorte que chaque acteur remplisse pleinement son rôle et joue pleinement sa responsabilité. Il y a l'État qui a un rôle essentiel à jouer, les pouvoirs publics, parce que dès qu'il s'agit de déplacements et d'industries, les pouvoirs publics ont un rôle à jouer. Il y a évidemment les constructeurs et les sous-traitants.

Et puis il y a un troisième acteur absolument décisif et qui est pour moi une des clés majeures du succès, c'est l'Union européenne et les choix qui seront faits au niveau européen. Si je commence par l'État et les pouvoirs publics, puisque c'est ma responsabilité comme ministre de l'Économie et des Finances, nous, notre responsabilité, c'est de soutenir l'industrie automobile et nous continuerons à le faire avec une détermination totale.

J'en veux pour preuve le deuxième plan automobile que nous avons mis en place, qui va couvrir les années 2022 à 2026, qui aura 2,6 milliards d'euros à cette disposition et qui bénéficiera des crédits de France 2030 pour accompagner les constructeurs, accompagner les PME, accompagner l'innovation, accompagner les révolutions technologiques, financer les PIEC, que ce soit dans l'hydrogène, dans les batteries électriques, dans les véhicules autonomes, et faire en sorte que notre industrie automobile soit à la pointe de l'innovation. Et vous pouvez compter sur le soutien total de l'État et de France 2030 pour accompagner les mutations technologiques de l'industrie automobile.

Vous aurez également notre soutien sur l'attractivité du territoire français. Nous avons engagé avec Emmanuel Macron la reconquête industrielle du pays et nous avons les premiers résultats. Pour la première fois depuis 20 ans, nous ouvrons plus d'usines que nous enfermons en France. Pour la première fois depuis 20 ans, nous créons des emplois industriels davantage que nous en détruisons.

Dans une nation qui, pendant des décennies, a laissé faire les délocalisations industrielles, a laissé se produire une hémorragie d'emplois industriels révoltantes, je pense que c'est une bonne nouvelle d'apprendre que pour la première fois il y a plus d'usines qui ouvrent que d'usines qui ferment et plus d'emplois industriels qui sont créés que d'emplois industriels qui sont détruits. Nous continuerons dans cette direction et nous maintiendrons le cap de notre politique économique.

Ce qui veut dire que nous maintiendrons les baisses d'impôts qui ont été accordées aux entreprises, que nous maintiendrons notre impôt chez les sociétés à 25% et que nous prévoyons même dans ce projet de loi de finances pour 2023 à l'initiative d'un des groupes de la majorité de baisser encore davantage l'impôt sur les sociétés pour les plus petites entreprises, pour les petites et moyennes entreprises. Nous prévoyons également dans ce projet de loi de finances pour 2023 d'engager une nouvelle baisse des impôts de production. Nous avions déjà fait une de 10 milliards d'euros dans le quinquennat passé, c'était la première fois qu'on le faisait.

Nous allons engager dans le projet de loi de finances pour 2023 une deuxième baisse des impôts de production en supprimant en deux fois la CVAE, 4 milliards en 2023, 4 milliards en 2024, 8 milliards d'euros au total qui vont aller principalement aux PME industriels et donc aux PME du secteur de l'industrie automobile. Enfin, nous maintiendrons le crédit impôt recherche de façon à ce que vous puissiez innover et investir dans les meilleures conditions. Donc, tout ça fait un environnement favorable à l'industrie et en particulier à l'industrie automobile. Cela fait 5 ans que nous défendons cette ligne-là.

Nous sommes déterminés à poursuivre cette ligne de la reconquête industrielle et d'accélérer plutôt que de ralentir. S'il y a une pédale sur laquelle il faut appuyer, c'est sur celle de l'accélérateur beaucoup plus que sur celle du frein. En sortie de virage, ça me paraît essentiel pour ne pas perdre son chemin. En 2e lieu, les entreprises. Les entreprises ont aussi une responsabilité à jouer, que ce soit les grands constructeurs, les sous-traitants, les PME, pour réussir ce passage aux véhicules électriques et cette transformation technologique. La 1re responsabilité des 2 grands constructeurs, c'était Lantis et Renault.

Et je rends hommage à leurs dirigeants, Carlos Tavares comme Lucas Desmeaux, qui ont pris à bras le corps cette transition technologique, qui ont révolutionné leur entreprise, qui offrent des produits qui sont de grande qualité. Je suis ministre de l'économie français et j'ai toujours un grand plaisir à vanter la qualité des véhicules français qui n'ont absolument rien à envier aux autres véhicules d'autres constructeurs étrangers. Nous faisons les meilleurs véhicules au monde et nous devons en être fiers. Vous pouvez applaudir les constructeurs automobiles et les véhicules français, ils le méritent.

A partir du moment où l'Etat met en place une politique de relocalisation industrielle, d'attractivité de notre territoire aussi favorable que celle que nous mettons en place, nous attendons des constructeurs Stellantis comme Renault qu'ils relocalisent leur production industrielle en France. J'ai souvent l'occasion d'en discuter avec Lucas Demeo comme avec Carlos Tavares, donc ils connaissent ma position, ils connaissent celle du président de la République. Vous ne pouvez plus arriver avec des petits graphes m'expliquant que c'est beaucoup plus cher de produire en France que dans d'autres pays voisins.

C'était peut-être vrai il y a 5 ans ou il y a 10 ans, c'est beaucoup moins vrai aujourd'hui.

Il reste certainement des petits efforts à faire désormais, mais rien qui ne justifie de maintenir notre production industrielle en France parce que nous avons rattrapé nos écarts de coût très largement, parce que nous devons aussi intégrer le coût social des délocalisations et l'avantage social de la relocalisation industrielle avec les emplois que cela crée pour notre territoire et que, bien entendu, il faut tenir compte également du coût environnemental vertigineux et inacceptable des délocalisations dans des pays où les conditions de production sont moins favorables à l'environnement et au climat.

Pour toutes ces raisons, je ne cesserai de plaider pour la relocalisation des activités industrielles de nos constructeurs en France. Et je tiens à saluer, de ce point de vue-là, les premières annonces. Je dis bien les premières. ce qui veut dire que d'autres doivent suivre, qui ont été faites par Stellantis et par Renault. Carlos Tavares annonçait hier qu'il allait doubler son nombre de sites de production, de sites à 12, que l'I 308 et l'I 308 Break seraient produites à Mulhouse, l'I 3008 et l'I 5008 à Sochaux, l'IC3 à Rennes. Je pense que ce sont d'excellentes nouvelles qui vont dans la bonne direction.

Mais je considère que ce sont de premières décisions et que d'autres soient suivres et que je ne vois aucune raison pour lesquelles, dans les conditions de compétitivité que nous avons mises en place et au regard des questions environnementales que j'ai soulignées, je ne vois pas pourquoi un véhicule du segment B, des petits véhicules comme la 208, ne seraient pas désormais produites sur le territoire français.

Je salue également les décisions qui ont été prises par Renault, sur la Mégane E, sur la R5, sur la Scénic, sur le crossover GT Alpine à Dieppe, c'est un attachement tout particulier pour l'usine alpine de Dieppe, d'abord parce que l'Alpine est une magnifique voiture, et ensuite parce que Dieppe est en Normandie, le trafic à Sandouville, tout ça, ce sont aussi des annonces qui vont dans la bonne direction. Mais je le redis, je considère que c'est un pas majeur, mais uniquement un premier pas dans la direction de la relocalisation des activités technologiques et industrielles de nos constructeurs sur le territoire national.

La deuxième chose que j'attends des constructeurs, c'est qu'ils accompagnent les PME, qu'ils accompagnent les sous-traitants. Et ne sous-estimons pas les craintes, les inquiétudes d'un certain nombre de PME et de sous-traitants qui sont confrontés, j'y reviendrai, à l'explosion du coût de l'énergie. Nous allons accompagner ces entreprises. Mais il faut aussi que les grands constructeurs soient solidaires de leurs sous-traitants. Et ce principe de solidarité dans l'industrie automobile telle que je l'imagine demain, doit devenir un principe cardinal de la filière automobile française.

Nous devons cesser avec des comportements qui sont parfois trop agressifs ou trop brutaux vis-à-vis des sous-traitants. Je sais qu'il y a une compétition mondiale. On peut réussir dans la compétition mondiale en faisant preuve de solidarité d'un poutre à l'autre de la chaîne de production industrielle. C'est également ce que j'attends de la part de nos grands constructeurs qu'ils s'engagent vis-à-vis des PME, des sous-traitants, qu'ils les accompagnent dans cette période d'inflation qui est difficile du point de vue du prix des matières premières ou du prix de l'énergie et qu'ils soient aux côtés des pouvoirs publics pour manifester cette solidarité.

Au total, l'objectif que nous avons fixé avec le président de la République, c'est 2 millions de véhicules produits en France, 2 millions de véhicules électriques produits en France dans les années qui viennent. Un mot, enfin, pour terminer sur le troisième acteur après les pouvoirs publics et l'État qui est l'Union européenne. Je vais vous parler, comme d'habitude, avec beaucoup de liberté et de franchise.

Tous les efforts que nous faisons maintenant, qui ont été accomplis par Renault, par Stellantis, par les sous-traitants, tous les efforts qui sont engagés par les pouvoirs publics pour avoir une politique industrielle attractive, un territoire attractif et pour rétablir la compétitivité industrielle de la France. Tous ces efforts seront vains si l'Europe ne résiste pas mieux à la concurrence internationale et n'est pas plus agressive pour défendre ses intérêts économiques. Je vois ce qu'a décidé Joe Biden pour défendre l'industrie automobile américaine. Je vois ce que fait Xi Jinping pour défendre l'industrie automobile chinoise.

Face à ces politiques commerciales agressives, l'Europe ne peut pas rester des bras croisés. Il faut qu'elle change le logiciel. Il faut qu'elle défende ses intérêts économiques avec beaucoup plus de force. Il faut qu'elle se rappelle que la préférence européenne en matière industrielle et en particulier en matière d'industrie automobile peut et doit faire partie des instruments économiques à notre disposition. Par quoi est-ce que ça doit se traduire très concrètement ?

D'abord, il faut qu'on accélère sur l'innovation et je souhaite que l'Union européenne soit capable d'accélérer sur cet instrument nouveau qui a été mis en place, les PIEC, les projets d'intérêt collectif européens qui sont un immense succès mais qui ne vont pas assez vite. On ne peut pas attendre des mois voire des années pour délivrer les autorisations de PIEC, c'est-à-dire l'autorisation d'aide d'État sur un certain nombre de projets nouveaux là où nos partenaires américains ou chinois mettent quelques semaines ou quelques trimestres au maximum.

L'Europe doit prendre à agir fort et à agir vite notamment en matière de soutien à l'innovation aux nouveaux projets qui portent sur les batteries électriques, sur l'hydrogène, sur les véhicules autonomes, sur les chaînes de traction, sur les piles à combustible, sur tout ce qui va faire l'industrie automobile de demain parce que nous n'avons pas un jour à perdre. Un jour de perdu, c'est un marché de perdu. Et les marchés perdus sont beaucoup plus difficiles à reconquérir ensuite. J'attends donc que sur les pièques nous puissions accélérer et la France portera cette idée d'une accélération sur les pièques dans les jours qui viennent. Le deuxième élément, c'est sur le règlement batterie.

Les batteries électriques sont un composant absolument essentiel de ces technologies dont je vous ai parlé et de cette révolution industrielle à laquelle nous faisons face. Nous avons réussi au cours des 4 années passées à accomplir une véritable révolution en arrêtant d'être totalement dépendant de la Chine pour nos batteries électriques et en engageant la production sur le sol français, sur le sol européen de nos propres batteries électriques. Et nous avons désormais des constructeurs, nous avons des technologies, nous avons des innovations. Nous travaillons sur le passage de la batterie ion-lithium liquide à la batterie ion-lithium solide.

Nous allons ouvrir à Douvrin dans les prochains mois la première usine de production de batteries électriques de masse en France avant que ne s'en ouvre une autre à Kaiserslautern en Allemagne. Tout ça, c'est le produit de l'accord que nous avions conclu à l'époque avec Peter Altmaier. Tout ça est très bien. Mais si nous produisons nos propres batteries dans des conditions environnementales exemplaires, mais des batteries forcément plus coûteuses, tout en laissant de l'autre côté l'Europe se faire inonder par des produits réalisés dans des conditions environnementales moins satisfaisantes, et bien tout cela sera pour parler en bon français waste of time et waste of money.

Et je n'aime ni le gâchis de temps ni le gâchis d'argent. Nous avons adopté à l'initiative du président de la République un règlement sur la vente en Europe de batteries produites avec un mix électrique national qui doit être décarboné. Moi, je n'hésite pas du tout à dire que c'est une façon de protéger notre marché. Je n'hésite pas à dire que c'est une façon de protéger nos batteries qui sont propres mais un peu plus coûteuses contre des batteries qui sont sales et moins coûteuses.

Et que je préfère des batteries qui sont produites avec des centrales qui, elles, n'émettent pas de CO2 plutôt que des batteries qui sont produites avec de l'énergie venue de centrales à charbon qui sont polluantes. Donc quand je vois qu'on s'apprête à autoriser pour les producteurs de batteries d'acheter des certificats de garantie d'origine qui ressemblent fortement à du greenwashing, je dis non. Nous avons pris la décision il y a quelques mois de protéger notre production de batteries électriques décarbonées.

Nous devons continuer à défendre notre production de batteries électriques décarbonées parce que sinon nous céderons à des concurrents qui, eux, produisent des batteries électriques dans des conditions environnementales insatisfaisantes. C'est ça, se battre au niveau européen. C'est aller au bout de nos idées, au bout de notre conception de l'industrie qui est celle d'une industrie décarbonée et nous donner les moyens de résister à la concurrence internationale. Même chose pour le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.

Tout ce que nous faisons sur l'industrie automobile décarbonée a de sens que si le plus rapidement possible, nous avons mis en place un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. Nous voulons une industrie décarbonée. Ce n'est pas pour nous laisser ensuite envahir par des produits qui, eux, sont lourdement carbonés et moins chers. Enfin, même réflexion sur le bonus automobile. Le président Joe Biden a décidé de réserver ses bonus aux véhicules assemblés uniquement sur son territoire. Le président Xi Jinping lui a décidé d'interdire la vente de véhicules électriques sur le territoire chinois dont la batterie ne serait pas faite en Chine.

Il est essentiel de rétablir une réciprocité dans les échanges commerciaux entre l'Europe, les Etats-Unis et la Chine. Ce qu'on appelle là aussi, en bon français, un level playing field. Parce que s'il n'y a pas de level playing field, il n'y a pas d'avenir pour l'industrie automobile européenne. Ce level playing field, il faut le rétablir soit en convainquant nos partenaires de bouger, ce qui me semble difficile, mais après tout qui mérite discussion, soit en étant capables nous-mêmes d'appliquer la même politique et de réserver nos bonus, c'est-à-dire nos subventions publiques financées par argent public à des véhicules produits sur le sol européen, l'un ou l'autre.

la réciprocité ou une politique commerciale tout aussi agressive, je ne vois que ces deux solutions pour garantir que l'industrie automobile européenne résiste à la concurrence. Nous avons fait des choix qui nous honorent, des choix technologiques de pointe, des choix de décarbonation totale, des choix de respect de l'environnement, des choix de réduction des émissions de CO2, mais nous devons nous donner les moyens politiques et les moyens commerciaux de résister sur une base équitable et sur une base égale à la concurrence internationale.

C'est uniquement en avançant dans ces trois directions, soutien des pouvoirs publics, engagement des grands constructeurs et mobilisation totale de l'Union européenne pour une politique commerciale plus agressive que nous arriverons à défendre notre industrie automobile et à faire en sorte qu'elle reste ce qu'elle a toujours été, l'industrie automobile nationale comme l'industrie automobile européenne, l'une des meilleures, des plus avancées et je dirais surtout l'une des plus désirables de la planète. Merci à toutes et à tous.

21:57
Invité

Merci monsieur le ministre. Si je peux me permettre juste une question. Je ne sais pas si vous avez un micro. Ça peut fonctionner. Bonjour. Est-ce que ce micro peut être branché pour monsieur le ministre ? Juste sur le dernier point que vous évoquiez, en gros si j'ai bien compris en lisant entre les lignes, c'est soit on arrive à convaincre les Allemands de se mettre d'accord avec nous pour être plus fort au niveau européen, soit on décidera au niveau français d'avoir un bonus différentiel. Est-ce que c'est ça que j'ai bien compris ? Est-ce que vous vous êtes fixé un calendrier pour aboutir sur ce sujet-là ?

22:30
Bruno Le Maire

Je pense en tout cas qu'il faut mettre les sujets sur la table. Il n'y a rien de pire, surtout quand il y a de tels enjeux industriels, technologiques et d'emploi que de mettre les problèmes sous la table. Est-ce que nous avons un problème ? Oui. Notre problème n'est pas notre capacité à produire, à investir, à innover, à avoir des produits de qualité, des produits désirables, des batteries électriques de toute dernière gamme. Ça, je pense qu'on sait faire. Notre problème, c'est que nos grands partenaires, États-Unis et Chine, ont choisi des stratégies commerciales protectionnistes.

Donc, soit nous les faisons bouger, je pense que ce sera un des enjeux du déplacement du président de la République à Washington, il doit s'y rendre début décembre, en disant aux partenaires américains attendez, là, il faut qu'on regarde ensemble comment est-ce qu'on rééquilibre les choses. Et tant mieux si on n'y arrive pas à la négociation. Je pense que c'est toujours préférable. Soit nous n'y arrivons pas, et là, il faudra se poser la question de ce que nous adoptons au niveau européen comme politique commerciale pour mieux défendre nos intérêts.

Et je souhaite aussi, c'est la deuxième remarque que je voulais faire, qu'on ne dévie pas par rapport à des objectifs que nous nous sommes déjà fixés. Je reprends l'exemple du règlement batterie, il est très important, je le redis, la batterie électrique, c'est évidemment le cœur du véhicule électrique. Nous sommes tombés d'accord à 27 pour avoir un règlement qui avantage les batteries produites dans des conditions environnementales satisfaisantes.

Mais si c'est pour que demain, un producteur de batteries puisse acheter un certificat d'énergie en disant attendez, moi j'ai acheté des certificats d'énergie donc je peux vous vendre mes batteries deux fois moins chères même si elles ont été produites dans des usines alimentées par des centrales à charbon, là on a un énorme problème. Donc faisons attention à tenir bon notre ligne, à ne pas dévier et à défendre ce qui est au cœur de l'industrie automobile et au cœur de l'industrie tout court en Europe, une industrie décarbonée, donc qui avantage les produits décarbonés et qui pénalise les produits carbonés. et disons les choses aussi clairement que cela.

Vous avez un produit carboné, produit moins cher, ben désolé, il est taxé, il est sanctionné parce qu'il respecte moins nos engagements en termes de climat. Vous avez un produit qui est décarboné, c'est très coûteux, ça coûte cher, mais il est avantagé parce que c'est notre vision de l'industrie de demain.

24:52
Invité

Deuxième question sur le véhicule, on disait à 100 euros, c'est-à-dire faire en sorte que la voiture de demain soit plus abordable pour les Français. il est prévu que d'ici un an ou deux, l'État mette en place des mécanismes avec les constructeurs pour faciliter l'accès à la voiture électrique pour qu'elle ne soit pas réservée simplement aux plus aisées. Est-ce que l'équation économique tient la route ? Est-ce que vous pensez qu'on sera capable de relever ce défi entre État, pouvoir public et finance publique et constructeur ? Là aussi, ça ne peut marcher

25:20
Bruno Le Maire

que si nous avons ce trio de responsables qui avance main dans la main. l'État, les constructeurs et l'Union européenne qui doit nous donner son accord pour qu'on puisse subventionner ces véhicules. Je pense que ça ne devrait pas poser de difficultés. Ensuite, l'État, lui, il est prêt à mettre de l'argent pour que les personnes les plus modestes puissent avoir accès dans des conditions financières avantageuses à un véhicule électrique. On le sait tous, le problème numéro un du véhicule électrique, c'est son coût. Il reste trop élevé. Et si nous mettions en place immédiatement ce leasing à 100 euros, il ne bénéficierait qu'aux véhicules étrangers.

Moi, je n'ai pas vocation comme ministre des Finances à donner l'argent du contribuable à l'industrie étrangère. C'est pour ça que nous avons pris la décision avec le président de la République de reporter la mise en place de ce leasing. On y croit beaucoup. On va essayer de le faire le plus vite possible, mais sans doute pas avant fin 2023, comme l'a précisé Emmanuel Macron hier, de façon à ce que les constructeurs, eux, essayent d'avoir une offre qui soit la plus accessible possible avec des véhicules français ou des véhicules européens et que nous, pouvoir public, nous puissions, en regard, apporter le soutien financier nécessaire. Merci, monsieur le ministre.

Merci pour votre présence au salon. Merci à toutes et à tous. Et excellent salon. C'est toujours un grand moment de plaisir. Donc, profitez-en bien. Merci. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci.